Disclaimer : Il est de mon devoir d'annoncer ma non-possession des personnages qui suivent (mis à part quelques uns). Je ne touche rien sur la publication de The Time Turner... snif... mais tout cela va très vite être de l'histoire ancienne, n'est-ce pas Lupi ? Le jour où je verrais une enveloppe timbrée par la Royal Mail dans ma boîte aux lettres, les choses vont changer ! HA HA HA XD Bon, j'arrête le délire, et je continue un disclaimer normal en ajoutant que je n'ai pas créé la maison de Lupin, puisque je me suis inspirée de l'excellente fic de ma beta, Seconde Chance.

Remerciements : LUPIIIIIIIIII merci pour tes conseils, tes corrections, ton temps, et merci d'avoir écrit Seconde Chance. Et merci à tous ceux qui ont suivi ma fic jusqu'ici, et particulièrement à ceux qui ont reviewé !

NdlA : Je pars en vacances la semaine prochaine, le chapitre 8 attendra donc deux semaines au lieu d'une pour être publié. Désolée, mais je pense que j'aurais de toutes façons prit cette semaine de pause pour avancer un peu plus l'intrigue. Bref, vous voilà avertis !

Résumé : Harry et Hermione sont en route pour la maison de Lupin, quand en plein transplanage, une main se pose sur celle de Harry. Une fois arrivés en plein coeur de la forêt dans laquelle vit Lupin, Harry et Hermione se rendent compte de la présence de Malefoy, qui a profité de leur transplanage pour les rejoindre de force.


Chapitre 7 : De nouvelles Marques

°°°

- Malefoy ? s'exclama Hermione.

Harry et Hermione se tenaient côte à côte au beau milieu de ce qui paraissait être une immense forêt. Harry qui aurait bien aimé se passer de la présence d'Hermione afin de ne pas lui faire courir de risques inutiles, devait maintenant gérer Malefoy.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Harry d'un ton brut à Malefoy qui tenait sa cape d'invisibilité dans la main.

- Je vous ai suivi.

- On avait remarqué. Pourquoi nous as-tu suivi ?

- Je savais que tu ne m'aiderais pas, et je savais également que vous prépariez quelque chose ce soir.

- Comment le savais-tu ?

- Les bruits de couloir Potter, ça te dit quelque chose ?

- Va-t-en Malefoy, intervint Hermione. Ce qui va se passer ici ne te regarde pas.

- Bien au contraire, Granger.

- Je ne vais pas te conduire au QG de l'Ordre du Phénix, si c'est ce que tu voulais, répondit Harry.

- Peu importe ce que vous comptiez faire, je reste avec vous.

- Qu'est-ce que tu crois Malefoy, ajouta Hermione, qu'on va te laisser nous suivre gentiment ? Que l'on va oublier qu'à Poudlard, tu nous as pourri la vie autant que possible ? Que tu nous détestes ? Tu ferais mieux de retourner jouer avec tes petits amis de la brigade de lèche-bottes, crois-moi.

Tous trois restèrent silencieux pendant un moment, se dévisageant en attendant que quelqu'un fasse un geste. Malefoy sortit sa baguette de sa poche, comme pour afficher qu'il était seul à avoir le pouvoir de décider. Harry ne savait toujours pas si ce qu'il lui avait dit le soir précédent dans les couloirs du château avait été sincère, mais une chose était certaine, qu'elle le fût ou non, Malefoy s'y prenait très mal pour gagner la confiance de ses camarades. Hermione finit par abdiquer. Haussant les épaules, elle déclara d'une voix monocorde :

- Il n'a qu'à nous suivre. Pour ce que ça lui apportera…

Harry ne répondit rien. Il ne voulait certainement pas montrer à Malefoy qu'il pouvait consentir à le laisser les suivre. Il ne contredit pas non plus Hermione, se disant qu'elle avait probablement raison. D'un instant à l'autre, tous deux allaient être en possession du précieux retourneur de temps, et Malefoy serait alors en train de passer des vacances mortelles dans le manoir familial.

Harry récupéra néanmoins sa cape d'invisibilité. Malefoy n'émit aucune résistance lorsque Harry la lui arracha des mains. Hermione s'avança ensuite vers la maisonnette perdue au milieu des bois. Harry avait toujours su que Lupin était un solitaire, mais pourquoi avoir choisi de s'éloigner autant de la civilisation ? Probablement avait-il peur d'être dangereux lorsque le ciel nocturne était éclairé de la douce lueur de la pleine lune, mais ne prenait-il pas une potion lui permettant d'enfouir cette partie de sa personnalité au fond de lui ? Hermione frappa à la porte, et au grand soulagement de Harry, Remus Lupin, le visage toujours aussi fatigué, ouvrit la porte. Il accueillit les adolescents d'un sourire, et les fit entrer chez lui. L'intérieur de la petite maison n'était certes pas chaleureux. Pourtant, Harry se sentait bien. Comme s'il avait connu cette maison quelques années auparavant, et que de bons souvenirs passés en ces lieux lui revenaient. Ou peut-être était-ce simplement la proximité de son ancien professeur qui lui réchauffait le cœur. Soudainement, il comprit qu'il avait eu raison de ne pas attendre un jour de plus. S'il avait choisi d'attendre son anniversaire, il serait alors rentré chez lui, et la rencontre avec ses parents l'aurait assurément empêché de retourner en arrière.

- Harry, enfin te revoilà, dit Lupin en attrapant Harry et en le serrant dans ses bras.

Un tel geste d'affection semblait presque déplacé de la part de Lupin. Il s'était toujours montré attentif envers Harry, mais on ne pouvait cependant pas le qualifier de personne démonstrative. Lupin relâcha le jeune homme, et s'intéressa enfin aux deux adolescents qui l'accompagnaient.

- Tu me présentes tes camarades ?

- Bien sûr. Voici Hermione, une très bonne amie. Et derrière, c'est Malefoy. Hermione, je te présente Remus Lupin, qui est ami avec mes parents, et membre de l'Ordre du Phénix.

- Enchantée Mr Lupin, dit Hermione en serrant la main du lycanthrope.

Tous se tournèrent alors vers Malefoy. Celui-ci toussa d'un air gêné, puis serra la main de Lupin d'un air solennel.

- Je suppose que si tu as amené tes amis avec toi, c'est qu'on peut avoir confiance en eux, n'est-ce pas ? s'assura Lupin.

- Bien entendu.

Lupin ne posa plus aucune question au sujet de la confiance qu'il pouvait accorder à Hermione et Malefoy. Il n'en demanda pas non plus sur leur besoin d'un retourneur de temps. Il se contenta de leur offrir le thé.

- Je crois qu'il est inutile que je te demande de me raconter les six dernières années de ta vie Harry, dit Lupin. J'attendrai patiemment demain, lorsque tu seras bel et bien de retour. Car tu seras de retour demain, n'est-ce pas ?

Harry avala une gorgée de thé à la menthe de travers.

- Bien sûr, répondit-il, s'efforçant de paraître convainquant.

- Je te demande ça parce que généralement, l'utilisation de ce genre de retourneur de temps n'engendre pas des changements sans conséquence. Je voudrais m'assurer que tu sais exactement ce que tu fais.

Malefoy dévisagea Harry. Enfin il savait ce qu'Hermione et lui étaient venus chercher au fin fond d'une forêt humide et déserte. Harry essaya de passer outre. Il devait se concentrer sur le retourneur, et non sur son dégoût pour le Serpentard.

- Ne vous… ne t'inquiète pas Remus, répondit-il à Lupin. Je sais exactement ce que j'ai à faire.

- Très bien. Comme je te l'ai dit, je te fais confiance. J'espère juste que tu as conscience que ce que tu t'apprêtes à faire peut être extrêmement dangereux.

- Nous le sommes, Mr Lupin, affirma Hermione. De toutes façons, comment rendre les choses pires qu'elles ne le sont déjà ?

Hermione avait ajouté ces mots d'un ton ironique, mais ses yeux étaient fixés sur Malefoy, et Harry n'aurait pas donné cher de la peau du Serpentard si les yeux d'Hermione avaient pu lancer des sorts.

Lupin sortit alors de la cuisine, laissant les trois camarades silencieux devant leurs tasses vides. Lorsqu'il revint, il tenait dans sa main droite ce que Harry reconnut immédiatement comme le minuscule et pourtant si précieux retourneur de temps. Dans sa main gauche, Lupin tenait un miroir ressemblant à celui que Hagrid lui avait confié afin d'établir une communication entre le lycanthrope et l'élève. Harry se demanda pourquoi il lui amenait un tel objet. Il avait lui-même laissé la réplique du miroir dans son dortoir. Harry paniqua légèrement, imaginant que Lupin exigerait qu'il le lui ramène sur le champ. C'était tout à fait ridicule bien sûr, pourquoi Lupin exigerait-il une telle chose ? L'homme tendit le miroir à Harry, qui le prit, sourcils froncés. Il donna le retourneur à Hermione, qui s'en empara avec délicatesse.

- J'ai une surprise pour toi Harry. Devine qui tient le jumeau de ce miroir à double face ?

Harry cessa tout à coup de respirer. Il eut l'impression que son corps tout entier s'était mis en pause, attendant que Lupin confirme ses pensées. Tout à coup, Harry ne ressentait plus rien. Plus d'angoisse, plus de doutes, plus de joie. Rien. Pourquoi réagissait-il de cette façon ? Il n'était même pas sûr de l'identité de la personne qui tenait en ce moment même le double du miroir entre ses mains. Harry hésita à retourner le miroir. Que se passerait-il si le reflet n'était pas celui des deux personnes qu'il voulait voir ? Que se passerait-il si au contraire, il y voyait bien ceux qu'il attendait ? Après ce qui lui parut une éternité, Harry retourna le miroir, ses yeux fixés vers le petit objet. Lentement, très lentement, il aperçut le reflet de deux personnes. Un homme aux cheveux d'un noir de jais, qui portait des lunettes. Une femme rousse, aux yeux d'un vert émeraude. Harry n'eut pas le temps de voir si ses parents lui souriaient. Il fit tomber le petit miroir sur la table, et plaqua ses mains contre son visage. Il éclata en sanglots. Des sanglots de joie, de frustration, de panique. Ses parents étaient vivants, et pourtant, il ne les verrait pas. Ses parents étaient sous ses yeux, et pourtant, il ne pouvait pas les toucher. Ses parents l'attendaient, et pourtant, jamais il ne les rejoindrait. Harry entendit les voix mêlées de ses parents l'appeler. « Harry ? Harry ? », et ses sanglots redoublèrent de violence. Comment pouvait-on ressentir un tel bonheur et une telle peine simultanément ? Harry voulait être seul, et il voulait être avec eux. Il voulait repartir, et il voulait rester. Il sentait les larmes s'écraser sur les paumes de ses mains. Il sentait sa mâchoire trembler. Il sentait ses pires craintes se concrétiser, et gronder comme une bête incontrôlable dans son ventre. Il devait pourtant la bâillonner. Il devait la faire sortir de lui, parce que chaque seconde de plus la faisait grandir. Cette envie de rester parmi les siens malgré la mort de ceux de Ron. Ce besoin de se voir heureux. Cette nécessité de se prouver que lui aussi pouvait non seulement avoir droit au bonheur, mais l'embrasser comme n'importe qui. Mais rien de tout ça ne pouvait se réveiller maintenant. Harry sentait sa gorge se serrer à mesure qu'il essayait de reprendre le contrôle. Pourquoi avait-il fallu que Lupin lui montre cela ? Pourquoi alors que le lendemain, il devait les revoir ? Était-ce un test ? Lupin voulait-il ainsi s'assurer que Harry ne ferait pas le mauvais choix ? Harry le détesta. Il eut du mépris pour lui, même s'il savait que Lupin ne voulait que son bien.

Harry détacha son visage de ses mains, juste assez pour attraper Hermione par la main et la faire sortir de la cabane. Il savait que Malefoy le suivait mais il s'en fichait éperdument. Il entraîna son amie loin de la maison de Lupin, pour qui il n'avait pas eu un regard alors que c'était grâce à lui qu'il avait pu se procurer l'objet convoité. Harry, les jambes toujours tremblantes et les larmes continuant à couler silencieusement le long de ses joues, prit le retourneur de temps et fit passer le collier autour de sa tête et de celle d'Hermione. Il régla la date, il régla l'heure, puis fit tourner le petit sablier sur lui-même. A cet instant, il aperçut Malefoy qui passait sa tête sous le collier afin de profiter du voyage. Harry n'eut ni la force ni le courage de le repousser. De toutes façons, c'était trop tard. Encore sous l'emprise de quelques hoquets de sanglots, Harry sentit son corps attiré vers l'arrière avec violence. Ses pieds décollèrent du sol, et si la force avec laquelle il était emporté lui en avait laissé la possibilité, il aurait crié. Puis soudain, tout redevint fixe, tout redevint stable. Harry sentit ses pieds se poser sur le sol humide de la forêt. Il enleva le collier, s'essuya les yeux encore emplis de larmes, et regarda autour de lui.

°°°

Malefoy observait ce qui l'entourait, mais Hermione n'avait d'yeux que pour Harry.

- Ça va ? lui demanda-t-elle.

- Ça va aller, répondit Harry.

Il mit les mains sur ses genoux, et baissa la tête pour reprendre sa respiration. Il attendit plusieurs minutes, le temps nécessaire pour calmer les spasmes qui secouaient encore son ventre. Harry se força à reprendre consistance, puis décida qu'il était temps de passer à autre chose. Hermione et Malefoy le regardaient tous les deux, attendant les directives.

- Il est trois heures de l'après-midi, nous avons tout le temps nécessaire pour revenir au moment où j'ai empêché Rogue d'entendre la prophétie. Il faut qu'on transplane dans l'arrière boutique de Honeydukes. Ensuite, on se cachera sous la cape d'invisibilité, et on attendra à l'intérieur de la Tête de Sanglier.

Hermione acquiesça d'un signe de tête, puis prit la main de Harry afin de se laisser guider. Malefoy en fit de même. Harry décida de l'ignorer. Tant qu'il ne faisait pas de commentaire, peu lui importait qu'il soit là ou non. Il le laisserait se débrouiller lorsqu'ils retourneraient à leur époque.

°°°

Harry fit transplaner Hermione et Malefoy dans l'arrière boutique de la confiserie de Pré-au-Lard. Ils se dissimulèrent ensuite sous la cape d'invisibilité, et marchèrent doucement jusqu'au bar de la Tête de Sanglier. La cape était très difficile à maintenir en place. Tous trois avaient une taille adulte, et chaque pas faisait glisser le tissu. Ils restèrent postés devant le pub pendant une bonne vingtaine de minutes. Enfin, une sorcière d'une cinquantaine d'années ouvrit la porte du bar pour en sortir. Harry bloqua la porte avec son pied, la maintenant ouverte sans que personne ne s'en aperçoive. Hermione, Malefoy et lui pénétrèrent dans l'établissement et Harry vit tout de suite que son alter ego discutait déjà distraitement avec le tenancier. Les trois camarades se réfugièrent dans un coin désert du pub, et attendirent.

Après ce qui lui parut une éternité, Harry vit enfin Dumbledore faire son entrer dans le bar. Il suivit le vieil homme des yeux, un pincement au cœur. Alors que son ancien directeur disait quelques mots au Harry accoudé au comptoir, celui qui patientait recouvert d'une cape sentait toute la peine du monde s'abattre sur ses épaules. D'un geste, il allait renvoyer Dumbledore à la mort. D'un geste, il allait faire disparaître celui qui avait représenté un père, un mentor, un soutient, presque un ami, à tout jamais. D'un geste, il condamnerait le monde des sorciers à la perte de celui qui avait été le plus grand. Harry leva les yeux au ciel et respira profondément, ultime effort pour ne pas perdre la face une nouvelle fois. Il suivit Dumbledore des yeux, le vieil homme pourtant encore jeune qui partait en direction de la chambre du futur professeur de Divination. Un dernier regard vers lui. La toute dernière fois qu'il le verrait vivant. Harry se tourna alors vers Malefoy.

- Donne-moi ta baguette Malefoy, chuchota-t-il.

Malefoy ne broncha pas. Il sortit sa baguette de sa poche et la tendit docilement à Harry. Le Gryffondor trouva ce nouveau comportement effrayant. Jamais il n'avait vu Malefoy suivre à la lettre des indications, à part si elles avaient été données par Rogue. C'est alors que la porte du pub s'ouvrit à la volée. Harry entendit la respiration d'Hermione se saccader. Rogue venait d'entrer, et Harry pu voir les traits du visage de son alter ego se crisper, entre haine et concentration. Rogue se pencha vers le barman, puis repartit en direction de la chambre de Trelawney. Caché sous sa cape, Harry tendit la baguette de Malefoy vers lui-même, puis murmura :

- Impedimenta.

Le Harry assit au comptoir afficha une expression d'extrême frustration, mais aucun autre signe ne montrait qu'il venait de laisser passer ce qu'il croyait être sa chance. Rogue, quant à lui, continua son chemin vers la prophétie. Harry dû se contrôler pour ne pas courir vers lui, le rouer de coups, lui cracher toute sa haine au visage. La main d'Hermione se posa alors sur son bras.

- Harry, il est temps de repartir, murmura-t-elle.

Harry invita alors ses amis à se lever, doucement pour que la cape d'invisibilité ne glisse pas, puis tous trois sortirent du pub comme ils y étaient entrés. Ils marchèrent en silence jusqu'à la sortie du village de sorciers. A nouveau, Harry régla date et heure sur le retourneur, puis laissa le petit objet les ramener tous trois à leur époque. Une fois les pieds posés sur le sol anglais de leur présent, Malefoy demanda :

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- Toi, tu fais ce que tu veux, répondit Harry. Nous, on retourne à Poudlard.

- Mais nous sommes en pleines vacances d'été, dit Hermione. Il n'y aura personne à Poudlard si tout a correctement fonctionné.

- On va juste vérifier que le château est vide. Rien ne sert de transplaner au QG de l'Ordre avant d'être sûrs que tout a marché.

Harry se tourna alors vers Malefoy.

- Sans toi, bien sûr. J'espère que tu ne t'étais pas imaginé que tu allais venir avec nous.

- Mais… bégaya Malefoy. Tu ne vas quand même pas me laisser tout seul ?

- Je sais que ça doit être dur pour toi, d'être séparé de tous tes imbéciles de moutons bien dociles. Mais il fallait y réfléchir avant.

- Tu n'es qu'un sale petit égoïste, Potter ! Tu sais parfaitement pourquoi je t'ai suivi. Je n'ai pas posé de questions sur tout ce que tu viens de faire. Je n'ai rien demandé, pour te prouver que je pouvais avoir confiance. Et tu comptes tout de même m'abandonner ?

- Je ne t'ai jamais rien promis. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

Malefoy avait l'air perplexe. Ses yeux, fous de colère, de peur et d'interrogations se fixèrent alors sur Hermione.

- Granger ? murmura-t-il dans l'espoir qu'Hermione aurait pitié de lui.

Hermione regarda alternativement Harry et Malefoy. Elle semblait se demander lequel elle mettrait le plus en colère selon la réponse qu'elle donnerait au Serpentard.

- Euh… hésita-t-elle. Peut-être pourrait-on laisser Malefoy nous suivre jusqu'au château, et ensuite, il partira de son côté.

Harry prit un instant pour réfléchir. Il voyait la mine déconfite d'Hermione, et se dit qu'après tout, cela ne lui en coûterait pas plus de le laisser les suivre. L'essentiel était de le tenir éloigné du 12 square Grimmaurd. Il hocha de la tête d'un signe indistinct, preuve qu'il se fichait que Malefoy les suive et que par conséquent, il pouvait faire ce que bon lui semblait. Les trois adolescents se rendirent donc à Poudlard, empruntant le chemin que suivaient les diligences lorsqu'ils se rendaient avec leurs camarades à Pré-au-Lard.

Ils s'arrêtèrent une fois arrivés devant le portail de l'école. De loin, le château ressemblait à celui que Harry avait toujours connu. Il leur faudrait avancer un peu plus pour s'assurer que leur plan avait fonctionné. Cependant, lorsque Harry se tourna vers Hermione, il vit qu'elle affichait un large sourire.

- Les Détraqueurs ne sont plus là, murmurait-elle, comme pour elle-même. Les Détraqueurs ne sont plus là.

Harry regarda vers le château. Le soleil de juillet se couchait, baignant le parc de Poudlard d'un début de pénombre. Les premières étoiles brillaient déjà dans le ciel, et Harry plissa les yeux pour mieux voir les détails qui entouraient son école. Hermione avait-elle raison ? Au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient, son cœur s'allégeait. Rien ni personne n'entourait le château. Seuls quelques oiseaux et hiboux planaient près des tours. Harry commença à croire Hermione. Ses yeux ne pouvaient pas mentir, c'était une certitude ! Il entreprit pourtant d'escalader le portail.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Hermione. Tu es en train de violer le règlement !

- De quel règlement tu parles ?

- Je suis sûre que si les élèves rentrent chez eux l'été, ils n'ont pas le droit de rentrer dans l'enceinte de Poudlard en plein mois de juillet par effraction !

- C'est un cas d'urgence, Hermione.

Hermione regarda Harry sauter de l'autre côté du portail, l'air atterré. Pourtant, elle finit elle aussi par essayer de passer sa jambe de l'autre côté des barres de fer. Malefoy lui vint en aide, lui faisant la courte échelle. Hermione hésita, puis impuissante, accepta l'offre. Lorsque les trois camarades furent enfin de l'autre côté du portail encadré par des statues de sangliers, ils se mirent à avancer dans l'herbe haute du parc. Une herbe vraiment très haute. De loin, Harry n'avait pas remarqué ce détail. Pourtant les plus hauts brins lui arrivaient presque au menton. Harry savait que l'été, les jardins avaient besoin d'être entretenus bien plus régulièrement que l'hiver, mais la hauteur de l'herbe d'un parc abandonné depuis seulement un mois paraissait un peu trop impressionnante. De plus, Hagrid restait au château. Mais peut-être était-il pris par une mission pour l'Ordre.

A mesure que Harry, Hermione et Drago approchaient du château, leurs sourcils se fronçaient. Décidément, quelque chose clochait.

- Depuis quand y a-t-il de l'herbe grimpante sur les murs de Poudlard ? demanda Malefoy.

Hermione s'arrêta, et plaqua sa main contre sa bouche, l'air horrifié.

- L'école est à l'abandon, constata-t-elle, d'une voix mêlée de désespoir. Elle a été fermée.

°°°

Harry regardait autour de lui, incapable de faire sortir un seul son de sa bouche qui restait résolument fermée. Plus il s'avançait dans le parc, plus il constatait avec effroi qu'Hermione avait raison. Le bas des murs était recouvert de lierre grimpant. Les vitres étaient sales, presque opaques. Sur le terrain de Quidditch, les cercles étaient rouillés. Le chemin qui menait à la cabane de Hagrid était saccagé, encombré de branches d'arbres qui avaient dû être emportées par le vent. Le potager dans lequel le demi géant faisait pousser les citrouilles géantes qui décoraient le château au moment d'Halloween ressemblait à présent à un terrain vague, infesté de mauvaises herbes. Harry aperçut même un Scrout à Pétard d'une taille impressionnante rôder autour de la cabane, signe que Hagrid n'avait pas abandonné sa maison depuis très longtemps. Suffisamment longtemps tout de même pour permettre à l'herbe d'atteindre le niveau des fenêtres de la hutte.

- AÏE ! s'écria soudainement Malefoy.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Harry.

Malefoy souleva alors sa manche, et sur son bras, la Marque des Ténèbres brillait d'une splendeur maléfique.

- Je le savais, dit Harry. Tu n'es qu'un Mangemort, je le savais depuis le début ! J'avais raison de croire que tu voulais simplement devenir un agent double !

- Ne soit pas ridicule Potter, répliqua Malefoy. Je n'avais pas la Marque avant que tu te décides à faire le malin et à changer le cours du temps. Si je l'avais eue, je ne te l'aurais pas montrée comme je viens de le faire.

Harry se dit qu'il y avait du juste dans ce que Malefoy venait d'expliquer. Mais il refusait catégoriquement de l'avouer.

- Ça n'a pas d'importance, puisque tu vas t'en aller, dit-il.

- Attends, dit Hermione. Ce n'est pas la Marque des Ténèbres.

- Quoi ? répondirent à l'unisson Harry et Malefoy.

Hermione attrapa le bras du Serpentard, et l'examina de plus près.

- Ce n'est pas la Marque des Ténèbres, répéta-t-elle.

Harry observa à son tour le bras de Malefoy. Le tatouage semblait être la réplique exacte de la Marque des Ténèbres qu'il avait vue dans le ciel au-dessus de la tour d'astronomie un mois et demi auparavant.

- Tu en es certaine ? demanda-t-il à Hermione.

- Dans ma salle commune, il y avait un drapeau gigantesque avec cette Marque représentée dessus. Crois-moi, j'en connais chaque détail à la perfection.

- En attendant, Marque des Ténèbres ou pas, elle me fait un mal de chien, dit Malefoy en ramenant son bras vers lui.

- C'est normal, ton maître t'attend, et d'après ce que je sais, la patience ne fait pas partie de ses si nombreuses qualités, répliqua Harry d'un ton sarcastique.

Hermione le dévisagea. Il savait qu'il n'avait pas besoin de faire ce genre de remarque. D'autant que c'était lui qui avait créé cette situation. Il ne s'excusa cependant pas de son allusion, peut-être déplacée. Il se contenta de ne rien dire. Malefoy gémit alors à nouveau, serrant son bras gauche contre son buste. Il mordit sa lèvre inférieure afin de n'émettre aucun son de douleur.

- Ça fait si mal que ça ? demanda Hermione.

Malefoy ne répondit rien, mais des larmes de souffrances apparaissaient peu à peu au bord de ses yeux.

- C'est sa Marque Hermione, et Voldemort l'appelle à lui, c'est pour ça qu'il a mal.

- Non, ce n'est pas sa Marque, s'impatienta-t-elle. Elle y ressemble, je te l'accorde, mais ce n'est pas elle.

Hermione s'enferma dans ses réflexions.

- Sortons déjà d'ici, dit Harry. Une fois hors des enceintes du château, peut-être que la douleur se calmera. Je ne vois pas pourquoi, mais on ne sait jamais.

Tous trois marchèrent alors en direction du portail. La nuit était presque totalement tombée à présent. Les grillons émettaient un crissement régulier. Le vent se levait, balançant les herbes hautes d'un côté à un autre. Les cheveux d'Hermione volaient en tous sens autour de son visage plongé dans la réflexion. Dans l'obscurité, la Marque sur le bras de Malefoy étincelait. Elle aurait presque pu être belle, si elle n'avait pas été synonyme de tant de malheur. Malefoy se tenait toujours le bras, et des larmes coulaient sur ses joues. Harry éprouvait un peu de pitié pour lui. Il se demandait ce que cette marque pouvait bien représenter, si elle n'était pas celle des Ténèbres. Il se demandait pourquoi Malefoy en souffrait autant, car une telle souffrance ne pouvait être feinte.

Une fois hors des enceintes de Poudlard, Harry demanda à Malefoy s'il ressentait toujours une quelconque douleur. Celui-ci lui adressa un regard désapprobateur, mêlé de larmes de douleur.

- Je ne comprends pas, avoua Hermione. Pourtant, il y a forcément une explication…

- Hermione, tu as dit toi-même que les gens conservaient leur libre-arbitre en toute occasion. Peut-être que Voldemort a simplement choisi un dessin légèrement différent à celui que nous connaissons comme emblème. Je suis prêt à parier ce que tu veux que c'est la marque des Mangemorts. Ça n'aurait aucun sens sinon.

- Tout cela a forcément un sens. Et Voldemort a certainement créé sa Marque bien avant que tu n'interviennes. Cela ne m'étonnerait même pas qu'il l'ait créée alors qu'il était encore élève à Poudlard. Non, il y a forcément une autre explication. Le tout est de savoir laquelle.

Malefoy restait silencieux et immobile. Il ne donnait même pas l'impression d'écouter Harry et Hermione. Il gardait la main posée sur son tatouage douloureux, impassible. Si ce n'étaient les larmes qui continuaient à couler le long de ses joues, l'on aurait pu croire que le jeune homme s'était transformé en statue. Harry savait que le seul moyen de savoir pourquoi Malefoy souffrait était de se rendre au QG de l'Ordre. Et même s'il aurait préféré embrasser Mimi Geignarde que d'y amener Malefoy, il ne pouvait se résoudre à le laisser souffrir, seul et abandonné. Harry passa alors la cape d'invisibilité sur ses camarades ainsi que sur lui-même, prit Hermione par la main et Malefoy par le bras, puis transplana.

°°°

Les rues de Londres étaient bondées, et Harry, Hermione et Malefoy eurent bien du mal à maintenir la cape d'invisibilité sur leurs têtes. Les passants marchaient vites, et il leur fallait éviter la bousculade. Heureusement, Harry était parvenu à transplaner à seulement quelques rues du 12 square Grimmaurd. Une fois devant la porte d'entrée de la maison des Black, Harry se demanda comment il allait pouvoir entrer.

- Tu n'as qu'à nous faire transplaner à l'intérieur, suggéra Malefoy qui tenait toujours son bras pour en soulager la douleur.

- Non. Tu as entendu le bruit que l'on fait à chaque transplanage ?

- Dans ce cas, pourquoi n'entrons-nous pas sans la cape ? Après tout, tout le monde te connaît ici. Je ne vois pas pourquoi tu tiens à ce que l'on reste cachés.

- Ça t'arrive de réfléchir, Malefoy ? Si Poudlard est fermé, ça veut dire que quelque chose n'a pas fonctionné dans mon plan. Or, on ne peut pas savoir quels changements se sont produits. Si ça se trouve, l'Ordre du Phénix n'existe même pas. Mieux vaut observer discrètement ce qui se passe plutôt que de créer des problèmes.

- Qu'est-ce que tu entends par là ? Tu veux dire que tout ton petit manège avait pour but de changer le cours des choses ?

- A ton avis, à quoi servent les retourneurs de temps ?

- Mais, c'est complètement inconscient !

- On ne t'a pas demandé de commentaires Malefoy, intervint Hermione. Harry, est-ce qu'il y a un endroit isolé dans la maison, où le bruit du transplanage pourrait passer inaperçu ?

Harry réfléchit. Il pouvait toujours transplaner dans la pièce du haut, là où Sirius gardait Buck. Mais quelqu'un pouvait s'y trouver en ce moment même. Transplaner dans l'une des chambres était encore plus risqué. Mais attendre que quelqu'un entre ou sorte de la maison pouvait prendre des heures, voire des jours.

- Je ne vois qu'un seul endroit, finit-il par dire, mais ça reste risqué.

- Au pire, même si quelqu'un nous entend transplaner, personne ne nous verra pour autant. Allons-y.

Les trois camarades transplanèrent dans la pièce la plus haute de la maison des Black. Heureusement, personne n'occupait les lieux, pas même Buck. Harry fut soudainement prit de panique, comme si enfin il commençait à réaliser que les choses avaient pu mal tourner. Très mal tourner. Peut-être avait-il créé un monde encore pire que celui dans lequel la jeune fille à ses côtés avait vécu. Mais Harry ne montra rien de sa préoccupation. Il se contenta d'ouvrir la porte de la pièce discrètement puis de descendre les escaliers qui menaient à la salle à manger. Harry pouvait entendre avec un immense soulagement la voix de Molly Weasley résonner jusque dans le couloir. Et sa voix n'était pas seule, elle fut immédiatement jointe par celles de Ginny, de Ron, de l'un des jumeaux et de nombreuses autres personnes. Harry sentit tout à coup son cœur s'alléger. Il ne savait toujours pas pourquoi Poudlard avait l'air fermé, ni ce qui expliquait le tatouage qui brillait toujours sur le bras de Malefoy, mais au moins, les gens à qui il tenait étaient bel et bien vivants. Une fois devant la porte de la salle à manger, Harry fit signe à Hermione et à Malefoy de s'arrêter. Ils écouteraient d'ici les conversations, et s'efforceraient de décrypter ce qu'il en ressortirait.

- Sirius, peux-tu apporter le plat de purée ? demanda Arthur Weasley.

- Jessie, amène-le s'il te plait, dit la voix de Sirius à sa fille, ce qui signifiait que Sirius était non seulement en vie, mais qu'il avait en plus échappé à la prison.

- Où sont Harry et Hermione ? demanda Ron.

- Je ne sais pas, répondit une voix masculine que Harry ne reconnaissait pas. Chérie, tu veux bien aller les chercher dans leur chambre ?

- Pas de problème.

Harry, Hermione et Malefoy se dépêchèrent de laisser le champ libre devant la porte, et à peine se furent-ils poussés qu'elle s'ouvrit en grand, laissant apparaître une femme rousse. Harry la reconnu tout de suite. Même s'il ne l'avait jamais vu de sa vie, il savait que c'était Lily qui se trouvait à quelques centimètres de lui. Sa mère allait le chercher dans sa chambre, comme s'ils avaient vécu dix-sept ans ensemble, comme s'ils formaient une famille normale. Hermione prit le bras de Harry pour l'empêcher de suivre sa mère, geste inutile puisque le jeune homme était bien trop subjugué pour esquisser le moindre geste. A ce moment-là, la porte d'entrée de la maison s'ouvrit à la volée sur Maugrey Fol Œil, probablement invité à partager le dîner avec ses collègues de l'Ordre.

- Alastor ! s'exclama Lily en se retournant vers lui. Vous avez fini par venir !

- Oui, même si j'ai bien cru que je n'en aurais pas le temps, répondit Maugrey en s'avançant l'air fatigué.

Il semblait plutôt heureux, mais soudain, il baissa les yeux vers Harry. Le jeune homme avait oublié que l'ancien Auror pouvait voir à travers la cape d'invisibilité.

- Harry, qu'est-ce que tu fabri…

Maugrey s'interrompit, et sa mâchoire tomba en signe de stupeur. Son regard changea, devint menaçant.

- Qu'est-ce qu'il fait ici ? demanda-t-il d'une voix forte.

Harry ne comprenait pas. Un instant auparavant, Maugrey semblait tout à fait normal, et parlait à Harry d'une manière tout à fait cordiale, et en une fraction de seconde, il avait changé et lui demandait des comptes. Comment pouvait-il demander à Harry ce qu'il faisait ici ? Ses parents étaient là également, leur fils faisait forcément partie de l'Ordre. De plus, sa mère était partie à sa recherche, ce qui assurait que Harry avait bien sa place ici. Alors pourquoi une telle réaction de Maugrey ? La réponse ne se fit pas attendre. Maugrey se pencha vers lui, tendit la main et attrapa…

- Le fils de Lucius Malefoy ! Harry, Hermione, j'espère pour ce petit décoloré que vous avez une bonne raison de l'avoir amené ici.

Harry et Hermione se levèrent, se débarrassant de la cape par la même occasion. Malefoy semblait terrifié, maintenu par le col par un imposant Maugrey. Hermione, quant à elle, regardait tout autour d'elle. Tout était nouveau, et elle ne connaissait personne. Harry prit donc la parole.

- Ce n'est pas ce que vous croyez, tenta-t-il d'expliquer. Malefoy n'est plus… Il n'est pas… Il dit qu'il veut rejoindre le bon côté.

- Et tu le crois ? Comment pourrait-il être différent de son père, avec une telle éducation ?

- Il faut croire que Poudlard l'a changé.

- Poudlard ? Depuis quand n'y a-t-il pas mis les pieds ?

Harry essaya de ne pas afficher sa stupéfaction. Il fallait qu'il agisse comme si tout lui était banal, même si les questions fourmillaient dans sa tête. Heureusement pour lui, Dumbledore sortit à ce moment-là de la salle à manger, accompagné de bon nombre de personnes, attirées par les explosions de voix.

- Mon cher Alastor, dit le vieil homme, il faut toujours accorder le bénéfice du doute. A mon avis, très peu seraient prêts à endurer la souffrance que le jeune Malefoy doit supporter en quittant son école.

Maugrey relâcha alors son étreinte, laissant Malefoy libre de ses mouvements. Il plaqua d'un geste automatique sa main droite sur son bras gauche, signe qu'il souffrait toujours autant. Harry ne comprenait rien, mais lorsqu'il tourna la tête vers Hermione, il remarqua qu'elle avait les yeux qui s'écarquillaient de plus en plus.

- Ça explique tout… murmura-t-elle pour elle-même.

- Je vous demande pardon Miss Granger ? demanda Dumbledore.

- Non, je… je réfléchissais à voix haute.

- J'aimerais m'entretenir seul avec ces jeunes gens, déclara Dumbledore.

Tout le monde repartit alors dans la salle à manger. Maugrey lança un regard suspicieux à Malefoy, puis rejoignit les autres.

- Très bien, dit Dumbledore. A présent, j'aimerais savoir ce que vous faites tous les deux avec le jeune Malefoy.

- Cela fait longtemps que nous sommes en contact, déclara Hermione, à la stupéfaction de Harry. Depuis quelques temps, nous savons qu'il n'a aucunement l'intention de rejoindre les rangs des Mangemorts, mais depuis un mois, les choses se sont compliquées pour lui. Sans compter la pression qu'il subit chaque jour dans son école, son père a décidé qu'il était maintenant temps qu'il fasse partie des alliés de Voldemort. Comme il vient d'avoir dix-sept ans, son père mettait tout en ordre pour le rapatrier, mais Drago savait ce qui l'attendait. Harry et moi avons donc décidé de l'aider, et nous avons pensé que cela ne gênerait pas les membres de l'Ordre de le garder ici quelques temps.

- Tout cela est tout à votre honneur Miss Granger. Mais avez-vous pensé qu'il puisse s'agir d'un plan des Mangemorts qui consisterait à infiltrer l'Ordre par le biais du jeune Malefoy ?

- Nous y avons pensé professeur. Mais après avoir longuement discuté avec Drago, nous en avons conclu qu'il était sincère. Rien n'empêche cependant de le garder à l'écart des discussions, et vous pourriez lui faire prendre du Véritaserum afin de vous assurer de la véracité de ses propos.

- C'est bien pensé. J'ai tendance à faire confiance aux gens, et je ne vois pas pourquoi je jugerais à la hâte ce jeune homme. Nous allons faire quelque chose pour la douleur occasionnée par son évasion, puis il viendra manger lorsque les membres de l'Ordre ne seront plus attablés. Suivez-moi Mr Malefoy.

Dumbledore et Malefoy s'éclipsèrent alors dans une pièce du fond. Harry se tourna vers Hermione.

- Comment est-ce que tu as fait pour inventer tout cela avec un tel aplomb ?

Hermione eut un sourire malicieux.

- Ça se voit que tu n'as pas été dans la maison de Voldemort. Là-bas, si tu ne passais pas ton temps à mentir, tu vivais dans des conditions à la limite du supportable.

- Qu'est-ce que tu voulais dire quand tu as parlé de la pression que Malefoy subissait chaque jour dans son école ? Je croyais que Poudlard était fermé ? Et pourquoi as-tu précisé « son » école ?

- Tu n'as pas compris ? C'est pourtant évident. Poudlard a fermé au profit d'une autre école. Dumbledore a dit à ce Maugrey qu'il trouvait Malefoy plutôt courageux d'affronter la douleur qu'il devait supporter en quittant son école. Ce qui veut dire qu'il existe une école qui ressemble à la maison de Voldemort dans notre Poudlard. Enfin, dans mon Poudlard. Ce qui explique la marque sur son bras. Elle n'est pas celle des Ténèbres parce que c'est une marque réservée aux élèves de Voldemort. Je pense qu'elle devient douloureuse au cas où un élève s'échappe de l'école, ce qui expliquerait pourquoi Malefoy souffre autant sans discontinuer. C'est une façon très cruelle qu'a Voldemort pour garder le contrôle sur ses élèves.

- C'est affreux, déclara Harry, secoué. Est-ce que tu crois qu'il y a beaucoup d'élèves dans cette école ?

- Probablement la plupart des enfants de Mangemorts. Cela peut vouloir dire beaucoup, mais je ne sais pas. Tout dépend du contexte et de la puissance que Voldemort a ici.

- Mais si Poudlard a fermé, cela veut dire que…

Harry préféra ne pas prononcer la fin de sa phrase. Comme si énoncer ces quelques mots les rendrait soudainement concrets. Hermione finit sa phrase pour lui dans un murmure.

- Cela veut dire qu'il n'existe plus d'école de magie blanche en Grande-Bretagne.

- Je ne comprends pas. J'ai pourtant fait ce qu'il fallait. Ni plus, ni moins. Je ne comprends pas.

- N'oublie pas que les gens ont toujours leur libre-arbitre. Tu as peut-être fait les choses parfaitement, mais cela ne veut pas dire que tout le monde a fait ce qu'il avait à faire.

Ron fit alors son apparition dans le couloir. Il s'approcha de Harry et d'Hermione, qui jusqu'alors étaient seuls.

- Ben alors, qu'est-ce que vous fabriquez ? Vous venez manger ?

Il s'approcha un peu plus d'eux, puis leur chuchota :

- Et après, vous aurez intérêt à tout me raconter. Je n'arrive pas à croire que vous ayez fait tout ça sans moi.

- Tout ça quoi ? demanda Harry.

- Tu te moques de moi ? Ramener ce crétin de Malefoy sans même m'en parler, je trouve ça vraiment égoïste. D'autant que je me demande comment tu le connais Harry. Tu ne l'as jamais vu de ta vie, tu ne connais de lui que ce qu'Hermione et moi t'avons raconté, et tout d'un coup tu le ramènes au QG de l'Ordre ! J'espère que vous avez une bonne raison d'avoir fait tout ça dans mon dos, sinon, j'aurai du mal à vous pardonner. Enfin, sauf toi.

Ron avait ajouté ces derniers mots à l'adresse d'Hermione, en souriant d'un drôle d'air. Il se pencha alors vers elle et l'embrassa, sous les yeux ébahis de Harry. Hermione eut un mouvement de recul. Ron s'indigna.

- Ben quoi ? Je n'ai même pas mangé d'ail !

Ron se pencha alors à nouveau vers Hermione, qui se laissa faire mais ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Harry regarda ses deux meilleurs amis s'embrasser, l'air choqué et la bouche entrouverte. Il savait que tous deux finiraient ensemble, mais il ne pouvait s'empêcher d'être déconcerté. Ron s'aperçut de la mine interloquée de son ami.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es vraiment bizarre ce soir. Allez, venez manger.

Ron prit la main d'Hermione, et l'attira dans la salle à manger. Harry les suivit. Lorsqu'il entra dans la salle, il n'eut pas le temps de regarder autour de lui que Mrs Weasley l'avait déjà installé sur une chaise et servi de rôti, de purée et d'haricots verts. Lorsque la liberté fut enfin rendue au jeune homme, il prit quelques instants pour regarder autour de lui. Il passa en revue tous les occupants de la salle à manger. Sirius était au bout de la table, et à ses côtés se trouver une jeune femme blonde aux yeux marrons qui devait être sa femme. Rose, si Harry se souvenait des paroles de Hagrid. Ensuite se trouvait Jessie, puis une jeune fille qui lui ressemblait énormément et qui devait par conséquent être sa petite sœur. La petite fille ne semblait pas être âgée de plus de 8 ans. A ses côtés se trouvaient Fred et Georges, puis leur père, Hermione, Ron, Bill, Fleur et Ginny. Ensuite venaient Maugrey Fol Œil, Hagrid, et sous les yeux étonnés de Harry, James et Lily. Harry ne put s'empêcher de les dévisager. Son père était en grande discussion avec Hagrid et Fol Œil, alors que sa mère remplissait son verre d'eau d'un air distrait. Une scène d'une banalité telle que Harry dû se mordre la lèvre inférieure afin de lui éviter de trembler. La réalité dépassait ses rêves les plus fous. D'ailleurs, était-ce la réalité ? Il avait l'étrange impression d'observer la scène de loin. Il se sentait tel un spectateur, loin d'une belle histoire qui paraîtrait vraie dans un monde parfait. La seule chose qui lui faisait prendre conscience de la véracité de ce qu'il observait était les larmes qui brûlaient ses yeux. Harry posa ses couverts encore immaculés, et sortit de la salle rapidement. Une fois dans le couloir, il laissa ses émotions prendre le dessus sur son orgueil. Il laissa les larmes couler sur ses joues. Des larmes de joies, certes, mais également des larmes de peur. Que faudrait-il qu'il fasse ? Comment devrait-il agir ? Il avait été considéré comme un membre de la famille Weasley depuis bon nombre d'années, mais malgré tout le respect et l'amour qu'il portait à Mr et Mrs Weasley, ils n'étaient pas ses parents. Il n'avait pas grandi en leur compagnie. Il n'avait jamais connu ses parents, et soudainement, ils étaient à ses côtés. Il était censé avoir vécu des choses heureuses avec eux, il devait avoir des souvenirs d'enfance. Avait-il joué au Quidditch avec son père dans le jardin quand il avait 7 ans ? Avait-il appris à faire des gâteaux au chocolat avec sa mère pour son anniversaire ? Étaient-ils partis en vacances à la mer ? Était-il complice avec son père ? Partageait-il des secrets avec sa mère ? Comment devrait-il agir lorsque l'un de ses parents lui parlerait ? Une toute petite voix vint déranger ses pensées.

- Harry ?

Harry sécha ses larmes rapidement, puis chercha la provenance de cette minuscule voix d'enfant. Une petite fille venait d'ouvrir la porte, les cheveux auburn et les yeux vert émeraude. Elle ne devait pas avoir plus de cinq ou six ans. Elle s'amusait à se pendre à la poignée de la porte par la main et à balancer son corps d'avant en arrière, alors qu'elle attendait de capter l'attention de Harry.

- Quoi ? demanda Harry simplement.

- Maman m'a dit de venir te chercher, balbutia l'enfant.

- Maman ?

- Ben oui, Maman, répondit la petite fille comme si Harry était un parfait imbécile de poser une telle question. Tu viens ? C'est bientôt le dessert.

- J'arrive.

Mais à peine Harry avait-il commencé à s'avancer vers la salle qu'il s'arrêta, attrapant par la même occasion la petite fille par le bras.

- Comment tu t'appelles ? lui demanda-t-il brusquement.

- Ben, Mackenzie, ricana la petite fille, se moquant de la bêtise dont faisait preuve Harry.

- Et la petite fille qui est à côté de Jessie ?

- N'importe quoi, répondit Mackenzie en haussant les épaules.

- S'il te plaît, dis-moi comment elle s'appelle.

- T'as oublié ? s'étonna sincèrement la petite fille.

- Oui. C'est la petite sœur de Jessie ?

La fillette pouffa de rire.

- Ben oui. C'est Sidney. T'es fou, conclut-elle en repartant vers la salle.

Harry suivit Mackenzie au ralenti. Elle était sa petite sœur, c'était évident. Elle lui ressemblait tellement. De plus, elle avait parlé de leur mère, même si « Maman » était un nom générique pour un enfant de cinq ans. Mais Harry n'eut plus aucun doute lorsqu'il vit la fillette monter sur les genoux de sa mère. Tout était si différent. Tout semblait en ordre, au-delà des espérances ! Bien sûr, c'était sans compter la fermeture de Poudlard. Mais Harry aurait tout le temps de s'en préoccuper plus tard. Il regarda vers Hermione. Elle semblait mal à l'aise aux côtés d'un Ron qui lui était inconnu et avec qui elle était pourtant censée partager une certaine intimité. Harry essaya de se rappeler ce qu'il avait fait lorsqu'il avait empêché son double de retenir Rogue. Tout cela ne pouvait découler d'une erreur. Harry avait forcément fait quelque chose qui avait permis à ses parents de rester en vie. Il passa la main sur son front, vierge de toute cicatrice. Comment se faisait-il que tous trois soient en vie ? Tous quatre même, en comptant la petite Mackenzie. James et Lily avaient-il réussi à se protéger malgré tout ? Rogue avait forcément rapporté la fin de la prophétie à Voldemort, tout dépendait alors de la vigilance des Potter. C'est alors que Harry se rappela d'un détail qui jusqu'alors lui avait totalement échappé.

- La lettre, murmura-t-il pour lui-même.

Il avait totalement oublié la lettre qu'il avait écrite à son père lors de son premier usage du retourneur de temps. Il avait demandé à James de ne pas faire confiance à Pettigrow. Voilà pourquoi tous étaient en vie !


Fin du septième chapitre, qu'en dîtes vous ? Je sais que les évènements prennent une drôle de tournure, mais j'espère que je ne vous déçois pas. Donnez-moi votre avis dans une review ! ;)

A tous, je vous souhaite de bonnes vacances !!

Chasca