Dors Draco
Tout est à J.K.R. en particulier le mythique match de Quidditch Griffondors contre Serpentards.…
Chapitre 13
C'était un samedi de Février, tôt le matin. Draco dormait encore, flottant dans un rêve où Harry lui faisait sur tout le corps des petits baisers irrésistibles. Il crut que le songe délicieux se prolongeait quand il entendit derrière sa porte une voix qui disait :
« Un petit déjeuner à deux, ça te dirait ?
Il répondit « Oui » d'une voix ensommeillée et vit la porte s'ouvrir sur Dobby et Winky portant un grand plateau chargé de bonnes choses, suivis de Harry ayant encore sur les épaules sa cape de voyage. Draco se redressa brusquement, les yeux ronds et la bouche ouverte. Il y eut un instant de silence puis il remonta d'un geste vif jusqu'à son menton le drap qui avait glissé. Harry éclata de rire. Et c'était si bon de l'entendre rire que le jeune homme blond, pour une fois tout décoiffé, se mit à rire à son tour. Entre deux hoquets, Harry parvint à dire :
- Je n'en veux pas à ta vertu mais aux délicieux petits pains au chocolat qui sont sur ce plateau. Tu m'invites ? Je vais poser mes affaires dans ma chambre et je reviens … si tu es d'accord, bien sûr. »
Draco était plus que d'accord … bien sûr. Il jaillit de son lit, fouilla son placard pour trouver sa plus belle robe de chambre et disciplina ses blonds cheveux d'un coup de peigne précis. Il s'installait à la table mise quand Harry entra. Il rougit et trembla. Par tous les dieux, le beau brun était magnifique. Il portait des habits moldus, un jean à taille basse et un pull noir qui moulait agréablement son torse. Depuis qu'il en portait, Draco aimait ce genre de vêtements qui donnaient aux minces jeunes gens de leur âge une allure très sexy.
Restes de son rêve érotique, des pointes de feu parcoururent son corps à toute vitesse. Draco bénit sa position assise et sa robe de chambre qui dissimula son … hum … état gênant. Mais il se força au calme quand Harry prit place en face de lui. Cette fois, il ne laisserait pas passer sa chance. Ils s'offrirent un long moment de paix et de légèreté. Le brun s'excusa pour son départ précipité. Draco ne demanda rien. A vrai dire, la seule présence de Harry le comblait. Mais il ne se doutait pas de la surprise qu'il lui réservait. A la fin du petit déjeuner, alors qu'ils fumaient tous les deux une cigarette moldue, le jeune homme brun, très souriant, dit à son vis-à-vis :
« Tu sais ce qui se passe cet après-midi ?
- Bien sûr! C'est le fameux match de Quidditch qu'on attend tous les ans, Serpentard contre Griffondor. Ce n'est pas gentil de retourner le couteau dans la plaie. D'ici, je ne peux rien voir. J'avais pensé à aller dans la tour d'astronomie avec des jumelles que Dobby m'a procurées mais je pense que tu vas me le déconseiller.
- A la tour d'astronomie ! Malheureux ! A chaque match, des élèves dont les Maisons ne sont pas concernées se retrouvent là-haut pour flirter ! Tu ne ferais pas dix pas sans heurter un couple enlacé. J'ai mieux pour toi.
Draco se redressa et se pencha vers Harry :
- Qu'est-ce que tu as en tête ? Je ne peux pas y aller à visage découvert. Je vais me faire lyncher. As-tu lu les derniers articles de la Gazette des Sorciers ? Personne n'a vu mon double depuis deux mois, pourtant, je fais toujours aussi peur.
Harry pencha la tête et sourit plus encore. Draco pensa :
« Je vais lui sauter dessus … Je vais l'embrasser jusqu'à ce qu'il perde le souffle … Je vais lui faire l'amour là, tout de suite, sur le tapis … jusqu'à ce qu'il crie mon nom … qu'il gémisse … qu'il me dise qu'il m'aime … »
Il n'avait pas vraiment entendu ce que Harry lui disait puis des mots traversèrent son esprit embrumé : « cape d'invisibilité ». Il réagit aussitôt :
- Je me ferai piétiner ! Tu sais comment sont les supporters des équipes.
- Pas si tu es avec Hagrid.
- Hagrid ! Il m'assommera d'un coup de poing.
- Pas si je lui dis que tu es innocent.
- Il te croira, comme ça, sur parole ?
- Oui. Je lui demanderai de veiller sur toi et il le fera.
Draco était à la fois très heureux d'aller au match ( cette fois, Serpentard était sûr de gagner : l'équipe mené par Grégory était plus forte que celle de Griffondor qui avait perdu son attrapeur vedette Harry, son gardien prodige Ron … et sa poursuiveuse intrépide Ginny … ) et malheureux parce qu'il crut que Harry voulait ainsi payer sa dette. Mais depuis qu'il avait repris des forces, il avait aussi récupéré une partie de l'esprit « Malfoy ». Il était fier. Il n'allait pas s'abaisser à quémander quelque chose qu'on ne voulait visiblement pas lui donner. Il fit donc un grand sourire et voulut remercier mais sa langue dérapa et il dit sur un ton qui rappelait assez l'ancien, le méprisant Draco Malfoy : « Merci, Potter. » Harry sentit le changement d'atmosphère et en fut peiné. Merlin ! Qu'il était difficile de comprendre Draco ! Il avait espéré lui faire plaisir et au contraire, il avait réveillé de vieux démons. Il soupira, se leva et dit :
- A tout à l'heure, j'ai plusieurs personnes à voir et d'abord, Minerva McGonagall. Je suis passé te voir en premier. »
Il sortit et le jeune homme blond, intérieurement désolé, faillit se donner des claques. Ils se revirent seulement en début d'après-midi. Ils allèrent jusqu'à la maison de Hagrid, Draco étant caché sous la cape et c'était fort heureux car ils croisèrent beaucoup de supporters en rouge et or ou en vert et argent, prêts à en découdre comme au bon vieux temps. A la grande surprise de Draco, le demi-géant accepta tout simplement la version de Harry. Il s'installa à côté de lui tout en haut des gradins, là où ils ne seraient pas bousculés.
Et SERPENTARD GAGNA LE MATCH PAR 250 A 70 ! ! !
o - o - o - o
Harry était parti soutenir les Griffondors dans la défaite. Les Serpentards vinrent fêter la victoire avec Draco. Puis ils regagnèrent leur salle commune où la bièraubeurre puis le whisky Pur Feu firent rapidement leur apparition. Après le dîner agrémenté des félicitations de Dobby qui n'était pas sectaire et partageait les joies de Maître Draco comme celles de Maître Harry, le blond jeune homme se dit qu'il était inutile de se faire des illusions. Il se prépara, se coucha et prit un livre. Vers minuit, on frappa doucement à sa porte et Draco, muet de stupeur, vit entrer dans sa chambre un Harry en pyjama qui lui dit en souriant :
« J'ai vu de la lumière. Je viens dormir avec toi, juste dormir … si tu veux toujours. »
S'il voulait ! Il se damnerait pour cela ! Il recula pour faire de la place, ouvrit les draps et son bel amour se glissa à ses côtés sans le toucher, juste pour dormir … D'abord, ils discutèrent, ils rirent beaucoup de leur ancienne stupidité, Ils burent du whisky Pur Feu que Harry avait apporté, à la victoire, à la défaite, puis ils s'endormirent, chacun allongé sagement de son côté. Mais depuis sa captivité, Draco avait le sommeil léger. Il se réveilla soudain. Harry avait bougé. Il murmura quelque chose, se retourna et se blottit contre lui, la tête sur son épaule.
L'envie était trop forte et puis c'était le Griffondor qui avait commencé. Le Serpentard referma ses bras sur le jeune homme endormi et ne bougea plus. Les cheveux bruns lui chatouillaient le nez, ils remuaient à chaque souffle de Draco qui sentait la tension monter en lui de minute en minute. Il effleura une mèche vagabonde tout en pensant les mots d'amour qu'il ne pouvait dire tout haut. Il ne sut pas si Harry faisait de la Légilimencie dans son sommeil mais une voix chuchota dans son cou
« Vas-y, montre-moi, prouve-le moi. »
Les yeux verts s'ouvrirent. Les yeux gris ne les quittaient pas. Les deux visages étaient graves. Ils ne souriaient plus, ne parlaient pas. Alors, Draco se pencha, posa ses lèvres sur celles de Harry et commença à les mordiller, à les suçoter. Puis il embrassa son cou juste sous l'oreille, suivit le chemin de l'artère battante et s'arrêta à la hauteur du col qu'il écarta. La peau était douce, un peu dorée. Il traça une ligne de baisers sur la clavicule puis il se redressa, attendant visiblement une réaction à ces premières tentatives. Mais Harry ne bougeait pas. Ses yeux s'étaient juste un peu voilés, son souffle s'accélérait. Il ne faisait aucun geste, il avait l'air d'« écouter » son corps. Draco eut une brusque intuition. Il murmura, :
- C'est ta première fois ?
Un hochement de tête lui répondit. Oh Merlin ! C'était trop ! Draco reprit, incrédule :
- Ni avec Cho, ni avec Ginny, ni avec une autre ?
Un « Non » chuchoté résonna à son oreille comme un gong de victoire. Harry lui offrait sa virginité, c'était lui qui allait initier celui qu'il aimait aux joies, aux délices, aux folies de l'amour. Un cadeau à recevoir mais aussi un cadeau à faire.
Draco remonta son visage à la hauteur de celui de Harry et posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Mais le baiser se fit profond. Leurs langues se frôlèrent, s'enroulèrent, se goûtèrent. La passion du Serpentard se déchaîna soudain. Sa bouche exigeante descendit le long du cou puis plus bas sur la poitrine tandis que ses mains impatientes déboutonnaient la veste de pyjama et l'écartaient pour dénuder la peau, révéler les muscles et les tétons qui déjà durcissaient. Il caressait, léchait, embrassait, mordillait chaque parcelle du corps qui se découvrait et à ses oreilles retentissaient des gémissements de plus en plus forts comme autant de signes de victoire.
A leur tour, les mains de Harry se glissaient sous sa veste et parcouraient son dos, se crispant sur ses épaules pendant que son corps se tendait vers celui de Draco. Tout à coup, sa magie se mit de la partie. Elle rayonna et Draco sentit la force et la chaleur se dégager du corps qu'il explorait. C'était si bon ! La magie lui manquait tellement ! Il passa ses mains derrière le dos de Harry et l'attira tout contre son corps avec ardeur. Sa virilité dressée se frotta contre la cuisse de Harry et il sentit celle du jeune homme brun se durcir contre son ventre sous la mince épaisseur de tissu. Il déplaça sa main et voulut la glisser sous l'élastique du pantalon mais à ce moment, il ressentit une brusque secousse. Harry parut se réveiller et recula en disant à haute voix : « Non ! » Draco murmura d'une voix rauque :
- Harry … Ne m'allume pas pour me repousser ensuite.
Il avait l'impression qu'il allait perdre la tête. Mais Harry répéta plus fermement :
- Non ! Arrête Draco, je ne peux pas, c'est trop tôt …
Il se mit tout à coup à bégayer :
- Tu ne comprends pas … Ma magie est en train de m'échapper … Je ne savais pas … C'est si … fort … si … bon … Je dois me dominer … La prochaine fois, je saurai … Ce n'est pas ma faute … Draco … Je t'en prie … Je ne suis pas prêt …
Plus que les paroles, ce fut le ton de détresse qui permit au jeune homme blond de se reprendre. Il était en sueur, tout son corps était tendu, sa virilité le brûlait mais Harry avait peur. Il retomba à côté de lui, serrant les poings, se mordant les lèvres au sang mais il ne bougeait plus et ne disait rien. Un long moment de silence passa. Draco réalisa soudain quelque chose. Harry avait dit « La prochaine fois … » Tout n'était pas perdu. Il fallait attendre, ça, il savait le faire. Mais sa voix était toujours rauque quand il murmura :
- Harry, tu me mets au supplice. As-tu au moins aimé ce que nous venons de faire ?
La réponse fut longue à venir. Harry se dominait. Puis il répondit à voix basse :
- Tu veux savoir si je suis homo ? Je n'en sais rien. Mais j'ai beaucoup aimé ce que tu m'as fait.
Il avait repris sa maîtrise de lui-même et vit que ce n'était pas le cas de Draco. Il tendit la main vers lui. Ce fut à Draco de reculer.
- Non, Harry. Ne me touche pas ou je ne réponds plus de moi.
Mais le jeune homme brun posa tendrement sa main sur son front. Elle était fraîche, presque froide. Le jeune homme blond se sentit tout de suite mieux. Il posa ensuite sa main sur son cœur et celui-ci cessa ses battements désordonnés et reprit un rythme normal. Enfin, il fit un dernier geste qui stupéfia Draco. Le prude Harry, qui avait eu peur d'une caresse pour lui trop osée, posa sa main sur son sexe douloureux. Le corps de Draco se tendit comme un arc et retomba doucement. Le soulagement avait été immédiat.
- Tu sais faire ça ? murmura-il. C'est un sortilège rare. Je ne connais personne d'autre capable de le faire.
- Je peux faire ça et beaucoup d'autres choses. Ce sont des souvenirs qui me viennent de générations d'anciens sorciers. C'est comme s'ils étaient inscrits dans ma mémoire profonde et qu'ils remontent à la surface quand j'en ai besoin. Enfin là, c'était plutôt toi qui en avais besoin.
Il ajouta d'une voix un peu bizarre :
- As-tu eu beaucoup d'aventures ? Tu dois me trouver ridicule. Je ne suis même pas beau. Je ne sais pas ce que tu me trouves. Peut-être veux-tu juste te distraire un peu ?
Encore une fois, Draco fut surpris par l'innocence, presque la naïveté de Harry. Dire qu'il ne se trouvait pas beau ! Il soupira, recula pour mettre un espace suffisant entre eux et répondit:
- Non, Harry. Ce n'est pas un jeu. Je t' … Dors, Harry. »
