Dors Draco
Chapitre 20
Arrêté par Justin Finch-Fletchey et Rose Zeller qui animaient le groupe des Patronus, Harry arriva à l'appartement dix minutes après Draco que Blaise avait accompagné jusque là. Le jeune Serpentard avait compris alors que ce n'était pas une fille que son ami allait rejoindre la nuit. Il avait sifflé d'admiration et promis le secret. Quand Harry entra dans le salon, il ne trouva personne. Il sourit et se dirigea vers la chambre. Draco était déjà couché, les mains sous la tête, les yeux fermés, recouvert d'un drap jusqu'au menton. Il ne dormait pas, c'était sûr. A quoi jouait-il ? Harry eut la réponse en repoussant le drap. Draco était nu, son corps magnifique s'offrait au regard de son amant.
C'était la première fois que Harry pouvait admirer dans leur ensemble les longues jambes, le ventre plat, la poitrine musclée, le cou élégant, la blonde chevelure, le visage parfait de son Serpentard. Les yeux fermés et les bras repliés en l'air lui donnaient un air enfantin. Il était si beau que Harry resta pétrifié une bonne minute. Puis il se dit qu'il devait honorer cette splendeur offerte. Il s'agenouilla au bord du lit, souleva le pied délicat et y déposa un premier baiser. Il remonta la jambe, l'écarta un peu pour atteindre l'intérieur de la cuisse et atteignit le sexe qui déjà s'éveillait. Draco eut un long frisson quand les baisers parcoururent la hampe dressée et chatouillèrent la pointe sombre. Merlin ! Harry était doué ! Il apprenait vite et en plus, il n'hésitait pas à prendre des initiatives !
Ses mains s'étaient glissées sous ses reins et remontaient le long de ses côtes pendant que sa langue léchait le ventre et la poitrine, y laissant un sillon à la fois humide et brûlant. Son corps glissait sur le sien en une caresse sensuelle .Il atteignit le cou et brusquement mordilla la peau douce et l'oreille avant parcourir le visage de petits baisers rapides. Soudain, il s'arrêta, ses genoux vinrent encadrer les hanches de Draco et ses mains le clouèrent sur le lit en se posant sur les bras repliés. Le jeune homme blond ouvrit tout grands ses yeux gris couleur de nuages et il vit au-dessus de lui un beau brun aux yeux vert émeraude, au regard affamé. Le feu les brûla immédiatement.
Ils restèrent un instant figés. Un sort murmuré fit disparaître les vêtements de Harry et ils sentirent leurs virilités se tendre et se durcir. Draco se cambra sous l'effet d'un puissant désir. Harry se souleva un peu et vint se placer au-dessus du sexe tendu. La verge dure passa sans effort l'anneau de chair et trouva sa place dans l'antre chaud qui l'attendait. Harry ne ressentit pas la douleur, il savait dompter ses muscles et ne voulait éprouver que du plaisir. Il commença à se mouvoir de haut en bas et de bas en haut, lentement puis de plus en plus vite tandis que Draco bougeait ses hanches au même rythme, en feulant comme un lion en cage. Oui, ce soir, la magie du Griffondor agissait si fort que les gémissements de plaisir de son Serpentard se transformaient en longs feulements d'amour.
La plénitude leur vint en même temps. Epuisés, ils s'abandonnèrent, sans parler, sans bouger, au comble du bonheur. Harry glissa sur le côté, la tête sur l'épaule de Draco, ses bras entourant la taille mince. Vite recouverts par les couvertures, ils restèrent immobiles, si merveilleusement heureux que pour quelques instants, ils se crurent au paradis. Jamais Draco, pourtant rompu aux prouesses sexuelles, n'avait éprouvé autant de plaisir. L'amour avec Harry dépassait tout ce qu'il pouvait imaginer. C'étaient pourtant des gestes simples, deux jeunes gens se donnant totalement l'un à l'autre, sans artifices. Mais c'était incroyablement bon. Harry pensait vaguement que Draco aurait peut-être aimé que ce soit lui cette fois qui lui donne du plaisir mais il ne s'en sentait pas capable. L'amour physique était encore trop nouveau pour lui. Oserait-il seulement lui demander ses préférences ? Et maintenant, lui, était-il homo ? Ou bisexuel peut-être ? Et surtout, aimait-il Draco d'un véritable amour ? Ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, heureux tout simplement.
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Le lendemain, alors que Draco, au grand étonnement de son beau brun, allait à un cours d'Etude des Moldus, une chouette blanche vint se poser près de Harry d'un vol incertain. Hedwige avait été blessée au mois de septembre. Des faucons dressés à la poursuite des hiboux porteurs de courrier l'avaient attaquée lors d'une mission. Elle avait réussi à atteindre son but mais son aile droite était en mauvais état. Harry l'avait donc laissée à Hagrid et ne l'utilisait plus pour ses messages. Elle était trop reconnaissable. Tout le monde savait que le Survivant avait une chouette des neiges. Il valait mieux ne pas l'exposer. Hedwige restait donc dans la volière de Poudlard mais rendait souvent visite au demi-géant qui lui donnait des friandises.
Ce matin-là, elle apportait à Harry un mot de Hagrid. Il lui demandait de venir le voir le plus vite possible. Craignant qu'il ne soit arrivé malheur à Nagini, Harry partit aussitôt. Mais Hagrid le rassura. Le lait de Sombral avait fait son effet, Le serpent allait mieux .Il montra alors à Harry le panier qui avait servi au transport de l'animal.
« Hier, je n'ai pensé qu'au pauvre serpent mais il y avait autre chose à l'intérieur. Regarde !
Harry se pencha et vit au fond du panier un petit paquet enveloppé dans un morceau de peau de dragon
- Je n'y ai pas touché, ajouta le géant, il vaut mieux que toi, Ron et Hermione, vous vous en occupiez. Mets mes gants de protection pour le prendre. »
Les gants de Hagrid auraient pu contenir dix mains de Harry mais celui-ci les rétrécit d'un geste. La magie faisait maintenant tellement partie de sa vie qu'il accomplissait des sortilèges presque sans y penser. Cette faculté lui était venue après l'assassinat de Ginny. La troisième nuit, alors qu'il plongeait dans un sommeil peuplé de cauchemars, il avait tout à coup ressenti à l'intérieur de lui une sorte de déchirement. Son esprit s'illuminait, les Sages Indiens auraient dit que ses Chackras s'ouvraient. Sa mémoire profonde, sa mémoire des premiers âges, faisait surface, révélée par la douleur terrible qu'il ressentait. C'était la douleur de trop. La barrière qui retient en chaque humain des savoirs anciens avait cédé pour lui.
Il s'était réveillé … différent … Son chagrin l'avait quitté, remplacée par une force nouvelle, irrésistible, qu'il avait appris à discipliner, à utiliser, à dompter. Il y avait en lui deux Harry, l'ancien, timide, assez innocent, peu sûr de lui et le nouveau, celui qui assumait de tout son cœur son destin de chef de guerre. Il pouvait faire de la magie puissante sans baguette et pourtant trembler sous l'effet d'un rêve envoyé par son ennemi.
Draco connaissait ces deux facettes du Survivant et il l'aimait dans sa force et dans sa faiblesse. Harry n'était pas un magicien surpuissant qu'on respecte et qu'on craint mais un être humain avec ses contradictions, avec son âme claire et son esprit tourmenté. Harry était une personne exceptionnelle et Draco l'aimait. Et Harry était aussi un simple humain et Draco l'aimait toujours.
