Que trois petites reviews pour le chapitre 22? Il ne vous a pas plu? Merci énormément à Melhope, Elie morgane-NaNa et Shumeyo
Et merci à Rosaleis! J'espère que la suite te plaira!

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Un claquement sourd et lointain réveilla Nymphadora et elle ouvrit péniblement les yeux. Ils étaient gonflés d'avoir trop pleuré et la jeune femme passa une main lasse sur son visage chiffonné afin de retrouver en partie ses esprits. Après quelques secondes de flottement, elle tourna la tête vers le côté gauche de son lit mais ne fut pas surprise de le trouver vide. Un creux s'était formé sur l'oreiller, là où la tête de Remus avait reposé et Tonks tendit machinalement le bras.

Les draps étaient encore chauds. Il n'était donc pas parti depuis très longtemps.

Nymphadora laissa sa main glisser sur le tissu avec à l'esprit le corps mince et pâle de Remus. Avant même de caresser son visage marqué dans cette ruelle déserte, elle avait su qu'il partirait juste après leur étreinte. Qu'il regretterait et partirait. Cela lui avait semblé inévitable et pourtant, c'était elle qui l'avait attiré dans son appartement. Une fois encore, c'était elle qui avait fait le premier pas. Tout aurait pu se terminer en bas, à l'angle de Charlton et Borton Street. Elle aurait pu le planter là, sur le trottoir.

Ou plutôt non. Elle aurait « dû » car il était évident qu'elle n'aurait jamais « pu ».

Et à présent, il était parti. Encore. Et elle se retrouvait seule. Encore.

Mais elle avait eu du mal à le laisser. Elle s'était accrochée désespérément à lui et avait pleuré longtemps dans ses bras, honteuse et faible. Cela faisait des mois qu'elle n'avait plus versé une seule larme, des mois qu'elle aurait aimé se libérer ainsi d'une partie de son chagrin. Mais elle n'avait pas prévu de le faire devant lui. Elle n'avait pas voulu qu'il en soit témoin.

Dans un soupir las, Nymphadora se redressa puis drapa son corps à l'aide d'une des couvertures. Sa silhouette avait retrouvé sa maigreur et elle n'eut guère le besoin de jeter un œil à son reflet pour savoir que ses cheveux avaient repris leur teinte tristement grise.

Malgré ses certitudes, elle ne put résister à la nécessité de regarder dans chaque pièce avec le mince espoir d'y trouver Remus mais lorsqu'elle entra dans le salon, elle dut se résoudre à abandonner. Un morceau de parchemin trônait sur la table basse et Tonks reconnut sans peine l'écriture élégante du Maraudeur.

« Je suis sincèrement désolé. Tout cela n'aurait jamais dû arriver. Je t'ai de nouveau fait souffrir mais je te promets que cela ne se reproduira plus jamais. »

« Plus jamais. »

En lisant ces mots, elle ne ressentit ni surprise, ni douleur. Depuis son réveil, elle se sentait vide. Comme anesthésiée. Ce qui s'était passé aujourd'hui ne l'incitait pas à se battre. Non. Bien au contraire.

Tout était réellement terminé. Elle venait à présent de l'accepter.

Voilà pourquoi elle se sentait si indolente. La petite flamme d'espoir qu'elle avait gardé en elle s'était définitivement éteinte avec ce nouvel abandon. Elle s'était accrochée à lui, l'avait supplié implicitement mais il était malgré tout parti. Il n'y avait rien de plus à faire pour le voir changer d'avis.

Rien.

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Des sanglots résonnaient à son oreille. Des sanglots qui lui lacéraient le cœur. Il avait beau poser les deux mains sur ses oreilles, il avait beau hurler afin de couvrir les pleurs qui se succédaient, il restait impuissant. Des bras l'enlaçaient, tel des chaînes se liant à lui. Il devait fuir. Il devait partir loin, le plus loin possible… mais ses pieds refusaient de bouger.

« Remus. »

Une terreur indescriptible le saisit alors qu'il se sentait peu à peu dominé par la bête, alors qu'il perdait lentement toute conscience humaine.

Et les sanglots redoublaient, et les bras se resserraient autour de lui. Il voulait lui crier de partir. Il voulait lui hurler de s'éloigner, de se mettre à l'abri, mais plus aucun son ne sortait de sa gorge.

« Remus. Je t'en prie. »

Il repoussa les bras qui s'enroulaient inexorablement autour de son corps. Il lutta pour se libérer. Pour la libérer de lui… mais le visage de Nymphadora surgit brusquement de l'obscurité et sa voix suppliante retentit :

« Remus. Je t'en supplie. »

Il tenta de repousser sa figure pâle, il tenta de nier le désir irrépressible qui enflait dans sa poitrine. Celui de mordre, de lacérer et d'égorger. Mais alors que désertait en lui la dernière lueur de conscience, alors que la bête prenait enfin le dessus, il entendit murmurer ces quelques mots :

« Remus. Par pitié… Tue-moi. »

Sa terreur dépassa toute limite et Lupin se réveilla en sursaut, le souffle court, une main crispée sur son cœur. L'air glacé de l'hiver le fit se recroqueviller sur lui-même mais il inspira une grande bouffée d'oxygène afin de se calmer un peu.

En cet après-midi de Février, Remus avait rejoint l'une des grottes isolées du clan afin de faire une courte sieste mais malgré ses efforts pour ne pas s'assoupir, il avait fini par sombrer une nouvelle fois dans un sommeil agité. Ce cauchemar, il le faisait souvent. Et d'autres également.

Voir Nymphadora pleurer ainsi dans ses bras l'avait profondément choqué. Il n'avait jamais voulu la faire souffrir et la découvrir si malheureuse le rendait malade. Chaque jour, il devait se faire violence pour rester éloigné d'elle. Mais il était à présent hors de question pour lui de provoquer une nouvelle rencontre, fortuite ou non. Il ne commettrait pas l'erreur deux fois.

- Encore un cauchemar ? s'enquit une voix qui le fit se retourner.

Remus reconnut la silhouette fragile de Cary en contre-jour et il acquiesça mollement. Elle le rejoignit en s'inclinant afin de ne pas se cogner au plafond trop bas de la grotte et s'accroupit à ses côtés.

Elle avait cessé ses avances depuis plusieurs semaines à son grand soulagement.

- C'est toujours le même ? demanda-t-elle.

- Pratiquement oui.

Il y eut un court silence et elle reprit :

- La femme de ton rêve. Elle est encore vivante ?

Remus cilla.

- La femme ?... Comment ?

- Nymphadora.

Lupin blêmit violemment.

- Tu ne cesses de répéter son nom lorsque tu dors, poursuivit-elle. J'ai tout d'abord eu du mal à comprendre. Ce n'est pas un prénom courant…

- Tu sais si d'autres personnes ont pu m'entendre ? bredouilla-t-il vivement.

- Je ne crois pas, non. Et puis tu sais, tu n'es pas le seul à faire des cauchemars, ici. J'ai fait attention à ce que tu disais parce que…

Elle eut un sourire triste.

- Enfin, tu sais… finit-elle en se détournant.

Remus sentit ses joues rosir légèrement et un silence embarrassé se fit.

- Alors ? reprit-elle au bout d'un instant. Elle est vivante ?

Lupin sentit son cœur battre soudain plus vite et frotta machinalement la poussière recouvrant son pantalon. Après quelques secondes d'hésitation, il finit par murmurer :

- Oui.

- Elle sait ce que tu es ?

- Oui.

Cary inclina lentement la tête.

- Et elle t'a repoussé lorsqu'elle l'a su, acquiesça-t-elle, fataliste.

- Non… Non, elle ne m'a pas repoussé.

La jeune femme haussa les sourcils.

- Alors pourquoi n'es-tu pas avec elle ?

- Parce que je suis un Loup-Garou, dit-il d'un ton cassant.

Cary écarquilla les yeux. Remus sentit son regard incrédule glisser sur son visage et il soupira, agacé.

Mais elle ne se laissa pas démonter :

- As-tu une idée du nombre d'hommes ici qui donneraient n'importe quoi pour tomber sur une femme capable de les accepter tels qu'ils sont ?

- Et as-tu une idée du nombre d'hommes ici qui sont responsables de la mort d'un de leurs proches ?

Elle l'observa de nouveau puis un fin sourire étira ses lèvres.

- Alors pourquoi ne cherches-tu pas une compagne parmi tes semblables ?

Remus croisa le regard pâle de la jeune femme. Son joli visage était marqué de fines cicatrices blanchies par le temps et ses longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules, accentuant la fragilité de son apparence. Elle parlait si rarement d'elle. Elle semblait cacher tant de choses que Remus avait du mal à la cerner.

Etre un Loup-Garou pour un homme était déjà extrêmement difficile, mais pour une femme, c'était sans commune mesure… Elles n'étaient d'ailleurs guère nombreuses dans le clan et se cachaient pour la plupart. Depuis son arrivée ici, Remus avait été le témoin d'abus divers et il avait dû souffrir de ne pouvoir intervenir lorsque les choses dégénéraient. C'était dans ces moments-là, qu'il avait le sentiment d'être entourés d'animaux écoeurants plutôt que d'êtres humains, mais les hommes de Greyback ramenaient rapidement l'ordre dans le groupe. Remus savait que Fenrir n'agissait pas ainsi par respect mais davantage pour garder le clan uni et donner à celui-ci l'image d'un « havre de paix » pour tout lycanthrope en perdition.

Quoiqu'il en soit, seule Cary semblait avoir gardé un semblant d'indépendance et il trouvait cela d'autant plus étrange qu'elle était sans conteste la femme la plus séduisante ici.

- Qu'est-ce que tu caches ? demanda-t-il brusquement.

Cary sourcilla.

- Ce que je cache ?

- Tu ne parles jamais de toi.

- Mais toi non plus, rétorqua-t-elle.

- Je viens pourtant de le faire.

- De façon plutôt évasive, tu en conviendras.

Remus plissa les yeux.

- Tu es une femme intelligente et tu sembles trouver répugnant de vivre ici. Alors pourquoi restes-tu ?

- Je te retourne la question.

Il soupira et elle consentit à répondre :

- Je n'ai pas le choix. Je dois rester ici.

- Pourquoi ?

Elle esquissa un sourire triste et, prise d'une soudaine impulsion, approcha son visage du sien. Remus se recula aussitôt et émit une plainte sourde lorsque l'arrière de son crâne vint heurter la paroi rocheuse. Un rire léger d'échappa de la gorge de la jeune femme.

- Tu dois vraiment tenir à elle pour préférer un bon mal de crâne à un baiser.

Remus rougit et s'apprêtait à rétorquer lorsque des voix leur parvinrent venant de l'extérieur de la grotte. Le Maraudeur tendit aussitôt l'oreille. Il venait de reconnaître le timbre rauque de Greyback.

- Je me fiche des apparences ! rugissait-il. Quelque chose cloche. Il n'y a rien là-dedans !

Le bruissement d'un papier froissé se fit entendre et une seconde voix retentit.

- On est couvert de sang au réveil, ça ne te suffit pas ? répondit Bloodeyes.

- Non. Ce que je voudrais savoir, moi, c'est pourquoi la Gazette du Sorcier ne dit rien concernant nos attaques ? Et surtout, pourquoi lorsqu'on prend la potion Tue-Loup, on ne croise personne. Pas la moindre victime !

- Le Ministère cherche peut-être à étouffer l'affaire en faisant pression sur la Gazette. Quant au reste… Je ne sais pas.

Un court silence se fit et Remus se tourna vers Cary qui ne ratait rien de la discussion. Les pas des deux hommes s'amenuisaient peu à peu mais un dernier échange leur parvint malgré tout.

- Tu t'es occupé de Lloyd et de Grant ? s'enquit Fenrir.

- Oui. Ça n'a posé aucun problème... J'ai juste eu…

Mais le silence revint et Lupin fronça les sourcils.

Lloyd et Grant.

Ces deux noms lui étaient plus que familiers et pour cause ; il leur avait longuement parlés quelques semaines auparavant.

Après la Pleine lune d'Octobre, Remus avait rédigé une liste contenant le nom de tous ceux ayant choisi de rester enfermés dans la grange cette nuit-là, et les deux hommes en avaient fait parti.

Il se tourna vers Cary.

- As-tu vu Lloyd et Grant dernièrement ?

La jeune femme fit mine de réfléchir puis secoua finalement la tête.

- Non, pas depuis trois ou quatre jours… dit-elle avant de l'observer avec inquiétude. Tu ne crois tout de même pas que… que Bloodeyes leur aurait fait du mal ?

Remus préféra hausser les épaules avec légèreté mais chercha à se remémorer les autres noms, présents sur cette liste. Il en avait compté une quinzaine, dont Cary et pour la plupart, Lupin se souvenait les avoir croisés durant la journée. Mais certains visages semblaient manquer.

Il n'y avait pas fait attention auparavant tant ils étaient nombreux à présent, et les arrivées ou départs surprises étaient plus que courants parmi le clan. Mais les propos de Greyback l'inquiétaient.

Remus avait essayé de s'entretenir avec chacun d'entre eux et il savait qu'Ally Holmes et Robert Bridge avaient quitté le groupe d'eux-mêmes peu après leur discussion. Mais les autres étaient tous restés. Tous sauf six personnes qui manquaient à présent à l'appel.

Que leur était-il arrivé ?

- Tu penses que je suis en danger ? demanda Cary dans un souffle, les pensées de la jeune femme ayant apparemment suivi le même cheminement.

- Je ne sais pas, mais je préfèrerais que tu évites de rester seule. J'en parlerai à Ben.

Le visage de Cary s'assombrit quelque peu et elle baissa la tête, triturant nerveusement les mailles usées de son pull.

- Tu sais, commença-t-elle prudemment, je vois bien que tu as confiance en O'Connell… mais à ta place, je me méfierais.

Remus haussa les sourcils.

- Pourquoi dis-tu cela ?

La jeune femme fit glisser une longue mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille et Lupin vit soudainement de la peur dans son regard fuyant. Il se pencha donc vers elle et insista d'une voix plus douce.

- Tu me fais confiance, n'est-ce pas ? Pourquoi dis-tu qu'il faut se méfier de Ben ?

- Eh bien, fit-elle, encouragée par la bienveillance de son ton… Je… J'ai vu O'Connell discuter à plusieurs reprises avec Greyback et Bloodeyes…

L'estomac de Remus se contracta douloureusement.

Les sourcils froncés, il tenta de se remémorer à la hâte les quelques confidences qu'il avait pu faire à l'Irlandais, mais il n'y avait rien de personnel, ni de compromettant. Depuis son arrivée ici, il était toujours resté sur ses gardes, qu'il fut avec Ben ou Cary. Et même lorsqu'il avait parlé aux personnes susceptibles de quitter le clan, il avait bien pris soin de rester évasif et prudent. Suggérer oui, pousser non.

Mais Ben… Il était si ouvert et lui semblait si droit qu'il avait du mal à l'imaginer à la solde de Greyback. D'un autre côté, ne s'était-il pas trompé à de nombreuses reprises ? N'avait-il pas manqué de jugement en ce qui concernait Sirius et Peter ?

Mais un autre sujet le préoccupait également : les soupçons grandissants de Fenrir. Et concernant cette affaire, un entretien avec Dumbledore était nécessaire.

Remus sentit son cœur battre brusquement plus vite.

Il allait devoir se rendre à Poudlard.

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Tonks leva les yeux vers le ciel et observa avec reconnaissance l'absence de nuages. Cela faisait deux à trois semaines qu'il neigeait par intermittence et elle était fatiguée de patrouiller dans le froid glacial de l'hiver. Certes, la température n'avait guère augmenté et la nature portait toujours son manteau blanc mais elle accueillit avec un réel plaisir la caresse légère du soleil sur son visage tendu.

Un éclat blanc attira cependant son regard et elle leva vivement sa baguette afin d'intercepter le Patronus qui filait vers le château. Le nuage quasi-imperceptible et vaporeux bifurqua dans sa direction puis se matérialisa sous ses yeux.

Un Loup-Garou imposant apparut et ouvrit sa gueule menaçante, provoquant immanquablement chez Nymphadora une multitude de sentiments divers qu'elle mit un point d'honneur à étouffer.

- Aperire Silencio, marmonna-t-elle.

Le lycanthrope s'ébroua et Tonks fut seule à entendre le message délivré.

« Je suis en ce moment même à la Tête de Sanglier. Je dois voir Dumbledore de toute urgence. »

D'un geste agacé de la main, Nymphadora fit disparaître le Patronus et inspira profondément. Pourquoi diable fallait-il que cela tombe à chaque fois sur elle ? Certes, des quatre Aurors préposés à la surveillance du château, elle était la seule à faire également partie de l'Ordre du Phénix mais Hagrid aurait très bien pu se charger de cette tâche. Si seulement elle n'avait pas intercepté ce fichu message.

La mâchoire crispée, le pas lourd, elle se mit en marche et atteignit Pré-au-Lard quelques minutes plus tard. S'ils se dépêchaient, ils pouvaient éviter la cohue de la pause déjeuner et ne croiseraient donc aucun élève une fois parvenus au château. Jetant un œil à la triste femme qui se reflétait dans l'une des vitres de chez Zonko, Tonks rajusta machinalement la cape sur ses épaules et passa une main tremblante dans ses cheveux plats. Mais cet excès de coquetterie la mit de plus méchante humeur encore et elle ouvrit la porte de la Tête de Sanglier avec brusquerie.

Les quelques personnes présentes dans la taverne sale et enfumée se tournèrent vers elle et Nymphadora reconnut sans peine la silhouette encapuchonnée de Remus, assis au comptoir. Il était le seul à être resté parfaitement stoïque, lui tournant résolument le dos, et elle s'avança dans sa direction sans attendre. Lorsqu'elle parvint à sa hauteur, il leva les yeux vers elle et blêmit légèrement.

- Viens, dit-elle avant de jeter un œil au verre encore à moitié plein qui trônait devant lui.

Elle fouilla dans sa poche et lança plusieurs pièces sur le comptoir, puis s'éloigna vers la sortie. Au grognement agacé qui se fit dans son dos, les lèvres de Tonks s'étirèrent en un sourire satisfait et elle retrouva l'air frais avec un regain d'assurance. Ne se préoccupant guère de savoir si Remus la suivait, elle s'élança d'un bon pas sur le chemin menant à Poudlard et entendit bientôt le Maraudeur la rattraper de ses longues foulées.

- Je crois que tu as perdu ça, lança-t-il à ses côtés d'une voix tranchante.

La jeune femme jeta un regard vague sur les pièces d'Argent qu'il tenait dans la paume ouverte de sa main mais ne fit aucun geste pour les récupérer.

- Nymphadora, menaça-t-il.

- Puisque tu ne cesses de dire à qui veut bien l'entendre combien tu es pauvre, je trouve normal de t'aider un peu !

Les joues de Remus se colorèrent violemment.

- Je ne le dis pas à tout le monde ! Et je n'ai pas besoin de ta charité.

La jeune femme lui lança un regard oblique et le dévisagea de la tête aux pieds.

- Tu donnes pourtant l'impression inverse, dit-elle en le regardant pâlir sous l'insulte. Allons Remus ! Assume un peu ce que tu es. Trop vieux, trop pauvre et trop dangereux, non ? C'est bien ce que tu ne cesses de me répéter ?

Le visage de Lupin se ferma puis Tonks se détourna. Machinalement, ses foulées s'allongèrent. Elle n 'avait pas voulu se montrer aussi blessante mais c'était pour elle le seul moyen de cacher d'autres sentiments qu'elle s'était promis de ne plus montrer. Ce tête à tête arrivait trop tôt, elle ne se sentait prête.

Un silence pesant les suivit pendant une partie du trajet puis la voix rauque de Remus retentit.

- Ecoute, Nymphadora… Je suis sincèrement désolé pour…

- Je t'arrête tout de suite, l'interrompit la jeune femme.

Elle avait mis plus de douceur dans sa voix mais ne ralentit pas pour autant la vitesse de ses pas.

- Je ne veux pas entendre tes excuses, poursuivit-elle. C'est moi qui t'ai attiré dans mon appartement et pas le contraire.

- Mais je n'aurais jamais dû…

- Non, le coupa-t-elle de nouveau. Tu n'aurais jamais dû. Mais moi non plus, je n'aurais jamais dû. Je n'aurais jamais dû insister comme je l'ai fait. J'ai été vaniteuse de penser que je réussirais à te faire changer d'avis. Tu m'avais pourtant prévenue et ce depuis le début, mais je n'ai bien évidemment pas écouté. Je n'en ai fait qu'à ma tête.

Elle s'interrompit un instant puis conclut en levant vers lui un regard aussi indifférent que possible.

- Alors cesse de gâcher ta salive, Remus. S'il y a un responsable dans cette histoire sordide, c'est moi.

Nymphadora le vit tiquer sur le mot « sordide » mais elle préféra se détourner.

Non, leur histoire n'était pas « sordide ». Ou tout du moins, ce n'était pas comme ça qu'elle la voyait. Mais elle avait besoin d'avilir ce qui s'était passé entre eux afin d'oublier.

- J'aurais dû être plus ferme, insista pourtant le Maraudeur.

- Oh tu l'as été, crois-moi, affirma-t-elle tristement. Mais c'était sans compter mon caractère buté que je tiens de la très ancienne et noble famille Black. Après tout, je n'ai eu que ce que je méritais. On ne peut pas forcer les gens à aimer. J'ai été ridicule de croire que tu pourrais ressentir un jour pour moi autre chose que du désir…

Remus s'était tendu tout au long de ce discours si amer.

Si seulement elle savait combien elle se trompait. Si seulement il pouvait lui dire enfin ce qu'il ressentait. Il avait parfaitement compris qu'à travers ces propos, elle disait adieu à leur histoire. Adieu à ce qui s'était passé entre eux. Elle ne l'attirerait plus. Elle ne flancherait plus. Quelque chose s'était brisé lors de leur dernière rencontre et elle avait enfin choisi de mettre un terme à tout cela.

Au bord de la nausée, il se contenta de balbutier des excuses mais elle les balaya d'un revers agacé de la main.

- Si jamais tu me redis encore une fois que tu es désolé, je t'arrache les yeux. Te voilà prévenu, fit-elle avec une légèreté forcée.

Remus observa le visage pâle et fin de la jeune femme, ses jolis yeux mi-clos partiellement cachés par des mèches d'un gris terne et incongru. Même ainsi, il la trouvait belle, nécessaire. Vitale.

Mais alors même que sa volonté faiblissait de nouveau, alors même qu'il refusait le discours si définitif de Nymphadora, la jeune femme tourna un regard méfiant vers lui.

- Et j'aimerais que tu m'épargnes dorénavant ce genre d'œillade enjôleuse, Remus. Je sais très bien que tu adores changer d'avis, mais inutile de jouer à ça avec moi. Tu perdrais ton temps.

Elle s'arrêta un court instant, au seuil des grilles du château puis conclut d'une voix calme et résolue.

- Parce que tu as raison. C'est terminé.

A SUIVRE…