Auteur : Leviathan

RAPPELLE-TOI, Chapitre 4: Souvenirs dans la Pensine

Drago avait mangé avec frugalité ce soir là.

En fait, il n'était descendu dans la grande salle que pour voir les réactions de ses Serdaigles à l'ouverture de son cadeau.

Il ne leurs avait pas vraiment acheté quelque chose hors de prix ou extrêmement rare, non il leur avait juste offert le dernier jeu virtuel de chez Squaresoft Enix.

Drago n'était pas vraiment pratiquant de ce genre de jeux, son père le lui avait toujours interdit, cela lobotomisé le cerveau d'après lui.

Toutefois, il en connaissait le principe.

Une sorte de large sphère ou était stockée magiquement des données qui fonctionnées un peu sur le principe de la pensine.

Le, ou les joueurs, y plongeaient virtuellement à l'intérieur et ils étaient projetés dans un univers particulier, cela dépendait du jeu acheté.

Pour les petits Serdaigles il avait acheté l'un de ses jeux qui s'appelait Secret of Mana, dernier du nom.

D'après ce qu'il en avait lu, le nombre de personnages était illimité, le choix de races et de tenues vestimentaires aussi bien pourvue que cela puisse l'être, armes diverses à profusion, magie hyper réaliste, monstres très très méchants, difficultés optimale, histoire passionnante, univers rocambolesque…

Bref, un cadeau suffisamment difficile pour amuser longtemps de jeunes Serdaigles.

Certaines rumeurs disaient que Squarsoft était en faite une entreprise Moldu japonaise qui marchait à fond les manettes ( houuu, le sal jeu de mots ! ) et a qui des sorciers aurait fait appel pour les aider à développer le concept de jeu virtuel chez les sorciers.

Ces rumeurs étaient complètement ridicules, à l'évidence, comment des Moldus qui n'y connaissaient rien au monde magique pouvaient avoir plus d'imagination qu'un sorcier qui s'y connaissait.

Enfin bref, il était là, dans sa chambre de préfets, à faire les cent pas, il y avait tout ranger à la perfection, si cela était encore possible de ranger quoi que ce soit.

Il était propre, légèrement parfumé, coiffé et habillé également à la perfection, mais après tout il était un Malfoy, c'était inné chez lui d'être parfait.

- Parfait parfait et re-parfait !

Une nouvelle fois, il s'assit dans son canapé devant la cheminé et regardât la pensine vide posé sur la table basse.

La lumière dansante des flammes jetaient de jolis reflets sur la pierre taillé de runes.

Une nouvelle fois, il jetât un regard à sa montre bracelet, 11.47, juste deux minutes de plus que tout à l'heure.

Décidément le temps avait envie de se traîner ce soir.

Normal, ce soir était important.

Ce soir, il allait voir dans cette pensine les souvenirs de Potter, une baise mémorable certainement, avec lui comme second protagoniste.

C'était une idée très, extrêmement, parfaitement, indubitablement, dérangeante, et il avait beau se convaincre que ses habits, sa coiffure, son visage, que tout était parfait, il avait vraiment très peur de ce qu'il allait découvrire ce soir dans cette pensine.

Quelque chose sur quoi il ne pourrait en rien influé, quelque chose d'absolument plus maîtrisable.

Cela c'était déjà produit, il ne s'en souvenait simplement plus.

Quoi que soit la DeBrId'MaNiA, ce bordel de truc de Weasley de merde, cela ne lui disait rien qu'y vaille.

11.51

Il n'en pouvait plus de rester assis, il se relevât et recommençât à tourner en rond dans la pièce.

Sur un guéridon était posé le livre qu'il avait emprunté à la bibliothèque, il l'ouvrit et se plongeât dedans les aventures fabuleuses de cette pauvre niaise de petite sirène Roronohi, qui s'était, comme la conne qu'elle était, attirée le courroux des méchantes carpes de feu.

Si l'histoire n'était pas vraiment de première finesse littéraire, le livre avait l'avantage de projeter dans un univers palpitant, cela sentait la documentation.

11.54

Roronohi, accompagné de ses fidèles compagnons, rechape de peu à un calamar géant en se réfugiant dans une grotte sous-marine.

11.59

Roronohi découvre, comme par hasard, un fabuleux trésor dans la dites grotte.

Elle est toute contente et frétille des nageoires.

12.03

Roronohi est une conne car elle touche à tout sans faire gaffe et déclenche les mécanismes cachés qui garde les trésors.

Harry Potter est un con par ce qu'il a déjà trois minutes de retard et que… ça fait chié !

12.08, enfin quelqu'un toque doucement à la porte.

En deux enjambés aussi leste qu'un chat, Drago était sur la porte mais aussitôt il se recomposât un visage des plus insondables et au bout de quelques secondes il ouvrit la porte.

- Il ne faudrait pas que Potter pense que je l'attende au bord de l'apoplexie.

En parlant de Potter, il n'y avait rien sur le pas de la porte, mais pourtant ce 'rien' passât devant lui en murmurant un « Bonsoir Malfoy » bien polie.

« Je ne savais pas que tu possédais un objet magique aussi précieux et rare qu'une cape d'invisibilité, Potter. » Fît le blond, aussitôt qu'il eut compris.

« Elle appartenait à mon père. »

L'air se plissât et Harry apparut.

Ses cheveux en batailles partaient en mèches droites et pointues dans tous les sens, elles étaient suffisamment longues pour dissimuler sa cicatrice ainsi qu'un peu de ses yeux.

Ses fines lunettes rondes achevaient de cacher par leurs reflets de verre le peu qui restaient de ses deux orbes d'émeraude.

Même ses vêtements semblaient le dissimuler du regard des autres, ils portaient un jeans noir, tellement délavé qu'il en était grisâtre, tellement ample et sans forme qu'il était retroussé de moult revers d'un ton plus clair sur ses baskets.

Le pantalon tenait bas sur ses anches comme par miracle par une ceinture de toile noire au fermoir en métal argent on ne peut plus simple.

En haut, il avait revêtu un sweat noir très léger avec une coupe droite tellement banale qu'elle pourrait presque en être classe.

Il était étrange de constaté que bizarrement son style était le même, tout en ayant un imperceptible changement.

Il fallût un moment d'observation à Drago pour comprendre que cela tenait à l'attitude du jeune homme.

Harry Potter était droit et fier, il était détaché, presque absent.

C'était cette nonchalance qui lui donnait cet aspect terriblement sur de lui.

Il en imposait, voilà tout.

Il était superbe.

Tout cela Drago se l'était dit en l'observant simplement pendant qu'il pliait sa cape d'invisibilité.

Un instant leurs regards se croisèrent et le Serpentard lui indiquât un endroit où la poser.

« Tient, tu lis du Roronohi, toi ? » Remarquât le Griffondor légèrement amusé.

- Zut! J'ai gardé ce stupide livre à la main.

« Je casse le mythe ? »

« Un peu. Hermionne affirme que c'est de la merde, mais de la merde qui se laisse prendre. »

« Je ne t'ai pas demandé de venir pour parler daube littéraire, Potter. Assis toi, je t'en pris. Veux-tu boire quelque chose ? » Demandât-il, tandis que Harry prenait place dans le canapé.

« Une bière au beurre, s'il te plait. Revoilà la pensine de Rogue. » Se dît le brun pour lui-même.

Drago revint avec deux bières au beurre et s'assit dans le fauteuil en angle droit du canapé.

« Comment savais-tu que Rogue avait une pensine ? »

« Je l'avais vue dans son bureau lors d'une des nombreuses retenues que j'ai effectué chez notre charmant maître des potions. »

« Pourquoi ai-je l'impression que tu ne me dis pas tout, Potter ? »

Harry but quelques gorgée avant de reprendre.

« Parce que je ne te dis pas tout, Malfoy. Comme tu me l'as rappelé tout à l'heure, nous ne sommes pas là pour nous faire des conversations polies. »

Drago n'aimait se faire reprendre mais cela lui allait tout à fait.

- Autant expédier ce rendez-vous gênant le plus vite possible.

« Ok, Potter. » Fît-il abruptement en reposant sur la table basse sa bouteille à peine entamée. « Sais-tu comment mettre un souvenir dans une pensine ? »

Harry sortît sa baguette de sa poche.

« Oui, je l'ai déjà fait. Dumbledor lui-même me l'a appris pour… pouvoir voir certaines choses. »

Questions, moqueries et sarcasmes brûlaient les lèvres du Serpentard, il se retint sans toutefois ôter de son regard un certain cynisme que le Griffondor ne laissât pas passé.

« Tu penses que je me fais manipuler comme une vulgaire marionnette entre les mains de Dumbledor. Même si tu ne dis rien, parce que tu as besoin de ma coopération ce soir, je le sais que tu me méprises, ce n'est pas ton silence qui vas y changer quelque chose. »

« Ecoute, Potter. On va dire que je ne te connais pas et que je n'ai pas à te juger, ok ? On sait tous les deux que cela est de parfaite mauvaise foi, mais au moins on restera poli, pour ce soir. »

Harry haussât les épaules.

« Qu'est ce que j'en ai à faire de tes politesses, Malfoy ? Ce n'est pas comme si je n'y étais pas habitué. » Fît-il en terminant sa bière au beurre. « Bon et si on commençait ? »

« Je t'attendais au cas ou tu ne l'aurais pas remarqué. »

Harry ignorât la remarque et collât le bout de sa baguette contre sa tempe, il affichait un air des plus pensif et c'est légèrement rougissant qu'il décollât sa baguette de son front en entraînant à sa suite des volutes de fumée liquide et argenté qu'il mit dans la pensine.

Drago était fasciné, il avait pourtant déjà vu son père matérialiser ses pensées de la même façon, mais regarder Harry le faire était… différent.

Le Griffondor recommençât la manœuvre quelques fois puis remit sa baguette en poche avec un soupir, il était toujours légèrement rougissant mais après tout le feu de cheminé pouvait froisser la donne.

« Voilà, je crois n'avoir rien oublié. Que fait-on à présent ? Je m'en vais et te laisse seul avec ça. Ou bien… » Il laissât sa phrase en suspens.

Drago réfléchît un instant.

« Je préfèrerai que tu restes. Les choses pourraient ne pas être clairs malgré l'évidence même. Je pourrais avoir besoin d'explications à froid, si tu vois ce que je veux dire. »

« Je vois… » Fît Harry, un léger sourire aux bords des lèvres, ses yeux de verre pleins du reflet des flammes.

Un silence gêné s'installât entre eux, personne n'osait plus dire mots car la suite logique des évènements était de plonger dans la pensine.

L'un des deux savait ce qu'ils allaient y trouver, l'autre non, mais tous les deux étaient aussi mal à l'aise l'un que l'autre.

Harry se dissimulait derrière son indifférence et Drago, comme à son habitude, derrière ses grands airs et… sa bouteille de bière au beurre qu'il avait tout à coup très envie de finir.

Puis le Serpentard se levât et s'assît aux côtés de Harry sur le canapé.

« Bon on y va ? On ne va pas y passer la nuit, on a cours demain avec Rogue en première heure. Tu sais comme il est, et je préfèrerais être frais et dispo. »

« C'est bon, ne gâche pas ta salive, Malfoy. On y va. »

« A trois ? »

« Ok. Alors, un… »

« Deux… »

« Trois ! » Dirent-ils à l'unisson en plongeant dans la vasque de pierre ou tournoyé les pensées argentées.

Harry remarquât que se faire happer par une pensine en étant deux était un peu différent que d'effectuer ce voyage tout seul, si l'on pouvait appeler cela voyage.

La sensation de l'autre était palpable.

Il le sentait à ses côtés même si tout était encore flou.

Quand leurs esprits redevinrent clair et que le paysage se fît plus précis, ils se tenaient debout, côte à côte, dans le parc de l'école, plus précisément dans le coin des serres.

C'était un endroit assez intime et mystérieux, pour ne pas dire romantique.

Les grandes structures de verre entrecroisé de métal laissé apparaître leurs formes végétales, parfois gigantesques et enchevêtrées, parfois animés ou lumineuses.

Il faisait nuit, et devant eux se trouvait Harry Potter, l'autre, celui du souvenir, et Cho Chang, l'ex attrapeuse de Serdaigle.

La Chinoise était un petit bout de femme fragile et charmante, et en l'occurrence effondrée pitoyablement dans les bras du survivant.

« Tu lui as annoncé que ce n'était pas possible entre vous, c'est ça ? » Demandât Drago.

Le Harry du souvenir serrait la jeune fille contre lui de façon assez nonchalante, il regardait au loin complètement absent.

« Pas du tout. Je ne suis qu'un immense mouchoir absorbant pour elle, cela m'étonnerait beaucoup qu'elle ait eut envie une seule fois dans ça vie de faire autres choses que de larmoyer en ma présence. »

Drago ricanât.

« Et tu te laisse faire comme ça depuis combien de temps ? »

« Je ne sais pas. Un jour ça a commencé, et depuis, quand elle en a envie et pour toute sorte de raisons, j'ai droit à ce traitement. Si encore c'était la seule… »

« La dure réalité des héros n'est pas de baiser mais de consoler les cœurs. Comme c'est beau… » Se moquât Drago.

« Tu ferais mieux de ne pas te moquer des gens qui pleure sur mon épaule. »

Drago était en train de se demander si cette phrase avait un sens caché lorsqu'il fut interrompu dans ses pensées.

« Regarde par-là. » Fît Harry. « Te voilà qui arrive. »

Drago tournât la tête et son cœur s'emballât.

Effectivement c'était lui.

Il était très perturbant de se voir sois-même, et surtout de se voir si différent.

Cela lui sautait aux yeux, c'était dans sa démarche volontaire et décidée, cela se devinait dans ses yeux brillant de convoitise et de… jalousie ?

« Je viens de te voir. » Fît Harry en lui attirant le regard sur son soi du souvenir qui éloignait un peu Cho de ses bras.

La jeune fille essuyât ses yeux rougis et se retournât vers le nouvel arrivant.

Le Drago souvenir s'arrêtât à quelques mètres du couple pour les toiser en silence.

« Qu'est ce que tu veux, Malfoy ? » Demandât le Harry souvenir.

- En effe,t là était la question, se disait le vrai Drago en attendant la réponse avec impatience.

« Je veux te parler seul à seul, Potter. Tout de suite. » Répondît le blond, drogué.

« Tu ne vois pas qu'on est occupé ? » Eructât la Chinoise. « Et puis qu'est ce que tu aurais d'intéressant à raconter ? Tu viens simplement pour chercher la merde ! »

« Toi la ferme ! Est-ce que je t'ai parlé, espèce de sous merde ? » Fît-il en avançant de quelques enjambés pour se retrouver nez à nez avec la jeune fille qui reculât dans les bras protecteur du Griffondor en lui jetant des regards outragés.

« Elle attend que tu voles à son secours, je suppose. » Constatât le vrai Drago.

« Ouais, et ça ne va pas tarder. » Lui répondît Harry, las.

En effet le Harry souvenir se plaçât devant la jeune fille en fusillant le Serpentard du regard.

« Qu'est ce qui te prend ? Tu veux en venir aux mains avec une fille, Malfoy ? »

« Serais-tu sexiste, Survivant ? C'est moi le sang pur qui devrait avoir des idées d'un autre age sur les femmes, tu ne crois pas ? »

« Cho retourne dans la grande salle, s'il te plait. »

La jeune fille s'exécutât rapidement, sous le regard des deux garçons, mais avant de disparaître à l'angle d'une serre, elle se retournât pour lancer ses dernières insultes.

« Espèce de conard ! »

« Sale poufiasse ! »

« Ne me dis pas que je viens de lui répondre 'sale pouffiasse'? » Demandât Drago.

« Ho si tu l'as fait. Et attend, ce n'est que le début. » Lui répondît Harry en souriant.

« Petit rat peroxydé ! »

« Vilaine aux cheveux rêches ! »

« Bourgeois pourri gâté ! »

« Petite conne empotée ! »

Le Harry souvenir avait les yeux exorbités devant l'échange d'injures ridicules qui se déroulait sous ses yeux, quant au vrai Harry, il ne pouvait s'empêcher de pouffer sous le regard à peu près similaire qu'arboré le Serpentard à ses côtés.

« Crétin congénital ! »

« Morveuse et looseuse ! »

« Non mais ho ça va aller maintenant ! Cho, je t'ai demandé de rentrer ! » S'écriât le Harry souvenir d'un air menaçant.

La Chinoise s'enfuit, pleurant, courant, hoquetant, tombant… se relevant, pleurant, courant…

Aillez pitié d'elle, chères téléyaoïstes.

« Mais c'est ridicule ! » S'écriât en même temps un Harry et un Drago de deux dimensions différentes.

« Qu'est ce qui t'a pris Malfoy ! Tu n'as même pas chercher à aborder les sujets qui blessent avec elle ! Je t'ai connu beaucoup plus efficace dans tes insultes. » Dît le Harry de la pensine.

Le Drago en question regardait toujours au loin d'un air pensif, là où l'ex attrapeuse de Serdaigle avait disparue, puis il se retournât vers le Griffondor.

« Je t'ai dis que je voulais te parler seul à seul. Te parler. Pas me battre avec toi. Si j'avais attrapé cette pimbêche pas ses sals cheveux filasses, cela m'aurait certes fait plaisir, mais cela n'aurait pas servi mes motivations. »

« Et puis-je savoir quelles sont tes motivations au juste ? » Demandât Harry.

Le Drago de la pensine croisât ses bras de telle façon que son menton reposait dans l'une de ses mains.

Il scrutait le visage de Harry en réfléchissant intensément, cela durât quelques minutes où le Griffondor maugréait comme quoi il n'avait pas toute la nuit, etc…

Enfin le Serpentard claquât des doigts, son visage soudainement illuminé par une brillante idée.

« Bon alors quoi ? » Demandât le Harry de la pensine, impatient.

Le Serpentard se tenait devant lui, bien droit les bras le long des flancs, détendu… Parfait.

Quand tout à coup !

Il s'effondrât littéralement dans l'herbe, complètement prostré sur lui-même, en éclatant en sanglots.

Une fois encore, un Harry et un Draco de deux mondes différents hoquetèrent de stupeur.

« Ce n'est pas possible ! C'est de la comédie ! » S'écriât le vrai Drago.

« Tu as un véritable don, on te l'a déjà dit ? » Renchérît le vrai Harry, retenant à grande peine ses éclats de rire.

Au bout d'un moment le Drago en larmes brisât le silence.

« Ho Harry, si tu savais… J'en ai tellement marre… Mon père risque de mourir à tout moment à servir un fou albinos… Je suis tout seul dans ce monde de merde ! Personne ne me comprend ! Et toi tu me fais chier ! Toujours toujours sur mon chemin, toujours le meilleur ! »

Le vrai Drago était tétanisé, il n'en croyait pas ses oreilles, son double était de plus en plus effondré sur lui-même, les mains sur son visage.

« Tu me fais marcher, Malfoy ? Ta sale blague n'est pas drôle du tout. » Semblait supplier le Harry de la pensine, complètement perdu.

« Ce n'est pas une blague. » Hoquetât-il en relevant son visage baigné de larmes, dardant ses yeux gris sur un Harry Potter qui flanchait déjà.

« Tu as bu, Malfoy. » Dît-il en se mettant lentement à genoux devant le Serpentard, puis… avec une très grande hésitation, il relevât sa main droite pour replacer maladroitement une mèche de cheveux blond derrière son oreille.

Le Drago de la pensine attrapât doucement son Harry par le col et l'attirât lentement vers lui, jusqu'à ce que sa bouche soit très près de son oreille.

Là, il lui racontât des choses tout bas pendant longtemps, de ses yeux coulaient encore quelques larmes silencieuses.

Les yeux de son Harry, quant à eux, se fermaient parfois pour mieux écouter, parfois ils se rouvraient subitement, mais jamais le Griffondor ne le repoussât, et cela continuât ainsi longtemps, longtemps…

« Que… Qu'est ce que je suis en train de te dire ? » Demandât presque timidement le vrai Drago.

Harry était calme et posé, peut être un peu trop calme, il détournât son regard de la scène caché entre les serres et plongeât ses yeux dans ceux de Drago en penchant la tête sur le côté d'un air pensif.

« Je suppose que 'tout' peut assez bien résumer ce que tu me racontes. »

« Tout ? Comment ça tout ? Tout quoi ? »

Harry haussât des épaules comme si cela lui était indifférent.

« A quoi bon ? C'était sans doute des mensonges de toutes façons. »

« Tu … Tu as sûrement raison. » Répondît le blond au bout d'un moment.

Drago n'osât plus redemander quoi que ce soit, il avait trop peur de sa réaction si jamais ce qu'il se voyait raconter doucement au creux de l'oreille du Harry, là bas, était vrai.

Le temps passât ainsi pendant un moment encore avant qu'un léger changement ne s'opère.

Le Serpentard, le vrai, savait déjà qu'il allait se produire ce genre de chose, mais quand cela se produisit, il ne pu retenir un hoquet de stupeur.

Il se voyait, là bas, en train de relever ses mains, de caresser lentement le dos du Harry, là bas.

Il voyait ses mains remonter et effleurer la nuque du Griffondor, son cou et ses cheveux.

Il se voyait fourrager doucement dans ses mèches noires, entrelacer ses doigts dedans et revenir doucement sur la peau nu à la base des épaules.

Il vit le Harry, là bas, et le Harry, ici, frissonner.

« Que… Qu'est ce que tu fais, Malfoy ? »

C'était le Harry de la pensine qui venait de parler d'une voie basse et tremblante.

Son Drago ne parlait plus, ne pleurait plus non plus, il le regardait simplement d'une façon énigmatique pendant que ses mains continuaient leurs caresses.

Bientôt ses mains parcoururent langoureusement le visage de l'autre, et Harry fermait les yeux sous cela.

Ses lèvres, comme ses yeux, étaient pincées et tremblantes, mais les doigts de Drago passaient sur lui et le détendaient tout doucement.

Au bout d'un moment, Harry, toujours les yeux fermés, se laissait aller totalement et le Drago de la pensine en profitât aussitôt.

Le blond se penchât en avant en tenant toujours le visage de Harry dans ses mains et… enfin… l'embrassât.

Un léger baiser, très léger.

Il s'éloignât.

Harry n'avait pas bougé, ses yeux étaient toujours fermés.

Un soupir.

Puis un nouveau baiser, moins léger.

Drago voyait sa langue courir sur les lèvres fermées du Harry de la pensine.

Ce n'était même pas une invitation pour que l'autre lui rende son baiser, ce n'était qu'une exploration tactile, de sensation et de goût.

Enfin, c'est ce à quoi cela ressemblait à la distance où lui, le vrai, était.

Drago détournât la tête du souvenir pour observer à la dérobé, le Harry à ses côtés.

Il était droit, bien campé sur ses deux jambes, les mains dans les poches, et il dégageait toujours cette impression de toute puissance et de nonchalance.

Harry dut sentir qu'il était observé car aussitôt leurs regards se croisèrent.

« Qu'est ce qu'il y a ? » Demandât-il.

Il n'y avait pas d'inquiétude dans sa voix, mais de la curiosité.

« Je suis impressionné par ton calme. »

Il lui répondît par un haussement d'épaule.

- Décidément c'est devenu une habitude chez lui.

« C'est juste, que j'étais conscient et consentant quand cela c'est passé. Je n'ai rien oublié et je n'ai pas honte de ce qu'il s'est passé. » Fît-il avec un geste de la main vers son souvenir qui se déroulait devant lui.

« Arrêtes ! » S'écriât le Harry de la pensine en repoussant l'autre.

« Consentant, tu disais ? » Ironisât le Serpentard.

« Ho ça… Ecoute, tu as été on ne peut plus persuasif. Mais regarde plutôt. » Répondît Harry en pointant la scène du menton.

Le Harry de la pensine s'était relevé précipitamment et il se dirigeait vers eux sans les voir, ils s'écartèrent juste à temps au moment où il passât entre eux, mais aussitôt, il s'effondrât au sol sous le plaquage d'un certain Serpentard pas tout à fait comme d'habitude.

« Arrête ! » Criait le Drago de la pensine, en maintenant un Harry sous son poids.

« Lâches-moi ! » Répondait le Griffondor sur le même ton.

« Mais putain, c'est quoi ce délire ! » S'écriait le Drago réel qui était au bord de se précipiter sur lui-même pour se foutre deux claques.

« Malfoy, ça ne sert à rien de t'exciter. Je te rappelle que ça c'est déjà produit, alors calme toi et regarde. Tu ferais mieux de te reprendre par ce que la suite est bien plus… » Débitât Harry.

« Ha la ferme toi ! » Hurlât-il.

« Calme-toi… » Susurrât-il.

Très chères téléyaoïstes, je sais que c'est confus comme situation, croyez-moi, je suis moi-même très embrouillé avec mes capteurs mentaux qui ont cramé, mais oui, les deux dernières phrases ont été dites toutes deux par Drago. Oui oui, je sais, j'ai besoin d'une aspirine.

Si vous le voulez bien, on va laisser le vrai Drago se taper sa crise, car c'est vrai ce n'est pas très classe et Malfoyen de faire des plaquages de rugbyman, on le comprend dans son malheur et sa déchéance, blablabla…

Et maintenant, on va un peu plus s'attarder sur ce qui ce passe dans cette putain de pensine de merde ! Bon sang !

Donc reprenons où on en était…

Harry n'était plus sur le ventre à bouffer de l'herbe, à force de se débattre, il avait réussi à se mettre sur le dos, pourtant Drago avait toujours l'avantage d'être sur lui.

Il lui bloquait les bras en enfonçant ses doigts dans ses poignets, et ses jambes était savamment enroulées autours de celles du Griffondor.

« Malfoy, lâche-moi. » Fît Harry d'une voix calme et autoritaire, il avait cessé de se débattre.

« Harry, pourquoi ? C'est parce que j'ai une queue entre les jambes et pas de seins ou bien par ce que je suis Drago Malfoy, celui qui t'a emmerdé dès le premier jour de ta vie sorcière, que tu me repousses? »

Harry restât silencieux et furibond quelques secondes, avant de répondre.

« Je n'ai pas à me justifier, mais je vais te répondre, alors écoute bien. C'est un peu des deux, tu es un mec et tu me sautes dessus comme ça, sans préambules. Je ne suis pas comme toi, tu t'y connais peut être pour ces choses entre hommes, mais pas moi, j'ai besoin de temps. Ensuite, tu es Drago Malfoy, celui qui m'a profondément emmerdé dès mon premier jour en tant que sorcier. A cause, ou grâce à toi, j'ai supplié le choipeau de ne pas m'envoyer à Serpentard comme il le voulait. Ha ça t'en bouche un coin ! Et oui ! C'est ballot sachant que tu me traite de sale Griffondor depuis des années ! »

« Tu… Tu aurais pu être à Serpentard ? » Demandât Drago ahurît.

« Y'a quelque chose que tu as mal compris dans ce que je viens de dire ? »

« Non… C'est juste que… J'imaginais comment cela aurait été si… cela c'était produit. »

Harry scrutât du regard le Serpentard, un brin soupçonneux.

Drago semblait rêveur, ses yeux le regardaient… bizarrement… amoureusement ?

« Tu ne comprends pas… » Reprît le blond.

« Comprendre que tu es complètement bourré ? »

« Comprendre que tu es ma NEMESIS ! »

Oh putain, les grands mots tout de suite ! Oups, désolé chères téléyaoïstes, ça m'a échappé…C'est que… Je suis tellement émue que Drago nous sorte lui-même ce mot là! J'en suis toute retournée, pas vous ? Non ? Bon ok, je la ferme… ( Pas possible ce que vous êtes ronchons certaines ! )

« Ta néméquoi ! Tu pètes un plomb, Malfoy ? »

« Ma Némésis, mon meilleur ennemi, mon plus grand rival. Bon sang, ça fait un super thème de lecture pour adolescentes en chaleur, mais là c'est vraiment ce que je ressens, tu comprends ? »

« Je ne suis pas sur que… »

Drago relâchât un peu son étreinte et se penchât en avant pour murmurer à l'oreille du Griffondor.

« Ne vois-tu pas que je te déteste corps et âme, Harry ? »

Le silence, et une certaine pression s'accentuèrent.

« Je… Je ne sais pas… Peut être… Mais même si c'était vrai, pourquoi on devrait changer les choses? Pourquoi ça ne devrait pas continuer comme toujours ? »

« Toi et moi sur nos ballais, c'est génial, Harry. Mais ce soir j'ai compris que je voulais plus. Bien plus… On n'a plus de temps à perdre, maintenant. C'est la guerre, tu comprends cela mieux que personne, non ? A la fin de cette année, tu vas encore devoir affronter Voldemort, et qui te dit que tu ne vas pas en crever ? Qui te dis qu'on ne va pas tous en crever ? Ce soir, je veux plus, Harry. Je te veux rien que pour moi. »

Drago avait des yeux ardents, mais il n'osait pas mettre en actions ses pensées sans l'assentiment du Griffondor.

« Je comprends… mais… je… je ne… » Murmurât le brun d'une toute petite voix.

« Shhhut, Harry. Laisse-moi encore t'embrasser maintenant que tu sais ce que je ressens pour toi, et je suis sur que tu vas alors me tomber dans les bras. »

« Prétentieux. »

Drago se penchât tout de même au-dessus du brun, il était à seulement quelques millimètres de la bouche de l'autre et déjà il avait l'air au Paradis rien de respirer le souffle parfumé de l'autre.

Le Serpentard se léchât les lèvres de façon gourmande et dévisageant l'autre d'une façon qu'il était impossible de mal interpréter, et Harry savait, cela était d'ailleurs rageant, qu'il n'avait jamais été regardé aussi intensément que Drago Malfoy en cet instant.

En fait, personne ne l'avait jamais regardé avec plus de passion que ce garçon imbuvable de toute sa vie.

Il sut à ce moment là que le Serpentard, quoi qu'il ai bu ce soir là, disait la vérité.

« Ha bah voilà ! T'es tombé en plein dans le panneau ! » Ronchonnât le vrai Drago.

A ces pieds se roulaient maintenant allègement deux corps enlacés.

Il était toujours vaguement dessus, il avait toujours vaguement l'air de bloquer l'autre en lui maintenant les bras au dessus de la tête.

Cela ne ressemblait plus trop à un plaquage de rugbyman, maintenant que Harry ondulait des hanches entre les jambes de Drago, tous les deux étaient en train de se frotter l'un à l'autre en s'embrassant goulûment, baveusement… terriblement langoureusement ?

C'était…

Qu'avait dit Blaise à ce sujet au juste ?

Sexe, torride, appétissant, bandant à regarder !

Tellement bandant que Drago détournât son regard de la scène.

« Ha bah, le voilà lui ! » Dît-il.

« Qui ? » Demandât Harry.

Drago lui désignât Gregory Goyle qui avait l'air parfaitement stupefixé un peu plus loin.

« Tu savais qu'il nous avait vu ? »

« Bien sur ! Il se trouve qu'à la différence de tous autres élèves à Poudlard, un Serpentard sait garder un secret inter maison. »

« Personne ne sait de mon côté. »

« Après ne me baratine pas en me disant que tu assumes et toutes ces conneries. »

« Ce n'est pas pour ça. Je ne parle pas de ces choses là avec eux. C'est tout. C'est compliqué mais parler de mes aventures amoureuses reviendraient implicitement à parler des leurs aussi. Et… c'est compliqué… »

« Ho je vois, Miss 'je sais tout' et la belette ont du mal à se foutre ensemble ? »

« Comme tu es perspicace ! »

« Peuh, c'est juste l'évidence même. Et à part ça, on va continuer à se manger l'un l'autre encore longtemps? Ha, autant pour moi ! Apparemment on est passé au pelotage de base. »

« Je dirais encore quelques minutes comme ça. Ensuite tu commenceras à me murmurer des cochonneries à l'oreille et ce sera l'heure d'aller dans ta chambre. »

« Des cochonneries ? Rien ne me sera épargné ce soir. »

« C'était très existant. »

« Dis, tu ne saurais pas nous avancer dans le souvenir ? Par exemple aux paroles cochonnes ? Ce n'est pas que cette scène de baisers torrides soit ennuyeuse, mais on n'a pas toute la nuit. »

« Dit plutôt que t'es curieux de t'entendre. Je vais essayer de visualiser un magnétoscope dans ma tête, on ne sait jamais. »

« Un magnétoquoi ? »

« Attend, je me concentre… » Fît-il fermant férocement les yeux.

Le paysage devint bizarrement flou et argenté, le souvenir s'agitait dans la pensine.

Quand tout redevint normal, la scène n'avait pas vraiment changé à part que les tenues des deux protagonistes étaient bien plus débraillé et que… effectivement…

« … t'écraser dans mon lit… je… je vais te lécher ton p'tit cul, tu vas voir… je vais te faire me supplier de te prendre comme un fou… tu vas gueuler sous moi, Harry… tu va gémir 'encore'…tu va… »

« Bon ok, ça va j'ai compris ! Tu peux avancer la scène jusqu'à… la fameuse réalisation de tout ceci ! » Lançât un Drago étonnement rouge, vaguement agacé.

Harry haussât les épaules, il se tournât vers le couple à terre avec un sourire affectueux et fermât les yeux pour se concentrer.

Le souvenir se brouillât à nouveau, mais quand il se reconstituât, ils ne se retrouvèrent pas dans la chambre du Serpentard.

« Oups, un peu trop tôt. Désolé. » Fît Harry.

Tous deux étaient dans un couloir sombre de Poudlard, devant eux le Drago de la pensine tirait en avant un Harry bien docile.

Derrière eux un bruit se fît entendre, c'était un groupe d'élèves qui rentraient certainement dans leurs dortoirs, le couple s'était déjà volatilisé dans une des aspérités obscures qu'offrait les murs de Pourdlard.

Quand le groupe bruyant eut disparu à l'angle d'un couloir, rien ne se passât ensuite.

« Je suppose qu'on est là, tous les deux en train de se chauffer derrière une armure ? »

« Oui, c'est à peu près ça. »

« Bon, avance la scène. »

La tension chez Drago était palpable.

Finalement ses petites pauses où Harry faisait avancer le temps lui étaient salutaire pour son calme légendaire.

Cette fois ci, ils étaient bel et bien dans sa chambre.

Cette fois ci, il n'y aurait plus vraiment de raison pour faire avancer le souvenir.

Le vrai Harry s'était trouvé un endroit reculé dans la chambre où il s'était assis à même le sol.

Son indifférence était feinte, Drago le savait mais il appréciait quand même que le brun le laisse vaguement seul pour assister à la scène.

En plus ça commençait fort.

Les deux souvenirs en tentant de se déshabiller rapidement l'un l'autre, tout en même temps, s'étaient effondrés pèle-mêle au sol.

Cela avait eu l'avantage de les calmer, maintenant ils se regardaient dans les yeux.

Le Drago de la pensine caressait doucement la joue de son Griffondor, puis il se relevât en entraînant avec lui le brun.

Il le fît s'asseoir sur le rebord du lit et se mît à genoux devant le lui.

Le vrai Drago jetât un regard en coin au Vrai Harry assit plus loin, ce conard de Griffondor le regardait lui, et en plus il souriait.

Après tout, il pouvait rire, il s'était mît à genoux devant lui, merde !

Il reportât son attention vers son autre lui qui déshabillait avec une extrême langueur l'autre Harry.

Tous deux ne disaient plus rien, mais leurs regards parlaient pour eux.

Bientôt il ne restât plus qu'un petit boxer noir sur le corps tendu du Griffondor et le Drago de la pensine se redressât en commençant à déboutonner, tout aussi lentement, sa chemise.

Mais Harry l'empêchât de continuer, il se levât et fît le travail lui-même avant d'allonger le blond sur son propre lit.

Ce fût ensuite deux corps collés l'un à l'autre, baisers et murmures tendre, caresses et coup de langues, morsures et râles de plaisirs.

Les derniers vestiges de vêtements avaient disparu, et maintenant Drago était, encore à genoux, avec un Harry maintenu étroitement serré contre lui.

Avec sa bouche, il embrassait, léchait et mordait chacune des parties fragiles du cou et du torse qu'il pouvait grignoter sur le corps du brun.

Avec ses mains, il imposait un mouvement sans équivoque sur les hanches de l'autre et leurs sexes se frottaient étroitement l'un contre l'autre, serrés entre leurs ventres.

Les bruits de râles et de gémissements, les froissements des draps étaient insupportables pour les non-participants.

Le vrai Drago le voyait chez le vrai Harry, il était prostré sur lui-même, les genoux ramener contre son torse, la tête enfouit dans ses genoux, une main crispé dans ses cheveux.

Revivait il la scène en pensées ?

Cela devait être… bien.

Il était étranger à toute cette débauche, cette fusion, et bizarrement cela l'attristait.

Plus que cela, sa gorge était serrée, et il avait du mal à respirer.

Il aurait du être furieux, furieux à cause de lui, de comment il avait agi, furieux à cause de Potter, furieux à cause de Lovegood, des Weasley et du reste du monde et un peu plus.

Il n'y arrivait simplement pas.

Bientôt l'une de ses mains, à l'autre, se glissât entre les fesses du Harry, là bas, il se vit introduire son autre main dans la bouche du brun, et cela était une vision des plus existante.

Les vas et viens de ses doigts, la langue de Harry et lui qui disait des choses perverses.

« Lèche bien, Harry… Ces doigts là seront bientôt dans ton cul, alors lèche bien. »

Et Harry léchait bien… parfaitement bien.

Et ses yeux étaient délicieusement absent et flou de désir.

Et Drago se jalousait lui-même d'avoir vécu une situation si intense.

D'avoir dit et fait tout ce qu'il avait dit et fait mais dont il n'avait aucun souvenir, et pour cause, ce n'était pas lui !

Lui, il ne pourrait jamais être comme ça.

Mais le voulait-il ?

Il était perdu, c'était tellement loin de lui et pourtant…

Moi et Potter en train de lui fouiller le cul en l'embrassant, c'est clair ! C'est bien loin de moi…

Et pendant ce temps, l'autre lui, était bien loin de se poser des questions, il en était à faire gémir le brun entre ses bras, à le préparer à le prendre.

Justement, en parlant de prendre…

« Prend-moi… maintenant… Drago… haa… s'il te plait… »

- L'autre aussi qui s'y met, maintenant…

Drago rougit vivement, se faire appeler de cette façon, par son prénom, par Harry, lui remuait les tripes.

Il plaçât sa main devant son visage, se regardant pousser en Harry, s'arrêter, attendre, et reprendre lentement ses vas et vient en l'autre.

Il vit les doigts de Harry se crisper sur son dos et ses jambes s'enrouler autours des siennes.

Il entendît leurs gémissements, tous les bruits de sexes et…

Harry, le vrai, venait de lui saisir le bras.

Il ne l'avait même pas entendu venir.

Qu'est ce qu'il lui voulait ?

La pensine se brouillât, il avançait le souvenir dans le temps.

Pourquoi ? Pourquoi ses yeux me regardent-ils comme ça ?

La chambre se recomposât.

Sur le lit, il se voyait épuisé qui tenait le brun contre lui, il enfouissait sa tête dans le creux de l'épaule de l'autre Griffondor en le serrant un peu plus fort contre lui.

Le brun poussât un gémissement de douleur qui semblât sortir le Drago de la pensine de sa torpeur.

Il se vît attraper sa baguette et commencer à lancer des sorts de guérison sur l'autre Harry.

« Tu sais faire ce genre de choses ? » Demandât le brun.

« Ma mère s'y connaît en sorts de guérison, elle m'en a appris quelques-uns uns. Elle aurait pu être une bonne médicomage. »

« Pourquoi n'a t elle pas pu le devenir ? »

Le vrai Drago fusillât le Vrai Harry du regard.

Le Drago de la pensine, lui, embrassât simplement le front de son compagnon, soudainement lasse.

« Par ce qu'elle est devenue une Malfoy, voilà pourquoi. »

Le silence s'installât entre eux, mais pas un de ses silences gênés, le Harry de la pensine faisait courir ses doigts sur le dos du Serpentard et l'autre lui soufflait dans le cou pour le faire frissonner.

Ils avaient l'air parfaitement bien.

« Apprend moi, s'il te plait. » Demandât Harry.

« T'apprendre quoi exactement ? » Fît le blond en se redressant sur les coudes.

« A soigner. J'aimerai le faire pour toi. Je sais qu'un medicomage ne peut pas s'auto guérir, et tu dois avoir mal toi aussi, n'est ce pas ? »

« Mmh, d'accord. Cela te changera d'apprendre à tuer. Et puis comme ça, on poura recommencer encore et encore. » Répondît le Drago de la pensine, en ce mettant en tailleur sur le lit avec enthousiasme, l'autre en fît de même face à lui.

« C'est pour ça que je n'avais pas mal. » Murmurât le vrai Drago.

Le vrai Harry resserrât sa poigne sur son bras.

« Allez, on y va, maintenant ça suffit. »

Le blond ne put qu'acquiescer.

Il se sentait vide et abattu.

La sensation d'être aspiré vers le haut lui donnât la nausée, et sans qu'il s'en rende compte il se prit le visage dans ses mains.

Ils n'étaient plus dans la pensine, ils étaient revenus sur le canapé devant la cheminé.

Harry ne fît pas attention à l'abattement de Drago, il savait que toute forme d'aide serait considérée comme de la pitié ou de l'apitoiement, alors il en profitât pour réintégrer discrètement ses souvenirs en son esprit.

Mais il ne put faire comme si de rien n'était quand se produisît la suite.

Drago se tenait fortement le bas de son visage entre ses deux mains, ses yeux étaient fixés sur rien en particulier, il avait l'air de ne plus battre des paupières depuis un bon moment car son regard était vitreux.

« Drago ? » Demandât Harry.

Il sut aussitôt qu'il avait fait une erreur, sa voix avait laissé transparaître de l'inquiétude, et il l'avait appelé par son prénom et maintenant, ça n'y avait pas coupé, Drago le fusillait du regard.

Pire que ça, le Serpentard retirât lentement ses deux mains de son visage libérant un flot de sang, il saignait du nez.

Sans doute était-il comme ça depuis leurs retours de la pensine.

« Casse-toi ! » Fît-il de sa voix la plus froide, en se levant.

Harry se levât lui aussi mais il fît plutôt un pas vers le Serpentard.

« Tu saignes, putain ! Laisse moi te soigner. »

Drago le saisit par le col et se rapprochât si près de lui qu'en d'autre circonstance il n'y aurait eu qu'un pas pour qu'ils s'embrassent.

Sauf que là, il n'y avait que haine dans ses yeux, dans sa voix, tout son corps tremblait et respirait le dégoût.

« Tu es stupide, Potter ! Tu me dégoûtes ! »

Harry se dégageât de cette étreinte malsaine, lui aussi jetait maintenant un regard empli de fureur.

« Tu n'as pas besoin de faire cela, Malfoy ! Je n'attends rien de toi ! Ce n'est pas la peine de te rendre odieux pour que je te déteste, et pour que je te lâche la grappe ! Je ne suis pas une de ses midinettes que tu jettes de ton lit! TU N'ES RIEN POUR MOI ! »

C'était un mensonge.

Ils le savaient tous les deux.

Pourtant la soirée se terminât ainsi.

Harry fît demi-tour et sorti en claquant la porte, furieux et malheureux, il courût jusqu'à son dortoir sans se rendre compte qu'il avait oublié sa cape d'invisibilité dans la chambre du Préfet en chef.

Drago, quant à lui, foutait du sang partout, notamment sur sa chemise blanche hypra chère et maintenant complètement foutue.

Il criait toutes les insultes dont il aurait aimé assommer le Survivant, il donnait aussi quelques coups de poings dans la porte par laquelle l'autre avait disparut.

Rien ne le calmer, et bientôt…

Il pleurait.

Des larmes de rage et d'impuissance coulaient en cet instant sur deux visages en deux endroits différents de Poudlard.

Drago, tout comme Harry, enfonçait son visage dans les coussins de son lit pour retenir ses cris et ses gémissements désespérés.

Il était foutu…

Jamais cela aurait du arriver, à lui !

Il était confus à l'extrême, mais parfaitement malheureux.

Dans ses doigts crispés, il serrait le tissu soyeux et fluide de la cape d'invisibilité de Harry.

A suivre...

NDA : Pardon, j'ai conscience que cette fin doit être frustrante, mais je trouve ça tellement bien quand Harry et Drago s'insultent et s'entredéchirent. Après tout c'est la base même de leurs relations ! Et puis vous attendez à quoi ? Que Drago tombe dans les bras de Harry en criant « Hoooo mon amuuuur ! ».

Huhuhu… Oui, bah non !

Vous avez eut quand même pas mal de réponses, le cadeau des aiglons et surtout le souvenir dans la pensine ! J'espère que ça ne vous a pas déçue…

Maintenant j'avoue que c'est un peu le grand flou ( artistique ) pour la suite de l'histoire, alors vos envies sont les bienvenus, huhuhu.

Bisous !

Levia