Auteur : Leviathoune

Bêta : Sinelune (Désolé ma Sinichou de te faire bêtalecter des trucs si énormes…)

Résumé : Les deux amants s'aiment mais la partie sombre d'Harry pointe le bout de son nez et s'interpose « entre eux » juste avant l'acte. Draco lui fait quand même l'amour –pour lui, ils sont tous deux Harry– et semble le tuer de jouir. Il ne reste plus que Draco et Harry et cela les fait bien rire. La bataille de Stonehenge aura lieu dans cinq jours… (Et je n'ai jamais fait un résumé aussi naze !)

NDA : Désolé pour le retard mais, et c'est un scandale d'oser dire ça…, j'étais un peu démotivée parce que j'avais eut moins de reviews que d'habitude –alors que y'avait un lemon dans le chap précédent et que c'est justement dans ces moment là qu'on en a le plus, normalement, hem… Vraiment, j'ai honte ! Mais j'étais vraiment tristounette aussi et ça ne m'a pas motivé pour me bouger le cul pour publier selon le rythme habituel… (Surtout que j'étais aussi un peu en panne d'inspiration et déprimée, mais j'expliquerai pourquoi à la fin du chap…) Encore désolée pour le retard sur cette fic, et du coup, sur toutes les autres...

RAPPELLE-TOI, Chapitre 26 : En attendant de se battre…

Le lendemain, il n'y eut pas cours à Poudlard, d'ailleurs… il n'y eut pas non plus de dates annoncée pour leur reprise.

Dumbledore, MacGonagall, tous les hauts membres de l'ordre du Phoenix ainsi que quelques Aurores gradés du Ministère étaient là pour superviser les changements.

Dans le parc, un bus attendait les choisis –sans doute un véhicule magique dans le genre du Magicobus, en plus… Ministériel.

Dans la journée, quelques parents d'élèves vinrent chercher leurs enfants, ou bien ils restèrent avec eux à Poudlard, allant là où ils se sentaient le plus en sécurité.

Certains d'entre eux, les choisis, étaient abordés par les professeurs et isolés dans des salles pour être mis face à un choix difficile.

Lorsqu'ils en ressortaient, les parents avaient la mine défaite comme s'ils venaient de prendre la pire décision de toute leur vie, ou bien ils étaient craintif et quittaient Poudlard, honteux –mais mis sous oubliette.

« Que crois-tu qu'ils se disent là dedans ? » demanda Harry qui observait la scène au détour d'un couloir.

« J'ai ma petite idée sur la question. » renchérit Draco, derrière lui. « Tu as remarqué avec qui ils font ces entretiens ? »

« J'ai remarqué qu'ils faisaient une espèce de sélection, mais pourquoi ? Ça je n'en sais rien… »

Le Serpentard leva les yeux au ciel, croisant les bras d'agacement.

« C'est si dérangeant que ça de t'intéresser au reste du monde qui t'entoure ? Il n'y a pas que les Weasley et l'Ordre du Phoenix dans la vie, merci Merlin ! »

« Pas la peine de te la jouer people ! Dis-moi plutôt ce qu'il se passe d'après toi. »

« Regarde-le, lui… » fit Draco en lui désignant un grand homme d'aspect autoritaire. « C'est le père de Monica Graal, la Poufsouffle en troisième année. C'est un sang pur. Elle, là bas, c'est la mère de Jonathan Spiner, c'est aussi une autre sang pur. Là bas, c'est les parents de Pansy, des sangs purs et là bas… »

« C'est bon, j'ai compris. D'autres sangs purs. Pourquoi ils ne parlent qu'avec des Sangs purs ? »

« T'es bête ou quoi ? Réfléchis ! Qu'est-ce qu'il va se passer bientôt ? On va activer la magie de Stonehenge pour attirer le Seigneur des Ténèbres avec toute son armée dans un guet-apens monumental. Et il ne viendra pas si on n'ouvre pas les portes des pierres au maximum et pour ça… il nous faut du sang de magicien, le plus pur possible, le plus ancestral, le plus… »

« Consanguin possible ? » termina Harry en dissimulant un sourire narquois.

Draco lui donna un coup de coude.

« Dis-le si tu me trouves une quelconque tare génétique ! »

« Tes défauts moraux ne peuvent pas compter ? »

« Nan ! »

Ils se disputèrent un peu puis ils en revinrent aux interrogatoires se déroulants en secret lorsqu'un nouveau couple de sangs purs sortit de la salle qu'ils observaient, tous deux blanc comme un linge.

« Pourquoi est-ce qu'ils ont si peur, s'ils ne doiventque donner leur sang ? »

« Parce que rien ne dit que Tu-sais-qui vienne à la seconde. Il peut ne pas venir du tout mais pendant ce temps, le rituel se déroulera, la magie s'écoulera et leur sang aussi… »

Le blond se rongea un ongle, nerveux –l'approche de la guerre ne lui réussissait pas, ni à lui ni à personne.

« C'est vrai ça… Je ne vois toujours pas pourquoi il viendrait, finalement. Il sait sûrement ce que l'on est en train de préparer, il ne peut pas ne pas y avoir eu de fuites. Pourquoi ferait-il une telle stupidité ? »

Draco détourna le regard.

« C'est vrai que dit comme ça, tout laisse penser qu'il ne viendrait jamais se jeter ainsi dans la gueule du loup. Mais… tu ne sais pas ce qu'il va se passer et quand tu le verras, tu comprendras combien ça sera insoutenable pour lui. Il viendra pour arrêter ça. Ce sera trop horrible pour lui… »

« De la façon dont tu en parles, on dirait que c'est nous, les gentils !, qui nous apprêtons à commettre un crime et que c'est Voldemort qui va arriver pour sauver le monde. »

« Mais… » reprit Draco. « C'est ça… »

« Quoi ? »

« C'est mon plan, à la base, je te le rappelle. Ce n'est vraiment pas un plan de gentil. Et j'espère que nos ennemis attaqueront très vite pour que le moins de magie possible soit gaspillé. »

Harry fronça les sourcils. Il ne voyait pas très bien ou était le problème.

« Si Dumbledore, le Ministère et le reste de l'Alliance se rangent sous la même bannière, c'est sûrement que ce plan en vaut la peine. » argumenta-t-il.

« Ou alors, c'est pour empêcher que la bataille ne s'éternise car, qu'ils soient là ou pas, c'est ce que nous ferions… Et pour eux aussi, cela sera insoutenable. »

« Tu es bizarre… »

Draco haussa les épaules et se dirigea vers le parc enneigé, vers le bus qui les attendait.

« Ce soir, nous ne dormirons pas à Poudlard. » déclara-t-il, sûr de lui.

« Où alors ? » demanda le brun.

« Chez moi… »

Harry reteint une exclamation et une impatience alléchante vint lui tarauder les entrailles. Il se languissait d'être là où avait grandit Draco. De découvrir son monde personnel.

OoOoO

Le soir venu, le repas de la grande salle sonnait comme une veillée funèbre.

Des parents étaient là et il y avait, par conséquent, deux grandes tables de plus où ils dînaient avec leurs enfants.

Toutes les maisons étaient confondues, comme si être Poufsouffle ou Serpentard n'avaient soudain plus aucune importance, comme si cela avait été un jeu qui prenait fin au moment où l'on entrait dans le monde des adultes.

Pour la première fois de leur vie, et sûrement la dernière aussi, Harry mangeait à la même table que Draco, ses amis et les siens mélangés. L'atmosphère était solennelle et peu de boutades fusaient. Pansy était avec ses parents sur une autre table, Blaise aussi, ainsi qu'avec son petit frère de sept ans. Milicent était là, avec son petit copain épéiste, et filait le parfait amour discret. Vincent boudait sombrement à la droite de Draco, Gregory semblait gêné et Theo indifférent.

Beaucoup d'autres élèves, dont les parents manquaient en de pareilles circonstances, semblaient effacés ou évités sciemment par les autres élèves –tous savaient ce que leur absence signifiait...

Partout, on murmurait que la fin serait pour bientôt –la fin de la guerre, ou le début d'autre chose– et c'est pour cela que les familles, ou les amants, avaient eu la possibilité d'être réunis paisiblement en ses murs si sûrs et que les elfes de maison avaient aménagé toutes les pièces possibles en chambre pour accueillir tout ce monde.

Le repas terminé, la bande des choisis ne restèrent pas avec le reste de Poudlard et ils sortirent dans le parc. Là, il y avait quelques adultes, et très peu d'autres élèves, tous de septième année.

« Tous des sangs purs ? » demanda Harry et Draco acquiesça.

« Tous, sauf elle bien sûr, toi et Blaise. » fit le blond en désignant du menton Hermione qui le fusilla aussitôt du regard.

Il lui sourit de toutes ses dents et Harry lui donna un coup de coude.

« Arrête ça tout de suite ! »

« Oh, ça va ! Si on peut plus rigoler. Faut bien se détendre avec les moyens du bord. »

« Tu me prends pour un moyen du bord, Malfoy ! » gronda Hermione.

« C'est bon, je suis désolé. » s'excusa Draco.

Vincent renifla de dédain et Draco lui jeta un regard torve. Le Serpentard baraqué se détourna en croisant les bras.

« Qu'est-ce qu'il a ? » demanda Harry en murmurant.

« Il n'aime pas que je me fasse maitriser à cause de toi comme une petite lopette merdique. »

« Quoi ?! »

Draco éclata de rire avant de reprendre :

« J'en sais rien, moi. Pourquoi tu n'irais pas lui demander ? »

« Non merci… » grogna le brun en toisant les larges épaules carrés et fulminantes.

« Qu'est-ce qu'il a à être encore plus de mauvais poil que d'habitude ? Il ne peut pas être cool, comme tout le monde ? »

« Parce qu'on est cool, là ? On va bientôt mourir de stress et tu le critiques, lui ? Mais qu'est-ce que tu sais de lui ? Y'a pas que toi qui a eu des problèmes dans la vie. Tu t'es jamais demandé s'il y'avait pas pire que toi sur terre ? »

« J'ai jamais dit que… Et puis merde, je ne sais pas ce qui te prend mais je n'ai pas envie de me disputer avec toi maintenant et devant tout le monde en plus ! »

« Tu défends ta copine Granger, et je le concède –je me suis même excusé. Alors accepte que je fasse pareil avec mes potes, qu'est-ce que tu crois ! Le seul truc c'est que toi tu sais pourquoi tu la défends face à moi tandis que toi, tu ne sais pas pourquoi je le fais pour Vince et ça te prend la tête, j'ai raison ? »

« T'es surtout très chiant… » bougonna Harry. « Ne t'excuses pas auprès d'Hermione si c'est pour me le faire payer deux fois plus ensuite ! »

Harry et Draco continuèrent à se faire la gueule et bientôt les portes du bus s'ouvrirent. La file d'adulte y grimpa silencieusement, suivit des plus jeunes et des professeurs.

Draco et Harry s'assirent côte à côte et, cachés, ils se tinrent par la main –continuant de se disputer pour ne pas paraitre trop anormalement proches devant les autres.

« Pourquoi prendre un bus du Ministère ? » demanda Hermione. « Passer par cheminette n'aurait pas été plus sûr ? »

« Les cheminée du Manoir sont fermés aux gens qui ne font pas partie de la famille. On les ouvre en de rares occasions mais là, il y avait trop de monde et passer les un après les autres mettrait un certain temps tandis qu'en bus magique ça ne sera pas très long et au moins, on arrivera tous en même temps. »

« De toute façon, c'est pas comme si j'étais pressé d'être chez toi. » se moqua Harry. « Je suis sûr que, dès que j'y mettrai les pieds, je vais être regardé de haut, toisé et méprisé. »

« Et par qui ? Il ne reste plus que des elfes de maisons, deux ou trois domestiques, ma mère et… »

Draco ne termina pas sa phrase et Harry supposa que la mère Malfoy devait avoir un ami ou quelqu'un comme ça, ce qui gênait son petit ami. Il ne lui demanda pas de préciser.

« Ta mère, par exemple... Elle va me mépriser. Oserais-tu dire le contraire alors que c'est moi qui ais mis son mari en prison ? »

« Laisse tomber… » grogna le blond. « Il ne l'est plus vraiment, pas vrai ? »

« Plus vraiment… » ironisa Harry. « Au début, quand tu avais parlé de le faire évader, j'avais eu peur qu'il se balade dans tous les coins et qu'il nous rende la vie impossible mais il n'est même pas là, maintenant… Qu'est-ce que Dumbledore a prévu pour ton père ? »

« Il est précieux pour notre plan, il est une sorte de clé, tu comprends ? Il ne le dévoilera qu'au dernier moment, au tout dernier moment. »

« Ta mère va être déçue… »

Draco haussa les épaules.

« Je n'aime pas trop le ton que tu utilises quand tu parles de ma famille. » susurra-t-il en lui serrant la main à lui en faire craquer les os.

« Aïlle ! Lâche, lâche, lâche ma main –sinon je crie dans les aigües et tu auras très honte ! »

Le blond le fusilla du regard mais desserra lentement sa main, croisant les bras sur sa poitrine, regardant le peu de paysage qu'il pouvait entrapercevoir dans le noir.

« Ne pas te faire remarquer avec moi, c'est ta règle numéro un, n'est-ce pas ? » demanda Harry.

« Ne dis pas n'importe quoi. Je traine toujours avec toi et actuellement, je suis assis à côté de toi et il est impossible que je ne me fasse pas remarquer à tes côtés ! De plus, tout le monde sait pour nous, pas besoin de s'en cacher. Tu aurais été une fille bien sous tous rapports, je ne t'embrasserais pas plus en publique pour autant ! »

« Parce que t'es pudique ? »

« Y'a de ça… »

« Sauf qu'il faudra se cacher de ta mère et pas qu'un peu, pas vrai ? »

« Disons que… Elle n'a pas besoin de savoir pour le moment. Pour elle, la guerre est un sujet d'inquiétude bien assez grand pour l'heure. L'extinction de la lignée des Malfoy sera pour plus tard, hum ? »

Harry approuva vivement. Etre sermonné par une mère furieuse de découvrir son fils homosexuel et dans la foulée, la priver de ses futurs petits enfants au sang pur certifiés Malfoy de haute souche, ne le tentait pas le moins du monde.

Finalement, de ce côté-là, il n'y avait vraiment personne pour le juger, le déshériter ou pour lui rabâcher qu'il était la honte de la famille.

OoOoO

Le trajet se déroula sans encombre.

Le bus noir et rutilant du Ministère de la magie filait à toute vitesse sur les routes de campagnes ou carrément dans les champs. Il semblait à peine toucher le sol, comme s'il glissait sur un ruban de route invisible à quelques centimètres au dessus de la terre.

Enfin, il s'arrêta devant des grilles de fer noir impressionnantes qui celaient le domaine des Malfoy.

Draco enjamba Harry et descendit précipitamment du véhicule. Il posa sa main sur le grand M d'or au centre de la grille. La lettrine se fendit en deux en même temps que le portail et il remonta dans le bus qui redémarra, se coulant sans cahot sur une avenue de graviers blancs encadrés d'arbres décharnés par l'hiver.

Harry ne perdait pas une miette du paysage, observant les landes enneigées de part et d'autre de la route et le Manoir de ténèbres se profilant au loin.

Enfin, le bus stoppa sur une place joliment pavée d'anthracite à l'avant du petit château d'aspect gothique, quoi que modernisé.

Une volée d'elfes de maison apparurent, enturbannés dans des torchons marqués des armoiries de la famille pour débarrasser les maigres bagages qui encombraient les cales du véhicule.

Les portes du Manoir s'ouvrirent sur un homme s'inclinant habillé dans un costume noir. Il ressemblait à un Auror extrêmement sûr de lui déguisé en majordome.

MacGonagal s'inclina elle aussi devant lui pour le saluer. Ils semblaient venir du même monde, avoir les même bonnes manières.

L'homme accueillit les personnes attroupées au bas des escaliers et leur souhaita la bienvenue avant de les diriger dans le Manoir, vers un grand salon cossu afin de faire connaissance avec la maitresse de maison et de prendre un rafraichissement.

Draco avait quitté Harry, il semblait avoir disparu et lorsque tous entrèrent dans ledit salon, il le retrouva chaperonné de sa mère qui le couvait d'un regard triste et attendri.

Dans les bras de son petit ami, il découvrit une très jeune fille pendue à son cou. Une enfant ou une très jeune adolescente dans une robe aussi blanche que celle de Narcissa Malfoy et parée de cheveux d'un blond extrême. Quand elle tourna son regard vers les invités, Harry lui constata des yeux d'un bleu pur, arien.

Le Survivant se saisit du bras de Ron et lui souffla à l'oreille :

« Draco a une sœur ! »

« Impossible… » gronda le rouquin. « Au mieux, elle doit être sa cousine. Malfoy est fils unique, c'est l'une de ses grandes fiertés je te rappelle. »

Harry acquiesça et se rapprocha des adultes occupés à se saluer poliment, prenant place dans des canapés.

Les plus jeunes s'éloignèrent un peu de leurs conversations trop sérieuses et se regroupèrent dans un autre coin du salon pour avoir leurs propres discussions animées.

Les elfes de maisons servaient tout ce monde et Harry se rapprocha imperceptiblement de Draco qui semblait l'avoir complètement oublié tant il était occupé à tenir dans ses bras la petite fille blonde.

« Draco… » demanda-t-elle en dardant ses yeux sur Harry qui s'approchait. « C'est Harry Potter ! Je peux voir sa cicatrice ? »

« Non. » dit l'autre et le brun lui en fut reconnaissant. « C'est impoli. »

« Tu nous présentes ? » demanda le Survivant, un brin intimidé et inquiet.

La petite fille sourit de toutes ses dents et se raccrocha un peu plus au cou de Draco qui fit une grimace et l'obligea à descendre de ses bras.

« Elle s'appelle Lydie. »

« Vous êtes de la même famille ? »

Draco eut un rire gêné et la petite un sourire éclatant.

« Pas encore ! Mais je suis sa fiancée ! Un jour nous nous marierons ! » s'exclama-t-elle joyeusement en enlaçant Draco. « Pas vrai ? »

« Heu… Oui, bien sûr. C'est prévu comme ça… depuis notre naissance. « répliqua le blond en caressant les cheveux blonds comme lui, ou presque. Harry plongea ses yeux dans ceux si joyeux et innocents de la petite fille, ils étaient si bleu, bien plus bleu que ceux de Draco ou de son père.

« C'est… parfait. » répondit-il en esquissant un sourire crispé.

Bien vite, il fit demi tour et s'en retourna s'affaler dans un canapé entre Ron et Hermione.

« Alors… Qui c'est cette fille ? » demanda le rouquin.

Hermione sortit le nez de son livre et regarda la petite fille en question dans les basques du Serpentard.

« C'est sa fiancée. » lâcha Harry, morose.

« Quoi ? » s'exclama Ron.

« Qu… quoi ! » s'écria Hermione.

« Je vous remercie d'être avec moi, les copains. » maugréa le brun en s'enfonçant un peu plus dans son siège, observant la scène.

La petite Lydie se décrocha enfin de Draco pour bondir dans les bras de Vincent qui fit semblant de la mordre –cela acheva définitivement le trio.

« Vous avez vu ça ! » s'exclama Hermione. « Crabbe, Vincent Crabbe le grincheux force dix vient de faire le pitre pour faire rire une gosse ! »

Ron se frotta les yeux et lorsqu'il les rouvrit, la petite était passé dans les bras de Gregory puis de Blaise.

Theo et Pansy restaient en retrait sans faire un geste vers la fillette.

« J'avais pas remarqué que Milicent n'était pas là. » fit Ron. « Pourtant Blaise est là alors qu'il n'a pas de sang pur. Elle aurait pu venir. »

« Il va là où est Theo. » expliqua Hermione. « Et Milicent est avec son copain en ce moment. J'ai entendu dire qu'ils se préparaient eux aussi ; les escrimeurs, les épéistes et les duellistes de tous les pays. Il y en aurait un bon petit escadron… »

« Les épéistes… » soupira Harry en observant l'air dédaigneux que posait Pansy sur la gamine. Si Parkinson n'aimait pas Lydie c'est que cette histoire de fiançailles n'était pas une blague.

Il se sentit encore plus déprimé de constater cela.

« Mais arrête de bouder, Harry ! » grogna Hermione. « Tu devrais avoir un peu plus confiance que ça en ton petit copain ! Cette fille est clairement en âge de se faire des films de princesse, je suis sûr qu'ils soutiennent qu'elle se mariera avec Draco uniquement pour lui faire plaisir mais que le blond la considère comme sa sœur. Ne t'en fais donc pas tant. »

« Tu as sûrement raison… » soupira Harry. « J'ai confiance en Draco, mais il reste quand même Draco et un Serpentard. Et puis il ne m'a même pas soufflé un mot a propos de son existence à elle… Il aurait pu me ménager. Je ne sais pas moi… »

« T'inquiètes pas… » réitéra la brunette. « A le voir te jeter des regards en coin, il est clair qu'il craignait ta réaction et comme un lâche, il t'a mis au pied du mur mais il ne t'a pas trahi, c'est n'est rien du tout. Fais lui un sourire, montre lui que tout va bien pour qu'il se décrispe enfin. Sinon sa mère va commencer à trouver ça louche. »

« Ça m'étonnerait qu'elle s'inquiète. » coupa Ron. « Regardez comme elle est crispée elle aussi de parler avec mes parents. Ils font peine à voir avec leur fausse politesse. »

Harry se moquait des tensions entre adultes, il attrapa un verre de champagne et trinqua en regardant Draco, lui faisant un petit sourire penaud.

Le blond acquiesça et s'occupa de sa jeune fiancée capricieuse, bien plus détendu.

OoOoO

La collation prit fin et les elfes de maison indiquèrent les chambres à coucher de tout le monde.

Au détour d'un couloir, Draco attrapa la main d'Harry et s'enfonça dans le mur avec lui en mettant une main sur sa bouche pour contenir un éventuel cri.

« Mais, mais… Où sommes-nous ? » s'alarma le brun, regardant, hagard, le lieu sombre et cotonneux dans lequel ils se trouvaient.

« On est dans les murs. » expliqua le Serpentard. « Surtout ne panique pas, je ne vais pas t'y laisser. Prend ma main. »

Harry s'agrippa à son petit ami qui ressortit du mur de la même façon qu'ils y étaient entrés, en le traversant, à la différence qu'ils n'étaient plus dans un couloir mais dans une pièce agréablement meublé.

« C'est ma chambre. » fit remarquer Draco. « On est dans la tour nord, au deuxième étage. »

« Mais… On était à peine au rez-de-chaussée, tout à l'heure. Comment… »

« Je suis un Malfoy et la maison m'obéit. Elle est comme un second corps pour moi. Je peux disparaitre à l'intérieur des murs et apparaitre en n'importe quel endroit. »

« Sérieux ?! C'est classe comme maison ! »

« T'as vu un peu ! » s'exclama Draco ravi de l'enthousiasme du brun. « Je te fais visiter ma petite chambre ? »

Harry tourna sur lui-même, les poings sur les anches.

« Petite ? Petite ! Elle fait six fois celle que tu as à Poudlard ! C'est un véritable appartement, un appartement gigantesque sauf que ce n'est qu'une chambre ! »

« J'au aussi une salle de bain, des toilettes avec tout le confort, un dressing, un cabinet pour travailler et… »

Draco ne put poursuivre sa tirade tant Harry était comique. Il éclata de rire et le prit par la main, l'entrainant directement jusqu'à son lit où ils tombèrent enlacés, s'embrassant, se coulant l'un contre l'autre, câlin.

« Alors comme ça… tu es fiancé ? » demanda le brun en lui caressant les cheveux, doucement. « Depuis ta naissance ? »

« C'est vrai… »

« Mais ? Dis-moi qu'il y a un mais, je t'en prie… »

« Mais je crois que mes parents ne souhaitent plus me marier à Lydie depuis des années. On est bien plus frère et sœur que fiancés à leurs yeux, c'est aussi mon cas... »

« Sauf des siens, apparemment… »

« Lydie le comprendra plus tard… Quand elle aura grandi, que la guerre sera finie et que ma mère la laissera sortir un peu d'ici. Quand elle verra d'autres personnes… Quand elle tombera vraiment amoureuse de quelqu'un. »

« Pansy a l'air de penser qu'elle t'aimera toujours… »

Draco haussa les épaules.

« Pansy l'aime bien. Tout le monde l'adore. »

« J'ai vu ça… Même Vincent s'y est mis. »

« Tu vois. » soupira Draco en nichant son nez contre le cou de son petit ami. « Alors tu as aimé ma maison ? »

« Elle a de la prestance, exactement comme je me l'imaginais ; grande, noire, classe et pleine de secrets. J'imagine tout ce qui doit se cacher à l'intérieur des murs avec un tel pouvoir ! Sûrement des tas de squelettes…. »

« Oh… » fit Draco. « Peut être bien que oui, mais tu n'es pas sensé savoir pour les murs, garde le secret. »

« Ok… » accepta Harry, préférant ne pas trop se poser de question –surtout sur de possibles squelettes grattant à l'intérieur des mûrs.

OoOoO

Les jours s'enchainèrent bien trop rapidement.

Les adultes s'organisaient, répétant le rituel chaque jour.

Les jeunes aussi se regroupaient mais pas dans le but de faire la guerre.

Le premier jour, ils avaient visité tout ce qui était visitable dans le Manoir.

Le deuxième jour, ils avaient voulu explorer l'extérieur, surtout lorsqu'ils avaient trouvé un placard regorgeant de balais de course. Chacun s'était saisi d'un balai et ils avaient tous filés au dessus des plaines enneigées, parcourant des yeux le domaine des Malfoy, en sortant, même, filant dans les champs immaculé environnants.

A un moment, Lydie, Vincent et Gregory avait sortis leurs baguettes et avaient commencé à tracé de concert des symboles complexe dans les champs.

« Qu'est-ce qu'ils font ? » demanda Ron à Harry.

« Qu'est-ce que j'en sais… »

« Demande-le à ton mec, il saura lui. »

« Je sais ce qu'il font… » bougonna Hermione. « Ils tracent un CropCircle. »

« Et c'est quoi ? Une formule de protections ? »

« Non, tss… C'est des symboles, des messages dessinés par les extraterrestres –c'est du moins ce que pensent les Moldus. Quand ils vont trouver celui-là, dans la neige, sans trace de pas, ils vont être tous… heureux. »

« Pourquoi seraient-ils heureux ? »

« Parce que les Moldus aiment ce qui est fantastique et un CropCircle dans une neige exempte de traces va vraiment leur faire penser à un signe venu du ciel. Ils ne pourront pas prouver que c'est un canular et… Tu ne peux pas comprendre, toi tu vis depuis toujours dans un monde fantastique. »

« Mais toi aussi maintenant, alors pourquoi ça t'agace ? »

Hermione haussa les épaules et ne répondit pas.

Après ça, ils revinrent en faisant la course au Manoir.

Le troisième jour, Harry et Draco sortirent seuls pour jouer au Quidditch à leur manière. Ils lâchaient un vif d'or dans le ciel et le prenaient en chasse à toute allure, sans règles, sans limite. Dès que l'un d'eux –ou plutôt, dès qu'Harry attrapait le vif – ils le relâchaient et recommençaient, se tuant à la tache.

Des heures plus tard, ils survolèrent le domaine en revenant en direction du Manoir. En chemin, Harry vit d'autres bâtisses que Draco ne leur avait pas fait visiter le jour précédent et il demanda à son petit ami de lui dire ce qu'elles étaient.

« Là… C'est juste une cabane. »

« Une cabane ? J'aurai dit une maisonnette. »

« Oui, enfin… Une maisonnette lui irait bien aussi, comme terme. Car c'est ce qu'elle est, une espèce de petit refuge avec tout le confort. Elle est à moi, mon père me l'a faite faire quand j'étais dans ma période rebelle, je voulais être seul ! »

« Tu as déjà eu une telle période ? » s'étonna Harry, amusé.

Draco acquiesça puis vira sur son balai et montra une grande serre de verre, ronde de base et pointue de toiture.

« Là, c'est le jardin secret de ma mère. Il n'a pas de porte, on ne peut y aller qu'en transplanant. Il y règne toute l'année des plantes florissantes et une chaleur étouffante. Au milieu, il y a un petit salon et des fontaines. C'est aussi mon père qui le lui a fait construire, l'année où ils se sont mariés. »

« Ce qu'il est généreux… » bougonna Harry.

« Bien sûr qu'il l'est, surtout avec nous. Tu ne trouves pas ça normal ? »

Harry haussa les épaules.

« Ça dépend… Toutes vos richesses me semblent un peu… comment dire… sales. C'est facile dans ce cas d'être généreux… »

Draco fronça les sourcils.

« Qu'est-ce que tu entends exactement par là, Harry ? » demanda-t-il froidement.

L'autre fit un geste large de la main, englobant tout le domaine.

« Ton père est en prison depuis des années, il ne travaille plus, il a fait des tonnes de mauvais choix, c'est la guerre depuis plus ou moins deux ans et on dirait que ça ne vous atteint pas. Vous semblez toujours aussi richissimes alors que ton père n'est plus là pour apporter de l'eau au moulin. »

« Mais mon père ne travaillait pas… avant. Il se contentait de faire un peu de… politique mais ce n'était pas pour ramener de l'argent ! »

« Alors comment vous pouvez tenir un tel train de vie ?! » s'emporta Harry.

« Qu'est-ce que tu crois, ma famille est immortelle ! Depuis toujours mes ancêtres amassent des richesses, tant et tant de richesses, que mon père, moi, mes enfant et mes arrières arrières petits enfant, on aura quasiment rien à faire pour faire fructifier tout ça et vivre dans la plus parfaite opulence ! L'argent appelle l'argent… On ne te l'a jamais dit ? »

« Je le savais que vous étiez des sortes de vampires ! C'est pour ça que de génération en génération vous avez tous les même têtes ! »

« Parce qu'on ne peut pas dire la même chose de ta gueule et de celle de ton père ?! » cracha Draco. « Tu as la même allure que lui, jusqu'à ton talent pour le Quidditch et t'attirer des ennuis ! Et tu as hérité de lui toute sa fortune de bon petit sang pur alors ne joue pas à la mijaurée avec moi parce que ce serait hypocrite ! »

Harry et lui se dévisagèrent, furibond. En quelques répliques, ils avaient l'impression d'être revenus des mois en avant, dans les couloirs de Poudlard lorsqu'ils se haïssaient. Preuve que leur relation était fragile et toute neuve, ils ne démordaient toujours pas des vieilles habitudes rancunières.

« Et là-bas, qu'est ce que c'est ? » demanda finalement le brun en pointant une autre bâtisse, histoire de détourner la conversation.

« L'écurie, la bergerie, la grange et la remise. »

« Qu'est ce que tu fous avec une bergerie, une grange et le reste ! » s'exclama Harry, les yeux écarquillés.

« Regarde autour de toi, il n'y a que des terres ! Tout cela deviendrait des friches si ce n'était pas entretenu. »

« Alors là ! Jamais je n'aurais imaginé qu'il y avait des troupeaux chez les Malfoy ! »

« Pourquoi pas ? C'est joli, de loin… Je ne m'occupe pas du bétail, mais il y a des chevaux, j'ai un Varax, enfin un demi Varax, et Lydie a un poney. »

« Qu'est-ce que c'est un… Varax ? »

« D'apparence, c'est comme un cheval. Mais c'est bien plus particulier. C'est une espèce… interdite. Depuis des décennies. C'est pour ça que le mien est seulement à demi Varax, mais il a tout de même de sacré pouvoir. »

« Evidement ! » s'exclama Harry bien plus curieux qu'il ne voulait le montrer. « Et pourquoi est-ce interdit ? »

« En fait, c'est la manière dont sont faites ces créatures qui est interdite… »

La curiosité d'Harry était à son comble –Hagrid aurait défaillit dans la même situation que lui.

« Tu veux le voir, pas vrai ? » demanda Draco en souriant en coin. « Suis-moi ! »

Le blond fit virer son balai à toute allure en direction de l'imposante bâtisse si en retrait du Manoir.

Même pas deux minutes plus tard, ils atterrissaient devant une porte aux battants de bois immenses. Draco posa son balai contre le mur de briques rouges et entreprit de tirer l'un des battants sur le côté, révélant une immense écurie plongée dans la pénombre.

Harry s'était attendu à quelque chose de plus rustique, sentant le crottin avec de la poussière en suspension dans l'air mais il n'en était rien.

Le sol était pavé de pierre grise et proprement balayé comme la cour devant le Manoir, les stalles étaient spacieuses et faite des briques rouges surmontées de barreaux de métal parfaitement astiqués. Il y régnait une douce chaleur malgré l'hiver rigoureux à l'extérieur et un agréable parfum de foin et de litière propre.

Des têtes chevaline sortirent de par-dessus les murs des boxes, curieuses. Il y en avait si peu que cela étonna Harry.

« Pourquoi est-ce si vide ? » demanda-t-il.

« C'était aux siècles précédents que mes ancêtres faisaient de l'élevage. Maintenant ça ne sert plus à rien, les Moldus se déplacent en voiture, on ne peut plus se mêler à eux avec des calèches et des chevaux. »

« Pourquoi en avoir gardé, dans ce cas ? »

« Pour le plaisir… En souvenir nostalgique, quelque chose comme ça… »

Draco s'avança dans l'ombre et entra dans une espèce de grande pièce où était entreposées des pommes, des carottes et du grain dans de grands sacs. Il prit quelques friandises pour chevaux dans ses mains et s'avança pour montrer un petit poney blanc-neige dont le garrot arrivait à peine au niveau du ventre des jeunes hommes.

L'animal avait un poil d'hiver épais mais pas autant que s'il avait été laissé en extérieur. Son pelage était parfaitement lisse et lustré par de nombreux brossage et sa crinière était étonnamment longue et fournie, démêlée à merveille et parsemée de petites tresses –Harry imaginait sans peine la petite Lydie tresser la crinière de son poney.

L'animal avança son nez et Harry le caressa.

« C'est si doux… » murmura-t-il, remarqua la couverture rouge accroché sur son dos.

Draco lui donna une pomme et montra au brun comment la lui donner sans se faire mordre.

« Qui s'en occupe ? » demanda Harry en continuant à caresser le poney.

« A ton avis ? Les elfes de maison, les domestiques. Nous ne faisons que les monter quand ça nous chante. Mais je sais les harnacher et les brosser, si je veux… Viens. »

Le blond agrippa son petit ami par le bras et l'entraina un peu plus loin dans l'ombre là où une grande tête noire finement ciselée les observait, si sombre dans la pénombre qu'Harry ne distinguait pratiquement rien de la silhouette.

« Ajrarn (1) … » murmura Draco et un hennissement strident lui répondit.

La tête noire s'inclina, se secoua et le Survivant vit de longue mèche noire virevolter puis des bruits se répercutèrent sur les murs et les autres chevaux commencèrent à devenir nerveux et à hennir à leur tour.

« Il va défoncer sa porte. » fit-t-il, comprenant que le cheval de son petit ami donnait des coups de sabot de son antérieur contre la porte du boxe.

« Ajrarn ! » reprit Draco et les bruits cessèrent aussitôt tandis que la longue tête se tendait vers eux.

Il flatta le chanfrein, le caressant amoureusement en dégageant les longues mèches noires, dévoilant deux yeux bleus d'une acidité complètement délirante sur ce pelage si noir et une minuscule étoile blanche au milieu du front.

Le Serpentard donna toutes les pommes, une à une, à l'animal en continuant à le flatter amoureusement, murmurant des mots doux si bas qu'Harry n'entendait rien, se sentant exclu du duo hommanimal.

Parfois, Draco ne disait plus rien, il s'avançait et posait son front contre celui du cheval, l'embrassant et le cajolant, puis il reprenait ses doux murmures comme s'il lui...

« On dirait que tu lui parles. » osa remarquer Harry, jaloux.

« C'est le cas… Il me comprend et me répond, en pensée. »

« Quoi ? »

« C'est l'une de ses particularités et c'est si difficile à obtenir que beaucoup de chevaux meurent au lieu de devenir un Varax. Lui, il n'a pas eu besoin de souffrir puisqu'il tient ses facultés de son père. Ses facultés sont amoindries parce qu'il n'est pas pur mais il en a d'autres que celle-ci… Ça te dirait de le monter ? »

« Quoi ! » s'exclama Harry, ahuri. « Mais la seule fois où j'ai fait du cheval, c'était à dos d'hypogriffes ou de Sombral et j'avais pas spécialement fier allure. »

« Mais ce n'est pas du tout pareil ! Tu verras, ce sera génial… Et puis je serai avec toi ! Il est assez costaud pour nous porter tous les deux et il a grandement besoin d'exercice –les domestiques ont un peu peur de le monter. »

« Pourquoi ont-ils peur ? » demanda Harry qui était certain qu'il y avait de très bonnes raisons à cela.

« Parce que… normalement… il n'est qu'à moi, il ne peut être monté que par moi. Je leur ai donné la permission bien sûr, et je le lui ai fait comprendre… » Draco désigna l'étalon noir. « Mais bon… je comprends qu'il fasse un peu peur alors ils ne le lâchent que lorsqu'il fait très beau, mais avec toute cette neige… »

« Justement, ça ne sera pas gênant toute cette neige ? » contra le brun.

Draco se contenta de lui faire un sourire en coin. Il se remit à murmurer de façon inaudible contre la joue du Varax et le cheval expira brusquement par les narines, comme soupirant de dédain.

« Il dit que tu as peur et qu'il peut courir seulement avec moi. » traduisit le blond.

« Tu es sûr que ce n'est pas toi qui parle ? Je ne vois pas comment un cheval pourrait avoir des pensées aussi élaborées ! »

« Ses pensées ne sont pas aussi élaborées que celle d'un humain, elle reste très animal mais… C'est un animal retravaillé par la magie noire, il en est empreint. Ne le sous-estime pas… »

Le cheval tourna ses yeux abominablement bleus vers le Survivant qui se sentit tellement scruté qu'il ne mit plus en doute les paroles de Draco.

« D'accord, je veux bien le monter avec toi. Ça sera certainement une expérience exceptionnelle. Et puis, je me sens un peu ridicule d'avoir des craintes alors que dans deux jours… »

« Tu l'as dit ! » s'exclama Draco en le coupant, ne voulant pas aborder l'imminence de la guerre. Pour clore le sujet, il ouvrit aussitôt la porte du box de son Varax noir.

L'étalon sortit comme un diable hors de sa stalle et le blond repoussa Harry pour qu'il ne soit pas bousculé. Puis il s'approcha de l'animal qui dansait en faisant claquer ses sabots sur les pavés et lui donna une petite claque sur le nez.

« Calme-toi, espèce de diable. Tu t'exciteras dehors, quand on sera sur ton dos ! »

L'étalon arqua son cou et secoua sa crinière. Il restait tellement nerveux et excité qu'Harry préféra marcher un peu en retrait mais le Serpentard resta juste à côté de lui, une main sur son encolure, lui donnant des petites tapes ou lui tirant une mèches de crinière s'il commençait à s'agiter un peu trop.

Quand ils furent enfin à l'extérieur, Harry se rendit enfin compte combien le cheval était immense et puissant, combien il était noir et étrange. Son cou était anormalement long, mais sa carrure, sa crinière et sa façon de l'arquer et de le bouger sans cesse faisait presque disparaitre ce détail. Cependant,tout en lui était curieusement longiligne, sous les muscles épais, son dos se courbait et était flexible au-delà du normal –il le remarqua lorsque l'animal s'arrêta en une position étrange pour se gratter le dos avec ses dents, là où était posé une couverture, noire également.

Aucun cheval n'aurait pu se tordre à ce point et avec tant de grâce. De plus, sa queue fournie en longs crins ondoyants et noir luisant était la partie anatomiquement la plus étrange, comme si le cheval était pourvu, en dessous des crins denses, d'une longue queue de félin, battant ses flans furieusement.

« Il n'est pas normal, on dirait un cheval mélangé à un chat ou un serpent. »

« Tu as vu ses dents ? » demanda Draco.

« Non, pourquoi ? Elles sont comment ? »

« Très blanches et très… coupantes ! » fit-il en faisant sursauter Harry, riant de lui. Il le prit par la main et le rapprocha de la bête. « Regarde ses yeux… Les chevaux normaux ont des pupilles horizontales avec des bords arrondis. Lui… c'est comme s'il avait des yeux de serpent renversés, tu as vu ? Les bords sont effilés. »

Harry resta fasciné par le regard de l'étalon qui secoua sa longue tête, voilant son regard de longues mèches noires.

Pendant ce temps, Draco déboucla les sangles de la couverture, passant sa main sur la robe comme pour la lisser un peu plus.

« Tu vas lui mettre une selle ? » demanda Harry, un brin inquiet.

« Non, ça ira comme ça. Ça ne serait pas confortable puisqu'on va monter à deux… »

« Mais… Et pour le diriger, tu ne lui mets pas de… truc ? »

« Non, ça ira je te dis. Je ne veux aller nulle part spécialement, c'est juste histoire de te montrer ce qu'il vaut, c'est lui qui choisira. Et je te rappelle que je peux communiquer avec lui par la pensée. Viens m'aider à monter, il est trop haut. »

Harry s'approcha en dissimulant ses craintes au maximum. Il saisit Draco en dessous du mollet et l'aida à se hisser sur le dos de l'animal. Ensuite, le blond lui tendit les bras et l'aida à se hisser à son tour derrière lui.

« T'es sûr de ce que tu fais ? » demanda Harry en serrant très fort ses bras autour du ventre de son petit ami.

Il sentait entre ses jambes le corps de l'étalon se tendre comme un élastique. Les muscles roulaient et tremblaient. Il ne cessait de bouger et de trépigner, n'attendant qu'un maigre signal pour partir et Harry sentait viscéralement que le départ serait dantesque.

Par-dessus son épaule, il vit Draco entremêler ses doigts dans la longue crinière noire du Varax. Il souriait, fébrile et sûr de lui alors le Griffondor ne dit plus rien, attendant le départ courageusement.

« Tu es prêt ? » lui souffla Draco.

Harry serra ses bras un peu plus fort sur lui tandis que l'étalon faisait un pas dansant, comme s'il était retenu par une corde qui ne lui permettait que de faire des petits bonds en avant.

« A peu près… » murmura-t-il, enfin.

« Faut que tu sois sûr, sinon il ne se donnera pas à fond. Nos pensées sont un peu mélangées pour lui quand on est ensemble sur son dos. »

Harry acquiesça et nicha son visage dans le cou de Draco. Il embrassa sa peau et dit fermement :

« Je suis prêt, on peut y… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le corps noir se détendit dans une foulée gigantesque, puis une autre et une autre et tout cela de plus en plus rapidement.

Harry en eut le souffle coupé par la force du vent lui frappant le visage. Le paysage autour de lui défilait à une allure folle et il eut les larmes aux yeux à cause du froid cinglant.

Le galop effréné était telle une vague, si douce, si régulière qu'il n'eut plus peur de tomber. Il arrivait à fermement se maintenir même lorsque le Varax faisait des bons ou des écarts impressionnants. De plus, Draco se tenait trop fermement avec ses jambes pour qu'Harry soit désarçonné, puisqu'il se tenait à lui.

Le brun baissa le regard sur la neige qui volait sous lui, puis se retourna. Il vit nettement que les traces dans la neige étaient à des distances invraisemblables, séparés par des dizaines de mètres et trop peu profondes pour être vrai, comme si les sabots du Varax se contentaient d'effleurer à peine le sol.

Il comprenait mieux pourquoi la neige n'était pas un problème.

« Tu aimes ? » hurla Draco par-dessus le vent.

« Oui ! » répondit Harry en se mettant au plus prêt de son oreille.

« Alors on peut passer à la vitesse supérieure ! »

« Parce qu'il y a une vitesse supérieure ?! »

Pour toute réponse, le cheval redressa la tête et hennit longuement avant de se tendre au maximum, formant presque une horizontale parfaite entre son encolure, sa colonne vertébrale et sa longue queue qui flottait derrière eux telle une flamme noire.

L'allure obligea les garçons à se coucher sur l'encolure du Varax pour ne pas offrir de prise avec le vent.

A un moment, Harry vit se profiler un lac devant lui. Il le vit recouvert d'une étroite chape de givre sur les bords mais le centre était toujours liquide. Il voulut hurler, mettre en garde contre le danger imminent mais à peine cette pensée lui monta à la tête qu'ils galopaient déjà sur les flots, projetant des gerbes glacés tout autour d'eux.

Quelques secondes après, ils étaient dans une forêt sombre et Harry crut sa dernière heure arrivée lorsqu'il sentit la colonne vertébrale sous lui louvoyer furieusement à chaque seconde, évitant les arbres de peu. Il ne pouvait s'empêcher de se voir désarçonné et projeté contre l'un de ses troncs, son corps se brisant en deux sous le coup.

Encore quelques secondes plus tard, ils débouchaient à nouveau dans une plaine encore plus vaste que les précédentes et Harry entendit distinctement Draco murmurer. Il le sentit de redresser et au fur et à mesure, l'allure effroyable s'amenuisa et bientôt ils passèrent à un trot bien moins confortable de par ses tressautements.

Quand le Varax s'arrêta totalement, Harry se laissa glisser à terre mais ses jambes étaient si ankylosées qu'il tomba dans la neige, quasiment entre les longues jambes chevaline, sans pouvoir se redresser et s'éloigner.

« Doucement. » souffla Draco en déplaçant sa monture sur le côté en évitant le corps de son petit ami.

Il sauta lui aussi à terre, mais bien plus légèrement, donna une claque sur la croupe du cheval qui s'enfuit et disparu comme un ouragan noir. Il le regarda partir puis s'accroupit dans la neige et prit son petit ami dans ses bras.

« Ben alors ? Tu ne tiens pas la route ? »

« La ferme… » souffla Harry, essoufflé, tentant de se masser ses muscles perclus de crampes.

« Tu n'as pas aimé ? »

« Disons que… J'ai adoré mais je me suis un peu trop crispé et voilà le résultat. » Il fit un geste impuissant vers ses jambes douloureuses que Draco entreprit de réchauffer avec un sort.

« Je connais ça, c'est une question d'habitude. T'inquiète pas, je connais un sort qui va te remettre d'aplomb, tu n'auras même pas de courbatures demain. »

« Ni de déchirure musculaire ? J'en doute… »

« Allons… Ce n'était pas si terrible… »

La douce chaleur des sorts de Draco l'envahissait peu à peu et Harry attrapa le blond dans ses bras quand il n'eut plus mal du tout. Tout deux se renversèrent dans la neige.

« Draco… Je voulais te dire une chose… »

« Quoi ? » demanda l'autre en se laissant aller dans les bras de son petit ami. « Que tu m'aimes ? »

« Non… Enfin, si… Mais je voulais surtout m'excuser pour être désagréable ces derniers temps. »

« Je le suis aussi… »

« Oui, d'ailleurs c'est ton tour de t'excuser. »

« Pardon… » murmura Draco avec douceur et sincérité. Il se serra contre Harry pour avoir plus chaud.

« C'est bizarre… » fit le brun. « Ces dernier temps, on n'a pas arrêté de se disputer et de faire l'amour… »

« C'est pas bizarre, c'est la guerre. »

Harry acquiesça et les deux jeunes hommes s'embrassèrent un long moment avant de se redresser en grelotant de froid.

« Où sommes-nous ? » demanda le Survivant. « Toujours sur tes terres ? »

« Oui, on a un peu tourné en rond, on ne s'est pas beaucoup éloignés Regarde là-bas, c'est ce que je voulais te montrer… »

Le Griffondor se tourna dans la direction que lui indiquait Draco.

Il vit au loin une colline s'élever doucement sur la blancheur de la neige. En haut du léger dénivelé s'érigeait un cercle de pierres. Le site était loin mais les monolithes restaient imposants, droits, plantés dans la terre depuis des siècles. Certains posés tels un « toit » sur deux autres qui servaient de « mûrs ».

Les pierres formaient des cercles concentriques placés avec une justesse mathématique altérée seulement par le temps qui les avaient abattus et rongé.

« C'est Stonehenge… » murmura Draco. « C'est là que… »

« Dans deux jours… » souffla Harry, hypnotisé par l'anthracite de pierres dressées sur le tapis immaculé de la plaine.

« Tu veux qu'on y aille ? » demanda le blond.

« Non… » soupira l'autre. « Tu les connais par cœur et je les verrai suffisamment de prêt plus tard… Je voudrais rentrer et… » Il serra Draco fort dans ses bras et cacha son visage dans son cou. « Je veux encore faire l'amour avec toi… » ajouta-t-il tristement. « Encore et encore… »

Draco acquiesça et rendit son étreinte à Harry. Il aurait voulu lui dire de ne pas s'inquiéter tant, qu'aucun d'eux ne mouraient et qu'ils referaient souvent l'amour après après demain et tout le restant de leur vie.

Mais il n'était pas si serein…

Il avait aussi peur qu'Harry.

Et il avait autant envie d'amour que lui.

Il se détourna du brun, mis deux doigts dans sa bouche et siffla très fort, appelant le Varax qui revint dans un galop infernal.

Contrairement à la première fois, il fit monter Harry d'abord et se mit derrière lui en lui expliquant comment diriger la monture.

« Par la pensée et par le corps. Si tu veux aller à droite, penche toi un peu à droite et pense à droite. Et si tu veux t'arrêter, redresse-toi légèrement en tirant sur sa crinière et en te disant stop ! dans ta tête. Si ça ne marche pas assez vite, dis le… Il te comprendra. »

Harry acquiesça et Ajrarn repartit dans une allure folle comme s'il ne connaissait que ça, comme s'il n'avait été créé que dans le but d'être infernal.

A peine cinq minutes plus tard, les garçons avait fini de brosser le grand cheval noir et replacé sa couverture sur son dos, mis du foin et des granulés dans sa mangeoire et lui avait donné pleins d'autres pommes et caresses et murmures.

Après ça… Draco avait enlacé Harry et avait transplané dans sa chambre.

Ils s'étaient déshabillés sans langueur aucune et avaient filé sous la douche, commençant les prémices d'une longue nuit.

OoOoO

Le quatrième jour, le dernier avant la bataille finale, Harry et Draco ne sortirent pas de leur chambre avant de longues heures. Vint un moment où ils eurent envie de passer leurs derniers instants paisibles avec les autres personnes qui comptaient pour eux, leurs amis et parents, même s'ils savaient que, à un moment ou un autre, ils finiraient la nuit dans les bras l'un de l'autre.

A suivre…

(1) - Je n'aime pas beaucoup les annotations, comme ça, parce qu'elles obligent le lecteur à descendre puis à chercher là où il en était, sur le net, mais je voulais juste dire que ce nom bizarre, Ajrarn, est celui du Seigneur des Ténèbres de Tanith Lee (mon auteur préféré) et que je ne pouvais pas lui donner un autre nom que le sien.

NDA : Oh my God ! Ça me fait trop bizarre d'avoir écrit ce chapitre ! On s'approche trop de la fin, de la bataille finale, de ses scènes que j'imagine depuis des mois et des mois, presque deux ans ! Je suis contente d'avoir bientôt fini cette histoire mais, en même temps, ça me fait de la peine. C'est avec elle que j'ai vraiment démarré, que j'ai le plus progressé et le plus changé. D'ailleurs ça se voit dans le style et le scénario. Enfin, bon, ce n'est pas encore la fin et j'ai pas mal de temps avant de verser une larmichette, sniouf !

En tout cas, j'espère que vous aimez ce chapitre de transition, et oui… encore un… Désolée. En plus il est quasi deux fois plus long que d'habitude alors j'espère vraiment que vous ne vous êtes pas fais chier à lire, snifou… (à moins que vous ayez survolé ? Double sniiiif !!!)

Gros bisous à tous !

Levia

PS : Review for mimi? Lâchez-vous, c'est le moment de me faire plaisir ! Ce sont les derniers chapitres maintenant… Sniiiiiiiiiif !!! (c'était le dernier, lol)