Disclaimer :
Les personnages de Harry Potter ainsi que les « décors, mots et créatures » sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. Il n'y a aucune intention de contre-façon ou de violation de ses droits d'auteur. Cette histoire est écrite pour le plaisir de l'écriture et ne rapportera aucun centime à son auteur.
Cette fanfic se déroule pendant la sixième année de Harry à Poudlard mais ne prend pas en compte le tome 6 de Harry Potter.
Couple : Draco / Hermione, pas de slash !!
Bon je sais, le chapitre a été long, trèèèès long à venir et je vous indique tout de suite que le chapitre 6 arrivera beaucoup plus vite, sans doute fin août. Bref, d'abord j'ai corrigé pour les vêtements d'Hermione : dans ce chapitre, elle porte l'uniforme de l'école et donc une jupe.
Le chapitre aurait du être relu par ma bêta lectrice, mais elle était hélas indisponible, alors je vous présente mes excuses pour les mots oubliés ou les fautes de frappe... !
Ensuite ce chapitre aurait du être posté en mars mais j'ai un passage à vide côté écriture en février et mars. Je n'ai donc entamé ce chapitre qu'en avril (pour les curieux, en juillet j'agonisais sous la canicule parisienne, en août j'ai écrit un OS sur Brokeback Mountain, en septembre un OS sur Zelda, en octobre les chapitres 3 et 4 de Mariage Sorcier pour le zine le Troisième Oeil, en novembre le chapitre 17 de la Rary, en décembre une petite pause et des recherches, en janvier j'ai écrit un couple pour la fic dont vous êtes le héros de Lychee, en février une nouvelle pour moi (ben oui), en mars j'ai écrit les deux autres couples pour la fic de Lychee, ouf.) Dans le même temps, j'essaie d'avancer mes propres textes. Enfin je travaille avec de longues journées et j'ai du mal à voir mes amis...
Bref, merci pour toutes vos reviews et votre patience. Cela me touche beaucoup et donc je vous souhaite une bonne lecture pour ce chapitre, plus long que d'habitude !
Et pour Foufie, Jaelle, Marie-Loup, Sakura, Johanna, Bestofdracohermy, Me, Todoto, Natalie, Flo, Nicole Potter, Morgane, Justine, Lafofolle de fics, Love-de-hp69, Dorcas, Hermionegranger06, vous trouverez la réponse aux reviews ici :
Melindra(.)livejournal(.)com(/)19240(.)html
J'ai envoyé les réponses aux lecteurs ayant laissé une adresse mail. Si j'ai oublié quelqu'un, j'en suis désolée !!
Pense-bête de l'auteur : Draco a la main droite collée à la main gauche de Hermione.
Chapitre 5
1
- Je préférerais qu'on aille dans la salle de bains des Préfets, fit la jeune fille. Il y a des toilettes là-bas...
C'était incroyable comme pour les petites choses de la vie quotidienne, on préférait un cadre familier. De préférence des toilettes sans espion comme Mimie la Geignarde et, si possible, sans élèves pour éviter toute moquerie.
- Comme tu veux. De toute façon, tout le monde est en cours, on ne croisera personne ou presque, répliqua Draco qui avait parfaitement compris pourquoi elle souhaitait aller aussi loin.
Hermione ne répondit pas, trop occupée à trouver un moyen pour que Malfoy ne voit rien et n'entende rien : elle marmonna pour elle-même plusieurs sortilèges à voix basse, tentant de se rappeler lesquels étaient les plus efficaces. Draco entendit quelques mots et sourit encore, de plus en plus amusé, car il devinait bien ce qu'elle cherchait.
Ils quittèrent lentement la bibliothèque sous le regard moqueur de Madame Pince. Mais Hermione ne rendit compte de rien.
Une fois arrivés devant la porte de la Salle de Bains de Préfets, Hermione inspira à fond puis dit le mot de passe. Une fois à l'intérieur, elle ouvrit la porte des toilettes les plus proches et entra, Draco toujours à sa suite.
- Tu peux fermer la porte ?, murmura-t-elle mal à l'aise.
Draco s'exécuta sans un mot, fermant la porte ainsi que le petit loquet. Puis il se tourna vers elle dans l'espace réduit. Ils se faisaient face dans le lieu le moins romantique possible. Hermione détourna le regard et fit, très gênée :
- Je vais te jeter un sortilège pour...
- Non. Tu ne me jettes aucun sort, l'interrompit-il.
Hermione sursauta un instant désemparée :
- Mais...
Draco la fixait de ses yeux gris, l'air navré :
- Vu nos relations passées, comme peux-tu croire un seul instant que je te laisserais me jeter un sort ? D'ailleurs, est-ce que toi tu accepterais que je t'en jette un ?
Hermione soupira, comprenant tout à fait :
- Non, admit-t-elle à regret. Donc... pas de sort d'aveuglement.
- Non.
- Et pas de sort de surdité.
- En effet, confirma Draco avec l'ombre d'un sourire amusé.
- Tu trouves ça drôle, n'est-ce pas ?
- Pas la situation amour, ça non, mais ta réaction, je dois avouer que oui.
Hermione laissa passer une seconde et déclara froidement :
- Tu es vraiment quelqu'un de cruel.
- C'est ce qui fait tout mon charme, amour. Et puis comme ça tu arrêteras de me plaindre.
- Tu n'as vraiment pas aimé que je te dise ça, Malfoy.
Hermione réalisa enfin qu'en disant cela, elle avait mis le doigt sur quelque chose d'important et qui avait blessé le jeune homme. Le tout était de savoir si elle n'avait fait que le confronter à un mal être qu'il refusait d'avouer ou si tout simplement, elle avait égratigné son orgueil gigantesque de Malfoy...
- Et si tu faisais ce que tu as faire ici ?, répliqua le jeune homme détournant à dessein la conversation.
- Très bien, alors tournes-toi.
Draco ne put retenir encore un sourire, puis il s'exécuta :
- Et qu'est-ce qui se passe si je me retourne ?
La jeune fille sortit sa baguette pour l'appuyer contre le dos du jeune homme.
- Je te jette en sort d'aveuglement !, déclara-t-elle menaçante.
Cette fois Draco eut un léger rire :
- Ce serait un duel de sorcier dans les toilettes ! Original. Je crois que ce n'est jamais arrivé.
Hermione inspira à fond et accepta de faire un effort :
- ...S'il te plait, ne te retournes pas.
Sa voix était presque gentille. Mais Draco commençait à bien la connaître : elle était sans doute la sorcière la plus obstinée et la plus volontaire qu'il connaissait. Enfin, en exceptant sa tante qui avait une volonté de fer et qui en était effrayante... Quoiqu'il en soit, il savait qu'Hermione réfléchissait à toute vitesse pour tenter de trouver un moyen de faire ce qu'elle avait à faire, et ce en toute tranquillité. Et elle était même prête à être « aimable » - hypocrite donc - tout en l'insultant mentalement.
- Tu sais, fit Draco alors que la jeune fille déboutonnait sa jupe, je préfère lorsque tu me parles comme ça.
- Comment ?, fit Hermione un peu distraite.
Car arriver à se dévêtir d'une seule main requérait un minimum de concentration.
- Depuis que nous sommes collés, tu es encore plus agressive que d'habitude. Je me suis demandé si ce n'était pas parce que tu avais des sentiments pour moi...
- Ridicule et je te l'ai déjà dit, souffla la jeune fille.
- ...mais je pense désormais que tu es sur la défensive. La véritable question est : pourquoi ?
Il eut l'impression de la sentir sursauter dans son dos. C'est extrêmement dérangeant de deviner tout cela : il n'avait plus aucune intimité et il apprenait malgré lui à faire attention à quelqu'un d'autre. Tout ça parce qu'il n'avait plus aucun espace vital, cette limite qui garantissait sa survie au milieu des autres Serpentards...
- Quoi, tu croyais que je n'avais pas remarqué la façon dont tu me réponds ? Et tes regards en coin ?
Hermione s'était figée.
- Pourquoi donc serais-je sur la défensive ?
Un instant s'écoula avant qu'il ne réponde enfin :
- Peut-être parce que cette situation crée une intimité inacceptable. Pour toi comme pour moi.
- Avec le Choixpeau, cette situation ne devrait pas durer. Et puis, n'importe qui deviendrait agressif à force de rester collé à toi. C'est humain, tout simplement, expliqua-t-elle sur un air d'évidence.
Draco réprima la réplique qui lui montait aux lèvres dans un immense effort :
- Et si on pouvait...
- Quoi ?, demanda Hermione en s'asseyant sur le siège froid des toilettes.
- Arrêter de se disputer, jusqu'à ce qu'on réussisse à mettre la main sur le Choixpeau ?
Hermione ne peut réprimer un sourire amusé :
- Non Malfoy, je n'ai aucune envie de changer mes habitudes et je suis certaine que de ton côté, tu aurais du mal à te retenir, n'est-ce pas ? En plus, on en a besoin, car c'est un véritable calvaire d'être collé l'un à l'autre. Comme je le disais, c'est normal.
Draco sourit encore parce qu'elle disait vrai. Ravaler une remarque incisive n'était pas dans sa nature. De plus, il devenait curieux de l'instinct de répartie de la jeune fille...
- D'accord.
Draco lui tournait toujours le dos, contemplant avec une certaine obstination la porte des toilettes, sidéré par le nombre de messages d'amour qui s'y trouvaient et qui lui étaient destinés... Assise sur le siège des toilettes, Hermione de son côté essayait en vain de faire abstraction du fait qu'elle n'était pas seule dans ce lieu intime entre tous. Malgré elle, ses yeux en profitèrent pour détailler Draco de dos... descendant jusqu'à son postérieur. Il avait abandonné sa robe de sorcier dans ses appartements, dévoilant ainsi ses fesses. Elle fut amusée un instant par la situation diablement incongrue.
« Combien de filles rêveraient d'être dans ma situation, les fesses de Draco à portée de main... et s'en fiche comme moi ? »
- J'entends rien, murmura Draco à son tour mal à l'aise.
Le silence s'était fait pesant. Ils avaient beau se chamailler, la réalité était là : ils étaient tous les deux aux toilettes.
- Oh tais-toi, j'essaye d'oublier que tu aies là.
- Je suis sûr que tu me mates, lança-t-il sans pouvoir se retenir.
Sans doute parce que s'enchaînait l'une de ces échanges qu'ils avaient depuis le matin, ces conversations faites de piques et de chamailleries, se renouvelant à chaque phrase... Non vraiment, il ne pouvait pas garder ses remarques acerbes quand elle lui répondait ainsi. Ce serait se priver d'un plaisir inavouable et d'autant plus grand.
- Non. Tu m'excuses, mais tu n'es pas aussi irrésistible que tu le penses !
Elle ne mentait pas : c'étaient ses yeux qui lui avaient échappés un instant pour détailler le jeune homme. Pas elle qui avait voulu... reluquer. Ce n'était pas son genre. D'ailleurs, jamais elle n'avait fait ça avec Ron. Bon d'accord, jamais elle ne s'était retrouvée coincée aux toilettes avec Ron. Donc si jamais cela arrivait- Merlin savait comment - eh bien peut-être ferait-elle pareil et...
- Alors dépêche-toi, lui intima-t-il.
Ces quelques mots rompit la boucle de ses pensées stupides.
- Fiche-moi la paix !
Draco fit un geste pour se retourner, énervé :
- Ne te retourne pas !, l'avertit-elle.
- Sinon quoi ? Un duel aux toilettes ?, lui rappela-t-il avec ironie.
- Je ne te jetterai pas de sortilège de surdité, parce qu'un duel est la dernière chose que je souhaite à l'instant, mais... Si tu le fais, je te déconseille de dormir en ma présence. Je suis sûre que tes cheveux teints en vert indélébile t'iraient à merveille. Après tout, on ignore si le Choixpeau acceptera de nous aider, non ?
- D'accord, soupira Draco mais dépêche-toi.
- Pourquoi ?, soupira-t-elle.
- J'ai envie...
Hermione se dit que son supplice n'aurait jamais de fin.
- Chante.
- Pardon ?
- Allez chante, je ne veux pas que tu... entendes.
Draco hésita, puis se mit à chanter. La raison était très simple : lui non plus ne voulait rien entendre...
« You still look good to me
Oh, but you're no good for me
I close my eyes and
Squeeze you from my consciousness
And in the morning when I wake
I walk the line
and walk it straight
But the morning's so many miles away
Good God now »
Il fredonnait sans réelle conviction, d'un ton morne et avec un débit haché. Hermione aurait juré qu'il se forçait à mal chanter. Pourtant il avait une voix agréable.
- Malfoy, tu chantes faux ! C'est un crime de massacrer une chanson des Bizarr'sisters !, s'exclama la jeune sorcière.
Il chantait mal exprès, c'était facile à deviner. Sans doute pour compenser le fait qu'il s'exécutait à sa requête : il aurait pu se taire. Après tout pour un Serpentard, rendre service était contre nature, alors il fallait bien qu'il se venge... Hermione se demanda si elle parviendrait un jour à le comprendre, tellement sa personnalité était complexe.
Draco commença à nouveau à retourner :
- Mais ce n'est pas vrai ! Tu n'es jamais contente !, lança-t-il exaspéré.
- Ne te retourne pas !, le coupa rapidement Hermione.
- Et comment tu feras quand je serai aux toilettes, hein ?
- Je me boucherai les oreilles mentalement, en me récitant un cours d'arithmancie. Si j'arrive à faire abstraction d'une salle commune remplie de bruits, je devrais y arriver sans problème. Je sais me concentrer, vois-tu.
Un silence.
- Alors concentre-toi Granger. Je n'écoute pas, finir par dire Draco. Je voudrais vraiment y aller aussi, alors... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... s'il te plait...
Il laissa mourir sa phrase, son côté Serpentard se refusant à lâcher plus qu'un « s'il te plait » minuscule.
- Tu sais moi aussi, dit Hermione.
- Quoi ?
- Je préfère quand tu es gentil, lui lança-t-elle, dans un parfait retour à l'envoyeur.
Ce qu'il y avait d'étrange, c'est que cela aurait du vexer Draco. Mais il arborait une moue amusée que personne ne pouvait voir. Granger avait un sens de la répartie excellent. D'un autre côté, il devait bien admettre aussi que si le Choixpeau ne les séparait pas, il y avait une forte probabilité qu'il l'assassine à la longue.
- Bon, si tu pouvais rechanter...
- C'est si gentiment demandé.
Sans plus d'ironie, Draco reprit un autre morceau des Bizarr'sisters, tout aussi entraînant et tout aussi mal chanté. Il écorchait aussi bien la mélodie que les paroles avec une bonne volonté certaine jusqu'à ce que la chasse d'eau l'interrompe enfin.
- C'est bon, tu peux arrêter, fit Hermione en se levant et en se rajustant d'une main maladroite.
- Je parie que tu pensais que j'allais te chanter une de ces stupides chansons d'amour. C'est peut-être de circonstance mais pas mon genre.
- Je n'y ai même pas pensé. En général, on chante ce qu'on aime, Malfoy, fit-elle doucement.
Elle était bien plus préoccupée par la dernière étape de ce pénible moment : elle ne parvenait pas à se rhabiller d'une seule main. Car la jupe de son uniforme n'était guère coopérative. Elle ne pouvait pas la tenir d'une main et la fermer : impossible. Elle réessaya trois fois avant de céder.
- Malfoy, soupira-t-elle toute honte bue, tu veux bien m'aider ?
A ces mots, il se retourna pour aider la jeune fille qui avait remonté sa jupe et la tenait fermement. Elle le fixait droit dans les yeux, le mettant au défi de faire la moindre réflexion. Une autre aurait peut-être minaudé, une autre aurait fait glisser sa jupe comme par maladresse, mais pas elle... Non pas elle.
- D'accord, dit-il simplement.
De sa main libre, il tint le haut de sa jupe afin que de son côté Hermione puisse la fermer. La jeune fille était surprise qu'il ne fasse aucune remarque déplaisante... C'en était inquiétant.
- C'est bizarre. En temps normal, je fais l'inverse, commenta-t-il. Je déshabille.
Hermione respira, rassurée :
- Pourquoi cela ne m'étonne pas ?
- Cela aurait du, répliqua Draco en ouvrant la porte des toilettes. C'est la preuve que beaucoup de jeunes filles trouvent que je suis quelqu'un de charmant.
- Serpentard et charmant... Ce n'est pas antinomique ?, ironisa Hermione.
Draco entra dans les toilettes réservées aux hommes, Hermione à sa suite de plus en plus mal à l'aise.
- Non amour, c'est justement ce qui fait ma particularité.
Il savait parfaitement que la jeune fille n'en menait pas large et se réjouissait de pouvoir la taquiner. Il se plaça devant un urinoir et Hermione lui tourna prestement le dos.
- Quand je pense que toutes les filles de Poudlard rêvent d'être victime de ce sortilège et que je suis la seule qui n'en veuille pas… Ces cruches trouvent ça romantique… Jamais rien entendu de plus stupide : c'est tout sauf romantique !
Elle entendit Draco ouvrir sa braguette :
- Tu ne pourrais pas te taire de temps en temps, amour ?
Hermione serra les dents à ce petit mot d'affection devenu une insulte dans la bouche de Malfoy. Puis elle ferma les yeux. Elle qui se passionnait pour l'arithmancie, tous ses cours semblaient avoir fui de sa mémoire. Elle réussit pourtant péniblement à se réciter :
« Le chiffre 5... dans le cadre de la progression arithmétique associée au nom d'une personne permet... de déterminer... les voyages et leurs conséquences sur la personne... Associé à l'année de référence, le chiffre... 5... grâce au sortilège de... de quoi déjà ? Ce n'est pas le bruit, mais ce qu'il évoque... Concentre-toi ! Alors avec le sortilège de je-sais-plus-quoi... Ca permet de... de multiplier les effets magiques dans la limite de... de... »
Elle avait beau se concentrer, il lui semblait qu'elle se concentrait davantage sur ce que Draco faisait : ce bruit si perturbant, chacun de ses mouvements... Et puis c'était quoi cette petite secousse ?
- J'ai besoin de ton aide, dit enfin Draco dans le silence pesant.
Hermione sentit une brusque sueur froide couler le long de sa colonne vertébrale : de son aide pour quoi ?
- Pour... pourquoi ?
- La même chose que toi tout à l'heure : un bouton récalcitrant. Si tu crois que c'est facile d'une main...
Sa voix était clairement amusée.
- D'accord, d'accord.
Elle se retourna et entraperçut son slip d'un vert sombre visible car il n'avait pas réussi à fermer son pantalon : le bouton ne voulait rien savoir. Elle nota au passage qu'il semblait très mince.
- Vert... évidemment... !
- Granger, à l'instant j'ai eu la décence de ne pas chercher à connaître la couleur de tes sous-vêtements, alors laisse le mien tranquille.
- Ecoute, les miens ne sont pas rouge et or.
- Et je dois te croire sur parole ? Peu importe, je suis sûr que tu dors dans ces couleurs.
- Je ne vais pas jouer à ce jeu-là avec toi, ce n'est vraiment pas le jour !
- Tu as tout à fait raison, réservons ça pour plus tard, fit-il un peu sec.
- Pas si le Choixpeau nous aide, rectifia Hermione. Et je ne compte pas lui laisser le choix !
Tout en parlant, la jeune fille avait réussi à fermer son pantalon.
- Au fait, tu n'es pas gauchère ?, lui rappela Draco surpris.
- Pardon ?
- Tu m'as dit que tu étais gauchère ce matin, tu sais pour éviter de me soigner.
Draco avait une excellente mémoire, notamment pour les détails importants.
- Hein ? Si si, je suis gauchère.
- Dans ce cas, tu es vraiment adroite de ton autre main...
- Si tu le dis, fit Hermione avec un haussement d'épaule.
- Effectivement, je le dis.
Ils sortirent des toilettes en silence pour se retrouver dans les couloirs déserts.
2
Colin Crivey était un garçon nerveux et qui s'enthousiasmait facilement. La période de la Saint-Valentin était pour lui le moment le plus palpitant de toute l'année scolaire. Il n'était ni grand, ni impressionnant, mais là, il sentait comme un véritable paparazzi adulé par les foules pour ses scoops croustillants.
Le jeune garçon se tenait dans le petit labo photo du journal de Poudlard et développait ses photos avec soin. Deux pour être exact mais en quelques dizaines d'exemplaires chacune... Il voulait absolument acquérir un nouvel appareil photo et il se donnait les moyens pour y parvenir.
La première photo montrait les deux victimes de la Saint-Valentin sortant des appartements réservés aux Préfets de Serpentard : sur le papier glacé, Draco et Hermione tentaient en vain de séparer, comme prêts à arracher leurs mains pour cela, sans cesser de se disputer avec acharnement. La seconde photo les représentait dans la Réserve de la Bibliothèque de Poudlard, assis côte à côte et plongés dans des ouvrages de magie noire. Il y avait quelque chose de fascinant dans la manière dont Hermione compulsait les livres, car elle semblait avoir totalement oublié le jeune homme auquel elle était liée. Mais lui c'était autre chose, en tout cas sur la photo : il la dévisageait avec perplexité, comme s'il ne savait que faire d'elle...
- Elles sont parfaites, murmura Colin pour lui-même. Vraiment excellentes. Et ce ne sont que les premières !
Il rangea les photos avec soin dans son blazer avant de quitter la chambre noire. La cloche pour la récréation de l'après-midi n'allait pas tarder à retentir et c'était le moment idéal pour commencer à faire des affaires.
A peine vingt minutes plus tard, Colin revenait dans la minuscule chambre noire pour refaire des tirages des deux photos, cette fois, par centaines. Ses cheveux châtains étaient en bataille et sa veste était déchirée : il avait reçu quelques menaces de mort s'il ne revenait pas immédiatement avec de nouvelles réimpressions des clichés. Heureusement que la magie facilitait les tirages de photos !
3
Lorsque la cloche de la récréation sonna, Ron et Harry quittèrent la serre du Professeur Chourave.
- Bon, tu vas me dire ce qui se passe Harry ?, finit par demander Ron. Tu es silencieux depuis ce matin, en fait depuis que tu es revenu de ton cours de potion ! Et puis où est passée Hermione, hein ?
- Je ne peux rien te dire, répondit Harry.
- D'accord, elle se cache pour ne pas être collée à quelqu'un, c'est ça ?, essaya de deviner Ron. Pauvre Hermione, je n'aimerais pas être à sa place.
- Ecoute...
Tout en marchant, ils avaient rejoint la cour intérieure de Poudlard où se réunissaient la majorité des élèves lors des intercours. Tous ceux présents discutaient avec animation et certains d'entre eux agitaient une photo. Harry comprit aussitôt qui avait été photographié. Il attrapa Ron par la manche et l'attira dans un endroit tranquille :
- Harry, qu'est-ce qui se passe, bon sang ?
- Il faut que je te dise...
- Quoi ?
- Hermione.
L'expression de Harry était telle que Ron devina sans peine :
- Qui, qui est-ce ?!
- ... Malfoy...
- ... Quoi ?, fit Ron dans un souffle. Draco Malfoy ? Avec Hermione ?! Non ce n'est pas possible !
Le jeune rouquin était à la fois peiné et incrédule.
- Les photos qui circulent... tu penses que ce sont eux ?
Harry hocha la tête.
- Très bien, alors je veux les voir.
Et avant que Harry n'ait pu dire quoi que ce soit, Ron était retourné dans la cour intérieure. Il repéra bien vite où s'agglutinaient les élèves : il joua des coudes pour se retrouver tout près de Colin qui écoulait son stock de photos à la vitesse de la lumière.
- Trois mornilles la photo du couple de la Saint-Valentin ! Seulement trois mornilles ! Dépêchez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde ! Trois mornilles !
Nda- Environ 1,50 euros selon le convertisseur de l'encyclopédie HP.
- Colin, je veux une photo.
- Bien sûr, c'est trois mornilles.
Mais Ron, comme dans un état second, lui prit une photo des mains. Il resta hypnotisé alors que Colin insistait :
- Ron, c'est trois mornilles !
Harry qui s'était approché donna discrètement l'argent au paparazzi en herbe, avant de prendre Ron par le bras pour le tirer de la cohue.
- Harry... Elle est collée à Malfoy !, finit par dire Ron, complètement catastrophé.
- Je sais.
- Malfoy et elle... Elle est collée à Malfoy !, répéta-t-il sous le choc.
- Ron, tu sais, ils finiront par se décoller, c'est ce qui se passe à chaque fois, fit Harry sur un ton réconfortant.
- Mais...
- Ecoute, tu vois Hermione tomber amoureuse d'un Serpentard et surtout, de Malfoy ?
- Non mais...
- Ca n'arrivera pas.
- Tu en es sûr ?
- C'est d'Hermione dont on parle, et je te rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, elle a frappé Malfoy.
Ron parut un peu soulagé :
- C'est vrai. C'est notre Hermione, après tout.
- Tout à fait.
Ron examina encore la photo :
- D'ailleurs, ça se voit bien, regarde comme elle essaye de se décoller de ce prétentieux imbécile.
Effectivement, sur la photo, celle que Colin avait prise lorsqu'ils sortaient des appartements réservés aux Préfets de Serpentard, Hermione - comme Draco - ne cessait de tirer comme pour récupérer sa main. Il était clair qu'aucune des deux victimes ne supportait d'être ensemble sur la même photo. Peu à peu, Ron finit même par sourire :
- Je suis même prêt à parier que Hermione ne tombera jamais amoureuse de ce bellâtre prétentieux ! Un gallion d'or, même ! D'ailleurs, une fois qu'ils seront décollés, je demanderai à Hermione de...
Il s'interrompit, un peu gêné.
- Enfin bref, quand je verrai Hermione, je lui dirai qu'elle peut compter sur moi, je ne l'abandonnerai pas.
Harry sourit et lui donna une tape sur l'épaule :
- Dans ce cas, on sera deux à le lui dire.
Mais Harry n'était pas aussi optimiste que Ron : pourquoi dès le matin, Hermione avait-elle été soulagée qu'aucun d'eux n'ait mangé de chocolat ? Il avait toujours cru que Hermione et Ron finiraient par sortir ensemble, que ce n'était qu'une question de temps, alors pourquoi avait-elle eu cette réaction étrange ? La peur de se retrouver collée à quelqu'un ou... ?
4
De leur côté, Hermione et Draco se dirigeaient vers le bureau du Directeur de Poudlard, tout en discutant sur la façon de prendre le Choixpeau. Ils marchaient à pas lents, toujours peu habitués au fait de devoir marcher ensemble. En effet, Hermione avait l'habitude de marcher vite, toujours pressée que ce soit pour un cours ou ses devoirs. Malfoy lui prenait normalement le temps de parader au milieu de sa « cour ». Le compromis entre les deux était délicat à mettre en place : devoir faire quelque chose ensemble - peu importait que ce soit une chose aussi simple - les contrariait énormément. La trêve des toilettes avait cessé... mais ils savaient tous deux que s'ils échouaient à se séparer, le bref passage aux toilettes ne serait pas le pire des moments qu'ils devraient partager. Hélas.
- Bon tu as une idée pour voler le Choixpeau ?
- Pas voler, Malfoy, emprunter. Juste le temps de lui poser quelques questions, sur le sortilège et sur les tableaux des Fondateurs. Après on le rendra.
- Je ne suis pas certain de le restituer intact si ce bout de chiffon crasseux ne nous aide pas..., grommela-t-il. Enfin, va pour emprunter. J'imagine que tu as une idée ?
- Pas vraiment non. Tu ne connaîtrais pas un sortilège pour emprunter un objet en toute discrétion ? Tu pourrais le jeter et...
- Non, désolé. C'est ton idée, c'est toi qui l'exécutes : je n'ai aucune envie de me mettre à dos Dumbledore. Donc ce sera toi qui lancera le sort et toi encore qui sera responsable en cas de problème, fit Draco avec un soupçon de mépris.
Hermione se mit à lui broyer la main en un geste de contrariété qu'elle ne put réprimer.
- D'accord, tu ne veux pas te salir les mains, hein ! Cela ne m'étonne pas.
- Disons plutôt que je tiens à me faire discret cette année. Et arrête de serrer ma main si fort.
- C'est un peu tard pour dire ça, ironisa Hermione. Et je fais ce que je veux !
- Tu es intelligente et tu as parfaitement compris ce que je voulais dire. M'écraser la main ne t'avancera à rien sauf peut-être que la prochaine fois, je ne t'aiderais pas pour ta jupe.
- Aucune importance : j'ai déjà résolu le problème alors c'est inutile de me menacer, répliqua Hermione sans s'expliquer davantage. Je te rappelle que nous sommes ensemble dans la même galère, alors tu as tout intérêt à m'aider à emprunter le Choixpeau.
- Voler, glissa Draco.
La jeune fille choisit de ne pas relever et poursuivit :
- Si tu ne veux pas le faire, ce n'est pas grave, je m'en chargerai, tant pis. Il faut juste nous mettre d'accord et trouver un plan de diversion, voilà tout.
- Je sais.
- Car pendant ce temps, j'utiliserai un accio Choixpeau en sortilège non verbal. Il faudra que tu sois dos à Albus...
- Je sais.
- ... Pour qu'il ne se rende pas compte de ce que je fais. Tu me cacheras comme tu es plus grand que moi.
- Je sais.
- Mais tu vas arrêter de dire ça, oui ! Il nous manque toujours le moyen de détourner son attention, le temps que le Choixpeau arrive dans mes mains !
- Je sais et je vais t'embrasser, déclara Draco, tout grimaçant.
Mais il paraissait résigné à faire face à cette terrible épreuve.
- Pardon ?, dit Hermione en s'arrêtant net de marcher.
- Pour le distraire, bien sûr ! Quoi, tu pensais que c'était pour toi ?
- Non mais ça ne va pas ! Tu es complètement fou !
- Je n'ai jamais eu de plainte, amour. Et puis qui sait, peut-être que je t'apprendrais quelque chose ? Comme ça, Weasley pourra me remercier !
La jeune sorcière avait fermé les yeux et essayait visiblement de concentrer sur quelque chose pour chasser sa colère :
- Quoi encore ?
- Je compte, lâcha Hermione exaspérée.
- Mais pourquoi ?
- Pour ne pas faire quelque chose que je pourrais éventuellement regretter. Comme te crucifier ou que sais-je encore.
- Parce que j'ai parlé d'un baiser ? Bon sang, ne soit pas si pudique, ce n'est qu'un baiser !
Elle ne répondit pas. Draco comprit tout à coup :
- Attends tu veux dire que... jamais ? Jamais ? Mais... et Krum ?
- Je refuse de répondre Malfoy. Dis-moi plutôt pourquoi un baiser distrairait Dumbledore ?
- Granger... Tu connais les probabilités pour que je t'embrasse spontanément ?
- Nulles, répliqua-t-elle. Et même dangereuses.
- Parfaitement, nulles et... Comment ça, dangereuses ?
- Je sais parfaitement me défendre Malfoy. Passons.
- Bref ça devrait le surprendre, j'imagine qu'il ne s'attendra pas à ça ! Et donc tu pourras utiliser ton accio en toute discrétion !
- On ne pourrait pas trouver autre chose ?
- Bien sûr amour si tu as une meilleure idée, sachant que nous sommes liés et qu'aucun de nous ne peut vraiment le distraire à cause de ça...
Ils se remirent à marcher en silence, alors qu'Hermione cherchait désespérément une autre idée.
- Alors,t toujours pas d'autre idée ?
Le ton était moqueur.
- C'est une idée idiote.
- Mais tu n'en as pas d'autre, n'est-ce pas ?
- La ferme Malfoy.
- Je suis choqué amour. Sincèrement choqué. Après tout, nous sommes le couple de la Saint-Valentin, c'est bien normal que nous nous embrassions !
- Ca t'amuse, hein de me mettre mal à l'aise comme ça !
L'expression moqueuse de Draco disparut pour laisser place à un froid mépris :
- Tu n'as pas idée. Ce sortilège m'a collé avec toi, il faut bien que je me venge sur quelqu'un, non ?
- Mettons tout de suite les choses au point : si tu oses glisser ta langue dans ma bouche, je te mors sans hésiter. Compris ?
- Tu as l'art de refroidir les amoureux. Ca doit être pour ça que tu es toujours seule...
Ils étaient arrivés devant la gargouille située au deuxième étage, et qui dissimulait l'un des accès menant au bureau du Directeur.
- Il ne t'est pas venu à l'esprit que c'était un choix de ma part ?, riposta-t-elle sèchement.
- Oh, mais bien sûr... Et Weasley ?
- Quoi encore avec Ron ? Tu m'as déjà dispensé tes précieux conseils de drague tout à l'heure, je te rappelle.
Mais Draco ne l'écoutait pas, il venait de comprendre quelque chose d'essentiel :
- Tu attendais qu'il fasse le premier pas, c'est ça, j'ai raison, n'est-ce ? Tu es trop timide pour le faire !
- Je n'aurai jamais pensé que ce sujet puisse autant te passionner, fit platement Hermione sans répondre.
Et pour cause, puisqu'il avait parfaitement raison. Elle enrageait qu'il parvienne à lire en elle si facilement. Etait-elle si transparente ?
- Bon allons-y, poursuivit-elle.
En effet, la gargouille avait bougé pour dévoiler un escalier. Avant que Draco n'ait pu répondre, Hermione s'y était déjà engagée : il n'eut d'autre choix que de la suivre puisque les escaliers montaient tous seuls. De toute évidence, ils étaient attendus.
Quelques instants plus tard, ils se retrouvaient devant la porte du bureau de Dumbledore. Mais avant qu'ils n'aient pu essayer de revoir leur « plan », la porte s'ouvrit :
- Ah parfait, je vous attendais !, dit Albus avec entrain.
Hermione était à Poudlard depuis plus de six ans, mais elle avait l'impression que le sorcier ne changeait pas. Il portait toujours ses éternelles lunettes en demi-lune ; ses cheveux, sa barbe et sa moustache, étaient toujours argentés. On aurait dit qu'il avait arrêté de vieillir. Hermione prit le temps de détailler le bureau du Directeur ; elle y venait plus rarement que Harry et chaque fois, il lui semblait découvrir de nouvelles choses. Mais aujourd'hui, elle voulait juste repérer où se trouvait le Choixpeau.
- Entrez et asseyez-vous, je vous en prie, ajouta-t-il.
Hermione s'assit la première et Draco n'eut pas d'autre choix que de rapprocher le second siège du sien, pour ne pas tomber comme le matin.
- Je vous avais demandé de passer, mais je pensais que vous l'auriez fait plus tôt, il ne reste plus beaucoup de temps.
- Temps pour quoi ?, s'inquiéta Hermione. Pour nous séparer ?
- Non c'est impossible, la reprit Albus. Enfin je voulais dire plus beaucoup de temps pour vous préparer pour ce soir.
- Ce soir, quoi ?, intervint alors Draco.
- Eh bien Monsieur Malfoy, je vous rappelle que Mademoiselle Granger et vous-même devez danser ensemble.
- Non, répondit automatiquement et de façon synchrone le couple de la Saint Valentin.
- Si vous êtes d'accord sur une chose, vous le serez pour d'autres, dit Albus sans avoir l'air de prêter la moindre importance à leur refus ferme.
- Nous ne danserons pas ensemble, expliqua posément Hermione. C'est hors de question.
- Vous devez danser ensemble. C'est une très vieille tradition et si vous ne le faites pas… Eh bien, vous risquez d'être collés davantage, expliqua le facétieux directeur.
- Comment ça davantage ?, répéta Hermione.
- Plus seulement par la main.
Elle le regarda horrifiée :
- Quoi, par la jambe ?
Déjà elle se voyait marchant dans les couloirs avec Malfoy... Et les toilettes, la douche ? Oh par Merlin, ce n'était même pas envisageable !
- J'accepte !!, firent-ils tous les deux ensemble.
Visiblement, ils avaient pensé aux mêmes inconvénients en même temps, encore une fois de façon synchrone.
- Parfait. Vous trouverez vos robes de bal dans les appartements de Monsieur Malfoy. Je vous donnerai votre emploi du temps demain matin, lors du petit déjeuner. Comme Mademoiselle Granger suit beaucoup de cours, il n'est pas aisé à mettre au point... Bref, je vous ne retiens pas plus longtemps et je compte sur vous pour le bal : vous danserez sur la première chanson.
- C'est juste une danse, alors ?, fit Hermione soulagée.
- Bien sûr : vous ouvrez le bal, voilà tout. Mais rien ne vous empêche de danser plus longtemps.
Hermione retint à temps une réflexion sarcastique.
- Il y a juste une chose essentielle, intervint Draco. Je vous demande de bien vouloir interdire les photos durant toute la durée d'action du sortilège. Je n'ai aucune envie que ma famille l'apprenne ainsi, car qui sait ce qui pourrait alors se passer. J'ai une tante particulièrement sujette aux réactions démesurées, voyez-vous.
- Bien sûr, cette chère Bellatrix, comprit Albus. Il est vrai qu'il lui est déjà arrivé de méconnaître la portée de ses actes... Toutefois, pour les photos, Monsieur Malfoy, je ne peux rien faire : je crois savoir que vous avez déjà été photographiés.
Hermione observait Malfoy du coin de l'oeil : il semblait d'un calme olympien et avait cet horripilant petit sourire en coin qu'il arborait lorsqu'il se trouvait au milieu d'autres Serpentards. Il était ce parfait crétin arrogant qu'elle connaissait depuis six années. Oui ce crétin qui essayait maladroitement de lui sauver la vie devant quelqu'un qu'il méprisait profondément. C'était incohérent. Peut-être avait-il dit la vérité : il faisait tout ça pour éviter de traîner un cadavre derrière lui. Cela serait bien plus rassurant.
- Dans ce cas, vous pouvez au moins veiller à ce que cela ne se s'ébruite pas hors de l'école.
Le sourire bon enfant d'Albus disparut et il redevint ce puissant sorcier qu'Hermione avait déjà aperçu lors de moments critiques :
- Monsieur Malfoy, je ne peux pas empêcher les élèves de communiquer avec leur famille : quoique je fasse, votre mère et votre tante seront bientôt averties de la situation, de même que votre père, je n'ai aucun doute à ce sujet. J'ignore pourquoi le sortilège vous a choisi tous les deux, mais il y a une chose que je peux vous promettre : il n'arrivera rien à Mademoiselle Granger tant que vous resterez dans le château. Je ne peux que vous conseiller d'éviter de vous rendre à Pré-au-Lard tout le temps que durera ce sortilège, ou du moins pas sans un Professeur pour veiller à tout danger.
- J'en déduis que vous savez que nous ne resterons pas collés toute l'année, fit Draco.
- C'est exact. J'ajouterai que vos craintes concernant votre tante sont parfaitement fondées : elle abhorre ce sortilège pour en avoir déjà été victime...
- Ma tante ?, fit Draco surpris.
A ses côté, Hermione eut un bref sursaut : Bellatrix était mariée à Rodolphus Lestrange et elle savait, grâce à l'arbre généalogique du Manoir Black, qu'il y avait une différence d'âge d'environ huit ans entre eux : ils n'avaient jamais été à Poudlard en même temps.
Nda - Selon l'encyclopédie Harry Potter, Bellatrix Lestrange est née en 1951 et a effectué ses études à Poudlard en tant que Serpentard de 1962 à 1969. Or il est également indiqué que Rodolphus a effectué ses études dans la maison de Serpentard, mais au début des années 1970...
Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : le sortilège de la Saint-Valentin pouvait échouer. Hermione se sentit beaucoup plus légère.
- Parfaitement. Bien, j'ai encore des préparatifs à réaliser pour le bal de ce soir, alors je vous laisse vous préparer, conclut Albus en se levant.
En signifiant par là que leur entretien était clos. Hermione donna un discret coup de pied à Draco, qui lui jeta un regard méprisant en réponse, avant de se lever pour l'entraîner à sa suite.
La jeune fille avait largement eu le temps d'observer le bureau de Dumbledore, cette large pièce circulaire au capharnaüm soigneusement organisé : en effet, tous les objets relatifs aux quatre Fondateurs étaient soigneusement disposés sur les étagères d'un même meuble. C'était ainsi que l'épée de Godric était posée tout près du Choixpeau... Depuis quelques instants, elle se concentrait, prête à lancer son sortilège d'attraction. Tout en repoussant cette vague appréhension qu'elle éprouvait à propos de cette stupide idée de baiser... Car embrasser Malfoy était bien la dernière chose qu'elle souhaitait.
- Au fait, Hermione, autant répéter pour ce soir.
- Pardon ?
- Il faut conclure la danse par un baiser, expliqua-t-il.
- Mais...
« Non mais, il n'aurait pas pu trouver une excuse plus crédible ? C'est un Serpentard, oui ou non ? »
Draco attira Hermione à lui de sa main libre, tout en se déplaçant légèrement pour cacher la jeune fille. Avant de poser ses lèvres sur les siennes, il murmura seulement :
- A toi, amour.
« Accio Choixpeau !!! »
Et Hermione sut qu'elle avait fait une erreur en acceptant cette idée de diversion. Une grave erreur qui n'autorisait aucun retour en arrière.
Les lèvres de Draco étaient douces contre les siennes mordillées à force de stress. Il était si proche qu'elle ne pouvait ignorer la fragrance de son corps. Légère et enivrante. Et s'il n'y avait que cela... Il y avait cette main posée doucement sur ses reins, chaude et caressante. Et celle posée sur sa nuque, toute aussi taquine et légère. Il était doué. Elle était forcée de l'admettre. Vraiment doué, même.
Plus encore avec ses lèvres, douces et persuasives, quémandant une réponse avec délicatesse, sans rien imposer. Hermione eut un étrange vertige alors qu'une inconnue prit les commandes. Elle fut à peine distraite par un morceau d'étoffe qui vint effleurer l'une de ses mains avant de tomber à terre dans un bruit soyeux, car déjà elle avait entrouvert ses lèvres et d'une langue timide, elle effleurait cette bouche tentatrice. Les mains sur son corps parurent électrisées à ce simple contact, se faisant plus présentes, plus exigeantes.
Quelqu'un gémit doucement et le baiser timide se transforma en un baiser torride. Hermione se sentit envahie par un désir accompagné d'un grande curiosité : celle de découvrir... plus !
Lorsque tout à coup Draco la repoussa presque brutalement, avant de déclarer :
- ...On doit aller... se préparer. Allez viens !
Et il la tira par la main sans lui laisser le choix, avant de refermer la porte sur eux deux. Hermione eut un retour brutal à la réalité, avec un brusque écoeurement d'elle-même et de celui qui lui faisait face :
- Mais... qu'est-ce que tu as fait ?, accusa-t-elle aussitôt.
Mais avant que Draco n'ait pu répondre, la porte du bureau de Dumbledore se rouvrit.
- Au fait, Mademoiselle Granger, vous oubliez quelque chose.
Et il leur tendit le Choixpeau avec un sourire narquois :
- Prenez-en soin et rendez-le moi le soir, voulez-vous ? Vous n'êtes pas les premiers à avoir eu cette idée... Bref, n'oubliez pas le bal de ce soir.
La porte se referma, les laissant seul. L'escalier se mit lentement à redescendre pour les conduire au deuxième étage.
L'un comme l'autre restait obstinément silencieux. Ce ne fut qu'une fois dans le couloir qu'Hermione se permit une simple remarque :
- Au moins, nous avons le Choixpeau : ce cauchemar va prendre fin.
Sa voix n'était pas comme d'habitude, d'ordinaire sûre et presque tranchante. Elle était choquée par ce qui venait de se passer, ou plutôt par ce qu'elle venait de faire...
- Heureusement que ce n'est pas grâce à toi : tu as laissé tomber le Choixpeau. Mais à quoi tu pensais ?
Tant mieux, il n'avait pas perçu son trouble.
- Bon d'accord, il fallait le distraire mais tu crois que c'était la peine de gémir, et de te coller contre moi comme ça, hein ? Si jamais ça se sait... Je n'aurai jamais cru que tu sois ainsi, amour.
Amour. Depuis le matin, ce petit mot l'avait agacé avant de devenir une insulte. Là ce n'était plus que deux syllabes affilées et blessantes. Bizarre.
- Comment ça ?, voulut-elle pourtant savoir.
- Excitante. Franchement, je ne pensais pas que tu m'aurais menti sur cette histoire de premier baiser ! C'est sans doute ton côté gryffondor sainte nitouche qui m'a poussé à te croire...
Hermione eut mal que quelqu'un - même ce damné Serpentard - puisse penser qu'elle ait menti sur quelque chose d'aussi simple.
- Je ne t'ai pas menti, murmura-t-elle.
Le jeune homme ne put retenir un rire incrédule :
- Et tu penses que je vais te croire ?
La jeune sorcière serra les dents :
- Laisse tomber, et occupons-nous du Choixpeau.
- Tu sais pour finir, je vois de nouvelles possibilités à notre infortune mutuelle..., sous-entendit Draco. Toutes très intéressantes.
Hermione s'arrêta pour le forcer à lui faire face :
- Arrête ça. Tu me dégoûtes !
- Je n'aurai jamais cru que tu m'aurais menti, fit-il froidement.
- De un je n'ai pas menti et de deux, tous les Serpentards sont des adeptes du mensonge, alors excuse-moi mais tu es mal placé pour dire quoi que ce soit !
- Exact, mais toi, une Gryffondor... mentir !
- Je-n'ai-pas-menti !
- Alors comment expliques-tu ton baiser enthousiaste ?
- ...Tu es doué, voilà tout, répliqua Hermione en laissant tomber.
Inutile d'argumenter pendant des heures : elle avait deviné qu'il ne lâcherait pas prise sans une véritable réponse.
- Comme ça, je suis doué ?
- Tu as eu la réponse à ta question, alors n'insistes pas.
Ils se remirent à marcher. Hermione excédée par cette conversation stupide, marchait d'un bon pas. Draco la suivait sans tomber.
- Je suis... doué, répéta-t-il toujours incrédule.
Il s'arrêta tout à coup, contraignant la jeune fille à faire de même. Il la fixa de ses yeux gris tout en cherchant la moindre trace de moquerie en elle. Puis il dit dans un souffle :
- Toi aussi, amour. Tu sais, on ferait des étincelles ensemble.
Hermione eut une curieuse sensation qui disparut aussitôt sous la froide logique de son esprit :
- Je ne suis pas intéressée, Malfoy. Bien puisque c'est réglé, il est temps de nous occuper du Choixpeau.
Elle se remit à marcher, sans plus le regarder.
Draco en aurait hurlé de frustration. N'importe quelle fille l'aurait embrassé à nouveau et là, peut-être aurait-il pu comprendre ce qui s'était passé dans le bureau. N'importe laquelle, mais non : il était tombé sur la seule de tout Poudlard qui lui résistait avec une volonté inébranlable. Il savait aussi que ce n'était pas par hasard, si effectivement le Choixpeau choisissait ses victimes.
Seulement il refusait de succomber et d'aller, lui, l'embrasser pour avoir le coeur net. Il ne ferait pas cela, pas avec elle, ce serait une déchéance. Le plus étrange était que l'idée d'embrasser une sang-de-bourbe ne provoquait plus le fou rire habituel intérieur - mêlé de mépris et d'ironie - et qui l'avait saisi en début de journée. Alors il fit appel à la raison : agir ainsi serait signer son arrêt de mort.
C'était un argument plus convaincant. En tout cas, il l'espérait. Car même s'il n'envisageait qu'une seule nuit pour satisfaire sa curiosité - et sans aucun doute la sienne - cela suffirait à le condamner aux yeux du clan des Malfoy. Et Draco ne pouvait pas se le permettre, pas avec son père en prison et sa tante au Manoir...
Son visage arbora son expression la plus froide et il suivit Hermione en silence dans les appartements réservés aux Préfets de Gryffondor. Jusqu'au moment où il se rendit compte qu'elle ne faisait plus attention à lui malgré leurs mains collées. Il devina sans peine qu'elle ne réfléchissait qu'à une seule chose et ce n'était pas lui : elle cherchait comment faire parler le Choixpeau... Elle était vraiment différente des autres filles. Mais ce n'était pas le plus important : c'était la première fois qu'on l'ignorait autant et il découvrait que ce n'était guère agréable.
La chanson vient du film 4 : il fallait une chanson que n'importe quel jeune sorcier anglais pouvait connaître et apprécier. Ne voyez rien de caché dans le choix du texte que j'ai inséré dans ce chapitre. J'espère que vous n'avez pas été déçus par ce chapitre, c'est ma principale angoisse parce que j'ai mis beaucoup de temps à l'écrire !
Enfin, si vous passez à la Japan Expo, n'hésitez pas à passer sur mon stand : vous aurez de bonnes surprises dans mon fanzine, en plus de la fic sur les origines de la Saint-Valentin. N'hésitez pas à me mailer pour plus de détails ou pour mon précédent fanzine ! Bon j'y retourne pour qu'il soit prêt parce que j'ai pris du retard...
Edit : comme me l'a fait remarqué Phaine, il n'y a pas besoin de déboutonner une jupe (en fait j'avais écrit ça avec un pantalon alors j'ai juste changé le mot pantalon par jupe) Bref, je suis vraiment fatiguée pour faire des erreurs aussi évidentes (et ça se voit que j'ai horreur de porter des jupes...!!!)
