Chapitre 6 : (7 pages ½)

Une semaine s'était écoulée depuis qu'Elliot m'avait sermonnée. Je continuais de voir seule la petite, contre son avis.

Il m'adressait à peine la parole… Il savait que je n'irais pas chez Huang et je savais qu'il ne me vendrait pas auprès du Chef. Il était furieux et il m'en voulait beaucoup d'abuser de sa confiance… Je prenais des risques inutiles mais je ne voulais absolument pas m'épancher sur mes problèmes… Et puis, pour lui dire quoi ? Que ma vie était un vrai bordel ? Ca je le savais déjà. Qu'Alex me rendait dingue ? Que je n'arrivais pas à prendre du recul par rapport aux affaires ? Que j'étais un vrai danger public quand je sortais ? Que j'avais peur de rester seule avec mes pensées et que je faisais tout pour me vider la tête quoiqu'il m'en coûtait, quoiqu'il en coûtait aux autres ?

Tout ça je le savais … Et je ne voulais pas l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre. Je ne voulais pas voir la réalité en face, je ne voulais pas qu'on me juge, qu'on compatisse, qu'on ait pitié… Je ne voulais pas entendre des conseils bidons … Personne ne vivait ma vie, personne ne pouvait comprendre ce que je ressentais … personne ne savait à quel point c'était difficile de vivre ma vie !

J'étais la seule femme du service et donc, forcément, j'étais la seule vers qui les victimes se retournaient le plus souvent. J'étais la première à entendre leurs histoires, à les voir à moitié défigurées, ensanglantées, secouées de soubresauts, effrayées par le moindre mouvement, refusant le moindre contact humain,… J'étais la première à encaisser l'horreur qu'elles avaient vécue. J'étais la seule à pouvoir essuyer leurs larmes, à les consoler, à les rassurer. Je devais trouver des mots … LES mots justes. Ces mots venaient de moi, de mon corps, de mon cœur. On ne peut pas les inventer pour qu'ils soient efficaces. Je m'ouvrais à elle, j'étais à vif et je devais me contenir, je devais être douce et accessible, et forte et solide à la fois. J'étais leur seule protection, leur seul point d'attache, leur seul espoir.

Comment ne pas me perdre ? Comment ne pas se perdre ?

Prendre du recul, se montrer insensible c'était détruire le peu de confiance qu'avaient les victimes en moi, c'était anéantir la moindre chance de leur venir en aide et d'arrêter le coupable…

C'est ce que j'étais … ce seul lien entre la victime et l'enquête… Sans moi, il n'y aurait rien. Sans mon savoir faire, sans ma compréhension, sans ma façon d'être … on n'obtiendrait jamais de résultats aussi rapides.

Elliot le savait, le Capitaine le savait, toute l'unité le savait … Tant que je serai la seule femme à tout porter sur ses épaules… Et oui … Offrir aux victimes une chance de se retrouver, c'était me perdre un peu plus à chaque fois … Si c'était le sacrifice à faire, je le ferais tous les jours, sans un regret. C'était ma seule raison d'être.

- « On a trouvé une famille, dans le Wyoming, à Riverton », s'écria Fin, « qui a lancé un avis de disparition pour leur petite fille Julia … il s'arrêta … il y a 3 ans !

- Comment ? 3 ans ??? Mais qu'est-ce qui lui est arrivé ? » demanda Elliot.

- « Attends … ce n'est pas tout … Elle ne s'appelle pas Anderson… Son véritable nom c'est Eastman !!! » Continua-t-il.

Tout le monde se rassembla autour du métisse. Cragen sortit de son bureau attiré par l'agitation.

- « Qu'est ce qui se passe ici ? »

On lui résuma les dernières nouvelles.

- « C'est incroyable ! Et tu es sûr qu'il s'agit bien de NÔTRE Julia ? » souligna-t-il.

- « Pas de doute … son docteur nous a envoyé son dossier… Ses empreintes dentaires coïncident… et sa famille nous a remis la dernière photo d'elle … cheveux roux … tache de naissance sur l'omoplate droite… l'âge… Il s'agit bien de nôtre Julia… Les Eastman arrivent par le premier avion demain soir.

- Appelez Huang … il est chez le Maire, on a besoin de lui maintenant », ordonna le Capitaine.

Georges Huang traversa la salle et nous rejoignit rapidement.

Il me regarda sans détour :

- « C'est à toi de jouer Olivia. On ne peut plus se permettre de perdre du temps ! … Il FAUT que tu en apprennes davantage sur ces 3 années.

Tu devras faire vite … avant l'arrivée de ses parents…

Ils risquent de l'influencer, de la surprotéger » … Remarqua Huang… « Tu dois l'amener ici »…imposa-t-il.

Je me montrais sceptique et il le lut sur mon visage. Il insista :

- « Je serai de l'autre côté de la vitre, on avancera pas à pas et je te dirai comment t'y prendre.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, elle … » Je résistais comme je pouvais.

Cragen m'interrompit :

- « On ne te demande pas ton avis. Va la chercher ! »

A l'hôpital, je mis plus d'une heure pour convaincre Julia et le docteur Miguel qu'elle devait aller au poste et faire sa déposition. Je devais jouer avec la confiance qu'elle avait mise en moi. Et ça ne me plaisait pas, j'en étais profondément contrariée.

Anna Miguel voulait nous accompagner … Elle se libéra de sa journée.

Lorsqu'on nous entrâmes dans la section, les hommes avaient été dispersés, nous tournaient le dos ou semblaient occupés. J'appréciais l'attitude. Julia ne se sentait pas menacée, ni oppressée. Son sentiment vis-à-vis d'eux n'avait pas changé : elles les craignait toujours.

Je l'amenais dans la pièce réservée aux enfants. Les murs étaient plus colorés, plus chaleureux que ceux des salles d'interrogatoires habituelles. Des dessins d'enfants étaient affichés dans de beaux cadres, il y avait une table et des chaises à leur taille, des tableaux, des feuilles, des crayons de couleur, des jouets, des peluches, des poupées…

C'était le paradis … mais malheureusement pour les enfants malheureux. Ils pouvaient y trouver tout ce qu'ils avaient rêvé, tout ce qu'ils souhaitaient … mais en général, quand ils y rentraient … ils n'en avaient jamais envie.

Quand ils entraient dans cette pièce, souvent leur innocence, leur pureté d'enfant leur avait été volée.

Je fis asseoir Julia sur une petite chaise, j'en pris deux plus grandes pour la doctoresse et pour moi. Nous nous installions tranquillement en face d'elle, quand la porte s'ouvrit soudainement.

Une dame assez âgée, la cinquantaine, bien portante, suivie d'une autre plus grande et plus fine, entrèrent dans la salle. La première portait un sweat-shirt bleu ciel boutonné jusqu'au cou, trop moulant car il dessinait ses formes disgracieuses. La deuxième était plus jeune mais plus sèche, les lèvres pincées et elle semblait coincée dans un tailleur étriquée, gris sinistre. S'il fallait résumer ces femmes en 2 mots, « vieilles filles » était un qualificatif qui sonnait juste.

Je ne les reconnaissais pas, je n'avais jamais travaillé avec elles. Je ne savais ni qui elles étaient, ni ce qu'elles faisaient là.

- « Bonjour », me dit la première, « je suis Amanda Pike, Assistante sociale de l'Aide à la Jeunesse. Voici ma stagiaire Christel Rit. »

Je me levais :

- « Olivia Benson, en charge du dossier, voici Julia et Anna Miguel, son docteur.

Excusez-moi … mais j'ai un peu de mal à comprendre votre présence ici.

- Le docteur Huang et le Capitaine Cragen nous ont demandé de vous assister pendant l'interrogatoire, de poser les questions qui nous viendraient à l'esprit pour compléter le dossier. »

Je jetais un regard noir vers le miroir sans teint d'où, je savais, nous surveillaient le doc. et le capitaine.

- « Bien », fis-je pour couper court à mes pensées, « si nous commencions ? »

Et je me rassis. Je tentais de calmer la colère qui grandissait petit à petit en moi.

- « Bonjour Laura…

- Julia ! Elle s'appelle Julia », l'interrompis-je.

Si elle ne connaissait déjà pas le prénom de la petite, où cela allait-il nous mener ??

- « Oui, Julia… Pardon … Alors, dis-moi, tu as quel âge ?

- Mais vous n'avez pas lu son dossier ?!?!? », rétorquai-je, « c'est incroyable ! »

- « Si … si … bien sûr », répondit-elle déroutée, « mais je m'occupe de tellement d'enfants… Je voulais aussi que nous prenions quelques repères av…

- Mais oui ! Oh ! Ok ! Arrêtez de tourner autour du pot, allez-y franchement, qu'on en finisse une bonne fois pour toute », fis-je exaspérée.

Julia me regardait d'un air inquiet. Elle semblait perdue au milieu de ces adultes. De plus, être entourée de grandes personnes qu'elle ne connaissait pas, ne devait pas la mettre à l'aise… encore moins quand ils se trompaient sur son compte. Elle se recula de plus en plus sur sa chaise et se recroquevilla sur elle-même.

J'allais perdre mon sang froid, je le sentais qui ne faisait qu'un tour, prêt à exploser… Le docteur Miguel posa sa main sur mon épaule pour me calmer.

- « Inspecteur Benson, si vous m'interrompez constamment ou contestez tous mes dires je ne pense pas que je clôturerai la fin de l'interview dans de bonnes conditions. »

Je levais les yeux au ciel, « Comment justifier son incompétence : leçon 1 Reporter la faute sur autrui ».

- « Je me tais, vous pouvez continuer…

- Je préfère ça … hum … », elle s'éclaira la gorge « … Julia écoute ma chérie, nous sommes là pour t'aider. Nous voudrions parler avec toi, apprendre à mieux te connaître, te poser des questions aussi … »

Elle marqua une pause et regarda vers le miroir sans teint, à la recherche d'un peu de soutien ou que sais-je, puis elle reprit :

- « Je sais que nous sommes sensées savoir déjà beaucoup de choses sur toi … », elle me jeta un regard insistant « … mais c'est la routine … il faut que tu confirmes… D'accord ? »

Julia ne répondit pas, elle me saisit la main, se pressa contre mon bras droit.

- « Donc tu t'appelles Julia, et … tu as quel âge ? »

La petite fille me regarda, tétanisée, elle ne savait pas quoi faire. Son regard traduisait l'incompréhension. Elle était paralysée, livide.

- « 9 ans », répondis-je à sa place.

- « Inspecteur, je vous rappelle que vous n'êtes là qu'à titre de soutien … Vous ne m'aidez pas du tout en adoptant un comportement agressif ou en répondant aux questions de votre propre chef.

- Non ! A la base, c'était moi qui devais mener l'interrogatoire et vous deviez servir de soutien !! Julia ME connaît et je ne l'effraie pas. Depuis que vous êtes entrées dans cette pièce, elle n'a pas dit un mot, elle est même fermée à ce que vous … »

La porte s'ouvrit une nouvelle fois, de façon inattendue, et la Substitut du Procureur apparut :

- « Inspecteur Benson, vous pouvez venir un moment, s'il vous plait …

- Non, je suis en pleine entrevue », lui rétorquais-je sur un ton cassant, sans même la regarder en ne quittant pas des yeux les deux assistantes sociales.

- « Inspecteur, c'est un ordre du Capitaine Cragen » m'ordonna-t-elle glacialement.

Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ? Que me voulait-on ?

Je me levais furieusement et fis crisser ma chaise en la reculant. Puis je suivis Alexandra Cabot.

La porte franchie, de l'autre côté de la salle, derrière la vitre fumée, Cragen et Huang me jetèrent un regard sévère.

- « Qu'est-ce qui vous arrive ? » leur demandais-je, « je ne peux pas …

- Dans mon bureau … maintenant … Et je ne veux pas t'entendre d'ici là.

- Mais …

- Tu veux être suspendue sur le champ ?! »

Il claqua la porte derrière moi.

- « Reste debout »

Il me tournait le dos et se dirigea derrière son bureau. Il se massa le front, essaya de rassembler ses idées … ses mots. Il était en colère … Ca tombait bien, moi aussi.

- « Je ne sais pas ce que tu as et je ne veux pas le savoir. Tu as dépassé les bornes… plus souvent qu'à ton tour … et en public encore bien !

Aujourd'hui, c'est carrément en plein service, avec des représentants officiels de l'AS… »

Il soupira longuement …

« Tu ne me laisses pas le choix, tu es suspendue Olivia. Dépose ton arme et ton insigne sur mon bureau … »

J'étais comme abasourdie, assommée par la nouvelle. Que venait-il exactement de se passer ? « Suspendue » ? … Ce mot tournait et repassait dans ma tête, comme un écho, à l'infini. Mon sang tamponnait sur mes tempes, le feu rougit mes joues, … Je ne comprenais pas ou ne voulais pas réaliser ce qui m'arrivait.

« Suspendue », on venait de me mettre sur le banc de touche, j'étais finie, je n'étais plus rien … Un gouffre béant venait de s'ouvrir sous mes pieds et m'aspirait.

Puis quelqu'un frappa à la porte et l'ouvrit. C'était Huang, je ne lui prêtais aucune attention, je ne relevais même pas la tête. Plus rien de m'intéressait.

- « Je déteste interrompre et intervenir …. Mais on a besoin d'Olivia…

- Elle vient d'être démise de ses fonctions.

- C'est pour cela que je suis là. Ce n'est pas dans mes habitudes, vous le savez …, d'aller à l'encontre de votre autorité … mais pour l'enquête … pour Julia … » expliqua-t-il de sa voix calme, « Elle ne parle à personne d'autre, elle ne se confiera pas sauf si on lui 'rend' Olivia. Elle ne quitte pas la porte des yeux, elle attend qu'elle revienne. Je suis désolé mais on est dans une voie sans issue. »

Je souris. Tout s'arrangeait au final pour moi, le match pouvait continuer, on me gardait pour les prolongations …

- « Oh non, ça tu ranges tout de suite !!! Je te défends de sourire Olivia ! », imposa Huang, son ton claquait, « Tu fais disparaître ce rictus immonde de ton visage immédiatement, C'est une insulte... » Il reprit sa respiration… « Cette gamine a été arrachée à sa famille à l'âge de 6 ans par Dieu sait qui, a vécu pendant 3 ans Dieu sait quoi mais probablement des tortures mentales, peut être des souffrances physiques… Elle se fait violer, abusée, comme si cela ne suffisait pas…

On ne sait rien sur elle… Presque 2 semaines se sont écoulées et on ne sait toujours rien. On comptait sur toi … et elle surtout, compte sur toi ! Mais qu'est-ce que tu en fais de cette confiance ? Tu t'en sers comme les autres pour arriver à tes fins !! »

Je ne l'avais jamais vu sous cet angle … Et je n'avais jamais vu George Huang hors de lui. Il venait de perdre son sang froid, il s'énervait tellement qu'il ne se rendit pas compte qu'il me pointait du doigt. Lui d'un naturel calme, les mains toujours dans les poches, ne se contrôlait plus.

« Tu lui manques de respect. Tu t'en sers pour te sauver, sauver ta carrière et tu souris ! … Si tu te remettais un tant soit peu en cause, tu verrais qu'à te rendre indispensable auprès d'elle, ça ne lui rend pas service…. Tu aurais remarqué depuis longtemps que tu as outrepassé tes devoirs… Tu verrais que toi aussi tu l'as déboussolée… Tu ne vaux pas mieux que ses ravisseurs et son violeur… »

Et il quitta la pièce en claquant la porte.

Je baissais la tête honteuse… de moi … de ce que j'avais fait … Ses mots m'avaient transpercée, ils avaient atteint leur cible et agissaient comme un électrochoc dans mon esprit : c'est une décharge électrique qui se propageait dans tout mon corps… « Je ne valais pas mieux qu'eux… »

J'étais foudroyée par la réalité qui venait de m'être jetée à la figure, je me sentais petite, humiliée par mon propre comportement.

- « Ta suspension est toujours d'actualité ! Ton glock reste ici, tu reprends ton insigne jusqu'à ce qu'on n'ait plus besoin de toi.

Tu es suspendue pendant deux semaines avec un avertissement conséquent dans ton dossier. Tu iras consulter Skoda ou Olivet peu importe… dans une semaine …. Tu te feras suivre pendant 6 mois, à raison d'une séance par semaine. Seul le psy t'autorisera à reprendre du service. »

Il sortit, me planta là sans ajouter un mot et appela : « Alexandra ? …»

Quelques secondes plus tard, la jeune femme blonde se présenta :

- « Je peux faire quelque chose pour vous ?

- Oui. A chaque contact qu'Olivia aura avec Julia, je veux que tu sois présente ! Tu me feras un rapport objectif sur vos entrevues… » Puis il se tourna vers moi « … tu n'es pas en mesure de la voir seule … Est-ce clair ? …

- Don, je ne suis pas baby-sitter, j'ai des affaires à classer, des dossiers à monter, … Et je vous rappelle que je ne travaille pas pour vous, je …

- Je verrai ça avec Donnelly, je ne pense pas que cela lui posera de problèmes »

Alexandra ne semblait pas ravie, elle se résigna contre son gré, mais me fit bien ressentir son animosité.

Le Capitaine Cragen prit le téléphone et composa un numéro :

- « Passez moi Elisabeth Donnelly… oui j'attends….

Liz … C'est Donald Cragen … J'ai un service à te demander … J'ai besoin d'une de tes assistantes pour la semaine … à plein temps … une affaire qui requiert une présence féminine supplémentaire … Oui, Cabot … Attends, je vérifie … »

Puis il demanda à Alexandra :

- « Tu as des procès à plaider cette semaine ?

- Non mais j'ai des … »

Il ne l'écoutait déjà plus :

- « Non elle n'en a pas … oui je comprends … Je ne pense pas que ça lui fera plaisir … Qui ? Novak ? Jamais entendu parler… Merci, je te revaudrai ça ! … Promis … A bientôt… » Et il raccrocha le combiné.

- « Voilà les nouvelles, la première : tu es détachée à USV pour la semaine. Tu assisteras Olivia uniquement dans ses contacts avec Julia. Elle n'est affectée qu'à cette tâche ; le reste du temps, elle rentrera chez elle.

- Donc, pendant mes temps libres, je peux continuer ce dont pourquoi je suis à l'origine payée… Quelle chance ! » Elle était sarcastique, ce n'était vraiment pas bon signe.

- « Par contre, l'autre est mauvaise, tu ne pourras pas la défendre. » continua Cragen. « C'est une certaine Casey Novak qui sera en charge du dossier en tant que Substitut du Procureur vu que tu es irrémédiablement impliquée…

- Formidable … Baby-sitter et mutée de mes fonctions pour une inconnue !

Hé bien ne perdons pas de temps … Allons-y sur le champ et tentons de réparer les dégâts… ». Elle avait eu des mitraillettes à la place des yeux, je serais morte, fusillée sur place.