- 3. Errance -
C'est l'esprit encore embrumé de ses réflexions passées, qu'elle se réveilla, ce matin là. Il se trouvait que ça lui avait fichu un mal de crâne. Elle jeta un coup d'œil à son réveil. Six heures. Elle n'avait pas beaucoup dormi. Et elle avait été hantée par un cauchemar, pendant toute la nuit. Dans celui-ci, il mourrait. Il mourrait, la laissant seule. Elle soupira, ennuyée par son rêve étrange. La maison était encore endormie, alors, elle s'habilla et sortit de la maison, sans aucuns bruits. Dehors, le brouillard régnait, et le froid était frappant. On n'y voyait pas dix mètres plus loin. Elle se rendit au grand parc de la ville. Tout y était blanc par la gelée matinale. Elle marcha jusqu'au petit lac, qui était, cet hiver, gelé. Elle fit quelques pas sur la glace, et se baissa. Elle resta quelques secondes à regarder dans le vide, avant de dessiner un petit cœur. Celui-ci était brisé en deux, et recollé par un pansement. Elle s'en alla, laissant seulement son dessin, et des traces de pas dans l'herbe gelée. Le vent soufflait, le ciel était gris. Les nuages grisâtres s'amoncelaient. Elle regarda sa montre. Six heures trente. Elle quitta le parc pour aller errer ailleurs. Ailleurs. Dans les rues, il n'y avait personne. Un dimanche matin. De plus que le temps était affreux. Donc, cette solitude qu'elle ressentait était parfaitement normale. Le temps passait, lentement, elle allait et venait, ne réfléchissant plus, regardant simplement le paysage blanc et triste. Elle marcha, encore, encore, et encore, jusqu'à ce retrouver au centre ville. Devant la fontaine éteinte. A ce moment là, il se mit à neiger. Des petits flocons, puis des plus grands. Elle leva les yeux et regarda le ciel. A présent, le il était devenu blanc. Un ciel de neige. Cela allait surement provoquer la joie chez les enfants. Elle se remit en marche, en observant toujours le ciel, quand elle entendit un glapissement. Elle baissa les yeux et découvrit qu'elle marchait sur la queue d'un chien, allongé là, couvert par la neige. Elle recula d'un pas, et s'accroupit, posant sa main sur l'animal. Il était gelé. Elle passa ses mains dans les longs poils de son cou, et sentit qu'il n'avait pas de collier. Le chien était petit, du même blanc que la neige qui l'avait recouvert. Elle le souleva, et le regarda. Il était surement abandonné. Elle reprit le chemin de sa maison, tenant le chien grelotant dans ses bras. Arrivée chez elle, elle déposa l'animal près du radiateur. Son ancien chien s'était enfuit, surement par manque d'affection. Elle s'assit à côté de l'animal, et le caressa. Après quelques minutes passées ainsi, elle se releva, et, pris une feuille de papier et un stylo. Elle inscrivit « J'ai trouvé ce chien dehors, à moitié gelé. Je l'ai ramené ici pour qu'il évite de mourir de froid. Je dois aller faire quelque chose d'important, je ne sais pas quand je serais revenue, ne mettez pas le chien à la porte. – Jude » Elle déposa le papier sur la table, et s'en alla. Encore une fois, elle posa les yeux sur sa montre, qui affichait 8 heures. Dehors, la ville commençait à s'éveiller. Maintenant, elle s'avait qu'il était temps d'y aller. Elle reprit le chemin du centre ville, mais tourna avant celui-ci, et prit une autre rue. Elle s'arrêta devant une maison. Elle sonna à la porte. Après une bonne dizaine de minutes d'attente et quelques coups de sonnette plus tard, il ouvrit. « Qu'est ce que tu fait là ? » Demanda-t-il, surpris de la voir à cette heure si matinale. « Salut. » Dit-elle, innocemment. « Entre » Dit-il, dans un soupir, et n'ayant pas envie qu'elle finisse malade a cause du froid. « Alors ? » Il faisait référence à ce qu'elle lui avait dit. « Alors, j'ai décidé de te pardonner, de toute façon je n'arrive pas à me tenir loin de toi » Il la fixa d'un regard intense, n'y répondant rien. Elle retira son écharpe et sa veste, et alla se caler dans ses bras. Il laissa ses mains errer sur son corps, satisfaisant le fait que ne plus la toucher lui avait terriblement manqué. Elle restait pressée contre lui, le laissant faire, savourant simplement le contact, la chaleur de son corps après le rude froid de l'hiver. Elle ferma les yeux, elle aurait pu s'endormir là. Heureux. Heureux de s'être retrouvés. Heureux de pouvoir à nouveau se toucher. Heureux de pouvoir se reparler, d'une voix douce, et non plus de cris et de voix tristes, rauques, énervées. Il la repoussa doucement, pour mieux pouvoir l'observer. Elle était belle. Elle qui était venue le voir ce matin, dans le froid et la neige. Elle qui était tout pour lui. Elle qu'il voulait avoir pour toujours. Il entrelaça ses doigts aux siens. Elle ne résista plus à l'envie de l'embrasser. Ils laissèrent leur corps se toucher à nouveau. Il brisa leur étreinte. « Finalement, il ne t'a pas fallut trop de temps pour décider... » Conclut t'il, un sourire aux lèvres. « Eh oui. » Elle se rapprocha à nouveau de lui, non pas pour l'embrasser, mais pour attraper sa lèvre inférieure et la mordiller doucement. Il se dégagea. « Bah alors ma belle, qu'est ce qu'il y a ? » Si elle avait agit comme ça, c'est qu'elle avait quelque chose à réclamer. « On va se balader ? » Il ne pouvait pas lui refuser ça, alors, il alla enfiler une veste, et lui attrapa la main, l'entrainant dehors avec lui. Ils commencèrent à marcher, dehors, dans la rue enneigée. Ils ne disaient rien. Elle pensait aux évènements de ce matin, quand elle se rappela du chien. « Tommy, il faut que je passe chez moi » S'écria-t-elle, tout un coup. Il lui jeta un regard étonné, mais avant qu'il ne puisse poser de questions, elle lui dit qu'il verra bien pourquoi. Elle l'entraina à sa suite, jusqu'à sa maison. Ils entrèrent, et virent Sadie, jouant avec l'animal. Elle leva les yeux, les voyant devant elle. « C'était ça, ton truc important... Et tu nous laisse des visiteurs, en plus.» Elle ignora ces phrases. « Où est papa ? » Demanda t'elle, faisait passer la conversation à un sujet plus important. « A un voyage d'affaires, on l'a appelé ce matin, et il devait partir tout de suite. Il reviendra dans une semaine. » La jeune femme enchaina de suite, sans lui laisser le temps de répondre. « Ce soir, je suis chez Kwest, en clair, tu sera seule ce soir. » Elle jeta un coup d'œil à Tommy. « Et ne fait pas de bêtises. » Sur ce, elle monta à l'étage. « Ta sœur peux être pipelette parfois... » Lança t'il.
