Rappelle-toi

Super Résumé De La Mort Qui Tue A Cause Du Super Retard Pour Ceux Qui Se Rappellent De Rien Alors Que La Fic Elle S'Appelle Rappelle-Toi:

Harry et Draco ont découvert leurs petits penchants l'un envers l'autre suite à une fête d'halloween ou Luna avait eut la superbe idée de faire boire au Serpentard une potion breveté Weasley pour lui faire cracher le morceau à propos de son Abrasa la Luz volé par un Serpentard.

En faite, c'était Blaise qui l'avait chapardé, le coquinou, pour rêver de Theo qu'il aime à en crever. Mais Theo, qui est certes très mignon dans le genre bishonen, était pas hyper gay, mais bon... y'a anguille, moi je vous le dis !

Après bien des péripéties, les Serpentards font partie de l'AD et leur apprennent des techniques de magie noire dans la salle sur demande. Des supers techniques, même, comme invoquer un démon des enfers ou faire évaporer tous les liquides dans un être vivant. Trop la classe, c'est pour faire des momies.

Harry et Draco osent enfin être ensemble. Les parties de jambes en l'air dans une baignoire, la guerre qui approche et l'évasion du père de Draco jouent beaucoup dans tout ça, c'est vrai…. Mais la vérité, c'est qu'ils s'aiment, voilà. Si si, ils s'aiment d'amûr, même.

Hermione est avec Ron, mais l'auteur a eut la flemmardise de vous raconter comment ils se sont foutu ensemble. Elle a aussi eut la flemme de vous expliquer qu'entre Blaise et Theo, ça avançait un peu – mais pas trop non plus.

Le seul truc d'important à savoir c'est que Hermione ne veut pas dire à Ron pourquoi il y a une explication acceptable au fait que Theo ait une tête de mort sur ses ailes de papillon lorsqu'il fait le sort de Liberar Al Thelus. C'est vrai que c'est pas normal d'avoir un symbole de mort à cet endroit là, vu que les ailes prennent une forme celon ta personnalité. Moi si j'étais les Gryffys, j'aurai des doutes à propos de Theo. C'est louche ça. Très louche. Pourtant, les Serpentards savent quelque chose : ils ont tous confiance en Theo. Pourquoi ?

Heureusement, Ron est un curieux Gryffondor et il entraîne Harry à la recherche du secret de Theo ! Voilà !

Il est bien mon résumé, non ?


Rappelle-toi, chap 19 : Les pensées secrètes...
Dans la salle commune des Serpentards, noire, sombre, plus gothique que n'importe quelle autre pièce du château, quelques Serpentards se prélassaient ou révisaient en cette journée de repos.

Draco, pour une fois, s'y trouvait également, mais aucun de ses amis ne l'entourait – mise à part la préfète de Serpentard.

« C'est vraiment la déchéance totale. » soupira le blond alangui dans l'un des sombres canapés près de la cheminée.

« De quoi ? » fit Pansy en relevant les yeux d'un autre de ses nombreux bouquins de science-fiction.

« On est samedi et on est complètement désœuvré. »

« Rectification : tu es complètement désœuvré. Greg et Vince croyaient que tu allais passer le week-end avec ton père alors ils se sont tirés dehors pour faire leurs petites affaires : soulever quelques arbres dans la forêt interdite ou je ne sais quoi pour entretenir leurs muscles. Mili s'entraîne seule, sans doute que c'est elle qui coupe les arbres que les deux gros soulèvent. Et moi, j'ai déjà un corps de rêve, alors je ne fais que lire tranquillement au coin du feu. Même si j'avoue que j'aurai largement préféré batifoler comme Blaise et Theo dans le dortoir des mecs. »

Draco ne put s'empêcher de sourire en pensant à ce que disait Pansy, avant de reprendre, plus pragmatique.

« Et moi… je me fais superbement chier avec toi, au coin du feu, parce que tu ne fais que lire des choses insensées. » fit-il en feignant de bougonner. « Tu pourrais lâcher ton bouquin de n'importe quoi et t'occuper de moi, non ? »

Pansy gloussa puis referma son livre pour darder un regard scrutateur sur son ami.

« Où est Potter ? » demanda-t-elle enfin.

« Il s'est fait embarqué par Weasley. » grogna le blond. « J'aurai préféré qu'il soit un peu plus intolérant sur ce coup-là, cet imbécile. »

« Comme ça, le pauvre Ryrrytounet rejeté par ses amis de toujours aurait été complètement à toi ? Ce n'est pas très gentil de souhaiter cela. » ironisa Pansy avant de reprendre plus sérieusement. « Au fait, ce soir, nous avons bien une réunion de l'AD, n'est-ce pas ? »

« Ouais. » acquiesça Draco en croisant les bras, agacé que la conversation dévie de ses petits problèmes.

« Tu sais… Il y a une chose qui m'inquiète sérieusement à propos de Potter. »

« Quoi ? »

« Tu ne crois pas que… qu'il est trop réceptif à la magie noire ? »

Pansy semblait hésiter à aborder le problème avec Draco. Elle n'avait jamais vraiment critiqué ses petites amies vu que, généralement, il le faisait pour elle.

Mais les choses étaient différentes cette fois-ci.

« C'est certain, mais où tu veux en venir ? »

Déjà, le ton de Draco se durcissait légèrement.

« Je me demande ce qui arriverait si Potter devenait accroc. » se lança-t-elle. « Il pourrait très certainement devenir autre Seigneur des Ténèbres. Je crois que c'est trop dangereux de continuer sur cette voie. »

Chers Téléyaoistes… pardonnez-moi de donner à Pansy une crise Hermionesque si soudainement. Promis, ça ne durera pas !

« Il y a eu beaucoup de Seigneurs des Ténèbres – depuis les premiers sorciers qui s'habillait en peaux de bêtes avec des os dans le nez et de la bouse sur le visage. Peu on été pris de mégalomanie en voulant réduire le monde à feu et à sang, sinon on serait perpétuellement en guerre sur toute la planète. »

« Les Seigneurs des Ténèbres n'ont pas tous eu autant de potentiel que Potter à la base. Alors, si je te suis bien, tu es conscient que Potty peut basculer et tu acceptes de prendre le risque qu'il change radicalement ? Il n'a pas été élevé là-dedans, il n'y est pas habitué comme nous et en quelques jours il en a appris plus que nous ou que quiconque dans cette école. »

« Tu as bien vu toi aussi comme il est doué en magie noire. Que nous soyons là ou pas, il pourrait apprendre cette magie particulière de toute façon. Il en a envie et il pense que ça lui sera utile – je pense cela aussi. C'est son choix, on ne lui force pas la main que je sache. Alors autant que nous… que je sois là pour le rappeler à l'ordre s'il se laisse envahir. Le but n'est pas d'en faire un futur Seigneur des Ténèbres, mais de lui donner les moyens de manipuler sa propre magie comme il l'entend. »

« Je pense que tu es trop sûr de toi quand tu dis que tu arriveras toujours à le ramener. Il est devenu bien plus fort que nous. Alors pourquoi toi, tout seul, tu parviendrais à le contenir ? »

« Pansy… Est-ce que tu imaginais un jour que je pouvais finir avec lui ? »

La Serpentarde fusilla le blond du regard.

« Je ne m'imaginais même pas que tu finisses avec un mec – que tu ais embrassé Theo et Blaise en cinquième année ne compte pas, on s'est tous embrassé cette soirée-là. Je suis sûr que tu as même du rouler des pelles à Greg et Vince tellement tu étais saoul. »

« Ne raconte pas n'importe quoi. » rougit Draco. « Je leur ai juste sauté dans les bras, pas plus. Et puis, on avait décidé de ne plus reparler de cette soirée. Je peux te rappeler que toi aussi, tu as… »

« Passons ! Ce que je voulais dire, c'est : comment aurai-je pu imaginer que tu sois un jour le petit ami de… Potter ? Tu n'as jamais semblé attiré par lui ni par aucun mec et je pensais que tu le haïssais vraiment, Dray ! »

« Mais je le haïssais vraiment ! Là n'est pas le problème. Ce que je veux dire, moi, c'est que nous sommes tout les deux le couple le plus improbable. »

« Je t'assure que je peux m'imaginer encore plus improbable. » ronchonna-t-elle.

Drago plissa ses yeux en dévisageant la brunette jusqu'à ce qu'elle rougisse en détournant le visage pour fixer les flammes. Pansy ne pouvait jamais soutenir son regard acier bien longtemps.

« En tout cas… » reprit-il, buté. « Si je suis… amoureux de Potter, et si, lui, il m'aime également malgré nos différences – et même s'il y en a une grosse entre nous niveau puissance magique – je ne pense pas que mes appels le laisseraient indifférents s'il part trop loin dans ses délires magiques. »

« Argh, arrête ça ! » s'énerva Pansy. « J'ai l'impression d'écouter un conte de fées merdique ! »

« Quoi ! » s'exclama Draco.

« Oui ! C'est parfaitement merdique tes théories à deux mornilles cinquante ! Je n'aurais jamais cru un jour entendre de ta bouche de telle connerie sur l'amour triomphant ! Et non seulement tu avoues sans sourciller que tu l'aimes, mais en plus tu m'annonces que t'es plus faible que lui sans jouer de ta légendaire mauvaise foi ! C'est tout bonnement pitoyable ! »

Pansy se leva brusquement jetant violemment son livre de poche Moldu à la couverture futuriste sur Draco avant de reprendre : « Ça empeste l'eau de rose ici, je m'en vais, je risquerais d'être atteinte par un accès de niaiserie ! »

Elle se dépêcha d'activer l'ouverture magique dans le mur et disparut sans demander son reste dans le couloir, laissant un Serpentard blond passablement furibond de s'être fait réprimander aussi vertement en public.

Draco sentait une colère sourde monter en lui. Il n'avait pas pour habitude d'être traité de la sorte par ses amis Serpentards et jamais Pansy n'avait élevé la voix contre lui, jamais. Elle déchaînait toujours sa verve contre les autres.

Il était très tenté de bouder dans son coin, espérant vaguement que la jeune fille reviendrait en s'excusant platement et que dans sa grande mansuétude, il lui accorderait de se pendre futilement à son bras, comme si de rien n'était, et qu'ils partiraient, comme si souvent, débusquer les fraudeurs dans tout Poudlard.

Pourtant, quelque chose lui disait que, cette fois ci, Pansy ne jouerait pas son petit numéro volontiers.

Il se leva à son tour en fusillant du regard les jeunes Serpentards qui le dévisageaient, attendant l'un de ses nombreux accès de colère pour se repaître du spectacle, mais il les gratifia froidement d'une pale moue dédaigneuse empli de désintérêt et il fila à la recherche de Pansy dans les couloirs.

Oo0o0oO

« Waf waf ! »

« Qu'est-ce que c'est que ce bruit ? » demanda Harry en se penchant sur la pile de classeurs qu'ils avaient réunis avec Ron.

« C'est rien, c'est Lycos. Le sortilège est fait ainsi, les bouts de parchemin aboient pour que tu les trouves plus facilement. Drôlement pratique ce sortilège, mais à peine toléré en bibliothèque. Finite Incantatem. »

Les bouts de parchemins cessèrent de s'agiter frénétiquement et redevinrent silencieux.

« Classons les classeurs par dates, pour commencer. » proposa Ron en commençant à trier les dossiers.

Harry se joignit à son ami et, en moins d'une minute, tout était parfaitement ordonné en une seule et grosse pile.

« Bon… » fit Harry en toisant les dossiers d'un regard circonspect. « On en prend chacun un et on se dit au fur et à mesure ce qu'on découvre d'intéressant ? »

« Pas mal… Comme ça on suivra le parcours chronologique de cette famille au fur et à mesure et en même temps. » répondit Ron en acquiesçant. « C'est une bonne technique pour ménager le suspense. »

« N'est-ce pas ? » sourit Harry.

Chacun d'eux prit un classeur et l'ouvrit à la page qui était marquée d'un bout de parchemin violet. Harry s'assit sur une chaise, accoudé au bureau à gauche de la pile de classeur. Ron resta debout, légèrement assis sur la table à sa droite.

Au bout de quelques minutes, le brun releva le nez de son classeur et vit que son ami rouquin avait lui aussi fini.

« Toi d'abord. » sourit Ron.

« Rien de bien intéressant. Un article sur un mariage très attendu de sang purs renommés. Le deuxième article parle du mariage, y'a même des photos. Les suivants également. »

« Qui est sa mère ? »

Harry refeuilleta un instant le classeur avant de répondre : « Une certaine… Mude Lahar, originaire du Canada. Elle est très belle, et plutôt… grisâtre - mais dans un sens curieusement positif. Theo tient de sa mère... physiquement. »

Ron se pencha sur l'épaule de Harry pour observer la photo. On y voyait une très belle jeune femme à la mine fragile et éteinte avec son mari à ses côtés, un jeune homme d'une taille, d'une carrure et d'une exubérance impressionnante. Du beau monde sorcier tout autour d'eux faisait exploser des gerbes de fleurs du bout de leurs baguettes.

« Mariage arrangé ? » demanda Ron.

« Sans doute. Elle est l'unique descendante d'une famille riche et renommée possédant de grandes terres en Amérique du Nord. Nott père n'est pas tellement riche par rapport à elle, mais il lui offre un nom assez impressionnant et un rang élevé dans la société sorcière d'Angleterre. C'est certain, c'est un mariage arrangeant pour les deux familles. » souligna Harry en posant un doigt sur le papier journal. « Et puis… regarde leurs têtes. Elle, c'est clairement pas le plus beau jour de sa vie et lui… il prend ça un peu trop à la rigolade pour être sincère, tu ne trouves pas ? »

« Ouais, sans doute. » approuva Ron. « Dis donc, ça commence déjà pas fort pour Theo. Surtout avec ma partie. »

« Vas y, raconte. Je n'ai plus de parchemin violet de mon côté. »

« Ben… Dans le premier article, c'est le début des émeutes. Pas encore la guerre, mais des sorciers ont manifestés contre l'insécurité grandissante du pays et sont venus s'attaquer au dirigeant du Ministère de la magie de l'époque. Le grand-père de Theo était le chef de la brigade Aurorale et les attaques des sorciers se sont tournées vers le manoir Nott. Il y a eu du grabuge et il y a eu même des morts. Le grand-père a donné sa démission et les Nott sont franchement mal vus dans le monde sorcier de l'époque si j'en crois le ton de l'article. »

« Qu'est-ce que disent les autres articles ? » demanda le brun, en haleine.

« Des banalités à pleurer mais toutes sur un ton extrêmement virulent, frisant le torchon de saletés. Les journalistes déballent tout pendant quelques semaines : les détournements de fonds, les dragons qui gardent illégalement le manoir, les vampires dans la familles, les humeurs volages de Nott père avec quelques semi-vélanes dans l'Allée des Embrumes, les coiffures inexistantes de Nott mère, etc. Il y a encore un mort et des blessés sur le seuil du manoir Nott suite à d'autres émeutes. Puis ça à l'air de se calmer. »

« Tu m'étonnes. » bougonna Harry. « Les gens devait sûrement penser que les Nott fricotaient avec Voldemort et ils ont arrêté de leur chercher querelle ouvertement. »

« Sans doute, j'ai regardé les couvertures et effectivement la guerre bat son plein sur les derniers articles. »

« Bon… classeurs suivants. » maugréa Harry. « Je sens que ça va aller de mal en pis. »

« Je suis du même avis. » sourit Ron.

« On dirait que ça t'amuse. »

« Non, mais qu'est-ce qu'on peut y changer de toute façon ? C'est arrivé il y a plus de vingt ans. »

Harry s'empara d'un classeur et Ron du suivant sur la pile et chacun retourna à ses lectures marquées par quelques exclamations et soupirs.

« C'est bien ce que je pensais. » commença Harry lorsque Ron lui fit signe qu'il avait fini lui aussi. « La guerre bat son plein et le nom des Nott est à chaque fois à peine suggéré. Une donation à St Mangouste. Une attaque contre les quartiers des Aurors qui paraît très suspecte. Une saisie infructueuse au Manoir Nott. Mude Nott est enceinte, puis hospitalisée suite à une chute de cheval accidentelle. Elle perd l'enfant… C'est tout de mon côté. » termina Harry désabusé.

« Ho… » souffla Ron dans un murmure hésitant. « Alors… J'ai un mort de mon côté également. »

« Qui ? » demanda Harry.

« Le grand-père. Franchement assassiné, son corps a été jeté dans le hall du Ministère en guise de provocation. La boucherie. La gazette affirme que vu la violence de ce crime, ce ne peut être que des Mangemorts qui l'ont commis. Grand-père Nott est donc innocenté post mortem, la marque n'ayant pas été trouvée sur son bras. Ce n'était pas lui qui avait fomenté l'attaque chez les Aurors. Et il y a même des photos, mais je ne te conseille pas d'y jeter un œil.»

« Hum, fameux ! Et pour Mude ? »

« Rien… L'affaire semble avoir été étouffée. »

« Autre chose ? »

« Les dragons ne gardent plus le Manoir Nott. Les donations perdurent. Et les Nott remontent dans l'estime des gens. Plus tard, Theodore Senior est décoré de l'Ordre de Merlin pour avoir découvert un nid à Mangemorts. C'est l'hécatombe dans les foyers, tout le monde adore Nott. A 35 ans, Nott père devient membre actif de l'Ordre des Salamandres, tu sais, cette espèce de service secret. »

« Dis donc, le parfait stratège, le père de Theo. Et c'est tout ? »

« Les articles croulent sur lui régulièrement, mais rien de bien intéressant. » fit Ron avant de reprendre en imitant une voix de fille hystérique. « C'est du genre : mais quel bel homme ! Une fleur qui s'épanouit dans le sang ! Quel courageux guerrier, etc. C'est lamentable. C'était un Serdaigle et je connais maintenant sa date de naissance, son groupe sanguin, la couleur de son aura magique, son signe chinois, son parfum préféré et tout un tas d'autres inepties tout aussi intéressantes ! Plus personne ne semble lui en vouloir pour son côté volage, au contraire ça le rend populaire. Et ce genre d'articles fleurit sans honte au milieu des listes des nouveaux morts identifiés. Un autre classeur ? »

« Volontiers, très cher. » minauda Harry en grimaçant de dégoût.

Les deux garçons se renfermèrent à nouveau dans la lecture de nouveaux articles sans plus broncher que très rarement. Le Gryffondor cherchait activement la moindre nouvelle sur la mère de Theo.

« Ha, ça y est ! » s'exclama Ron. « 1981 ! J'ai enfin des nouvelles du divin enfant ! »

Harry se redressa, délaissant son classeur somme toute inintéressant pour se pencher sur l'épaule de Ron afin de lire le même article que lui.

Mude Nott, en raison de sa santé

fragilisée, habitait depuis son

accident malheureux trois ans

plus tôt dans l'une des résidences

secondaires des Nott se trouvant

dans les Alpes Méridionales en

France. Une demeure somptueuse

au cœur d'un cadre de vie idéal.

La jeune femme était fort entourée

mais cela ne semble plus suffire.

Sa santé s'est soudainement

fortement dégradée et son

rapatriement en catastrophe à

l'hôpital Ste Mangouste a causé

un vif émoi à son mari.

Theodore Nott n'a pas souhait

s'exprimer devant la presse.

Nous ne sommes pas dupes, Nott est

profondément inquiet de confronter sa

femme aux aléas de la guerre qui

secoue notre pays. Surtout que nous

savons d'après les déclarations

d'une médicomage de confiance

que le véritable mal dont souffre

actuellement Mude Nott, n'est pas dû à des

réminiscences de son ancienne

chute de cheval.

Elle est enceinte de quelques semaines.

Nous comprenons, à présent, la

grande excitation du futur père

qui avait déjà perdu un enfant.

Mude Nott est a surveillée comme le

lait sous sortilège d'ébullition.

« Je me demande si… » souffla Harry sans poursuivre.

« Quoi ? » demanda l'autre en feuilletant distraitement le reste des articles marqués d'un bout de parchemin violet.

« Cet accident qu'elle a eu lorsqu'elle était enceinte : est-ce qu'il était innocent ? Ne serait-ce pas elle qui fait en sorte de perdre ses enfants ? On dirait qu'aussitôt enceinte on la parque à Ste Mangouste pour éviter toute tentative malheureuse. »

« Qu'est-ce qui te fait penser ça ? »

« Et bien cette femme ne semble intéresser Nott que lorsqu'elle est enceinte. Tu ne trouves pas ça étrange ? Il est clair que Mude devait se sentir nettement mieux loin de son mari. J'ai comme l'impression qu'elle ne souhaite pas vraiment avoir d'enfant de lui. »

« Qu'est-ce que disait ton classeur ? »

« Oh rien de bien intéressant. Nott père grimpe dans la hiérarchie dans l'Ordre des Salamandres. Le Conseil vote des lois et élit des ministres. Rien d'intéressant. De ton côté, autre chose ? »

« La grossesse de Mude est confirmée par Nott. Il fait taire les rumeurs comme quoi il ne serait pas le père, il affirme qu'il rendait trop souvent visite à sa femme pour la laisser insatisfaite. Il fait de vieilles blagues de macho, etc. Plus tard, c'est un article qui affirme que Mude tombe réellement malade. Sa grossesse se complique pour des raisons inconnues mais tout est mis en œuvre pour qu'elle la mène à terme et elle reste en permanence à Ste Mangouste entourée d'une flopée de médicomages payés par la famille Nott. Si tu as raison, ses docteurs doivent plus ressembler à une garde inquisitoriale à pleine puissance et Mude doit avoir de graves accès suicidaires. »

« C'est glauque. »

« Il reste encore pas mal de classeurs pourtant… » fit Ron en attrapant le classeur le plus haut sur la pile. « Fait une pause Harry. Je continue. »

Le préfet avait sentit que cette histoire de famille minait légèrement le moral de son ami, aussi il continua à lire seul pendant un moment.

« Théo est né prématurément le 17 avril 1980. » fit-il.

« Et Mude, elle est morte c'est ça ? »

« Non… mais c'est pas brillant de son côté. Elle retourne au manoir des Nott avec le bébé. Il n'y a quasiment plus d'articles intéressant sur la famille Nott à part les trucs politiques… et la guerre. »

Ron continua à lire… longtemps.

« Ron, ça fait une heure que tu es sur ce classeur. Qu'est-ce que tu fous ? »

« Je lis tous les journaux. »

« Quoi ! Tu te fous de ma gueule ! »

« Je ne regarde que les premières de couverture… »

« T'es chiant ! »

« Je ne comprend pas pourquoi tu n'es pas le premier intéressé. On parle de ton père presque à chaque Gazette. »

Harry resta silencieux et ne fit absolument aucun geste pour se saisir du classeur de Ron. Son ami haussa des épaules et poursuivit sa lecture.

« Voldemort disparaît et la guerre s'achève, grâce à toi – ou plutôt à ta mère. Les Mangemorts se rendent ou sont pourchassés. Certains accusent Nott d'être l'un d'eux. La marque des ténèbres a disparue de leurs bras, puisque Tu-Sais-Qui est mort, alors la tâche n'est pas aisée pour savoir qui dit vrai ou faux. » Ron tourna quelques pages encore un peu et lut pendant un bon moment.

« Des présumés Mangemorts vont en prison, d'autres sont acquittés. Nott en fait partie. Ça parle aussi de pas mal de personnes connues ici. Ecoute ça ! Les pères de Malfoy, Crabbe, Goyle, Abbot, Roadness, Shanks, Moira, Fress, Rourque et Pratchett et les mères de Boot, Strude et Carolis. Ton Malfoy avait raison. Serpentard n'a pas le monopole des enfants de Mangemorts, loin de là. Tu te rends compte ? Même Abbot ! Elle est si mignonne pourtant, cette petite Poufsouffle… »

« Ron ! Qu'est-ce que ça change ? » bougonna Harry. « Elle reste toujours mignonne, non ? »

« Je sais pas. Être élevé par un père ex-Mangemort, ça doit forcément laisser des traces. Tu ne peux pas dire que c'est anodin. » lui répondit Ron sans relever la tête pour le regarder. Il poursuivit sans attendre de réponse de Harry. « Nott rentre chez lui mais il est licencié de l'Ordre des Salamandres et perd tous ses avantages – tout comme les autres, il cherche à se faire oublier. »

Le rouquin referma le classeur et en prit un autre. Harry était encore un peu plus effondré sur le bureau, ses pensées semblaient le plonger dans un découragement le plus total.

« Mude est morte. » lâcha Ron.

« Comment ? » demanda Harry en redressant la tête de ses bras croisés sur son dossier de chaise.

« Alors là… Je ne sais pas du tout. La Gazette dit simplement que son corps a été mis en terre dans la demeure des Nott. »

« Quand ? »

« 4 Mai 1982. »

« Deux ans après la naissance de Théo ? C'est bizarre. Je suis sûr qu'elle a été tuée. »

« Harry, tu dois être parano. »

« Alors pourquoi l'article ne parle pas de ses anciennes maladies ? »

« Je ne sais pas… »

« Qu'est-ce qui se passe ensuite ? »

« Il n'y a plus de parchemin dans celui là. » fit Ron en prenant un autre classeur – le dernier.

« 1987. Ça fait un bon dans le temps, dis donc. »

« J'ai un mauvais pressentiment. » grimaça Harry en attrapant discrètement le classeur où Ron avait dit que l'on y parlait souvent de son père.

Les garçons lisaient chacun dans leur coin dans un silence pesant. Ron fut le premier à refermer son classeur. Harry bloquait depuis de longues minutes sur le portrait d'un Sirius très jeune et souriant avec, à côté, Godric Hollow dévasté. Un troisième photo ornait la feuille de journal vieille de 17 ans : son père en tenue d'Auror qui tenait sa mère contre lui et lui, bébé, dans les bras de cette dernière.

Harry se sentait soudainement très las. Ses mais tremblaient et sa gorge semblait être devenue un bloc de pierre tant elle lui faisait mal. Ses yeux le brûlaient, il se retenait de les fermer car il les sentait se remplir de larmes qui n'attendaient que ça pour rouler sur ses joues. Ne pouvant plus les retenir, il se retourna un peu plus pour que Ron ne le voit pas s'essuyer les yeux.

Pourtant, au bout d'un moment, comme son ami ne disait rien, il se retourna et fut étonné de le trouver en pleine réflexion douloureuse.

« Ron ? Ça ne va pas ? »

Son ami secoua la tête négativement.

« Tu as de bonnes intuitions, tu sais ? J'aurai du écouter Hermione, moi, pour ne pas changer. » fit-il en tentant d'esquisser un pauvre sourire qui ne cachait aucunement la lueur trouble de son regard.

« Pourquoi ? Qu'est-ce qui est arrivé à Theo en 1987 ? »

Ron soupira.

« Je suppose que j'arriverais pas à te convaincre si je te disais qu'il vaudrait mieux pas que tu saches ? »

« Tu supposes bien. » fit Harry légèrement agacé. « Dis-moi ce qu'il lui est arrivé. »

Ron détourna le regard vers une étagère très intéressante, pleine de classeurs et de poussière. Il soupira, puis se racla la gorge et se mit enfin à débiter plutôt rapidement ce que disait le dernier article marqué d'un parchemin violet.

« Des voisins du Manoir Nott. Ils avaient entendu une déflagration ce jour-là. Les garçons de ferme du Manoir ont dit avoir vu les fenêtres de la chambre voler en éclat sous l'impact d'une explosion de magie pure. Les chevaux et les troupeaux de moutons de la propriété se sont dispersés, alors ils ne s'en sont pas occupés tout de suite. Les elfes de maisons avaient pour ordre de ne venir que sur appel alors… ils n'y sont pas allés non plus. Et… personne n'a agi… car les autres membres de la famille avaient trop peur. Theo est resté longtemps dans la chambre, la chambre de son père mort, avec son cadavre... Mais, heureusement, le ministère avait enregistré cette émanation de magie anormale, et… avec l'appel par cheminette des voisins, ils sont venus… enfin… C'était bien trop tard pour le père… Il est mort sur le coup… »

« Mort de quoi ? » demanda Harry.


C'en était fini de lui… Je l'ai su immédiatement… dans mon cœur… au plus profond de mes entrailles…

La douleur était toujours présente mais je jubilais, car jamais elle ne reviendrait… plus jamais je n'aurais à subir son existence… C'était la dernière fois que cette sensation m'étreindrait…


« Les Aurors ont forcé la chambre et ils ont découvert le carnage… » continuait Ron.

« Un carnage ? » demanda Harry, agacé que Ron ne réponde pas à sa question.


Il y avait son sang partout… partout sur moi et sur les murs… jusqu'au plafond.

Il dégoulinait de là-haut en longs filets rouges, se répandait sur le sol et coulait le long des murs, dans le silence de la chambre… suintant, visqueux…Il était partout, emplissant l'air de son parfum écœurant, gouttant sans cesse sur les lattes du plancher…

J'avais l'impression qu'elles tomberaient éternellement, ces petites gouttes de sang malsaines…

Pour longtemps encore…Berçant les minutes dans leur chute grinçante.

Et puis… ce bruit minuscule a cessé et déjà d'autre sons couvraient ce qui m'avait d'abord obsédé… j'ai entendu ces autres choses…

Les chevaux affolés qui hennissaient… Les bruits de leur révolte impuissante… Ils ne voulaient pas se faire réunir par les ladres… ils avaient peur. Et dans leur frayeur incohérente, ils poussaient des cris mêlés de rage et d'égarement…

Stupides animaux… incapables de sauter leurs barrières.

Mais moi… je n'avais plus peur…
Ron acquiesça.

« Oui, un vrai carnage. D'après l'article, il y avait du sang partout. Le corps de Nott était affalé contre un mur, le corps horriblement mutilé. La chair presque à nue, le ventre ouvert… les viscères… répandues. Comme si une bombe avait été placée à l'intérieur de son ventre… »

« Et ce serait un enfant de sept ans qui aurait fait ça ? » demanda Harry, incrédule.

« Tu penses à ce que Blaise avait dit? Je ne sais pas si c'est vraiment lui. Dans l'article, ils pensent plutôt à une vengeance. »


Longtemps, ils ont cherché, fouillé, mesuré.

Quand ils m'ont découvert… enfin… leurs regards se sont mués en stupéfaction.

Ils étaient horrifiés…épouvantés… Ils ne pouvaient y croire…Les traits de leurs visages n'étaient que pure répulsion… et tellement de sentiments se mêlaient en eux.

Je devinais le dégoût, l'écœurement… L'aversion.

Pourtant j'étais bien, moi…

Libéré.

L'un de ces hommes s'est saisi du drap froissé du lit… il a voulu m'entourer avec ce linge sali de rouge… et d'autres choses…

J'avais l'impression qu'il allait m'étouffer dedans s'il réussissait à m'y plonger…

Je ne voulais pas toucher ce tissu souillé. Je ne voulais pas qu'il me recouvre…

Je le voulais sur la masse difforme devant moi, sur les bouts de chair disséminés dans la pièce… Comme un linceul…

Et il allait s'abattre sur moi…

Ils ne comprenaient pas !

Je ne voulais pas !


« Theo… Il a été retrouvé au milieu de tout ça, en état de choc. Il s'est débattu - comme un animal - et ils ont du l'immobiliser pour l'emmener à l'hôpital. Il y a même une photo de lui, endormi enroulé dans une couverture porté par un Auror, il était vraiment minuscule et… couvert de sang. Ils l'ont emmené à Ste Mangouste pour s'occuper de lui et les serviteurs de Nott ainsi que la famille qui résidaient au Manoir ont été embarqués par les Aurors pour être interrogés. »
Quand je me suis réveillé, j'étais allongé dans un grand blanc trop propre pour être vrai. Des gens, des inconnus, sont venus me parler, me poser des questions… Ils voulaient savoir, comprendre… de ma bouche… mais je ne leur ai rien dit…

Moi je savais, c'était ce qui comptait…

Je me suis tu, me contentant de scruter le mur trop blanc en face de moi…

Je l'ai tant scruté, ce mur, qu'à la fin je lui ai découvert un univers d'imperfections.

Alors ils m'ont forcé… touché… nu… encore…

Et, encore, j'ai fait appel à elle – la magie…

Mais eux… ils avaient été préparés…Ils savaient tous ce dont j'étais capable !


« A l'hôpital, il y a eu de la casse. Ce n'est pas très bien expliqué – et tant mieux, tu me diras – mais je crois que Theo ne les a pas laissés le soigner. Il s'est déchaîné contre eux et n'a rien voulu entendre. La famille a finalement avoué : Nott était réellement un Mangemort, un partisan actif de Tu-Sais-Qui et un grand malade en général. Ils en avaient peur de son vivant. Les enquêteurs pensent alors à un règlement de comptes entre ancien Mangemorts. Personne ne peut commettre d'acte aussi barbare. »

Harry en plissa les yeux d'incompréhension en faisant signe à Ron de l'éclairer.

« L'histoire de Theo redevient ensuite un grand blanc. Sa tante l'a ramené chez lui, et les Nott ont tout fait pour étouffer l'affaire en évitant de faire parler d'eux. Les Lahar n'ont jamais demandé à récupérer l'enfant. »

« Mais alors… en gros on ne sait pas du tout ce qu'il s'est passé. On n'est même pas sûr que Theo ait tué son père, en fait ? Il peut être simplement choqué d'avoir assisté à son meurtre. »

« Ce qui expliquerait la tête de mort sur ses ailes ? » soupira Ron. « Je… Peut-être… Mais… Je ne pense pas. Je sais pas… mais… je me dis qu'il y a bien pire là dessous. Mais je suis bien content que finalement personne ne soit réellement au courant. »


Je m'ennuie… tellement… trop de blanc, trop de gens…

Trop de bruits… permanents…

Tante Slovène est venue me voir à l'hôpital. Elle portait sa plus belle robe noire… et le plus pur chagrin sur son visage de vieille.

Elle m'a dit de m'habiller, que l'on allait partir. Et comme je voulais m'en aller, j'ai obéi.

Mais je déteste obéir, et si je le fais, ça ne veut pas dire pour autant que je suis un animal ! Je fais ce que je veux ! Je suis assez fort maintenant !

Mais j'obéis… un peu… pas trop…

Juste assez…

Dehors, il y avait beaucoup de gens, des inconnus, des photographes, des journalistes… alors on a pris le réseau de cheminette.

Je n'aime pas les voyages par cheminette…Je n'aime pas aller si vite, on a le temps de rien voir venir…Je ne sais pas ce qui se passe autour de moi, je n'ai pas le temps de réagir… Et j'aime prévoir à l'avance.

Et puis… je ne voulais pas rentrer si vite…

J'aurais bien aimé aller au Chemin de Traverse pour regarder les vitrines…

J'aurais bien voulu avoir un balai… Peut-être que, maintenant, j'en aurai un…

J'en ai marre de monter à cheval. Je déteste les chevaux de père, ce symbole de richesse, de pureté, de pouvoir…

Je devrais tous les tuer… comme lui.

Tante Slovène ne veut pas m'offrir de balai, elle dit que c'est trop dangereux… que je suis trop jeune…

Elle m'a offert un stupide chaton…

C'est ennuyeux…

Il ne sait même pas se débrouiller seul ! Un chat n'est-il pas sensé être un animal débrouillard ? Il est trop petit m'a dit ma tante. Il est dépendant de moi…

Je sais ce qu'elle cherche à faire, et je n'en veux pas, de cette responsabilité.

Mais je n'ai pas tué le chat… Je l'ai juste donné aux elfes de maisons… eux, ils sont contents…

Moi, je n'ai ni père ni mère, mais je me débrouillerai toujours seul !

Je me languissais d'une seule chose…

Aller à Poudlard et devenir plus grand, plus fort… Avoir ma baguette et apprendre à jeter des sorts…devenir plus puissant !

Je voulais être le meilleur, alors j'ai lu… C'était l'une des seules activités que ma tante cautionnait… dévorer la bibliothèque de mes ancêtres.

Elle ne voulait pas m'acheter de baguette, même pas une pour enfant. Elle croyait qu'elle serait ainsi à l'abri de moi… mais elle se trompait !

J'ai appris seul à faire de la magie sans baguette ! Elle avait tort de me laisser dans cette bibliothèque, croyant qu'un « enfant » de mon âge trouverait barbant de lire ce genre de livres compliqués.

A neuf ans, je savais invoquer un démon… pas un gros, tout de même…

J'aime bien les démons. Ils sont marrants et surtout, ils sont complètement indépendants.

Libres.

J'aime bien aussi faire de la magie noire, c'est encore plus fort que de peler une orange ou de transformer ma trousse en hérisson. La magie noire a un côté bizarre et insaisissable, un côté grisant et interdit.

Un jour, j'ai regardé le blason de Poudlard, sur ma lettre d'admission… je n'avais jamais réfléchi où je voulais aller. Ma tante avait l'air d'apprécier toutes les maisons, mais, en parlant avec les ladres, j'ai un peu plus saisi ce que la plupart des gens idiots pensaient.

Je n'avais pas envie d'être réparti. Je voulais choisir ma maison, et je voulais la choisir sans penser aux autres, sans réfléchir que mon père était allé à Poudlard et qu'il avait été choisi par l'une de ses maisons. Je ne voulais surtout pas savoir laquelle.

J'ai bien regardé une gravure du blason de Poudlard. Et mon choix s'est imposé à moi.

Le lion, l'aigle et le blaireau… Tous les trois soutenaient l'école, tous les trois semblaient s'investir pour elle. Le félin semblait vouloir la protéger en se dressant prêt à combattre pour elle, l'aigle plantait ses griffes pour y puiser la force pour mieux décoller et le blaireau semblait simplement l'aimer tendrement.

Un seul semblait vraiment libre.

Le Serpent…

Il se dressait, superbe et puissant, sa personne n'empiétait pas sur le sigle de l'école comme pour les autres animaux, il était simplement en retrait, légèrement menaçant. Il ne semblait pas se soucier sérieusement du lion agressif qui semblait vouloir l'épouvanter, griffes acérées et gueule béante pleine de crocs.

En vain…

Il était libre.

Il m'a bien plu.

Ce serpent affichait clairement son indépendance sur tous les autres. Il les tenait même en respect, les gardant à proximité de son venin.

En lisant l'histoire de Poudlard, mon choix s'est confirmé. Je voulais être sous la bannière de Salazar, le seul fondateur qui après avoir érigé l'école, avait planté les autres dans le château et était parti loin.

Voilà, ce que je voudrais faire plus tard… de grandes choses, certes… mais aussi m'en détacher avec superbe pour ensuite passer à autre chose.

Je veux être libre…

Je veux pouvoir être libre. En avoir les moyens. Parvenir à mes fins.

Je serai donc un Serpentard ! Je serai en vert et argent, les Poufsouffles auront peur de moi et les Gryffondors me détesteront – se souvenant de mon père, ce Mangemort.

Je ferai partie de la maison sous le signe de l'eau, et comme cet élément, rien ne m'arrêtera, je m'infiltrerai goutte à goutte et je deviendrai torrent capable, si je le désire, de tout emporter tout sur mon passage, libre de tout détruire!

Mais je rêve aussi d'océan…de calme plénitude bleu-verte.

« A quoi tu penses ? » me demande une voix que je connais par cœur.

« A la mer… » lui répondis-je.

J'ouvre les yeux. Ce dortoir, vert et argent… Des fois… il me pèse. Toute cette eau au dessus de nous. On se sent écrasé.

Nous ne sommes pas si libres que ça à Serpentard, nous sommes plus prisonniers que les autres d'une certaine manière.

Avec le recul, je me dis que ce sont les Poufsouffles les plus libres. Rien ne repose sur leurs épaules, cette image d'imbéciles heureux leur colle à la peau, mais honnêtement, la plupart en jouent ou s'en moquent. On ne leur demande rien, ils n'ont aucune responsabilité, ils peuvent avancer à leur rythme, celui qu'ils veulent. Je les envie… un peu…

Mais ce n'est pas en étant Pouffy que l'on accomplit de grandes choses… Et je souhaite être connu pour mes actions, être toujours plus puissant.

Je suis devenu plus grand – bon, pas si grand que ça. En fait, je suis plutôt petit et malingre, il paraît que ça vient de ma mère. Comment le saurais-je ? Je ne me souviens même plus bien du visage de mon père à présent… Je ne me rappelle… que d'une silhouette, d'une voix et des sensations…

La douleur… Elle je ne l'oublierais jamais.

« Theo ? »

« Oui ? »

« Je t'aime, tu sais ? »

« Je sais… »

Mais c'est bien là le problème…

Aimer… Qu'est-ce que c'est ?

C'est un poids sur l'âme et le cœur, ce sont des responsabilités vis-à-vis de soi et de l'autre… Quand on aime quelqu'un, et que ce quelqu'un vous aime en retours, vous ne vous appartenez plus. Vous n'avez plus le droit de prendre tous les risques, de faire tous les choix, car il y a l'autre à prendre en compte.

Je veux être libre, moi ! Je ne veux pas être dépendant de qui que ce soit ! Les autres, j'ai appris à m'en servir et en plus ils aiment ça… en général.

Je sais que l'on m'aime bien…

Mais lui il m'aime vraiment.

Depuis longtemps, je le sais. Le fait qu'il soit un mec ne m'a pas vraiment choqué, vu que je n'aurais jamais imaginé donner suite à cette histoire.

Mais ça a continué…

Ce n'était pas grand chose, des petites attentions en fait. Des sourires, des caresses, des mots… gentils. Et ses regards… uniques.

Je n'ai jamais compris pourquoi il m'aimait autant, aussi fort, aussi longtemps… et surtout, au point de s'en rendre malade.

Moi qui n'avais jamais rien voulu de tel, j'étais devenu responsable de quelque chose : son bonheur. Il aurait pu m'oublier et cette peine se serait envolée de mon cœur mais je l'en ai empêché…

Pour la première fois j'étais mécontent du pouvoir que j'avais sur une personne…

… et ça a continué…

… et maintenant…

« Et toi ? Tu m'aimes ? »

Je le regarde…

Sa peau est légèrement halée et ses cheveux sont d'un brun très sombre, un peu longs. Ses yeux aussi sont plus foncés que la plupart. Il tient ça de son père Moldu. Tout comme ses vêtements et sa passion pour la musique.

Je me demande souvent ce qui l'a fait atterrir à Serpentard, il devrait avoir une cinquième maison pour des personnes comme lui. Mais je suis fier qu'il soit avec nous.

Je lui souris d'une manière qui le fait fondre. Je ne veux pas qu'il attende de réponse. Je sais que ce sourire lui fera oublier sa question, au moins pour l'instant. Je connais ce qui le tient dans mes mains, j'ai appris à le modeler à mes envies…

Bon d'accord, je l'aime… un peu…

D'accord, je me sens attaché à lui…

Ok, je le désire – enfin… pas tout à fait. Je pense que s'il ne faisait pas le premier pas, je ne serai pas attiré par lui, je ne regarde pas le corps d'un mec de cette façon… quoique… j'ai peut-être appris à aimer regarder le sien… peut être…

Quand je suis dans ses bras, tout est différent. Je me sens réellement apaisé –même si je feins encore un peu. J'aime juste sentir son sourire lorsqu'il croit que je suis calme, bien avec lui. Il croit avoir un pouvoir sur moi que les autres n'ont pas et je le laisse se bercer d'illusions…

Quand il m'embrasse, j'aime ça, quand il me caresse aussi, jusque-là ça va. Je peux aussi le caresser et j'aime ça… un peu… je crois… Je sais qu'il peut m'apporter la satisfaction du corps, mais j'aime en jouer, l'amener plus loin, là où je ne peux plus vraiment simuler…

Et puis… j'ai peur ensuite… panique !

Je le veux, mais ça m'effraye. J'en ai trop envie, mais ça me bloque.

J'ai si peur d'avoir mal… Je ne peux qu'avoir mal.

Avec les filles, ça ne peut pas être douloureux. Une fille… c'est doux, c'est chaud… Je veux bien me laisser faire avec elles… Je n'ai pas peur.

Mais lui, il m'entraîne jusqu'aux bornes du désir et on ne va jamais jusqu'au bout…

Des fois… je me demande si je ne devrais pas tout laisser tomber et aller retrouver une jolie fille. Ça serait tellement plus simple… Plus de peur. Juste la satisfaction de mon corps, frustré de ne pas pouvoir avancer là où je voudrais avec lui…

Juste me libérer…

Mais là… je m'imagine sa douleur dans ses yeux bruns… Je m'imagine le perdre…

Et je ne peux pas…

« Theo ? »

« Mmh, oui ? » minaudai-je.

« Je peux t'embrasser ? »

Il demande toujours quand il veut faire plus. C'est une permission qu'il quémande, un euphémisme pour ne pas heurter ma sensibilité sans doute…

Ma sensibilité… Il doit penser que je vais crier au viol s'il me touche, il pense que je suis si fragile… Il me traite comme une poupée précieuse - la plus précieuse au monde - mais sait-il que le fard sur mes paupières est faux ? Que sa douceur, sa tendresse dont il m'entoure m'énerve ?

Est-ce qu'il croit pouvoir me briser ? Alors qu'on sait très bien ce dont il a envie…

Il ne veut pas m'embrasser, il veut me serrer contre lui, passer ses mains sur mon corps, jusqu'à manquer d'oxygène, jusqu'à voir les étoiles de l'inconscience… Il me demande s'il peut passer sa main sur ma cuisse pour la remonter plus haut, s'il peut passer sa langue sur ma peau, sentir la chaleur monter… Me déshabiller, posséder mon corps au nom de son amour…

C'est ça qu'il veut, un hochement de tête pour une étreinte sensuelle… mais il n'utilise jamais les vrais mots pour ça…

S'ils savaient tous que dans ma tête je ne suis pas l'innocent petit Theo… J'en connais peut-être plus qu'eux sur la question…

Je me demande ce qu'ils diraient si d'un coup je me mettais à leur parler franchement…

Qu'est-ce que tu veux Blaise ? Ecarter mes cuisses ? Vas-y je n'attends que ça depuis tout à l'heure… Tu croyais que je souriais pour le plaisir ? Mets-y plus d'ardeur, je risque de m'endormir…

Hum… Il attend encore sagement ma réponse…

Je rougis et j'acquiesce et il se penche sur moi et commence à m'embrasser doucement.

Je larmoie, un petit piaulement tout mignon, tout breveté. Il doit penser que mon gémissement est un truc timide ou je ne sais quoi, mais en fait, il n'a qu'une seule fonction : lui faire comprendre que j'en veux plus moi aussi. L'attiser un peu plus, l'amener à me toucher plus profondément….

Je me retiens de lui crier dessus pour qu'il me traite moins prudemment… Qu'il soit plus violent, qu'il m'empêche de respirer, me plaque contre un mur… Passe une main fébrile dans mon pantalon, lèche la naissance de mon cou…

Attrape-moi, ose me toucher vraiment, touche moi plus bas…

Mais je ne voudrais pas le bousculer, lui qui s'excuse à chaque silence, je ne veux pas le choquer… Mais, c'est vrai, je veux plus de lui… vraiment lui, en fait.

J'en ai marre qu'il soit si attentionné, sans cesse. Je ne suis pas en sucre, qu'est ce qu'il redoute ? Un accident ? Oups, j'ai cassé Théo ?

Mais lui, est-ce que c'est vraiment moi qu'il aime ou seulement celui que je semble être ?

Je sais qu'il aimerait mieux me connaître, et ce n'est pas comme si je ne me conformais pas à ces attentes... Je réponds toujours à ses questions… Je ne veux pas être prisonnier de mon… intimité ou du passé. Je ne veux pas être un minable traumatisé – parce que ce serait être vraiment faible, et faible, je ne le suis qu'en apparence !

Seulement… Blaise… il ne pose pas vraiment – il n'ose pas me poser- les bonnes questions et… moi… je sais toujours quoi répondre pour rester dans mon parfait petit et mignon personnage.

J'exagère… un peu...

Les mecs de mon dortoir, et surtout lui, finalement, m'ont souvent vu péter sérieusement les plombs. Ils m'ont vu faire des cauchemars la nuit, ils ont vu tant de fois mes yeux virer au rouge sang.

C'est quand je m'énerve… Ma tante en avait peur… elle disait que mes yeux étaient comme ceux de mon père dans ses moments là. Evidemment, ça avait le mérite de me calmer un peu. Mais à Poudlard, personne n'est là pour me rappeler ce détail, alors…

Je joue avec ma langue. Je fais un truc qui le rend fou assez rapidement et c'est lui qui gémit à présent. Il se couche sur moi – pourquoi croit-il que je restais allongé sur mon lit depuis une heure ? Il est long à la détente, quand même… Il ne comprend jamais… Il ne se doute pas…

Je sais qu'il y a des choses que je n'aime pas faire… mais et le reste ? Qu'est-ce qu'il croit ? Je ne sais pas combien de filles j'ai amené dans mon lit, mais il continue à me voir comme cet être fragile et innocent. Ça, ça prouve bien qu'il me connaît mal, non ? Innocent… Je suis loin de l'être, moi…

Je le renverse sur le dos, sous moi. Je me frotte, je l'embrasse. Je passe mes mains sous son sweater noir.

Et oui, je suis capable de prendre le dessus, Blaise. Je suis capable d'échanger les rôles… Prendre le contrôle, te garder sous le mien… Et sourire innocemment…

Il adore me voir ainsi…

« Est ce que tu as verrouillé la porte ? » lui demandé-je.

Il acquiesce avant de murmurer. « Et les autres savent que l'on est tout les deux. »

Alors, ils ne nous dérangeront pas.

Je déboutonne ma chemise, lentement… et le regard noir de Blaise, sous moi, suit chacun de mes mouvements…

Oo0o0oO

« Pansy ! » s'exclama Draco accusateur. « Ça fait des heures que je te cherche ! »

Il avait en effet retourné tout le château en vain, sans trouver la jeune fille. Il était finalement résigné à aller chercher sa chaude cape d'hiver dans sa chambre pour continuer les recherches au dehors, dans le parc parfaitement blanchi par la neige givrée.

Il l'avait finalement retrouvée sous l'un des nombreux porches qui s'ouvrait sur des petites portes presque toute condamnées.

La jeune fille s'était assise contre la pierre glacée et elle s'était recroquevillée sur elle-même, les bras et les jambes repliés contre son corps pour conserver plus de chaleur.

« Idiote. Tu es sortie sans te couvrir en plein hiver. Tu veux tomber malade, c'est ça ? » continua Draco en s'agenouillant devant la préfète des verts et argents.

« Laisse-moi tranquille. » fit la voix de la jeune fille enfouie derrière ses cheveux et ses bras croisés.

« Allez, viens. On rentre. » poursuivit Draco en se saisissant du bras de la jeune fille pour la forcer à se relever.

« Mais laisse-moi tranquille ! » lui hurla-t-elle au nez en redressant son visage en larmes brusquement. « Tu ne comprends pas ! J'en veux pas de tes attentions ! » Elle dégagea son bras avec vigueur et repoussa le jeune homme blond. « Si tu ne me laisses pas, c'est moi qui m'en irai ! » cracha-t-elle furieuse.

« Mais qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu t'en prennes à moi comme ça ! » s'énerva Draco.

« Et j'ai besoin d'avoir de bonnes raisons depuis quand ! » fit-elle en se levant. « T'inquiète pas Dray, tu ne m'as rien fait ! Tu peux te rassurer, t'as rien à te reprocher. »

Son ton laissait pourtant sous-entendre tout le contraire. Elle commençait à s'en aller mais Draco la rattrapa plus durement

« Qu'est-ce que ça veut dire ton attitude ? » demanda-t-il d'un ton menaçant qui ne souffrait aucune réplique.

« C'est simple. » souffla-t-elle en détachant chaque syllabe. « Je ne veux plus être ton amie. C'est fini ! J'en ai soupé de tes grands airs. »

Pansy se débattit un peu plus mais Draco ne relâcha pas sa prise et elle abandonna essoufflée en baissant la tête, honteuse que quelqu'un puisse voir ses larmes.

« Tu te calmes maintenant ! » ordonna le Serpentard plus doucement, en l'attirant contre lui pour que la jeune fille dissimule l'objet de sa honte, en l'entourant de ses bras et de sa cape pour lui donner un peu de chaleur. « Tu te calmes et tu m'expliques ce que tu as. »

Draco sentit Pansy se tendre et se crisper à son contact, puis il sentit les bras de la jeune fille l'enserrer timidement dans son dos sous sa chaude cape. Il la sentit se détendre et enfin se laisser aller contre lui, soupirer et trembler sous ses sanglots. Le jeune homme passait doucement sa main dans les cheveux de la jeune fille pour l'apaiser, il lui murmurait des paroles réconfortantes mais rien n'y faisait, rien ne semblait la consoler.

« Qu'est-ce qui ne va pas, chérie ? » murmura-t-il tendrement au creux de son oreille. « Tu peux tout me dire, non ? Je suis ton meilleur ami, n'est-ce pas ? »

« Alors là… tu es tout ce que tu veux mais tu n'es pas du tout mon meilleur ami. » murmura la voix rauque de Pansy, encore embrumée de larmes.

« Tu me connais mieux que personne et je te connais mieux que… »

« Alors si tu me connais, pourquoi est-ce que tu me fais ça ? »

« Qu'est-ce que… Qu'est-ce que je t'ai fait ? »

« Là, en ce moment par exemple… Pourquoi tu me serres dans tes bras ? »

« Je… Je veux que tu te sentes mieux, Pansy. »

« Et comment crois-tu que je vais me sentir quand tu vas t'en aller pour rejoindre les bras d'un autre - d'un mec - de Potter que tu aimes ! » Draco entendit un autre sanglot. « Pourquoi je continuerais à être une bonne copine alors que je n'ai plus aucun espoir ? »

« Je… » commença Draco en fronçant les sourcils douloureusement, cherchant ses mots avec difficulté pour ne pas faire encore plus de dégâts dans le cœur de son amie. « Je sais ce que tu ressens pour moi, Pansy. Ne crois pas que je fais semblant de ne rien voir, seulement je ne voulais pas répondre à tes attentes. Tu as bien vu comment je traitais les filles avec qui je sortais, tu as bien vu que pour moi ce n'était que des passades qui ne duraient même pas une semaine. Et tu as bien vu comment j'étais avec toi, années après années. Tu es une véritable amie, tu es une amie d'enfance qui m'est précieuse. Je t'aime et tu sais que c'est vrai. Tu sais que j'apprécie ton caractère, ton intelligence et que je te trouve superbe. Mais… »

« Mais ça ne te suffit pas… » acheva Pansy.

« Ce n'est pas ça. Au contraire, c'est juste que tu me combles parfaitement en tant qu'amie. Je sais que j'aurais pu sortir avec toi à tout moment, mais je me connais aussi et je pense que ça aurait tout gâché entre nous. Je sais ce qui est précieux et je n'allais pas gâcher ça… »

« Et bien, on dirait que ça revient au même… » fit Pansy avec un rire un peu hystérique. Elle continua sur un ton qu'elle voulait ferme mais qui n'était que tremblements et trémolos acerbes. « Parce que j'ai pris une décision. Je ne veux plus être ton amie et si je ne peux pas être aimée vraiment de toi, je ne vais pas rester dans tes jambes à crever en te regardant en chérir un autre que tu disais être ton ennemi. Si je veux te sortir de ma tête, il faut bien que je prenne des mesures radicales, Dray. Il le faut… »

Pansy se détacha du corps chaud de Draco et cette fois-ci, il ne la retint pas. Avec un soupir, elle essaya d'humer encore un peu de son odeur pour essayer de le garder un peu en elle. Mais surtout, elle ne le regarda pas dans les yeux. Elle adorait les yeux de Draco, ce gris orageux, ce bleu glacé, et parfois - mais en des occasions extrêmement rares – ce violine si pâle, annonciateur de crises de nerfs particulièrement violentes. Elle aimait ses yeux à tel point qu'elle savait que si elle plongeait en eux une seule fraction de seconde, elle ne pourrait plus se dégager d'eux et elle se sentirait perdue, noyée, à s'en décrocher la mâchoire et en lâcher la bave tellement elle les trouvait magnifiques.

Elle aimait tout en lui, son physique, son charisme, si tranchant. Sa verve, sa mauvaise foi, son côté mauvais garçon. Elle aimait les défauts comme les qualités, elle l'aimait comme on vénérait… sans bornes, sans conditions…

Mais elle voulait changer cela… elle ne savait pas comment faire, parce qu'elle sentait que son amour était viscéral, ancré au plus profond d'elle. Et que… peut-être elle serait plus heureuse en bavant sur lui de loin, en tant qu'amie, qu'en se faisant violence pour aller voir ailleurs.

C'était tellement injuste… Tellement injuste que son seul véritable désir soit inaccessible et un allumeur de première par-dessus le marché.

« Draco ? » demanda-t-elle la voix cassée. Malheureuse à en crever.

« Oui ? » répondit le Serpentard blond qui n'en menait pas large lui non plus.

« Est-ce que… Est-ce que tu pourrais, ne serait-ce que… me… m'embrasser ? Juste une fois, tu comprends ? Juste une seule fois… »

« Je… Je ne peux pas. » tenta Draco sur un ton implorant.

« S'il te plaît. » souffla Pansy en fermant complètement les yeux. « Embrasse-moi comme tu embrasserais Potter… Juste une fois… C'est la dernière chose que je te réclame. »

Draco fit glisser ses deux mains dans les cheveux de Pansy et attira son visage à lui. Il avait fermé les yeux très fort et il pencha tendrement son visage sur la jeune fille pour l'embrasser. Un baiser timide, crispé, douloureux.

Il la sentit secouer la tête négativement alors il entrouvrit sa bouche et lui donna un baiser passionné, un de ses baisers qu'il n'avait donné qu'à une seule personne. Il avait envie de pleurer et son baiser se fit plus sauvage, il sentit Pansy gémir contre lui et il la lâcha brusquement en détournant le regard.

Le jeune homme regretta immédiatement ce qu'il venait de faire. Il n'aurait jamais du embrasser Pansy. Ne venait-il pas à l'instant faire ce qu'il s'était promis de ne jamais donner à la brune ? Un geste de trop, un espoir à lui donner…

Une raison de regretter…

Draco avait peur de lire dans ses yeux ce que son baiser avait pu provoquer en elle… Il avait imaginé que c'était Harry, il s'était dit que… C'était pire.

Il lui avait fait goûté ce qu'elle n'aurait jamais, ce qu'elle ne pouvait même pas espérer obtenir.

Car elle n'était pas Harry.

Il entendit des bruits de pas crissant dans la neige, Pansy s'en allait.

Son esprit refit surface quand un bruit insolite se fit entendre : des battements d'ailes d'oiseau trop distincts, trop proches de lui pour paraître anodins.

Il souleva son regard sur les traces de pas dans la neige et les suivit jusqu'à ce qu'elles disparaissent simplement. Il leva les yeux au ciel, sachant ce qu'il allait y trouver.

La silhouette d'un petit rapace brun qui montait vers le ciel.

Une bouffée de fierté envahit son cœur avant d'être immédiatement submergée par une douleur poignante lorsqu'il eut réalisé ce que cela signifiait.

Pansy ne lui avait même pas dit qu'elle n'avait plus peur de voler au grand air librement. Elle était devenue un véritable animagus à présent, et elle ne le lui avait même pas dit…

Oo0o0oO

Harry était dans son dortoir, recroquevillé sur le rebord de la fenêtre, le visage collé pensivement contre la vitre, observant le parc.

Il regardait un petit rapace décrire de larges et lentes circonvolutions au-dessus de la forêt interdite.

Je me demande ce que fait Draco, pensa-t-il, soupirant et resserrant ses bras contre lui.

Oo0o0oO

Draco restait adossé contre la pierre.

Il n'était pas encore rentré dans la chaleur du château, il ne se pensait pas encore prêt à rabattre sur son visage son précieux masque de Serpentard froid.

De fines larmes coulaient sur ses joues.

Décidément, ces temps-ci… il ne se sentait vraiment pas dans son assiette. Tout le temps nerveux, aux bords de la crise de larmes… sans cesse.

Il se demandait comment allait son père. Il n'osait pas encore aller lui rendre visite et puis Rogue devait sans doute s'occuper de lui mieux qu'il ne l'aurait fait.

Il se faisait beaucoup de soucis pour Pansy : pourvu qu'elle redescende avant de perdre ses forces et de reprendre forme humaine. Pourvu que je ne lui ai pas fait de mal… Pas plus qu'elle n'en avait déjà…

Oo0o0oO

Blaise tenait tendrement son petit Theo tout contre lui. Il caressait sa peau nue, il respiraitson parfum ambré. Il passait sa main dans son dos et dans ses cheveux, doucement.

Il était parfaitement… divinement bien.

En fait… il ne pouvait pas avoir personne plus heureuse que lui en ce monde lorsqu'il tenait le petit corps fin de Theo nu contre le sien.

D'autant plus que ces instants lui apparaissaient si fragiles… aussi fragile que semblait l'être son Theo.

Il n'était pas dupe… Il était un Serpentard, lui aussi, et la naïveté ne faisait pas partie de ses défauts.

Il était au contraire très conscient de la situation, peut-être même plus conscient que Draco lui-même ne l'était.

La guerre était à leur porte… imminente.

Beaucoup allait mourir… certainement parmi eux…

Et s'il était certain d'une chose, c'est qu'il ne tenait pas à voir mourir Theo, quoi qu'il arrive. Il ne le verrait pas mourir. Jamais.

Le reste importait peu finalement…

Puisqu'il avait prit sa décision, il y a si longtemps. Il fallait qu'il s'y tienne.

En attendant, il pressait Theo un peu plus contre lui.


A suivre…
NDA:

Salut, salut les gens ! Est-ce que ça va ? Ce chapitre était hyper dur à écrire! C'est normal, un POV de Theo, c'est la galère, je vous l'assure, mais, heureusement , quelqu'un m'a énormément beaucoup aidé ! Clôtho, merci infiniment à toi. Grâce à ta superbe personne, Theo est absolument magnifique ! Bien mieux que ce que je voulais en faire !

Je suis absolument navré du terrible retard de deux mois pour cette fic – tant, vous ne vous rappelez même plus de l'histoire. Malheureusement, j'ai eut des gros problèmes de bêtas, sniouf. Maintenant, c'est phaine, ma bêta (et aussi Ishtar, mais pas sur celle-là). Merci bicoup phaine, donc, et t'as vu, cette fois ci, pas de majuscule.

J'espère que vous aimez ce chapitre, même s'il est loin d'être tout beau, tout rose. Le baiser de Pansy et Draco m'a été inspiré par le tome 5 de Thorgal, Au-delà des ombres. J'adore cette BD mais je pense sans trop m'avancer que quasiment personne ne doit la lire. Et j'adore ce chapitre, surtout à partir du POV de Theo.

Je vous embrasse, et n'oubliez pas, j'attends avec ferveur vos critiques pour avancer au mieux dans l'histoire. Je vous réponds par le nouveau systeme.

Gros bisous!

Levia

Ps : Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans ce chapitre, le titre recommence à prendre de son sens. Si si, je vous l'assure. Quand Draco dit à Pansy qu'il pourra toujours ramener Harry s'il part trop loin dans un délire magique. Oui, pour le moment ça vous semble obscur, mais je tenais à vous le dire. Voilà, c'est dit… hum… Bon ben je vous laisse, mdr.

PPs : C'est re-moi!Une coupine à moi se lance sur FF, elle est toute nouvelle d'hier et elle s'appelle Nadejda. Allez lire son petit début de fic, Le Rêve Familier, siouplaît. C'est un Drarry. Elle écrit vraiment très bien et en plus elle a un style et des idées qui changent un peu de ce qu'on voit trop souvent. Merci pour elle.

Bisous !