Merci à Elie morgane-NaNa, Missterre, Phénix, dark and devil time, Julie231 et Shumeyo
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Nymphadora abaissa sa baguette. Elle observa avec un mélange de stupéfaction et d'émotion le lycanthrope, debout devant elle. Toutes les questions qu'elle aurait dues se poser – Pourquoi était-il ici ? Que faisait-il si loin de Greyback et de sa bande ? – ne lui vinrent même pas à l'esprit. Tout en elle semblait s'être figé. Tout, sauf les battements sourds de son cœur.
Remus fit un pas dans sa direction mais il s'immobilisa soudainement, comme s'il reprenait conscience de son aspect. Une voix timide s'éleva alors derrière la jeune femme.
- C'est le Professeur Remus Lupin ? s'enquit l'une des filles, ramenant Tonks à la réalité.
Au même instant, un long cri sourd brisa le silence de la nuit et Nymphadora croisa le regard soudain terrifié du lycanthrope.
Si Remus était là, cela ne signifiait qu'une seule chose : il n'était pas seul.
Un froid glacial se répandit dans les veines de la jeune femme et elle se tourna vers les enfants en hurlant :
- COUREZ ! VITE !
Les trois adolescents se mirent à crier de terreur face à l'urgence du ton employé et s'élancèrent sans attendre en direction de Poudlard. Tonks jeta un coup d'œil hésitant derrière elle mais Remus lui fit signe de fuir en émettant un grognement paniqué, et elle se rua donc à la suite des enfants, serrant fiévreusement sa baguette magique entre ses doigts engourdis par le froid.
Elle n'entendit pas Lupin courir à sa suite mais très vite, des grognements puissants et les bruits significatifs d'un combat enragé retentirent dans son dos. Pourtant, malgré le désir violent de revenir sur ses pas, elle poursuivit sa route sans se retourner.
La priorité était de mettre les adolescents à l'abri et elle leva son bras en direction du ciel.
- Spero Patronum !
La silhouette argentée de son Patronus fendit l'obscurité et Tonks lui donna mentalement ses ordres.
« J'ai retrouvé les enfants ! Nous sommes sur la route menant à Pré-au-Lard ! Greyback nous poursuit, il nous faut de l'aide de toute urgence ! Remus ne pourra pas les retenir très longtemps ! »
Le Patronus disparut bientôt et Tonks rejoignit en quelques foulées les adolescents qui peinaient à avancer. La neige qui était tombée pendant la journée avait rendu le sol boueux et leurs pieds s'enfonçaient dans la terre, les faisant trébucher. Un vent glacial frappait leurs visages et ralentissait un peu plus leur course effrénée. Nymphadora savait qu'il faudrait plusieurs longues minutes aux renforts pour arriver mais peut-être qu'un des Aurors patrouillant aux alentours du château intercepterait le Patronus et viendrait les aider.
A mesure qu'ils s'éloignaient de Remus, les éclats de la lutte s'amenuisaient mais Tonks redressa vivement la tête, attirée par le bruit de pas précipités à sa gauche.
Une masse sombre surgit brusquement des fourrés et bondit sur la route, cherchant à atteindre de ses griffes l'une des jeunes filles qui hurlait déjà de terreur.
- STUPEFIX ! s'exclama Nymphadora.
L'éclair rouge frappa le lycanthrope et elle manqua de perdre l'équilibre lorsqu'il s'effondra juste sous ses pieds.
- NE VOUS ARRETEZ PAS DE COURIR ! cria Tonks afin de se faire entendre malgré le sifflement du vent.
Mais une nouvelle attaque la prit cette fois par surprise et elle eut à peine le temps de lever son bras gauche pour se protéger. Les griffes du Loup entaillèrent la peau à travers ses vêtements et elle s'effondra lourdement sur le sol. Malgré sa chute, Nymphadora n'avait pas lâché sa baguette et elle jeta un sort sur le lycanthrope qui s'apprêtait à se jeter sur elle. Celui-ci fut projeté quelques mètres plus loin dans un glapissement de douleur puis s'affaissa, inerte.
Tonks voulut se relever mais deux autres Loups jaillirent des bois et se précipitèrent vers elle, attirés par l'odeur de son sang. Cette fois-ci, elle n'eut pas le temps d'agir et se recroquevillait machinalement sur elle-même lorsqu'un éclat cramoisi passa au-dessus de sa tête et frappa le plus proche des lycanthropes.
La jeune femme se retourna aussitôt, croyant les renforts enfin arrivés mais elle resta stupéfaite en découvrant les trois adolescents qui lançaient des sortilèges plus ou moins réussis mais avec un courage méritoire. Tonks profita de leur aide inattendue pour se relever et s'élança dans leur direction.
- ALLEZ-VOUS-EN ! NE VOUS OCCUPEZ PAS DE… !
Mais elle se sentit violemment tirée en arrière et se retourna. L'un des Loups venait d'agripper sa cape. Déséquilibrée, Tonks parvint pourtant à éviter ses griffes mais pas le revers de sa main. Frappée en plein visage, elle gémit et s'effondra de nouveau par terre.
Une douleur vive lui vrillait le crâne et sa salive avait le goût métallique et écoeurant de son sang. Passablement assommée, les yeux fermés, elle devina le corps massif du Loup au-dessus d'elle. Elle sentait son haleine fétide glisser sur son visage mais n'eut pas la force de se défendre et attendit avec effroi une attaque qui ne vint pas.
Un rugissement terrifiant résonna à son oreille et le Loup fut violemment écarté d'elle. Tonks ouvrit les yeux et regarda avec soulagement son agresseur projeté au sol par un Remus hors de lui. Celui-ci lui asséna des coups avec une violence enragée, utilisant ses griffes sans état d'âme, labourant le corps du Loup qui cherchait à le blesser avec la même brutalité. Nymphadora entendit dans un état second le pas précipité des enfants qui la rejoignaient et l'aidaient à se relever. Elle se laissa faire sans réagir, incapable de se détourner du spectacle macabre qui se déroulait sous ses yeux.
L'adversaire de Lupin faiblissait, assommé par la violence de ce dernier et il finit par s'effondrer, inconscient.
Alors seulement Remus cessa de frapper et se retourna vers la jeune femme.
Tonks l'observait sans parvenir à savoir si elle se sentait choquée ou troublée par la façon dont il s'était acharné sur ce lycanthrope. Elle savait qu'elle devait s'en aller, mettre les enfants à l'abri mais son corps refusait de bouger. Remus fit alors un pas vers elle et les adolescents s'écartèrent avec effroi. Il tendit son bras vers celui de la jeune femme et frôla son poignet blessé, détaillant la plaie profonde et douloureuse avec une inquiétude qui lui serra le cœur.
Hélas de nouveaux grognements les ramenèrent bien vite à la réalité et il la lâcha avant de lui faire signe de fuir. Mais Tonks s'était déjà retournée.
Elle poussa énergiquement les enfants devant elle et le petit groupe s'élança une fois de plus sur le chemin, Remus sur leurs talons.
Depuis le début de cette attaque, Tonks n'avait répertorié que sept Loups-Garous et il était évident que Greyback n'avait pris que quelques-uns de ses hommes avec lui. Ils avaient donc peut-être une chance de rejoindre le château sain et sauf.
Malheureusement, le vent ne faiblissait pas et Nymphadora sentait le sang s'écouler de sa blessure. Une sueur glacée emprunte de fièvre perlait déjà sur son front et l'air froid lui brûlait les poumons. Mais ils étaient loin, encore trop loin de l'enceinte de Poudlard pour ralentir.
Des pas multiples résonnaient à présent dans son dos et elle n'osa pas se retourner, concentrant toute son attention sur les enfants devant elle qui continuaient courageusement de courir malgré la fatigue. Des grognements trop proches et le bruit d'une mâchoire qui claque lui apprirent que Remus tentait de freiner la course de leurs poursuivants. Elle jeta quelques sorts dans son dos, évitant soigneusement le Maraudeur mais elle n'arrivait pas à viser et trébucha. La tête lui tournait et elle choisit de concentrer son attention sur ses foulées.
Enfin, ils passèrent le dernier virage et Tonks vit les lourdes grilles de l'école à près de deux cents mètres d'eux. Hélas, elles étaient dramatiquement fermées.
- C'est pas vrai, gémit-elle avant de crier aux enfants : ON Y EST PRESQUE ! ALLEZ !
Nymphadora leva de nouveau son bras et envoya un deuxième Patronus, quémandant l'ouverture des portes.
Derrière elle, des glapissements de douleur et des grognements enragés se succédaient et la jeune femme se retourna un bref instant. Les Loups n'étaient plus qu'à quelques mètres d'elle et Remus se jetait contre eux tout en poursuivant sa course pour ne pas perdre du terrain. Des claquements de mâchoires et des bruits de chutes se faisaient entendre malgré le sifflement du vent et lorsqu'elle jeta un nouveau coup d'œil dans son dos, elle vit Remus tomber.
Un gémissement de terreur s'échappa des lèvres de Tonks mais elle reporta son attention devant elle. Plus que cent mètres !
Mais alors qu'elle désespérait à l'idée de se retrouver bloqués par la grille, celle-ci trembla soudainement et s'ouvrit dans un grincement strident.
- ALLEZ ! encouragea-t-elle, le souffle court, le cœur battant d'espoir.
Un dernier regard dans son dos lui apprit que Remus s'était relevé et se battait de nouveau pour ralentir la course des lycanthropes enragés. Un éclair pourpre attira alors son attention devant elle et elle vit avec un soulagement extrême une haute silhouette accourir vers eux. Elle reconnut sans peine Albus Dumbledore à sa barbe argentée et baissa vivement la tête lorsque l'un des sorts passa tout près afin d'atteindre le Loup juste derrière elle. Les enfants passèrent finalement la grille et Dumbledore s'arrêta à leur niveau, son visage pâle et furieux illuminé par les éclats de ses propres attaques. McGonagall et Rogue arrivèrent à leur tour et Tonks entra enfin dans l'enceinte du château.
Sous l'ordre du Directeur de Poudlard, les hautes et larges grilles se refermèrent aussitôt, et le Loup le plus proche, nullement intimidé, vint heurter le portail dans un énorme bruit sourd. Mais la grille fut à peine parcourue d'un frémissement et le maléfice Anti-intrusion propulsa à quelques mètres le lycanthrope téméraire.
Comme seuls les sortilèges entrants étaient impossibles, Dumbledore et McGonagall continuèrent d'attaquer à travers les barreaux du portail, évitant soigneusement de frapper Remus qu'ils avaient reconnu aisément puisqu'il était le seul à s'en prendre à ses semblables. Se tenant prête à intervenir pour le défendre, Tonks bondit vivement sur Rogue qui levait sa baguette en direction du Maraudeur. D'un geste brutal, la jeune femme le bouscula et il manqua de s'étaler de tout son long sur le sol boueux.
- C'est Remus ! s'exclama-t-elle avec colère.
Severus parvint à retrouver un semblant d'équilibre et se tourna vers la jeune femme, les joues pâles d'indignation. Il avait machinalement dirigé sa baguette vers elle, mais Tonks en avait fait de même, le regard empli d'une haine viscérale.
Depuis la mort de Sirius, elle ne supportait plus de se retrouver face à Severus Rogue. Il ne cessait de l'observer avec ce petit air réjoui, comme s'il se délectait de sa peine, comme s'il savourait chaque minute depuis le décès de son cousin. Et elle en était venue à le détester avec autant de force que Black avait haï Rogue.
Un calme soudain les ramena à la réalité et ils se tournèrent vers le chemin de terre, à présent jonché d'une quinzaine de corps inconscients. Le vent continuait de souffler en rafales, couvrant les gémissements des enfants que le contre-coup avait fait pleurer. Mais Tonks n'y prêtait plus la moindre attention. Elle entendit à peine l'arrivée de Madame Pomfresh et encore moins les ordres donnés par Dumbledore. Son attention était entièrement tournée vers la silhouette bancale de Remus, debout au milieu de ses congénères. Bien que McGonagall utilisait sa baguette comme lanterne, l'obscurité de la nuit ne permettait guère de voir avec précision l'aspect du Maraudeur.
Mais à sa façon de se tenir, il ne faisait aucun doute qu'il était blessé.
- Votre bras, s'exclama Madame Pomfresh.
La guérisseuse posa une main légère sur son poignet et la douleur sortit Tonks de sa torpeur. Elle se dégagea aussitôt.
- Je vais bien. Occupez-vous de Remus d'abord, dit-elle d'un ton ferme.
Madame Pomfresh hésita mais la voix de Dumbledore la fit s'approcher de la grille.
- Remus, appela-t-il doucement.
La silhouette sombre s'avança lentement et lorsque Lupin parvint enfin à moins d'un mètre d'eux, Tonks dut réfréner un gémissement. Son corps était recouvert de plaies ensanglantées, de marques profondes de dents et de griffes. Il respirait avec difficulté et gardait sa tête baissée, refusant de croiser le regard de la jeune femme.
Les larmes aux yeux, elle suivit avec une application particulière chaque geste de Madame Pomfresh.
- Ne peut-on pas l'emmener à l'infirmerie ? demanda la guérisseuse. Je ne peux pas faire grand chose ici. Il me faudrait des bandages, des onguents…
- Non, répondit sombrement Dumbledore. Il serait impossible de traverser l'école sans être vus.
- Quelle importance ! s'exclama alors Nymphadora, vibrante de colère. Ils ont reconnu Remus, poursuivit-elle en indiquant les trois adolescents que Mc Gonagall tentait de calmer. Nous n'allons tout de même pas le laisser comme cela !
Remus avait redressé la tête et observait la jeune femme avec attention. Madame Pomfresh venait de refermer ses plaies mais la douleur restait constante.
- Pour les enfants, je vais m'en occuper, répondit Dumbledore d'une voix douce et patiente. S'ils oublient ce qui s'est passé ce soir, je pense qu'ils s'en porteront beaucoup mieux.
Il se tourna alors vers Remus.
- Mais nous avons besoin de toi, là-bas, dit-il. Ce qui s'est passé ce soir en est la preuve.
Lupin acquiesça docilement et Tonks dut réprimer une soudaine envie de hurler. Elle ne voulait pas qu'il y retourne.
- Remus… murmura-t-elle afin de croiser son regard.
Il leva les yeux vers elle mais se tassa machinalement sur lui-même, haïssant être vu d'elle sous cette apparence. Il observa le visage pâle et bouleversé de la jeune femme. Il aurait aimé glisser une main sur sa joue pour la rassurer, la prendre dans ses bras pour se sentir enfin à sa place un court instant. Mais il se détourna et s'éloigna lentement, se contraignant à adopter un pas ferme afin de ne pas l'inquiéter davantage.
Lorsqu'il disparut dans l'obscurité de la forêt, Nymphadora sentit à peine Madame Pomfresh s'occuper de son bras. Elle se sentait fatiguée, frigorifiée et nauséeuse. Le savoir seul avec ces brutes la rendait malade, et s'il souffrait déjà de ses blessures sous la forme d'un Loup-Garou, elle n'osait imaginer ce qu'il allait ressentir à son réveil, le lendemain matin.
- Vous allez passer la nuit à l'infirmerie, lui dit Madame Pomfresh en l'incita d'une pression dans son dos à la suivre.
Tonks résista pourtant. Elle sentait qu'il était tout proche, caché derrière ces arbres. Elle savait qu'il les observait et n'avait pas envie de partir. Tout ce temps passé loin de lui, à l'éviter. Tout ce temps à essayer de se reconstruire. En vain.
Nymphadora soupira et se laissa finalement entraîner par la main douce mais ferme de Madame Pomfresh.
Pourquoi ne parvenait-elle tout simplement pas à oublier ?
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Remus sentit une main chaude tapoter sa joue et il sortit peu à peu de l'inconscience. Son visage se crispa aussitôt de douleur. Jamais un lendemain de Pleine-lune n'avait été aussi difficile. Son corps le faisait terriblement souffrir et il se sentait si fatigué qu'il doutait de pouvoir ne serait-ce que se redresser.
Il ouvrit pourtant les yeux.
Accroupi à ses côtés, Dumbledore le regardait par-dessus ses lunettes en demi-lune et lui lança, d'une voix pleine d'entrain :
- Bonjour Remus. J'imagine que tu as dû connaître des réveils plus faciles.
Lupin grogna une réponse inintelligible et essaya de se redresser mais le vieux sorcier secoua la tête en souriant.
- Inutile de bouger. Reste allongé.
Un vent glacial frappait le visage du Maraudeur mais curieusement, il n'avait pas froid. Il était déjà habillé de pieds en cape et une chaude couverture de laine le recouvrait. Son regard balaya alors les arbres qui l'entouraient et il découvrit Madame Pomfresh aux côtés de la silhouette massive d'Hagrid.
Cela faisait décidément trop de monde autour de lui, pour son réveil.
- Pompom s'est occupée de tes blessures, indiqua Dumbledore, comme s'il lisait dans ses pensées. Soigner un homme en plein jour est plus aisé qu'un Loup-Garou dans la pénombre, tu en conviendras.
- Vos douleurs devraient rapidement s'atténuer mais vous aurez deux ou trois jours difficiles, intervint Madame Pomfresh. Quant à la fatigue, elle devrait se dissiper après quelques heures supplémentaires de sommeil.
- C'est moi qui ai insisté pour te réveiller, reprit Dumbledore. Il faut te ramener à ton campement dès maintenant, pendant que tout le monde dort encore.
Remus acquiesça.
Après que Nymphadora eut disparu dans l'enceinte du château, il avait rejoint le lieu où étaient cachés ses vêtements et sa baguette magique, et il avait attendu sagement le lever du soleil, assommé par la douleur.
Il ne savait pas trop comment Dumbledore avait réussi à le retrouver au milieu de la forêt mais grâce à cela, il allait reprendre sa place au sein du camp. Il n'en était pas particulièrement heureux, bien au contraire, mais il était d'accord avec Dumbledore. Quelqu'un devait absolument garder un œil sur Greyback.
Et puis… S'il n'avait pas été là la veille… Dieu sait ce qui aurait pu arriver à Nymphadora. Quant il avait vu Bloodeyes au-dessus de la jeune femme, quand il avait senti l'odeur du sang, une terreur et une rage sans nom l'avaient saisi.
- Hagrid ? Peux-tu ramener Pompom à Poudlard ? demanda Dumbledore.
- Bien sûr ! acquiesça aussitôt le garde-chasse. Bon courage Remus !
- Merci Hagrid. Et merci à vous Madame Pomfresh.
- Je vous en prie.
Après les salutations d'usage, Lupin se retrouva seul avec Dumbledore et il demanda :
- Où sont Greyback et sa bande ?
- Je les ai déplacés cette nuit afin de les éloigner le plus possible de l'école et de Pré-au-Lard. Ils devraient rentrer tard au campement, ce soir. Ça te donnera une petite journée pour te remettre un peu avant votre départ. Je n'ai pas encore vu Alastor pour son rapport mais comme il n'a pas envoyé de Patronus, tout a dû se passer normalement.
Remus acquiesça et Dumbledore poursuivit, l'air de rien.
- L'un des hommes de Greyback était en piteux état…
Lupin rougit légèrement et se détourna. Il revoyait avec une précision écoeurante la scène qu'il avait surprise en arrivant à hauteur de Nymphadora. Elle étendue par terre et Bloddeyes la dominant de toute sa taille, ses crocs à quelques centimètres de son visage délicat.
Il regrettait à peine. Loup-Garou ou pas, cet homme était mauvais et l'idée qu'il puisse de nouveau s'approcher de Tonks le mettait hors de lui.
- Comment va-t-il ? demanda-t-il malgré tout.
- Il vivra.
Remus acquiesça.
Au moins, il n'aurait pas sa mort sur la conscience et l'idée de le voir souffrir le martyre pendant quelques jours ne lui déplaisait pas.
Lupin soupira.
Qu'il puisse avoir de telles pensées vindicatives le surprenait lui-même. Il n'était pas dans sa nature d'éprouver de tels sentiments, mais dès que cela touchait Nymphadora, les règles préétablies, les habitudes… tout cela volait en éclat. Il découvrait une facette de lui qu'il ne connaissait pas, dont il n'avait jamais soupçonné l'existence.
Qu'il le veuille ou non, Tonks avait su le toucher plus profondément que nul autre auparavant. Malgré ses efforts pour la maintenir éloignée, il avait échoué.
- Te sens-tu prêt à un transplanage d'escorte ? demanda Dumbledore.
- Vous saurez rejoindre le campement ?
- Je connais bien cette région, ne t'inquiète pas.
Aidé du vieux sorcier, Remus parvint à se lever et se saisit par prudence de sa baguette. Dumbledore posa alors sa main valide sur son épaule et tous deux transplanèrent.
Ils réapparurent juste à côté du campement, au milieu de nombreux corps nus et endormis. Remus chercha Ben du regard et le trouva un peu à l'écart. Il fallait absolument que l'Irlandais le voie rapidement, et s'il lui demandait les raisons de son absence hier après-midi, Lupin prétexterait un besoin de solitude. Ainsi, nul soupçon ne découlerait de cette nuit agitée.
Le temps était relativement plus clément ici qu'en Ecosse mais malgré cela, Remus n'avait guère envie de se déshabiller. Lisant dans ses pensées, Dumbledore agita sa baguette et Lupin ressentit aussitôt une brusque chaleur l'envelopper.
- Ca devrait te tenir au chaud pendant deux petites heures. D'ici là, certains d'entre eux se seront sûrement réveillés.
- Merci.
Mais Dumbledore secoua la tête et posa sur lui un regard empli de gravité.
- Non. Merci à toi, Remus. Je devine combien cette situation doit être difficile, et je suis sincèrement désolé de te demander de continuer.
Lupin acquiesça.
- Il fallait bien que quelqu'un le fasse de toute façon, répondit-il avec lassitude. Et puis c'est moi qui vous l'ai demandé.
- Mais pour des raisons que je ne connaissais pas alors.
Remus sentit ses joues rosir légèrement.
- Tu sais, il y a des choses contre lesquelles il ne sert à rien de lutter, poursuivit le vieil homme.
- Mais il y a aussi des choses pour lesquelles ça vaut la peine de se battre, répliqua Lupin sans se démonter, lui tendant la couverture de laine afin de clore le sujet.
Dumbledore hocha tristement la tête et s'en saisit. Soulagé de ne pas le voir insister davantage, Remus soupira mais ne put retenir plus longtemps la question qui le taraudait depuis son réveil.
- … Comment va-t-elle ?
Haussant les sourcils, Dumbledore observa longuement le visage figé de Lupin puis un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.
- Ne t'inquiète pas. Elle va bien.
A SUIVRE…
