Disclaimer : si peu à moi et tellement à elle !
Remerciements : Lupi, comme d'hab', parce qu'elle me corrige et surtout, parce qu'elle m'aide à faire les bons choix ! Et puis les lecteurs et revieweurs... vous ne pouvez pas savoir à quel point vos commentaires m'ont fait plaisir et m'ont encouragée !
Petit résumé : Au cours de la nuit suivant la mort de Dumbledore, Harry décide d'utiliser un retourneur de temps afin d'empêcher Rogue d'entendre la fin de la prophétie citée par le futur professeur Trelawney. Son but est de sauver de la mort ses parents, Sirius et Dumbledore. Il va y parvenir, mais ne prête pas attention à une grosse faille dans son plan : si Voldemort ne connait pas la fin de la prophétie, il ne cherchera pas à tuer Harry, et ne sera pas anéanti par son propre sort. Harry revient donc dans un monde dans lequel règne Voldemort, sur l'Angleterre ainsi que sur Poudlard. L'école a terriblement changé : une cinquième maison à été créée afin de regrouper les enfants nés de parents moldus, une façon pour les Mangemorts d'accroître leur rangs avec ces futurs sorciers à qui l'on inculque de fausses valeurs. L'armée de Voldemort dévaste le pays et s'en prend même à la France. Le seul point positif dans ce retournement de situation, c'est que les Potter, Sirius et Dumbledore sont bien en vie. Mais Harry n'a pas le droit de communiquer avec l'extérieur du château, tout comme ses camarades et sa petite amie, Jessie, fille d'un Sirius qui n'a pas connu la prison.
Bonne lecture !!!
Chapitre 3 : L'espoir d'une vie meilleure
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Le château était comme vidé de toute âme. Personne n'osait respirer trop fort, aucun élève ne chuchotait à l'oreille de ses camarades ou si peu, la méfiance régnait. Pourtant, après quelques jours passés sous ce nouveau régime, Harry put se rendre compte que l'expression « il faut se méfier de l'eau qui dort » n'avait jamais paru aussi juste qu'en cet instant. Les élèves ne se parlaient certes pas en public, mais un vrai petit réseau clandestin avait réussi à se former malgré les restrictions abusives. Le groupe s'était lui -même appelé "PL" pour Poudlard Libre. Bien sûr, Harry ne pouvait s'empêcher de faire le rapport avec l'AD. A croire qu'il était dans son destin de former de tels groupes d'élèves remontés contre le système défectueux. Luna en étant le centre, Jessie et Ginny les instigatrices, Harry et Ron étaient quant à eux censés être capable de ramener à peu près tout et n'importe quoi du monde extérieur. Dean et Neville servaient généralement de « protecteurs », dans le sens qu'ils s'efforçaient de faire diversion si leurs camarades se trouvaient en danger. Padma et Parvati Patil servaient de lien entre les maisons Gryffondor et Serdaigle, grâce à leur gémellité Rogue ne voyait pas d'un trop mauvais œil qu'elles soient souvent l'une avec l'autre. De même, une élève de Gryffondor de troisième année faisait circuler les informations chez les Poufsouffle par l'intermédiaire de sa sœur jumelle. D'autres élèves encore, gravitaient dans ce système extrêmement bien élaboré, dont Colin Crivey, qui avait atterrit dans la 5ème maison, et qui parvenait toujours à trouver un moyen de ramener des informations à ses camarades. C'était d'ailleurs probablement lui qui méritait le plus de crédits étant données les conditions de vie de ces élèves.
Au fil des jours, Harry avait compris pourquoi Voldemort tenait tant à garder ces élèves auprès de lui. Toute l'école de manière générale était sujette à un véritable bourrage de crânes, mais en ce qui concernait les élèves de la 5ème maison, aucun mot ne semblait mesurer correctement la violence des propos qu'on leur tenait. Les préfets de Serpentard, ainsi que les dix élèves de la brigade, s'acharnaient sur eux tels des bouchers sur un morceau de viande coriace. Les insultes fusaient sans raison et en public, les punitions infligées étaient d'une absurdité et d'une incohérence effroyables. Une élève de première année se retrouva par exemple forcée à manger sans couverts pour avoir osé lever les yeux sur Pansy Parkinson. Un autre jour, Justin Finch-Fletchley dut réciter ce qui ressemblait à une ode pour Voldemort devant ses camarades. Il dut recommencer cinq fois de suite, car selon Goyle, il ne mettait pas assez de cœur à l'ouvrage. Les élèves de Voldemort n'étaient pas supposés penser par eux-mêmes, ils devaient obéir à leur Maître, subir les coups et tendre l'autre joue, être assidus en classes afin d'être utiles le jour où ils rejoindraient les rangs de Voldemort puisque de toutes façons, là était leur destin. Une façon pour le tyran de contrôler ses Mangemorts, au saut du berceau. Ces enfants-là avaient pour ordre de laisser leur libre-arbitre chez leurs parents, qu'ils ne reverraient jamais. Leur âme ne leur appartenait pas, elle était la propriété de celui qui se prenait probablement pour leur sauveur. On les assenait de coups pour réveiller leur rage, les mettre en colère contre le monde entier, éveiller chez eux une haine de l'être humain. Non seulement ils n'avaient pas le droit de penser, mais ils n'avaient pas non plus le droit de parole, ni celui d'écouter, ni celui de voir. Les autres élèves, les autres maisons ne devaient pas exister pour eux, au même titre que leurs familles. Diviser pour mieux régner. Il était déjà difficile pour un Gryffondor de pouvoir parler plus de cinq minutes avec un Serdaigle, mais en ce qui concernait la 5ème maison, ils avaient pour ordre de l'oublier. Pire, ils devaient l'éviter. Ne pas polluer l'esprit des disciples de Voldemort avec des pensées libres, pour peu qu'elles le soient. Dans ce chaos, Harry ne pouvait comprendre l'attitude de ses professeurs. Ils étaient eux aussi sous le joug d'un dictateur fou à lier, surveillés par des Détraqueurs et des Mangemorts, mais où était passé leur sens moral ? Comment pouvaient-ils assister à ces spectacles d'humiliation gratuite presque quotidiennement ? Harry avait beau essayer de s'auto persuader que les seuls adultes valables n'avaient pas pété les plombs, cela restait difficile à croire. Il avait toujours eu un immense respect pour eux, mais ce qu'il voyait, ce qu'il entendait était répugnant. Le quotidien de Poudlard ne vous offrait que trois solutions : vous pouviez dépérir de tristesse et d'impuissance, comme le professeur Chourave, vous pouviez vous laisser happer par le système totalitaire et vivre une vie facile, comme Malefoy, ou vous pouviez vous battre avec les armes que vous aviez, comme le faisaient les élèves qui avaient réussi à former le petit réseau clandestin. Difficile de voir autre chose dans ce brouillard qui hantait les couloirs d'une école qui avait à une époque, été remplie de rires de joie.
Ce matin-là ne dérogea pas à la règle de l'humiliation quotidienne, et cette fois, Hermione en fut la victime.
Harry mangeait ses toasts sans appétit, écoutant d'une oreille une Jessie survoltée à l'idée d'en avoir fini avec les cours. En effet, il s'agissait là de leur dernière journée, mais Harry ne trouvait pas qu'il y avait là sujet à s'extasier. Aucun élève ne partirait en vacances, tous resteraient dans le château à tourner en rond. Comment pouvait-on trouver matière à s'amuser lorsque le moindre mouvement était épié, la moindre parole interdite, le moindre pied dehors puni ? Au moins, les heures de classes, même réduites en l'absence du cours de Défense Contre les Forces du Mal, occupaient l'esprit de Harry un temps soit peu. C'est alors qu'un bruit de verre brisé retentit. En temps normal, les élèves auraient tous ris en pointant la victime du doigt, mais ici, rien n'était normal. Les murmures d'élèves s'étaient tous interrompus. Les oreilles tendues cherchaient à localiser la faute. Harry regarda autour de lui, imitant ses camarades, mais il ne fallut pas tout ce temps à Malefoy pour se rendre auprès de la fautive.
- Ramasse-moi ça, ordonna-t-il à Hermione, blafarde.
Hermione s'exécuta, sous les regards remplis de compassion de ses camarades. Harry sentit ses entrailles se tordre. Ce spectacle lui donnait la nausée. A peine deux semaines auparavant, si Hermione s'était retrouvée dans l'embarras, Ron et lui auraient accouru à son secours. Ici, ils ne pouvaient rien.
- Maintenant il va falloir te faire pardonner d'avoir brisé un bien de l'école qui t'a accueillie, ajouta Malefoy avec un sourire triomphal. Voyons… Je pense que tu es désolée, mais il faudrait encore que tu puisses le prouver. Répète après moi : je suis Granger la sang-de-bourbe…
Hermione lança un regard glacé à Malefoy, celui-là même que l'on associait au professeur McGonagall. Harry jubila malgré l'angoisse des réprimandes que Malefoy pourrait infliger à son amie si elle refusait de répéter après lui.
- Allons, ne m'oblige pas à sévir. Répète : je suis Granger la sang-de-bourbe…
- Non, répondit Hermione avec aplomb.
Le visage de Malefoy sembla se décomposer au ralenti. Son teint était passé en l'espace de deux secondes de cireux à cadavérique. Il pointa sa baguette vers Hermione, la défiant de s'opposer à lui.
- Tu vas répéter espèce de sale sang-de-bourbe. Si ce n'était que moi, tu n'aurais même pas la chance d'être à Poudlard.
- Tu appelles ça une chance ? C'est une obligation, et si tel n'était pas le cas, nous serions tous bien plus heureux.
Malefoy semblait tétanisé. Il pointa sa baguette directement sous la gorge d'Hermione, qui ne cilla pas. Harry avait les yeux fixés sur son amie avec tant de force qu'il en eu mal au crâne. Ginny s'était à moitié levée de sa chaise, s'apprêtant probablement à aller aider Hermione au cas où Malefoy dérape.
- COMMENT OSES-TU ? aboya Malefoy, hors de lui. Ton opinion n'intéresse personne, et tu ne devrais même pas en avoir une d'ailleurs !
- Je suis née avec mon libre-arbitre, et contrairement à ce que tu penses, personne ne peut me l'enlever.
- Ah oui ? C'est ce qu'on va voir. Répète que tu n'es qu'une sang-de-bourbe. REPETE-LE !
- Non.
Malefoy attrapa Hermione par la gorge, pointant toujours sa baguette au même endroit avec force. Harry ne put s'empêcher de se lever de sa chaise, mais ce fut Ginny qui le devança. Elle accourut vers Hermione, un couteau à beurre dans la main remplaçant la baguette qui aurait dû s'y trouver. Elle fit face à Malefoy au côté d'Hermione, et le menaça de son couteau.
- Ce n'est peut-être pas le couteau le plus aiguisé, dit-elle, mais je te promets que je peux te faire très mal si j'y mets de la force.
Harry ressentit une vague de tendresse infinie pour Ginny. C'était elle qu'il aimait, et personne d'autre. Et même en cet instant de tension extrême il ne parvenait pas à s'ôter cette pensée de la tête. Elle savait être si forte, il fallait un immense courage pour oser se jeter dans une telle situation. C'est alors que les neuf autres membres de la brigade se levèrent à leur tour, voulant prêter main forte à leur camarade. Avec eux s'approchèrent les préfets de Serpentard, qui eux n'avaient pas de baguette. Harry se leva et accourut auprès de ses amies. Puis Ron l'imita, ainsi que Jessie, Dean, Neville, puis tellement d'autres élèves qu'il fut impossible à Harry de tous les repérer. L'ampleur qu'avaient pris les évènements était impressionnante. Tous les élèves semblaient près à en venir aux mains. La situation était critique, il était impossible de savoir comment les choses pourraient se terminer. Une voix puissante retentit alors dans la Grande Salle.
- ASSEZ !
Tous les élèves se figèrent, et se retournèrent afin d'identifier la provenance de l'ordre. Automatiquement, les têtes s'étaient tournées vers la table des professeurs, mais malgré l'attention que leur portaient leurs enseignants, ce n'était pas de là que provenait la voix. L'ordre avait été lancé depuis l'entrée de la Grande Salle. Dans l'encadrement de la porte se trouvait en effet Hagrid, et bien que l'épaisseur de ses cheveux et de sa barbe ne laissa apparaître qu'une infime partie de son visage, Harry put remarquer l'extrême rougeur de sa peau, la fatigue de ses traits ainsi que la terreur et la fureur dans ses yeux. Harry avait bien remarqué son absence de la table des professeurs les jours précédents, mais il lui avait paru évident qu'un demi géant ne pouvait enseigner dans ce Poudlard. Harry en avait déduit que Hagrid était devenu un membre actif de l'Ordre. Mais il était là, planté à l'entrée de la Grande Salle, fixant les élèves pétrifiés. Il s'avança de quelques pas, lentement, traînant les pieds comme s'il portait toute la misère du monde sous ses chaussures.
- Jusqu'où comptez-vous aller ? Jusqu'à vous entre-tuer ? demanda-t-il d'un ton que Harry ne lui connaissait pas. Retournez à vos places avant que quelqu'un ne fasse une bêtise.
A ces mots, tous les élèves reprirent place à leurs tables respectives. Harry attendit cependant que Malefoy reparte lui aussi. Jessie était déjà repartie s'asseoir, mais Ginny était toujours aux côtés du Gryffondor.
- Ce n'est pas à un monstre tel que vous de nous apprendre quoi que ce soit, rétorqua Malefoy, furieux. Personne n'a d'ordre à recevoir de vous.
- Ce ne sont pas des ordres, petit effronté, seulement des conseils. Tes camarades l'ont compris, tiens-tu vraiment à te montrer plus bête qu'eux ?
Malefoy sembla prêt à lui renvoyer une pique, mais il ne broncha pas et repartit vers la table des Serpentard. Étrange comme Hagrid pouvait avoir de l'influence sur lui dans ce monde-là. Harry se promit de se débrouiller pour aller voir son ancien professeur dans sa hutte, curieux de savoir ce qui était arrivé à son premier ami de Poudlard. Ginny et lui reprirent place à leur table, tout en s'assurant que Hermione était à nouveau tranquille. Harry savait qu'il lui faudrait veiller au grain, il y avait toutes les chances pour que Malefoy essaye de se venger sur elle un peu plus tard. Le problème, c'est que n'étant ni à Serpentard, ni dans la 5ème maison, il y aurait forcément des moments où Hermione se retrouverait seule. Tant pis, il se débrouillerait. A la fin de la journée, il serait en vacances, et il devrait trouver un moyen de se procurer un retourneur de temps. S'il fallait en plus veiller sur Hermione, il s'arrangerait pour tout combiner. Tout était de sa faute, c'était à lui de tout réparer.
Hagrid s'avança vers la table des professeurs, et même Rogue ne sembla pas vouloir le réprimander pour avoir osé parler de la sorte aux élèves. Décidément, tout dans ce monde était paradoxal.
°°°
La fin des cours ne signifiait pas la fin des retenues de Harry. Et Rogue avait prévu le pire pour la fin. En effet, il ordonna à Harry de nettoyer toutes les toilettes du deuxième étage, sans utiliser la magie. Le jeune homme devait commencer sa punition à midi, et n'avait le droit de s'arrêter qu'une fois le travail terminé et examiné par Rusard. Rogue savait pertinemment que Harry n'aurait pas le temps de manger en commençant à midi, et le Gryffondor en fut extrêmement irrité. Lorsqu'il commença son nettoyage, muni d'un balai sale et usé et d'une serpillière trouée, il s'imagina un scénario qui lui remettait un peu de baume au cœur. Il se voyait dans la Grande Salle, tenant un retourneur de temps dans la main, et hurlant des insanités au gros nez de Rogue. Que n'aurait-il pas donné pour que ce rêve se réalise ? Mais si sa tête s'évadait, le corps de Harry était en sueur, passant le premier jour du mois de juillet à quatre pattes sur le sol des toilettes. Le fait de savoir que son travail devrait en plus être validé par les soins de Rusard n'avait rien de réjouissant. Il savait que le vieux concierge ferait tout pour ajouter des tâches au labeur de Harry.
Enfin, il finit les toilettes des garçons. Son ventre grondait, ses jambes fourmillaient et son bras lui faisait atrocement mal, mais à deux heures de l'après-midi, il avait effectué la moitié de sa punition. Harry pénétra dans les toilettes des filles, espérant de tout cœur que personne ne l'y verrait. Il s'agissait heureusement des toilettes de Mimi Geignarde, et de ce fait, il n'y avait généralement pas foule pour se précipiter dans la gueule du loup. Mimi aimait tant se plaindre qu'elle faisait s'enfuir même les plus résistantes des élèves. Cependant, Harry eut la surprise de ne pas être seul. Et ce n'était pas le fantôme qui sanglotait dans une cabine dont la porte était entrouverte, mais Hermione dont le visage ruisselant de larmes était caché sous une masse de cheveux bruns désordonnés. Harry s'approcha doucement d'elle, puis posa une main sur son épaule. Hermione sursauta, puis à la vue de Harry, essaya de calmer ses sanglots.
- Hermione ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, répondit-elle en passant hâtivement les manches de sa robe de sorcière sur ses joues.
- Je me demande alors dans quel état tu es lorsqu'il t'arrive quelque chose, ironisa maladroitement Harry.
Hermione se contenta de hausser les épaules en reniflant discrètement. Harry ne savait pas quoi faire. Généralement, Hermione était forte, ou se montrait forte. Il n'avait pas appris quels gestes étaient les plus adéquats dans un tel cas. Devait-il la prendre dans ses bras ? Lui tapoter le dos gentiment ? Essayer de lui sortir les vers du nez, la forcer à lui expliquer ce qui la rendait triste ? Confus, Harry tenta de faire parler son amie. Peut-être qu'ici elle ne le connaissait pas, mais lui la connaissait.
- Hermione, je sais que tu n'es pas du genre à pleurer pour des broutilles.
- Qu'est-ce que tu peux bien savoir de moi ? Tu ne me connais pas.
- Je te connais mieux que tu ne le crois.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je veux dire… commença-t-il. Ça n'a pas d'importance. Dis-moi simplement ce qui ne va pas, je pourrai peut-être t'aider.
Hermione eut un petit rire compulsif. Probablement se disait-elle que personne ne pouvait rien pour elle. Après tout ce qu'elle avait dû vivre, comment avoir confiance en qui que ce soit ?
- C'est à cause de ce qui s'est passé l'autre matin, dans la Grande Salle ? tenta Harry.
Hermione hésita. Elle regarda tout autour d'elle, comme si elle voulait s'assurer que personne ne risquait de surprendre leur conversation. Harry remarqua qu'elle évitait soigneusement de croiser son regard.
- En partie, murmura-t-elle les yeux baissés. C'est surtout… Ce Malefoy…
Hermione s'interrompit et fronça les sourcils, comme si ce souvenir était douloureux.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Il s'est vengé cette espèce de petit…
- Laisse tomber, l'interrompit Hermione.
- Non Hermione, dis-moi ce qu'il t'a fait que j'aille lui expliquer ma façon de penser.
- Je ne veux pas que tu finisses comme Seamus par ma faute. Laisse tomber.
- Comme Seamus ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Il est... à l'infirmerie. Tout ça parce que j'ai été trop bête et que je n'ai pas su me taire. Alors n'essaye pas d'en savoir plus Harry, ça n'en vaut pas la peine.
- A l'infirmerie ? Je ne comprends rien. Écoute Hermione, si tu ne veux pas que j'aille voir Malefoy, c'est entendu, je n'irai pas. Mais je veux savoir ce qu'il t'a fait.
- Ça n'avancerait à rien que je te le dise. Et puis d'ailleurs, pourquoi tiens-tu tant à écouter les malheurs d'une pauvre fille de Voldemort ?
- Tu prononces son nom ? s'étonna Harry, bien que la Hermione qu'il connaissait en faisait autant.
- Et bien c'est le nom de ma maison. Il n'y a que les élèves des autres maisons pour ne pas prononcer le nom de la nôtre. C'est d'un ridicule. Même dans les règlements de l'école il est écrit « la 5ème maison ». Que croient-ils tous ? Qu'en lisant son propre nom il va leur sauter à la gorge ? C'est lui qui l'a créée cette cinquième maison, c'est insensé.
- Tu ne crois pas si bien dire. Tout est insensé ici.
Aucun des deux ne prononcèrent mot, tous deux plongés dans leurs propres réflexions. Puis Harry reporta son attention sur Hermione. Elle semblait si fragile ici, si seule, si fatiguée… Si triste. Harry sentit sa gorge se nouer. Il ne voulait pas connaître cette version d'Hermione. Il aurait encore préféré effacer entièrement son amie de sa mémoire plutôt que d'avoir cette vision d'elle, symbole de tant de souffrances. Harry sentit les larmes monter, piquer ses yeux.
- Je suis tellement désolé Hermione. Tellement désolé.
- Pourquoi ?
- Hermione il faut que je te dise quelque chose. Si j'ai tant besoin d'un retourneur de temps, c'est parce que j'ai fait une grosse bêtise. Je…
Mais Harry n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Mimi Geignarde avait fait son entrée dans ses toilettes.
- Alors les tourtereaux ? dit-elle de sa voix grinçante et sifflante. Je ne savais pas que les élèves de la 5ème maison avaient le droit de flirter avec les siiii prestigieux Gryffondor !
- La ferme, ordonnèrent d'une même voix Harry et Hermione.
- Et bien, qu'est-ce que cela aurait été si j'avais essayé de vous vexer ?
Le fantôme de jeune fille virevolta dans tous les sens, puis finit par prendre place sur la cuvette en face des deux élèves.
- Tu ne crois quand même qu'on va te laisser nous écouter discuter ? demanda Harry.
- Pourquoi pas ? Je n'ai jamais de compagnie, vous n'auriez tout de même pas le cœur à me priver de la vôtre ? Allez, continuez à vous embrasser, faites comme si je n'étais pas là.
- On ne s'embrassait pas ! s'emporta Harry.
- Il n'y a que la vérité qui fâche, rétorqua la voix nasillarde de Mimi.
- Va-t-en, ordonna Hermione. Laisse-nous tranquille à la fin. Tu n'as pas quelqu'un de plus intéressant à aller hanter ?
- Pour moi qui n'ai plus droit aux plaisirs physiques, il n'existe rien de plus euphorisant que d'épier des élèves amoureux. Allez quoi, faites comme si vous étiez seuls. De toutes façons, je ne suis qu'un fantôme et selon la plupart des gens, les fantômes ne comprennent jamais rien. Selon eux, puisque nous sommes morts nous ne pouvons pas nous rappeler ce qu'était être vivant. Ridicule, si vous voulez mon avis. En ce cas, pourquoi Nick quasi-sans-tête aurait-il tellement envie de pouvoir manger à nouveau ? Certainement pas parce qu'il veut survivre. Non, c'est tout simplement parce qu'il se souvient des plaisirs de la bouche. Non mais franchement, les vivants peuvent être si indélicats. Ce n'est pas parce que notre cœur ne bat plus que nous sommes dénués d'émotions ! N'est-ce pas ?
Hermione était partie des toilettes. Entretenir ne serait-ce qu'un semblant de conversation avec un fantôme tel que celui-ci à proximité relevait du miracle, et ce que Harry s'était apprêté à dire à Hermione était de la plus haute importance. Hermione était partie, Harry quant à lui, devait continuer à nettoyer des toilettes que personne n'utilisait. Il trouverait bien un moyen de parler à Hermione. Une heure plus tard, il avait fini, même s'il ne se faisait pas d'illusions sur le fait que Rusard allait probablement lui demander de tout recommencer. En sortant des toilettes, Harry trouva un morceau de parchemin collé à la porte, écrit de la main d'Hermione.
« Au sujet de ce que tu m'as demandé, je crois connaître quelqu'un qui pourrait t'en fournir. Je sais que tu es ami avec Ron Weasley, tu dois donc savoir que ses frères tiennent un magasin de farces et attrapes sur le chemin de Traverse. Les jumeaux Weasley sont réputés pour pouvoir trouver à peu près tout et n'importe quoi. C'est la seule piste à peu près valable que j'ai à te conseiller. Si jamais Ron avait du mal à entrer en communication avec eux (étant donné l'activité de ses parents, je me doute que son hibou est particulièrement surveillé), je connais quelqu'un qui peut le faire. Fais-moi signe. »
Harry fut à nouveau étonné de la masse d'informations que ses camarades avaient tout en étant coupés du monde extérieur à Poudlard. En revanche, il ne fut pas surpris d'apprendre que Fred et Georges se servaient de leur magasin de manière à détourner des objets interdits. Ils avaient toujours contourné les règlements avec facilité, et même s'ils avaient toujours aimé s'amuser, leur sens de la morale n'en était pas moins aiguisé. Ils ne se seraient jamais rangés à la facilité. Restait à savoir comment entrer en communication avec eux. Harry ne savait pas si Ron avait un hibou, étant donné qu'il n'avait pas le droit de correspondre avec ses parents. En fait, les seuls élèves qui avaient des hiboux ne s'en servaient pas réellement pour le courrier, puisqu'à part cas d'extrême gravité, toute correspondance était interdite. Les hiboux étaient de simples animaux de compagnie ici. Et même si Hermione connaissait quelqu'un qui pourrait se charger de passer la commande, comment celle-ci arriverait-elle à Poudlard ? De plus, Harry ne voulait pas forcer son amie à violer trop de règlements. Il ne savait pas ce qui s'était passé entre Seamus, Malefoy et elle, mais cela ne sentait pas bon. Nul n'était besoin de mettre à nouveau Hermione dans une situation délicate. Toute sa vie l'était déjà bien assez comme ça. Et puis, les membres du petit réseau clandestin trouveraient bien un moyen de pallier au problème.
°°°
Toute la journée avait été étouffée d'une chaleur écrasante. Même les murs épais du château n'avaient pu protéger les élèves de la fournaise du mois de juillet. Harry et Ron étaient restés toute la journée cloîtrés dans leur salle commune à s'éventer avec des morceaux de parchemin. Harry attendit que la fraîcheur du soir tombe sur le château pour aller rendre visite à Hagrid. Il avait pensé à se rendre à la cabane du demi géant en compagnie de Ron, mais il se rappela au dernier moment que son meilleur ami n'était peut-être pas en bonne relation avec Hagrid dans ce monde-là.
Alors que les élèves finissaient tranquillement leur dîner, Harry se faufila jusqu'à son dortoir, puis fouilla dans ses affaires pour y trouver sa cape d'invisibilité. Elle devait être en sa possession. Bien que son père fût vivant, il aurait probablement offert ce bien à son fils pour lui rendre la vie plus facile à Poudlard. Et même dans le cas où Dumbledore l'ait eu en sa possession, il l'avait donné à Harry lors de son premier noël au château, ce qui signifiait que même dans une version où le directeur avait dû quitter son école au milieu de l'année, il aurait eu le temps de faire ce cadeau à Harry. Le Gryffondor fouilla dans sa malle, tout d'abord avec calme, puis avec fébrilité. Après avoir retourner entièrement sa grosse valise, son armoire et son sac, il n'avait toujours pas trouvé la moindre trace de la cape d'invisibilité. Le cœur de Harry battait la chamade. Était-ce possible que son père l'ait gardée en sa possession ? Après tout, il était dans l'Ordre, elle aurait pu lui servir lors de ses missions. C'était une probabilité bien trop importante pour être écartée. Harry eut un pincement au cœur. Il aurait tellement aimé aller voir Hagrid. La dernière image qu'il avait eue de lui était celle d'un homme fort, qui avait un minimum d'influence sur les occupants de Poudlard, et Harry avait été pour le moins intrigué par ce changement de comportement. Le jeune homme se laissa tomber sur son lit dépouillé. Des draps et un oreiller avaient été pliés et déposés sur son matelas, probablement par un elfe de maison. Le manque d'oreiller que lui avait infligé Malefoy l'avait gêné, mais les températures extérieures ne lui faisaient absolument pas regretter ses draps. Il avait presque oublié qu'il avait eut droit à une punition de la part de cette espèce de fouine bondissante. Harry soupira de dépit, puis décida de faire son lit. Il déplia le drap, le faisant voler en le secouant, puis l'étendit sur son lit. Il attira le matelas vers lui afin de faire passer son drap housse dessous, et c'est alors qu'il l'aperçut : le tissu argenté, d'une fluidité et d'une légèreté exceptionnelles, sa cape d'invisibilité était tout simplement cachée sous son matelas. Harry exulta. Il sentit un sourire béat naître sur son visage à mesure qu'il faisait glisser sa cape vers lui. Le jeune homme pressa ses doigts contre le tissu voluptueux, elle était bien là. Harry s'assit sur son lit, puis sans raison apparente, éclata en sanglots. Pourquoi pleurait-il ? C'était tellement ridicule. Un grand garçon de presque 17 ans, sanglotant comme un bébé sur son lit, uniquement parce qu'il venait de retrouver une simple cape. Non, pas une simple cape. Une cape qui le ramenait à ce qu'il avait été. A ce que tout avait été. Le château avait été un endroit qu'il avait adoré. Poudlard était là où il avait vécu une deuxième naissance, là où il avait connu pour la première fois la signification de l'amitié, là où il avait également connu des heures d'angoisse, là où il avait connu son premier baiser, puis son premier amour. Ce château avait été un lieu de joie, un endroit où Harry se sentait en sécurité, protégé, aimé, où il ne connaissait pas cette crainte qu'il ressentait à présent avec tant de force. Ici tout était triste, tout état sale, empoisonné. Harry enfouit son visage ruisselant de larmes dans sa cape d'invisibilité si précieuse. Il sanglotait pour ses camarades, pour ce qu'il leur avait fait vivre par égoïsme. Il sanglotait pour la peur paralysante qu'il ressentait à l'idée de ne pas parvenir à inverser ce qu'il avait créé. Harry ne semblait plus pouvoir s'arrêter. Il essayait de prendre sur lui, Ron et Dean allaient probablement bientôt remonter et il ne voulait pas que ses camarades le voient dans cet état. Mais les spasmes ne voulaient pas s'arrêter. A chaque fois que Harry retenait son souffle, un hoquet de sanglot réapparaissait, lui faisant payer sa bêtise. Et lorsqu'il pensait pouvoir enfin se calmer, la douceur de sa cape d'invisibilité lui rappelait ce que les choses avaient été. Il était en plein cauchemar.
Harry finit pourtant par enfouir son chagrin en lui, comme il l'avait fait jusqu'ici. Les larmes l'avaient étrangement calmé. La force des sanglots l'avait apaisé. Il se leva doucement, puis se dirigea vers sa fenêtre pour y inspecter son visage. Il ne voulait pas que quiconque remarque qu'il avait pleuré, il n'était plus un enfant. Il inspecta son visage dans le faible reflet que lui offrait la vitre. Un visage triste, fatigué, amaigri, et vide de toute cicatrice. Harry avait l'impression de ne pas connaître ce double difforme. Sa cicatrice l'avait accompagné tout au long de sa vie, si courte fut elle, et il était étrange d'en être séparé. C'était comme perdre une part de sa personnalité, perdre une petite partie de son histoire, de ce qui l'avait construit. Une sensation désagréable et déstabilisante. Harry respira profondément, puis descendit dans la salle commune, sa fidèle cape à la main. Il passa tête baissée devant la cheminée éteinte, décidé à sortir du château malgré la vingtaine de Détraqueurs qui siégeait à l'extérieur. Le seul problème résidait dans le fait que les Détraqueurs étant des créatures aveugles, ils pouvaient vous voir même si vous vous rendiez invisible. Mais Harry s'en fichait. Il courrait à toute vitesse jusqu'à la cabane de Hagrid, si vite qu'il ne laisserait pas le temps aux Détraqueurs de se retourner. Et s'il échouait, que pouvait-il bien lui arriver de pire que d'être coincé aux portes de l'enfer ? Perdre son âme ? A quoi lui servait-elle ? Alors qu'il s'apprêtait à franchir le portrait de la grosse dame, Harry entendit quelqu'un l'appeler. Il hésita à se retourner, mais la curiosité fut trop forte. L'appel venait de Jessie, debout au milieu de la salle commune, un air étrange sur le visage.
- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-elle, portant son regard sur la cape d'invisibilité que Harry tenait sous le bras.
- Rien, je vais juste… prendre une douche, répondit pitoyablement Harry.
- Sans vêtements de rechange et avec ta cape d'invisibilité ?
- Ne t'inquiète pas pour moi, je sais ce que je fais, dit Harry en se retournant vers le portrait.
- Harry, lança Jessie d'un ton presque implorant. Qu'est-ce qui t'arrive ?
- De quoi tu parles ?
- De ton comportement. Tout le monde trouve que tu agis bizarrement en ce moment.
- Et alors ? Ce n'est pas mon problème si tout le monde surveille mes moindres faits et gestes. Je dois y aller.
Harry se retourna à nouveau en direction de la sortie, mais Jessie le rappela, d'une voix étrangement aigüe. Harry aurait voulu ne pas se retourner. Mais son cœur et son empathie le firent regarder le visage déconfit de Jessie.
- Est-ce que tu ressens encore quelque chose pour moi ? lui demanda-t-elle d'une voix si basse qu'elle ressemblait plus à un chuchotement.
- Euh… Bien sûr.
- Alors pourquoi es-tu aussi distant ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?
- Mais non voyons.
- Je n'y comprends rien. Cela fait dix mois que l'on sort ensemble, tout se passe très bien et tout d'un coup, tu n'es plus le même. C'est comme si… comme si on ne se connaissait plus.
- Je ne sais pas quoi te dire Jessie.
- Dis-moi simplement pourquoi ça a changé.
- Ce serait bien trop compliqué à expliquer. Crois-moi.
- Ne t'inquiète pas. J'ai compris. C'est à cause d'elle n'est-ce pas ? Tu es amoureux d'elle c'est ça ?
Des larmes brillaient dans les yeux bleus de Jessie. « La pauvre », pensa Harry, « si elle savait ». Oui il était bel et bien amoureux de Ginny. Et apparemment, cela se voyait même dans ce monde-là, et même s'il avait tout fait pour le cacher. Harry ne savait que répondre. Il ne voulait pas blesser Jessie, d'autant que Ginny ne ressentait peut-être rien du tout pour Harry. Il aurait été inutile de briser le cœur de Jessie, mais continuer une relation vieille de dix mois sur des mensonges, était-ce une bonne idée pour autant ? Certes, Harry n'avait pas été un modèle de petit ami durant les trois semaines qu'il avait passé dans cet univers. Mais sa tête n'avait pas été là très souvent, et prétendre aimer quelqu'un dont on ne connaît que le père, il faut avouer que cela relève du domaine de l'impossible. Harry avait cependant fait ce qu'il avait pu. Il avait embrassé Jessie quand il l'avait fallu, lui avait parlé convenablement, mais il n'était pas dupe, il savait bien que ce n'était pas suffisant pour camoufler son envie d'être avec Ginny. Toutefois, ce n'était pas de Ginny que Jessie parlait.
- Oui, tu es amoureux de la fille de la 5ème maison. Hermione Granger.
- Quoi ?
- Je me suis renseignée sur elle, et je sais qu'elle est très intelligente, et elle pourrait être vraiment mignonne si elle prenait un peu plus soin d'elle. Mais tout de même, je me trouve mieux qu'elle, non ? Et puis tu ne pourras jamais sortir avec une fille de la 5ème maison !
- Jessie…
- C'est vrai que nos parents défendent les droits des sorciers comme elle, et je peux comprendre que tu veuilles faire la même chose, mais ce que tu comptes faire relève de la stupidité. Qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas forcément la faire punir très sévèrement en essayant de te montrer en public avec elle. Est-ce que c'est ça que tu veux ?
- Jessie arrête…
- Franchement, tu n'as plus qu'un an à tenir. Je croyais qu'on avait des projets pour l'Ordre, et pour nous. Et puis tu aurais pu me le dire, c'est vraiment nul de ta part.
- Jessie écoute, je t'en prie ! Je ne suis pas amoureux d'Hermione, tu te trompes.
- Alors là, c'est vraiment très culotté de ta part de me traiter de menteuse. Moi qui essaye d'arranger les choses au lieu de m'énerver. Et toi tout ce que tu trouves à dire, c'est de mentir encore un peu plus ! Je ne comprends vraiment pas ce que tu fais à Gryffondor, tu n'es qu'un lâche !
- Mais enfin, calme-toi ! Qu'est-ce qui te fais croire que je puisse être amoureux d'Hermione ?
- Je t'ai vu pendant ta dernière retenue. Je voulais venir te tenir compagnie, mais tu étais déjà avec elle. Elle pleurait et tu la consolais. Je ne suis pas née de la dernière pluie Harry, je sais ce que ça veut dire quand tout d'un coup, celui qui est censé vous aimer s'éloigne de vous et se rapproche d'une autre. Quand je pense que je m'apprêtais à te pardonner. Je suis vraiment idiote. Et Ginny qui me disait que jamais tu ne ferais ça, que tu étais loyal et honnête…
Tout d'un coup, Jessie éclata en sanglots. Harry ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras pour la calmer, il ne pouvait se résoudre à lui faire de mal gratuitement. Pourtant, il ne voulait pas la toucher, il ne voulait pas l'écouter, il ne voulait pas la connaître parce qu'il savait que s'il cherchait à en savoir plus sur la fille de Sirius, il finirait forcément par s'attacher à elle. Et s'attacher à elle signifiait deux choses insupportables pour Harry : ne pas pouvoir retourner en arrière sous peine de l'effacer et de ne pas remettre Sirius en prison, et tomber amoureux d'elle en délaissant ses sentiments pour Ginny. Cela pouvait paraître bizarre, voire stupide, mais Harry ne voulait pas perdre ses sentiments pour Ginny. C'était elle qu'il aimait, et il ne voulait surtout pas avoir de sentiments pour quelqu'un d'autre. Être amoureux de Ginny signifiait avoir encore un lien avec son passé. C'était tout ce qui lui restait. Et avoir des sentiments pour une autre jeune fille lui semblait être une trahison envers sa vraie petite amie. C'est au moment où vous croyez que les choses ne peuvent pas se compliquer d'avantage qu'elles semblent devenir inextricables.
Harry calma Jessie, lui assurant que non, il n'aimait personne d'autre, et que oui, ils finiraient leurs vies ensemble. Prononcer ces mots lui procurait une sensation étrange. Il savait qu'il mentait pour le bien de la jeune fille, mais affirmer son amour pour elle lui faisait peur. C'était comme si soudainement les choses se concrétisaient. Cela faisait trois semaines qu'il jouait le jeu du petit ami, et pourtant c'était seulement maintenant qu'il se rendait compte de l'importance de ce jeu. Et malgré Voldemort, Rogue, le règlement et la dictature, c'était Jessie qui était le plus difficile à gérer pour Harry. Comment ne pas s'attacher à elle en en étant si proche ? Ses sentiments pour elle oscillaient entre la passion et la haine. Elle le passionnait parce qu'elle était la fille de son parrain, pour qui il avait tant d'estime et d'admiration. Et il la détestait pour les mêmes raisons. Il aurait voulu la séquestrer dans un coin du château pour ne plus avoir la tentation de regarder son beau visage. Il aurait voulu ne plus être tenté de discuter avec elle, parce qu'il savait même sans la connaître qu'il aurait pu discuter passionnément pendant des heures avec elle. Il ne voulait pas l'approcher pour ne pas sentir tout ce qu'il aimait chez Sirius s'émaner d'elle. La perte de son parrain avait été si terrible, qu'avoir sa fille sous les yeux et savoir qu'il ne fallait pas l'approcher était insoutenable. Tout comme chaque baiser, chaque étreinte qu'il lui offrait.
°°°
L'air était lourd, les nuages menaçants. La soirée s'annonçait orageuse. Harry courait dans le parc de Poudlard, recouvert de sa cape d'invisibilité, vers la cabane de Hagrid. Les Détraqueurs planaient au-dessus du château, mais aucun d'eux ne sembla remarquer la présence d'un élève hors de Poudlard. La tristesse ambiante des enfants devait être si pesante que cela rendait probablement plus difficile aux créatures voilées de remarquer un infime changement. C'était une bonne nouvelle, Harry savait maintenant que s'il devait sortir du château, il n'aurait pas de problème avec les gardiens d'Azkaban. Ils étaient probablement là pour prévenir un éventuel mouvement de rébellion de la part des élèves.
Lorsque Harry atteignit la porte de la cabane de son ami, il frappa, confiant. Le demi géant ouvrit la porte, scruta l'horizon, et l'air méfiant, tenta de refermer sa porte aussi vite qu'il l'avait ouverte. Il n'avait pas vu Harry sous sa cape d'invisibilité, mais celui-ci montra sa présence.
- Hagrid, chuchota-t-il, c'est moi, Harry.
- Harry ? rétorqua son ami d'une voix bourrue. Bon sang, qu'est-ce que tu fais là ? Entre vite.
Harry se faufila dans la cabane, petite mais toujours accueillante. Il ôta sa cape, passa une main distraite dans ses cheveux noirs avant de les remettre en place, pour peu qu'ils en aient jamais eu une, puis afficha un grand sourire.
- Harry, je ne peux pas dire que je sois mécontent de te voir, mais tu prends beaucoup de risques et je n'aime pas ça. Mais assieds-toi, je viens justement de faire du thé.
Harry prit place sur une gigantesque chaise, puis Hagrid lui sortit une tasse de la taille d'une petite casserole et y versa du thé bouillant. Crockdur vint saluer Harry, mais se montra plus distant qu'à l'accoutumée. Harry se doutait qu'ici, Hagrid ne devait pas avoir l'habitude de recevoir sa visite. Quant à Hermione, il ne devait même pas la connaître. Harry eut un frisson à cette idée, il se souvenait du temps qu'Hermione avait passé dans la cabane de Hagrid, faisant tout son possible pour l'aider à sauver Buck, ou à améliorer ses cours afin d'éviter les remontrances d'Ombrage. Ici, Hagrid n'avait même pas connu le plaisir d'être professeur. Mais il avait tout de même gardé son poste de garde-chasse, chose étrange étant donnée l'impureté de son sang. Harry aurait pensé que son ami aurait été le premier à être renvoyé.
- Crockdur, laisse Harry tranquille, dit Hagrid en repoussant le molosse qui avait commencé à quémander des biscuits au Gryffondor, non sans produire une quantité impressionnante de bave. Que me vaut l'honneur de ta visite ? Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que je t'aie vu remonte à… il y a trois ans en arrière. Oui c'est bien ça, tu étais en troisième année et tu m'avais amené Hedwige pour une aile brisée. Déjà à l'époque les hiboux étaient presque totalement interdits. Quel monde…
- Je n'arrive pas à croire que ma dernière visite remonte à si loin. Je suis désolé Hagrid.
- Désolé de quoi ? Si les choses n'étaient pas comme elles le sont, je sais que tu serais venu bien plus souvent. Hélas, depuis que Dumbledore est parti, tout a tellement changé. Comment vas-tu ?
- Bien, comparé à certains.
- C'est vrai que tu as de la chance d'être à Gryffondor. Cette cinquième maison restera toujours un mystère pour moi. Elle a été créée tellement vite. Je suis sûr que tu ne te souviens même plus des élèves qui à une époque partageaient ton dortoir.
Harry repensa à Seamus, qui maintenant vivait dans une toute autre partie du château. Harry et lui avaient donc partagé quelques mois de vie commune. Hermione avait donc elle aussi dû être chez les Gryffondor. Mais quelques mois de bonheur ne sont pas assez puissants face à plusieurs années de souffrance et de répression. Ces quelques mois, à présent utopiques, avaient été effacés de la mémoire des élèves de sixième année, sans même avoir recours à la magie.
- Je me souviens d'eux, répondit Harry, mais je ne pense pas qu'eux se souviennent de moi. Je crois qu'ils sont conditionnés pour oublier tout ce qu'ils ont vu avant d'être séquestrés dans la maison de Voldemort.
- Bon sang Harry, ne prononce pas son nom, je t'en prie.
Harry aurait voulu répondre qu'il était ridicule de se crisper de la sorte au son d'un simple nom, mais cela aurait été d'une inutilité parfaite. De plus, il n'avait pas de temps à perdre pour de telles futilités.
- Hagrid, ma question va peut-être paraître déplacée, mais j'ai vraiment besoin de savoir. Pourquoi êtes-vous encore là ? Je veux dire, je peux comprendre pourquoi Vol… euh, Vous-Savez-Qui a décidé de garder les enfants descendants de moldus à Poudlard, mais pourquoi vous ? Vous faisiez partie de la liste de tête de ceux contre qui les Mangemorts voulaient se battre.
- Ah Harry, je dois t'avouer que moi-même je n'ai pas une réponse très précise à apporter à ta question. Mais tu sais, Tu-Sais-Qui ne me fait pas un cadeau, ce n'est pas de tout repos d'être à sa botte comme je le suis. Je suis plus esclave que garde-chasse. J'ai pour ordre de garder certaines espèces loin de la lisière de la forêt interdite, d'en autoriser certaines autres… Je ne vais pas te détailler mes activités, mais sache que je ne dors pas beaucoup, et que depuis près de six ans maintenant, je déteste mon travail. Je ne suis plus du tout apprécié dans la forêt, et devoir classer les créatures y vivant par rangs n'est pas du tout de mon goût. Qui suis-je pour déclarer qu'un centaure a plus ou moins de droits qu'une licorne ?
- Je comprends. Mais alors, pourquoi ne partez-vous pas ? Vous pourriez rejoindre les membres de l'Ordre, non ?
- Je reste parce que Dumbledore me le demande. Ma place n'est vraiment pas la pire malgré tout, crois-moi. Les Mangemorts et leur Maître me prennent pour un imbécile, ils me croient totalement stupide, ce qui fait que mes faits et gestes ne sont pas aussi surveillés que ceux des professeurs et des élèves. Ils me gardent à leur service, parce que j'ai plus de force physique que n'importe quel sorcier, mais ils ne se doutent pas de mes relations. Et le pire, c'est qu'ils ont tellement essayé de convaincre tout le monde de la méchanceté et la cruauté des « hybrides » comme moi, que personne n'ose plus se frotter au garde-chasse de Poudlard. Personne ne vient me demander de compte, du moment que je fais ce que l'on me demande en forêt. Tu as bien vu l'autre jour, quand j'ai ordonné aux élèves de laisser la jeune fille tranquille, personne n'a bronché. S'ils avaient la moindre idée de mon rôle à l'extérieur de ces murs… ils trembleraient encore plus, et pour de bonnes raisons cette fois.
- De quoi parlez-vous ? Vous êtes en relation directe avec l'Ordre ?
- Bien sûr ! Comme je te le dis, personne ne me surveille de près. Je n'ai qu'à me montrer bien docile en ce qui concerne mon travail, et cela suffit pour qu'on me fiche la paix. Personne ne se méfie de moi. Mais je suis en relation avec l'Ordre. Dumbledore a confiance en moi, c'est pour ça que je reste. Un grand homme Dumbledore, je l'ai toujours dit. Il sait qu'il peut compter sur moi, que je lui serai toujours fidèle.
- Que se passe-t-il dans l'Ordre Hagrid ? demanda avidement Harry, qui ne pouvait se retenir plus longtemps de poser les questions qui lui tenaient à cœur depuis trois semaines. Comment vont mes parents ? Est-ce que les membres comptent faire quelque chose pour l'école ?
- Ah Harry, tes parents n'attendent qu'une chose, c'est de te revoir. Ils comptent les jours qui les séparent de toi, crois-moi. Sirius, Rose, Molly et Arthur également. Heureusement, ils sont souvent pris par leurs missions, sinon, ils tourneraient en rond toute la journée à vous attendre et deviendraient fous d'impatience. Si tu me donnais des nouvelles de tes amis, j'aurais au moins quelque chose à leur raconter pour leur remonter le moral !
- Et bien, Ron et Ginny vont bien. Et Jessie aussi. Et Sirius, comment va-t-il ? Est-ce qu'il est… marié ? Et mes parents, comment sont-ils ? Que disent-ils de moi ? Est-ce qu'ils ont quelque chose à me dire, un message qu'ils vous auraient demandé de me passer ? Et Lupin, comment va-t-il ?
- Harry, je comprends que tu sois enthousiaste, mais calme-toi un peu. Sirius va bien, et il est toujours bel et bien marié. Même s'il y a toujours des tensions entre Rose et lui, tu le connais, il est un peu tête brûlée et ça énerve souvent sa femme. Que veux-tu, il est resté un grand gamin téméraire. Mais dis-moi, est-ce que sa fille tient plutôt de lui ou de sa mère ?
- Oh, elle est… Plutôt comme Sirius. Elle rit souvent de ce dont il ne faut pas rire, et elle déteste obéir aux règlements. Cela dit, étant donné la rigueur desdits règlements, je crois qu'il en va de même pour beaucoup d'autres élèves.
- J'ai entendu dire que vous sortiez ensemble ?
- Apparemment, oui.
- Ça n'a pas l'air de te faire grand effet.
- C'est compliqué. Et mes parents, que disent-ils ? Que font-ils ? Est-ce qu'ils sont heureux ?
- Oui, bien sûr. Il ne leur manque que toi. Oh, et un monde libre et juste.
Hagrid se mit à rire de ses paroles. En trois semaines, c'était la première fois que Harry voyait quelqu'un rire avec tant d'aisance, sans aucune retenue, comme si le monde était agréable. Et Hagrid parlait de ses parents. Cette fois, il ne persistait plus aucun doute, ils étaient bel et bien vivants. Mais il lui en fallait plus, il voulait tout savoir. Il insista auprès de Hagrid pour qu'il lui en dise plus.
- Harry, tes parents sont heureux. Autant qu'on peut l'être par les temps qui courent, je te l'assure. Lily est en mission en ce moment, mais ce n'est pas quelque chose de très dangereux. Si tu savais comme ils parlent de toi. Ils sont fiers de toi en tant que membre de l'Ordre alors que tu n'y entrera pas avant un an. Ils savent que tu es très ami avec Ron Weasley. C'est toujours le cas, n'est-ce pas ?
- Oui bien sûr.
- Molly et Lily passent leur temps à faire des plans pour votre avenir à tous les deux. Je peux déjà te dire que dans un an, elles vivront chacune le jour le plus heureux de toute leur vie. Quant à James, il sait déjà quelles missions il te confiera. Chez toi, ta chambre n'a pas changé depuis que tu es parti pour Poudlard. Maintenant, je vais pouvoir leur confirmer la nouvelle de votre relation à Jessie et toi. Sirius sera fou de joie, j'en suis sûr.
- Et Fred, Georges, Percy, Bill et Charlie ? Que sont-ils devenus ?
- Fred et Georges ont leur boutique sur le chemin de Traverse, comme tu le sais sans doute. Je sais que la plupart des élèves réussissent à leur passer des commandes spéciales. Bill travaille à Gringotts, ce qui est une chance étant donné que la banque est devenu le seul endroit dans toute l'Angleterre qui soit encore sûr et neutre. Charlie est au Mozambique en ce moment, mais il travaille également pour l'Ordre. Comme il voyage beaucoup, il est très utile. Quant à Percy… il travaille au ministère. Il s'est tourné vers le pouvoir. C'est triste à dire, mais à cause de ses affiliations, Arthur et Molly ont été contraints de cesser d'entretenir des relations avec leur fils. Molly est toujours inconsolable.
- A cause de ses affiliations, vous voulez dire que Percy est devenu un Mangemort ? Ce n'est pas possible. Je sais qu'il était en désaccord avec ses parents, mais de là à basculer dans le camp de Vous-Savez-Qui…
- Oh non, il n'est pas Mangemort. Il est juste à leur service. Tu sais, Percy ressemble à la plupart des sorciers, il cherche à aller là où il n'aura pas trop de problèmes. C'est assez étrange de voir comment il a pu devenir en ayant pourtant été élevé dans une telle famille.
- Et Lupin, qu'en est-il de lui ?
- Et bien, il se porte plutôt bien. Il a fait une rencontre voilà quelques mois. Lui qui avait toujours été solitaire, il a fini par succomber aux charmes d'une jeune femme de quelques années sa cadette. Elle s'appelle Tonks, elle fait partie de l'Ordre depuis un peu plus de deux ans. Oh, ça n'a pas été facile pour elle de convaincre ce cher vieux Lupin. Il lui a résisté, il lui répétait qu'elle était trop jeune et qu'il ne lui apporterait que des problèmes, mais l'amour a triomphé ! Et crois-moi, c'est un couple totalement improbable. Enfin, maintenant, Lupin a retrouvé la forme, et Tonks le fait sortir de la solitude de sa cabane.
- Est-ce que les membres de l'Ordre ont des plans pour mettre fin à la toute-puissance de Volde… de Vous-Savez-Qui ? Est-ce qu'ils préparent quelque chose pour rendre les élèves de Poudlard libres ?
- Pour répondre à ta première question, sache qu'ils ont énormément à faire. Il est difficile de savoir où donner de la tête. Mais ils y travaillent chaque jour. Dumbledore étudie Tu-Sais-Qui de très près, tu peux me croire. Il veut à tout prix comprendre et connaître son ennemi, selon lui, c'est essentiel. Et pour répondre à ta deuxième question, des plans sont en marche avec les professeurs.
- Avec Rogue aussi ?
- Je suppose. Il fait partie de l'Ordre, non ?
- Écoutez Hagrid, je sais que je vais paraître présomptueux, mais je sais des choses sur Rogue que personne d'autre ne sait. Il ne faut pas le croire, il ne faut pas lui faire confiance, il est du côté des Mangemorts !
- Harry, si Dumbledore lui fait confiance, il faut suivre Dumbledore. Tu ne le connais pas très bien, mais je peux te garantir que ses jugements sont toujours fiables.
- Mais enfin, vous trouvez ça normal la façon dont nous sommes traités à Poudlard ? Dumbledore lui a confié le poste pour atténuer les dégâts, mais les choses sont aussi atroces que si c'était Voldemort lui-même qui était notre directeur.
- Harry je t'en prie, ne prononce pas son nom ! Écoute, tous les membres de l'Ordre, et particulièrement Dumbledore, essayent de trouver une solution. Tout le monde est penché sur le problème de Poudlard. Ils savent que vous subissez des choses affreuses, et que l'on vous fait croire des mensonges, mais les choses ne vont pas tarder à rentrer dans l'ordre.
- Sans vouloir vous offenser, vous ne voyez que le sommet de l'iceberg. Pourquoi est-ce que je ne peux pas rejoindre l'Ordre du Phénix maintenant ? Ron a dix-sept ans, et moi-même je les aurais dans quelques jours. Légalement, nous sommes majeurs, nous pouvons donc quitter l'école ! Pourquoi nous forcer à y rester un an de plus ? C'est ridicule et si vous suiviez les cours comme nous, vous comprendriez que l'atmosphère est insoutenable.
- Ce que tu dis a du sens. Je ne sais pas pourquoi tout le monde tient à ce que vous terminiez vos études, mais je parlerai de tous ça avec eux dés que je les verrais.
- Quand les verrez-vous ?
- Je ne sais pas. Cela peut-être dans deux jours, comme dans deux semaines. Cela dépend de beaucoup de paramètres.
Harry savait qu'il avait l'air déçu, mais il ne pouvait pas se forcer à avoir l'air tout à fait normal. Tout ce qu'il avait entendu lui avait donné plus que jamais l'envie de rejoindre les membres de l'Ordre. Il voulait se battre, quitte à verser du sang pour ces idéaux. Tout ce que les élèves devaient subir était tellement injuste que la rage de Harry s'était décuplée au cours de ces trois semaines. Et maintenant qu'il savait que ses parents ainsi que les Black et les Weasley attendaient leurs progénitures avec impatience, et qu'ils leurs avaient même d'ores et déjà réservé leur place dans l'Ordre lui donnait une force qu'il n'avait pas jusqu'alors.
- Harry, tu devrais rentrer au château. Je ne voudrais pas que tu aies d'ennuis.
Hagrid avait raison, il se faisait tard et l'on finirait par se demander où il était passé. Il enfila sa cape, puis courut à toute allure vers la grande porte d'entrée du château. Il la poussa avec force, puis se faufila dans l'école. Personne ne surveillait l'entrée, mais l'heure du couvre-feu ayant déjà sonné, il ne retira pas sa cape d'invisibilité. Harry pouvait voir des éclairs zébrer à travers les fenêtres du château. Puis le tonnerre craqua, et la pluie se mit à tomber dans un bruit assourdissant. Alors que les gouttelettes enragées s'écrasaient en claquant sur les vitres, Harry repensa à tout ce que Hagrid lui avait dit. Finalement, les choses semblaient enfin tourner en sa faveur. Ses parents vivants, Sirius amoureux, Dumbledore en pleine forme, et tous attendant l'arrivée de leurs enfants dans leurs rangs. Les retourneurs de temps semblèrent tout d'un coup très loin dans l'esprit de Harry. S'il parvenait à quitter l'école une fois sa majorité atteinte, il pourrait quitter cet enfer pour un paradis qu'il méritait amplement après tout ce qu'il avait toujours vécu. Il emmènerait Hermione, qui elle avait déjà dix-sept ans, et la sauverait de cette satané 5ème maison, puis avec Ron, ils trouveraient un moyen d'aider les autres élèves. Il se débrouillerait pour faire revenir Ginny, et elle retomberait peut-être même amoureuse de lui ! Alors que l'orage battait son plein dehors, à l'intérieur de la tête de Harry, des batailles anti-Voldemort naissaient. Des plans pour un futur très proche. Harry se demanda presque pourquoi quelques heures auparavant il aurait tout donné pour un retourneur de temps.
J'espère que ce chapitre aura été à votre goût ! Voilà, vous pouvez me laisser vos commentaires et idées, ou tout simplement, vos reviews, elles me font toujours très plaisr. Et encore une fois, si vous n'avez pas de compte, laissez-moi votre adresse e-mail pour que je vous réponde !
Merci encore pour vos encouragements !
Chasca
