Dors Draco

Même dans les meilleures Maisons, il y a toujours un vilain petit canard. Donc à côté de notre couple préféré, Draco et Harry, qui appartient à jamais à Madame Rowling, j'ai ajouté un méchant Griffondor qui est à moi. Je veillerai personnellement à ce qu'il fasse la punition qu'on lui a donnée après sa mauvaise action.

Chapitre 18

A la fin du dîner, Harry fit signe à Draco de le rejoindre dans le Grand Hall. Il lui dit :

« Attends-moi dans l'appartement, j'en ai encore pour une heure environ.

- Attendre, toujours attendre, répondit Draco d'un ton boudeur. Je n'en ai peut-être pas envie.

- Ah ! C'est dommage ! Demain c'est lundi, les élèves et les professeurs ont cours. J'aurais aimé faire la grasse matinée avec toi. Mais si ça ne te tente pas …

Ils se regardaient en souriant. C'était agréable de se taquiner un peu.

- A tout de suite, » chuchota le beau blond et il s'éloigna, seul pour une fois.

Un Griffondor se rendit compte de son absence alors que Harry rejoignait Théodore. Ils devaient discuter de stratégie. Le jeune Serpentard était un excellent tacticien. Il avait conçu des plans pour défendre l'école. Pendant ce temps, Draco se dirigeait vers l'appartement, le sourire aux lèvres. Tout à coup, au détour d'un couloir, il fut stoppé par un jeune homme, un Griffondor de sixième année, qui pointait sa baguette sur lui. Draco pâlit mais il ne montra pas sa peur soudaine. Il était sans défenses et savait que plusieurs élèves doutaient de son innocence. Mais il fit face au danger avec l'air hautain de l'ancien Malfoy.

« Qui es-tu ? Que veux-tu ? demanda-t-il froidement.

L'autre le regardait d'un air mauvais.

- Ne prends pas ce ton avec moi, répondit-il. Je m'appelle Ivon Dempsey. Je t'ai envoyé un message pour la Saint Valentin. Tu n'as pas daigné répondre. Non, tu t'attaques à quelqu'un de bien plus important que moi. Tu veux corrompre Harry. Tu veux mettre le Sauveur de notre monde dans ton tableau de chasse. Tu lui feras du mal pour l'affaiblir. C'est peut-être ton Maître qui te l'a ordonné. Mais je ne te laisserai pas faire.

Il jouait avec sa baguette magique. Draco tressaillit quand il la pointa sur sa gorge. Il ne pensait pas que le jeune homme lancerait sur lui un Sortilège Impardonnable mais les élèves de l'école étaient surentraînés en prévision de la guerre et il pouvait lui faire très mal. Il décida de répondre par le mépris.

- Tu appartiens à la Maison Griffondor et tu attaques quelqu'un de désarmé, comme un lâche ?

Son jeune adversaire rougit de colère.

- Et toi, cracha-t-il, combien de pauvres gens sans défenses as-tu attaqués et tués pour le compte de ton Maître ?

- Je n'ai tué personne, répondit Draco avec dignité.

Le jeune homme se rapprochait et malgré lui, Draco recula. Il se trouva bientôt dos au mur. L'autre s'avançait toujours et la pointe de sa baguette magique se posa sur la poitrine de Draco. Il y avait dans ses yeux une drôle de lueur. Il dit d'une voix rauque :

- Tu me plais beaucoup, Malfoy. J'aimerais bien goûter à ton charme irrésistible. Que dirais-tu d'aller faire un petit tour avec moi dans une classe vide ? Tu aimes les garçons à ce qu'il paraît. Moi aussi, surtout les beaux blonds dociles. Passe devant et entre là. C'est la salle où Firenze donne ses cours de divination. On se croirait dans une forêt. Tu vas aimer, j'en suis sûr.

Il semblait pris de folie. Soudain, il cloua Draco au mur en posant ses mains sur ses épaules et écrasa ses lèvres sous les siennes. .Révulsé par cette attaque, Draco le repoussa avec force. La colère le prit. Il lança :

- Bon, on va régler ça à la manière moldue.

Et il lui envoya son poing en pleine figure. L'autre ne s'attendait pas à cette réponse brutale. Il tomba et Draco voulut en profiter pour fuir. Mais son adversaire était rapide et bien entraîné. Il lança un sortilège de Bloque-Jambes et Draco tomba à son tour, traversé par une douleur fulgurante. Déjà l'autre était sur lui et le frappait au visage. Puis il se releva et dit d'un ton dur :

- Tu vas me le payer. Endolo …

Mais il ne termina pas le sortilège. Une petite voix résonnait dans le couloir.

« Pi pa pa pi pi pa pi … »

Cornélia Dellaz s'avançait vers eux, les yeux en l'air.

- Fiche le camp, Cracmol. lança le Griffondor avec hargne.

La petite regarda les deux garçons avec un air étonné. Elle vit Draco à terre, crispé par la douleur et son adversaire avec sa baguette magique pointée. Elle sortit de sa poche un mince morceau de bois. On aurait dit une souple branche de saule. Elle fit un mouvement du haut en bas, une grosse araignée descendit au bout d'un fil et atterrit sur la tête du Griffondor. Celui-ci hurla et s'enfuit en courant. La petite s'accroupit près de Draco.

- Il t'a fait du mal ? dit-elle. Montre-moi.

Trop surpris pour refuser, Draco releva le bas de son pantalon. Le sortilège avait laissé sur son mollet une large marque violette. La petite pointa son bout de branche en murmurant une incantation. La marque resta mais la douleur s'arrêta aussitôt.

- Ce sera bientôt guéri, dit-elle. Pour la couleur, mon saule ne peut rien faire.

Elle saisit la grosse araignée qui était tombée à terre, la posa sur son épaule, se releva et s'éloigna en murmurant son léger babillage. « Pi pi pi pa pi pi pi … »

Draco se releva à son tour et la regarda partir d'un air stupéfait. Puis il eut froid et peur. Le Griffondor pouvait revenir. Il se dépêcha de gagner l'appartement et s'effondra sur le canapé, devant le feu allumé par les elfes dans la cheminée. De toutes les paroles que son adversaire avaient dites, celles qui l'avaient le plus touché, c'étaient celles concernant Harry. Des élèves restaient donc persuadés de son attachement à Voldemort et le soupçonnaient d'agir pour lui. Il se recroquevilla, ramenant ses genoux vers sa poitrine, serrant ses jambes entre ses bras, son visage pâli posé sur ses cuisses. C'est ainsi que le trouva Harry au retour de sa réunion. Le jeune homme blond ne l'avait pas entendu entrer. Il tressaillit quand il sentit une main sur son épaule. Il releva vivement la tête et Harry vit des traces de larmes sur ses joues. Il dit en s'asseyant à côté de lui et en le prenant dans ses bras :

- Draco, qu'est-ce que tu as ? Tu es malade ?

Le Serpentard s'accrocha à son cou et cacha son visage dans son épaule. Il répondit par une autre question.

- Harry, crois-tu que je t'aime ou penses-tu que je veux profiter de toi ? Crois-tu que je pourrais un jour te faire du mal ?

Le jeune homme brun lui releva le visage, essuya avec son pouce les traces de larmes et regarda Draco droit dans les yeux.

- Non, Draco, je te crois quand tu dis que tu m'aimes.

Puis il regarda son vis-à-vis plus attentivement et ajouta :

- Quelqu'un t'a agressé et t'a dit des mensonges. On t'a fait du mal. Dis-moi qui c'est. Il va avoir de mes nouvelles …

Déjà la magie sortait de ses mains en étincelles. Draco se jeta dans ses bras et répondit :

- Non, non, ça n'a pas d'importance du moment que tu me crois. Je t'aime Harry, n'en doute jamais.

Il tremblait. La réaction à son attaque se faisait sentir. Le fait que le Griffondor l'ait agressé sexuellement avait pour lui moins d'importance que les accusations de trahison.

- Viens, murmura tendrement le beau brun à son oreille, nous avons des choses plus intéressantes à faire que de pleurer.

Il passa un bras autour de sa taille, l'autre à la pliure de ses genoux, il se leva, portant Draco comme s'il ne pesait rien, se dirigea vers sa chambre et le déposa sur le lit avec douceur. Il entreprit de le déshabiller, posant des baisers partout où la peau se dévoilait. Bientôt, il n'y eut plus sur le lit que deux jeunes hommes qui riaient, se chatouillaient, s'embrassaient, deux corps nus qui se cherchaient, se trouvaient, s'enlaçaient avec passion. Puis quand Draco entra en Harry, ils sentirent ensemble qu'ils ne faisaient plus qu'un, qu'ils étaient intimement liés l'un à l'autre et qu'aucune mauvaise parole ne parviendrait plus à les séparer. Allongés l'un en face de l'autre, chaudement recouverts par les couvertures, ils se regardaient en souriant. Harry insista :

- Tu as fait une mauvaise rencontre dans le couloir ?

Draco sentit qu'il valait mieux ne pas parler du Griffondor. Celui-ci avait sans doute fait un coup de folie. Il détourna la conversation.

- Une mauvaise et une bonne. Figure-toi que j'ai rencontré la petite qui parle aux araignées géantes. Elle a une baguette magique assez bizarre et elle sait faire des choses étonnantes. Elle connaît des incantations qui font disparaître la douleur Elle n'a rien d'une Cracmol.

- La douleur ? Quelqu'un t'a blessé ?

De nouveau, la magie sourdait par sa peau. Draco ferma les yeux. Il sentait le rayonnement de l'aura qui entourait Harry. Il s'en rassasiait. La magie lui manquait terriblement et pas seulement parce que son absence le laissait sans défenses. La magie pour un sorcier, c'était la moitié de lui-même. Il se demandait comment il pouvait survivre en en étant privé. Il reprit en mentant un peu :

- Non, je me suis fait mal en tombant. Il faut absolument que nous parlions à cette petite. Elle a des pouvoirs qu'elle utilise d'instinct. Elle en a peut-être d'autres. Je pense qu'il faut l'aider à se révéler à elle-même. Elle est différente des autres. La traiter de Cracmol ! Quelle ineptie !

De nouveau, Harry comprit que Draco faisait allusion à son agression. Mais cette fois, il ne dit rien. Il finirait bien par avoir le fin mot de l'affaire. Le lendemain, ils prirent leur petit déjeuner ensemble puis Draco dit en souriant :

- Je t'ai attendu hier toute la journée. Aujourd'hui, c'est toi qui vas devoir patienter. J'ai un double cours de potions à dix heures.

Harry sursauta. Il n'avait pas pensé que Draco était maintenant un élève comme les autres. Mais il ne pouvait lui demander de rester avec lui. Il dit alors :

- Je viens avec toi. Je serai ravi de te voir en action. Tu as toujours été le meilleur en potion.

Draco était ennuyé, son agresseur de la veille pouvait se trahir. Mais c'était une façon de lui montrer que lui et Harry s'entendaient bien. Les Serpentards et les Griffondors virent donc arriver ensemble les deux icônes de l'école. Le professeur Slughorn était ravi. Mais Ivon Dempsey n'était pas là. Vers onze heures, le concierge vint dire à Draco que la Directrice le demandait. Draco confia en souriant l'achèvement de sa potion à Harry qui rit jaune Il suivit Rusard jusqu'à l'escalier tournant. Il eut la surprise de trouver dans le bureau, face à Minerva MacGonagall, le Griffondor trop hardi qui rougit violemment en le voyant entrer. La directrice dit :

- Monsieur Malfoy, Monsieur Dempsey ici présent est venu m'avouer qu'il avait commis une mauvaise action hier. Il veut vous parler.

Draco regarda froidement son jeune agresseur. Celui-ci prit la parole en bégayant un peu.

- Monsieur Malfoy … je … je vous demande pardon pour mes paroles et mes actes d'hier … Je ne sais pas ce qui m'a pris … Je vous en prie … Ne me gardez pas rancune … Je suis prêt à faire toutes les punitions que vous me donnerez … S'il vous plaît … Oubliez …

Autrefois, Draco l'aurait poursuivi de sa haine jusqu'à la mort. Mais il vit sa sincérité et ses remords. Il réfléchit un instant et dit :

- Je veux un parchemin de un mètre cinquante entièrement couvert de la phrase : On n'embrasse pas quelqu'un sans sa permission. Vous le donnerez à la Directrice avant samedi. Et que cela vous serve de leçon.

Puis il s'approcha du jeune Griffondor qui commençait à mieux respirer et lui asséna une bonne gifle.

- Et ça, c'est pour avoir douté de mon amour pour Harry !

Ivon Dempsey quitta la pièce d'un air penaud. Finalement, il s'en tirait à bon compte. La Directrice et Draco se regardèrent en souriant. Ils s'entendaient bien depuis que le jeune homme blond lui servait de secrétaire. Elle dit simplement :

- Ainsi vous aimez Harry. Qui aurait cru cela alors que vous vous êtes détestés pendant six années ? Et lui, vous aime-t-il ?

Draco baissa la tête et répondit un peu tristement :

- Je ne sais pas. »

Il repartit vers le cachot où avait lieu le cours de potions. Il rit beaucoup en voyant que Harry avait totalement raté sa préparation. Il n'était pas le seul. Neville essayait de remuer une boue malodorante, le chaudron de Pansy avait fondu, seul Vincent avait produit un joli liquide violet qui, d'après Slug, pouvait immobiliser un géant adulte pendant une semaine si on arrivait à lui en faire boire une gourde.

Le soir, quand Harry et Draco regagnèrent l'appartement, ils virent que la fenêtre était ouverte. Dobby donnait à boire et à manger à un corbeau noir qui avait déposé sur la table un morceau de parchemin roulé et qui reprit son envol dès qu'il les vit entrer. Harry aurait voulu le caresser, le remercier mais l'étrange oiseau ne lui en laissait jamais le temps. Il prit le message et l'ouvrit.