Dors Draco .

Chapitre 31

Mercredi, tard le soir. Deux beaux jeunes hommes, un blond et un brun, étaient allongés face à face dans un grand lit. Draco avait posé une main sur la hanche de son compagnon. Harry caressait du bout des doigts le visage de son amant.

« C'est peut-être la dernière fois que nous faisons l'amour, dit-il d'une voix très douce. Demain, je veux dormir seul.

- Pourquoi ? Mais pourquoi ? gémit Draco.

- Parce que je veux rêver de toi, avoir envie de toi, sentir combien tu m'es nécessaire pour vivre. Je veux partir au combat avec un désir forcené de vaincre pour ensuite t'aimer en toute tranquillité et pour toujours. C'est la dernière épreuve, Draco. Après, nous serons libres.

- Alors, si c'est la dernière fois, je veux que tu m'aimes, Harry. Je veux que tu me fasses l'amour.

- Tu … tu es sûr ?

- Oui, je le veux … Tu seras ma première fois, tu sais ? Je n'ai jamais laissé un garçon entrer en moi. Mais je veux que toi, tu me donnes du plaisir, que tu m'aimes, que tu m'emmènes au septième ciel. Je veux être tellement heureux que ce bonheur là te protégera pendant la bataille. L'Amour est une Force, c'est toi qui l'as dit. Aime-moi, Harry, pour ma première fois. Et je suis sûr qu'il y en aura beaucoup d'autres par la suite. »

Alors, la grande parade d'amour commença. Il y eut d'abord des baisers, du plus doux au plus fougueux. Harry promena ses lèvres sur tout le corps offert à ses caresses. Il revenait sans cesse à la bouche qui s'ouvrait pour laisser leurs langues se frôler, s'enrouler, se déguster. Il lécha la peau tendre de la poitrine, du ventre dur, du sexe dressé. Il suça les tétons roses et le gland pourpre. Il ne pouvait plus s'arrêter de savourer le corps doux et blanc offert en cadeau. Draco gémissait, se tordait, appelait, suppliait. Ses mains s'agrippaient, griffaient, se crispaient sur le dos, les épaules, les fesses de son amant. Il n'était que pur plaisir. Ses cheveux se collaient à son front. La sueur donnait à sa peau un goût salé que Harry savourait et qu'il était sûr de ne jamais oublier.

Et puis ce ne fut plus suffisant, leurs deux corps en feu réclamaient plus, exigeaient tout. Ils s'immobilisèrent, se regardèrent, les yeux verts accrochés aux yeux gris. Harry glissa ses genoux entre les cuisses blanches, écartant les jambes et les remontant à sa taille. Il mit un doigt, puis deux, puis trois dans la bouche de Draco qui les mouilla de sa salive. Puis il les enfonça l'un après l'autre, le plus doucement possible dans l'anneau de chair encore inviolé. C'était chaud, étroit, vivant. Le jeune homme blond peu habitué à cette douleur criait et se tordait. Alors tout doucement, Harry laissa sa magie sortir de lui et agir. Il disait des mots doux que Draco ne comprenait pas mais qui calmait sa souffrance et sa peur. Il posait des baisers sur ses joues, son front moite, ses lèvres brûlantes. Il caressait les épaules, le ventre, les cuisses et ses mains se faisaient oiseaux et fleurs.

Puis son sexe dur s'enfonça dans l'antre humide qui l'attendait. Il y eut un cri vibrant et, se regardant toujours, ils commencèrent la plus belle des danses. Harry allait et venait en Draco et Draco imprimait le même mouvement à ses hanches, son sexe dressé contre le ventre de Harry. Ils criaient et gémissaient tous les deux et c'était la plus belle des musiques. Et les yeux verts s'élargirent jusqu'à former deux lacs aux profondeurs insondables. Et les yeux gris brillèrent comme deux flaques d'argent liquide.

Et ils quittèrent le monde réel. Autour d'eux, dans la nuit de velours, des étoiles silencieuses naissaient, vivaient, mouraient. Les galaxies tournoyaient lentement en spirales. Des trous noirs aspiraient des chapelets de planètes. Une force déferlante, une vague énorme emportait tout sur son passage. Le monde glacé devenait flamme ardente. Une sphère de feu éclatait en millions de diamants étincelants. Ensemble, unis, ne formant qu'un seul être, ils assistaient à la création du monde et par leur amour, ils y participaient. Cela dura peut-être quelques secondes, peut-être une éternité. Ils ne le surent pas. Leurs jouissances furent simultanées. Ils retombèrent doucement et se séparèrent. Dans leur tête, ils entendaient des tambours. Puis leurs cœurs se calmèrent peu à peu. Le monde réel se reconstitua autour d'eux. Ils se sentirent dériver et s'endormirent presque en même temps, se serrant encore dans les bras l'un de l'autre.

Ils ne le savaient pas mais ils étaient passés pendant un instant de gloire dans un univers parallèle où seuls quelques élus avaient le privilège d'entrer. Ils pouvaient vivre ou mourir. Le cours de leur existence avait changé. Ils avaient effleuré le grand mystère du monde. Ce secret les liait pour toujours. Ce fut une nuit sans rêves, une profonde et courte nuit. Les étoiles pâlissaient tout juste quand ils s'éveillèrent. La main de Harry était sur la hanche de Draco et la main de Draco caressait le visage de son amant. Le jeune homme blond prit une décision. Cela faisait plusieurs nuits qu'il y pensait. Il dit très doucement :

« Harry, je t'ai déjà demandé si tu voulais m'épouser. Tu ne veux pas répondre avant la bataille. Mais je t'aime et je veux un espoir. Faisons le Serment, Harry, unissons-nous par le lien secret. Si tu m'aimes, Harry …

- Je t'aime, Draco. Qu'est-ce que c'est que ce lien secret ?

- Tu ne connais pas le Serment ? Ah ! C'est vrai, j'oublie toujours que tu n'as pas été élevé chez les sorciers. Le Serment, c'est un pacte qui engage deux personnes l'une envers l'autre. Il ne peut être rompu que par la mort .Il se pratique le plus souvent entre des gens qui s'aiment mais ce n'est pas forcé. Il peut aussi lier deux personnes qui ont une dette entre elles. C'est un peu comme une promesse de fiançailles chez les Moldus mais en plus fort, en plus absolu. Je veux faire le Serment avec toi pour que tu ne m'oublies pas après la guerre, quand tu auras vaincu le Maître des Ténèbres et que tu seras plus encore le sorcier le plus célèbre du monde.

- Je ne t'oublierai jamais, Draco. Je t'aime et si tu y tiens, je veux bien faire ce Serment avec toi. Que doit-on faire ?

- Il nous faut une baguette magique. Prenons la mienne puisque c'est moi qui prononcerai le Serment. Ou mieux encore, prenons nos deux baguettes. Tu répéteras les mots après moi.

Harry regarda songeusement les petits morceaux de bois qui avaient tant de pouvoir dans le monde sorcier. Il répondit d'une voix basse

- Ne faisons pas de Serment avec ces baguettes. Elles ont toutes les deux été en contact avec l'esprit du mal … Attends … Je sais … Cornélia, la petite aux araignées, m'a donné une de ses baguettes de saule. Elle contient un esprit pur, l'esprit de la licorne. C'est parfait pour ce que tu veux faire.

Draco eut l'air un peu déçu mais finalement, il se rangea à l'idée de Harry. Ils s'agenouillèrent face à face sur le lit aux draps froissés, genoux contre genoux, front contre front, leurs mains serrées autour de la mince tige de saule.

- Répète après moi, dit Draco.

Et dans le silence de l'aurore, les mots s'égrenèrent.

« Je suis toi et tu es moi

Je suis toi et moi.

Tu es moi et je suis toi

Tu es toi et moi.

Si tu vis je vis

Si tu meurs je meurs.

Si tu m'aimes je vis

Tu me hais je meurs.

Je suis toi et tu es moi

Je suis toi et moi.

Tu es moi et je suis toi

Tu es toi et moi.

Jure-le moi. »

Ils étaient si concentrés sur le Serment qu'ils ne virent pas une plume courir sur un parchemin sorti de nulle part. En même temps qu'ils parlaient, elle transcrivait les mots prononcés. Quand ils eurent fini, elle ajouta leurs deux noms : Harry Potter - Malfoy, Draco Malfoy - Potter. Ils étaient liés par le Serment bien plus qu'ils ne le croyaient eux-mêmes. Le matin, ils ne firent pas attention au parchemin enroulé sur la table. De cette nuit, ils conservaient des souvenirs tellement forts qu'ils eurent toute la journée l'impression de flotter. Leurs visages devaient refléter leur bonheur intérieur car en les croisant, plusieurs personnes les regardèrent d'un air étonné.

Ils n'étaient pas les seuls à avoir l'esprit dans les nuages. Plusieurs couples de sixième et septième années avaient aussi profité de cet avant-veille de bataille pour échanger des promesses et unir autant leurs âmes que leurs corps. Une sorte de parfum d'amour glissait dans les longs couloirs de Poudlard. On aurait pu croire que l'atmosphère générale serait à la crainte, à l'appréhension. Il n'en était rien. Il y avait dans l'air de l'ardeur, de la vivacité, presque de la joie. Les professeurs tentaient bien de refréner ce trop fort courant d'optimisme, eux savaient que le vendredi serait long et difficile mais finalement, ils laissèrent leurs élèves se défouler.

D'ailleurs, il n'y avait aucun signe de désordre. Les derniers préparatifs battaient leur plein. Aurora Sinistra, la professeur d'astronomie avait déterminé à la seconde près le midi solaire. Elle avait ajouté que la nuit commencerait à tomber à six heures et que la pleine lune apparaîtrait environ trente minutes plus tard. Elle recommandait aux élèves les plus jeunes de se mettre alors à l'abri car ce serait le moment où les Loups Garous se transformeraient et deviendraient dangereux. Malgré toutes les recherches, on n'avait pas trouvé de moyen de défense contre eux.

Il y avait aussi beaucoup d'agitation du côté des cuisines. Les elfes préparaient des litres de jus de citrouille, du thé glacé et sous l'impulsion discrète de Dobby … et de Winky, de petits tonnelets de boissons plus fortes et plus réconfortantes. Il y avait de grands paniers de fruits et des quantités impressionnantes de sandwichs. L'intendance est le nerf de la guerre. Le professeur Slughorn avait aussi demandé aux elfes de remplir de Felix Felicis des petites gourdes qui seraient distribuées à tous les combattants le matin de la bataille. Il en avait préparé tout un chaudron mais ce n'était pas suffisant pour une journée toute entière de chance pour chacun. Il faudrait choisir le bon moment pour en prendre. Il avait aussi concocté trois flacons de Géandormis, la potion violette qui endormait les Géants pendant une semaine. Mais quant à leur en faire boire …

Enfin, c'était le moment enfiévré des derniers préparatifs. Et après le dîner, Minerva McGonagall souhaita une bonne nuit à tous. Elle fut bonne. Harry y veilla. Il passa près de chaque dortoir, près de chaque chambre et lança un sortilège de sommeil sans rêves. Quand il arriva à celle où reposait Draco, il embrassa le jeune homme blond qui avait conquis son cœur et l'endormit comme les autres. Puis il se retira dans sa chambre, il passa une heure à faire des exercices de concentration et de relaxation et une heure encore en méditation profonde. Puis le cœur, l'esprit et le corps en paix, il s'endormit à son tour.

Demain, c'était LE JOUR.