Comme on dit: "voilà c'est fini..." J'espère que cette fic vous a plu, perso j'ai adoré l'écrire. A une prochaine!
9, d'or.
22H30
- Respire James… comme ça…
Et voilà Peter qui tire la langue pendant que Sirius imite l'halètement du chien. Merlin dis-moi pourquoi ont-ils autant besoin de se rendre si bête. Patmol encore je comprends, il a ça dans la peau mais Queudver ?
Je lève les yeux au ciel pendant que Remus pose sa main sur mon épaule et m'offre un regard compatissant.
Mais qu'ont-ils à me regarder si pitoyablement ? Je ne suis pas à l'agonie ! Ma femme est en train d'accoucher. C'est le plus beau jour de ma vie. Enfin je crois.
22H34
Je ne cesse de regarder vers la porte close. J'aurais voulu être là pour la venue au monde de mon fils. Mais il n'a pas voulu de moi. Non, il a décidé de venir cul en avant, résultat : il paraît que l'opération est trop « exceptionnelle » pour qu'on me laisse la voir.
Je me fiche de regarder par là, je voulais juste entendre son cri. Je voulais juste être certain que mon fils était bel et bien là. Etre certain que ma Lily se faisait aussi courageuse que sa réputation le voulait.
22H40
Je lui en veux presque au gremlins. Comme si déjà il me volait ma Lily. Comme si déjà il se rendait compte de l'idiot de père que je suis. Comme si déjà, je n'étais pas assez bien pour avoir l'honneur de le rencontrer.
Il faut dire, il ne m'a pas mis en confiance. Venir au monde avec deux semaines d'avance. Venir au monde en plein milieu de la nuit. A cheval entre deux mois estivaux. Il n'en fait déjà qu'à sa tête et comme me le fait remarquer Sirius :
- Que veux-tu ? C'est un Potter… forcément qu'il est venu sur Terre pour faire chier son monde.
Des fois, il ne se rend pas compte de ce qu'il dit. Ou alors trop tard. Mais dans tous les cas, je n'ai plus assez de salive dans ma bouche pour lui demander de se la fermer.
Mon cœur menace de défoncer ma poitrine et je n'arrive pas à sécher mes mains moites. Je ne peux que me contenter de regarder la trotteuse de l'horloge en espérant que mon fils mette le starter à son démarrage.
22H52
J'ai tellement bu de caféine qu'en plus d'avoir une haleine de macaques, je suis incapable de dire si c'est la nervosité qui me rend si tremblant. En tout cas, mes yeux ne quittent pas cette porte où des médecins viennent et repartent sans même me jeter un coup d'œil. Pourtant, je ne pensais pas avoir revêtu ma cape d'invisibilité.
Cette attente me rend malade et si j'avais su, j'aurais cru Remus quand il m'avait dis que les bébés, c'étaient de la nervosité à plein temps. Il n'est pas encore là qu'il est le responsable de ces gouttes de sueur qui perlent sur mon front.
23H00
- James Potter ?
Je relève la tête et mon corps décide enfin de quitter cette chaise. Le médicomage me regarde et, il sourit. Un mince sourire. Celui qu'il doit décerner à n'importe quel taré qui se croit l'homme le plus chanceux du monde parce que sa femme vient de donner naissance à leur premier marmot. Tous ces hommes ont tord. Parce que non seulement j'ai moi aussi un bébé, mais également la plus merveilleuse femme du monde. Le plus chanceux, c'est moi.
- Vous pouvez y aller.
Je me retourne vers les trois autres qui me regardent comme s'ils se demandaient si je vais bien y aller. Ils ont raison de se poser la question. Pendant un moment, j'hésite moi aussi. Je sais qu'en franchissant cette porte, je changerai complètement de vie.
- Aller James… va rencontrer ton descendant, me dit Queudver.
- La relève des maraudeurs, poursuit Patmol.
Lunard, lui, ne dit rien. Mais je vois tout dans son regard. C'est ça d'avoir des bons amis. Ils partagent tout avec nous.
Je prends une dernière bouffée d'air, comme si j'allais rentrer en apnée et je rentre dans la mystérieuse salle.
Ca pue ce genre de produits qu'on ne voit que dans les hôpitaux et déjà, la tête me tourne. Mais ce n'est pas le moment car je le vois. Si petit. Lové sur le ventre de sa mère. Ma femme.
23H01
Ses yeux croisent les miens. Petit bout d'être si merveilleux. Ses yeux couleur émeraude me reflètent ceux de sa mère. Il a réalisé mon souhait. Il lui ressemble. Il lui ressemble mais il a mes cheveux… Merlin il va falloir investir dans de la lotion coiffante.
- Approche-toi James.
Ses yeux sont fatigués mais tout son visage respire le bonheur. Le bonheur d'être mère, d'avoir donné naissance au plus beau bébé de cette fichue planète. Je ne sais pas quel sera notre futur, mais je suis certain que lui… petit bonhomme brun… sera à l'aube d'une nouvelle ère.
Le début d'une nouvelle vie.
Mes doigts parcourent son corps nu dans de petites caresses. J'aurais presque peur de le casser de mes mains si mal habiles. Seulement, c'est un Potter. Et un Potter, c'est résistant.
Puis j'arrive à la limite du drap qui me cache son bassin. Un regard à ma Lily et je doute pour la première fois de ma vie. Je ne peux m'empêcher de le soulever pour observer de moi-même la présence de ce qui ne pourrait être que mon héritage.
Je souris en le voyant. Je souris et la fais rire discrètement.
- Tu en doutais finalement James ?
Par réflexe, je hoche négativement la tête. Ce ne pouvait être qu'un fils.
Puis revoilà le fameux médicomage. Pourquoi vient-il interférer dans notre moment de grande présentation ?
- Ce petit homme a-t-il un prénom ?
Je regarde Lily. Elle a les yeux rivés sur le petit bout qu'elle tient contre elle. Je ne sais pas à quoi elle pense. Où plutôt, je crois savoir. Je sais que je n'aimais pas forcément ce prénom. Mais je sais aussi que jamais, Lily n'a fait de mauvais choix. Alors d'une voix distincte, je réponds à cet homme en espérant qu'il disparaisse vite :
- Harry…
Le visage de Lily s'illumine alors que l'homme gribouille sur son calepin :
- Harry Potter… 31…
- Harry James Potter, reprend ma Lily.
- Harry James Potter, continue l'homme. Né le 31 juillet 1980. Bien…
Enfin il disparaît et je peux embrasser ma femme.
- Harry ? Je pensais que tu ne voulais pas.
- Je me suis habitué à t'entendre l'appeler comme ça. Un autre prénom m'aurait fait bizarre…
Elle sourit… elle sait que je mens. Elle sourit et me dit :
- Je crois que… qu'il est temps de présenter ses deux oncles à ton fils…
- Ses deux oncles ?
- Ses deux oncles et son parrain.
FIN
