Rappelle-toi


Auteur :
Leviathoune

Bêta : Sinelune et Black Sharne. Merci beaucoup les filles !

Résumé : Harry et Ron ont découvert, dans les archives de la Gazette du Sorcier, le sombre passé de Theodore Nott. Pas aussi sombre - toutefois - que ses pensées.

Pansy ne veux plus jouer le jeux de la simple camarade à présent qu'elle a abandonné tout espoir. C'est la perte d'une amie précieuse pour Draco.

La guerre se fait de plus en plus envahissante, tout comme les pouvoirs de Harry qui tendent vers l'incontrôlable.

C'est la joie, quoi !


Chapitre 20 : La colère sourde des Serpentards.

Ce soir-là, au dîner, Harry fut confronté à une situation tout à fait inédite. Draco n'était nulle part en vue, encore moins à la tête de sa clique d'amis.

Et d'ailleurs, les Serpentards avaient l'air passablement renfrognés de là où il les observait.

Certes, Crabbe avait toujours eu une expression fortement butée, mais cela n'avait jamais été le cas de Zabini d'habitude toujours joyeux ou de Nott qui semblait actuellementatterré.

Parfois des regards de haine convergeaient vers lui mais, la plupart du temps, les verts et argent fixaient une tout autre direction.

Harry remarqua que Ron et Hermione, ainsi qu'une bonne partie des élèves alentour regardaient également vers ce même point.

Il tourna la tête, et découvrit la scène qui mettait les Serpentards si en colère.

A la table des Poufsouffles, Pansy Parkinson était assise entre deux garçons bien connus : le préfet de Serdaigle, Michael Corner, et le préfet de Poufsouffle, Ernie MacMillan.

La jeune fille souriait de toutes ses dents et les deux garçons semblaient aussi enthousiastes l'un que l'autre et en plein dans une discussion qui semblait passionnante. Pansy riait en posant sa main sur le bras d'un des préfets en secouant ses boucles brunes sous le regard médusé des Poufsouffles - surtout de la gente féminine jaune, noir et jalouse.

« Depuis quand un Serpentard mange à une autre table que celle de sa maison ? » demanda Harry interloqué. « Je rêve ou quoi ? »

« Et moi, alors ? » gémit Ron. « Je suis moins intéressant qu'un Poufsouffle ? Je suis préfet aussi ! »

Hermione ne sembla même pas relever la pique et le rouquin soupira, désabusé.

« Draco n'est pas là, Pansy n'est pas pendue à son bras mais en train de flirter avec deux autres préfets et les Serpentards frisent la catatonies tellement ça les enrage… » énuméra Hermione avant de se tourner vers Harry. « Tu sais ce qu'il se passe ? »

« Pourquoi ? Il se passe quelque chose ? » marmonna Harry avec un air boudeur. « Je vois juste qu'elle a fini par comprendre que y'avait pas moyen avec Draco et elle va gratter l'amitié ailleurs. C'est tout et c'est parfait comme ça. »

« Tu es de mauvaise foi, Harry. Si Draco n'est pas là, c'est peut être qu'il y a un problème. » clôtura Hermione, sûr d'elle.

« Tu n'en sais rien de toute façon. » grogna-t-il, exaspéré. « Arrête de faire comme si tu étais dans la tête de chacun, parce que tu ne sais sûrement pas ce que pense Draco en ce moment ! Il est peut être simplement absent parce qu'il est avec son père ! »

Hermione bouda dans son coin. Ron tenta de la consoler mais la jeune fille n'était pas décidée à se faire câliner si facilement.

Harry, tout comme les Serpentards, continua à observer le petit manège de Parkinson avec les deux préfets.

Quand le repas prit fin, elle quitta la grande salle sans même un regard pour ses amis qui se renfrognèrent un peu plus – si cela était possible.

« Bon… » commença Harry. « Apparemment, Parkinson ne viendra pas au cours de ce soir. »

Hermione, à qui Ron donnait des cuillerées de tarte au citron meringué, acquiesça et mangea la bouchée que lui tendait son petit copain.

Harry se demanda si un jour il pourrait faire ce genre de mièvrerie, débile mais tellement adorable, avec Draco devant une foule anonyme. Il en doutait fortement et même si cela se passait en privé. Le Serpentard n'avait pas l'air d'être de ce genre-là. Pourtant Harry pensait en son for intérieur qu'il se pourrait bien que lui en soit.

« Il faut qu'on se prépare pour le cours de l'AD. » fit Harry en se levant de table. « Vous me rejoignez dans la salle commune, je file me changer. »

Hermione hocha distraitement de la tête pendant que Ron picorait délicatement avec sa bouche les quelques miettes qu'elle avait sur le visage.

Harry soupira et laissa ses deux meilleurs amis à leurs occupations. Il se demandait où pouvait bien être Draco. Qu'il soit dans l'appartement carcéral de son père lui semblait peu probable. Le blond lui avait semblé faire comme un blocage face à l'apparence de son paternel. Il n'avait même pas vraiment voulu lui expliquer, il ne voulait plus parler de ça. Comme si, une fois le devoir accompli, il voulait se sortir son existence de la tête. Harry se demandait lui ce qui avait bien pu se passer avec Lucius Malfoy. Il aurait bien aimé le voir, lui aussi. Oh, pas avec Draco. C'était hors de question. Mais en cachette ?

Une idée fleurit dans son esprit depuis longtemps rodé par ce genre de coup tordu. Il courut jusqu'à son dortoir, se jeta à genoux près de son lit et tira vers lui son balai empaqueté.

Il empoigna l'objet et le déballa de son tissu protecteur en vitesse. Puis, il se couvrit de sa cape la plus chaude, mit la carte du maraudeur dans sa poche et se précipita vers la fenêtre qu'il ouvrit à la volée.

Neville entra dans la chambre à ce moment-là et ne fut même pas surpris par son attitude.

« Je fermerai la fenêtre derrière toi. » fit le garçon. « Tape pour que je te réouvre. »

« Heu… oui. » bredouilla Harry, content qu'on ne lui pose pas plus de question.

Il sauta dans le vide et se redressa rapidement, son balai entre ses jambes. Il fonça vers le sommet d'une haute tour crénelé recouvert de neige, sortit de sa poche la carte du maraudeur et exécuta le rituel habituel pour actionner la magie du vieux parchemin.

Lorsqu'il eut repéré le petit nom de Lucius Malfoy sur la carte, il se mit à foncer sur son balai vers une autre tour en comptant les fenêtres pour se positionner au bon étage. Il regarda une nouvelle fois la carte en comparant la position de son propre nom avec celui du père de Draco et vola un peu plus loin, vers une autre fenêtre.

Le choc fut terrible lorsque, à travers la vitre, il vit, en face de lui, l'image altérée de Lucius Malfoy. Son cœur s'emballa si fort, il avait la nette sensation de faire quelque chose de mal, de très mal, et d'avoir été pris sur le fait.

En effet, Lucius Malfoy l'avait parfaitement vu, ses yeux bleu gris - comme ceux de Draco - s'étaient agrandis de stupeur. Il avait posé sa longue main pâle et fine - mais un bien plus grande que celle de Draco - contre la vitre et s'était approché pour mieux le dévisager à son tour.

L'instant sembla se figer et ni l'un ni l'autre ne faisaient ne serait-ce que battre des paupières. Harry détaillait avec intérêt tous ce qui ressemblait de près ou de loin chez cet homme à Draco. Même s'il leur trouva beaucoup de similitudes, il fut plus que content de dénicher quelques différences.

Non, Draco n'avait pas été fait dans le moule exact de celui de son père, comme il le pensait autrefois. Cela n'était que des traits physiques. Même si Draco avait été l'exact clone de Lucius Malfoy, en plus jeune, il lui serait resté sa personnalité. Toutefois, cela rassurait pas mal Harry.

Enfin, le Gryffondor s'enfuit vers sa tour. Il toqua à la fenêtre et Neville se leva de son lit pour lui ouvrir.

« Et bien ! T'es rapide pour t'envoyer en l'air ! » s'amusa le garçon.

« Haha ! Très drôle ! » ironisa Harry en sautant légèrement en bas de la fenêtre – il trouvait ça pourtant vraiment amusant.

Il s'allongea sur son lit en repensant à ce qu'il avait vu de Lucius Malfoy.

Il n'y avait rien qui clochait physiquement, l'homme ne semblait pas avoir été mutilé ou blessé durant sa période carcérale à Azkaban. Il semblait même avoir pu conserver sa longue chevelure et il était à présent habillé dans une tenue plus que correcte pour un prisonnier. Quant à ce qu'il avait vu de son appartement, ça avait l'air plutôt chouette pour une cellule.

Il n'avait pas l'air d'être devenu fou non plus. Il lui avait même semblé que Lucius Malfoy avait perdu toute expression arrogante ou haineuse. Il avait simplement paru surpris puis curieux puis… … … puis vaguement inexpressif.

Etait-ce cela qui dérangeait tant Draco ? Que son père soit devenu si calme, posé, blasé, si peu réactif ? Si indifférent ?

Il était vrai que maintenant qu'il y pensait sérieusement, ce n'était pas une absence d'expression qui aurait dû succéder à la surprise sur le visage de Lucius Malfoy. Il avait été la cause de son emprisonnement et, logiquement, il aurait dû se trouver face à un visage haineux plein de rage et de rancœur et non à ces yeux là, trop pâles, trop calmes.

Harry commençait à percevoir l'ampleur du problème lorsque Ron entra dans le dortoir joyeusement.

« Ben alors Harry ? Tu te changes pas ? Tu vas pas rester en uniformes pour voir ta blondinette quand même ! »

« Oh ça va ! De toute façon, quoique je mette, je m'habille toujours comme une merde pour Draco. » grogna Harry en cherchant tout de même quelque chose de mettable dans son armoire.

OoOoO

La jeune fille était venue des centaines de fois devant cette porte. Sa fonction de préfète l'avait amené à user et abuser de son statut. Ce qui n'était pas pour déplaire à l'homme qui se trouvait derrière cette porte, son directeur de maison.

Elle n'avait pas vraiment songé pouvoir être un jour préfète. Souvent, elle se demandait si elle n'occupait pas ce poste à cause du peu de filles allant à Serpentard.

Elle se rappelait de sa première nuit passée à Poudlard. A cette époque, il y avait bien eu quatre petites filles comme elle dans leur dortoir. Pourtant cela n'avait pas duré plus de deux nuits.

Hélèna Ramos avait passé des heures entières à pleurer et à gémir. Elle était terrorisée d'avoir été envoyée par le choipeau dans cette maison honnie par ses parents. Elle ne pensait qu'à la correction qu'elle recevrait de la part de son père. Père qui était venu le lendemain faire un scandale monstre auprès du directeur.

Dumbledore n'avait cédé en rien. Depuis des siècles, le choipeau répartissait et il était impossible de revenir sur une telle décision.

Pansy avait souvent pensé que ce système des maisons n'était qu'une vaste hypocrisie.

Il ne pouvait pas y avoir exactement cinq garçons et cinq filles pour chaque maison. Il ne pouvait y avoir exactement quarante nouveaux enfants sorciers année après année. Parfois, il y en avait plus, souvent il y en avait moins. Et cette année-là, la cession penchait vers le moins. Normal, étant donné l'époque où ils avaient été conçus… Les années suivantes étaient nettement mieux fournies.

A Serpentard, il n'y avait donc eu cette année-là que quatre filles, trois garçons à Poufsouffle et chez les Serdaigles, ils étaient huit en tout, quatre et quatre. Evidemment, Gryffondor, la maison favorite de tous et depuis toujours était, comme par hasard, la plus remplie.

Donc, elle en déduisait que le choipeau répartissait les élèves simplement le plus équitablement possible, point ! Si une vingtaine d'élèves étaient de gentils bambins, ils n'iraient pas tous forcement à Poufsouffle pour autant.

Jamais elle n'avait pensé être spécialement rusée ou ambitieuse, par contre ses parents voulaient pour elle qu'elle possède toutes ses qualités et, comme par hasard encore une fois, son sang pur et le passé de sa famille coulant dans ses veines l'avaient emmenée ici, à Serpentard. Comme si c'était dans l'ordre des choses finalement.

Mais qu'elle ait été une petite fille relativement désobéissante et casse-pieds ne montrait en rien qu'elle était maligne, roublarde, etc… Et c'était pareil pour Vincent et Gregory, surtout Gregory, car si Vincent était aussi renfermé et bougon qu'un vieux molosse aigri, Gregory par contre était un exemple de bonne humeur qui collait bien peu à l'image des cachots sordides de Serpentard. Et leur dévotion pour Draco et leur groupe tenait franchement du code d'honneur chevaleresque. Elle les aimait…

Peut être que le choipeau répartissait en fonction des affinités, finalement. Cela aurait été moins hypocrite de dire les choses ainsi.

Elle avait toujours ressenti un profond sentiment d'injustice, mais il n'était pas dirigé vers sa maison, plutôt vers la façon dont les gens les percevaient elle et les autres. Et finalement, elle avait été façonnée par la force des choses et elle était devenue une Serpentarde, une vrai… Et elle supposait que cela était le cas pour tous, toutes maisons confondues.

Hélène Ramos avait été enlevée presque immédiatement de Serpentard – donc de Poudlard – et, des années plus tard, lorsque Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était officiellement revenu, Silice Amber avait aussi été retirée de l'école par ses parents. Pansy avait pleuré de rage ce jour-là, Silice avait été sa meilleure amie, la seule. Et elle allait rester avec, pour seule compagnie de chambrée, cette rabat-joie de Millicent Bulstrode! Elle aimait bien Milli mais elle n'avait jamais été du genre à parler de mecs, de maquillage, de fringues et de ce genre de conneries. Milli n'avait de féminin que son opulente poitrine, point !

En cette période, quelques autres élèves étaient partis, de toutes les cessions confondues, mais il n'y avait que dans le dortoir de Pansy où il ne restait plus que deux malheureuses élèves.

Ses parents étaient le genre de sangs-purs ayant fricoté par le passé avec les mages noirs. Ils savaient très bien que leur fille était bien plus en sécurité à Poudlard que nulle part ailleurs.

Quant à Milicent, ses parents étaient des Moldus avec des ennuis financiers par-dessus la tête et une nombreuse marmaille à nourrir. Aussi, sa place à Poudlard était on ne peut plus rêvée et d'ailleurs, Mili ne les avaient, sans doute, même pas mis au courant de ce qui se tramait dans le monde sorcier – c'était bien son genre, en tout cas.

Un jour, Pansy avait fait part de ses craintes à ses amis. Oh, pas à Draco bien sûr. Elle ne lui confiait que peu de choses sur elle. Le garçon lui aurait ri au nez en lui assenant un retentissant : « Et depuis quand ta vie m'intéresse-t-elle ? ». Elle exagérait, mais elle était dans une période où elle voyait Draco de façon très peu nuancée. Pour l'heure, il était complètement immergé dans la catégorie gros connard de base.

Donc, un jour Pansy s'était confiée à Vincent et Grégory. A eux, elle leur disaient tout. Normal, ces deux-là étaient depuis toujours dans la catégorie sexuellement inoffensif. Vouer un culte à Draco Malfoy n'avait pas que des désagréments car jamais aucun Serpentard n'avait osé lui faire des avances, ni aucun mec tout court d'ailleurs. Tout le monde pensait qu'elle sortait avec Dray depuis sa quatrième année, pff…

Ce n'est pas qu'elle s'en plaignait, elle en avait été ravie. Mais à présent les choses avaient bien changé.

Donc, à Greg et Vince, elle leur avait dit, ce jour-là, à quel point elle craignait d'avoir été choisie par défaut pour son poste de préfète.

Ils l'avaient rassuré à leur manière. Ils lui avaient dit qu'elle n'arriverait jamais à la cheville de Granger et qu'elle ne pourrait jamais devenir préfète en chef, puisque ce serait Draco qui le serait. Mais que, sinon, à part ça, elle faisait une préfète absolument parfaite.

Mais quel tact ! Elle avait boudé longtemps après cela et enlevé bon nombre de points aux autres maisons pour se défouler.

Quoi qu'il en soit, elle avait été une préfète plutôt active. Et donc, elle connaissait bien cette porte devant laquelle elle était perdue dans ses pensées depuis presque une demi heure. Elle y avait emmené bon nombre de garnements.

Pourtant, à présent, elle hésitait à taper à cette porte. Ce qu'elle avait à dire lui faisait peur, elle n'avait pas encore assez de courage.

OoOoO

Lorsque Draco arriva enfin dans la salle sur demande, tout le monde était déjà là, assis sur des poufs et des canapés, et l'attendaient. Tout le monde… sauf Pansy.

Dès le premier coup d'œil, il su que les Serpentards étaient en rogne contre lui.

Ils ne le montreraient pas, évidemment… pas tout de suite. Ils ne feraient jamais ça devant les autres. Mais cela se voyait dans leurs manières de se tenir, dans leurs expressions.

Greg et Vince se soutenaient, en retrait, dos à dos l'un à l'autre, les bras croisés sur leurs poitrines, les sourcils froncés, évitant soigneusement son regard. Blaise tenait dans ses bras le petit Theo, l'ignorant complètement. Theodore le regardait avec des yeux attristés et c'était bien pire que s'ils avaient été lourds de reproche. Seul Millicent le fusillait vraiment d'un regard noir – aussi noir que ces yeux bleus le permettaient.

« Il manque Parkinson. » remarqua Hermione. « Elle n'était pas avec toi ? »

Draco soupira. Mais qui espérait-elle tromper avec ses questions innocentes ?

« Elle ne viendra pas. » assena-t-il fermement.

Beaucoup le regardait sans comprendre.

« Mais pourquoi ? » couina Aeris Fairygine pendant que sa sœur Sylphine se retournait brusquement vers Draco. Les jumelles de Serdaigle s'étaient prises d'affection pour la préfète de Serpentard qui leur avait appris pas mal de sorts.

Harry aussi le regardait bizarrement, comme s'il se doutait vaguement de quelque chose.

« L'explication ne vous regarde tout simplement pas. » continua Draco en dévisageant particulièrement Harry. « Commençons l'entraînement, plutôt. Ce sont les derniers que nous donnons, alors ne perdons plus de temps. » termina-t-il en regardant les membres de l'AD un à un et, notamment, Harry et Hermione.

OoOoO

Le cours se passa à peu près comme tous les autres auparavant.

Les Serpentards alliés aux Gryffondors enseignaient autant qu'ils le pouvaient à l'équipe de jeunes sorciers.

Draco et Vincent entraînaient plus particulièrement Harry. Et comme à chaque fois, le pouvoir du Gryffondor augmentait d'une manière alarmante. Il apprenait chaque sort avant même qu'on lui en fasse la description. Parfois, et cela frisait la science-fiction, il semblait lire directement dans les esprits des Serpentards pour comprendre leur technique.

Au fur et à mesure qu'il se mettait dans cet état, il devenait comme ivre de magie. Il était alors capable de faire des choses étonnantes. Comme pratiquer l'Occlumencie tel un maître. Il pouvait lire dans les esprits naturellement et bloquer le sien comme si… il n'avait plus d'esprit…

Comme la précédente fois, et les fois d'avant, les membres de l'ordre s'arrêtèrent bien vite pour contempler le monstre de puissance qu'était devenu Harry à l'œuvre.

Il était si magnifique, si éthéré et à la fois inébranlable. Il était effrayant mais il paraissait tellement ubiquiste, il envahissait littéralement la salle de son aura.

La magie irradiait de lui, visible, palpable, lourde, capiteuse, respirable…

Il suffisait de le regarder pour devenir à son tour confiant à l'extrême, ivre de magie.

Comme devenu fou, il invectivait les autres à venir l'affronter. Il se moquait d'eux et les provoquait.

Gregory se joignit à ses amis, mais cela était loin d'être suffisant et Harry riait tant il était facile de repousser leurs attaques.

Et il en réclamait toujours plus ! Cela ne semblait jamais suffisant, il paraissait même frustré.

« Même tous ensemble contre moi, vous n'êtes pas de taille. » Et il riait, il s'esclaffait tandis que Blaise se joignit de la partie avec une Hermione craintive.

Ron se rallia également à eux, enthousiaste, et bientôt tout l'ordre s'était placé en cercle autour de Harry en envoyant des sorts sur lui.

Ce n'était pas un combat. Pas du tout.

Chacun lançait ses sorts les plus puissants et Harry testait un nouveau sortilège qu'il semblait venir d'inventer.

Un professeur ou même une personne sensée rester extérieure à la scène les aurait pris pour des fous. Le jeu semblait bien trop dangereux. Pourtant plus aucun d'eux ne semblait vraiment conscient, personne n'envisageait seulement l'éventualité que Harry pouvait être blessé et mourir sous leurs sorts. Pas même Hermione, Ron ou Draco.

Harry arrêta sa danse et ses rires pour mettre en application une idée qui venait d'effleurer son esprit étrange. Il leva les mains à hauteur de sa poitrine, semblant enserrer quelque chose. C'était comme s'il tenait une sorte de ballon énorme et invisible. Un ballon qui grossissait et manquait de lui échapper.

Sauf que… au lieu d'une balle… entre ses mains se formait une boule d'énergie crépitante.

Chaque sort qui était prononcé par les membres de l'AD fusait vers lui puis était dévié par une force émanant de lui et alimentait cette espèce de sphère qu'il maintenait magiquement entre ses mains.

Si elle avait d'abord eut la taille d'un souaffle, à présent, elle devait bien faire deux bons mètres de diamètre.

Harry la maintenait en l'air sans effort, comme si elle reposait sur un seul de ces doigts – ou plutôt, à quelques centimètres au-dessus de son index.

« Pourquoi vous êtes-vous arrêtés ? » demanda-t-il, contrarié, tandis que tous regardaient la scène presque religieusement.

« Harry ? » risqua Hermione, tentant de se sortir de sa fascination. «Tu comptes en faire quoi maintenant? »

Harry était envoûté par sa propre puissance mais il n'était pas le seul. Tous regardaient la boule de magie, amalgame de sorts de magie noire ou blanche qui s'entremêlaient dans d'hypnotiques contorsions, parcourue d'éclairs multicolores grésillants et jetant des reflets de lumière aqueuse sur le sol, les visages et les murs.

« Harry ? » demanda Draco. « Est ce que tu arriverais à… l'absorber ? »

« C'est facile. » fit le Gryffondor d'une voix lointaine venant de son état hypnotique. Il écarta les doigts et plaça ses mains en coupe sous la sphère. Elle sembla se liquéfier et être aspirée par ses mains. Elle diminua puis disparut totalement en quelques secondes.

Il n'y avait plus de lumière, plus de bruit, plus rien. Juste Harry, debout. Encore plongé dans son état de torpeur étrange.

Draco se dirigea vers lui et, sans hésiter, il l'enlaça et l'embrassa.

Harry reprit conscience aussitôt et rendit étreinte et baiser au Serpentard.

C'était la première fois que tous dans la salle les voyaient aussi démonstratifs et certains furent stupéfaits, voir contrariés, par la vue des deux garçons en train de s'embrasser passionnément – Theo et Blaise ne s'embrassaient quasiment jamais, ils ne faisaient que se blottirent l'un contre l'autre.

En tout cas, une chose était sûre : le charme était rompu.

« Bon sang Harry, c'était fabuleux ce que tu as fait ! » gémissait Draco contre la bouche du Gryffondor. Il se saisit de ses cheveux et le recula un peu pour lui parler. Il venait de poser son front contre le sien, ils se regardaient dans les yeux l'un de l'autre et Harry était un peu essoufflé mais ravi de tant d'attention de la part du Serpentard. « C'était mythique… légendaire ! »

Ils se remirent à s'embrasser mais Ron les interrompit en arrachant Harry des bras de Drago en le serrant contre lui à son tour, les larmes aux yeux.

« Harry… Je n'avais jamais vu quelque chose de si beau. » murmura-t-il à son oreille avant de se détacher trop ému sous le regard choqué de Hermione qui se disait qu'il y avait décidément quelque chose d'étrange là-dessous et qu'elle ferait bien mieux de filer à la bibliothèque pour faire des recherches sur ce phénomène.

Peu à peu, la salle sur demande s'emplit d'un brouhaha intense et tous se jetaient sur Harry pour lui faire des tapes dans le dos, le caresser comme une relique, lui dire ô combien il avait été merveilleux, incroyable…

Harry se passa la main dans les cheveux avec son air gêné et modeste. En fait, il était tout bonnement ennuyé : il ne se rappelait strictement de rien, ou presque.

Tout était confus, comme s'il avait été spectateur d'un rêve flou. Il ne se rappelait que de la magie et du bonheur de se sentir vraiment libre.

Oh bien sûr, il se souvenait parfaitement de la voix de Draco, de sa bouche qui l'embrassait et le complimentait, de ses bras qui l'enlaçaient… et d'ailleurs, il n'avait qu'une seule envie : que le cours se termine le plus rapidement possible pour qu'il se retrouve enfin en tête-à-tête avec le Serpentard.

Harry était tellement en manque d'affection qu'il pensa pendant un bon moment à laisser là ses amis s'occuper des jeunes recrues pour entraîner Draco à sa suite, dans un couloir sombre et désert pour le câliner amoureusement.

Heureusement, cela se passa à peu près selon ses volontés. Le petit quelque chose qui n'allait pas chez les Serpentards influa grandement sur la soirée et rapidement le cours toucha à sa fin. S'il avait vaguement remarqué que Draco était quelque peu fatigué et abattu, il était indéniable que Crabbe était sur les nerfs. Il s'était complètement déchaîné sur lui, tout à l'heure. Il lui avait jeté sort sur sort, ça il s'en souvenait encore. Il les avait tous repoussés, la magie l'avait envahi, et à partir de cet instant il ne se souvenait plus vraiment…

Et maintenant qu'il y regardait de plus près, tous les verts et argent – mis à part Theodore Nott - semblaient avoir une beuglante coincée dans la gorge et passaient leur énervement sur les membres de l'AD.

La fin du cours fut donc un soulagement pour tous et, sans demander leur reste, les élèves s'enfuirent vers leur dortoir respectif.

Il ne restait plus que les Serpentards qui semblaient impatients que Harry et ses amis s'en aillent. Hermione et Ron ne cherchèrent même pas à comprendre et quittèrent la salle en faisant signe à Harry de les suivre.

Le Survivant était bien contrarié. Lui ce qu'il voulait c'était prendre SON Serpentard personnel sous le bras et s'enfuir loin de la salle sur demande. Mais c'est lorsque Goyle lui lança un regard noir, un regard qui signalait clairement : « Tu es de trop, casse toi ! » qu'il comprit que c'était contre Draco que ses amis en avait.

Cela le choqua tellement qu'il ne bougea pas et que Crabbe le poussa quasiment vers la porte avec ses mains énormes – c'était bien simple, seul Hagrid avait des mains plus grosses que ça.

« C'est bon, Harry. Si tu veux, attends-moi. On n'en a pas pour longtemps. » lui dit Draco sans se tourner vers lui.

Harry quitta la salle en soupirant.

Merlin, Draco se faire engueuler par ses sbires ! La situation est surréaliste ! se dit Harry en se calant contre une fenêtre en ogive non loin du mur dissimulant la salle sur demande.

OoOoO

Draco se tenait fièrement devant ses amis. Il les toisait et les défiait de le rabrouer.

Pourtant, ils étaient bien trop furieux pour se sentir intimidés.

« T'as merdé, Malfoy. » commença Gregory.

« Sur toute la ligne. » grogna Vincent.

« Ah oui ! Vous ne savez même pas de quoi vous parlez ! » s'emporta Draco, directement.

« On s'en branle du pourquoi du comment ! » attaqua Blaise. « Seul le résultat compte, n'est ce pas ! Est-ce que tu sais au moins ce qu'elle est en train de faire en ce moment même ! »

Millicent était appuyée contre un mur, les bras croisés sur la poitrine, son regard bleu acide et parfaitement meurtrier braqué sur lui.

« Non, je n'en sais rien. » avoua Draco. « Mais à vous écouter, on dirait qu'elle est en haut de la tour d'astronomie à deux doigts de s'y jeter ! Vous la sous-estimez si vous la croyez capable de faire ce genre de conneries ! »

« Tu crois ça ? » articula froidement Vincent. « C'est pourtant quelque chose de bien plus dangereux qu'elle s'apprête à faire ! Juste pour te le faire payer en te faisant culpabiliser à mort. »

« Et rien ne la fera revenir sur sa parole. » soupira Theo tristement. « Elle nous l'a dit tout à l'heure. Elle nous a dit qu'à moins de lui jeter des sorts d'attaches jusqu'à ce que les temps se calment, rien ne l'en empêcherait. »

« Et tu sais bien à quel point elle peut être une petite salope teigneuse quand elle s'y met ! » grogna Mili.

« Je suis sûr qu'elle a dit ces conneries simplement pour vous effrayer et que vous m'en vouliez ensuite. Que voulez-vous qu'elle fasse ! »

« A l'heure qu'il est, elle doit déjà être dans le bureau de Rogue à lui proposer ses services. » poursuivit Theo, calmement.

Draco éclata de rire.

« Et alors ! Qu'est-ce que Rogue en à faire des services d'une étudiante à la con ! »

« Peut-être qu'il n'a aucune utilité de l'étudiante… » murmura Theo – il était le seul à pouvoir parler tant les autres s'étouffaient de rage. « … mais de l'animagus, de l'animal capable de voler tout en étant doué de pensée… lui, il se pourrait bien qu'ils en aient besoin. »

« Non… » murmura Draco soudainement inquiet. « Ils ne feraient pas ça. Elle est trop jeune pour qu'ils l'utilisent. »

« Ils t'ont bien utilisé toi ! Ils utilisent bien Potter depuis toujours ! Pourquoi pas elle ? » se lamenta Gregory.

« Et si elle mourait… Draco, et si elle mourait à cause de cela ? » souffla Vincent de façon presque inaudible.

Draco le dévisagea horrifié.

Alors… ce serait entièrement de ma faute. Cette garce l'a fait exprès… pour me le faire payer, se dit-il.

OoOoO

Dans le bureau de Severus Rogue, Pansy Parkinson, venait de faire un discours qui – bien que fort joliment développé – n'arrivait pas à convaincre outre mesure son directeur de maison de la prendre au sérieux. Aussi, venait-elle de se transformer sous sa forme animagus.

Le petit rapace se tenait tout en griffes et en plumes sur le dossier de la chaise en face du bureau et lança un cri aiguë pour défier l'homme de trouver à redire sur un sujet, quel qu'il fut.

« Un faucon… » murmura le professeur de potion après un long silence. « Je vous félicite Miss Parkinson, c'est un assez noble animal et très pratique. Vous pouvez vous retransformer, j'ai des questions à vous poser. »

OoOoO

Harry vit Draco sortir en trombe de la salle sur demande et partir en courant. Il le suivit en le houspillant.

« Hé ! Mais qu'est ce qu'il se passe ? »

« C'est bon Harry ! Plus tard ! Tu vois bien que j'ai pas le temps là ! »

Autant parler à un sourd, Harry continua à suivre le Serpentard comme son ombre.

« Je peux savoir où on va comme ça, au moins ? » demanda-t-il, essoufflé, entre deux foulées.

« On va chez ce pourri de Rogue ! » hurla Draco.

Houla…

Harry se la ferma pendant tout le reste du trajet.

OoOoO

« Oui. » acquiesça Pansy. « Je peux maintenir la transformation des heures durant et je sais utiliser les courants ascendants pour voler en m'économisant. Je ne dis pas que je n'ai plus rien à apprendre, mais je maîtrise plutôt bien ma transformation. »

Rogue l'observait de façon soutenue, cherchant à la percer à jour. Son menton reposait sur ses doigts emmêlés et ses cheveux tombaient devant ses yeux.

Il était effrayant mais la préfète avait l'habitude de ce genre d'examen.

« Tout cela me semble fort intéressant mais, animagus faucon ou pas, vous ne nous serez d'aucune utilité si votre volonté et votre détermination fléchissaient. Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre soudaine motivation. »

Pansy allait répondre la tirade exacte qu'elle avait préparé plus tôt dans la journée lorsque Draco fit irruption dans le bureau de Rogue.

Il semblait furieux, il était décoiffé et essoufflé mais malgré cela il n'avait pas perdu sa langue.

« Professeur Rogue. Vous ne pouvez pas donner foi à ce qu'elle a bien pu vous dire ! » commença-t-il en montrant Pansy du doigt.

« Draco, on frappe avant d'entrer. » grogna le directeur de maison de Serpentard. « Serait-ce de tant traîner avec Potter qui vous donne ce genre de mauvaise habitude ? »

Draco rougit et Pansy eut un sourire mauvais mais il ne se laissa pas décontenancer pour autant.

« Il y a à peine moins d'un mois, elle n'osait pas voler au grand air ! Elle tenait des transformations d'une demi-heure à peine. Et vous voudriez lui faire confiance pour des missions ? »

Rogue se tourna vers Pansy en soulevant un sourcil dubitatif. Evidemment, elle avait négligé certains détails.

« C'est vrai. » commença-t-elle. « Il y a moins d'un mois, j'avais peur de voler car je ne tenais pas très longtemps mes transformations. Mais maintenant je pourrais tenir des jours et des jours sans redevenir normale ! »

Elle fusilla Draco du regard et il le lui rendit bien.

« Je suis sûr que c'est faux. Personne ne peut faire autant de progrès si rapidement sans que ses camarades ne le remarquent. » la rabroua Draco. « Et Merlin sait que nous sommes observateurs à Serpentard ! »

« Je ne suis pas Potter, je peux progresser sans mettre tout le monde magique au courant ! » s'impatienta-t-elle. « Il me semble qu'à Serpentard, on peut aussi posséder la discrétion comme qualité ! »

« Ça suffit ! » tonna Rogue. « Sortez tout les deux ! Vous me faites perdre mon temps ! »

Draco sourit hargneusement à son tour à Pansy et ils sortirent du bureau dans un calme apparent absolument polaire.

Lorsque Pansy eut fermé la porte, elle fit quelques pas pour s'en éloigner. Elle vit Harry qui attendait Draco appuyé contre un mur et elle le fusilla du regard. Elle continua à marcher jusqu'à être suffisamment loin du bureau de Rogue puis fit volte face brusquement

« Je n'ai pas dit mon dernier mot ! » gronda-t-elle, menaçante, face à Draco.

« Pansy, si tu m'en veux, tu n'as qu'à t'en prendre à moi et… » commença Draco.

Elle lui décocha une gifle monumentale qui laissa Harry et Draco avec des yeux grands ouverts comme des soucoupes.

« Un peu comme ça ? » minauda la jeune fille en défiant Harry de dire quoi que ce soit.

Draco se frotta la joue, les sourcils froncés de contrariété.

« Malfoy… C'est toi qui nous a tous fait entrer si activement dans cette guerre en définitive. Ne fais pas l'hypocrite en voulant m'empêcher de… voler de mes propres ailes. » Elle mima le geste de voler avec une expression méprisante.

« Non ! Tu sais bien que ça n'a rien à voir ! » assena Draco en la menaçant du doigt – il n'avait pas du tout aimé qu'elle l'appelle par son nom de famille. « Dans le cercle de pierre, même en plein cœur de l'apocalypse, nous aurions été en sécurité ! Et tu le sais parfaitement ! »

Pansy haussa des épaules.

« Bien sûr que non ! Si les forces de Tu-Sais-Qui sont au-delà de tout, elles pourront facilement reprendre StoneHenge et tous vous abattre. »

Draco s'apprêta à dire quelque chose puis il se tut. Il hésita et se reprit : « C'est vrai. Il n'empêche que ce n'est pas à une gamine de ton genre qu'on va confier le rôle de compter un troupeau de Mangemorts ! »

« Et pourquoi pas ? Les crois-tu capables de ne pas utiliser un atout s'ils en ont un en poche ? » susurra Pansy. « Tu sais bien que les animaux sont des êtres passe-partout. Même Tu-Sais-Qui ne peut pas se méfier de toutes les corneilles, de tous les rats et charognards qu'il entraîne dans son sillage de mort. »

« Peut-être bien ! Mais de toute façon, je t'ai grillé sur ce coup là. Rogue ne te fera plus confiance ! Il sait que tu fais ça pour te venger de moi. Il a compris ! » harangua Dray en l'attrapant par les épaules, lui faisant presque mal. « Alors tu arrêter de faire ta mijaurée et… »

« C'est ce qu'on verra ! Je saurai bien me montrer suffisamment motivée ! » cria Pansy en donnant une tape dans le bras de Draco pour se dégager.

Sur ses paroles, la jeune fille leur tourna le dos et partit vivement vers son dortoir dans les cachots.

Draco resta longtemps les bras ballants à contempler l'endroit où son amie avait disparu. Ça lui faisait vraiment bizarre de ne plus avoir aucune autorité sur elle.

Au bout d'un moment, Harry vient l'enlacer doucement par derrière. Il se glissa devant lui et lui caressa la joue.

« Woa, elle n'y est pas allé de main morte. » bougonna-t-il en constatant la rougeur en forme de main sur la joue de son petit ami. « Elle fait ça… parce que… parce que toi et moi, on… »

Draco acquiesça tristement.

« Et si elle veut prendre des risques… » reprit Harry. « Tu penses vraiment que c'est juste pour te faire de la peine ? A toi et aux autres ? Je comprends mieux pourquoi ils étaient si énervés… Je ne sais pas ce que je ferais si Hermione ou Ron décidaient de faire cavalier seul. »

« Je ne sais pas trop si elle fait ça seulement pour nous mettre en rage… » avoua Draco penaud au bout d'un moment. « C'est en tout cas ce qu'elle a dit et ça fonctionne très bien. »

Il prit Harry dans ses bras et blottit son visage dans son cou.

« Tout cela me fatigue… » soupira-t-il.

« Tu… Tu ne vas pas me laisser ? » implora Harry doucement.

« Tu dis ça dans quel sens ? » demanda Draco doucement. Comme il n'obtenait pas de réponse, il poursuivit : « J'ai mal agi envers l'éthique Serpentaresque, j'ai bafoué mes propres règles. J'ai quasiment détruit notre groupe en me la coulant douce avec toi pendant des heures et des heures. J'ai trahi la confiance de certains de mes amis en tombant amoureux de toi. Toi, qu'ils pensaient être mon ennemi juré parce que je le leur rabâchais à longueur de journée. J'ai fait beaucoup de mal à Pansy et elle ne veut même plus traîner avec les autres maintenant. Je les ai délaissés par amour pour toi, j'ai changé par amour pour toi. Pansy a raison : si je les ai impliqués dans cette merde, où je me targuais de ne pas vouloir prendre parti, c'est… pour toi. C'est atroce, n'est-ce pas ? Et tu penses que je pourrais te laisser, Harry ? Mais tu ne comprends pas… je suis accro à toi. »

Harry, à ses mots, le serra encore plus fort contre lui.

« Pardon. » murmura-t-il.

« C'est pas ta faute. » lui répondit Draco contre son cou en lui caressant le dos doucement. « Et c'est la faute de personne. C'est comme ça, c'est tout… »

OoOoO

Les deux garçons restèrent longtemps encore enlacés l'un contre l'autre, comme cela, au beau milieu du couloir.

Miss Teigne vint les déranger en miaulant lamentablement de sa voix rauque et Draco entraîna Harry à sa suite vers sa chambre de préfet.

OoOoO

Cette nuit-là, ils ne firent pas l'amour tant ils étaient épuisés physiquement et émotionnellement.

Ils restèrent simplement accrochés l'un à l'autre pendant toute la nuit, lovés comme deux petits animaux en quête de chaleur et de tendresse.

L'un blond blanc, l'autre brun… ils ne semblaient plus faire qu'un.


A suivre…

NDA :
J'ai eu un peu de mal à écrire sur cette fic, cette fois ci. C'est un peu un chapitre de transition et il me semble trop fragmentaire. J'espère toutefois que l'histoire avance suffisamment à votre goût et qu'elle vous plait toujours autant. Les choses sérieuses se profilent de plus en plus à l'horizon. Toutefois, il reste encore une dizaine de chapitres environ, je pense. C'est fic est donc loin d'être fini ! Cela vous convient-il ?

Je vous fais de gros bisous et fonce écrire la suite de Chimeria Obsessionnal, vous savez ma co-écriture avec mon copain, la fic où Harry découvre les secrets d'un Draco complètement pervers et obnubilé par sa personne.

Alors bisous !

Levia.