Dors Draco

Je remercie infiniment Madame Rowling de me prêter Harry et Draco pour la fête des amoureux. Ils sont à elle, tout le monde sait ça et puis, prêter n'est pas donner. ( Dommage )

Chapitre 15

Il y eut un « Oh ! » de stupéfaction. Draco s'était arrêté à l'entrée de la Grande Salle. Il était beau à couper le souffle et il portait des vêtements moldus : un jean qui moulait ses hanches minces, un pull bleu qui faisait ressortir ses yeux gris et même des baskets, sobres et de grande marque, mais moldues tout de même. Ses cheveux clairs descendaient gracieusement dans son cou. L'Ange blond, le beau Draco Malfoy, le Prince des Serpentards était de retour. A l'intérieur de lui, il mourait de peur mais rien ne transparaissait sur son visage impassible.

Le silence dura quelques brefs instants puis il sourit, non pas d'un sourire méprisant comme autrefois mais un vrai sourire franc et sincère. Cela fit comme un choc dans la Grande Salle. D'un coup, Grégory se leva à la table des Serpentards et se mit à applaudir, immédiatement suivi par tous ses camarades. Les Pouffsouffles puis les Serdaigles se mirent de la partie, d'abord timidement puis Griffondors furent les derniers à suivre, imitant Harry qui souriait lui aussi. Tous les professeurs applaudissaient, même Trelawney qui répétait une deuxième fois : « Je vous l'avais bien dit » sans se rendre compte qu'elle se contredisait elle-même.

Blaise et Vincent se précipitèrent vers Draco et l'entraînèrent à leur table. Tout le monde se mit à parler en même temps. On lui souhaitait la bienvenue comme s'il sortait d'une longue maladie. Ses proches lui donnaient des tapes amicales dans le dos. Des deuxièmes et des troisièmes années qui normalement n'auraient jamais osé lui adresser la parole le félicitaient. Une fille voulut même l'embrasser mais se fit repousser sans ménagement par Pansy. C'était un joyeux charivari et Draco était un peu ahuri par toutes ces démonstrations d'amitié. Il n'aurait jamais cru qu'on lui ferait une telle fête.

Quand enfin tout se calma, qu'il eut devant lui son thé préféré et des muffins appétissants, il leva les yeux, cherchant Harry du regard. Les yeux gris et les yeux verts se rencontrèrent et le même sourire fleurit sur leurs lèvres. Tout s'était bien passé. Le Seigneur des Ténèbres avait raté sa vengeance. Draco Malfoy était vivant et bien vivant. Plus encore, il avait regagné l'estime des siens. Et c'était à Harry qu'il le devait. Le jeune homme blond se demanda s'il avait déjà été aussi heureux qu'aujourd'hui. Il eut malgré tout un pincement au cœur en pensant à son père et à sa mère. Il aurait bien voulu leur faire savoir qu'il était sain et sauf mais il se voyait mal envoyant un hibou à la Forteresse Sombre.

Il n'en eut pas besoin. Dès la fin du petit déjeuner, des courriers partirent dans toutes les directions, chaque élève tenant à raconter cette extraordinaire histoire à ses parents. Au début de l'après-midi, Rita Skeeter elle-même se fit annoncer. Elle travaillait maintenant pour le Chicaneur et avait retrouvé toute sa superbe. Se souvenant que c'était dans ce journal que Harry avait raconté le retour de Voldemort, Draco lui accorda une interview. La plume à papotes remplit joyeusement son office et l'annonce du retour et de l'innocence du beau Draco fit le tour du pays et se répandit jusqu'à Beauxbâtons en France et dans les pays nordiques à Durmstrang.

La forteresse Sombre retentit des hurlements de rage du Maître des Ténèbres. Personne ne fut épargné, sauf les enfants de la Couronne d'Or. Bellatrix Lestrange, la farouche groupie et Peter Pettigrow, l'homme à la main d'argent eux-mêmes, plièrent l'échine sous les insultes. Lucius et Narcissa Malfoy durent demander pardon à genoux pour avoir mis pareil dégénéré au monde. Severus Snape reçut quelques coups lui aussi et il dut assister impuissant au supplice de Nagini que Voldemort ne supportait plus et qui reçut tant de Doloris qu'il ne pouvait plus relever la tête. Seul son Maître le comprit quand il siffla tristement qu'il voulait mourir. Le lendemain, on le chercha dans toute la Forteresse mais il avait disparu.

Puis le Maître des Ténèbres se calma. Il regagna son bureau et entreprit de préparer la guerre. Il récapitula ses forces. Il avait environ mille Mangemorts mais ils n'étaient pas tous aptes au combat. Les plus anciens, ceux qu'il avait recrutés lors de sa première prise de pouvoir, ne pensaient qu'aux avantages acquis. Ils devenaient mous, presque lâches. Et il avait du mal à recruter des jeunes sorciers en Angleterre. Il fallait aller les chercher de plus en plus loin et leur promettre de nouveaux avantages. Le jour de la bataille finale, il voulait attaquer plusieurs objectifs en même temps pour vaincre sur toute la ligne. Il lui faudrait diviser ses forces et trouver de bons chefs. Mais il garderait les meilleurs combattants pour conquérir Poudlard. Il désirait plus que tout soumettre ces jeunes gens qui complotaient contre lui, en particulier le Balafré qui lui avait toujours échappé. Et dire que Malfoy l'avait rejoint, lui, au lieu de lui faire allégeance ! Sa haine revint.

Bon, il pouvait compter sur plusieurs alliés. Trois Géants arrivaient par le sud, semant un peu la désolation sur leur passage, mais jusqu'à maintenant, les Moldus croyaient à une succession de tempêtes. Il avait réussi à capturer au Pays de Galles un dragon vert gallois et à l'amener dans la Forteresse où il hibernait pour le moment. Les Chimères et les Harpies étaient de son côté ainsi que Greyback et toute une troupe de Loups Garous, tous jeunes et avides de batailles. Il avait aussi les Détraqueurs. Ceux-ci s'impatientaient. La prison d'Azkaban leur manquait car ils y trouvaient des sorciers à tourmenter et des âmes à aspirer. Alors, de temps en temps, Voldemort les lâchaient contre des Moldus et il y avait des catastrophes, des épidémies, des révoltes. Jusqu'à présent, personne n'avait le pouvoir de les détruire, seulement de les éloigner avec des Patronus. Mais un sorcier de l'autre camp pouvait découvrir un sortilège pour les faire disparaître définitivement. Et bien sûr, il avait les Inferis …

Enfin, en ce moment, ses émissaires essayaient de convaincre les Gobelins de se ranger à ses côtés. Ceux-ci tenaient la banque Gringotts. S'il pouvait mettre la main sur l'argent sorcier, il priverait ses adversaires de ressources et les forcerait à capituler. Mais jusqu'à présent, ses messagers n'avaient pas eu de succès. Bill Weasley faisait de la propagande pour son camp. Dire que l'un de ses anciens Mangemorts avait réclamé sa femme Fleur, la demi Vélane, comme prise de guerre s'il gagnait la bataille ! ! ! Ils n'avaient plus aucune ambition, seulement des goûts de pouvoir et de profit. Le Lord Noir ruminait sa rage et sa déception. Reconquérir sa puissance était plus difficile qu'il ne le pensait.

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A l'école au contraire, la journée avait été très joyeuse. Théodore avait demandé à Draco s'il voulait de nouveau partager leur dortoir. Le jeune homme avait accepté en se disant qu'il pourrait de toute façon retourner dans l'appartement de Harry quand celui-ci viendrait à Poudlard. La compagnie lui manquait, les jeux, les rires et les blagues entre garçons du même âge en particulier. Et puis, il sentait obscurément qu'il aurait besoin de protection maintenant que sa présence à l'école avait été révélée. Tant que Harry était là, il n'y aurait pas de problème mais son ancienne réputation avait la vie dure et il était maintenant sans défense même face à un jeune deuxième année. On allait donc revoir la bande à Malfoy dans les couloirs du château. Harry approuva sa décision.

Sur les entrefaites, Ron et Hermione arrivèrent dans la soirée.. Ils avaient appris que dans le sud du pays, un seigneur Mangemort se croyait revenu au Moyen Age et tourmentait ses serviteurs et toutes les personnes qui habitaient sur ses terres. C'était le genre de mission que Harry et ses amis avaient accepté de remplir pour le Ministère. La renommée du Survivant lui donnait une grande autorité morale et il faisait entendre raison à ceux qui abusaient de leur position sociale ou de leur pouvoir. Du coup, il annonça à Draco qu'il quittait Poudlard le lendemain avec ses amis. Mais pour la dernière nuit. il ne vint pas « juste » dormir dans la chambre voisine de la sienne.

Harry se montrait amical avec Draco mais sans plus. La nuit du « juste dormir » l'avait troublé plus qu'il ne croyait mais à y bien réfléchir, il pensait avoir eu une sorte de coup de chaleur. Il n'était pas homo ou ne disait-on pas « gay » ? Il en était seulement à se poser la question. Cependant, juste avant son départ, alors que Ron et Hermione l'attendaient dans le grand Hall, il vit la tristesse du Serpentard qui lui disait au revoir dans le salon. Il vint vers lui, mit ses mains en coupe autour de son visage et l'embrassa sur les lèvres sans approfondir. Draco le prit dans ses bras et le serra très fort contre lui. Ils ne dirent rien et se séparèrent. Harry partit et Draco resta mais ils avaient au cœur le même désir de se revoir et de continuer ce qui avait commencé entre eux.

Draco s'installa dans les dortoirs des Serpentards et de nouveau, il attendit le retour de son Griffondor. Il ne se doutait pas que Grégory et Vincent l'avaient percé à jour. Ses yeux brillaient trop fort quand il prononçait le nom de Harry. Cela ne dérangeait pas ses deux amis. Il était loin le temps où les anciens ennemis s'injuriaient ou se battaient au détour des couloirs. La menace de guerre soudait les élèves de Poudlard comme jamais depuis la fondation de l'école.

Et puis ce fut le 14 février, le jour de la saint Valentin, la fête des amoureux.

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Cela commença au petit déjeuner. Dans la Grande Salle, des petits cœurs explosifs flottaient un peu partout. C'était l'une des dernières inventions de Fred et Georges. Dès que des amoureux passaient près d'eux, ils explosaient en lançant une poignée de confettis puis ils reprenaient leur forme et recommençaient un peu plus loin. Il y avait donc beaucoup de petits « pschitt » et beaucoup de confettis partout. L'autre invention remarquable des jumeaux, c'étaient les lettres ailées. Les amoureux écrivaient leurs déclarations sur des petits parchemins, les roulaient et les attachaient avec un ruban spécial. Dès que le ruban était noué, il lui poussait des petites ailes. Il suffisait de murmurer le nom de l' élu(e), pour que le parchemin s'envole, se dirige vers la personne désignée et se pose gracieusement devant son assiette.

Il y avait tellement de lettres ailées ce matin-là au petit déjeuner qu'il se produisait des collisions. Certains ou certaines en recevaient tant que le tas ressemblait à une petite montagne. Il s'y ajoutait parfois des boîtes de chocolat. Enfin, c'était un tohu-bohu général. Draco fut surpris de recevoir autant de messages. Il n'était réapparu que depuis quelques jours et son succès ne se démentait pas. Il déroulait les lettres et lisait en souriant les déclarations, les propositions de rendez-vous, les petits mots gentils. Beaucoup de messages venaient des filles de Serpentard, plusieurs de Pouffsouffles, quelques uns de Serdaigle et un seul de Griffondor, de Lavande Brown, qui le regardait de loin d'un air énamouré. Il eut aussi la surprise de recevoir quatre lettres de garçons, sa position de bisexuel étant plus ou moins connue parmi ses camarades. Il souriait mais lui ne pensait qu'à Harry.

Le séjour des trois Griffondors dans le sud de l'Angleterre se prolongeait. Minerva MacGonagall avait dit à Draco que Ron, Hermione et Harry avaient remarqué les étranges marques laissées par de soi-disant tempêtes. Ils faisaient une enquête pour connaître le fin mot de l'affaire. La Directrice avait demandé l'aide de Draco. Comme il suivait moins de cours que les autres et qu'il avait donc du temps libre, elle lui avait proposé de devenir son secrétaire. Le Ministère envoyait sans arrêt à l'Ecole des formulaires à remplir et elle manquait de temps car elle avait repris ses cours de métamorphoses. Heureux de se rendre utile, Draco avait immédiatement accepté.

Il avait écrit un message à Harry pour la Saint Valentin. Mais comme il ne savait pas où l'envoyer, il l'avait posé dans sa chambre, sur son oreiller. Le Griffondor le trouverait à son retour. Il avait décidé de lui dire qu'il l'aimait vraiment, qu'il voulait vivre avec lui pour toujours et qu'il l'aimerait toute sa vie même si lui, Harry, n'était pas homo. Mais étrangement, Draco ne savait pas comment dire ces choses-là. Alors il avait seulement écrit :

« Harry, je t'aime. Draco. »

Il avait roulé le parchemin, avait noué le ruban et avait murmuré le nom. Il savait que Harry était trop loin pour le recevoir. Ce genre de courrier ne marchait que si les deux personnes étaient présentes dans la même pièce. Mais la magie de Fred et de Georges était peut-être plus forte que prévue ou quelque chose de mystérieux s'en mêla. Dans la nuit , alors que Draco dormait en faisant des rêves dorés où Harry avait un rôle bien particulier, une nuit où quelques mots murmurés dans son sommeil firent sourire Grégory et Vincent ses voisins de lit, une nuit simple et tranquille donc, le parchemin disparut en produisant un rayon de lumière.

Harry le trouva au matin sur son oreiller dans la chambre du « Bed and Breakfast » de Miss Harriet Simson où lui, Ron et Hermione étaient descendus la veille. Il le déroula et la surprise le cloua sur place.