Auteur: Leviathoune

RAPPELLE-TOI, Chapitre 5: Révélations entre amis

Griffondor…

Sa salle commune, l'or et le pourpre, la bonne humeur bordélique et débordante de cris et de rire…

Son héros, Harry Potter, taciturne, pour le moment avachit à cheval sur une chaise, les bras croisés et le menton posé sur le dossier.

Devant lui, ces fidèles meilleurs amis, Ron et Hermionne, face à face en train de se disputer une partie d'échec.

Harry suivait la partie d'un œil morne et absent, le tout dissimulé derrière la barrière de ses lunettes et de ses mèches folles.

Evidement, ses pensées étaient bien loin de la stratégie du jeu, mais plutôt tourné vers un certain blond.

La semaine après le fameux épisode de la pensine était un peu entamée.

Qu'est ce qu'était devenu ces quelques jours?

Poussière, voilà tout.

Harry l'avait ignoré.

Il en avait fait de même.

Pas un regard, pas un sourire en coin, ni échanges furieux, rien, le néant.

Ils n'existaient plus l'un pour l'autre, simplement.

Qu'en apparence, évidemment.

Il ne pouvait pas savoir ce que ressentait le Serpentard, mais pour lui, que ressentait-il au fait ?

Une souffrance de plus, un poids ajouté sur son cœur déjà bien trop lourd.

L'amour…

C'était tellement futile de dépérir à cause de ce sentiment idiot.

Souffrir de sa bêtise qui avait engendré la mort de Sirius, voilà une peine insurmontable!

Mourir à petit feu d'être le berceau de la haine de Voldemort, sentir ses trépignassions danser sans cesse dans son crâne, voilà de quoi se plaindre.

Tous les jours être dressé à tuer par tous les professeurs de Poudlard, encore une chose qui pouvait largement blaser un adolescent.

Il pouvait à présent tenir tête aux professeurs Rogue et MacGonagal lancé à pleines puissances contre lui et même temps.

Ouai, super, youhou, géniaaaaaaaaal…

C'est à peine si on lui laissait encore le temps de respirer pour faire office de présences en cours.

Réviser pour ses ASPICs, la bonne blague!

Même Hermionne ne lui disait plus rien à ce sujet, c'était tout dire!

Il le savait…

Malgré tous ces efforts pour apprendre tous les sorts de défenses et d'attaques imaginables, il le savait…

Il ne survivrait pas…

C'était encré dans son cerveau comme marqué d'un tison ardent.

La peur et la douleur n'existaient même plus pour le distraire de l'évidence.

Il allait mourir dans cette guerre.

Aussi sûr que le temps s'écoulait, Voldemort l'attendait.

Quelques part, ce fou montait des plans pour devenir de plus en plus puissant, pour tenir le monde et la mort dans sa main, et maintenant lui aussi.

Fabuleux, moi, pauvre con, au même niveau que la mort elle-même sur la liste rouge de Voldemort.

Dumbledor dit que je me sous-estime, que Voldemort n'est qu'un homme, et que l'amour de ma mère, cette magie puissante et ancienne qui coule en moi, me portera vers la victoire.

Vas te faire foutre Dumbledor! L'amour de ma mère coule aussi dans les veines de Voldemort, cette jolie fable pouvait encore marcher quand j'avais douze ans, mais bon, à présent elle est un peu devenue obsolète.

Et si Voldemort n'est qu'un homme, pourquoi placer tous vos espoirs en moi comme vous le faites tous? Je ne suis qu'un adolescent, je n'ai que dix-sept ans, la semaine dernière j'étais encore puceau.

Non, vous êtes désespéré…

Je le sais…

Mais Harry ne l'était pas lui.

Il ne portait plus ni espoir, ni désespoir en lui.

Il avait réfléchit sur sa vie, sur tout.

Sur les Dursley, puis sur le monde magique et Poudlard, sa nouvelle maison, ses amis qui étaient devenus sa vraie famille.

Il en avait déduit de tout cela, qu'il n'avait pas eut une vie franchement heureuse, mais qu'il avait su en profiter et en prendre ce qu'il pouvait.

Il était jeune mais il allait bientôt mourir, et pourtant il l'acceptait.

Il avait fait et faisait encore de cette vie ce qu'il pouvait, mais ce n'était plus comme avant…

Par ce que, justement, il savait…

Par ce que c'était déjà comme s'il était déjà mort et qu'à présent il ne restait plus que la marionnette ballottée dans le vent, bientôt désarticulé par la tempête.

Même le Quidditch ne lui inspirait plus le même sentiment de liberté qu'autrefois, c'était plus un moyen de faire le vide qu'autre chose, un moyen d'être vraiment en paix à présent.

Une nuit, une seule il avait oublié son destin, une nuit, un rêve dans les bras de son ennemi.

Un rêve, voilà bien le mot…

Peut être que cela avait été la vérité, que Drago s'était vraiment ouvert à lui pour une nuit.

Mais à quoi bonl'amour au stade où il en était?

L'amour était perdu pour lui.

Il pouvait même s'estimer heureux d'avoir était aimé, même pour une nuit.

Oui, c'est mieux comme ça. Quand je mourais, je pourrais au moins avoir ce souvenir en tête, se disait-il.

Harry Potter était bien morbide, ce soir là comme tous les autres soirs d'ailleurs.

En fait, il était ainsi depuis la nuit où son parrain était mort…

La nuit ou il avait vu Dumbledor impuissant face à Voldemort.

Il y avait quand même une chose qui le dérangeait dans tout ça.

Il avait été surpris d'apprendre que Drago Malfoy n'était pas seulement le leader indiscutable de Serpentard, mais qu'il était aussi véritablement entouré d'amis.

Les amis de Drago connaissaient la situation, il en avait discuté avec eux, à présent ils devaient tous le soutenir dans son malheur et sa déchéance d'avoir couché avec le pauvre con de balafré de Griffondor et l'encourager pour remonter la pente.

Bon d'accord, il exagérait peut être, mais lui de son côté, il n'avait rien dit.

Cela lui pesait à présent, il n'avait aucune véritable excuse pour dissimuler ce secret à ses amis.

Ils voulaient leur faire confiance.

Rien que pour se prouver qu'il assumait tout de cette nuit d'halloween.

Pour prouver que ces amis étaient encore mieux que les Serpentards à leur préfet en chef.

Le bon moment allait arriver.

Il était tard, la salle commune se vidait peu à peu au fur et à mesure que la partie d'échec avançait.

Il attendait l'instant où Hermionne allait dire…

"Echec!"

Ron répondrait aussitôt…

"Echec et mat!Et encore gagné!"

C'est là qu'il devait le dire… maintenant!

"Ron, Hermionne, j'ai à vous parler."

Ils s'étaient tourné vers lui, un peu effrayé.

Ils avaient sans doute peur qu'il leur parle d'une attaque de Poudlard imminente.

Il voyait déjà Hermionne prête à se taper un sprint éclair tout droit chez Dumbledor à la moindre alerte.

"Voilà… J'ai couché avec un homme."

Enfin il venait de lâcher la bombe, pas encore totalement mais maintenant il avait leur attention complète.

Il se redressât sur sa chaise, et les regardât lentement tous les deux dans les yeux, chose comique les pièces d'échec aussi étaient toutes ouïes.

Pauvre Hermionne, elle avait les yeux hagards et Ron la bouche pendante comme un poisson mort, la main encore élevé au-dessus de l'échiquier.

"Et pas n'importe lequel. C'était avec… Drago Malfoy."

Hermionne se plaquât les mains sur sa bouche, Ron laissât tomber son bras ballant, les pièces se jetant à plat ventre pour l'éviter en lui lançant des insultes.

"T…tu… Toi et… M… Malfoy?" Bredouillât Ron. "Tu n'es pas sérieux?"

Harry aquiessât calmement.

"Si, je le suis. Je n'ai rien fait pour que ça arrive, mais cela c'est tout de même produit… Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé entre nous deux, alors j'espère que ça ne change rien pour vous."

Ron déglutît douloureusement, et Hermionne retirât ses mains de devant sa bouche, ils étaient tous les deux un peu pale.

"Bien sur que ça ne change rien entre nous. On est juste un peu sous le choc, hein Ron?" Demandât Hermionne en attendant l'assentiment de son ami.

"Alors… alors, tu préfères les hommes?" Demandât Ron.

"Je ne sais pas trop. Peut être bien que oui." Répondît le brun.

"Je… J'ai toujours cru que tu te marierais avec ma sœur, Harry." Fît le rouquin d'une pauvre voix.

"Ron, je n'ai pas besoin de me marier avec ta sœur. Je suis déjà ton frère, tu le sais?" Fît-il en prenant la main du jeune homme dans la sienne.

Ron regardât cette poigne de main amicale avec un regard un peu perdu, il ne savait plus que faire, puis il posât à son tour sa main sur celle de Harry.

"Oui, tu es mon frère. Mais… mais comment? Je n'arrive pas a y croire, c'est impensable."

Le silence s'installât mais Hermionne le rompît.

"Comment ça c'est passé?"

Et Harry leur racontât tout sur cette étrange nuit.

"Je sais pourquoi Drago était comme ça. Luna est venu me le dire. Elle l'a drogué avec une invention de tes frères. La DeBrId'MaNiA, tu connais?" Demandât Harry à Ron.

"Oui, ils m'en ont parlé cet été. Une poudre à base de véritaserum, de potion de volonté et d'aphrodisiaque, qui dilué dans une boisson devient un véritable désinhibant, mais pas seulement au niveau sexuel. Ils m'ont dit que c'était plutôt pour faire remonter tes pires frustrations et te donner l'état d'esprit pour te réaliser."

"C'est encore une invention qui frise l'illégalité!Pourquoi Luna a t-elle fait cela? " S'écriât Hermionne.

"Une histoire d'objet sombre volé par un Serpentard. Elle était sûre que c'était Malfoy. Mais il y a une chose que je ne comprends pas, Ron. Pourquoi tes frères ont-ils fait en sorte que celui qui prend de cette substance ne se souvienne plus de rien?" Demanda Harry.

"Tu sais, ils font ça dans l'optique d'en faire une farce. En général, tu n'achètes pas quelques choses pour toi-même dans leur magasin, mais pour jouer un tour à quelqu'un."

"C'est sûr que ça aurait été poilant que je le tourne en ridicule devant tout le monde…Imaginez Malfoy déclarer devant la grande salle: "Je suis ta Némésis, Potter!". Le lendemain tout le monde se serait foutu de sa gueule, mais il aurait été le seul à ne pas savoir pourquoi! En effet, c'est très drôle… "

"Roh, ça va! Je ne vais pas prendre Malfoy en pitié! Mes frères sont des génies, c'est tout! Et puis sans ça, il ne t'aurait jamais dit… ce qu'il t'a dit… hum… Euh, au fait, ça veut dire quoi Némésis?"

Les deux garçons se tournèrent vers le cerveau du groupe.

"C'est une divinité ancienne, adorée notamment chez les Grecs. Elle est la déesse des sorts malheureux envoyés sur l'humanité, par vengeance et jalousie. Mais c'est aussi un terme qui est utilisé pour designer une personne qui suscite chez soit la jalousie, la rancune, la haine mais c'est en même temps assez ambigu car c'est un mot à connotation poétique, une déesse… Enfin, je crois que ça se passe de plus de commentaires, n'est ce pas? Je ne voyais pas Malfoy sous un tel jour."

"Moi non plus.Alors ça veut dire… Bon sang, mais c'est insensé! Alors ça veut vraiment dire qu'il est amoureux de toi? " Fît Ron, un peu ronchon.

"Peut être, comment dire… Je crois que ça ne sert à rien de se poser trop de questions sur cette nuit là, puisqu'il était drogué. Si encore il avait été vraiment lui-même, je ne dis pas, mais là… Il n'y a plus rien eut entre nous après l'épisode de la pensine, on ne se regarde même plus, et je crois que c'est mieux comme ça."

Ses amis acquiescèrent, un peu gêné, le silence s'installât encore une fois avant d'être à nouveau rompu.

"Mais… Harry… Pourquoi laisse-tu tombé si facilement?" Demandât Ron, tout embarrassé. "Je veux dire… Si… hum… Si tu as fait l'amour avec lui… c'est que tu ressens la même chose, n'est ce pas?"

Harry acquiesçât, un peu absent.

"Alors… la personne que tu aimes toi aussi, te fait une super déclaration, avec des mots poétiques et compliqués et tout… Et… et toi, tu en restes là?"

"Ron, est ce que tu me demandes vraiment de me mettre en couple avec Malfoy?" Demandât Harry un peu amusé.

"J'essaye d'oublier qui il est, c'est dur mais bon… Là, je ne me concentre que sur un seul point. Quelqu'un qui t'aime, quelqu'un que tu aimes, voilà c'est simple non?"

"Ron a raison!" S'exclamât Hermionne tout à coup. "Drago doit être sous le choc, lui aussi. Met toi un peu à sa place. C'est à toi d'aller le voir maintenant, tu ne crois pas?"

"Mais pourquoi? Vous êtes fou ou quoi? Malfoy n'a pas changé, il est resté le même. C'est un conard de fils de riche pourri gâté avec un complexe de supériorité démesuré. Qu'est ce vous croyez que ça va m'apporter d'être vraiment avec lui? Il va m'écraser, je le vois venir! Il m'humiliera sous lui tous les jours, il sera encore plus imbuvable de me posséder, de posséder mon amour pour lui. Il m'affaiblira encore plus que je ne le suis déjà. Vous croyez que j'ai besoin de ce genre de prise de tête maintenant? Je n'aurai de toute façon même pas le temps de le voir! Le jour, il y a école, presque tous les soirs j'ai ces putains de leçons en plus qui m'épuisent. Il me reste les week-ends pour faire mes devoirs, et encore."

Harry avait dit tout cela d'une traite, sans reprendre son souffle.

C'était comme s'il avait pensé et ressassé cela depuis des jours et que d'un coup ses pensées étaient sorties, clair net, limpide sous forme de mots.

"Ce ne sont que des excuses tout ça." Dit Hermione calmement avant de reprendre en lui faisant un grand sourire. "Mais je te comprends, Harry.Attend la fin de la guerre, si tu veux. Tu auras ensuite toute la vie devant toi pour en faire seulement ce que tu veux. "

"Merci Hermionne." Dit tout bas le survivant.

" Je ne suis pas tout à fait d'accord." Coupa Ron."Restons dans l'optique où nous gagnons cette guerre. Imaginez que Malfoy devienne un Mangemort, il peut être tué de milles façons. Par Tu-Sais-Qui lui-même, par notre côté lors d'un assaut, il peut être condamné au baiser du Détraqueur, s'il en reste, ou à perpétuité également. Même si ce n'est pas à perpétuité, ce sera trop tard pour vous. Tu ne pourras jamais être heureux avec un ancien Mangemort, un ancien taulard. On ne sait rien de Malfoy, mais on a toujours eu l'impression qu'il suivrait les traces de son père. Si tu le laisse tomber comme si tu n'en avais rien à foutre de lui qu'est ce qui pourrait bien l'empêcher de se mettre dans le camp adverse?Si tu l'aimes, comme tu le prétends, est-ce que tu pourras supporter cela? Percy n'était pas aux ordres de Voldemort, mais finalement c'est tout comme et voir quelqu'un qu'on aime se dresser contre toi, cela fait mal."

Harry était éberlué par les paroles de Ron.

Il n'y avait pas pensé.

Il avait pensé à sa mort, il l'avait vu comme une délivrance.

Il ne s'était pas vraiment imaginer la guerre comme cela, non il la voyait comme un affrontement et point final.

Il avait cru que comme d'habitude, il affronterait Voldemort à la fin de l'année, qu'il n'y aurait jamais d'après Poudlard.

Il ne s'était pas imaginer la guerre comme des batailles organisées entre deux camps.

Non, ce n'était pas seulement lui et Voldemort et puis le reste on s'en fiche.

Il y avait deux camps.

Comment avait-il pu en faire aussi facilement abstraction!

Il faisait partie du bon côté, ses amis et tous ceux qu'il aimait en faisaient partie.

Poudlard était du bon côté, ils n'étaient que des enfants à protéger, et pour lui il n'y avait pas d'après Poudlard.

Non…

Il ne voulait pas penser comme ça…

Mais qu'est ce que ça signifiait un après Poudlard?

Combien de temps durerait la guerre si ça ne se terminait pas à la fin de cette septième année?

Cela voulait-il dire que ça allait continuer comme cela encore longtemps?

Ses entraînements, ce poids sur son cœur ne cesserait-ils donc pasbientôt?

Devrait-il voir les morts, des morts par centaines, tomber autour de lui?

Devrait-il voir Drago devenir mangemort, porter une marque hideuse sur son avant-bras et l'affronter, le voir tuer et le voir mort enfin, ou enfermé et devenir comme Sirius et sa cousine Belatrix?

Harry regarda Hermione cherchant un soutien, un soutien éperdu et désespéré.

La jeune fille s'entrecroisait les doigts sous le stress et il comprit.

Elle aussi pensait comme Ron, elle ne le lui avait simplement pas dit pour le protéger et maintenant elle ne savait plus quoi dire.

"Je… je crois que je dois y réfléchir, encore." Fît-il en se levant pour monter dans son dortoir.

Ron et Hermionne étaient seul, embarrassés.Mais si vous espérez, chères téléyaoïstes, que je reste là à attendre qu'il se passe quelques choses entre eux, vous vous foutez le doigt dans l'œil! Je crois plutôt qu'on a un beau blond à aller espionner! Youhou! ( Rohh, c'était juste pour détendre l'atmosphère…)

OoOoO

Un autre soir à Serpentard…

Sa salle commune, le vert et l'argent, la hiérarchie, le calme et les conversations châtiées emplies de sous-entendue…Son leader, son prince, Drago Malfoy, resplendissait par son absence.

Pansy Parkinson, préfète de sa maison lisait un livre assise sur un canapé confortable, et vert, devant la cheminée.

Elle redressait la tête par intermittences pour chercher le blond du regard.

Il n'était pas là, il aurait du y être.

Normalement, il venait tous les soirs ou presque dans la salle commune pour se montrer et accessoirement pour faire respecter l'ordre et le calme légendaire de sa maison.

Mais depuis quelques jours, il ne venait plus.

Cela faisait quatre soirs, quatre soirs qu'il n'était pas venu.

La journée, il semblait absent et irritable, plus que d'habitude.

En cours, elle voyait son regard se perdre dans le vague, et sa plume s'arrêter de prendre notes en faisant des pâtés aléatoires sur ses parchemins impeccables.

Et quand elle le voyait enfin s'apercevoir de sa maladresse, cela devenait encore plus étrange.

Ces mâchoires se serraient, ses sourcils se fronçaient… et ses yeux… s'embuaient de larmes de rage en fixant les taches sur le papier immaculé.

Elle avait déjà vu Drago dans cet état.

De nombreuse fois même.

Un match de Quidditch de perdu, surtout contre Potter, une humiliation, surtout contre Potter, une note en dessous de quelqu'un d'autre, là, c'était Granger, mais c'était une Griffondor donc du pareil au même…

Les occasions étaient multiples.

Il ne disait jamais ce qu'il le mettait dans cet état de fureur contenue, mais elle l'avait toujours sue.

Elle le connaissait, aussi bien qu'il était possible de connaître un Malfoy.

Elle savait qu'il n'était pas du genre à se laisser dominer par quoi que ce soit.

La haine, les humiliations, les frustrations, il les transcendait pour avancer.

Pourtant, à présent il n'y arrivait pas, elle le voyait et elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il était ainsi, depuis quatre putains de jours.

Elle avait attendu, maintenant il fallait qu'elle sache.

Son Drago ne devait pas rester un mystère pour elle, non mais!

Et puis ça lui crevait le cœur qu'il soit comme ça!

Si ça continuait ainsi, il allait se faire exploser par Granger dans toutes les matières et il ne s'en remettrait jamais.

Il fallait qu'elle veille sur lui, le pauvre chou.

C'était décidé, elle allait agir!

Elle refermât dans un claquement sec son livre d'arithmancie, ce qui fît sursauter le petit Théo assis à ses pieds pour être plus près de la chaleur du feu.

"Théo. Est-ce que tu sais où est Blaise?" Demandât-elle.

Il clignait adorablement de ses yeux dorés, le petit con.

"Oui. Il doit être dans notre dortoir. Il doit dormir encore. Pourquoi?" Répondît le jeune homme.

"C'est bien ce soir que Drago, Greg et Vinc ont leur entraînement de Quidditch, mmh?"

Elle le savait évidement, elle avait posé simplement cette question pour détourner l'attention.

Il acquiesça et elle partit aussitôt vers le dortoir des Septièmes années en lui faisant un clin d'œil.

Elle préférait que Théo pense qu'elle voulait draguer Blaise, plutôt qu'elle enquête sur la vie privée de Drago.

Elle descendît les escaliers qui menaient aux dortoirs des garçons et tapa délicatement à la porte de celle des dernières années.

Elle n'attendît pas la réponse et entrât.

"Blaise?"

Le dortoir était silencieux, et plongé dans le noir.

Elle se dirigeât d'un simple lumos sans rencontrer aucun obstacle, les garçons de Serpentard étaient parfaitement ordonnés.

Elle se dirigeât vers le lit de Blaise, les rideaux avaient été fermés, il devait certainement dormir.

Elle soulevât un pan de rideau, il était là, étendu, parfaitement immobile.

Elle tirât un peu plus le rideau, le garçon ne réagit toujours pas.

Elle sût alors que quelque chose n'allait pas.

Un Serpentard ne se laisserait pas surprendre dans son sommeil ainsi en temps normal.

Décidément, c'était la semaine des cas!

"Blaise!" Fît-elle en le secouant un peu.

Toujours pas de réactions.

Elle jetât le sort qui allumât toutes les bougies de la pièce, mais même la lumière vive ne réveillât pas plus le garçon.

Mais dormait-il?

Elle refoulât sa panique, et calmement auscultât le jeune homme.

Il n'était pas mort.

Déjà, un bon point.

Mais il ne dormait pas, il avait les yeux à demi fermé, en fait, ses pupilles remuaient lentement, et sa bouche entrouverte restée figée dans un sourire béat.

Elle respirât son haleine, elle ne sentait rien de particulier.

Il ne devait donc pas être empoisonné, ou drogué par quelques choses qu'il aurait avalé.

D'ailleurs il n'y avait rien autour du lit, pas de bouteilles, pas de fioles, pas de poudre… rien.

"Blaise!" Criât-elle presque en sortant sa baguette. "Enervatum!"

Le sort ne fût pas exactement efficace, Blaise fût secoué d'un frisson électrique mais ne sortît de sa transe pour autant, au contraire elle se transformait plutôt en bad trip.

La seule chose positive fût que le sortilège de réveil lui avait fait lâcher quelque chose.

Un objet qui s'empressât d'aller rouler sous le lit de Théo un peu plus loin.

Pansy s'accroupît au sol pour l'apercevoir et lançât un: "Accio petite boule blanche." Et elle se retrouvât aussitôt en main avec une petite sphère qui semblait faite de verre mais qui avait un touché plus velouté et chaud.

Une peau de pèche, une brume veloutée et translucide, l'objet était bien étrange.

"Blaise, qu'est ce que c'est?" Fît-elle en lui foutant la sphère sous le nez.

Les yeux flous du garçon se fixèrent vaguement dessus.

"Abraza la Luze." Murmurât-il avec difficulté.

Abraza la Luze, Abraza la Luze, qu'est ce que c'était que ce truc, de l'Espagnol?

Cela lui disait quelque chose, elle l'avait sur le bout de la langue!

Un objet sombre, certainement.

Il embrasse la lumière, voilà ce que ça voulait dire.

Cet objet devait être embrassé et là, il se passait quelque chose.

Une sphère blanche qu'il fallait embrasser, l'Abraza la Luze, mais oui!

Elle s'en souvenait!

"Finite incantetem!" Fît-elle sur la sphère.

La sphère perdît aussitôt sa chaleur et son coté brumeux, et devint complètement blanche et opaque, sa texture aussi était devenue parfaitement lisse et froide.

Pansy ne se laissât pas plus longtemps obnubilé par la boule, Blaise faisait une crise de spasmophilie ou quelque chose comme ça, elle n'avait pas le temps pour s'adonner à la contemplation.

Elle jetât un sort sur la porte pour que personne n'entende quoi que ce soit et ne puisse entrer.

Elle savait que Blaise aurait prit mal d'être vu ainsi si faible et impuissant par plus de personne qu'elle.

Elle glissât la sphère dans la poche de son jeans et se précipitât sur le garçon.

Respire…

Bois… Tu dois boire Blaise!

Calme-toi, c'est fini…

Calme toi et respire…

Ne pleure pas, voyons c'est fini…

Pourquoi pleures-tu?

Idiot…

Pansy était assise au bord du lit, Blaise pleurait allongé en la serrant par la taille, enfouissant son visage contre son ventre.

Elle lui caressait le dos, en continuant à lui parler.

A un moment quelqu'un essayât d'entrer, ce devait être Théo.

Il n'insistât pas.

"Rend-la moi, s'il te plait."

"Non."

"Pansy, s'il te plait!"

"Non Blaise, et estimes toi heureux que je me sois débrouillé seule avec tes conneries sans en appeler Rogue. J'ai vraiment eut peur tu sais."

Ses sanglots redoublèrent, la pression de ses bras aussi.

"Mais ça ne fait rien… ce n'est rien de grave. Ce n'est pas dangereux!"

"Raconte moi ce que te fais ce 'rien', à part bien sur le fait que ça te rend aussi réactif qu'un légume et visiblement totalement dépendant.Tu me pleures dessus, je te signale! Ressaisi-toi! Un 'rien' ne te ferait pas me supplier! "

"Pansy…"

"Tu sais que j'ai raison.Raconte-moi plutôt a quoi sert ce machin, Abraza la luze.Qu'est ce qui se passe quand tu l'embrasses? "

Silence, et reniflements, puis Blaise se décidât à parler enfin.

"Tu tombes, tu te fonds dans la lumière. C'est doux, c'est chaud, c'est tellement paisible. C'est parfait. Et… de la lumière sort… lui. Il sort, et il vient vers toi… Il t'embrasse… Tu lui fais l'amour…"

"Lui qui lui?" Fît Pansy rêveuse.

"Lui, la personne que tu aimes.L'unique. Il est comme un Dieu, que tu pourrais enfin adorer… dans cette lumière. C'est si bon. Ne me l'enlève pas, s'il te plait."

"Je ne peux pas te le laisser Blaise, regarde-toi. Je ne peux pas…"

Le silence se fît pendant un très long moment.

Blaise ne disait plus rien, il ne pleurait plus, il se détachât de Pansy pour regardait le plafond de toile de son lit, puis plus rien.

"Je sais qui tu vois, tu sais? Blaise, tu n'es pas plus mal loti que n'importe qui. Si j'embrassai cet Azbraza la Luze, tu sais toi aussi qui je verrais sortir de la lumière et tu sais combien j'aimerais lui faire l'amour comme tu l'as décris. Tu sais que je n'ai pourtant aucune chance avec lui à part en rêve. Cet objet serait bien pratique n'est ce pas? Mais je ne l'utiliserais pas, et tu sais pourquoi?"

"Pourquoi?" Demandât Blaise dans un souffle.

Pansy sourît.

"Ce n'est pas très Serpentard, ce que je vais te dire. Je ne le ferais pas par ce que… je ne veux pas le salir, ou le trahir. Je ne sais pas comment m'exprimer pour te dire cela. Mais pour moi, le sexe est quelque chose qui doit se faire à deux. Les fantasmes sont fait pour être réalisé. Et l'amour pour être vécu. Je l'aime, il ne m'aime pas comme ça, peut être ne m'aime-t-il même pas comme amie. Je l'aimerai donc platoniquement, de loin, je ne l'importunerai pas avec cela. Et je ne souillerai pas son image en l'utilisant pour mes petites pensées perverses. Je ne veux pas me perdre la-dedans, car s'il ne m'aime pas, c'est que nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. Tu te perds la-dedans Blaise, tu en oublis de vivre et de passer à autre chose."

"Mais s'il t'était impossible de passer à autre chose?" Demandât le garçon.

"Tu crois vraiment à ce que tu dis? Admettons que l'amour parfait existe sur cette terre, ne crois-tu pas qu'il serait réciproque? Alors du moment qu'il ne l'est pas, c'est que ça ne doit pas être l'amour parfait, voilà tout. Mais tu sais comme moi que la perfection n'est pas de ce monde, n'est ce pas?"

Il ne répondait pas.

"N'est ce pas, Blaise?"

"Tu as… tu as complètement raison. Je… je vais l'oublier. Je l'oublierai. Il est déjà de l'histoire ancienne."

La jeune fille sourit en caressant les cheveux du garçon.

"Bien. Je ne savais pas que tu te reprendrais si vite, je suis fière de toi Blaise Zabini."

"Ho, ça va! Ne te fous pas de moi! Pourquoi es-tu venu me faire chier au fait?"

Elle l'avait presque oublié dans tout ça!

"Je suis venue te parler de Drago."

Blaise lui jetât un sourire narquois.

Il pouvait bien se venger un peu, elle venait de lui arracher son dangereux petit plaisir.

"Je ne suis pas venue te demander des conseils de drague depuis ma quatrième année, alors ne t'enflammes pas."

"Je ne m'enflamme pas."

"Je suis venue te demander si tu ne saurais pas pourquoi il est étrange en ce moment."

"Etrange?"

"Evidement, tu n'as peut être pas remarqué. Pff… Je suis bien avancé, moi!Depuis quatre jours, Blaise! Depuis quatre jours Drago est ailleurs! Il y a quelque chose qui ne va pas du tout chez lui. Tu ne vois donc rienqui aurait pu provoquer cette réaction? Rien du tout? "

"Si. Bien sur, il y a quelque chose. Enfin, ça ne semblait pas l'affecter à ce moment là. Ce n'est peut être pas ça après tout."

"Raconte-moi."

"Tu te rappels la soirée d'Halloween? On faisait tourner en bourrique des Poufsouffles et des Serdaigles. Drago était avec nous, puis à un moment il a disparut."

"Oui, je m'en rappel. Il avait l'air un peu lubrique avant de partir. Je pensais qu'il était allé se taper un jolie p'tit cul qu'il avait repéré."

"Il est effectivement allé à la chasse au p'tit cul de… Potter."

"P… Potter?"

"Oui, Potter. Incroyable, n'est ce pas!"

"Non… Pas lui!"

"Et si, monstrueux!" Fît –il en souriant de toutes ses dents. "Mais ce n'est pas tout. Il ne se souvenait plus de quoi que ce soit le lendemain. Il est venu nous en parler, par ce qu'il croyait que c'était encore l'une de mes blagues. On a déterminé qu'en fait, il avait été drogué par Luna Lovegood."

"Quelle salle pute, elle voulait se le sauter!"

" Hum, enfin bref… Il avait rendez-vous le soir suivant, avec Potter, pour revivre le souvenir dans une pensine. Il ne nous a pas dit grand chose sur cette soirée là. Juste que Potter était un sombre conard, pitoyable au pieu et qu'il aurait mieux fait de ne pas se rappeler du tout ce soir là. C'est tout."

"IDIOTS!"

"Quoi? Qu'est ce qui te prend?"

"Il vous a menti, espèces de cons!"

"Et alors! Qu'est ce qu'on en a à foutre que Potter soit bon ou mauvais au pieux, tu peux me le dire!"

"Tu ne comprends pas!" Fît-elle en secouant la tête, les larmes lui montaient aux yeux. "Il est amoureux! Il est amoureux de… DE POTTER!"

"Tu racontes n'importe quoi!Tu sais ce qu'il pense de l'amour! Il ne sera jamais amoureux de personne! Encore moins de Potter, bon sang Pansy, calme-toi. "

Elle secouait frénétiquement la tête, en reculant un peu.

"Tu verras! Demain, observe le bien, et tu verras!"

Sur ce, la jeune fille tournât aussitôt les talons et libérât la porte.

Elle filât si vite dans son dortoir que personne ne la remarquât, ni ne lui adressât la parole.

Personne, sauf une, un jeune garçon au regard ambré et aux cheveux cendrés.

Théo, il était parmi les filles de septièmes années à roucouler et à faire le beau, à ronronner sous leurs caresses et leurs paroles de miel, pourtant il n'avait rien perdu de la fuite éplorée de Pansy.

Cela le fît même sourire.

A suivre...

NDA: Voilà, un nouveau et tout beau chapitre de plus. On n'y voit même pas Drago, qui resplendie de par son absence, mais comme on parle pas mal de lui alors moi ça me va, et vous? Bah oui, c'est vous le principal dans tout ça, je n'écris pas pour moi-même, je ne suis pas altruiste et sage au point de ne pas rechercher la gloire auprès de mon pitit public adoré de moi, huhu. Je me fais rire toute seule. Bon je vais aussitôt attendre de ce pas vos reviews par centaines de milliers! Yeahhh, je suis riche!

Levia