Dors Draco

Tout ici appartient à Son Altesse Joanne K. Rowling, tout sauf les Loups Garous qui existent depuis toujours dans la mémoire profonde des Etres Humains.

Chapitre 34

Six heures et quart. La nuit est tombée.

Harry regarde Draco et Draco regarde son père. Lucius Malfoy ne regarde personne. Il lève son bras armé de sa baguette magique et l'abaisse d'un geste élégant. D'un bloc, les Mangemorts chargent. Lui ne bouge pas. Autour de lui, la bataille fait rage. Soudain, un rayon vert et Sybille Trelawney s'effondre. Un hurlement de rage retentit à l'orée de la Forêt Interdite. Firenze le Centaure a bandé son arc et d'autres Centaures sortent de la Forêt. Les flèches pleuvent sur les assaillants qui reculent. On sent un flottement dans les rangs. Un sifflement strident et des Sombrals jaillissent d'entre les arbres, toutes ailes déployées. Ils tombent en piqué sur les Mangemorts qui cette fois commencent à courir dans tous les sens. Buck et une dizaine d'hippogriffes leur barrent la route. Les hommes en noir lancent des sorts n'importe où, n'importe comment. Les Aurors et les autres défenseurs les évitent facilement. Les Stupéfix, les Impedimenta, les Expelliarmus fusent vers les Mangemorts.

Paniqués par la soudaineté de la riposte, certains ont le malheur de courir vers le saule cogneur qui a l'air endormi. Deux chats sont assis sur une racine et l'un d'eux appuie sur un nœud bien particulier. Le saule se réveille et ses branches balaient violemment les imprudents qui se sont approchés de lui. La plupart des Mangemorts battent en retraite. Ils ont dépensé toute leur énergie d'un coup. Ils sont devenus mous comme le pense leur Maître. Ils s'arrêtent et baissent leurs bras armés. Lucius Malfoy n'a pas bougé. Un croassement se fait entendre. Un corbeau sort de la maison de Hagrid. Son vol est incertain, une de ses ailes bat moins fort que l'autre. Mais il se dirige droit vers Lucius Malfoy et se pose sur son épaule. Il y a un sourd grondement. Professeurs et élèves de Poudlard sont stupéfaits. Une voix joyeuse s'élève. Draco.

« Père, tu es avec nous ?

- Je suis là, mon fils. Pour toi.»

Un terrible hurlement. Lord Voldemort vient de comprendre qui l'a trahi. Mais il ne veut pas encore apparaître. C'est trop tôt pour que son plan réussisse. Il veut agir après la dernière vague d'attaquants, lorsque ses ennemis seront en déroute.

« LUCIUS MALFOY, TU ME LE PAYERAS ! » hurle-t-il.

« Je sais, » répond le sorcier à la robe verte d'une voix tranquille.

Et il se dirige vers Harry Potter qui est aussi surpris que les autres.

« Pour l'amour de mon fils, » dit-il et il se range à ses côtés.

Six heures trente. Au-dessus de la Forêt Interdite, la pleine lune commence à apparaître.

On entend vers le portail une rumeur confuse. Dobby apparaît devant Harry en criant d'une voix aiguë :

« Greyback ! Les Loups-Garous ! Ils sont ivres. »

C'est la débandade totale parmi les assaillants. Remus Lupin se précipite vers le saule cogneur. Il vient de boire une gourde de potion Tue-Loup et sa potion de Force. Il fait signe aux chats qui immobilisent le saule. Il crie aux Mangemorts :

« Lâchez vos baguettes magiques et entrez ici. Vous serez à l'abri. »

La crainte des Loups-Garous est si forte que tous lui obéissent. Ils se retrouvent un peu serrés prisonniers dans la Cabane Hurlante.

Les élèves savent ce qu'ils doivent faire maintenant. Ils se regroupent, formant un demi-cercle compact, les plus jeunes au centre. Devant eux, les adultes et les Aurors. La seule défense contre les Loups Garous, c'est d'être en nombre. Ils n'attaquent que des individus isolés.

ILS ARRIVENT. Une trentaine. Greyback est déjà transformé. Les autres sentent leurs museaux s'allonger peu à peu, leurs bras et leurs jambes devenir pattes, le poil les recouvrir. Ils n'y peuvent rien. C'est un mauvais coup du destin. Ils ont été mordus, ils cherchent à mordre. Ils commencent à hurler à la lune qui monte dans le ciel. Devant eux, une masse sombre, des gens agglutinés les uns aux autres. Une mauvaise cible. Une petite silhouette isolée qui court pour rejoindre le groupe. Cornélia a fait tomber sa baguette de saule et s'est arrêté un instant pour la ramasser. Un bond. Greyback est sur elle. Elle crie. Le Loup Garou la tient par le bras. Il se lèche les babines. Elle a l'air si jeune, si tendre. Une victime de plus.

Il n'a pas le temps d'ouvrir sa grande gueule rouge. Une masse noire lui tombe dessus. Il est renversé au sol et sent à son cou une violente morsure. Zarog. Et brusquement, une armée d'araignées géantes déferlent sur les Loups Garous. Etrangement, elles ne cherchent pas à tuer mais elles visent les cous et mordent. Les Loups-Garous s'effondrent les uns après les autres. Ils gisent à terre et ne bougent plus. Alors, sans plus s'occuper des autres personnes totalement stupéfaites, les araignées se retirent dans la Forêt Interdite et disparaissent.

Il y a un grand silence et puis il y a un miracle.

Les Loups-Garous se transforment de nouveau. Ils reprennent peu à peu leur forme humaine. Ils se redressent lentement, se regardent d'un air étonné. Ils sont … guéris ? … guéris ! C'est un remède ancestral, totalement oublié depuis mille ans. L'alcool qu'ils ont bu et qui imprègne leur corps, combiné avec le venin d'Acromantule injecté au cou, guérit la Lycanthropie. Remus Lupin qui venait de boire sa potion de Force fabriquée à base d'alcool de cynorhodons a été mordu comme les autres. Lui aussi se regarde avec des yeux éblouis. Enfin ! Enfin, il est délivré de son enfer. Il faudra utiliser cette découverte pour sauver le plus de malheureux possible. Le plus difficile sera d'obtenir le concours des Araignées Géantes.

Tout s'est passé en quelques secondes, une minute au plus Les ex-Loups Garous se lèvent en titubant un peu. Ils vont s'asseoir près du portail de l'école. Remus s'adresse à eux pour leur expliquer ce qui se passe. Ils ne se souviennent même pas qu'ils étaient venus là sur l'ordre de Voldemort pour livrer bataille contre Poudlard. Harry se détend. Il est à l'origine du miracle mais il ne le révélera à personne. La recette du remède a jailli d'un coup de sa mémoire profonde. Il a simplement profité de circonstances favorables. L'ivresse des Loups Garous. La présence des Araignées Géantes venus veiller sur leur jeune amie Cornélia « pi pa ». Il a influencé leur cerveau pour qu'elles mordent au cou, provoquant la guérison. Maintenant, il reprend sa concentration.

La journée a été dure pour lui, plus dure encore que s'il avait combattu seul une centaine de Mangemorts. Rester immobile, ne rien faire, voir ses amis souffrir, voir mourir la pauvre Trelawney … et les autres. Mais il était lié par sa promesse et les étudiants de Poudlard s'en tirent bien. Il n'y a pas de grands blessés parmi eux, juste des plaies insignifiantes. Beaucoup ont eu la bonne idée de boire la Felix Felicis au bon moment. Ils sont un peu sonnés mais ils se tapent dans le dos et se sourient. Pourtant le pire est encore à venir. Le duel n'a pas eu lieu.

Les Aurors ont perdu cinq des leurs et certains blessés sont gravement atteints. Il y a moins de pertes parmi les habitants de Pré-au-lard. Les Mangemorts s'attaquaient plutôt aux Aurors, leurs pires ennemis. Chez les professeurs, c'est la consternation. Sybille Trelawney est étendue sur un lit de camp, sous la tente infirmerie. Elle est toute blanche. Son visage est apaisé et on peut ainsi s'apercevoir qu'elle était belle. Firenze est à ses côtés. Il a l'air très triste et ne cesse de répéter :

« Ma sœur de cœur est morte. J'avais vu un signe étrange dans les étoiles. Mais les signes parlent un langage incompréhensible. Je n'ai pas compris le message. »

Sur le lit voisin repose Argus Rusard. Miss Teigne s'est installée sur sa poitrine. Elle ne bouge pas. Elle a compris qu'il était mort. Les animaux de compagnie sentent ces choses-là. Elle reste près de celui qui l'a toujours aimée et protégée. Elle ronronne doucement. Soudain, la paix fragile qui s'est abattue sur le parc est déchirée par la voix retentissante.

« A NOUS DEUX, HARRY POTTER. JE TE DEFIE EN DUEL. NOUS NOUS BATTRONS JUSQU'A TA MORT. J'ARRIVE AVEC MES AMIS. TU PEUX APPELER LES TIENS. »

Il est sept heures. Le parc s'illumine de centaines de torches flamboyantes.

Lord Voldemort apparaît. Il est debout sur la tombe blanche de Dumbledore, au bord du lac. Il porte une magnifique robe de sorcier verte brodée de lunes et d'étoiles d'argent. Son horrible visage est dissimulé derrière un masque. Il porte des gants noirs en cuir fin et ses cheveux blancs descendent jusque sur ses épaules Il est magnifique. Puis apparaissent l'un après l'autre huit enfants blonds, beaux comme des anges, souriants, vêtus de blanc et d'or.. Ils se placent devant la tombe face aux élèves et aux adultes qui se rassemblent devant l'école autour de Harry. Une dame vêtue d'une longue robe de velours vert brodée d'argent prend place à côté d'eux. Narcissa Malfoy. Un homme portant une longue cape noire surgit à son tour. Quand il repousse le capuchon, des cris et des injures retentissent et Harry retient sa magie à grand peine. Severus Snape. Enfin sortent de derrière la tombe, à droite, Bellatrix Lestrange et à gauche, Peter Pettigrow. Ils se placent de chaque côté de leur Maître.

Il règne tout à coup un grand silence. Toute l'école est stupéfiée par plusieurs choses. D'abord par l'audace de Voldemort qui foule aux pieds la tombe de l'ancien Directeur, son pire ennemi. Par la splendeur du Lord Noir venu combattre dans toute sa gloire. Par l'arrivée à ses côtés des sorciers les plus détestés du monde. Et surtout par la présence souriante de leurs huit camarades. Ils n'ont pas changé. Ils sont toujours aussi beaux. Ils semblent heureux de vivre. Les jumeaux Priscall ont cet air coquin qui charme tous ceux qui les côtoient et qui fait qu'on leur pardonne toutes leurs bêtises. Cependant, ils regardent leurs anciens camarades et ne semblent pas les reconnaître. Leurs yeux sont vides. Harry parle à son tour :

« TOUS CEUX QUI SONT PRES DE MOI SONT MES AMIS. MAIS J'APPELLE EN PARTICULIER RON WEASLEY, HERMIONE GRANGER, NEVILLE LONDUBAT ET DRACO MALFOY. »

Le Lord Noir éclate de rire.

« C'EST TOUT CE QUE TU AS TROUVE ? UN TRAITRE A SON SANG, UNE SANG-DE-BOURBE ET UN INCAPABLE ? TU ACCEPTES MEME LES MANGEMORTS ? ENFIN IL Y A UN EX-MANGEMORT. JE NE T'OUBLIE PAS, LUCIUS MALFOY. TON EPOUSE AU MOINS M'EST RESTEE FIDELE. »

Harry reprend :

« QUE FONT ICI CES ENFANTS ? »

« CE SONT MES FILLES ET MES FILS SPIRITUELS. ILS M'AIMENT. JE TE PRESENTE MA COURONNE D'OR, HARRY POTTER. »

« PERSONNE NE PEUT VOUS AIMER DE SON PLEIN GRE. CES ENFANTS SONT SOUS IMPERIUM»

« OH NON HARRY POTTER. TU EN AURAS LA PREUVE TOUT A L'HEURE. MAIS A PROPOS, IL Y A ICI QUELQU'UN QUI N'EST PAS TON AMI MAIS LE MIEN. »

Il fit un grand geste de son bras droit et dit :

« APPROCHE DRACO MALFOY »

Draco qui s'était placé à côté de Ron paraît frappé par la foudre. Il se tourne vers Harry, sourit, se retourne vers le Mage Noir et dit :

« Oui, Mylord. »

D'un pas léger, il s'avance vers Voldemort et s'incline profondément.

« DIS-NOUS DRACO MALFOY, QUI EST TON MAITRE ?

« Je vous appartiens, Mylord. »

« C'EST BIEN. PRENDS PLACE A MES COTES »

Draco salue gracieusement et va s'installer à côté de Bellatrix Lestrange.

Et le cœur de Harry commence à se briser.