Auteur : Leviathoune

Bêta : Sinelune, la plus gentille (même que je suis jalouse que tout le monde l'aime !)

Résumé : Les quatre statues des fondateurs ont réussi à faire taire leurs différents pour défendre Poudlard contre l'attaque des Mangemorts puis, ils ont disparus... Harry est resté plongé dans un sommeil étrange durant une semaine à l'infirmerie, seul des bribes d'un rêve étrange le taraudent – il sait qu'il a fait quelque chose de mal en laissant place à l'Elu. La bataille de Stonehenge aura lieu dans six jours…

RAPPELLE-TOI, Chapitre 25 : En attendant de se mélanger…

Draco et Harry avaient dormi ensemble, enlacés…

Puis Ron était venu les réveiller, non sans réticence, et ils avaient tous dû se rendre à la grande salle pour le repas du soir.

Le blond Préfet en Chef s'était dirigé vers la table des Serpentard, le Survivant vers celle des Griffondors, et tous deux affichaient un air passablement endormi et morose.

De son côté, Draco devait toujours être confronté à un groupe qui le battait froid.

Bien sûr, ils étaient heureux que tous soient vivants et en bonne santé mais, à cause de son inconscience et de ses mensonges, Draco avait eut le ventre brulé, en sang, et Pansy s'était faite déboîter l'épaule, casser le bras. Pire que tout, elle avait failli à la mission que Rogue lui avait confiée et maintenant, le Maître des Potions avait une très bonne raison pour repousser ses avances – même si de cela, le groupe était plutôt rassuré.

Elle leur avait tout raconté avec discrétion et hargne, et ce dans les moindres détails. Comment elle avait trouvé Draco perdu sur son balai au-dessus de la forêt interdite. Comment, en redevenant humaine, la bague avait été brisée, attestant la faillite de sa mission. Comment elle avait perdu la lettre dans la bagarre de la forêt interdite et surtout… comment elle avait assisté au quasi viol de Draco…

Maintenant, plus aucun de ses amis ne cautionnait le fait qu'il sorte encore avec ce schizophrène d'Harry Potter – mais avaient-ils tort de penser cela ?

Toutefois, ils se gardaient bien de le lui dire ou même de lui jeter des regards appuyés ou lourds de reproches.

Comme à leur habitude…

Ils restaient ensemble. Mais chacun savait ce que pensaient les autres à propos de tout ça…

Seul Pansy se permettait de mépriser Draco, de l'ignorer et de l'éviter comme la peste parce qu'elle avait une excuse en béton avec elle : tout Poudlard pensait qu'elle était une amoureuse déçue car tous savait à peu près que Draco et Harry étaient ensemble et que c'était une raison tout à fait valable de lui en vouloir.

Mais Pansy était bien plus déçue qu'une amoureuse éplorée…

Elle avait idéalisé le jeune Malfoy depuis tant d'années qu'elle ne supportait pas d'avoir vu ses illusions se briser…

Il lui avait menti, il l'avait délibérément mise en danger et puis… il lui avait paru tellement faible…

Elle ne savait pas si elle pourrait s'en remettre, si elle pourrait lui pardonner un jour, si même elle en avait seulement l'envie.

A la place de son amour pour lui, un grand vide s'était formé et, pour l'heure, elle le comblait comme elle le pouvait.

OoOoO

Du côté des rouges et or, les frères Crivey s'était rapproché d'Harry avec l'enthousiasme qui les caractérisait.

« Harry ? » demanda Colin, fébrile. « J'ai quelque chose à te montrer… Je l'ai fait spécialement pour toi et j'ai mis du temps pour y arriver, je peux te l'assurer ! »

Le jeune garçon blond tendit à Harry une enveloppe de papier brune.

Le Survivant le remercia doucement et entreprit de décacheter le présent.

Il en sortir une seule grande photographie en couleurs.

Il en avait déjà vue une quasi-identique, elle représentait la statue de deux géants fondateurs, front contre front, ils bougeaient à peine.

L'une noire et luisante d'eau, l'autre grise et florissante de verdure.

L'un les yeux verts, l'autre dorés.

Serpentard et Poufsouffle…

Colin se pencha sur le tirage et murmura un sort très distinctement et alors des sons se mirent à suinter doucement de la photographie.

D'abord, Harry entendit une espèce de grondement, comme si une montagne ou un tremblement de terre était capable de susurrer.

« Là, c'est la Poufsouffle qui… parle. » déclara Colin. « On n'y comprend rien mais écoute mieux… ça vient un peu après. »

Soudain, à travers le doux grondement, Harry perçu un sifflement et ses yeux s'écarquillèrent de surprise car il l'avait parfaitement compris. Parfaitement.

Colin éclata de rire, un rire tellement joyeux, le rire d'un enfant.

« Je le savais ! Je le savais que c'était du Fourchelangue ! J'espère qu'il disait quelque chose d'intéressant, à ce moment là. »

Harry ouvrit la bouche, interloqué.

« Tu sais, tu n'es pas obligé de nous le dire. » reprit Colin, rêveur. « Ça pourrait être un secret ? »

« Ha nan ! » s'exclama Ron, outré. « Harry, tu vas nous le dire, hein ! »

Hermione le regardait avec des yeux larmoyants et une soif de savoir inextinguible.

« Il a dit juste une toute petite phrase… » fit le Survivant, gêné devant ses deux meilleurs amis. « Et ça ne veut pas dire grand-chose, je ne comprends pas trop… »

« Et bien dis, et après on voit ! » s'emporta son rouquin d'ami, trop impatient.

Harry réécouta le doux sifflement un peu guttural, un brin diminué dans les roucoulements de pierres et d'avalanches qu'émettait la Poufsouffle. Toutefois, il comprit à nouveau tout à fait parfaitement ce qu'il disait…

« C'est vrai… Mais il n'est pas le seul… Ton protégé est l'un d'entre eux… »

« Quoi ? » demandèrent les Griffondors autours de lui, frissonnant légèrement.

« Harry, tu as parlé en fourchelangue. » fit remarquer Hermione, agacée. « Traduis. »

« C'est vrai, mais il n'est pas le seul et ton protégé, ici, est l'un d'entre eux! » s'exclama Harry, honteux de s'être encore fait prendre par cette langue envoûtante. « C'est tout ce qu'il dit ! »

Les Griffondors se rassirent, perplexe, sur leurs bancs.

Ron se tourna vers la table des Poufsouffles et dit : « Tu crois qu'il y a un moyen de savoir ce que disait la statue d'Elga ? On en saurait plus si… »

« Les Serredaigles sifflent mais ne comprennent rien à ce qu'ils font. Comment veux-tu comprendre un … un tremblement de terre ? » tiqua Hermione.

C'était la vérité…

« On n'en saura pas plus… » soupira Ginny.

« A moins d'inventer un sort de traduction mais comme on ne connait rien de sa langue à la base et qu'on est carrément novice en la matière, c'est pour ainsi dire mission impossible. » réfléchit Hermione à voix haute.

« Carrément. » ronchonna Ron, déçu.

« Et c'est pour ça que j'avais proposé que ce soit un secret ! » déclara Colin, vexé. « C'était tellement mieux quand on pouvait s'imaginer qu'il disait de grandes choses ! »

« Qui te dit que c'est pas une grande chose ? » demanda Neville. « Moi je suis sûr et certain qu'il parle d'Harry. »

« N'importe quoi ! » s'exclama Harry. « Pourquoi il parlerait de moi ? »

« Il parle du protégé de la Poufsouffle et elle est allée te chercher, non ? »

« Draco était avec moi, non ? Pourquoi Salazar ne parlerait-il pas de lui ? Après tout, il serait plus intéressé par quelqu'un comme Draco qui illustre parfaitement sa maison que par moi, c'est l'évidence ! »

Les rouges et or se tournèrent vers lui, silencieux.

Apparemment, ils ne faisaient aucun doute qu'ils étaient prêts à développer moult théories foireuses sur tout ce que pouvait sous-entendre la phrase de Salazar et, une chose était sûre, Harry ne voulait surtout pas en entendre parler, surtout si ça tournait autour de lui.

Il se leva, énervé, et dit froidement : « Je vous laisse… J'ai rendez-vous avec Draco ce soir et je voudrais un peu me préparer. »

« Ooooh. » firent les autres en se jetant des regards et des sourires entendus.

Sur ce, le Survivant quitta la grande salle et son petit copain Serpentard, qui remarqua sa fuited'un regard en coin, le rejoignit peu après.

OoOoO

Harry n'était pas retourné dans la salle commune pour se préparer, comme il l'avait dit, mais directement dans la chambre de Préfet en Chef de Draco.

Le blond lui avait donné le mot de passe quelques semaines auparavant mais il n'osait pas s'en servir souvent...

Lorsqu'il repensait à leur histoire, il restait un peu perplexe.

Tout était allé si vite.

Ils avaient couchés ensemble alors que Draco était dans un sale état à Halloween et, maintenant, Noël n'était même pas encore arrivé qu'il se sentait très accroché à Draco, peut-être trop…

A présent… la guerre était pour dans six petits jours…

Qui pouvaient dire ce qui allait se passer ?

Peut-être que leur couple ne connaîtrait jamais un seul printemps, ensemble…

Harry regardait par la fenêtre, blasé, la neige tomber encore et encore, tout doucement.

Il en avait raz le cul de toute cette neige !

Draco entra à ce moment là et le Survivant ne bougea pas, le regardant simplement approcher dans le miroir de fortune que créait pour lui la fenêtre et la nuit.

Draco se coula dans son dos et l'enserra de ses bras dans un geste empreint de douceur et de l'intensité de quelqu'un qui avait clairement l'envie d'aller plus loin.

Ça tombait bien car Harry aussi avait cruellement envie de retrouvailles passionnées, presque brutales.

Il ne se sentait pas lui-même avec ses histoires d'Elu et il voulait au moins se retrouver dans le sexe, dans l'intensité de cet acte électrique avec Draco, dans sa voix, dans ses murmures, dans ses gémissements étouffés et ses cris.

Il tourna la tête pour embrasser Draco, toujours dans son dos. Les mains du blond étaient déjà sous ses vêtements, sur sa peau. Son sexe en érection était déjà pressé contre… entre ses fesses, bosse incertaine prisonnière derrière plusieurs barrières de vêtements.

Mais cela n'allait pas durer…

N'y tenant plus, Harry se retourna et glissa lui aussi ses mains sous les vêtements de Draco, caressant les fines lignes musclées de son dos, descendant sur ses fesses puis dans son pantalon.

Le baiser, ainsi face à face, devint plus vigoureux, presque maladroit tant ils étaient impatients. Finalement, ce n'était plus un baiser et Harry mordillait simplement la lèvre inférieure de Draco tandis que le blond lui enlevait ses vêtements, rapidement.

« Putain… » gémit Harry, impatient, en fermant les yeux très fort tandis que le Serpentard commençait à jouer avec son caleçon en lui mordillant le cou.

Il y eut des gestes fougueux et Draco aussi se retrouva presque nu.

Ils tentaient d'aller plus vite, paraissant se débattre et, finalement, ils tombèrent dans le lit à baldaquin du Préfet en Chef, largement empêtrés dans les chemises et les pantalons à moitié retirés.

Draco gémit de désir en se mettant au dessus d'Harry.

« Ça ne va pas trop vite pour toi ? » demanda-t-il, tendu.

« Entre nous, c'est comme ça depuis le début, on ne va pas perdre du temps maintenant. » admonesta le Survivant, excité.

Ils se contemplaient mutuellement, savourant ce laps de temps plein de tension, enlevant le reste de leurs vêtements avec langueur.

Ils savaient qu'ils allaient bientôt faire l'amour, qu'ils allaient se mélanger, fort, si fort… et que ça allait être tellement libérateur.

Les yeux de Draco le disaient avec une volonté inextinguible et il fut nu bien avant Harry, se plaquant contre lui, la main sur son caleçon, le forçant à descendre.

« Je t'aime, je t'aime… » murmura le blond et soudain, Harry bloqua son mouvement.

Au début, Draco crut qu'il jouait et il força un peu plus sur le sous-vêtement mais le Griffondor alors parla d'une voix qui se voulait impérieuse mais qui était effrayée :

« Non, arrête. »

Draco se recula interloqué.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, attentif.

Il découvrit un Harry les yeux agrandis de peur et d'incompréhension, les mains fermement accrochées sur l'élastique de son caleçon qu'il maintenait en place. Son souffle était court et sa poitrine se soulevait comme celle d'un animal traqué.

« Mais qu'est-ce que tu as ? » s'alarma Draco.

« Je sais pas… J'ai peur… » gémit le brun.

« Quoi ? »

« Je sais pas, je ne sais pas ! » s'écria-t-il, paniqué.

Harry se redressa et repoussa Draco violement. Il courut jusqu'à la salle de bain et s'enferma à double tour.

Dans la salle d'eau, il se laissa glisser au sol, les mains devant son visage, le souffle encore plus court, faisant presque une crise de spasmophilie.

« Harry ! » cria Draco à travers la porte. « Mais qu'est-ce que tu fous ? »

Harry enleva ses mains de devant son visage et écouta, inquiet.

« Rien… » dit-il le plus calmement possible mais ne trompant personne.

« Tu te fous de ma gueule ? Si tu n'ouvres pas tout de suite, je défonce la porte ! »

Le Griffondor se releva avec une dextérité étonnante pour quelqu'un qui était paniqué. Il posa ses mains sur la porte, le front contre la porte comme s'il touchait Draco directement.

« Attends, ne fais pas ça. Je me calme et je sortirai de moi-même. D'accord ? »

Draco trouva sa voix étrange, il fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure.

« Je te laisse deux minutes et, après… j'entre. »

S'il n'y avait pas eu la porte, Draco aurait pu voir clairement dans les yeux d'Harry ce qu'il pressentait…

Le Survivant se retourna vers la glace et contempla son reflet, les mains posées de part et d'autre de l'évier.

Son image avait un regard vert étrangement lumineux et des pupilles fendues comme celle des serpents ou des chats.

Son souffle était erratique – moins que tout à l'heure, tout de même – mais il était clair qu'il avait peur et qu'il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait.

Il ferma les yeux et essaya vraiment de se détendre, il voulait retourner à la place qu'il s'était choisi pour l'heure, en observateur derrière les yeux et les mains d'Harry.

Mais il n'y arrivait pas, il ressentait trop de choses, il avait bien trop peur et il était sorti par réflexe défensif

« Ça fait deux minutes ! » s'écria Draco.

Harry se retourna vers la porte au moment où il entendit le sort Alohomora. Il se précipita et l'ouvrit avant le Serpentard.

« Me voilà. » dit-il. « Mais pas vraiment calmé... »

Le blond resta silencieux et abasourdi durant quelques secondes.

Ses yeux restaient fixés sur ceux, fendus, de l'Elu.

« Je savais bien que je te reverrais un jour… » finit-il par déclarer en s'éloignant un petit peu de la porte pour le laisser passer. « Mais j'aurai largement préféré que ce soit dans six jours, ou au moins que tu nous laisses deux heures avant de faire des tiennes. »

L'Elu se renfrogna et ses yeux, même particulièrement lumineux, s'assombrirent dangereusement.

« Votre guerre ne me concerne pas. »

« Ouais, c'est ce que j'ai cru comprendre. »

Draco s'éloigna et s'assit sur le lit en faisant signe à Harry de venir auprès de lui.

Le brun remarqua avec soulagement qu'il avait renfilé son pantalon. Ces choses-là ne l'auraient même pas préoccupé une heure avant mais il ramassa ses vêtements et commença à se rhabiller pudiquement.

« Pourquoi es-tu là, maintenant ? » demanda Draco. « D'habitude, tu n'apparais que lorsqu'Harry fait de la magie noire, que quand il se sent en danger. Ce n'était quand même pas le cas, si ? »

L'Elu referma les boutons de sa chemise un à un et en silence. Draco sourit malicieusement.

« Pour quelqu'un qui a voulu me violer, je te trouve drôlement effarouché. »

« Ce n'est pas la même chose… » fit le brun en dardant ses yeux si particulier sur Draco. « Je ne crois pas que je t'aurais violé, je ne savais pas de quoi je parlais. Je voulais juste te faire peur. »

Le Serpentard haussa ses sourcils suspicieusement.

« Donc… tu es toujours là, tout le temps, pas vrai ? »

L'Elu acquiesça.

« Mais seulement depuis cette fameuse nuit. »

« Quand Harry dormait, il se battait avec toi, dans sa tête ? Je pensais qu'il ne se réveillerait jamais… »

« Nous ne nous battions pas vraiment. Mais je lui avais promis de lui laisser la place. »

« Pourquoi aurais-tu fait ça, toi qui aimes tant la liberté ? »

L'Elu resta silencieux un moment, dardant ses yeux étranges sur Draco.

Enfin, il parla, lentement, comme cherchant ses mots :

« C'est à cause d'une chose que tu as dite… dans la forêt. Je voulais savoir ce que c'était… l'Amour. Je voulais savoir pourquoi tu avais tellement voulu me ramener alors que tu étais si faible et que j'étais prêt à te tuer… Je voulais savoir comment était l'autre et comment c'était… entre vous. Et puis… Quand tu as dis que ce serait fini, fini si je tuais la fille… ça m'a fait si mal et ça a fait si mal à l'autre qu'il a pu m'arrêter. Et je voulais savoir pourquoi… »

Draco ne dit rien pendant un moment. Il porta son pouce à sa bouche et commença à se ronger l'ongle nerveusement en fixant l'Elu.

« As-tu trouvé un début de réponse ? » demanda-t-il, finalement.

L'Elu fit une moue boudeuse que Draco trouva, malgré lui, parfaitement adorable.

« Je ne sais pas. » fit le brun.

« Toi qui semblais tout savoir sur tout… » ricana le blond. « Tu parais bien penaud, maintenant. Qu'est-ce qui a bien pu te faire changer si radicalement ? »

En disant cela, il se leva et commença à tourner autour d'Harry, qui n'était pas vraiment Harry, à la façon des prédateurs.

L'Elu se renfrogna et lui attrapa le bras, méchamment.

« Ne joues pas ces petits jeux avec moi ! »

Comme s'il s'était brûlé, il relâcha bien vite le bras de Draco et s'éloigna de quelques pas.

« Mais on dirait que je te fais peur ! Toi qui… »

« Ha, la ferme ! Ne fais pas comme si tu me connaissais parfaitement ! Tu ne me connais pas ! Rappelle-toi ce dont je suis capable ! »

« Mais je le sais, je t'ai vu naître… » murmura Draco. « C'est à cause de moi qui ai incité Harry à se servir de la magie noire que tu devenu conscient, peu à peu. »

« Tu te trompes ! J'étais là bien avant ! »

« Mais pas consciemment, pas vrai ? »

L'Elu ne dit rien, les poings serrés, la bouche tremblante.

« Toi aussi, tu penses que je n'existe pas ! » A ces mots, le Serpentard sentit parfaitement la vague de tristesse et de rage transparaître dans sa voix. « Toi aussi, tu penses que je ne suis là que pour accomplir une mission et qu'ensuite je dois disparaître bien gentiment. »

« Non… » fit l'autre. « Je pense que tu existes, penser le contraire serait stupide. Tu es là, et tu me parles. »

« Mais tu penses que je ne suis pas le vrai. Que je devrais disparaître et céder complètement ma place à l'autre. C'est lui que tu aimes, moi je ne suis qu'un gêneur. Tu l'as dit tout à l'heure ! »

L'Elu pleurait maintenant. Mais il pleurait d'une façon étrange, ses yeux étaient remplis d'accusations et de fureur et ses larmes coulaient comme s'il ne s'apercevait pas de leur présence.

« Tu pleures. » fit remarquer Draco, remarquant qu'en lui naissait les mêmes genres de sentiments que s'il avait eu son Harry versant des larmes devant lui.

L'Elu parut étonné un instant puis il porta ses mains à ses joues, touchant ses pleurs, les goûtant, interloqué comme s'il ne savait pas d'où cela venait ou pourquoi cela se produisait.

Draco soupira et se rapprocha de lui, doucement.

Tendrement, il entoura le jeune garçon brun de ses bras et le serra contre lui.

Les yeux agrandis de stupeur, l'Elu se laissa un peu aller, à peine, puis, soudainement, il repoussa Draco à nouveau.

« J'ai promis que je ne te toucherai pas. » dit-il.

« Cela semble te convenir tout à fait. » fit remarquer le blond. « Mais ça ne pourra pas continuer comme ça… Tu es mon petit ami et je veux te faire l'amour. »

« Quoi ? » s'exclama l'Elu, outré. « Je ne suis pas ton petit ami, c'est l'autre ! »

« Allez, arrête ! Vous êtes la même personne depuis le début. »

« Non ! Je suis complètement différent et tu le sais ! »

« Pas du tout. Tu promets de ne pas me toucher et tu tiens ta promesse. Si ce n'est pas une réaction foncièrement Griffondor, ça, alors je ne m'y connais pas. »

« Mais ça n'a rien à voir, je… »

« Allons, vous êtes la même personne, c'est évident ! Ce n'est pas parce que vous avez deux personnalités que ça prouve quoi que ce soit. Je ne peux pas aimer l'un et pas l'autre, je ne peux pas vouloir vivre avec l'un et pas l'autre, sinon comment on ferait ? »

« Il suffirait que je rentre à l'intérieur, à nouveau. Je serai caché. Je… »

« Mais tu serais là, quand même. Ça ne change rien… Tu viendrais me faire un petit coucou tous les trente six du mois ? »

« Je n'étais pas censé sortir, là ! J'ai essayé de rentrer en lui dans la salle de bain, mais je n'y suis pas arrivé. Mais tu peux attendre que… »

« Demande-toi pourquoi ? »

« C'est… » commença l'Elu, déstabilisé par le Serpentard qui le coupait sans cesse. « C'est à cause toutes ses choses que vous faisiez ! »

« Toutes ses choses ? » demanda Draco, amusé. « Tu n'aimais pas ? »

« Non, j'ai détesté ! »

« Tiens donc ? » fit le blond, suspicieux.

« Mais c'est vrai ! Elles m'ont rendu faible ! »

« Toi, faible ? Allons, nous savons toi et moi que tu es tout sauf ça. »

Cette remarque calma un peu l'Elu qui bizarrement se sentit tout guilleret sous la flatterie.

Il eut un petit sourire niais puis, se rendant compte de ses réactions, il se rembrunit immédiatement et Draco éclata de rire devant ses réactions.

Il était comme une girouette à sentiment, à émotion. Elles étaient si pures sur son visage, ça se voyait tellement qu'il découvrait tout cela…

Draco le trouva trop trognon mais il avait aussi envie de retrouver son Harry, il avait envie de le rassurer lui aussi, de lui faire l'amour. Mais il y avait également celui-là à rassurer, avant…

Le blond retourna sur le lit et se rassit. A nouveau, il fit signe à l'Elu de venir s'assoir auprès de lui et cette fois-ci, l'autre s'exécuta avec timidité et méfiance, un peu comme un animal qui avance à découvert alors qu'il sent un danger.

« Tu m'aimes ? » demanda Draco.

« Quoi ? » s'exclama le brun, encore plus outré.

« Est-ce que tu m'aimes ? »

« Mais non ! » s'insurgea l'autre.

« En es-tu si sûr ? Tout ce que tu fais semble démontrer le contraire, pourtant… »

« Je n'aime personne, pas même moi. » déclara l'Elu, pompeux.

« Moi… je t'aime. » murmura Draco tendrement en se rapprochant d'Harry, qui n'était pas vraiment Harry.

Le brun rougit, les yeux agrandis de stupéfaction et les pupilles plus fines encore. Son corps était figé dans l'attente, son cœur battant la chamade.

Draco sourit et l'embrassa, comme dans la forêt, pour lui prouver son amour et l'Elu se laissa faire, trop impressionné, trop abruti pas ses fortes émotions pour réagir.

Puis, pour la troisième fois, il repoussa Draco.

« Non, j'ai promis. »

« Elle fait chier ta promesse. Il n'y a pas moyen de la contourner ? » Le Serpentard attrapa le brun dans ses bras et se colla à lui, lui ravisant un autre petit baiser avant de déclarer : « Regarde… Tu ne me touches pas, tu ne fais rien car c'est moi qui fais tout. On est d'accord ? »

L'Elu frissonnait mais ne donnait plus aucun signe de vouloir s'échapper.

« C'est de la triche. » dit-il quand même.

« On s'en fiche… » fit Draco en lui embrassant le cou, doucement.

« Mais… il ne va pas aimer du tout. »

« Ecoute… » s'emporta Draco. « C'est fort possible mais qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? Tu as une autre idée en tête que de vous prendre pour la même personne et de vous aimer à peu près pareil ? Je suis preneur, vas-y dis ! Tout à l'heure, tu as essayé de rentrer en lui, de lui laisser la place mais tu n'y es pas arrivé ! Je vais te laisser encore une chance d'y parvenir mais si c'est encore un échec, on essaiera ma technique, d'accord ? »

« D'accord. » dit l'Elu d'une voix atone.

Aussitôt, il s'éloigna un peu de Draco et s'assit à l'autre bout du lit. Il ferma les yeux et commença à faire le vide en lui, du moins à essayer. Mais en lui, des réseaux fourmillaient d'électricité, de tension, de sentiments et d'émotions chaotiques. Il ne savait comment les nommer, comment les décrypter. Il savait juste qu'il en avait envie mais qu'il avait très peur, d'y céder…

Les minutes passèrent et il était toujours là, les yeux clos, sur le lit et Draco vint dans son dos…

Il l'agrippa et l'allongea sous lui, dans le lit. Il commença à l'embrasser, à se plaquer contre lui en lui maintenant les poignets de part et d'autre de son visage.

L'atmosphère devint lourde et brulante.

L'Elu fermait encore les yeux très forts, se laissant faire raide comme un piquet, tremblant parfois.

Chaque caresse était une découverte brûlante sur sa peau, chaque baiser un point de chute de la foudre.

Longtemps Draco le pétrit, le façonna ainsi tandis qu'il le mettait et qu'il se mettait à nu, lentement, l'un contre l'autre – cela prit bien plus de temps que si ça avait été Harry, ou si ça avait été la première fois avec Harry...

L'Elu était un peu comme un nouveau né dans un corps d'adulte, avec des désirs d'adultes qu'il ne comprenait pas et dont il ne savait que faire.

Chaque caresse lui apprenait ce qui était bon, ce qu'il voulait vraiment…

Et comme Draco connaissait parfaitement le corps d'Harry, le Survivant nageait dans un océan de sensation qui tordait son corps en dedans et en dehors et qui faisait hérisser sa peau d'une chaire de poule sensible à l'extrême.

Bientôt… le brun commença à onduler des anches, instinctivement, à gémir, à en vouloir plus.

Mais plus de quoi ?

Draco lui attrapa sa main et la ramena sur son ventre, allongé sur le flanc à côté de lui, il dirigeait la main d'Harry sur son corps, la faisant aller sur son sexe en érection.

« Prend-le… » murmura-t-il et c'est ce que fit l'Elu, entourant son propre sexe.

Draco regardait, les yeux pétillants.

« Tu n'as rien envie de faire ? » demanda-t-il, la voix mutine.

« Je ne sais pas… Oui… » fit le brun, les yeux toujours fermés.

« Bouge ta main. » l'incita le blond et la main d'Harry bougea, timidement d'abord puis de plus en plus précisément, de plus en plus violement le long de son sexe, s'arrachant des gémissements de plaisir confus, étonnés. Et Draco le regardait en se mordant la lèvre inférieure tellement c'était indécent, ne pouvant s'empêcher de poser les mains sur son corps et de l'encourager, de lui dire combien il était beau et excitant. Et l'Elu ne comprenait pas pourquoi de simples mots presque banals enflammaient autant ses sens. Il se sentait perdu, il avait l'impression de mourir, lentement ou de plus en plus vite.

Mais juste au moment ou il allait mourir, il en était sûr…, Draco l'arrêta, bloquant ses mains.

Sous le coup de la surprise, l'Elu ouvrit les yeux et il fut frappé par le sérieux de deux orbes bleus glacés.

« Je peux te donner mieux que ça, si tu veux… » souffla-t-il. « Beaucoup mieux… je peux te faire l'amour. »

« Qu'est-ce que c'est, exactement ? » demanda le brun, essoufflé, cruellement frustré.

« C'est que… » commença Draco en caressant ses reins, faisant naître des sensations délicieuses dans son ventre. « Je vais entrer en toi, je vais mettre mon sexe en toi, là… » Il commença à lui caresser l'intérieur des fesses de plus en plus intimement. « Je vais entrer là, avec mon sexe, je vais me coller à toi, je vais bouger en toi… On ne fera plus qu'un… »

« Je vais vraiment aimer ? » demanda l'Elu, un brin suspicieux.

« Tu vas aimer, je vais aimer et parce qu'on aimera ça, ça n'en sera que décuplé… » Il se rapprocha et lui murmura au creux de l'oreille. « Fais-moi confiance, le plaisir que tu as eu seul n'était rien… »

Seul…

L'Elu savait déjà que seul, vraiment seul… sans les mains de Draco sur lui, sans son odeur autour de lui, sans ses yeux posés sur lui et sa voix rauque dans ses oreilles… sans tout cela, ça n'aurait pas été aussi bien. Il le savait…

Mais il ne le voulait plus simplement sur lui ou dans ses oreilles, il voulait bien essayer de l'avoir en lui. Il voulait bien l'absorber et ne faire qu'une entité avec lui.

Ses idées étaient romanesques et empreinte de magie séculaire mais il n'était pas préparé à l'acte bestial qui allait suivre… Il ne pouvait même pas l'imaginer pourtant il écartait les jambes innocemment et Draco se glissa entre elle, jouant avec ses mains et ses jambes pour les maintenir encore plus écartées.

Il contempla Harry et lui redit combien il était magnifique et désirable, combien il allait l'aimer, combien ils allaient aimer...

Il lui dit aussi que ça pouvait faire un peu mal, au début, mais qu'il allait tout faire pour que ça n'arrive pas et Harry répondit que ce n'était pas la douleur qu'il appréhendait…

C'était de se laisser envahir par un trop plein ingérable d'émotions...

Et pour lui, Draco redoubla d'extrême attention… Il était doux alors qu'il bouillait intérieurement. Lorsqu'il remarqua que l'Elu s'impatientait – mais de quoi ? – et qu'il ne souffrait pas sous ses attouchements, lorsqu'il comprit qu'il pouvait y aller parce que ce n'était pas sur un plan physique qu'il devait le rassurer… Il y allât, entre ses jambes, en lui…

Et il lui dit dans un murmure plein de chaleur que tout irait bien parce qu'il l'aimait, qu'il allait l'aimer et qu'ils aimeraient ça à la folie et il le répéta encore et encore de sa voix rauque, lui faisant l'amour.

Comme Harry fermait toujours ses yeux lumineux et fendus, il lui demanda de les ouvrir parce qu'il voulait regarder jusque au fond de son âme… Mais lorsque le brun obéit, ouvrant les yeux, Draco les découvrir vert sombre comme à son habitude.

Quelques secondes, il resta interloqué à les contempler puis le Survivant glissa ses bras autours de son cou en lui murmurant de continuer.

La seconde suivant, ses yeux s'éclairèrent de nouveaux d'un vert acide particulièrement brillant et les pupilles rondes s'étaient rétractées en fines lignes verticales.

Encore un instant après, c'était de nouveau les yeux verts émeraudes avec leurs centres rond, noirs et dilaté de plaisir qui étaient de retour.

Draco, fasciné, observait les changements s'opérer, l'oscillation tendre pulser de plus en plus vers son Harry au fur et à mesure qu'ils approchaient de la jouissance.

« Qu'est-ce qui se passe, Draco ? » gémit Harry.

« Tu préfères l'autre… Je le sais bien… » reprit l'Elu. « Je m'en fiche, je t'aime. » « Continue. » fit l'un.

« Moi aussi, je t'aime… Continue, encore, encore… » murmura l'autre.

Draco les fit taire tout les deux en les embrassant, en même temps et tour à tour.

« Je le savais… Vous êtes la même personne, la même personne… » Il donna un coup de rein plus violent que les autres et Harry cria, fermant les yeux, cachant comment ils étaient en dessous de ses paupières. « Je t'aime... Harry, je t'aime… J'aime tout chez toi… Je t'aime. »

Et Harry cria plus fort, encore et encore, et c'était des cris désespéré, les cris de quelqu'un qui venait beaucoup trop fort, quelqu'un qui ne savait pas du tout ce qui lui arrivait, quelqu'un qui avait l'impression de littéralement agonir de plaisir, quelqu'un enfin qui allait tout simplement mourir de jouir.

Draco quémanda d'une voix entrecoupée qu'il le regarde. Il n'y avait rien de plus important pour lui, en cet instant, que de capturer son expression. Cet Harry-là avait des expressions si pures, innocentes et débridées à la fois.

Le brun accéda à sa demande et ses yeux brouillés de larmes n'en étaient que plus lumineux entre ses cils épais et noirs.

Enfin, Harry aux yeux acides vint en criant et en s'accrochant aux draps – car, même maintenant, il ne voulait pas toucher Draco et les seules caresses auxquelles le blond avait eu droit s'étaient faites lorsque ses yeux verts étaient plus sombres et marqués de deux pupilles rondes.

Harry vint longtemps sous Draco, entre ses bras et sous ses coups de boutoir, puis il s'effondra pantelant, essoufflé, comme mourant.

Et mourant, il l'était parce qu'il pensait l'être et les yeux fendus s'éteignirent complètement et il ne resta plus qu'Harry, ravi, entre les bras de son amant Serpentard.

« Harry… » murmura le blond – lui aussi était venu. « Ça va ? »

Le Griffondor acquiesça et serra Draco très fort dans ses bras, se laissant aller à s'écrouler sur lui.

Tout deux reprenaient leur souffle en se caressant doucement, silencieux, remettant leurs idées en place.

Draco avait toutefois l'horrible impression qu'une grave dispute était en perspective et il était en train de se demander comment il allait pouvoir éviter cela lorsqu'Harry gémit.

« J'ai mal aux jambes. Je me sens écartelé. »

Le blond rigola et se retira doucement, lui aussi gémissant de douleur, les membres et les muscles engourdis.

« Harry… » murmura-t-il. « Tu penses que je t'ai trompé ? »

Le brun soupira.

« C'est ce que j'ai pensé au début, j'ai failli péter un câble là-dedans. »

« Là-dedans ? » tiqua le Serpentard.

« J'étais en moi ; je voyais, j'entendais et je ressentais tout mais c'était lui qui agissait. Je pouvais même lui parler et lui pouvait me répondre. Je me suis même rappelé que j'avais déjà vécu cela… C'était dans mon rêve, la semaine dernière. C'était peut-être même dans d'autres rêves, avant. »

« Sérieux ? » s'exclama Draco.

Harry acquiesça et poursuivit :

« Lorsqu'il… ou nous, je ne sais pas... étions dans la salle de bain, on se disputait. J'essayais vraiment de revenir à la réalité et il essayait vraiment de disparaître. Mais il avait trop peur… Je le sentais à l'intérieur et je le voyais dans ses yeux, dans le miroir. Il crevait de trouille. »

« J'avais remarqué… »

« Je t'en ai énormément voulu quand je t'ai vu si gentil avec lui… Et puis tu as commencé à dire que tu pensais que nous étions la même personne, tu as fait des rapprochements entre nous et je me suis rappelé que moi aussi j'avais émis cette idée-là. Et je me suis rendu compte que lui aussi, il n'était plus du tout sûr de lui et qu'il devenait de plus en plus faible parce qu'on s'était, quelque part, mélangé. Alors… »

« Alors, tu ne m'en veux pas ? » demanda Draco.

« Mouais, je ne dirais pas ça ! Tu aurais pu attendre d'avoir au moins mon avis sur la question avant de t'envoyer en l'air, non ? »

« C'est vrai… » avoua Draco, faussement penaud. « Mais j'avais tellement envie de m'envoyer en l'air, j'étais trop en manque moi, et tu es tellement trognon en Darck'ry. »

Harry tourna son visage vers le blond.

« Mais t'es dégueulasse ! » s'exclama-t-il.

« Mais c'est vrai… » plaida Draco, gémissant et se coulant comme un chaton contre lui. « Et puis je te rappelle que la première fois ou l'on a fait l'amour, je ne me suis souvenu de rien le lendemain et c'était ta première fois pour toi et j'ai manqué ça, en quelque sorte... Là, j'ai eu droit à un deuxième dépucelage, la vie est cool avec moi, non ? »

« Heureusement qu'il ne t'entend pas sinon je pense qu'il l'aurait un peu mal pris. Tu sais… il est un peu soupe au lait. T'as vu comme il est jaloux de moi ? »

« Quoi ? » tiqua Draco. « Pourquoi il ne m'entendrait pas, là ? Il n'est pas censé tout voir, entendre quelque part à l'intérieur de toi ? »

« Il est… Il est un peu mort. »

« Quoi ! » s'écria le blond, sérieusement alarmé.

« Cet abruti a cru qu'il allait mourir et quand il est venu… il est mort. »

« Non, c'est pas possible. »

Draco était maintenant blanc comme un linge et Harry éclata de rire.

« Mais ne t'inquiète pas ! Il s'en remettra ! Il se rendra bien vite compte qu'il n'est pas vraiment mort et il reviendra. »

Le Serpentard soupira de soulagement.

« J'ai eu peur… J'ai vraiment cru que j'avais tué une partie de toi, moi ! »

« Tu penses réellement que nous sommes la même personne, alors ? »

« Oui… J'en suis quasiment certain. »

Harry haussa les épaules.

« Je le crois aussi… Lui aussi le pense maintenant et je crois que, puisqu'on le pense tous les deux, on va se mélanger, de plus en plus. Dans quelque temps, il n'y aura peut-être plus de lui ou de moi. Tu le supporteras ? »

« Oui. » minauda Draco. « Comme tu as pu le constater… »

« Hum… » grogna le Survivant, bougon. Soudainement, il se jeta sur Draco en lui maintenant les poignets au dessus de sa tête. « Et maintenant, je vais te punir pour ton insolence de sale Serpentard vicieux ! » s'exclama-t-il.

« Comment dois-je me faire pardonner ? » demanda le dit Serpentard vicieux, mutin.

Harry leva les yeux au ciel et réfléchit.

« Hum… » fit-il pensif. « Tu te rappelle comment tu étais tout à l'heure ? Si gentil, si tendre, si… long ! »

« Ho, » comprit Draco. « Et tu vas me faire subir la même chose ? »

« Pire ! » s'exclama Harry. « Je ne serais pas aussi doux. Jamais de ta vie entière tu ne subiras une telle frustration. » promit-il.

Le blond le regarda, captivé, prêt à se laisser faire docilement, et Harry commença ses sévices par un baiser fougueux.

OoOoO

Quelques heures plus tard, Harry et Draco était à moitié endormis, avachis sur un lit largement défait.

Leur peau sentait le sexe, les draps et la pièce aussi.

Ils se sentaient bien, heureux, ensembles, câlin…

Ils respiraient l'odeur de l'autre et se caressait tendrement le ventre, le dos, le cou ou les cheveux.

« Pourquoi il a des yeux plus beaux que moi ? » demanda Harry d'une voix endormie.

« Ils ne sont pas plus beaux… Ils font peur… »

« Parce qu'ils sont comme ceux de Voldemort ? »

« Faut pas abuser, mais presque… »

« Mais tu ne les trouves pas beaux ? Ils sont si brillants… C'est… magique. »

« Le mieux… » fit Draco tout aussi endormi. « Ça serait que même vos yeux se mélangent. Tes pupilles, ta couleur à toi… Mais avec un peu de sa luminosité – mais pas trop… Là ça serait parfait… »

« Ouais… » approuva Harry. « Ça serait cool… »

Il y eut un silence ou Harry s'endormit presque mais…

« Il est revenu là ? » demanda le blond.

« Non… Il est encore absent… trop dans le pâté. Un peu comme moi, quoi. »

« Il n'est pas très résistant. » rouspéta Draco. « Un petit coup et on ne le revoit plus… »

« Ouais, il se la joue trop pour pas grand-chose, en fait. » se moqua le brun, de plus en plus ensuqué.

Ils marmonnèrent encore un peu mais leurs paroles n'avaient plus beaucoup de sens.

Enfin, ils s'endormirent sachant que, peut-être, c'était leur dernière nuit à Poudlard, sachant que le temps leur était peut-être compté…

Plus que cinq jours…

A suivre…

NDA : Salut les gens ! Voilà encore un nouveau p'tit chapounet qui s'achève. Il ne s'y passe vraiment pas grand-chose, hem. Enfin si… Il y a la petite phrase de Salazar Serpentard qui est assez mystérieuse et qui ne semble servir à pas grand-chose pourtant elle explique pourquoi il a aidé Poudlard… Et puis, bien sûr, il y a eut la nouvelle confrontation lemoneuse entre Draco, Harry et Darck'ry. On apprend un peu sur le côté obscur de la force de Ryrrytounet, je crois. Enfin, j'espère…

Voilà, voilà…

Je vous embrasse très fort et vous souhaite de passer une bonne journée, ou soirée, ou nuitée (selon le moment où vous lisez, nihihi).

J'attends impatiemment vos commentaires par centaines de milliers ! MDR XD !

Bisous !

Levia

PS : Il y a une scène dans ce chapitre qui ressemble énormément à une scène dans le dernier chapitre de L'Humanité crée l'espoir, une fic de Sinelune. Je l'ai remaniée un petit peu comme j'aurai aimé que réagisse Draco lorsque Harry s'enferme dans la salle de bain.

(ND-Sinelune : C'est pas de ma faute si mon Draco n'est pas aussi virulent ! Harry s'est quand même auto-violé sur lui avant, ça calme !)