Merci beaucoup à Elie morgane-NaNa, dark and devil time, Twinzie, k, Phénix, Emy, Missterre, Dinou, Whizzbee, Siri l'aventurier, Minadalrive, Shumeyo et Melhope pour vos reviews!! ça fait du bien! ;-)
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Le reste du trajet jusqu'au bureau de Dumbledore se fit dans un silence pesant. Remus préféra mettre de côté les sentiments qui l'assaillaient depuis leur court échange et se concentrer sur les raisons de sa présence ici. La situation était suffisamment dramatique ainsi.
Quelques minutes plus tard, ils parvinrent devant la haute porte au heurtoir de cuivre et Tonks frappa quelques coups. La voix assourdie de Dumbledore leur parvint et Lupin répondit à l'invitation en ouvrant le battant. Il s'effaça machinalement afin de laisser passer la jeune femme devant lui mais elle secoua la tête et s'éloigna de quelques pas dans le couloir.
Remus soupira et pénétra donc seul dans le large bureau de Dumbledore.
Le Maraudeur balaya machinalement la pièce du regard puis reporta son attention sur le Directeur de Poudlard qui se tenait tout près du perchoir de Fumseck et lui caressait doucement la tête de sa main intacte. L'oiseau aux plumes écarlates chantait paisiblement, les yeux fermés.
- Remus, l'accueillit Dumbledore en souriant. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
- Des nouvelles inquiétantes, hélas, répondit le Maraudeur, entrant de suite dans le vif du sujet.
- Oh. Mais si cela ne te dérange pas, j'aimerais autant remettre à plus tard le travail laborieux. Je me sens d'humeur légère pour le moment.
Remus sourit malgré lui.
- Comment vas-tu ? s'enquit le Directeur de Poudlard en l'observant attentivement par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il me semble que tu as maigri.
- On ne peut pas dire que la nourriture soit des plus abondantes là où je vis, répondit-il simplement.
Dumbledore laissa sa main glisser sous la gorge du Phénix et l'oiseau émit un léger sifflement de satisfaction.
- Certes, certes. Mais Molly semble trouver que… Quel mot a-t-elle utilisé précisément ? Ah oui. Que tu picores lorsque tu dînes chez elle.
- Si je mangeais le triple, ce ne serait toujours pas suffisant aux yeux de Molly.
Les yeux d'Albus se firent rieurs.
- Tu n'as pas tout à fait tort… Mais elle a également quelques soucis avec Nymphadora qui… picore également. Etrange coïncidence, tu ne trouves pas ?
Malgré l'humour présent dans la voix du sorcier, le visage de Remus se ferma aussitôt.
- Oui, je sais… La transition n'est pas des plus réussies, mais je me fais vieux, vois-tu ? plaisanta Dumbledore. Et je m'inquiète.
- Il n'y a aucune raison.
- Oh ? Tu as donc trouvé Nymphadora en pleine forme ?
- Je n'ai pas dit ça… maugréa Remus, mal à l'aise.
Allait-il vraiment avoir ce genre de conversation à chaque fois qu'il serait en présence de Dumbledore ou de Molly ?
- Ecoutez, poursuivit Lupin d'un ton plus ferme. J'ai déjà donné mes raisons et je n'ai aucune envie d'aborder ce sujet avec vous.
- Très bien, acquiesça docilement le vieux sorcier. Je laisserai donc Molly s'en charger.
- Mais je ne veux pas l'aborder non plus avec Molly ! se récria-t-il aussitôt.
Un fin sourire se dessina sur les lèvres de Dumbledore.
- Pour quelqu'un de peu impliqué, tu sembles prendre tout cela bien à cœur.
Remus inspira profondément afin de se calmer.
- Je n'ai jamais dit que je n'étais pas impliqué. Mais on me harcèle et cette situation commence à me fatiguer.
- … Donc il se sent impliqué, fit négligemment remarquer Dumbledore en se penchant vers Fumseck. Intéressant, tu ne trouves pas ?
L'oiseau émit un murmure approbateur et Lupin soupira.
- Bien sûr que je me sens impliqué. J'ai beaucoup d'affection pour Nymphadora et la voir triste me déplait, évidemment. Mais elle est mieux maintenant… C'est vraiment terminé.
Ces quelques mots eurent toutes les peines du monde à passer le barrage de ses lèvres, comme si les dire à toute autre personne que Tonks les rendait plus vrais, plus définitifs.
- Il n'y a rien d'autre à ajouter, conclut-il en se détournant.
Le regard de Dumbledore était beaucoup trop pénétrant, beaucoup trop clairvoyant. Et il n'aimait pas être ainsi exposé.
- Soit, acquiesça finalement Albus, abandonnant Fumseck pour rejoindre son large fauteuil afin de s'y asseoir.
D'un signe de la main, il invita Remus à en faire autant mais celui-ci secoua la tête. Le Directeur n'en prit pas ombrage et demanda :
- Des nouvelles inquiétantes, as-tu dit ?
Lupin se détendit légèrement.
- Oui. J'ai surpris une discussion entre Greyback et son bras droit Bloodeyes. Ils semblent s'inquiéter du silence de la Gazette du Sorcier concernant leurs activités.
- C'était assez prévisible, en effet.
- Ne pourriez-vous pas faire pression sur le rédacteur en chef afin qu'ils écrivent quelques lignes au sujet du clan ?
- C'est tout à fait possible, bien sûr.
- Merci.
Dumbledore l'observa de nouveau puis demanda :
- Penses-tu que ta couverture soit compromise ?
- Je ne crois pas. J'ai quelques doutes concernant l'une des personnes que je côtoie souvent mais je n'ai rien laissé transparaître donc… il n'y a aucune raison que je sois découvert. Mais il y a eu des disparitions.
En quelques mots, Remus lui relata ce qu'il avait appris au sujet de Lloyd et de Grant et Dumbledore fronça les sourcils.
- Tu avais parlé à ces personnes, n'est-ce pas ?
- Oui, mais toujours en faisant très attention.
Le vieux sorcier s'adossa lourdement à son siège, inquiet.
- Cela commence à faire beaucoup d'éléments contre toi.
- Je pense que Greyback se calmera avec un article dans la Gazette. Mais pour la prochaine Pleine Lune, il faudra absolument que l'Ordre soit le plus discret possible.
- J'en parlerai à Alastor. Ce sera tout ? s'enquit Dumbledore.
- Oui.
Le vieux sorcier se leva donc et lui tendit sa main valide. Le Maraudeur s'en saisit et la serra brièvement.
- Fais attention à toi, Remus. Mais souviens-toi d'une chose… Hormis la mort, rien n'est jamais définitif, dit Dumbledore un fin sourire sur les lèvres.
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Un craquement retentit, Remus disparut et Nymphadora soupira de soulagement.
De la grille du château au bureau de Dumbledore, ils avaient à peine échangé plus de deux ou trois mots. Quant au trajet du retour, cela n'avait guère été mieux.
Tonks inspira une longue bouffée d'air afin de calmer les battements précipités de son cœur puis acquiesça avec satisfaction. Elle était enfin parvenue à tenir devant lui un discours cohérent et déterminé. Elle se sentait si honteuse de sa larmoyante prestation de Noël dernier. Mais aujourd'hui, après ce court échange, elle avait retrouvé un semblant d'assurance et c'était à ses yeux un grand pas vers la guérison. Tout du moins l'espérait-elle, car hormis ce petit coup d'éclat, elle devait reconnaître que rien n'avait vraiment changé. Il lui faisait toujours autant d'effet.
Des pas dans la neige la tirèrent de ses pensées et elle sourit faiblement en découvrant Colin sortant tout juste du pub Les Trois Balais. Il ajusta sa lourde cape sur ses épaules et s'arrêta à sa hauteur.
- Ca va ? s'enquit-il, la mine inquiète.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? éluda-t-elle simplement.
- Je passais te faire un coucou et puis j'ai vu « l'Autre ».
La jeune femme sourit face la colère évidente de son ami.
- Il était là pour quoi ? demanda-t-il.
- Pour le travail. Je n'ai fait que le guider jusqu'au bureau de Dumbledore.
- Il connaissait le chemin, grommela-t-il pour la forme.
- Je sais mais c'est la procédure et tu le sais parfaitement, fit-elle gentiment remarquer.
Colin renifla et Nymphadora dut supporter sans broncher son regard inquisiteur.
- Tu es pâle comme un linge.
- Ça passera, dit-elle en haussant les épaules.
- Vous êtes revenus sur ce qui s'est passé ?
Tonks plongea ses mains glacées dans les poches de sa cape.
- Plus ou moins. Disons que je lui ai dit ce que je pensais de tout ça, que je voulais tirer un trait sur notre histoire… et je t'avoue que je me sens beaucoup mieux.
Wilkes lui jeta un coup d'œil sceptique.
- Tu n'en as pas vraiment l'air.
- Tu ne m'aides pas, grommela-t-elle en observant un des clients de Madame Rosmerta quitter Les Trois Balais et partir en direction du bureau de Poste.
- Tu sais très bien que ça ne sert à rien de jouer la comédie avec moi.
Tonks suivit quelques secondes encore le client du regard puis se tourna vers Colin.
- Je ne joue pas, répondit-elle véhémente. Je suis fatiguée de jouer. Je ne veux plus le voir. Je ne veux plus de… tout ça !
La jeune femme écarta les bras afin de mettre en avant l'état misérable qui était le sien depuis plusieurs mois.
- Oh ? Pourtant ces cheveux gris te donnent un air plus… mature, la taquina Colin.
- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ? Je veux redevenir comme avant ! s'exclama-t-elle, agacée.
Le regard du jeune homme s'adoucit.
- Ca viendra. Laisse-toi juste un peu de temps.
Tonks soupira et balaya machinalement des yeux la rue enneigée et de nouveau déserte de Pré-au-Lard.
Du temps, certes. Mais combien encore ?
- Je ne sais pas… murmura-t-elle. C'est différent. Je n'arrive pas à passer à autre chose.
- Compte tenu de son comportement, ce n'est pas étonnant ! s'emporta aussitôt Colin. Il te sait totalement dépendante de lui et en profite !
Mais Tonks secoua doucement la tête.
- Non… Remus n'est pas comme ça.
Wilkes eut un sourire désabusé.
- Tu le défends encore.
- Ce n'est pas si simple… se défendit-elle. Je vois bien qu'il s'en veut. Je vois bien qu'il n'avait pas prémédité ce qui est arrivé.
- Mais en attendant, tu es malheureuse. Alors excuse-moi si je ne le porte pas dans mon cœur, gronda Colin.
Nymphadora sourit.
- Mais c'est ton rôle de le détester pour moi !
- Alors crois bien que je le remplis efficacement. Et franchement, je pense que ce serait plus simple pour toi si tu le haïssais un peu.
- Ne m'en parle pas... marmonna-t-elle.
- Tu n'es même pas un peu en colère ? Avec ce qui s'est passé à Noël, tu devrais, franchement ! La Tonks que je connais aurait piqué une sacrée crise !
- Je peux m'exercer sur toi, si tu veux.
- Je suis sérieux, tu te ramollis, fit Colin non sans ironie.
La jeune femme écarta théâtralement les bras.
- Quand je te disais que c'était différent, cette fois-ci !... Et puis c'est également en partie ma faute.
- Et tu recommences à lui trouver des excuses, gémit-il en passant une main lasse sur son front. C'est décidé. La prochaine fois que je vois Lupin, je lui dis ma façon de penser !
- Si jamais tu fais ça, je te tue ! s'exclama aussitôt Tonks.
Un éclat blanc attira brusquement leur attention et un Phénix vaporeux apparût devant eux. La jeune femme jeta un œil hâtif autour d'eux puis agita sa baguette. La voix assourdie de Dumbledore se fit entendre.
« Si Remus n'est pas parti, qu'il revienne me voir »
Après ce court message, l'oiseau disparut et Colin haussa les sourcils.
- Bizarre, commenta-t-il.
- J'espère qu'il n'y a rien de grave, enchaîna Tonks, soudain pâle d'inquiétude.
Wilkes leva un regard blasé vers la jeune femme.
- Et à part ça, tu as tiré un trait sur lui…
La baguette de Nymphadora s'arrêta à moins d'un centimètre du nez du jeune Auror et les deux amis échangèrent un sourire mauvais.
- Spero Patronum, fit malicieusement Tonks.
Colin baissa vivement la tête tandis qu'un Patronus jaillissait de l'extrémité de la baguette et se formait juste au-dessus de lui.
- Chipie, grommela Wilkes.
Elle se contenta de lui sourire puis énuméra sa réponse :
- A Albus Dumbledore : « Remus est déjà parti. Quels sont les ordres ? »
D'un geste, elle donna l'ordre au Patronus de partir et celui-ci fila aussitôt en direction du château.
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Cette rencontre avec Tonks et leur séparation sur un simple hochement de tête avaient plongé Remus dans une profonde léthargie. Il se sentait malheureux et apathique. Et rien de ce qui l'entourait ne lui apportait plus la moindre satisfaction.
Il voyait bien que Nymphadora n'était pas particulièrement en colère contre lui. Elle savait qu'il n'avait rien prémédité. Mais comment pouvait-il ne pas être affligé par sa soudaine froideur ? Non. Ce n'était pas ses paroles qui lui avaient fait le plus mal mais la distance et la détermination qu'il avait senties dans sa voix.
On pouvait dire « C'est terminé » sans toutefois le penser. De cela, il en avait personnellement fait l'expérience. Mais ce « C'est terminé » là était sincère. Il était résolu.
Dumbledore avait tort. Tout était bel et bien fini.
Alors il avait beau chercher à se secouer, il n'en demeurait pas moins qu'il déprimait et préférait rester dans son coin, prostré et silencieux. N'étant pas particulièrement expansif, son comportement ne troubla guère les membres du clan mais il ne fit rien pour rassurer Ben et Cary lorsque ceux-ci s'inquiétèrent de son attitude particulièrement taciturne.
Il n'éprouva pas non plus le besoin de quitter le clan pour rejoindre le Terrier. Il avait fini d'espérer y croiser Nymphadora et dorénavant, cela n'avait plus aucune importance. Il n'était plus celui qui contrôlait la situation. Ce n'était plus à lui d'accepter ou non une hypothétique relation. Tonks avait repris sa vie en mains et qu'il le veuille ou non, il n'en faisait plus partie.
Mais malgré sa mélancolie, Remus n'avait bien évidemment pas oublié ses obligations vis-à-vis de l'Ordre. En dépit des suspicions de Cary, il ne changea pas son comportement vis-à-vis de Ben. Si ce dernier travaillait pour Greyback, il valait mieux ne rien montrer de ses doutes et continuer comme si de rien n'était.
Et la Pleine Lune suivante se déroula sans incident majeur. Lupin fut surpris de constater que, malgré ses soupçons, Greyback n'avait pas jugé utile de prendre de la potion Tue-Loup. Mais cela n'empêcha pourtant pas l'Ordre de se montrer le plus discret possible, et à aucun moment Remus ne rencontra le regard singulièrement dissymétrique d'Alastor Maugrey.
Il eut en revanche la certitude de leur présence puisque de temps à autre, il croisait des groupes de lycanthropes stupéfixés et parfois recouverts de sang. De son côté, il suivit Greyback mais n'eut pas à redouter le moindre combat puisqu'ils ne tombèrent sur aucune victime potentielle.
Le matin arriva donc rapidement et sans heurts. Comme à l'accoutumée, il fallut attendre plusieurs heures que tous aient repris conscience et le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Cary le rejoignit non loin de leur grotte. La clairière près de laquelle ils avaient établi leur campement était encore en partie recouverte d'une neige tenace et Remus se sentait frigorifié. Le visage levé vers les rayons timides d'un soleil de Mars, il tapait machinalement du pied par terre tout en serrant sa cape contre lui. Il aurait pu utiliser la magie pour se réchauffer un peu mais encore une fois, Greyback n'aurait pas apprécié.
- Salut, fit-elle en s'arrêtant à ses côtés.
- Salut.
Il abaissa son regard vers la jeune femme et fut surpris de lui trouver le teint encore plus pâle qu'à l'ordinaire.
- Quelque chose ne va pas ? s'enquit-il en essayant de détendre ses muscles douloureux et crispés par le froid.
Elle se détourna un instant, les bras serrés devant elle comme pour se protéger d'un ennemi invisible. Son visage exprimait une forme évidente de dégoût et Remus insista doucement :
- Dis-moi.
Elle hésita encore un instant puis murmura finalement :
- Je… J'avais du sang sur moi, ce matin, souffla-t-elle, livide.
Elle leva un regard bouleversé vers lui et Remus ferma les yeux de culpabilité. Cary n'était pas la première personne à réagir ainsi après une nuit rendue meurtrière par l'Ordre du Phénix.
- Du sang partout… poursuivit-elle dans un sanglot. Du sang… Mon Dieu… Si jamais j'ai tué quelqu'un… Et si… si j'ai contaminé une personne. Un enfant, peut-être… ?
- Mais non, je suis sûr que non. Tu as dû te battre… avec un animal. Ça arrive souvent. J'ai déjà été recouvert de sang sans qu'il ne se soit rien passé de dramatique. Crois-moi, ça ne veut strictement…
Mais il se tut brusquement, estomaqué.
Sortant du sous-bois aux vus et sus de tous, plusieurs silhouettes sombres et encapuchonnées s'avançaient vers le groupe au milieu duquel Greyback trônait. Malgré la distance, Remus reconnut parfaitement les courbes féminines et les longs cheveux noirs de Bellatrix Lestrange qui s'échappaient en mèches souples de chaque côté de son visage dissimulé.
Des Mangemorts.
Depuis que Lupin se trouvait au sein du clan, jamais jusqu'ici il n'avait été témoin d'une réunion de la sorte. Et pour cause ! D'ordinaire, ils ne s'affichaient pas ainsi.
Remus se détourna vivement et posa une main pressante sur le bras de Cary afin de la guider vers quelques arbres qui pourraient en partie les cacher.
- Qu'est-ce qui se passe ? bredouilla la jeune femme, encore sous le choc de ses hypothétiques méfaits de la nuit passée.
- Rien, répondit-il aussitôt en adoucissant son geste. Je suis sûr que tu te mets martel en tête pour rien.
Il jeta un œil vers le groupe de Mangemorts et vit Bellatrix remettre à Fenrir un rouleau de parchemin enrubanné. Celui-ci le déplia lentement, et ce fut à cet instant précis que Remus comprit qu'un danger imminent le guettait.
Il ne s'agissait pas d'un parchemin, mais d'un journal. Et il était prêt à parier qu'il s'agissait de la Gazette du Sorcier.
- Mais si jamais tu te trompes, insista Cary, en posant à son tour une main tremblante sur son bras. Si jamais j'ai fait du mal à quelqu'un ?... Je ne pourrais jamais vivre avec ça sur la conscience !
Un sanglot plus appuyé lui fit reporter son attention sur Cary et Remus se raidit lorsqu'elle se pressa soudainement contre lui. Embarrassé, il leva de nouveau les yeux vers Greyback qui balayait à présent le clan du regard.
Etait-il à sa recherche ? En allant voir Dumbledore, en lui demandant de faire pression auprès de la Gazette du Sorcier pour parler de Greyback et de ses agissements... Etait-il tombé dans un piège élaboré par Greyback ? Fenrir avait-il attendu cet article dans le journal pour s'assurer qu'il y avait bel et bien un traître parmi eux?
Et cette petite scène dont il avait été témoin, entre Greyback et Bloodeyes, avait-elle été préparée à son intention ?
D'un geste doux mais passablement pressé, il écarta la jeune femme de lui et sursauta violemment lorsqu'une main puissante vint brusquement se poser sur son épaule. Il se retourna vivement et découvrit le visage inquiet de Ben.
- Il faut que tu partes, lui dit-il.
- Que… Comment ?
- Ils savent pour toi. Je les ai entendus parler d'un article dans la Gazette et de toi, de ton vrai nom. Lupin, c'est ça ?
Remus pâlit violemment.
- Comment as-tu pu les entendre ? On ne peut pas s'approcher…
- Moi je peux, le coupa-t-il avant de jeter un œil furtif autour de lui.
Lupin fronça les sourcils, perplexe, puis étouffa une exclamation de surprise en découvrant le visage de Ben se métamorphoser en celui de Bloodeyes. Cary laissa échapper un cri de stupéfaction et machinalement, Remus se tourna vers Greyback et ses hommes de main. Le vrai Bloodeyes était avec eux.
- Tu es un Métamorphomage… murmura Lupin, alors que le visage de Nymphadora s'imposait un bref instant dans son esprit.
- Oui. Mais c'est généralement une information que j'évite de partager.
Remus acquiesça. Il comprenait mieux pourquoi O'Connell savait tant de choses sur tant de monde. Lorsque les gens se confiaient à lui, ils croyaient le faire à des amis ou à des connaissances.
- Je sais, ce n'est pas très honnête de ma part, mais ce n'est pas comme si j'employais ça à mauvais escient ! fit Ben, devançant les pensées de Remus. C'était plus pour me divertir !… Et je te rappelle que je suis là avant tout pour te prévenir.
Lupin jeta un œil autour de lui. Bien que les Mangemorts et les sbires de Greyback lui tournaient en partie le dos, il voyait certains d'entre eux quitter peu à peu le groupe et partir dans des directions opposées.
- Ils nous ont vus, grommela Remus. Ils essaient de nous encercler.
Il se tourna alors vers Ben et Cary.
- Venez avec moi ! Jamais ils ne croiront que vous ne saviez rien de ma véritable identité !
Ben n'hésita qu'un instant puis acquiesça vivement. Il avait le teint pâle mais semblait déterminé. Lupin se tourna alors vers Cary, le regard interrogateur.
Ses yeux délavés l'observaient avec un mélange étrange de sentiments. De la peur, de l'espoir, de l'envie… mais également de la résignation.
- Je suis désolée, finit-elle par murmurer, mais je ne peux pas partir.
Conscient que le cercle autour d'eux se rétrécissait dangereusement, Remus prit cependant le temps d'examiner la jeune femme. Ses épaules délicates tremblaient à présent, ses mains pâles étaient pressées l'une contre l'autre et deux grosses larmes glissaient sur ses joues. Jamais jusqu'ici elle ne lui était apparue aussi fragile et démunie.
- Tu risques ta vie en restant ici, la prévint-il durement.
Mais elle se contenta de secouer la tête et fit un pas en arrière.
Du coin de l'œil, Remus vit Ben sortir sa baguette magique mais il n'avait pas prévu de s'attarder suffisamment longtemps ici pour se battre. Qu'elle le veuille ou non, Cary viendrait avec eux.
- On y va ! grommela Lupin en s'avançant prestement vers la jeune femme. On se rejoint à côté de l'église du village !
Ben acquiesça et Remus se saisit du bras fuyant de la jeune femme afin de transplaner… mais il eut beau se concentrer, rien ne se produisit. Ses entrailles se tordirent douloureusement et lorsqu'il leva les yeux vers O'Connell, Lupin croisa son regard terrorisé.
Un sort d'Anti-transplanage avait été jeté sur le camp.
A SUIVRE…
