Dors Draco.

Chapitre 27

Harry, Ron et Hermione quittèrent Londres très tôt le lendemain. Ils transplanèrent jusqu'au portail de Poudlard et entrèrent dans le grand Hall au moment où les élèves arrivaient pour prendre leur petit déjeuner avant le début des cours. Draco, accompagné de Blaise et de Grégory, était parmi eux. Dès qu'il vit Harry, il se précipita vers lui avec un cri de joie et lui sauta au cou. Surpris, Harry referma ses bras sur lui et sentit contre sa joue les cheveux doux comme la soie du jeune homme blond. Puis il se rendit compte du silence qui régnait soudain dans le Hall. Tous les élèves présents les regardaient avec des yeux ronds, immobiles et muets.

Ron détourna la tête. Seule, Hermione souriait. Harry repoussa légèrement Draco en murmurant son nom d'un ton de reproches. Leur couple se donnait en spectacle et lui souhaitait plutôt la discrétion. Mais quand il vit le visage pâli du jeune Serpentard, il comprit qu'il s'était passé quelque chose. Déjà Draco rougissait et s'écartait de lui. Harry prit rapidement sa décision. Tenant la main de son jeune amant, il fit face aux élèves rassemblés et leur dit simplement :

« Draco et moi, nous nous aimons. »

Puis il se tourna, lui donna un baiser léger sur les lèvres et le serra dans ses bras. Autour d'eux, il y eut de nouveau du bruit et du mouvement. Mais ils n'y prêtèrent pas attention. Draco murmura :

- Je suis si heureux de te voir. Est-ce que … tu restes un peu ?

- Oui, répondit Harry tout contre son oreille. Mais je dois aller tout de suite au bureau de la Directrice. A tout à l'heure.

Quand Draco entra dans la Grande Salle, les conversations animées s'arrêtèrent un instant puis reprirent de plus belle. L'annonce publique de sa relation avec l'Elu du monde sorcier était une sorte de bombe. C'était dans ces circonstances que le sang-froid et la fierté des Malfoy se révélaient indispensables. Ses amis Serpentards le félicitèrent chaleureusement. Il s'assit et baissa les yeux. A la table des professeurs, Remus Lupin le regarda avec attention. Ce coup d'éclat le surprenait mais la vérité aurait de toute façon finit par éclater. Et puisque Tonks lui avait dit que la bataille finale était proche, les deux jeunes hommes avaient raison de s'aimer au grand jour. Les temps sombres approchaient. La vie … la mort … qui savait ce que l'avenir leur réservait ?

Minerva MacGonagall était déjà au courant de la lettre apportée par le corbeau noir. Harry lui annonça alors qu'il avait décidé de rester à l'école jusqu'au jour fatidique. Il était presque sûr que c'était à Poudlard que le Lord Noir choisirait de l'affronter, dans ce lieu chargé d'histoire, où Dumbledore ne régnait plus mais où son ombre restait présente. Voldemort voulait une victoire éclatante et il n'y avait pas meilleur endroit pour affirmer sa puissance. Encore une fois, la Directrice sentit son vieux cœur saigner en regardant Harry, si jeune, si beau, si innocent. Il lui restait une dernière épreuve à affronter, une terrible épreuve. Y survivrait-il ? Si Minerva avait connu le secret que Harry cachait, elle aurait vu que le poids était bien plus lourd encore qu'elle ne le croyait.

Draco et Harry se croisèrent plusieurs fois dans la journée. Ils prirent leur repas en s'asseyant l'un près de l'autre, à la table des Serpentards ou à celle des Griffondors. Déjà tout le monde s'habituait à les voir si proches. Mais Draco avait cours toute la journée. Ils ne purent passer beaucoup de temps ensemble. Harry rejoignit Hermione et Ron à la bibliothèque. Ils passèrent une partie de la journée à chercher dans quelles sections ils pourraient trouver des renseignements. Hermione se plongea dans un gros traité concernant les sorts d'expulsion ou de rejet. Elle se demandait si elle n'aurait pas dû aller dans une bibliothèque moldue. Les non-sorciers avaient beaucoup écrit sur les maux de l'âme.

Harry et Draco se retrouvèrent enfin seuls assez tard le soir. Ils s'assirent devant la cheminée et Harry, se souvenant de la pâleur de Draco le matin à son arrivée, lui demanda ce qu'il avait. Il craignait que quelqu'un ne l'ait à nouveau agressé. Quand le jeune Serpentard lui parla de son rêve, il le prit dans ses bras.

« Ne crains rien, lui dit-il, tu ne portes plus sa marque. Il ne peut rien contre toi »

Ils s'embrassèrent et ils oublièrent tout ce qui n'était pas eux. Dans la chambre éclairée de la lueur dorée d'une veilleuse, ils étaient nus tous les deux. Harry était allongé sur le ventre, la tête tournée de côté. Il regardait Draco qui s'était assis sur ses cuisse et qui avait entrepris un savant massage sur son dos. C'étaient des effleurements très légers, du bout des doigts, traçant des lignes ondulées ou circulaires sur les épaules, le long de la colonne vertébrale, sur la taille, au creux des reins. Les pouces appuyaient par moment sur des points précis provoquant des sensations fulgurantes et fugitives et Harry gémissait doucement, se demandant vaguement où Draco avait pu apprendre à donner du plaisir de cette délicieuse façon. Quand les mains se posèrent sur ses fesses en caresses plus accentuées, il eut un cri sourd et se retourna. Les yeux de jade s'élargirent et les yeux d'ardoise pâlirent.

Les douces caresses reprirent, accompagnées cette fois de multiples baisers. Déjà Harry désirait plus et il appelait son jeune amant d'une voix rauque. Mais Draco voulait faire durer le plaisir. Il avait rêvé de ces retrouvailles et multipliait les préliminaires. Cette fois, c'étaient ses ongles qui dessinaient des lignes et des chemins sur la peau de son amant, très doucement, sans faire la moindre marque. Ils suivaient les côtes, effleuraient le sternum, s'arrêtaient sur le cœur battant la chamade. Harry commençait à se tordre sous la caresse savante et sa voix se faisait de plus en plus rauque. Sa tête se tournait à gauche, à droite. Il se mordait les lèvres et il ne pu retenir un cri plus fort quand les mains se posèrent sur son ventre puis descendirent, dessinant une arabesque jusqu'à l'aine et s'arrêtant juste à côté de son sexe érigé.

Les pouces caressèrent doucement les bourses puis un ongle remonta la verge dure jusqu'à la pointe sombre. Harry n'y tint plus. Ses mains qui étaient restées crispées sur les draps s'accrochèrent aux hanches de Draco et il commença à onduler, réclamant … plus … tout … Ses yeux se perdaient, sa tête se vidait, son sexe vibrait. Il n'était plus que jouissance. Alors Draco n'attendit plus. Lui aussi était au bord de l'explosion. Ses genoux se glissèrent entre les cuisses de son partenaire qui noua ses jambes à sa taille, il mouilla trois doigts de sa salive et sans quitter des yeux le visage rouge et extasié de Harry, il le prépara rapidement puis entra en lui. La première sensation était toujours un peu étrange mais très vite, il avaient tous les deux l'impression d'être … entiers. Ils respiraient de plus en plus fort, de plus en plus vite et en même temps, ils bougeaient leurs hanches. Draco allait et venait, frappant toujours le point du plaisir. Harry allait à sa rencontre, ne retenant plus ses cris et ses gémissements. Ils explosèrent presque en même temps dans un dernier râle et retombèrent sans forces.

Pendant un long moment, ils n'avaient fait qu'un. Ils eurent peine à se séparer. Ils ne parlaient pas. Draco avait glissé ses bras autour de la taille de Harry et sa tête reposait sur son épaule. Ils étaient en sueur et se recouvrirent d'un geste. Leurs respirations se faisaient plus tranquilles, leurs cœurs se calmaient. Dans la pénombre dorée, ils savouraient chacun la présence de l'autre. Draco fut le premier à s'endormir. Harry, lui, repensait au cauchemar que son compagnon avait fait la nuit précédente. Le Maître des Ténèbres essayait de l'atteindre par l'intermédiaire de Draco, c'était sûr. Il recommencerait sans aucun doute. L'amour était sa force mais aussi sa faiblesse. Harry posa ses lèvres sur les doux cheveux blonds et murmura « Dors bien, amour. Fais de beaux rêves. » Et il sombra à son tour.

o – o – o – o

Les jours passèrent. C'était la première semaine de mars, les crocus et les perce-neige pointaient au bord de la Forêt Interdite. Les élèves travaillaient avec ardeur car la Directrice ne leur avait pas caché la nouvelle. Lord Voldemort s'apprêtait à livrer bataille au grand jour et non plus sournoisement comme il le faisait jusque là. Harry, Ron et Hermione n'avaient toujours rien trouvé pour détruire le Horcrux. Aucun rêve n'était venu troubler le sommeil de Draco.

Puis un jour, en fin de matinée, alors que Harry revenait de chez Hagrid, il vit un point noir grossir dans le ciel. Il eut immédiatement l'impression qu'il se passait quelque chose de bizarre. L'oiseau qui se dirigeait vers lui ne volait pas droit, il avait l'air blessé et épuisé. Il reconnut soudain le corbeau noir de leur espion. Visiblement, il avait été attaqué, sans doute par les faucons chasseurs de Voldemort. Quand il se posa près de Harry, son aile droite resta ouverte, les plumes en étaient ébouriffées et l'extrémité pendait jusqu'à terre. Mais le précieux message était encore accroché à sa patte. Harry prit la pauvre bête dans ses mains, récoltant au passage un coup de bec car il lui avait probablement fait mal, et il retourna en vitesse chez Hagrid. Nagini, presque guéri, siffla en les voyant entrer.

« Que fait ici cet oiseau de Mangemort ?

- Tu sais à qui appartient ce corbeau ? siffla Harry plein d'espoir.

- Je ne connais pas son nom, ils se ressemblent tous avec leur robes noires et leurs masques. Mais c'est un fidèle de mon Maître. Méfiez-vous de lui. Traître un jour, traître toujours.

- Il nous a beaucoup aidés jusqu'ici, reprit Harry en détachant le message.

- Je m'occupe de l'oiseau, dit Hagrid. Va vite retrouver Ron, Hermione et les autres. Ce message sent les mauvaises nouvelles à plein nez. »

Ils déroulèrent le parchemin dans le bureau de la Directrice. Le message était assez long et visiblement écrit à la hâte.

« Le Maître des Ténèbres a l'intention d'attaquer le même jour plusieurs lieux magiques. Il compte sur la désorganisation des défenses pour vaincre. Son premier objectif est le Ministère de la Magie. Ensuite viennent le Chemin de Traverse, la banque Gringotts, les journaux, la poste des hiboux, Sainte Mangouste, Pré au Lard et d'autres endroits de moindre importance. Il réserve ses meilleures forces pour Poudlard. Il veut écraser la résistance et obliger les élèves à se soumettre. Que le Survivant prenne garde ! Il … »

Le message se terminait là. L'encre n'avait pas eu le temps de sécher et bavait un peu. Mais le texte était clair et son sens redoutable.

« A-t-il tant de partisans pour vouloir attaquer partout en même temps ? dit Hermione d'une voix un peu tremblante.

- Non, peut-être pas, reprit Remus qui avait pâli. Mais imagine la panique qu'il va créer. Les Aurors vont courir dans tous les sens pour répondre aux appels de détresse des gens. Ils ne pourront faire face à toutes les situations dangereuses. Les Mangemorts en profiteront pour les éliminer les uns après les autres.

- Il faut prévenir Rufus Scrimgeour, proposa la Directrice.

- NON, dit Harry. Il faut attendre. Nous ne savons pas quel jour l'attaque aura lieu. Inutile de semer nous-mêmes la panique. C'est peut-être ce que Voldemort cherche après tout.

- Mais puisque le corbeau est blessé, il ne peut rejoindre son maître. Merlin tout puissant, ajouta Ron, pourvu qu'il n'ait pas été surpris en envoyant ce message ! »

Ils se regardèrent tous avec horreur. Si leur espion s'était fait surprendre, ils ne donnaient pas cher de sa vie et sa mort se ferait dans d'atroces souffrances … Ils décidèrent de prévenir au moins tous les membres de l'Ordre du Phénix. Ils pourraient prendre quelques mesures défensives.

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Et ce fut le dimanche 9 mars. Il était midi. Les élèves et les professeurs déjeunaient dans la Grande Salle. On n'entendait que le bruit des fourchettes, les conversations animées, quelques rires. Il y eut tout à coup une sorte de bourrasque. Une fenêtre s'ouvrit en grand et IL apparut.

Un hibou grand duc aux yeux d'or, au magnifique plumage noir pointillé de blanc, au bec et aux serres d'un rouge sang entra majestueusement, tourna une fois au-dessus des têtes levées vers lui et se posa devant Harry. A l'une de ses pattes était attaché un parchemin roulé, fermé par un ruban noir et cacheté de cire. L'oiseau hulula et son cri était sinistre. C'était le messager du Maître des Ténèbres.