Chapitre 2 :
Nos journées ne furent plus pareilles à partir de cette nuit.
Cette aventure avait ouvert la boite de Pandore que j'avais - enfin je m'en étais persuadée - enfouie bien profondément en moi.
Prendre soin d'elle, faire attention à elle, veiller sur elle, la sentir contre moi, sa chaleur, son parfum de la journée, sa respiration dans mon cou, les battements de son cœur contre le mien, la maintenir en équilibre, l'envelopper et découvrir sa fragilité… j'étais si proche d'elle…
Toutes ses barrières qu'elle avait construites pour se protéger s'étaient dissipées dans son sommeil. J'avais non seulement été témoin de sa faiblesse mais en plus j'en avais été la gardienne. Un lien s'était tissé entre nous, me semblait-il. S'en était-elle rendue compte aussi ? Le partageait-elle ?
Cependant, quoiqu'il m'en coûtait, je devais me préserver. Alex ne quittait déjà plus mes pensées ; Alex endormie, Alex sensible, Alex grommelant, tout me semblait doux, enivrant.
Comme une junkie, j'attendais déjà ma prochaine dose.
Je guettais ses allées venues dans le bureau avec impatience, je m'empêchais de trouver des excuses pour aller la voir si le temps me paraissait trop long. Ca me tapait sur les nerfs, je ne l'avais plus revue depuis une semaine.
- « Olivia… tu vas bien ? » me demanda Elliot, me tirant de ma torpeur.
Nous étions assis derrière nos bureaux à classer nos dossiers en retard. Nous rangions nos papiers administratifs, nos fichiers. Aucune affaire ne nous demandait sur le terrain depuis 2 jours. Enfin un peu de tranquillité pour l'être humain … et pour nous.
- « Oui pourquoi ?
- Tu sembles bien loin ces derniers temps, perdues dans tes pensées. Ca fait 2h que tu es toujours sur cette feuille. Je ne t'aurais rien dit si elle n'avait été blanche. Tu as un problème ? Tu veux m'en parler… »
Elliot sait tout de ma vie. Nous sommes comme frère et sœur, quand je vais mal, il va mal. Nous fonctionnons par instinct lui et moi. Il ressent ce que je ressens, lui c'est moi et moi c'est lui, nous sommes indissociables, jamais l'un sans l'autre. C'est ma moitié et je suis la sienne. Nous sommes complémentaires, il anticipe mes mouvements, je couvre ses arrières. L'un sans l'autre c'est comme amputer un chirurgien, museler un indic'… nous ne servirions plus à rien.
Si je n'étais pas gay, sa femme aurait bien du souci à se faire. Mais elle sait tout de notre situation, elle a pleine confiance en lui, en moi, en nous. Elle comprend. Dans ce métier difficile, dans lequel on s'investit tant sur les plans personnel et affectif que sur le plan professionnel, si on n'a personne pour nous comprendre complètement, on se perd.
Et quand je me confie à Elliot, je sais que je me confie par personne interposée. Kathy est un peu ma sœur par alliance : elle me reçoit avec plaisir avec un tasse de café chaud à des heures impossibles quand je n'ai pas les idées claires, quand je ne peux plus maîtriser mon blues, quand je me prends trop la tête…
Elle tamponne nos caractères, relativise nos disputes et calme nos humeurs dévastatrices.
- « Non rien Elliot, ne t'inquiète pas. Ca passera, si ce n'est pas la cas, je viendrai te voir », lui répondis-je.
Je secouais la tête, chassant ces pensées qui prenaient de plus en plus le contrôle sur moi. Il était temps que je me reprenne en main, que je me ressaisisse.
- « Elliot, Olivia, dans mon bureau. »
Cragen ne pouvait pas mieux tomber, il fallait que je m'occupe l'esprit.
Il referma la porte, je m'assis sur la chaise en face de lui. Elliot se tenait debout dans le coin, à côté du porte manteau, les bras croisés, comme à son habitude, attentif.
- « Une petite fille de 8 ans est entrée à l'hôpital ce matin à 4h. Le kit viol s'est avéré positif, allez-y !
- On ne sait rien de plus ? » questionna Elliot.
- « Non, elle est dans le coma. Une sale blessure à la tête. »
Nous quittâmes le commissariat et nous roulâmes à tombeau ouvert et sirènes hurlantes vers l'hôpital St Vincent. Arrivés sur place, nous montrâmes nos badges aux agents de sécurité et demandâmes le docteur Anna Miguel.
C'était elle en général qui s'occupait de ce genre de situation. Elle avait un certain savoir faire et beaucoup d'expériences dans ce domaine ; elle parvenait à calmer les victimes, puis elle les auscultait, effectuait les prélèvements et prenait des photos.
Elle nous attendait à l'accueil, elle parlait avec une infirmière.
- « Ha Inspecteurs … je vous connaissais plus rapides… vous en avez mis du temps. »
Elle savait que nous arrivions au plus vite après son appel et nous sortait toujours une phrase piquante pour détendre nos muscles crispés.
- « La circulation », répondit Elliot, « vous savez ce que c'est…
- Ecoutez, je ne vais pas m'éterniser, j'ai malheureusement d'autres patients qui m'attendent. Cette gamine est arrivée ici tôt ce matin, le visage tuméfié, la lèvre fendue et l'œil gonflé. Elle a été battue et laissée, je suppose, pour morte. Mais elle est tenace, la petite…. Elle ne portait que ses sous-vêtements… sales et déchirés… Les voici, dit-elle en nous tendant un sac à évidence, je l'ai scellé moi-même.
J'ai envoyé les prélèvements au labo, vous recevrez les résultats dans quelques heures.
- Qui l'a trouvée ? » demandai-je.
- « Un tenancier de bar de la 13ème rue. Il fermait son café et jetait ses poubelles quand il l'a aperçue derrière le conteneur. Il est là dans la salle d'attente. Il est sous le choc, allez-y doucement. »
Elle nous le montra du doigt puis s'éloigna.
- « Inspecteur Elliot Stabler et voici ma partenaire Olivia Benson, de la USV. »
Nous lui montrâmes notre plaque.
- « Il semble que ce soit vous qui ayez trouvé la petite fille de la 13ème rue ? » continua-t-il en sortant son bloc note de sa poche revolver droite et cliqua sur son bic. « Pouvez-vous nous en dire plus ? »
L'homme se releva, il dépassait Elliot, qui était déjà grand, d'une tête. Pourtant, sa découverte l'accablait et il s'était entassé sur lui-même. Il était habillé de vêtements sombres, les manches de sa chemise étaient retroussées jusqu'à ses coudes, il portait un pantalon bleu marine de style militaire, resserré aux chevilles et des combat-shoes noirs.
Il avait le crâne rasé, le visage creusé, des cernes sous ses yeux rougis. Une barbe de deux jours poussait sur son menton. Son oreille droite était percée d'un anneau. Il se passa les mains sur la figure et se massa fortement les joues.
- « Pfff, souffla-t-il fatigué, j'en ai vu des choses dans ma vie. Je me vante d'être quelqu'un de solide et de fort… mais ça ! Ca ! Jamais ! Qui peut faire du mal à une gosse ? Ca me dépasse ! Je ne comprends pas… Elle était si fragile, si petite… dit-il en mimant, en berçant ses bras comme s'il la portait encore.
- Monsieur, s'il vous plait… voulez-vous bien nous accompagner au poste ? On sera plus à l'aise pour parler », lui demandai-je.
- « Oui … oui … bien sûr, tout ce que je peux faire pour l'aider … » répondit-il toujours dans ses pensées.
Au commissariat, dans la salle d'interrogatoire 7, je mettais le barman de « The Black Eagle » en confiance, j'essayais de l'apaiser ; il avait vraiment passé une mauvaise nuit.
- « L'inspecteur Stabler va arriver avec une tasse de café », lui dis-je. « En attendant, mettez-vous un peu à l'aise.
- Comment faites-vous pour voir, supporter, vivre ça tous les jours ? » me demanda-t-il, en me regardant droit dans les yeux.
J'évitais son regard, je ne voulais pas qu'il puisse déchiffrer toutes mes pensées, tous mes sentiments. Mes yeux s'obscurcirent mais heureusement, Elliot entra à point nommé.
- « Voilà, café fort noir, sans sucre, sans lait, de quoi vous requinquer. Si j'en étais autorisé, je vous aurai ajouté une goutte de cognac du chef… mais il faudra attendre la fin de votre déposition.
- Ok, si tout le monde est prêt, je commence le rapport. Il est spécifié que le témoin n'a pas demandé d'avocat. Vous vous appelez Mike Dies, patron du bar « The Black Eagle » depuis 23 ans, vous avez 48 ans.
- Oui. C'est bien ça. J'ai été à l'armée et j'ai aussi fait la guerre du Golfe en 1994, si ça peut servir… dans l'armée de terre.
- C'est toujours bon à savoir. Continuez », dis-je. « Racontez votre soirée.
- Je sortais les poubelles par l'arrière cour, j'avais fermé depuis 2h déjà. J'avais soulevé le couvercle de la benne à ordures quand j'ai vu … quand je l'ai vue … quand … »
Et il abaissa la tête et réfugia son visage dans ses mains.
- « Je sais que c'est pénible, il faut que vous continuiez, il faut que vous n'omettiez aucun détail », lui rappela Elliot.
- « J'ai vu deux petits pieds, tout petits… si petits. Il avait plu peu avant, dans la soirée … et ça m'avait marqué, parce que ces deux petits pieds brillaient sous la lumière des lampadaires de la ruelle… J'ai pris peur, vous comprenez… Je ne voulais pas y croire… je pensais qu'en fermant très fort les yeux, qu'en pensant à autre chose, ça disparaîtrait, que c'était le fruit de mon imagination… Mais c'était toujours là … J'ai avalé ma salive… J'ai respiré un bon coup et je me suis approché… Elle avait peut être encore besoin de moi …
- Elle ? » l'interrompis-je, « vous saviez que c'était déjà une fille ?
- Non… non … pas du tout, … j'ai dit « elle » … avec ce que j'ai vu après, maintenant … Mais non ! … Je n'aurais pas pu dire si c'était une fille ou un garçon… Pour moi c'était un enfant.
- Ok, poursuivez », lui recommanda Elliot.
- « Je me suis penché … Oh mon Dieu ! Quelle horreur … » s'exclama-t-il comme s'il revivait la scène … « Là j'ai vu que c'était une petite fille… Elle avait de longs cheveux roux … elle portait une petite chemisette tachée… sale … grise … tout était déchiré … elle était presque … » - il baissa les yeux de honte, se força à dire le mot tabou pour une enfant de cette âge – « … elle était presque nue … » dit-il à voix basse, à peine audible. « J'ai immédiatement retiré ma bombers pour la couvrir… je l'ai appelée…j'ai chuchoté… je l'ai touchée doucement… il fallait vous comprenez … je devais savoir … si … si …, mais il n'en put dire plus.
- Si elle était morte ? » l'aidais-je.
Il acquiesça.
- « Elle respirait encore… Je voyais sa petite poitrine monter et descendre au rythme de sa respiration… Après une chose pareille, après ce qu'elle a traversé … elle était encore en vie …vous imaginez ça, vous ?
J'ai composé le 911 sur mon portable … j'ai appelé, crié à l'aide. Puis je suis resté à côté d'elle … à lui parler … à lui dire que tout allait bien se passer … à essayer de la rassurer … qu'elle devait tenir bon …que tout s'arrangerait. Mais quel menteur je fais ! dit-il en colère. Comment ça pourrait aller mieux ?? Comment ai-je pu lui sortir une connerie pareille !? Pauvre petiote… Si je me retrouve en face de ce monstre ! Donnez moi cinq minutes … trente secondes me suffiront ! Le salaud ! Putain le salopard ! »
Il se leva et shoota dans sa chaise.
- « Calmez-vous Mike, calmez-vous. » Elliot posa ses mains sur ses épaules pour le tranquilliser. « Ca n'arrangera rien que vous explosiez… Ca n'aidera pas, ça compliquera plus l'enquête…
- Mike », fis-je pour attirer son attention, « souhaitez-vous appeler quelqu'un ? un proche, un ami, votre famille pour venir vous chercher ? Je vous conseille de ne pas rentrer seul… Ne gardez pas tout ça en tête… pour vous …
Et aussi … on aura besoin de vos vêtements. Tout ce que vous avez porté et portez depuis ce matin... Je suis désolée », dis-je après un moment de pause … « mais il faudra que nous vous prélevions des échantillons de peau, de la salive, une mèche de cheveux et que nous prenions vos empruntes digitales.
- Mais … Mais ???? Je suis considéré comme suspect ???? … Après tout ce que j'ai vécu ? … raconté ? … Après tout ce que j'ai fait pour vous … pour elle ??? …. là maintenant ??? … Comment pouvez-vous croire que je puisse faire une chose pareille ???... C'est impensable ??? … Comment ???
- C'est une question de routine. Nous devons passer par là pour vous disculper. Vous pouvez nous les remettre de plein gré ou alors faire appel à un avocat et nous reviendrons avec un mandat… C'est comme vous voulez … mais vous ralentirez l'enquête et compliquerez notre tâche.
- Et après ? Qu'est ce que vous en ferez ???? Vous les conserverez dans un dossier, étiquetterez pour une prochaine fois ? Vous monterez un fichier me concernant ???
- Non, si vous êtes innocent, une fois l'affaire classée, tout ce qui vous concernera sera brûlé.
- Bon, hé bien », rassuré il se calma … « je suis innocent, et si ce n'est que de la routine, ok … allez-y.
- Mon collègue l'inspecteur Fin, ici présent, va vous amener dans une autre pièce. » Et Fin entra. « Il vous donnera des vêtements de rechange et notre docteur effectuera les prélèvements…. Si vous voulez bien signer votre déposition et la décharge … Ici … Merci. »
L'homme serra la main d'Elliot puis la mienne, et quitta la pièce en suivant Fin.
George Huang, Alexandra Cabot, à ma grande surprise, et le Capitaine Cragen entrèrent ensuite dans la salle d'interrogatoire.
- « Alors ? » demanda le chef, « quelles sont vos impressions ?
- Il est innocent », répondîmes-nous ensemble.
- « Et toi Huang, qu'en penses-tu ? Tu partages leur avis ?
- Oui, son regard hagard, ses tensions musculaires, son comportement… il ne peut pas les simuler. S'il feint, il feint bien … dans ce cas, je me suis laissé berner et je peux me recycler…
- Il va falloir creuser davantage si vous voulez que je monte un dossier … », la Substitut du procureur marqua une pause et nous regarda sévèrement,
« Et à ce train-là, avec ce que vous avez comme éléments, je n'irai pas bien loin…
- Mais attends… Qu'est-ce que tu fais là ? On ne t'a pas appelée … on vient de commencer », lui demandais-je sur un ton agressif.
- « Liv … », Elliot essaya de tempérer.
- « Quoi ??? On est quoi … sur l'affaire depuis 3, 4 heures et elle arrive et nous fout déjà la pression ??? Comme si on n'en avait pas assez !
T'es jamais là avant plusieurs jours parfois et aujourd'hui, pas le temps de se souffler que tu es sur notre dos … » lui dis-je en me retournant vers elle.
- « Mais d'où ça vient, tout ça ? » me répliqua-t-elle, décontenancée par ma remarque acérée.
- « Mais d'où tu viens toi, plutôt !? La fillette est une amie du Maire ou quoi ? Et du coup tu te sens concernée ?
- Olivia ! Assez ! », c'était Cragen.
Et je me tus. J'enfonçai mes mains dans les poches avant de mon pantalon, me dirigeai vers la fenêtre et pris appui contre le chambranle, le regard sombre.
- « Hé bien, bonjour l'accueil. Vous viendrez me voir quand vous aurez besoin d'un mandat… Apparemment je ne suis bonne qu'à ça ! A les distribuer … Enfin si je suis d'humeur… » Et Alexandra quitta la pièce, furieuse.
Je sentais les regards se tourner vers moi. Quel silence pesant, quelle tension j'ai créés. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je ne saurais le dire…
La voir tout simplement et la savoir inaccessible ?
Depuis cette nuit, je n'ai eu droit à aucun signe, aucun remerciement, aucune reconnaissance… Je m'étais emballée, j'en attendais… Je m'en voulais d'avoir baissé ma garde… Je devais me protéger … quitte à la repousser violemment.
- « Alors, Olivia, qu'est ce que c'était que ça ? Si tu as un problème avec Cabot, tu me le règles vite et en privé, me rétorqua le chef sur un ton sec, je ne veux plus que cela se reproduise dans mon service. Est-ce que c'est entendu ?
- …
- EST-CE ENTENDU ? » s'énerva-t-il.
- « Oui Capitaine.
- Bien, dans mon bureau, tous. Allez chercher Munch, où il est celui-là ? Et Fin, il doit en avoir fini avec le témoin. » Puis Cragen sortit de la salle.
- « Olivia », Huang m'interpella doucement, « tu sais que tu peux m'appeler quand tu veux et que tu sais où se trouve mon bureau.
- Sans vous offenser Doc', je vais bien, je me suis levée du pied gauche c'est tout.
- Si tu le dis. Mais ma porte t'est toujours ouverte et mon téléphone toujours branché… de jour comme de nuit.
Appelez-moi quand vous aurez besoin de moi, je reste dans le bâtiment pour la semaine, j'ai d'autres dossiers en cours. »
Et il partit à son tour.
Ce qu'il y avait de bien avec Elliot, c'est que je n'avais pas besoin de parler. Il savait. Il savait que si je ne parlais pas tout de suite, c'est que ce n'était pas le moment et il ne forçait pas. Il attendra. Il était en mode « pause », prêt à m'écouter.
Il n'en rajouta pas, me prit par le bras et m'entraîna avec lui.
- « Allez viens tête de mule, je t'offre un café comme tu les aimes.
- Quelle générosité ! Ce jus de chaussette au bout du couloir ? C'est évident que ça va me calmer… » lui répondis-je.
- « Tu crois qu'ils le font exprès pour nous mettre sur les nerfs ? Ou nous rendre plus productifs ? Je me suis toujours demandé pourquoi personne n'y faisait quelque chose ? » Continua-t-il.
- « C'est une idée … Et toi ? Pourquoi tu ne le prépares pas, toi-même ?
- Tu veux la mort de tout le service ? Je vois déjà les gros titres des journaux de demain « Un Officier de Police empoisonne toute sa section »…
- T'es trop con … » lui dis-je en versant le liquide chaud et presque transparent dans deux tasses, « …non pas de sucre aujourd'hui, je veux rester éveillée.
- Oh oh ! Benson prend des risques …
- Viens au lieu de raconter des conneries, on nous attend.
… Elliot ?
- Mmmmh ? » Il portait sa tasse à ses lèvres.
- « Merci. »
Il me fit un clin d'œil et me sourit… ce qui me réchauffa le cœur. Je l'adorais trop.
Dans le bureau du Capitaine Cragen, Munch et Fin nous attendaient déjà.
- « Petit topo … Une petite fille, pas de nom, plus ou moins 8 ans a été retrouvée derrière un bar à 4 heures ce matin. Battue et abusée sexuellement. »
Munch retira ses lunettes et se frotta le coin des yeux.
Cragen poursuivit :
- « Un gérant de bar la trouve sous la benne à ordures et appelle les urgences. C'est tout ce qu'on a.
- Rien de plus ? » s'exclama Munch. « Mais on n'a rien…
- Le labo est en pleine analyse, la police scientifique a quadrillé les lieux. Les résultats nous seront communiqués dans les prochains jours. C'est pour ça que je fais appel à tous les quatre. Vous êtes tous sur l'affaire.
Munch, Fin, vous parcourez les dossiers des enfants disparus, des appels de parents inquiets aux hôpitaux, aux commissariats, les orphelinats. Vous vous débrouillez mais je veux son nom avant la fin de la journée.
Elliot et Olivia, vous descendrez en rue, faites du porte à porte, interrogez tous les voisins, les passants, les clients du bar.
Je me fous du temps que ça va vous prendre, mais aucun d'entre vous ne reviendra ici ou ne rentrera chez lui s'il n'apporte pas quelque chose de solide… de quoi avancer.
Olivia, dès que la petite sortira du coma, je t'appellerai et Elliot et toi filerez à l'hôpital pour l'interroger.
Moi je m'occupe des services sociaux et j'essaierai de museler les journalistes. J'ai déjà reçu deux coups de fils… ils ne savent trop rien, ce sont des coups du hasard. Au travail tout le monde !
- C'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin », souligna Munch. « Je sens qu'on va y passer la nuit.
- Si on a des infos on vous les communiquera illico presto, dit Elliot. A plus les gars. »
Et nous repartîmes sur les routes, vers la 13ème rue.
