Dors Draco
Pour ceux qui ne connaissent pas le Royaume Uni, un « Bed and Breakfast » ou « B and B ». s'apparente à un gîte où on peut passer la nuit et prendre un petit déjeuner à l'anglaise. Attention : ce chapitre contient un lemon, c'est-à-dire une scène de sexe explicite entre deux garçons.
Chapitre 16
Harry serrait sur sa poitrine un petit parchemin déroulé, sa première vraie lettre d'amour si on exceptait la déclaration foireuse de Ginny lors de sa deuxième année : « Ses yeux sont verts comme un crapaud frais du matin … » et les billets enflammés qu'il recevait le jour de la saint Valentin et qu'il ignorait en riant. La saint Valentin, c'était hier et Draco avait pensé à lui. Trois mots, trois petits mots : « Harry, je t'aime. » et il fondait de bonheur. Il avait hâte de revenir à Poudlard mais hélas, ce ne serait pas pour tout de suite.
Il regarda la chambre qu'il occupait dans le « B and B » où ils avaient atterri la veille, une vraie chambre de jeune Moldu avec ses affiches de foot, ses raquettes de tennis, ses disques et ses jeux vidéos. Ron et Hermione dormaient à côté dans la chambre d'hôtes, entièrement décorée de petits rideaux roses et de napperons de dentelle. Mais tous les trois avaient l'habitude de ces endroits hors du temps où ils faisaient halte au cours de leurs missions. Ron, en vrai sorcier de Sang Pur, était parfois surpris par l'aspect kitch des décors mais pour Harry et Hermione, c'était familier. La tante Pétunia aussi aimait les napperons de dentelle.
Cette fois pourtant, ils avaient dû faire appel à la magie. Ils étaient allés voir ce Seigneur Mangemort qui se croyait tout permis. Il était âgé et d'une obstination sans bornes. Il avait fallu que Harry se fâche pour qu'il entende raison. Quand les objets s'étaient mis à vibrer, que portes et fenêtres avaient commencé à claquer avec bruit et qu'un vent de tempête s'était levé au dehors, il avait enfin consenti à donner des vêtements et la liberté aux elfes de maison qu'il martyrisait et à rendre l'argent qu'il avait extorqué à ses fermiers et à ses locataires. Mais il avait la rancune tenace et après leur départ, il avait prévenu son Seigneur et Maître, Lord Voldemort.
Le lendemain, alors qu'ils s'apprêtaient à transplaner pas très loin du lieu où ils avaient passé la nuit, Harry, Ron et Hermione avaient vu arriver deux étranges Moldus : l'un portait un costume complet de chasseur mais il avait de hautes bottes de pêcheur, l'autre était en habit de cérémonie noir mais à la place de chapeau haut-de-forme, il arborait un casque jaune d'ouvrier de chantier. C'était à ces tout petits détails qu'on repérait les sorciers déguisés. Les trois amis étaient de taille à les affronter mais ils préféraient ne pas se faire remarquer. Ils avaient donc transplané aussitôt puis pour être sûrs de n'être pas suivis, ils avaient encore transplané deux fois de suite. Mais désormais, ils ne pourraient plus fréquenter les « B and B », Voldemort les ferait certainement surveiller.
Harry soupira. Leur prochaine étape était le Ministère de la Magie et il savait déjà qu'il serait difficile de convaincre Rufus Scrimgeour et les autres. Pourtant, il n'y avait aucun doute : trois Géants remontaient vers le nord et même si les témoins étaient peu nombreux et si leurs proches les traitaient de vieux gâteux, quatre papys revenant d'un pub avaient bien vu un porte-containers au large et trois grosses masses qui flottaient sur l'eau : des géants qui s'approchaient de leur plage. Les petits vieux n'en démordaient pas. Les émissaires de Voldemort avaient donc réussi à attirer des alliés dans le camp de leur Maître. Harry se prépara. Il rangea la lettre dans sa poche intérieure, tout près de son cœur et partit retrouver Ron et Hermione. Eux trois au moins savaient s'habiller correctement en Moldus. Ils payèrent l'aimable hôtesse avec des livres anglaises que Harry avait échangé contre des gallions à Gringotts ...
Gringotts … Encore un problème à régler, des négociations à entamer. Hermione était sûre que si on concluait avec les Gobelins un nouveau traité leur accordant la liberté pleine et entière et le statut de personnes magiques, ils se rangeraient immédiatement à leur côté. Pourquoi étaient-ils tenus en quasi esclavage ? C'étaient des êtres remarquablement intelligents et très habiles de leurs mains. Mais cela dérangeait beaucoup de monde, surtout des gens influents. Dolorès Ombrage disait partout que c'étaient des créatures répugnantes, comme les elfes de maison, les sirènes, les centaures, les loups-garous. Et elle avait des partisans ou du moins des gens disposés à l'écouter et même à la suivre dans ses raisonnements d'un autre temps. L'ennemi était à leur porte et certains semaient la zizanie à loisir.
L'entrevue au Ministère fut telle que Harry l'avait imaginée. Des géants en Angleterre ? Impossible, ils avaient tous été exterminés. Ils passèrent à Godric's Hollow mais aucune nouvelle ne les y attendait. Le corbeau noir n'avait pas apporté de messages. L'Ordre du Phénix n'avait pas besoin d'eux. Alors Harry se dit qu'il était temps d'aller faire un tour à Poudlard. Il voulait discuter de stratégie, récapituler les forces de l'école, demander aux différents groupes s'ils avaient des nouveautés à présenter, rechercher des élèves ayant des pouvoirs spéciaux comme la petite à l'araignée géante … Il voulait revoir son Serpentard.
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Ils arrivèrent le samedi en fin de matinée. Les élèves étaient encore en cours, les couloirs étaient vides. Ils montèrent jusqu'au bureau de la Directrice, croisant Peeves qui se faisait discret en présence de Harry. Il n'avait pas oublié le jour où le jeune sorcier, excédé par ses farces, l'avait ligoté sur une chaise pendant des heures. Les élèves, ravis de son impuissance, lui avaient jeté à la figure des tomates et des trognons de choux. Douce vengeance contre le petit homme qui ne cessait de les harceler.
Harry vit Draco au déjeuner à la table des Serpentards, lui s'asseyant aux côtés de ses amis à celle des Griffondors. Ils se sourirent, se firent un signe de la main signifiant « A tout à l'heure ! » Mais Harry était pris par toutes sortes de réunions et d'obligations. En fin d'après-midi seulement, ils se croisèrent au détour d'un couloir. Harry tenait à la main la carte des Maraudeurs. Des groupes d'élèves passaient à côté d'eux. Harry dit rapidement :
« Je te cherchais. Viens ce soir dans mon appartement.
- Juste pour dormir ? souffla Draco.
- Non, » répondit le jeune homme brun avec un sourire. Et il se dirigea vers le professeur Lupin qui l'attendait un peu plus loin.
Après le dîner, quand Draco entra dans le salon, Harry se leva du canapé où il attendait en tremblant un peu. Ils se regardèrent. Ils n'eurent pas besoin de paroles. Ils firent chacun deux pas et se retrouvèrent dans les bras l'un de l'autre, leurs lèvres soudées par un profond baiser, leurs deux corps rivés ensemble. Ils entrèrent dans un paradis de lumière où ils étaient merveilleusement seuls Le château et ses habitants avaient disparu. Il ne restait qu'eux et l'amour Ils se dirigèrent vers la chambre de Harry tout en se dépouillant l'un l'autre de leurs encombrants vêtements et en échangeant de multiples baisers. Ils ne portaient plus que leur boxer quand les jambes de Harry heurtèrent le bois du lit. Il tomba en arrière, entraînant Draco au dessus de lui. Le jeune homme blond ne demandait que ça et commença à embrasser, à caresser le visage puis le cou et la poitrine qui s'offraient à lui. Ses caresses et ses baisers provoquaient chez Harry des secousses de plaisir.
Il gémit soudain quand Draco mordilla ses tétons. Ses mains s'accrochaient aux doux cheveux blonds, se crispaient sur les épaules, erraient sur la peau laiteuse du dos. Il n'était que plaisir et quand il sentit sa magie se manifester en lui, il la domina aisément. Les lèvres de Draco descendaient plus bas, ses mains repoussaient l'élastique du boxer, sa langue traçait des cercles autour du nombril puis en titillait le centre. Il descendit encore un peu puis leva la tête pour fixer Harry dans les yeux. Le regard vert ne le quittait pas, Il y lut la joie, la curiosité, le désir aussi. Alors il reprit son exploration amoureuse. Il sentit contre sa joue le sexe dressé, descendit encore, posant des baisers le long des cuisses fermes, puis il remonta et sa bouche toucha les bourses tendres. Sa langue caressa, se promena, lécha. Ses lèvres se posèrent sur la verge dure, remontèrent jusqu'à la pointe rouge et tout à coup, sa bouche avala le membre tendu et entreprit de le caresser du haut en bas et du bas vers le haut.
Harry se tordit un peu et poussa un cri. Le plaisir était fulgurant, au delà de tout ce qu'il avait pu imaginer dans son ignorance. Draco était superbement doué et l'amour qu'il portait à Harry le poussait à multiplier les préliminaires. Il voulait que sa première fois soit inoubliable. Il remonta jusqu'à son visage, écouta la respiration saccadée, posa son front sur celui du jeune homme brun dont les yeux brillaient comme des diamants verts. Ils avaient tous les deux besoin d'un instant de pause pour écouter leurs cœurs battre à l'unisson. Soudain, Harry poussa Draco de côté et se mit au-dessus de lui. Il voulait mener le jeu à son tour. Il apprenait vite. Le jeune homme blond le laissa faire, heureux que sa leçon d'amour ait eu un tel succès. Il se laissa embrasser, mordiller, lécher. D'habitude, il ne laissait personne profiter de son corps mais c'était Harry et il était si heureux …
Mais il voulait aller plus loin et de nouveau, il s'allongea sur le corps nu de Harry. Il était nu lui aussi et leurs deux virilités dressées se touchèrent. Elles étaient aussi brûlantes l'une que l'autre. Les yeux gris couleur d'orage fixèrent les yeux verts couleur d'eau profonde. Le temps s'arrêta et Draco sut que le moment était venu. Il glissa ses genoux entre les jambes allongées sous lui, faisant s'ouvrir les cuisses dures. Harry gémit et se crispa. Draco posa de nouveau ses lèvres sur les siennes, sa langue pénétra dans la bouche entrouverte et l'explora, attirant ainsi l'attention de Harry. C'était le moment délicat, son jeune partenaire était vierge et sans doute ignorant de ce qui allait se passer, de la douleur avant le plaisir.
Sans lâcher Harry des yeux, Draco posa des baisers rapides sur son visage, son cou, sa poitrine. L'une de ses mains entoura le sexe dressé et le caressa tandis que l'autre se glissait entre les fesses dures. Un doigt passa l'anneau de chair … puis deux … puis trois … Harry eut mal, il cria et se tordit mais Draco accentua les caresses pour le distraire de la douleur. Puis les doigts se retirèrent et Harry se sentit vide tout à coup. Mais cela ne dura pas longtemps. A son tour, le sexe érigé de Draco passa la barrière et entra en entier dans son intimité. Il aurait dû souffrir car c'était la première fois mais en fait, passée une douleur rapide, il se sentit merveilleusement bien. Il se sentit … entier. Il avait trouvé la moitié qui lui manquait. Il remua légèrement, attirant son partenaire encore plus en lui.
Draco commença un mouvement de va-et-vient dans l'antre chaud que son sexe comblait et vint frapper un point précis, provoquant en Harry un plaisir fulgurant. Il gémit et le son assourdi les libéra tous les deux. Le jeune homme blond accéléra son mouvement. Chaque coup de rein était source de plaisir partagé. La sueur coulait le long de son dos. Il donnait de l'amour comme il ne l'avait jamais fait, lui qui pensait d'abord à son propre plaisir quand il invitait des filles ou plus récemment des garçons à partager son lit. Harry gémit de plus en plus fort jusqu'à ce qu'il jouisse et que son essence s'écoule sur son ventre. Draco se tendit et jouit à son tour quand l'anneau de chair se resserra soudain sur son sexe Puis il s'écroula sur le corps de son partenaire. Il leur fallut du temps pour que leur souffle saccadé s'apaise un peu.
Draco se retira doucement de l'intimité de Harry et enfouit son visage dans son épaule. Ils ne bougeaient plus, ne disaient rien mais leur immobilité et leur silence parlaient pour eux. C'était un moment si extraordinaire qu'ils avaient du mal à émerger. Draco avait réalisé son rêve : faire l'amour à Harry , il espérait que le bonheur qu'ils venaient de vivre ensemble lui donnerait définitivement le cœur de son beau brun. Celui-ci ne savait pas encore si ce qu'il éprouvait pour Draco était de l'amour ou si c'était seulement une attirance physique mais une question l'effleura : était-ce cela, être homo ? Si oui, alors, sans aucun doute, il l'était. Mais la fatigue le terrassa soudain. Son corps venait de vivre un moment très éprouvant et il avait dû en même temps dompter sa magie qui menaçait de s'inviter à la fête. Draco aussi était épuisé d'avoir retenu longtemps sa passion et son désir pour donner à son jeune amant le plus de bonheur possible.
Harry sentit qu'il était temps pour eux deux de dormir. Il lança sur eux un léger sort de nettoyage, fit apparaître deux pyjamas qui les recouvrirent sans qu'ils aient besoin de bouger et attira sur leurs corps enlacés les draps et les couvertures. Il s'installa confortablement dans les bras de Draco et cala sa tête sur son épaule. Avant de plonger dans le sommeil, il voulut lui faire savoir tout le plaisir qu'il lui avait procuré. Ne sachant trop que dire, il murmura à son oreille : « Merci. » Ce n'était pas tout à fait ce que le jeune homme blond avait espéré. Alors, ce fut lui qui le dit pour eux deux :
« Je t'aime … Dors, Harry. »
