Dors Draco
Ne vous étonnez pas de trouver au début d'un chapitre une référence à la grande, à l'immense, à la Sérénissime J.K.R. C'est la coutume. En hommage à la créatrice du monde merveilleux de Harry Potter.
Chapitre 25
Les trois amis étaient dans l'appartement. Ils avaient eu beaucoup de mal à revenir de la Chambre des Secrets par le tuyau toboggan. Harry était si bouleversé par sa découverte qu'il avait dû chercher longuement un moyen simple de remonter dans les toilettes de Mimi Geignarde. Finalement, Hermione avait suggéré une série d'escaliers que le jeune sorcier avait matérialisés. En haut, ils s'étaient regardés avec angoisse. Harry était pâle comme un mort. Ron et Hermione se demandaient pourquoi il avait réagi de cette façon en entendant la voix de la Chambre. Maintenant, après les explications de Harry, ils réfléchissaient chacun de leur côté et leurs pensées étaient sombres.
Ron doutait encore. Cependant, plus le temps passait, plus il admettait que Harry avait raison. Mais pouvait-on être sûr que cette hypothèse était la bonne ? Comment reconnaître la présence du Horcrux au front de Harry ? Hermione avait tout de suite admis cette vérité. Ses pensées allaient plutôt vers une autre question : comment extraire le Horcrux de la cicatrice sans risquer de blesser ou même de tuer Harry ? On ne pouvait utiliser le sortilège caché dans « Mes premiers duels » Son âme serait atteinte en même temps que le morceau d'âme de Voldemort et serait détruite aussi.
Harry était complètement anéanti. Pourquoi, mais pourquoi devait-il encore subir une nouvelle horreur ? Ainsi une partie de Voldemort était plantée en lui depuis l'attaque qui avait vu périr ses parents. Et elle s'était réveillée quand le Mage Noir avait repris forme humaine dans le vieux cimetière. Elle était là, tapie dans l'ombre, comme une bête immonde, silencieuse, aux aguets, prête à envahir son esprit et à le pervertir. Elle lui avait envoyé la souffrance. Elle déclenchait ces cauchemars qui l'assaillaient quand il ne fermait pas assez son esprit. Il était maudit.
Draco arriva sur les entrefaites et à la vue de Harry effondré sur le canapé, il se précipita vers lui et le prit dans ses bras. Harry posa son front contre l'épaule accueillante sans ressentir de soulagement. Il ne pouvait rien dire à Draco car le problème des Horcrux était un secret que seuls partageaient Ron et Hermione. Ni Remus, ni même Minerva n'étaient au courant. Harry aurait bien voulu pouvoir pleurer pour soulager la tension qui ravageait son corps et son esprit mais le secours des larmes lui était refusé depuis la mort de Ginny. Il se laissa donc bercer par les mots doux et les marques de tendresse du jeune Serpentard. Ils se rendirent dans la Grande Salle pour déjeuner mais ils n'avaient guère faim. Ils ne firent pas attention au regard malveillant qui les suivit dans les couloirs. Depuis quelque temps, quelqu'un les surveillait de loin en leur souhaitant tout le mal possible.
Ce fut seulement après le repas, alors que Draco partait en cours d'Etude des Moldus, que Ron proposa à Harry d'aller vérifier son hypothèse sur place, à Godric's Hollow. Les épreuves de l'année passée avaient mûri le jeune sorcier roux. Il ne ressemblait plus à un gamin maladroit et timide. Son corps s'était considérablement développé, il était plus grand et plus costaud que Harry. Il en imposait par sa prestance et la force qu'on discernait en lui. Il avait été un excellent gardien de l'équipe de Quidditch de Griffondor, tous ses coéquipiers reconnaissaient sa valeur. Il était loin le temps où il se considérait comme l'éternel second derrière Harry. Dans leur association, il était la force et la ruse. Il savait commander et organiser. Harry se reposait sur lui pour prendre au bon moment les bonnes décisions. L'idée s'imposait d'elle-même. Il fallait aller sur place et réfléchir à la terrible éventualité évoquée par Harry : Voldemort était en lui à l'état de Horcrux.
Ils n'attendirent pas le retour de Draco. Le jeune Griffondor savait que la séparation serait encore plus difficile s'il revoyait son beau Serpentard avant son départ. Il lui laissa une petite lettre et après avoir averti la Directrice de Poudlard, ils sortirent de l'école et transplanèrent. Draco trouva à son retour l'appartement vide et un message : « Nous devons nous absenter pour quelques jours. J'essayerai d'être là pour le week-end. Je t'aime. Harry. » Cette nuit-là, Draco dormit dans le lit qu'ils avaient partagé, serrant contre lui l'oreiller qui avait gardé le parfum de son amour. Cette nuit-là aussi, le jeune homme fit un terrible cauchemar qui le laissa en sueur et la respiration sifflante au milieu de la nuit. Le Maître des Ténèbres tenait son bras où la marque noire avait disparue, remplacée par un tatouage rouge et vert. Il disait d'une voix dangereusement douce :
« M'as-tu trahi, Draco Malfoy ? Veux-tu la mort de ton père et de ta mère ? »
Quand Draco s'éveilla brusquement, il crut entendre les mots résonner dans la chambre. Seul dans le grand lit, il attendit longtemps que les battements de son cœur se calment. Il ne put se rendormir que tôt le matin.
o – o – o – o
A leur arrivée à Godric's Hollow, les trois compagnons se rendirent dans un lieu que les Moldus du pays appelaient « Le champ du sorcier » et qu'ils évitaient soigneusement. A leurs yeux, ce n'était qu'un pré envahi de broussailles et de mauvaises herbes. On disait qu'il était rempli de serpents venimeux. Mais pour Harry, c'était le lieu où autrefois se trouvait la maison de ses parents. L'ennui, c'est que le Secret n'avait pas été levé et que c'était toujours Peter Pettigrow qui en était le Gardien. Etant le fils de James et de Lili Potter, Harry pouvait voir ce qui restait de la maison. Ron et Hermione ne le pouvaient pas. Ils espéraient tous les trois que Harry trouverait un moyen pour briser le sortilège.
La maison était en ruines. Le toit s'était à demi effondré, l'escalier menant à l'étage était apparent. Harry voyait la maison mais ne pouvait s'en approcher. Seul le Gardien du Secret aurait pu lui dire quels mots penser pour y pénétrer. Pour entrer dans la maison des Black à Londres, il fallait penser à son adresse : 12 square Grimmault. Quelle pouvait être l'adresse de la maison des Potter ? Godric's Hollow était un village. Les rues n'avaient pas de nom, les maisons pas de numéros. Ici, on désignait les maisons par le nom du propriétaire. Celle qu'ils avaient louée s'appelait « Le cottage de la veuve Hunter ».Ils essayèrent donc de penser à plusieurs appellations diverses incluant ou non le nom des Potter mais rien ne fonctionna. Ils allaient abandonner quand tout à coup, ils entendirent le bruit caractéristique d'une arrivée par transplanage. Ils furent immédiatement sur leurs gardes. Ils reculèrent derrière un buisson et les baguettes jaillirent dans leurs mains.
Quatre personnes se matérialisèrent devant la porte de la maison, quatre hommes recouverts chacun d'une ample cape noire. Des Mangemorts ! Les sorts de Stupéfiction les enveloppèrent avant qu'ils aient eu le temps de réaliser qu'ils n'étaient pas seuls. Harry, la main tendue encore crépitante de magie, suivi de Ron et d'Hermione, s'avança vers les corps immobiles et il reconnut avec stupeur l'un des sorciers : c'était Peter Pettigrow ! Les trois autres étaient de jeunes Mangemorts inconnus. Harry leur jeta un sort d'Inconscience. Ils ne verraient et n'entendraient rien de la suite des événements. Ron avait déjà paralysé Peter avec un sort d'Entraves. Hermione avait ramassé les baguettes magiques. Ils se regardèrent. Que faisaient ces Mangemorts à Godric's Hollow ? Ce fut comme d'habitude Hermione qui fit une suggestion :
« Voldemort s'affole, Harry. Il sait que tu as découvert et détruit ses Horcrux. Il veut mettre le dernier à l'abri. Il croit qu'il est dans la maison de tes parents. Et si tu t'étais trompé ? Le Horcrux n'est peut-être pas dans ta cicatrice. Il faut interroger Pettigrow.
Harry tendit la main et dit : « Enervatum ! » Peter ouvrit les yeux et la terreur se lut sur son visage. Le jeune sorcier ajouta :
- Je te préviens, si tu essayes de te transformer en rat pour t'échapper, tu mourras sur le champ.
- Non, non ! Ne me tuez pas ! Je ne peux plus me transformer depuis que j'ai une main d'argent.
- Que venez-vous faire ici ?
- Mon Maître m'a donné une mission à remplir.
- Et ceux-là ?
- Ils doivent me surveiller et me protéger.
- Que dois-tu faire ?
- Mon Maître me tuera si je le dis.
- Moi, je peux te tuer tout de suite. N'oublie pas, Queudver, tu me dois déjà une vie. Sirius et Remus auraient pu t'achever dans la Cabane Hurlante. C'est une dette sorcière. Elle est imprescriptible. Réponds à mes questions et ta dette sera effacée. Par contre si tu meurs sans l'avoir acquittée, tu ne trouveras jamais le repos. Tu erreras pour toujours entre la vie et la mort. Tu ne seras même pas un fantôme, juste un esprit errant et tourmenté. Je te donne une chance.
Peter se tortilla un peu. Ron et Hermione tendirent leurs baguettes vers lui. Il dit :
- Que voulez-vous savoir ?
- D'abord les mots qu'il faut penser pour entrer dans la maison.
- C'est facile, c'est « La maison des Potter tout au bout du chemin ».
- Traître, siffla Ron, tu les as vendus à Voldemort.
- Je ne pouvais pas faire autrement, gémit le petit homme, il était trop puissant.
- Et toi trop lâche …
- Silence, Ron, ce n'est pas le moment des reproches, reprit Harry. Toi, fit-il en regardant Peter d'un air dur, dis-nous quelle est cette mission que tu as à remplir.
- Mon … Mon Maître m'envoie chercher un …un objet qui se trouve dans cette maison.
- Quel objet ?
- Je ne sais pas. Un … un objet magique … Je sentirai sa puissance à distance … Je dois le prendre en me servant de gants en peau de dragon … et le rapporter à … mon Maître … Je vous jure que je ne sais pas ce que c'est … Il est dans la chambre du bébé au premier étage …
Les yeux de Harry se foncèrent tout à coup. Il venait de comprendre quelque chose.
- Tu étais là quand Voldemort a tué mes parents. Tu étais dehors. Tu as entendu ma mère crier. Tu es entré dans la maison, tu as vu que j'étais encore vivant et que ton Maître avait disparu … Sa robe de sorcier et sa baguette étaient par terre, tu les as ramassées, tu ne savais pas quoi en faire et puis tu as entendu du bruit. Alors tu t'es caché et tu t'es transformé en rat pour t'échapper. C'est cette robe et cette baguette que tu lui as rendues dans le cimetière. TU ETAIS LA ! TU AS TOUT VU ! C'ETAIENT TES AMIS ET TU LES AVAIS TRAHIS ! TU LES AVAIS VENDUS A CET ASSASSIN, TON MAITRE ! TU ES LA PIRE DES ORDURES, QUEUDVER !
- OUI JE LES AI TRAHIS ! J'ETAIS JALOUX DE LEUR BONHEUR ! JE N'ETAIS RIEN A COTE D'EUX ! JAMES, LILI, SIRIUS , REMUS ! ILS ETAIENT QUATRE AMIS POUR LA VIE ET MOI, J'ETAIS JUSTE UNE PIECE RAJOUTEE, UNE PERSONNE SANS IMPORTANCE ! TOI, TU AS DES AMIS. CES DEUX-LA SE FERAIENT TUER POUR TOI. ON DIT MEME DANS LA FORTERESSE SOMBRE QUE DRACO MALFOY EST FOU DE TOI. MAIS TU NE SAIS PAS DE QUOI LES GENS SONT CAPABLES PAR JALOUSIE, PAR ENVIE. TOI AUSSI ON TE TRAHIRA. TU PERDRAS LA GUERRE ! TU PERDRAS TOUT ! TUE-MOI SI TU VEUX MAIS C'EST MON MAITRE QUI GAGNERA ! ET POUDLARD SERA DETRUIT … ET … ET … »
Le petit homme tomba à terre, pris de convulsions. Il se tordait en tous sens, il bavait, ses yeux étaient révulsés.
Les étincelles vertes qui crépitaient aux doigts de Harry s'arrêtèrent. Au prix d'un violent effort de volonté, il dompta sa magie mortelle prête à s'échapper. Celui qui avait trahi ses parents ne méritait que du mépris. Lui, Harry, fils de James et de Lili, n'allait pas devenir un assassin à cause de cette larve humaine. Il avait mieux à faire.
