Dors Draco

Je rappelle que cette fic a été écrite avant la parution du tome 7. Elle donne donc donc ma vision personnelle de la grande bataille Je ne sais pas si elle est aussi réussie que la vraie mais au moins, j'ai essayé d'être crédible

Chapitre 30

Du lundi au vendredi, le temps fila à toute vitesse. Le mardi matin, Minerva MacGonagall, Directrice de Poudlard, se rendit au Ministère de la Magie en grand appareil. Elle portait une robe de sorcière en satin noir avec une écharpe écossaise aux couleurs de son clan en guise de ceinture et une broche représentant les quatre Maisons de Poudlard sur la poitrine. Sa cape de velours rouge foncé brodée d'or était soutenue par Dobby en costume de lutin, un cache-théière sur la tête. Elle était accompagnée d'Hermione en uniforme de gala et du professeur Flitwick, lui aussi magnifiquement vêtu. Rufus Scrimgeour les reçut immédiatement dans son bureau. Pendant qu'ils discutaient des mesures à prendre pour la défense de l'Ecole, Dobby se promenait partout en tenant devant lui une sorte de tige de métal, au grand agacement du Ministre.

« Nous pouvons envoyer à Poudlard cinquante Aurors, plus si vous le jugez nécessaire. J'espère que vous avez pris toutes les mesures pour mettre les élèves à l'abri dans les souterrains du château. Les parents me harcèlent, tout en sachant qu'au moins, à l'école, leurs enfants ne risquent rien. J'ai entendu parler d'un duel entre Vous-Savez-Qui et le Survivant. Qu'en pensez-vous ?

- Il aura bien lieu à Poudlard. Harry est prêt. Je suis sûre qu'il vaincra …

La conversation se poursuivit un moment et la Directrice fit mine de partir. Mais à ce moment, Dobby mit son cache-théière sur une statuette de sphinx posée sur le bureau et Minerva fit signe au Ministre de la suivre dans un coin éloigné de la pièce.

- Où pouvons-nous parler sans être écoutés ? chuchota-t-elle.

Le Ministre la regarda avec surprise puis désigna une petite pièce voisine qui lui servait de lieu de repos. Ce fut là que la Directrice lui révéla le plan de Voldemort, à savoir l'attaque simultanée de tous les endroits stratégiques du monde sorcier le même jour que la bataille de Poudlard. Au départ, le Ministre n'y croyait pas mais Minerva lui montra le parchemin envoyé par leur espion secret. Hermione insista. Elle parla du corbeau noir qui avait été attaqué en chemin. Elle lui fit remarquer les cibles, en particulier Sainte Mangouste et Gringotts, des lieux ultra sensibles.

Le professeur Flitwick lui révéla aussi que son bureau était sur écoute. Dobby utilisait un détecteur de son invention et un micro était caché dans le petit sphinx. Le professeur d'Enchantements était très malin. Il suggéra à Rufus Scrimgeour, sans avoir l'air d'y toucher, de donner par ce moyen de fausses informations à leurs adversaires. Quand ils repartirent vers Poudlard par les grandes cheminées de transplanage du Hall, ils espéraient avoir convaincu le Ministre.

o – o – o – o

L'école était en ébullition. Les cours étaient suspendus. On voyait partout des groupes d'élèves affairés. Mais tout se passait dans un ordre relatif. Chacun connaissait sa place et son rôle. Théo et Ron étaient partout à la fois. Il y eut une surprise le mercredi matin quand la plupart des habitants de Pré au Lard vinrent offrir leurs services. Sous l'impulsion de Madame Rosmerta, terriblement vexée d'avoir été mise sous Imperium l'année précédente, ils avaient décidé de se battre à leur manière. Tous les magasins du village seraient fermés sauf les Trois Balais, Honeyduke et la Tête de Sanglier. Ils y prépareraient des pièges mais personne ne resterait en bas. Ils monteraient tous à l'école. Ces renforts étaient les bienvenus.

Les professeurs n'étaient pas en reste. Madame Bibine avaient confié les nouveaux balais aux meilleurs joueurs de Quidditch de chaque Maison et les entraînaient à jeter des sorts tout en volant. Horace Slughorn avait préparé depuis longtemps un chaudron de Felix Felicis et de la potion violette pour endormir les géants, à condition qu'on puisse les faire boire. Madame Pomfresh était prête. Elle avait emmagasiné toutes sortes de remèdes. Elle avait même déniché un tout petit flacon d'essence d'aigremoine. Les elfes de maison qui ne participeraient pas à la bataille l'aideraient, ainsi qu'un groupe d'élèves de deuxième et de troisième années. Cornélia avait rapporté de la Forêt Interdite une vingtaine de branchettes de saule.

« Je n'ai pas pu en prendre plus, avait-elle expliqué d'une petite voix. L'arbre avait mal. Il commençait à saigner. Je lui avais expliqué pour la bataille. Mais il est comme les licornes, il n'aime pas la guerre. Il m'a dit que ces baguettes étaient plus puissantes que les autres. Elles nous protégeront mieux. Il ne faut s'en servir que le jour de la bataille. »

Elle en avait gardé une pour Argus Rusard et avait demandé à Dennis Crivey de répartir les autres. Le jeune Griffondor l'avait regardée avec surprise. Il appréciait de plus en plus la petite Pouffsouffle. On la croyait si effacée alors qu'elle était étonnante …

Harry restait le plus souvent dans son appartement. Il se sentait étonnament vide. Il n'avait rien d'autre à faire qu'à attendre. La bataille de Poudlard se ferait sans lui. Il lui restait juste un dernier travail à accomplir. Il se rendit chez Hagrid et apprit à Nagini la venue prochaine de son Maître. Il lui demanda s'il voulait le voir. Mais le serpent refusa. Plusieurs élèves l'avaient aperçu dans le potager. Au début, ils avaient eu peur car Nagini était impressionnant. Il se dégageait de lui une sorte de force primitive mais en même temps, ses mouvements étaient doux et …élégants. La Directrice avait demandé à Hagrid de le présenter à toute l'école. Harry était là. Il avait traduit les questions des élèves et les réponses du serpent. La peur s'était bien vite envolée. Hagrid avait expliqué que Nagini logerait dans la Chambre des Secrets et qu'il en sortirait de temps en temps par les toilettes de Mimi Geignarde. Tout un groupe d'élèves s'était promis d'aller le voir souvent et de lui apporter du lait puisqu'il aimait ça.

Le mercredi matin, Harry descendit dans la Chambre. Nagini se glissa facilement derrière lui. Le lieu lui plut. Il s'enroula sur la peau desséchée du basilic et s'y trouva bien. En s'approchant de la statue, Harry avait de nouveau entendu la voix de Salazar Serpentard souhaiter la bienvenue à son héritier. Une angoisse le prit. Il n'avait toujours pas trouvé comment neutraliser le Horcrux tapi sous sa cicatrice. Il en parla l'après-midi à Ron et Hermione. A son habitude, celle-ci avait beaucoup réfléchi à la question et elle proposa une solution assez bizarre.

« Harry, il ne faut rien faire avant ton duel avec Voldemort. Ou celui-ci sait que son Horcrux est sur ton front, ou il ne le sait pas. Je penche pour la deuxième solution. Harry, tu ne dois pas lancer sur Voldemort l'Avada Kedavra. Tu dois d'abord tenter de détruire la partie d'âme qu'il a encore en lui avec le sortilège blanc et or. Quand il s'en apercevra, il appellera ses autres Horcrux, ceux qu'il croit posséder dans l'éponge noire et dans le petit lion de pierre. Je suis sûre qu'à ce moment-là, celui de ton front répondra à son appel mais Voldemort ne le verra pas tout de suite. C'est à ce moment précis qu'il faudra agir. Harry, tu n'auras pas beaucoup de temps. Dès que le Horcrux aura quitté ton corps, il faudra le détruire. Alors seulement Voldemort pourra être … heu … éliminé . »

Le silence s'installa et se prolongea. Ils essayaient tous les trois de visualiser la scène. Harry réagit le premier.

- Hermione, ce que tu dis là est impossible. Je n'aurai pas le temps de dire la formule du sortilège, surtout deux fois de suite. Elle est assez longue si tu t'en souviens bien. Voldemort aura toute possibilité pour la contrer. Ce n'est pas tout. La sortie du Horcrux sur mon front sera peut-être très douloureuse. Je risque de mal réagir à la douleur et de ne pas agir assez vite.

- Voilà pourquoi il nous faut de l'aide. Ni Ron, ni moi ne pouvons le faire. Voldemort a bien dit qu'il te voulait comme seul adversaire. Mais il y a quelqu'un qui pourrait être présent, quelqu'un que la prophétie désigne autant que toi pour tuer le Lord Noir.

- Qui ?

- Neville Londubat.

- Mais il n'a pas été marqué comme son égal !

- Harry ! Harry ! Il ne faut pas prendre la prophétie au pied de la lettre. Tu as cette marque parce que Voldemort t'a CHOISI, toi, mais rappelle-toi, Dumbledore a dit quelque chose à propos des choix. TOI, tu n'as rien choisi du tout, Neville non plus. La prophétie existe mais quelle est sa valeur réelle ? Qui désigne-t-elle ? Doit-on la croire aveuglément ? Harry, il faut mettre toutes les chances de notre côté. Il faut tout dire à Neville.

De nouveau le silence s'installa. Comme d'habitude, ce fut Ron qui prit la décision.

- Elle a raison, Harry. Cette prophétie limite trop nos possibilités. Aucun mage, aucune devineresse ne voit vraiment l'avenir. L'avenir, c'est nous qui le forgeons. Crois-tu aux paroles enflammées que Trelawney a prononcées dimanche soir ? « Le Seigneur des Ténèbres disparaîtra vendredi à la huitième heure … » Et tu as vu au Département des Mystères les milliers de prophéties qui ne se sont jamais réalisées ? Tu te battras, Harry et tu gagneras. Avec tes propres forces. Pas avec des mots prononcés il y a longtemps.

- D'accord, dit Harry en soupirant, faisons venir Neville. »