Epilogue 3/3 :

[Qu'advient-il de Julia et d'Hatcher après l'arrestation de ce dernier ?

Alexandra serait Olivia contre elle. Une mare de sang s'étendait sous elle et imbibait ses vêtements mais elle n'y prêta aucune attention.

- « Olivia … Olivia … parle-moi ! Dis quelque chose ! Olivia ! »

L'inspectrice avait perdu connaissance depuis quelques minutes.

- « Elliot … Elliot !? Elle ne me répond plus.

- Toi tu ne bouges pas » fit-il à Hatcher. Et pour donner plus de pression à son ordre, il utilisa une deuxième paire de menottes et l'attacha aux canalisations du radiateur. Il se précipita vers sa coéquipière : « Olivia, allez Olivia, reste avec nous » Il tâta son pouls, puis redressa la tête « il bat toujours ».

A ce moment, une troupe de tireurs d'élite entra dans la maison suivis par deux infirmiers.

- « Par ici ! Mon partenaire est blessée. Elle a reçu une balle en pleine poitrine. » Puis en s'adressant aux agents spéciaux « Il est là, je lui ai déjà lu ses droits. Gardez-le bien au chaud. Je m'en occuperai plus tard. »

Ils se précipitèrent vers le suspect et l'emmenèrent.

Les infirmiers s'affairèrent sur Olivia, découpèrent son haut et épongèrent la blessure.

- « Madame, s'il vous plait, laissez nous faire notre travail, il faut la lâcher maintenant » firent-ils à Alex.

- « Non mais … je …

- Allez, Alex, laisse-la, laisse-les maintenant …

- Je ne peux pas Elliot, … Je …

- Je sais … Je sais. Viens. » Il la prit par le bras et ils reculèrent de quelques pas.

Les infirmiers appelèrent leur centrale et prévinrent qu'ils apportaient une blessée grave par balle, qu'elle avait perdu beaucoup de sang.

- « Qu'elle est son groupe sanguin ? » demanda l'un deux, « Vous savez ?

- A » répondit le policier. « On a le même, si vous en manquez, demandez-moi.

- Ok, on l'emmène.

- Où ? » demanda Elliot, il soutenait toujours la jeune avocate.

- Au 'Kings Country', vous nous suivez ?

- Oui ! » Elliot entraîna sa partenaire avec lui. « Tout ira bien Alex. Elle est forte ! ...

Alex n'avait pas quitté son chevet depuis plusieurs jours. Elle était déjà présente aux heures d'ouverture et ne repartait, contrariée, qu'aux heures de fermeture. C'étaient les infirmières qui l'obligeaient inlassablement à rentrer chez elle.

Elle y dormait peu, restait allongée sur son canapé à regarder le plafond ou elle s'asseyait dans un fauteuil sur la terrasse, le regard perdu dans les lumières de la ville de New York. Elle se repassait les images d'horreur, elle revivait sa séquestration, mais elle repensait aussi à toutes ces années qui s'étaient écoulées et qu'elle avait gâchées.

Elle pleurait sur elle-même longtemps. Des larmes de tristesse s'échappaient de temps en autre quand les dernières paroles d'Olivia résonnaient dans sa tête.

Elizabeth Donnelli lui avait donné congé pour qu'elle puisse se reprendre. Elle l'avait également obligée à s'entretenir avec un psychologue du District.

Elle ne se rendait à la Division que pour parler avec Julia et George Huang. Ensemble, avec la collaboration du Docteur Hendrix attachée occasionnellement à la section, ils aidaient la petite fille à se souvenir de son passé et avançaient pas à pas.

Ils savaient que le FBI avait décidé de reprendre l'enquête, qu'ils allaient bientôt les décharger de l'affaire. Il s'agissait d'une disparition d'enfant et d'un changement d'identité, cette tâche leur incombait.

La fillette demandait régulièrement des nouvelles d'Olivia. Même si son état était stationnaire, elle était toujours dans le coma, ce qui inquiétait grandement son entourage.

A la fin de l'entrevue, quand toutes les questions laissées en suspens purent être répondues, que la famille Eastman ne pouvait plus les aider, le maire de la ville leur remit des billets de première classe pour un retour au pays bien mérité.

Julia embrassa tout le monde. Elle avait fait des progrès dans ses relations sociales, elle ne craignait plus le contact avec les hommes. Elle laissa une lettre pour Olivia, quand elle se réveillerait. Puis elle repartit, entourée de sa famille.

Elliot, Munch et Fin étaient à cran. Ils interrogeaient longuement William B. Hatcher pour en savoir davantage et alourdir le dossier. Mais d'une arrogance incomparable, il les faisait tous sortir, tour à tour, enragés, de la salle d'interrogatoire.

- « Vous devez vous calmer ! » imposa Cragen « Le moindre faux pas peut nous être fatal et tout sera à recommencer ou à clôturer. C'est ça que vous voulez ?

- Non, bien sûr que non.

- Et nous ne savons toujours pas si Julia est un cas isolé ou pas. Il est maître de ses gestes et de ses paroles. Il a un tel contrôle de lui… » souffla Elliot « S'il pouvait commettre une petite erreur.

- Je crois que vous devriez flatter son égo' » Huang se mêla à la conversation. « C'est la seule façon de lui faire dire ce que nous voulons entendre… Servez-vous d'Olivia et de ses débordements.

- Mais ça ne va pas ? Vous ne croyez pas qu'elle s'en est pris assez comme ça ? Et si ça se retrouve devant tribunal … devant un jury ? Vous pensez à sa réputation ? » aboya Alex. « Vous n'avez pas le droit de lui faire ça ! ».

- « Le procès ne sera pas public, le dossier concerne une mineur. Ce sera à huis clos. » intervint Casey Novak.

- « Vous n'êtes qu'ici depuis peu … vous ne savez pas comment le système fonctionne. Vous devriez apprendre à protéger votre équipe au lieu de l'enfoncer » rappela l'avocate blonde.

- « Et vous, vous devriez penser comme une Assistante du Procureur et non comme un petit chiot blessé ! Vous leur causez plus de tort que de bien … à votre équipe !

- Je vous défends de…

- Assez ! » Cragen s'interposa entre les deux jeunes femmes. « Alex, va souffler un peu, tu en as besoin. Munch, retournes-y et suis les conseils d'Huang ».

Alexandra quitta la pièce, furieuse, des éclairs dans les yeux.

Elle retourna à l'hôpital au chevet de son amie. Elle replaça la couverture qui avait glissé le long du bras d'Olivia, puis se dirigea vers la fenêtre.

Elle s'en voulait … probablement jusqu'à la fin de sa vie … elle s'en voulait d'avoir fait passer son ambition avant tout le reste. Elle s'en voulait de ne pas avoir répondu à tous les signaux qu'Olivia lui envoyait, elle s'en voulait de l'avoir plantée après l'avoir aguichée. Novak avait raison, elle leur causait bien du tort. Elle n'était que source d'ennuis et de malheur.

Si Olivia ne s'en remet pas … Si elle… elle secoua la tête pour chasser ses mauvaises pensées. Elle regardait l'horizon, le ciel rougeoyer au loin annonçant la fin de la journée.

- « Alex, faut que tu arrêtes. » Elle se retourna au son de la voix d'Elliot.

- « Je ne peux pas, c'est plus fort que moi !

- Tu n'y es pour rien, tu dois arrêter de culpabiliser. Le seul et unique responsable de tout ça c'est Hatcher et personne d'autre.

- Si je n'étais pas revenue dans la maison, Elliot … Si je n'avais pas donné l'arme au moment de la fouille, si je ne l'avais pas trouvée ce matin-là, si j'avais accepté ce verre la veille encore …

- Si … Si … Tu vas devenir folle à ressasser toutes ces suppositions !

Sans ces événements, aurais-tu changé, Alex ? Te serais-tu rendue compte de tes sentiments pour elle ? Les aurais-tu acceptés ? Voudrais-tu encore les rattraper aujourd'hui ? »

Elle le regarda étonnée. Comment pouvait-il en savoir tant sur elle ? Comment parvenait-il à lire en elle comme dans un livre ouvert ? Et comme pour conforter ses pensées, il ajouta :

- « Parce que ça se voit sur ton visage. Sur votre visage à toutes les deux ! Quand vous êtes ensembles, quand vous êtes loin l'une de l'autre, ça se voit dans la façon dont tu regardes son bureau vide avant d'entrer dans celui de Cragen, la façon dont tu l'écoutes ou tu lui hurles dessus. » il lui sourit « Les seules à s'être aperçues de rien c'est vous deux.

- J'ai été la reine des connes, hein ? …

- A défaut d'être la Reine des Glaces… Oui !

- Merci.

- Quand tu veux.

- Qu'est-ce que je dois faire ? » Elle pleurait maintenant. Soulagée d'un poids énorme, elle n'éprouvait plus le besoin de se cacher. Au contraire, elle voulait se vider totalement de cette surcharge. Il s'approcha doucement et il la prit dans ses bras. Le cœur de la jeune avocate souffrait encore de tous ces non-dits. « Qu'est-ce qu'il me reste ? Je ne sais plus …

- Comme je lui ai dit à elle : te battre. C'est ce pour quoi tu es faite, tu excelles dans le domaine ! C'est comme ça qu'elle te connaît, comme ça qu'elle t'aime. J'ai confiance en elle, elle est forte, elle va revenir. Il lui faut juste un peu de temps pour se retrouver. A toi de lui montrer que tu n'es pas restée inactive en l'attendant et qu'elle peut être fière de toi.

- Et ?

- Et ? Y a un salopard à qui on doit faire ravaler ses dents, une assistante de procureur qui a besoin d'aide et une unité qui réclame son meilleur soldat. »

Elle posa son front sur le torse du policier et inspira profondément. Il la maintint par les épaules. « Ca va aller ?

- Oui. Nettement mieux… » Elle se recomposa. « Je vais aller chercher du café. Tu en veux ?

- S'il te plait. Fort : sans sucre, sans lait. Merci

- A tout de suite. »

FIN