Titre : Rappel toi

Chapitre 9

Harry Potter ne resta pas à l'infirmerie le lendemain ou Drago l'avait vu, avec tous ses bandages, son œil unique et sa voix brûlé.

La nuit avait du quelque peu le soigner, et il alla donc en cours comme tous les autres jours.

Le seul vestige de ses blessures était une main bandée, qui dépassé de son uniforme.

Personne ne pouvait deviner qu'il avait été grièvement blessé la veille à peine.

Son regard, un peu plus morne, un peu plus apathique, trahissait néanmoins sa situation, sa langueur.

Harry Potter, le plus grand espoir du monde sorcier, était actuellement affalé d'une bien piètre façon sur son bureau, il ne semblait pas écouter le cours d'enchantement avancé à propos de puissants sorts des protections, pourtant devant lui, sous l'impulsion de son regard, sa plume prenait notes comme agissant indépendamment de la volonté de son propriétaire.

Pourtant… cette plume n'était pas une plume à papote…

Hermionne ne manqua pas de remarquer ce fait aussi insignifiant, qu'époustouflant.

Elle le rangea dans un coin de son esprit pour se concentrer sur la leçon, il faudrait qu'elle parle plus tard avec Harry de cette aptitude.

De son côté Drago Malfoy, lui aussi, était en cours et étudiait l'histoire de la magie et du monde sorcier.

Il était assez surexcité, depuis qu'il avait vu Potter au petit déjeuné.

Il attendait le fameux message.

Son message…

Puisque Harry était sorti de l'infirmerie, il pouvait facilement s'attendre à l'avoir bientôt.

Un Griffondor n'est pas une personne patiente de nature, donc cela serait pour bientôt, ouibientôt… son message…

Le Serpentard qu'il était pourtant, n'en pouvait plus d'attendre.

Dès qu'il en avait l'occasion, il appuyait son regard de glace sur le survivant, lui faisant sentir son impatience.

Harry s'était même retourné plusieurs fois avec, à chaque fois, une expression différente dans ses yeux verts que Drago s'amusait à déchiffrer.

L'agacement, l'interrogation, la suspicion, la tristesse…

Pas de désir, aucune impatience de son côté, le Serpentard rangea sa rancœur dans un coin de son esprit et lui fit le plus méprisant de ses sourires.

Regarde-moi, Potter, ça m'est égal! Disait le sourire.

Cela n'était pas vrai, et quelque chose dans le regard de Harry lui fit penser qu'il ne prenait pas au sérieux son froid rictus Malfoyen.

A quoi cela était-il du ?

A cette étincelle amusée dans ses yeux, ou à son sourire gêné ?

Gêné, comme s'il avait aimé me voir lui sourire, ce con.

Le déjeuné s'acheva en même temps que les échanges de regards.

Les cours reprirent et Drago n'eut l'occasion de recroiser les yeux verts que bien plus tard dans les couloirs.

Etrangement, sans que personne n'ai dit quoi que ce soit, leurs amis respectifs poursuivirent leurs routes.

Greg, Vince faisaient comme s'ils n'avaient rien vu, Théo souriait et Pansy se retournait en jetant des regards furieux.

Ron n'était pas en reste côté regards furibonds, et Hermione continuait comme si de rien n'était à parler d'ASPICs et de révisions.

Drago sourit, puis s'adossa sur le rebord d'une fenêtre Gothique.

Dehors, le parc était grisâtre, il pleuvait une sorte de bruine qui tombait en rideaux ondulant faiblement sous le vent.

« Belle chorégraphie, n'est-ce pas, Potter ? »

Harry se tenait droit comme une baguette devant lui, les mains jointes derrière son dos, il ouvrit la bouche comme pour parler, mais la referma en portant le regard vers l'extérieur.

« C'est ma présence qui te laisse sans voix, survivant ? » Demanda Drago d'un ton narquois.

D'un ton séducteur…

Harry fronça les sourcils et replongea son regard dans ceux aussi gris que l'était le temps à l'extérieur.

« Je… se sera pour ce soir… » Fit-il d'une traite avant de partir précipitamment dans la direction qu'avait pris ces amis.

Drago se redressa en décroisant les bras et suivi la petite silhouette du Griffondor qui s'enfuyait devant lui… le feu aux joues…

Le Serpentard sourit de plus belle et lui aussi partit de son côté.

Ce soir…

C'était pour ce soir !

Si vite ! Il n'en revenait pas ! Ce soir !

Le repas du soir passa en un éclair.

Un éclair ou il avait vu une Mili toujours aussi calme, une Pansy grognon, un Théo miraculeusement encore à leurs côtés, bien que semblant toujours aussi absent, et un Greg et un Vince, dans leurs coins, lui foutant une paix royale.

Il y avait des jours comme ça, il n'avait envie de parler à personne.

Ce soir !

Il s'autorisa à ne pas aller dans la salle commune des Serpentards après le repas.

Encore une fois…

Mais il y était allé hier, donc cela pouvait aller.

Sa chambre de Préfet en chef ne lui semblait pourtant plus être un refuge alors que, pris à la gorge par son impatience et sa fébrilité, il attendait…

Attendre quoi ?

Attendre lui…

Son message !

Quelle heure est-il ?

Tard, mais il ne peut que venir encore plus tard.

Ce n'est pas par ce que je bâcle mes rondes de nuits qu'il va lui se jeter dans la gueule du loup, quand même.

Quoi que…

Cela lui ressemblerait bien.

Mais j'ai encore sa cape d'invisibilité !

Quelle heure est-il ?

Drago avait eut le temps de prendre deux douches, il était habillé de façon classe et décontracté et il attendait encore… devant la cheminé qui ronflait et crépitait allègrement, les jambes croisées, limite pelotonné sur le canapé, un livre énorme posé sur les genoux.

Il ne lisait même pas, la plupart du temps son regard se fixait sur les lignes, elles se dissociaient en devenant flou alors qu'il pensait à Harry… au message… à ce soir…

Ainsi, il s'endormit…

Roulé en boule comme un chat, devant le feu de cheminé.

Il s'était laissé allé car il savait qu'il aurait bien le temps de redevenir présentable si le Griffondor tapait enfin à sa porte.

Pourtant, sa raison lui disait qu'il lui avait posé un lapin et qu'il ferait mieux d'aller au lit.

Il n'avait pas pu s'y résoudre et maintenant il dormait…

Il sombrait…

Il…

Il faisait soleil…

Pourtant il n'y avait pas d'astre lumineux.

Le ciel était vaste, immense…

Il n'était même pas bleu, il était blanc.

Simplement blanc.

Partout autour de lui, s'étendait une plaine.

Une plaine vraiment bizarre.

Une plaine pavée de dallage du marbre le plus blanc qu'il soit.

Pureté aseptisée…

Partout…

Drago fit un pas et il faillit trébucher sur quelque chose de dur.

Comment n'avait-il pas remarqué, avant cela, ce qui se trouvait à ses pieds ?

Dans un petit périmètre autours de lui, le marbre était craquelé, les dalles explosés par des blocs de la même pierre qui semblait s'être écrouler partout..

A ses pieds, le sol était jonché de ruines.

Des sculptures végétales disloquées, des morceaux de fenêtres éparpillés, des mosaïques et des vitraux colorés pulvérisés.

Et au milieu de ses débris…

Potter !

Il était là, noir et absent…

Assis nonchalamment, le visage dans ses mains, sur une colonne reversée.

Le chapiteau finement sculpté, un peu plus loin, avait creusé un petit cratère dans le dallage en s'effondrant.

Cela faisait mal…

Les ruines lui faisaient mal…

Pourquoi ?

Enfin, le brun sembla s'apercevoir de sa présence et… il lui sourit faiblement.

« Je t'attendais Drago. » Dit-il.

« Je… t'attendais aussi, Potter. Qu'est-ce que cela ? Un rêve ? »

Le brun acquiesça, et ses mèches volaient autours de son visage.

« C'est bien un rêve. Mais je ne comprends pas ce lieu, Drago. Car nous sommes dans ton esprit et tout ne cesse de s'écrouler, pourtant il n'y à rien de visible. »

Le jeune homme blond s'approcha lentement.

Il regarda autour de lui, et encore une fois il fut étonné de ne pas avoir été frappé directement par les ruines, car à présent elles semblaient s'étendre… se propager…

C'était comme si… lorsqu'il était arrivé dans ce lieu, pur, vierge… des cités magnifiques et invisibles s'étaient effondrées et qu'a présent, n'était plus que visible leurs cadavres de marbre blanc, de verre coloré, d'or et d'argent.

Il s'aperçut que lui aussi était vêtu comme ce lieu, tout de blanc frangé de motif precieux.

Seul Harry était aussi noir que le reste était blanc.

Il était le point focal de ce lieu, le centre de la destruction.

« C'est toi qui est le déclencheur de tout cela… » Fit Drago calmement.

Cela lui était sorti sans qu'il le pense vraiment.

Des mots qu'il fallait dire, simplement…

L'évidence…

La métaphore de son rêve le frappa tout à coup.

Son monde, son univers si bien construit, si parfait, s'effondrait au contact de Potter.

Il s'approcha encore un peu de Harry, et lentement se mit à genoux devant lui.

« Pourquoi toi ? » Demanda Drago en levant la main pour lui caresser la joue.

Harry avait le regard fuyant, il était totalement apathique.

Drago regarda autour de lui et guidé par une impulsion, il se saisit d'un morceau de marbre serti de motifs d'or.

Pourquoi faisait-il cela ?

Il ne le savait pas.

Mais il avait un besoin impérieux de poser cet ancien éclat de richesse aux pieds de Harry.

« Qu'est ce que tu fais ? » Demanda le brun.

Drago ne lui répondit pas, après le morceau de marbre il se saisit d'un autre débris, un bout de vitrail ou l'on apercevait encore une partie du dessin.

Comme le premier morceau il le posa au pied de Harry, et sans comprendre pourquoi, il continua et ainsi de suite, créant un petit tas.

Harry,à un moment, descendît de sa colonne et se mit lui aussi à genoux face au monticule.

Drago s'arrêta et le regarda faire, étrangement son ventre était saisi de peur, de langueur et d'espoir.

Harry semblait hésiter.

Le blond le voyait à ses yeux écarquillés.

Lui aussi, ne semblait rien comprendre à ce rêve…

N'est ce pas le lot des rêves d'être incompréhensibles ?

Un instant, ses yeux verts se posèrent sur Drago…

Et là, le Serpentard vit tous les doutes s'effacer…

Volatiliser la peur !

Harry sans détacher son regard de celui plein d'espoir de Drago, sans même regarder ce qu'il faisait, attrapa un débris, peut-être une poignée d'argent, et lentement…

Lentement, il ramena la main vers le petit édifice, et la posa au sommet.

Drago senti son cœur bondir d'une joie affolante.

Il attrapa la main du sombre garçon et avec la sienne, et doigts entrelacés, il la posa sur le tas de restes.

Il savait que quelque chose allé se produire.

Quelque chose de merveilleux…

Et cela arriva !

Fabuleux !

Sous leurs mains la magie se déchaîna !

Elle s'échappait en vague incontrôlable donnant vie à la matière morte.

Sous leurs mains, les débris se recondensaient, s'aggloméraient, devenaient chaire…

Chaire de marbre, de verre, et de métal…

Chaire qui foisonnait et s'érigeait…

Entre leurs mains, poussait un arbre, ou une colonne jaillissante de couleurs…

Ses branches, ses arches, s'élançaient autours d'eux.

Partout les restes s'élevaient en colonnes florales recouvertes de laques, et de motifs somptueux.

Les ruines n'existaient plus…

Drago était envahi par la sensation de cette magie qui s'échappait, déferlante.

Il était aveuglé, perdu…

Tout ce qu'il pouvait faire était de resserrer ses doigts sur ceux de l'autre.

Harry…

C'était une sensation jouissive, il se sentait surpuissant, là, à tenir les mains du Survivant, puisant dans sa magie pour tout reconstruire.

Mais cela ne dura pas.

« NON ! » Entendit-il Harry hurler.

Aussitôt ses doigts lui échappèrent, et une peur sans nom sourda dans ses entrailles.

« NON ! Tu ne peux pas ! On ne peut pas ! Cela ne sert à rien ! »

L'univers se modifia.

Il eut la sensation qu'une pluie noire et gluante tombait sur lui, entachant tout ce qui existait.

Tout n'était plus que ténèbres, partout !

Noirceur collante, fumée grasse, empoisonnée.

Drago était terrorisé, mais il ne savait pas pourquoi.

Ce monde l'effrayait au plus au point.

« Harry… » Gémit-il. « Ou sommes-nous ? »

« Ton monde était étrangement beau, Drago. Maintenant, regarde le mien. » Murmurait une voix désespérée quelque part et partout à la fois.

C'était comme si la voix d'Harry était la noirceur même.

« Je ne vois rien ! Rien du tout ! » S'écria le Serpentard.

« Il n'y a rien à construire ici, Drago ! Rien ! »

« Ne dis pas ça ! C'est… impossible ! »

Il avait mal.

« Il va venir ! J'ai brisé mes barrières. Il le saura et il viendra. » Reprit la voix.

Drago n'avait jamais entendu une phrase si lourde de menace de sa vie.

« NON ! Je ne veux pas ! Pourquoi ! POURQUOI TU LE LAISSES ! »

La terreur se précisa en lui, puissante, terrassant son être.

Il allait venir !

Drago s'enfuit à l'aveuglette, il trébucha de nombreuse fois, et sous ses mains le sol semblait poisseux, suintant, grouillant de choses abjectes.

Il hurla le prénom de l'autre, et Harry lui répondit comme s'il avait toujours été à ses côtés.

« Ne t'inquiète pas. Il ne pourra pas te voir. »

Drago était à genoux et essoufflé, il essaya de se calmer, et de reprendre contenance.

Réveil toi, réveil toi… se murmurait-il

On ne meurt pas d'un rêve, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas !

Tout à coup quelque chose fut visible.

D'abord faiblement, comme si ce n'était qu'une sorte de réminiscence de la lumière sur sa rétine.

Puis, petit à petit, un vortex rouge sang se forma derrière lui.

Il le voyait par-dessus son épaule.

Il ne pouvait en détacher son regard, pourtant cette chose rouge lui faisait horreur.

Drago claquait des dents et tremblait comme un animal faible pris dans un piège, terrorisé par la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Un siphon dans ce néant d'encre venait de s'ouvrir quelque part entre deux mondes voisin et la noirceur se déversait par flot en l'un, libérant le rouge grabieux de l'autre.

Tout devint rouge et sang.

Et dans tout ça… il vit Harry.

Le garçon se tenait debout, droit, presque avec fierté.

Il lui tournait le dos, il affrontait le vortex qui tourbillonnait follement devant lui.

Drago n'aurait jamais cru qu'une sorte de lumière puisse être plus terrifiante que la noirceur malsaine qu'il avait vu plus avant.

Et pourtant c'était le cas, la nausée le prenait, mais il se rappela que ce n'était qu'un rêve, qu'il fallait qu'il se réveille.

Il ne voulait pas le voir !

NON!

Mais il vint, comme promis…

Il surgit, sombre, magnifique, délirant de puissances maléfiques.

Voldemort…

Il semblait horriblement de bonne humeur, cela ne se voyait pas cela se devinait.

Sa joie électrisait le néant de gerbes d'éclairs rougeâtres.

Drago se boucha la vue de ses mains engluées, quand les zébrures électriques fusèrent vers lui.

Puis…

Pire encore que le simple fait de le voir, il l'entendit…

« Harry Potter… Que me vaut le plaisir de te revoir par le sirupeux biais de tes rêves ? » Susurra la voix ragoûtante de Voldemort. « Un coup de fatigue, je présume ? Ha ha ha, décidément tout me sourit depuis que ton sang coule dans mes veines, enfant. »

Le mage glissa, immense, vers Harry mais le garçon n'esquissa aucun geste de recul.

C'est à peine s'il leva la tête vers le visage si blanc, vers les yeux si rouge.

Le rouge, le sang, la seule couleur visible au milieu de tout ce noir, dans le cauchemar de Harry.

« Seigneur des ténèbres, même fatigué, regarde comme j'ai le sens de la mise en scène. Toute cette sombre merde, rien que pour toi. Cela te va si bien. » Débita Harry d'une voix presque monocorde.

La sombre forme spectrale se pencha sur le jeune homme.

Une main aussi blanche qu'un os, immense et squelettique se leva pour effleurer le visage du Griffondor.

« Enfant… J'ai moi aussi un certain goût pour la mise en scène. Laisse-moi te prédire ton avenir, petit lion. Tu perdras, Harry Potter. Et je ferais mourir lentement et sous tes yeux, tous ceux qui on crut en toi. Ce sera long et douloureux, et tu deviendras mon chien, mon animal, dans l'espoir de les sauver… En pure perte, évidemment. Tous mourront et je te briserai si bien, enfant, que tu lécheras la nourriture sur mes doigts avec l'adoration des bêtes pour leurs maîtres. Tu ne seras plus rien. Mon jouet, une jolie marionnette sans fils que je donnerai comme une chienne à mes Mangemorts pour les récompenser. Tu vivras longtemps ainsi, j'y veillerais. Je pourrais même partager l'immortalité avec toi, si le cœur m'en dit. Alors petit, cela te plait-il comme programme ? »

« Jamais ! JAMAIS ! » Hurla Harry en reculant.

Drago avait toujours les mains enfoncées dans ses yeux, enfoncées dans ses oreilles.

Il se répétait toujours qu'il allait se réveiller, espérant que ses paroles couvriraient sa terreur d'un voile.

Pourtant il entendit tout… et même pire…

Après cela, le rire triomphant de Voldemort retentit, résonnant étrangement dans ce néant gluant.

Puis un bruit de course, et de coups…

Puis encore des cris, les cris de Harry, des cris de haine, de rage…

Puis il y eut d'autres bruits…

Des craquements, des soupirs de douleurs immenses, des râles de mort…

Drago ouvrit les yeux quand un froid immense le saisi à la gorge, un froid bien plus grand que sa peur.

Il vit Voldemort avec le petit corps pantelant de Harry entre les bras.

Il le broyait, et ses os criaient pour lui car il ne pouvait plus rien faire.

L'enfant, comme Voldemort l'appelait, n'était plus que chaire et squelette disloqué tombant à terre dans un fatras d'angles bizarres.

Harry Potter était mort !

Sa nuque était brisée comme le reste et ses yeux étaient empli du vide que seul la mort savait donner.

Et Voldemort riait comme un dément.

Le noir revint, un noir vide, un noir sec, un noir sans plus aucune âme…

Harry était mort.

Drago hurlait.

Drago pleurait.

La lumière de la cheminée ne parvenait pas à le ramener à la réalité, il gémissait comme s'il était à l'agonie, se débattant, suffoquant, sans se rendre encore compte qu'il était éveillé.

Son corps le ramena à la vie en le faisant vomir longtemps sur le tapis devant l'âtre crépitant de flammes.

Chancelant, il se leva enfin, le visage baigné de larmes, le corps glacé et trempé de sueurs suintant la peur.

Même éveillé, il n'était plus vraiment lui-même, effrayé, il se raccrochait à tous les éléments de la réalité, de sa réalité, pour reprendre pied.

Peu de temps après, il ne sut comment il était arrivé là, mais il tambourinait comme un dément à la porte des appartements de l'autre Préfète en chef.

« Granger ! GRANGER ! »

Elle ne répondait pas.

Il était glacé.

Il avait peur.

Il retourna dans ses appartements qu'il avait laissé grands ouverts et se couvrit d'une cape chaude et cette fois ci, il n'oublia pas sa baguette avant de ressortir aussitôt après.

Dans les couloirs sombre, il percuta quelqu'un au niveau des deux grandes statues représentant les Préfets en Chef de Poudlard.

Le choc le fit tomber genoux à terre, et comme sa vue était encore brouillée des images du cauchemar, il ne se releva pas.

Il avait encore l'impression que tout son être était pris dans la chose gluante et noire, il croyait encore entendre les os de Harry se briser, et ses yeux…

Ses yeux le hantaient encore…

Drago ne pouvait plus penser, il n'était que sensations.

Il ne savait pas qu'il avait une tête affreuse avec ses traits fins défiguraient par la terreur, que ses yeux étaient hagards, et que ses cheveux blonds formaient des mèches collantes sur ses joues.

Il entendait à peine Hermionne Granger se mettre à genoux devant lui pour lui parler en le secouer.

Elle le gifla et ses yeux gris se focalisèrent enfin sur ceux de la jeune fille.

« J'ai vu Harry mourir ! Dépêche-toi ! » Fit-il en la saisissant aux épaules. « Il est peut être vraiment mort ! Il faut que tu te dépêches ! »

Sa voix s'était trahie quand un sanglot éclata dans sa gorge mais Hermione ne le laissa pas s'effondrer.

Elle le saisit violemment par le bras et le releva, en l'entraînant à sa suite.

« Ressaisit-toi, Malfoy ! »

Entendre son nom lui fit du bien.

« Raconte-moi, ce qu'il s'est passé ! »

Drago se dégagea de la poigne de la jeune fille et tout en courant avec elle, il lui raconta.

« Potter… Je l'ai vu en rêve se faire tuer. Ce n'était pas un rêve normal, tu sais qui était vraiment là. C'est Potter qui l'a laissé venir. Il m'a dit qu'il avait brisé des barrières, et que le seigneur des ténèbres le sentirait. Il est venu ! Il l'a tué ! »

Hermione redoubla sa course de vitesse.

« Avant, Harry faisait ce genre de rêve assez souvent ! Il ne peut pas en être mort ! Impossible ! » Disait-elle, ses mots entrecoupés par son essoufflement.

Drago savait que la jeune fille cherchait à se rassurer, elle, plutôt que lui.

Harry ne devait pas faire ce genre de rêve aussi horrible que celui qu'il avait été contraint de vivre avec lui cette nuit.

Cette fois-ci, c'était différent, ce stupide Survivant avait invité le seigneur des ténèbres pour lui faire peur, pour le dégoûter de lui, pour…

Drago ralentit le pas, puis s'arrêta.

Hermione se retourna vers lui.

« Qu'est ce que tu fous, Malfoy ! »

« Je ne viens pas. Je voulais juste te prévenir. Je ne veux pas le voir. »

Il avait peur.

Il ne voulait plus voir les yeux de Harry, ces yeux verts qu'il avait été obligé de voir vide et mort.

Il le détestait !

Il ne voulait plus le voir !

« Tu viens ! » Hurla la Sang de Bourbe. « Si ce crétin a fait ça c'est pour toi ! Tu dois lui foutre un bon coup de poing dans la gueule pour lui apprendre à vivre ! »

Sa volonté était-elle morte qu'il se laissait ainsi traîner dans les couloirs par Granger ?

La vérité était que peut être, malgré tout, il avait envie de voir les yeux verts, bien vivants.

Que, peut être, il avait envie de foutre une bonne dérouillé à ce Potter de malheur.

Que, peut être, quelque chose s'était brisé en lui, cette nuit, et qu'il avait envie d'obliger Harry à le reconstruire.

Ou alors, sa volonté était vraiment morte car il se laissa entraîné jusqu'à cette peinture odieuse qui servait de porte à la salle commune des Griffondors.

Hermione prononça le mot de passe, et le poussa brusquement à l'intérieur comme si elle avait peur qu'il puisse se dérober au dernier moment.

La salle commune semblait vide de prime abord et la jeune fille se précipita vers le dortoir des garçons.

Drago l'arrêta dans sa course en la retenant par le bras et lui montra le canapé devant la cheminé.

Quelqu'un y sangloté.

Il crut d'abord que c'était Harry, mais la vague de faible soulagement qu'il avait ressentit s'évanouit aussitôt quand la Sang de Bourbe apostropha le rouquin.

« Ron ! »

« Hermione… » Fit le garçon d'une pauvre voix larmoyante teinté d'un nouvel espoir. « C'est Harry… Aide-moi. »

Il vit la jeune fille se précipiter vers le canapé, puis se couvrir la bouche en regardant quelque chose, ou quelqu'un qui gisait sur le canapé.

« Qu'est ce qui s'est passé ? » Murmura la jeune fille en retenant sagement ses sanglots.

« Je suis désolé, je me suis endormi… Si j'avais su, je serai resté avec lui… je… je l'aurai obligé à venir se coucher… j'aurai peut être pu… »

« Calme-toi, Weasley. Sinon on ne va rien y comprendre. » Fit Drago, abruptement.

Il vit les yeux bleus, injectés de sang du garçon se lever vers lui, mais il devait être beaucoup trop malheureux pour éprouver de la haine ou simplement de la surprise.

« C'est Drago qui m'a prévenue. » Fit Hermione. « Raconte-nous. »

Le Serpentard s'approcha lentement du canapé.

Lentement, il passa de l'autre côté et contempla le triste spectacle.

Weasley était assis, il tenait dans ses mains tremblantes le visage du survivant posé sur ses genoux.

Le corps de Harry ne semblait pas disloqué, et sa poitrine se soulevait, il respirait !

Mais sa respiration était terriblement aléatoire et sifflante.

Son visage était resté le même que dans le rêve, yeux verts, ouverts mais morts, sec, vide, sans âme…

Ron racontait, comme il pouvait entre ses hoquets désespérés, ce qu'il s'était passé.

Pas grand chose en faite.

Harry n'était pas venu se coucher, il était resté là, dans la salle commune.

Au milieu de la nuit, le rouquin avait eut un très mauvais pressentiment, et en ne voyant pas Harry dans son lit, il était descendu et l'avait trouvé ainsi.

Depuis le pauvre garçon hésitait à crier une alerte générale dans son dortoir pour que tous les autres partent chercher du secours.

Pourquoi n'avait-il rien fait alors ?

La panique, la peur, l 'amour l'empêchait de desserrer ses doigts crisper sur le visage de son ami.

Drago eut un pincement au cœur.

Stupide amitié ! Stupide amour ! Stupide jalousie…

« Hermionne… Fais quelque chose ! » Gémissait le rouquin depuis un moment.

« Drago ? » Fit Hermione.

Pourquoi cette fille pensait qu'il pouvait y faire quelque chose?

« Ferme-lui les yeux, je ne peux pas supporter ce regard. » Cracha-t-il.

« Je… je ne peux pas… » Fit Ron en pleurant de plus belle. « Si… si… »

Ron n'arrivait même plus à envoyer bouler l'arrogant Serpentard.

Sans doute devait-il s'imaginer que ce geste entraînerait véritablement la mort du survivant.

« Je peux peut être faire quelque chose. » Fit le Serpentard. « Alors t'affoles pas, Weasley et laisse-moi faire. »

Drago se pencha en avant et ferma les yeux de Harry.

Puis il prit sa baguette, et la plaqua tout du long contre la tempe du garçon, ses deux mains de part et d'autre de son visage.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda Hermione qui rassurait Ron en lui caressant le bras.

Ce n'était que par pure curiosité qu'elle demandait cela, il n'y avait pas de suspicion dans sa voix.

Drago se concentrait, les yeux clos.

« Je vais essayer de vraiment l'endormir. Cette respiration me fait tout aussi peur que ces yeux de poisson mort. »

« C'est un sort de guérison, le don de sommeille paisible ? Tu es doué là dedans ? » Repris Hermionne.

« Un peu… Laisse-moi me concentrer, maintenant ! »

Qu'est-ce que Ron voyait en cet instant de Drago ?

Un Malfoy, un être detesté, froid et méprisant sa famille et de tous ceux qu'il aimait ?

Ou bien un ange qui doucement calmait son ami, lui détendant son corps suffoquant et crispé dans une crise étrange, le plongeant dans un véritable doux sommeil ?

Trois soupirs se firent entendre.

« On dirait qu'il dort comme un bébé. » Murmura Hermione soulagé.

Ron n'en pensait pas moins tant il contempla le visage de Harry enfin calme avec ravissement.

Puis il sécha enfin ses larmes honteuses et repris consistance.

« Hum… Maintenant… Est-ce que je pourrai savoir comment Malfoy… » Il hésita un moment à qui s'adresser vraiment, puis il choisit de parler directement au blond. « Comment ça se fait que tu ais pu prévenir Hermione ? » Finit-il un brin intimidé de s'adresser gentiment à un Serpentard.

Drago se redressa, contenant difficilement sa fureur, en pointant le Survivant du doigt.

« Il se trouve que ce stupide, ce crétin, cet enfoiré ! m'a fait entrer, sans que je sache comment, dans un recoin de son esprit tordu et glauque. Maintenant je comprends pourquoi il est si con, c'est un vrai purin là dedans ! »

« Ho ça va, Malfoy… » Commença Ron en voulant défendre Harry.

« TU N'Y ETAIS PAS ! IL A LAISSE VOLDEMORT VENIR LUI BROYER LES OS, JUSTE POUR QUE JE LE REGARDE ! C'EST UN MALADE ! »

Drago blêmit, Ron déglutit, Hermione s'exclama.

« Tu as prononcé son nom ! »

Le blond se rassit au côté de Hermione sur le tapis en se tenant la tête dans une main.

Il avait vraiment l'air accablé.

« Est-ce que c'était vraiment lui ? Est-ce que, ce que j'ai vu, était vraiment LE SEIGNEUR DES TENEBRES ? Cet être immonde ? Il n'a rien d'humain et son vice était assez pitoyable. »

Drago frissonna en repensant aux paroles du Mage Noir, le plus grand sorcier de tous les temps.

« Je peux juste te dire que Harry rêvait vraiment de… Voldemort avant que Rogue ne soit obligé par Dumbledor, de lui apprendre l'oclumancie. Quand il faisait ce genre de rêve, sa cicatrice le brûlé et il vomissait parfois, et il souffrait beaucoup. Mais jamais il n'a été dans cet état. » Fit Hermione.

« Tu… Tu n'avais jamais vu … V… ha zut ! Tu n'avais jamais vu tu sais qui avant ça ? Jamais ? »

Drago secoua la tête négativement, puis il eut un pauvre sourire qui se voulait ironique.

« Tu pensais peut être qu'il venait prendre le thé au manoir Malfoy tous les week-ends ? »

« Qu'est-ce qui te fais sourire, Malfoy ? » Demanda Ron un peu ronchon.

« Cela ne te regarde pas, Weasley. » Fit-il en se relevant pour s'en aller. « Du moins pas encore. Il est plus que temps que je me casse d'ici. Tout ce rouge, ça me dégoûte. Quand il se réveillera, vous lui direz que… »

Drago fut stoppé dans son élan par une main qui se reteint à ses robes.

La main faible et tremblante d'un Harry à demi réveillé qui se mit à murmurer de façon incompréhensible.

« Tu as intérêt à me lâcher, Potter, si tu ne veux pas que je te foute mon poing dans la gueule. » Fit Drago froidement, en tirant sur sa cape prisonnière de la poigne du garçon.

« Tu n'avais pas quelque chose à lui dire ? » Fit Hermionne mutine. « Et bien c'est l'occasion. Viens Ron, on les laisse. »

« Mais… » Commença le rouquin, de façon totalement inutile puisque la jeune fille l'entraînait déjà hors de la salle commune.

Il n'eut que le temps de lancer une ultime et dernière recommandation à Drago.

« Ne le fait surtout pas souffrir plus encore, Malfoy. » Le menaça Ron avant de disparaître avec la brunette.

Drago était seul maintenant, avec un survivant qui avait du mal à vraiment se réveiller, chose normale, puisqu'il était sous l'influence du sort de guérison du Serpentard.

Un simple « Finite Incantetem » ou encore un « Enervatum » aurait été amplement suffisant pour le sortir des limbes, mais Drago préféra le laisser comme cela.

Il n'était pas encore près à lui parler, pas après tout cela…

Il se positionna à genoux devant son visage, et la main de Harry revenait sans cesse sur lui.

Elle se saisissait de sa cape et ne le lâchait plus, tout en continuant à murmurer.

Drago prit la main dans la sienne et commença à la caresser doucement, puis son autre main trouva son propre chemin vers la joue du survivant.

Pendant un moment le garçon cessa de murmurer sous les caresses tendres.

Etait-il surpris ?

Etait-il si bien qu'il était sur le point de se rendormir paisiblement ?

« Cela ne devait pas se passer ainsi, Harry. » Lui murmura Drago. « Je devais être convoqué par Le Seigneur des Ténèbres. Il y aurait eut ses Mangemorts tout autour de lui et moi tel une fabuleuse coure noire et mon père devait être à ses côtés. Il aurait du me séduire avec ses mots, pleins de promesse de grandeurs et de pouvoirs. Et j'aurai du tomber à genoux devant lui et l'aimer plus que ma vie en serrant désespérément mes doigts sur l'ourlet de ses robes. Cela aurait du se passer comme ça. »

Harry gémit, et comme un chaton il se pelotonna un peu plus entre les bras de Drago qui se laissait faire.

« Pourquoi as-tu fais ça, Harry ? Pour me dégoûter de toi ? Ou bien de lui ? »

Le chaton brun se remit à murmurer et Drago se pencha pour l'écouter.

« … tu as vu… tu as vu pourquoi… personne ne doit entrer dans ma vie… tu sais maintenant pourquoi… »

Drago se remémora les paroles du Lord Noir.

Tu perdras, Harry Potter. Et je ferais mourir lentement sous tes yeux, tous ceux qui on crut en toi.

Harry pensait-il vraiment que cela se produirait ainsi ?

Il devait avoir peur que Drago ne devienne l'une de ses personnes torturées pour avoir osé aimé le Survivant.

« Hypocrite… Pourquoi t'entourerais-tu de tant d'amis si tu pensais ainsi à l'avenir ? »

« C'est… trop tard… trop tard pour eux… Ils sont déjà dans ma vie… depuis si longtemps… Et… ils ont déjà choisi de s'impliquer dans la… guerre… avec ou sans moi, ils se jetteront dans le combat… de toute façon… »

Il ne devait plus être endormi, pourtant il fermait toujours les yeux.

Avait-il honte ?

« Et moi, je ne suis ni ton ami, ni ton amant. Je ne le suis pas et tu ne veux pas que je le devienne. C'est cela ? »

Harry acquiesça et une larme roula sur sa joue.

« Mais c'est trop tard aussi pour moi maintenant… » La voix de Drago n'était plus qu'un doux ronronnement murmuré au creux de l'oreille de l'autre garçon. « Et si tu veux vraiment me dégoûter de toi, Harry… Il va falloir faire mieux… Par ce que… Je suis vachement accroc à toi… Survivant… »

Harry ouvrit très grand les yeux, sous le coup de la surprise, quand il sentit une langue mutine lui effleurer le cou.

Drago se recula un peu et regarda le brun se redresser pour s'adosser correctement au canapé.

« Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? » Demanda Harry.

« Je veux devenir avant tout un allier. »

« Quoi ? »

« Je sais enfin de quel côté je suis. J'ai fais mon choix à cause de ton putain de rêve. Et Je ne sais pas si je fais cela pour moi et mon nom, pour toi, ou bien contre lui. Le résultat est le même. » Drago tendit le bras pour remettre en place quelques mèches de cheveux brun rebelles. « Je vais me battre contre Voldemort. Avec ou sans toi, je me jetterais dans le combat à ma façon. Alors ? M'acceptes-tu ? J'aurai pourtant bien besoin de toi, il paraît que tu es le seul qui puisse le vaincre définitivement. » Fit-il, mutin.

Harry se mit à pleurer.

« Alors toi aussi ! Tu vas te mettre à compter sur moi, c'est ça ? »

« Chut, calme-toi… » Fit-il en lui essuyant ses larmes. « Je ne vais pas attendre gentiment que tu fasses tout le boulot. J'ai un plan. Sais-tu pourquoi je crois en cette prophétie à présent, Harry? »

Le brun secoua la tête négativement.

« Voldemort y croit, lui ! Te rends-tu comptes ? Il y croit ! Il nous l'a montré noir sur blanc dans votre échange de paroles vicieuses. Il te donne trop d'importance, son attitude est aussi démesurée que l'est cette prophétie idiote. Le rêve aurait pu être un piège, mais il s'est jeté dedans sans réfléchir une seconde. Il ne m'a même pas vu ! Rien que ce fait montre que, toi aussi, tu es capable de faire prendre tel ou telle tournure à ce genre de rêve ! Tu as contrôlé et trompé Voldemort en me cachant à lui. Harry, tu es très puissant et le fait que lui croie en ton pouvoir, tout en le sous-estimant, fait de toi un être capable de le détruire. »

Harry était plongé dans ses pensées.

« N'as-tu jamais essayé de rentrer, toi-même, dans ses rêves pour l'effrayer ? » Reprit Drago.

« Non, je… Je ne m'étais pas rendu compte que je pouvais influencer sur quoi que ce soit quand je faisais ce genre de rêves, avant que tu ne me le fasses remarquer. »

« Pfff, typiquement Griffondor cette attitude. » Fit Drago avec un geste d'agacement. « On agit avant de réfléchir. On ne pense à rien, ni à ses capacités, ni aux conséquences. Navrant ! De toute façon, tu ne dois pas le faire, tu entends ? N'essaye jamais de rentrer, toi, en contact avec Voldemort. Jamais ! Il te croit faible ! Il te croit chanceux. Si tu lui montres le contraire, en faisant étalage de ta puissance, il risque de changer de tactique. Non, continue comme d'habitude. Il faut ménager l'esprit de surprise. »

« Je ne crois pas avoir autant de pouvoir. Si j'étais si puissant, je ne serais pas obligé de subir tous ses entraînements. »

« Peut-être, mais j'ai un plan. Je dois le peaufiner avec les autres. Cela prendra des mois peut être, mais ne t'inquiètes pas, ce sera près pour le fameux combat de fin d'année auquel tu es habitué. » Fit Drago en souriant sournoisement.

« Quels autres ? Hermione et Ron ? L'AD ? »

« Ne dis pas de bêtises ! Mes autres à moi. Les Serpentards. Je n'ai confiance en personne à part eux. Maintenant je ne dis pas que Granger et quelques autres ne seront pas utile au plan, mais il faut que j'y réfléchisse. Je t'en reparlerai plus tard, tu devrais dormir à présent. » Fit-il en se levant. « Tu as vraiment une tête affreuse. Moi aussi, remarque, je dois faire peur. »

« Drago ? » Appela faiblement Harry.

Le Serpentard se retourna, le brun était debout et s'approchait de lui la main tendue comme pour celer un salut… un pacte…

Drago se dirigea lentement vers lui, mais il ne saisit pas sa main de la bonne façon.

Il la saisit de manière à ce que ses doigts s'entrelacent avec ceux de l'autre.

La main de Harry répondit à l'invitation.

De son autre main, Drago se saisi de la taille du brun qu'il attira tout contre lui.

Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, mais Drago s'approcha encore.

Son nez effleura doucement la joue du Griffondor, son souffle lui chatouilla le cou.

Harry fermait les yeux, il n'était qu'attente fébrile tandis que Drago continuait à jouer comme cela.

Niaaaaaah !

Chères téléyaoïstes, je suis en pleine effervescence !

J'ai bien essayé d'être discrète tant la situation était INTENSE ! Mais là, c'est plus possible !

Tenez, prenez ces jolis petits drapeaux, que j'ai fabriqué de mes petites mains douées ! Ne sont-ils pas beaux ? D'un côté vert avec un serpent argent, de l'autre rouge avec un pitit lion doré. Et tous ces cœurs ? ADORABLE !

Alors voilà ! Dès que Dray embrasse Harry, ou des que Rirry se jette comme un affamé sur la bouche tentatrice, au choix, on agite son pitit drapeau !

On saute, on hurle ! On leur fait une ovation ! On se jette dans les bras les une les autres, on pleure, on se roule des pelles… Hum hum…

Enfin bref, on fait nos yaoïstes surexcitées quoi !

Je vois que vous êtes toutes derrière moi, toutes avec cette lueurs lubriques dans le regard, dans cette salle commune.

Certaine sont même montée sur les tables pour avoir une meilleure vue.

Huhuhu, reprenons notre observation perverse… Niark !

Drago resserra son étreinte sur le corps de Harry, ou peut être était-ce le contraire et que le brun s'était imperceptiblement rapproché.

Impossible à dire…

Ils ne s'embrassaient toujours pas, jouant au chat et à la souris, s'effleurant, se mordillant sensuellement, se gouttant, se respirant…

Puis…

Leurs lèvres se rapprochèrent langoureusement pour s'effleurer à peine.

Mais ils nous font quoi là, bordel ! Genre c'est plus difficile de faire ce genre de choses que de s'embrasser vraiment !

Ok ok, je la ferme…

Harry n'en pouvait plus, il se léchait les lèvres d'anticipation, les mordillait, les humidifiait…

Le voir faire cela allumait un brasier ardent dans les entrailles du Serpentard.

Pourtant…

Il obligea sa bouche à se rediriger vers la nuque du Griffondor.

« Marché conclu… Survivant… » Murmura Drago d'une voix rauque, avant de se détacher du corps de l'autre et prendre le chemin de la sortie.

« Mais… » Commença Harry, confus.

« Ho, ça… » Susurra Drago. « C'est pour mieux te punir, mon enfant. »

Mais !

Le Serpentard disparu par le portrait avec un merveilleux sourire victorieux.

MAIS !

La toile se referma, laissant Harry bien seul avec son érection et sa frustration.

DRAGOOOOOOOOO ! REVIENT !

Tu peux pas me faire ça !

JE VAIS ME FAIRE LAPIDER MOI !

Non !

Non ! Ne me regardez pas comme ça ! C'est pas ma faute moa !

Yiaaaaaaaaaah !

Du calme ! Waï, ça fait mal ! Qui m'a envoyé son drapeau dans l'œil !

Mais j'en sais rien, moi, pourquoi il est parti ! Arrêté de me taper ! Pas les cheveux ! Ghiaa ! NAN ! HELP ! Oskour !

O Tuuuuuuuuuut O

Suite à un moulon de votre part sur l'auteur ayant tourné mal, FFNET prend, exceptionnellement, le relais pour expliquer à ses usagés la fin du chapitre en cours.

Les lectrices furieuses se déchaînent et expriment leurs détresses d'avoir loupé l'occasion de se rincer l'œil avec un chouette Lemon devant un feu de cheminé.

Harry Potter reste stupéfié, peut-être pense-t-il à peu près la même chose que les lectrices.

Puis, c'est avec un sourire, pour le moins rayonnant, qu'il se dirige vers son dortoir.

Voilà, c'est tout pour vous informe gracieusement de la vraie raison pour laquelle Drago Malfoy a quitté le chapitre.

Il avait vomi, moins d'une heure avant, et puis il n'était même pas coiffé, voilà pourquoi.

D'autre part, il vaudrait mieux la prochaine fois ne pas défénestrer l'auteur si votre but est de connaître la suite de l'histoire, mais, après tout, c'est vous qui voyez.

Nous espérons vous voir rester fidèles à nos réseaux malgré cet incident.

O Tuuuuuuuuuut O


A suivre…

NDA :
O Couic O
RAR :

Onarculca :
Merci de me soutenir, snif. J'espère que tu as aimé ce chapitre, même si je suis, personnellement certaine que si y'en à une qui m'a défenestré, c'est toi. Niark. MDR. J'espère que tu as aimé ce chapitre malgré mon délire de la fin. Bah oui, il était un peu tristouille ce chap, à cause du fameux message de Harry et tout. Je voulais un peu relâcher la pression. Oui ? Non ? Dans mon cul ? Allez, je t'embrasse ! Bisou !

Vega264 : J'aime les Serpentards, mais je me demande si je suis assez géniale pour être repartie dans cette maison. Des fois, je me demande si je serais pas à Poufsouffle, MDR. Mais en tout cas, une pouffe qui aime les serpents. J'espère que tu as aussi aimé ce chapitre, même si, personnellement, je trouve que Drago est un peu trop gentil. Je t'embrasse, bisou !

Serpentis Draco : Mais qu'est-je fait au petit Jésus, pour que Théo soit aimé de tous ! Non je rigole, moi aussi j'adore mon Blaise, mais je le plains un peu d'être tombé amoureux de Théo, par ce que c'est un petit adorable, mais odieusement traumatisé. Mais tu préfères quand même Drago rassure-moi ? Tu as aimé ce chapitre, le message ? J'espère. Bisou !

Yuki Koshiba : Ho, c'est vrai ? Tu as presque pleuré ? Raconte-moi tout ! Pourquoi, ou, quand, comment ! Je veux tout savoir ! Il ne faut pas finir dépressive ! C'est fait exprès que ça soit triste ! Pour te faire ressentir tous pleins d'émotion avec nos persos adoré et pour qu'à la fin ça soit encore mieux quand le Happy End viendra ! J'espère que ce chapitre aussi t'a plu ! Et laisse-moi une longue review pour tout bien m'expliquer. Je t'embrasse. Merci et bisou !

Amy Keira : Merci de me soutenir. Voilà la suite, j'espère que tu as aimé. Bisou !

LolaBoop : J'espère que tu aimes toujours la suite. Je t'embrasse. Bisou !

Artoung : Voilà, pour toi, un nouveau chapitre. Laisse-moi tes coordonnées et je promets de t'envoyer les suivants par la poste. Je ne me rappelle plus la date de la fin de ton internet. C'est pour bientôt, snif. Je me demande si je pourrais en écrire un autre d'ici là. En tout cas, je me languis de lire ton chapitre à toi. Bisous !

Titi Anaelle MalfoyLe message de Harry n'était pas une lettre, comme tu as pu le constater. J'espère que tu l'as aimé quand même. Bisou.

Lysanthius : Je savais ce que ça voulait dire « patiner dans la semoule » mais je n'arrivai pas à comprendre pourquoi tu me disais ça. Par ce que si je parlais de Mili, c'était d'abord pour décrire un perso qui allait être important, mais surtout pour emmener le dilemme de Drago. N'en parlons plus, snif. Pour les temps, je fais de mon mieux, j'espère que ça se ressent. Pour Thalès of Symphonia, tu sais c'est pas ce que je dis que c'est un caca, que ça veut dire que je ne l'ai pas fini. Au contraire, je ne l'ai pas bâclé, j'ai lu chacun de leur dialogue merdique. Et j'ai hurlé à chaque fois que ce qui était hyper prévisible se produisait. La fin était trop trop trop facile, ça ma dégoûté. Mais j'aimai bien Kratos et Zelos. Je les aimai tellement que je ne montai que ces personnages, mon Kratos était surpuissant, c'est balot ! Il se casse ! Et Zelos, quand il a trahi, je lui ai dit « HO ! Toi mon cono ! T'a intérêt à rappliquer vite fait dare dare ! ». Heureusement le jeu étant prévisible, il est revenu sur sa traîtrise, c'était beau… Pfff… Enfin bref, j'ai trouvé pire que Thalès of Symphonia, je te conseille de ne pas acheter Baïtoken Kaïtos, par ce que lui ! Holalala… J'arrive même pas à me motiver pour y jouer tellement il me gave ! Mon copain me dit que quand on a joué à FF7, on ne peut plus aimer un autre RPG. Apparemment il a raison, FF7 c'est vraiment autre chose ! Je te conseille de regarder les bandes annonces du film qui se prépare qui s'appelle Final Fantasy 7, Advent Children, qui se passe après le jeu. C'est vraiment géant, même si les perso sont un peu trop efféminé, mais ça pour une yaoïste ça doit passer, non ? Bref… Tout ça pour dire que Thalès of Symphonia j'y ai joué en long en large et en travers, donc j'ai une opinion qui tient la route. C'est pas comme si j'y avais joué deux heures, comme tu sembles le croire. Sinon pour mon blog, c'est vrai, je ne le réactualise plus, c'est bête. Il faudrait que je me force ! Merci d'aimer mes dessins. Merci aussi de me dire que je suis jolie, huhuhu. Pour tes avatars ? Heu… Tu ne m'en dis pas beaucoup là. LOL. Tu parles d'un site ou l'on se fait en avatar ? Alors il faut faire une capture d'écran avec la touche Imprim écran qui se trouve au-dessus de la touche Inser, qui se trouve au-dessus de la touche Suppr. Tu vois ou c'est ? Et après tu vas dans Paint, par exemple, ou un autre logiciel de dessin, et tu fais Ctrl V. Voilà. Pi tu recadres, tu resizes et tu enregistre. J'espère que c'était de ça que tu parlais, MDR. J'espère que tu as aimé ce chapitre en passant. Je t'embrasse !

Crackos : Merci, j'espère que tu aimes toujours. Bisou.

Marion Moune : Merci de m'encourager. J'espère que tu aimes toujours. Bisou.

MaddNambda : Chelou ce pseudo.Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser à Jumanji. Enfin Bref… Merci pour le cookie ! Vi, j'adore les gros qui sont fait maison ! Merci encore plus d'aimer ma Mili. Snif, je suis encore toute triste que certain ai sauté ce passage. Beuh… Pour les Lemons légers, moi aussi j'aime bien, mais c'est que je t'avoue que je ne sais pas encore comment la relation amoureuse va prendre forme dans la préparation à la guerre. Peut être qu'ils baiseront dans tous les coins, heu… ou peut être pas ! Si tu as une idée sur la question, n'hésite pas. Par contre merci merci merci de me souffler une idée aussi époustouflante ! L'épée de Griffondor ! Carrément ! Je te promets d'essayer de replacer ça quelque part ! Je ne sais pas encore comme ça va prendre tournure, mais on verra. En tout cas encore merci, ça c'est vraiment une très bonne idée ! Merci de me l'avoir suggéré ! Pour le moment je crois qu'à l'épée, c'est Mili qui lamine Harry, mais si elle lui apprend à s'en servire magiquement… Huhuhu. Enfin bref ! Maintenant tu sais comment a pris forme le message de Harry. T'as t-il déçue ? Tu sais au début je ne pensais pas que le message serait aussi terrifiant, puis au fur et à mesure que j'écrivais j'en suis arrivé au moment ou Drago s'arrête dans le couloir et dit à Hermionne qu'il ne voulait plus voir Harry. Je me disais à ce moment là, que Drago ne pouvait pas être fort à ce point. Que le rêve avait été trop horrible ! Mais je me suis obligé à le faire aller dans la salle commune et de fil en aiguille. Je ne suis pas totalement satisfaite de la fin, je trouve Drago trop gentil, trop courageux. Enfin voilà… Dis moi ce que tu en pense. Je t'embrasse. Bisous.

PS : Merci de me soutenir.

PPS : Pourquoi Théo te fait-il peur ?

Lovely A : Merci beaucoup de me soutenir si gentiment. J'espère que la suite t'a plu. Je t'embrasse. Bisou.

Anize B : Tu as presque eut un petit bisou là. Alors ? Frustré ? Je t'embrasse. Kiss.

Wendy Malfoy : SNIF ! Le général Grievious ! Il est trop beau ! Mais pourquoi ils en ont fait un caca ! En tout cas dans le dessin animé, il a la classe. Tu trouves que Harry faisait pitié avec ses bandages ? Je ne trouve pas moi, huhuhu. Il me fait penser à une Reï Ayanami mec. Tu la connais ? Du manga Evangelion. « J'ai lu des petites merdes » MDR ! Tu m'as trop fait marrer en disant ça. Merci de me dire que ma fic est « entièrement Serpentard », c'est un peu ce que j'essaye de faire, MDR. Montré que la tribu des Serpy est digne d'adoration. Bon j'exagère… Mais je suis contente que ça te mène à po aimé les Griffy, par ce que c'est des cons qui se la pètent pour pas grand chose ! MDR ! Bon j'arrête. J'espère que tu as aimé ce chapitre. Cette fois ci c'est qui, qui fait pitié ? Drago, Harry, Ron ? Tu as le choix… Bisou !

Vert Emeraude : Je crois que cette fois ci tu as eut un chapitre bien accès sur Harry avec Dray et vice versa. Non ? Alors ? Heureuse ? Mouarf ! J'espère que tu as aimé, bisou.

Darkiliane : Ou pitain ! Trois chapitres avant le Lemon ? Il m'en reste plus que deux pour faire baiser quelqu'un ? Et si c'est Ron et Hermionne, ça va ? Non ? Bon… je verrais, MDR. En tout cas j'espère que tu as aimé ce chapitre. Bisou.

Luuslynn : Merci de m'encourager aussi chaleureusement. Un jour, j'en ai eut vraiment marre des yaoïs ou Pansy était un laideron. Une fois j'ai lu une Milicent qui était vraiment à gerber ! Je ne te parle même pas de Crabe et Goyle tellement illettré qu'on se demande comment ils sont arrivés en septième année. Quant à Blaise, ça va, il survit comme il peut et Théo, inexistant. J'ai dis STOP ! Vous ne passerez pas ! ( Voix de Gandalf dans le seigneur des anneaux ). Enfin bref, J'ai décidé de me mettre aux fanfictions, et voilà le résultat. Dans mon autre fic aussi les Serpy sont trop bien, mais y'a que Crabe, Goyle et Pansy. Blaise est tombé du côté obscur et Théo, heu… inexistant ! Là, je me donne à fond ! Enfin pas encore totalement à fond, par ce que, pour être parfaite, il faudrait que j'invente trois autres perso féminin Serpy, mais là je me sens pas encore la motive. Je ne fais que les dessiner et les imaginer pour une prochaine fic. Merci encore d'aimer ma Mili, c'est vrai, elle est un peu à fond dans le chevaleresque. C'est aussi une fanatique, elle est peut être trop déconnecté de la réalité, j'ai un peu peur pour elle. Avec la guerre, j'ai un très grand dilemme. Qui faire crever ? Ouiiiiiiiiin, je veux pas tuer mes persos ! Pour le petit Théo, oui il est très spécial, j'avoue que moi non plus je ne sais pas encore trop quoi en faire. On verra. Merci pour ta review. J'espère que ce chapitre t'a plu. Je t'embrasse, bisou.

Miss Felton Malfoy : C'est qui Miss Felton ? C'est dans une fic ? Pour les blessures de Harry, je me suis inspiré de Reï Ayanami, un perso de manga qui s'appelle Evangelion. C'est marrant que ça te fasse rire, moi qui voulais donner un caché mystérieux à la scène. MDR ! C'est râpé ! J'espère que tu aimes mon chapitre, ou au moins qu'il t'a fait rire. Bah on sait jamais. Peut être que c'était tellement exagéré que ça t'a fait, te poiler de rire. Bisou !

HerMioNeu : Désolé pour la dernière fois, j'ai envoyé mon chapitre avant que ta review ne me parvienne. Je ne sais pas si tu verras ce pitit mot. J'espère que tu aimes toujours. Bisou.

PS : Oui, FFNET c'est un vrai caca des fois !