Dors Draco

Tout ici est à notre vénérée Joanne Katleen R., tout, Nagini, la Chambre des Secrets, le potager de Hagrid, Gilderoy Lockhart …( mais qu'est-ce qu'il vient faire là, lui ? ) …Mimi Geignarde … tout vous dis-je.

Chapitre 24

Harry regardait dormir son bel Ange blond. Ils avaient parlé, ri, et puis, après les paroles, était venu le temps des baisers, des caresses, de l'amour. Maintenant, il tenait Draco dans ses bras, serrant contre lui le corps mince et chaud, écoutant la respiration tranquille, admirant le visage délicat et les cheveux si doux. Il se demandait encore par quel miracle le Prince des Serpentards était tombé amoureux de lui alors qu'il était si quelconque. Car enfin, à part le fait qu'une prophétie l'avait désigné comme l'adversaire du Maître des Ténèbres, il n'avait rien d'exceptionnel. Il était un puissant sorcier, oui, mais il devait ses pouvoirs à une succession de malheurs.

Il était mince et la pratique du Quidditch avait musclé son corps mais d'autres garçons étaient mieux bâtis que lui. Et il ne savait pas s'habiller avec classe. Son visage était marqué d'une cicatrice, ses cheveux étaient toujours en bataille. D'ailleurs, Draco ne s'était pas privé de se moquer de son apparence pendant six ans La seule chose positive, c'était qu'il ne portait plus de lunettes. Il avait utilisé très vite ses nouveaux pouvoirs pour corriger sa vue. Et il avait les beaux yeux verts de sa mère. Et puis, il avait beau être le Survivant, l'Elu du monde sorcier, il n'était pas si courageux que ça, un peu aventurier peut-être, il n'était pas Griffondor pour rien, mais il n'avait pas une âme de Superman. Il lui arrivait d'avoir peur, de redouter le jour où il devrait combattre le Lord Noir, affronter son destin, tuer ou mourir.

Harry n'avait aucune idée de sa beauté, de son charisme, de l'ascendant qu'il possédait sur les autres, de l'aura bienfaisante qui se dégageait naturellement de lui. Il ne se rendait pas compte qu'il était devenu un jeune homme de belle prestance qui attirait irrésistiblement la sympathie et la confiance. Il se voyait encore comme le garçon maladroit et mal aimé qu'il avait été pendant ses premières années à Poudlard, le Survivant à la cicatrice. Extérieurement, il montrait un visage calme et serein. Intérieurement, il n'avait pas confiance en lui. Il revoyait Draco, hautain jusqu'au mépris, dominateur, séducteur, admiré par tous les élèves de sa Maison et par beaucoup d'autres, garçons et filles, si beau, si élégant, sachant réagir vite et bien en toutes circonstances, possédant cette grâce aristocratique propre aux familles nobles et riches … Tout l'opposé de lui, pauvre garçon sans grande éducation et sans esprit …

Mais Draco avait changé. Il était maintenant aimable et attentionné. Il disait qu'il l'aimait et il le prouvait avec passion et avec tendresse. Six mois passés seul dans un cachot, à endurer des souffrances tant physiques que morales, pouvaient-ils transformer autant une personne ? Lui, Harry, avait conservé ses deux facettes, il se sentait à la fois faible et fort, mais Draco semblait avoir tout oublié de son ancienne personnalité. Enfin, Harry ne s'en plaignait pas car maintenant, il aimait son beau Serpentard et ne l'aurait pas voulu différent.

Pourquoi se posait-il tant de questions cette nuit au lieu de dormir tranquillement comme son jeune amant ? Il posa sa joue contre les cheveux de soie et repensa à la conversation qu'ils avaient eu, Cornélia, Minerva et lui dans le bureau de la Directrice. La jeune fille avait trouvé un moyen de taire le véritable emplacement du saule. Elle avait dit qu'il y avait un arbre magique dans le domaine des Acromantules et que sa baguette venait de là. Personne sauf elle ne se hasarderait dans cette partie de la Forêt Interdite. Elle avait exécuté quelques sortilèges qu'elle ratait toujours auparavant et Harry avait montré que la baguette protégeait celui ou celle qui s'en servait, peut-être pas d'un sort très puissant mais des sorts les plus communs. La Directrice avait recommandé à la jeune élève de se servir uniquement de sa baguette de saule et d'en faire la démonstration à ses camarades de classe. Elle trouvait aussi excellente son idée de faire partie du groupe des baguettes magiques. Cornélia avait beaucoup rougi en disant cela. Harry avait souri, il avait évoqué le tendre sentiment de la petite pour Dennis Crivey quand il s'était ensuite retrouvé seul avec Minerva MacGonagall.

Puis il en était venu aux choses sérieuses : Nagini serait bientôt guéri, qu'allait-on faire de lui ? On ne pouvait le remettre en liberté car si son Maître le retrouvait, il le tuerait. L'animal ne pouvait aller dans la Forêt Interdite, les araignées et les serpents ne se supportaient pas. Harry proposa donc d'offrir à Nagini l'asile de l'école et plus précisément de le loger dans la Chambre des Secrets, l'ancien repaire du Basilic. Nagini était beaucoup plus petit que le monstre de Salazar Serpentard, il n'était plus dangereux puisque Voldemort lui avait arraché ses crochets venimeux. Il pourrait se nourrir de rats. Il suffisait de prévenir les élèves pour qu'ils n'aient pas peur en cas de rencontre imprévue. La Directrice n'était pas très enthousiaste mais elle ne voyait pas non plus d'autres solutions. A moins de le renvoyer en Inde, dans son pays ? A court de réflexions, bercé par la respiration paisible de son compagnon, Harry finit par s'endormir.

Le lendemain, pendant que Draco se rendait en potions et en sortilèges, il rejoignit Ron et Hermione et leur proposa d'aller faire un tour dans la Chambre des Secrets pour voir si Nagini pourrait y demeurer. Personne n'y était allé depuis leur aventure quatre ans auparavant. Hermione qui avait été pétrifiée par le Basilic ne la connaissait pas. Ron n'était pas entré dans la Chambre, il avait été stoppé par l'éboulement provoqué par Gilderoy Lockhart. Mais Harry se souvenait fort bien de la salle voûtée soutenue par des piliers et décorée de serpents de pierre. Mais avant, ils se rendirent à la maison de Hagrid pour parler au serpent. Ils le trouvèrent endormi sur une couverture dans le jardin potager. Harry fit signe à ses amis de ne pas bouger. Puisque Nagini dormait, il voulait se livrer à une petite expérience. Il voulait sonder le cerveau du serpent par légilimencie en utilisant le Fourchelangue, comme le faisait Cornelia pour communiquer avec les animaux. Il siffla doucement et pensa :

« Ton Maître t'a-t-il confié un de ses Horcrux ?

Il entendit la réponse dans sa tête.

- Qu'est-ce qu'un Horcrux ?

- Une partie de son âme.

- Alors non, il n'a pas pu le faire. C'est un sortilège impossible.

Le serpent bougea, il se réveillait. Il siffla :

- Tu m'as parlé ?

- Je voulais te demander si tu allais mieux. Je vois que Hagrid t'a installé dehors. Tu es presque guéri maintenant. Nous cherchons un endroit pour te loger. Je connais un souterrain qui a déjà servi pour un serpent. L'obscurité te dérange-t-elle ?

- Au contraire ! Je vois aussi bien la nuit que le jour.

- Alors, c'est parfait. »

En repartant vers le château, Harry confia à Ron et Hermione ce qu'ils avaient déjà deviné : le sixième Horcrux n'était pas en Nagini. C'était pourtant une idée de Dumbledore. Tout le monde pouvait donc se tromper, même le plus puissant des sorciers. Ils se rendirent dans les toilettes de Mimi Geignarde. Celle-ci le accueillit avec joie.

« Cela fait bien longtemps que vous n'êtes pas venus me voir. Que me vaut ce plaisir ?

- Nous allons dans la Chambre des Secrets. »

Comme la première fois, Harry fit basculer le lavabo et ils se laissèrent glisser dans le gros tuyau jusqu'au souterrain. L'éboulement bloquait toujours le passage mais Harry utilisa ses pouvoirs pour déplacer quelques pierres et consolider la voûte. Ils arrivèrent devant le mur orné de deux serpents. Harry siffla : « Ouvrez ! » Et la Chambre apparut, noire, froide, humide. Harry leva la main et pensa : « Illuminate ! » Plusieurs torches enflammées éclairèrent la salle. La statue géante de Salazar Serpentard apparut au fond et devant elle se trouvaient les restes du Basilic. La dépouille de l'animal avait disparue, seule la peau s'étalait sur le sol. Ils s'approchèrent tous les trois suivis de Mimi que la curiosité avait menée jusque là. Ron rompit le silence en disant :

« Cette peau est très intéressante.

- Oui, dit Hermione, J'ai lu qu'elle était aussi dure et aussi résistante qu'une peau de dragon. Nous pourrions utiliser celle qui est dans le tunnel pour fabriquer des gants ou des boucliers. »

Les voix résonnaient bizarrement. Harry demeurait silencieux. Il revoyait le combat qui l'avait opposé au Basilic. Il s'avança vers la tête du serpent et vit les yeux que Fumseck le phénix avait crevés pour l'aider à se défendre. Tout à coup, alors qu'il arrivait au pied de la statue, une autre voix se fit entendre, une voix grave, lente, solennelle :

« BIENVENUE A MON HERITIER. »

Ils sursautèrent, se mirent dos à dos et scrutèrent tous les recoins de la salle, s'attendant à voir apparaître … qui ? … Voldemort ? … Tom Jedusor ? …Salazar Serpentard lui-même ?…

Ron et Hermione avaient leurs baguettes en main. Mimi avait poussé un cri et s'était enfuie au plus vite. Harry était attentif au moindre mouvement mais il ne se passa rien. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Où était l'héritier de Serpentard ? Ils restèrent immobiles un moment puis se détendirent. Ce devait être une voix magique, un mécanisme qui se déclenchait quand quelqu'un pénétrait dans la salle. Pourtant, Harry ne l'avait pas entendue la première fois qu'il était venu ici. Il faut dire que Tom Jedusor, l'héritier de Salazar, par sa mère Merope Gaunt, était déjà là. Soudain sa cicatrice le brûla si fort qu'il poussa un cri en portant la main à son front. Il recula, s'éloignant ainsi de la statue et la douleur s'arrêta aussitôt. Il se passait quelque chose de bizarre. Tous ses sens en alerte, Harry se rapprocha de la statue. La voix magique résonna de nouveau et la cicatrice recommença à brûler. Il s'éloigna, la douleur cessa. Il réfléchit quelques instants puis il s'adressa à ses deux amis :

« Ron, approche-toi de la statue, dit-il . » Il ne se passa rien.

« Essaye aussi, Hermione. » Il n'y eut aucun résultat.

Il se rapprocha de nouveau, la voix retentit, la cicatrice le brûla. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Harry n'était pas l'héritier de Serpentard. Aucun sorcier de la lignée de son père n'était allié avec un descendant de Salazar Serpentard ou alors d'une façon très lointaine. Les sorciers de Sang Pur étaient tous plus ou moins apparentés à la suite de mariages. Et les ascendants de sa mère étaient moldus.

Ah ! C'était sans doute à cause de sa cicatrice. C'était Voldemort qui en était le responsable … Voldemort qui avait pratiquement disparu après avoir voulu le tuer … Voldemort qui n'était pas mort mais qui survivait à peine … qui devait boire du sang de licorne pour garder un semblant de vie … qui n'avait retrouvé un corps qu'après un puissant sortilège de magie noire … Voldemort qui avait pris son sang pour revivre …

Quels étaient les liens entre lui et Voldemort, héritier de Serpentard ? Sa cicatrice et son sang.

Au fur et à mesure qu'il réfléchissait, Harry sentait le froid et la peur s'insinuer en lui. Se rendant à peine compte que ses deux amis le regardaient avec angoisse, il « visionnait » une scène lointaine.

Voldemort tuait son père, puis sa mère qui cherchait à le protéger …

Voldemort lançait sur lui l'Avada Kedavra …

L'amour de sa mère s'interposait comme la brume rose de la baguette de saule …

Le sort ricochait vers Voldemort qui pensait sans doute à la formule du Horcrux qu'il comptait installer dans la maison de ses parents …

Le Horcrux, la sixième partie d'âme, se libérait de Voldemort et allait se planter sur son front en formant un éclair indélébile … Le Grand Mage Noir s'effondrait car il était pris par surprise et n'avait pas prévu cette circonstance … Il devenait cette chose horrible et rabougrie, ne pouvant ni tenir une baguette magique ni lancer le contre sort … Il devait s'enfuir pour ne pas être découvert … Et Nagini dans un coin qui avait vu toute la scène …

Harry poussa un terrible cri de désespoir et tomba à genoux sur le sol de pierre. Ron et Hermione se précipitèrent vers lui. Il avait la tête dans ses mains. Il était en état de choc. Il ne pouvait plus ni parler ni penser.

Il avait trouvé où était le dernier Horcrux.

IL ETAIT … EN LUI.