- 4. Peur -

Il était tard, vers les vingt-trois heures, quand il la ramena chez elle, ce soir là. La route était glissante et il pleuvait des cordes. Bien que le spectacle de la pluie tombant comme un rideau autour de la voiture sois une vue appréciable, elle fut effrayée. Mais il semblait tellement sur de lui. Comment rester craintive devant un tel visage ? Alors, elle lui avait fait confiance. Elle lui offrait, dans ce genre de moments, une confiance totalement aveugle, qu'elle ne regrettait jamais. Qu'importe en était les conséquences. Bien sur, tout le monde n'appréciait pas leur relation. Et ils étaient le centre d'odieux commérages. Aussi, c'était déplaire à Sadie, qui ne manquait pas de leur lancer un regard mauvais, pensant que leur relation serait bientôt finie. Mais ils oubliaient ça, concentrés seulement sur la présence l'un de l'autre. Et le fait qu'ils soient ensemble après ce temps d'attente. Rien ne pouvais remplacer le bonheur qu'ils ressentaient quand ils étaient ensemble. Rien. Et c'était ça qui les rendait tellement indestructibles. C'est pour cela qu'ils se retrouvaient toujours, malgré tout les empêchements, les obstacles. Rien, sauf les choses inévitable. Comme ce soir là. Ce soir là, où la voiture avait dérapé. Ce soir là, où la voiture alla s'encastrer dans un arbre. Elle était encore assez consciente pour voir son sang s'écouler, pour le voir totalement blessé. Non, il n'y survirait pas. Il ne se sentait pas mal, au contraire, il se sentait bien. Affreusement bien. Même si toute vie allait le quitter. Son sang s'échappait de lui avec douceur, ses blessures ne le faisait plus souffrir. Il ne pensait plus. Elle se réveilla. Avec pour première pensée, celle d'avoir eu envie de ne plus ouvrir les yeux. Car elle savait qu'il n'était plus. Elle prit tout de même soin, dès qu'une infirmière eu constaté qu'elle était réveillée, de lui demander si son aimé était encore vivant. La réponse était attendue. Non, il n'était plus là. Non.

C'est à ce moment là qu'elle se réveilla en sursaut, sans pouvoir étouffer un cris. En même temps, elle le réveilla. Le réveilla ? Il était encore là. Ce n'était qu'un mauvais rêve, un de plus. Il fit glisser sa main sur sa peau nue, tachant de la rassurer de ses caresses. Il ne prononça pas un mot, sachant bien de quel mal elle souffrait. Et il ne pouvait rien y faire. Il détestait ne pas pouvoir l'aider. Surtout quand il était l'objet de ses cauchemars. Il déposa un baiser sur ses cheveux. Il désirait plus que tout qu'elle n'ai plus mal. Il voulait qu'elle oublie ses mauvais rêves pour ne plus jamais les revoir. Pourtant, chaque nuit ils revenaient la hanter, toujours plus douloureux.

La journée se déroula sans plus d'accident. Ils passèrent leur matinée à parler de tout et de rien. Vers midi, Sadie revint, accompagnée de Kwest. Elle ne fit aucun commentaire sur le fait que Tommy sois là. Aucun commentaire sur le fait que le chien lui sautait dessus, cherchant un compagnon de jeu. Elle se contenta de filer à la cuisine, toujours accompagnée de son chevalier. Le repas se passa dans l'animation des deux garçons, qui discutaient sans ce soucier des deux autres. Ce qui ne manqua pas de faire soupirer les sœurs, qui s'occupèrent alors de leur discussions. Par la suite, Jude insista pour qu'ils sortent. Alors, toute la journée se passa de jeux d'enfants dans la neige, et d'habits trempés par les flocons.