Auteur : Leviathoune
Bêtalecteur : Majore qui a bien bossé ! Merci beaucoup, vraiment !
Résumé : Les Malfoy et les Sang pur se sont alliés dans une incantation compliquée pour ouvrir en grand les vannes de la Porte du Nord. Un immense amas de magie s'est échappé de la terre tandis que les armées de la coalition pour la Paix s'organisaient dans la plaine de Stonehenge, se préparant à la bataille finale qui allait, logiquement, suivre. Attiré par cette perte intolérable, Voldemort et ses troupes de la mort arrivèrent enfin en masse, stoppant le processus. Les elfes de maison emprisonnèrent les armées rivales dans un immense champ de force auquel personne ne pourra échapper avant la fin du combat. La bataille a commencé… Harry laisse enfin parler l'Élu en lui, et…
RAPPELLE-TOI, Chapitre 28
Le Duel du Destin
Harry courait comme au ralenti dans la lande couverte de neige. De la buée sortait rapidement de sa bouche, et ses pas s'enfonçaient dans le sol immaculé qui crissait.
Lorsqu'il heurta de plein fouet l'amas de corps que formaient les combattants, le temps sembla reprendre son cours et il se sentit happé littéralement dans un monde de chaos sanglant, un monde de violence, où tout allait beaucoup trop vite.
Il avait imaginé la bataille finale des centaines et des centaines de fois depuis qu'il savait que ce jour arriverait inexorablement. Mais rien ne l'avait vraiment préparé à vivre ce qu'il était en train de traverser. Peut-être que s'il avait complètement laissé place à l'Élu qui était en lui, son esprit n'aurait pas été si bouleversé... au point d'en devenir presque lent. Il se sentait plus que jamais prêt à affronter la guerre mais cela ne l'empêcha pas d'éprouver une peur terrible.
Presque à chaque seconde, il se retournait pour voir où en étaient Ron et Hermione. Et son attention diminuait, tout comme ses coups qui, bien que dévastateurs, devenaient maladroits.
En lui, l'Élu enflait comme une apaisante bouée de sauvetage qui expulsait sa terreur et ses miasmes par tous les pores de sa peau.
Peu à peu, il s'habitua au déferlement des sorts fatals pleuvant de toutes parts. Il les affrontait sans sourcilier, les parant et les repoussant. Il tua pour la première fois de sa vie et cela ne le fit même pas frémir.
L'Élu s'était peu à peu dilué en lui et prenait le pas sur ses actions, mais pas encore totalement. Il se sentait encore être lui-même ; ses agissements en étaient la preuve vivante et indiscutable car, s'il n'y avait eut plus que l'Élu en lui, il était certain qu'il serait parti, en un battement de cils, se frayer un chemin jusqu'à son ennemi mortel pour engager le Duel à mort. Il n'était pourtant plus vraiment lui, ni totalement l'Élu… Qui était-il, dans ce cas ?
Il n'avait pas le temps de se poser des questions, il devait avancer, même s'il n'était pas, dans l'immédiat, spécialement pressé d'arriver devant le Seigneur des Ténèbres. Au contraire, il testait sa nouvelle puissance, assimilant, pas à pas, les pouvoirs de l'Élu, tout en observant, de parts et d'autres, ses amis. Veillant sur eux, il massacrait pourtant autant de sbires de l'armée des Ténèbres qu'il le pouvait. Il se trouvait presque trop consciencieux, et les regards terrifiés mais résolus de Ron et Hermione le faisaient culpabiliser parce qu'il n'était plus comme eux, il n'avait plus peur. L'Élu avait chassé ses craintes pour les remplacer par autre chose. Il se déconnectait de plus en plus de la réalité, mais, du même coup, il ne l'appréhendait que mieux, percevant chaque mouvement avec une incroyable précision, comme si son cerveau était pourvu d'un système de détection extrêmement complexe ; une sorte de sonar qu'il pouvait contrôler en un battement de cœur.
Et là, dans le chaos et le sang, il se sentait renaître, il trouvait enfin sa place. Et il avançait lentement, créant au creux de ses mains des vagues de magie de plus en plus énormes et puissantes qu'il lançait contre les Mangemorts, les squelettes en armure de phosphore et les immondes Inferi à l'allure molle et disloquée.
Il les dévastait tous mais ses adversaires, déjà morts, se relevaient inlassablement. Même démembrés, éviscérés et désarticulés, ils se redressaient comme ils pouvaient, s'aidant les uns les autres. Ils continuaient à avancer vers lui, toujours un peu plus infects, surtout au niveau de l'odeur et de la forme, agglomérat de plusieurs corps putrides, de plusieurs squelettes parés d'armes et de cliquailles rouillées.
Harry avait vu bien des films montrant des champs de bataille dévastés ou de zombies. il avait lu des livres et étudié l'histoire, jonchée de guerres, à l'école.
Mais ce qu'il était en train de vivre était complètement différent.
Aucun livre, aucun film, aucune histoire ne pouvait décrire avec exactitude l'odeur que dégageait un tel charnier, l'odeur métallique et écœurante du sang versé à profusion.
Aucune phrase, même joliment construite, employant des mots très descriptifs, ne pouvait vraiment expliquer ce que c'était véritablement que d'entendre ces cris de douleur et d'agonie.
Aucun acteur, pas même le plus virtuose, ne pouvait hurler comme quelqu'un qui vient de comprendre qu'il a été touché à mort et que sa vie est en train de lui échapper ; que d'ici un instant, son cœur cessera de battre et qu'il n'existera plus.
Ce n'est pas beau et déchirant comme l'est souvent la mort au cinéma, ce n'est pas triste et émouvant comme ça l'est fréquemment dans les livres.
C'est simplement d'ultimes gémissements si abominables qu'ils vous glacent le sang et s'inscrivent à jamais dans votre mémoire, violemment imprimés dans votre chair comme par un fer chauffé à blanc. Surtout quand ces cris s'achèvent sur des prières aiguës et ridicules qui se noient dans des borborygmes lamentables et gargouillant le sang des blessures internes.
Mais là, au cœur de la bataille, il y en avait tellement, de ces sons-là, qu'ils ne ressemblaient plus qu'à une cacophonie indistincte.
Il y avait aussi les cris de rage pour se donner du courage et faire peur aux ennemis, le bruit des armes qui s'entrechoquent, le froissement électrique des sorts fusant et s'entrecroisant dans l'air.
Mais Harry faisait fi de tout cela : il n'avait pas le temps de se pétrifier où de s'épancher auprès des mourants qui tendaient des mains tremblantes vers lui.
Le Survivant se moquait bien des Aurors, de toutes nationalités confondues, qui tombaient autour de lui. Il enjambait leurs corps, certains encore secoués de spasmes, d'autres complètement flasques.
Il ne daigna même pas capturer leurs ultimes regards porteurs d'espoir ou de crainte.
Il n'avait d'yeux que pour ses deux vaillants amis, qu'il veillait comme du lait sur le feu. Et Ron et Hermione, presque aussi bien qu'Harry, ignoraient complètement les autres combattants tombés. Ils ne se préoccupaient que de l'encadrer et de surveiller ses arrières, pour lui permettre d'avancer. Lentement…
Creusant un sillon pareil à une molle coulée de lave, les trois compagnons de bataille se frayèrent graduellement un chemin vers le cœur du combat.
Là-bas, tout était bien mieux gardé que sur le pourtour des troupes.
Là-bas, ils avaient affaire aux meilleurs Mangemorts, et non plus à de stupides Inferi rampant à l'aveuglette ni à des squelettes carnavalesques agitant leurs rapières rouillées et leurs os moisis. Tout cela n'était que du vent… Un avant goût de pacotille.
Là, au cœur de la bataille, les Mangemorts chevauchaient des Sharmes noirs proprement immenses qui vomissaient des flammes et de l'acide rouge et vert.
Là, le combat était bien plus difficile, et encore personne de l'armée de la coalition contre le Mal n'avait pu pénétrer ce cercle très gardé.
Personne à part…
Dumbledore.
Dumbledore qui se battait vaillamment contre le Seigneur des Ténèbres.
Étrangement, dans le ciel, un autre Sharme volait et taraudait les ennemis de son propre feu verdâtre.
Harry leva les yeux une seconde sur lui et comprit que cette créature infernale était l'allié créé par Theodore Nott qui était quelque part sur son dos. Cette donnée pénétra son cerveau et fit, à présent, partie de sa stratégie. Et quand le Sharme volant s'approcha, en battant ses ailes de fumerolle noire, il savait parfaitement qu'il allait attaquer et faire une diversion. Alors, il hurla à Ron et Hermione de courir très vite. Eux seulement réussirent à passer cette nouvelle barrière, les Sharmes adversaires ayant bien trop à faire avec le traître pour se soucier de ces trois petits corps s'agitant en dessous d'eux.
Les Mangemorts agacés par le volatile firent fusionner deux de leurs bêtes immondes l'une avec l'autre : ils en devinrent alors un unique, bien plus grand, dont les membres avant se déformèrent et s'agrandirent en ailes gigantesques. Il leva et tendit un cou sinueux paré de quatre yeux rouges flamboyants et se mit à hurler de rage vers le plus petit Sharme qui volait toujours en la narguant.
La bête immonde prit son envol, quatre Mangemorts sur son dos la dirigeant et lui donnant toute leur puissance magique pour l'alimenter à travers les chaînes qui sortaient de son échine. Les règles du jeu venaient de changer. L'allié de nuée noire ne tournera plus en l'air très longtemps, pensa Harry. Nott était probablement fichu, mais il leur avait au moins permis de passer.
De toute façon, il ne le regardait déjà plus. Le petit Theo était déjà complètement oublié : Harry n'avait plus d'yeux que pour le combat titanesque qui se déroulait sous ses yeux. Il en aurait presque jubilé si l'heure n'avait pas été aussi grave.
Voldemort contre Dumbledore, le vieil homme contre son élève infernal. Le maître était clairement dépassé mais il ne comptait pas rendre les armes et passer le relais sans avoir d'abord épuisé le tyran – le Survivant l'avait bien compris mais ce n'était visiblement pas le cas de Voldemort, qui semblait se croire au dessus de l'épuisement. Il ne pensait qu'à jouer de sa puissance contre Dumbledore, et il commit là sa seconde erreur.
oOo
Draco était resté un moment estomaqué et malheureux en regardant Harry disparaître, fendant la foule. Il avait tout mis en œuvre pour que cela n'ait pas lieu mais il avait tout de même fallut que ce petit con se jette dans la bataille… Saleté de courage, saleté de prophétie… Merde, merde, merde !
Il regarda Pansy qui lui rendit son regard.
« Que fait-on ? » demanda-t-il, hagard.
Vincent et Gregory se concertèrent d'un coup d'œil et la jeune fille sembla désemparée.
Ils regardèrent l'immense mêlée qui se déroulait dans la plaine.
« Qui gagne, déjà ? »
« Je dirais que, pour le moment, les deux se valent… »
Draco essuya des larmes amères d'un revers du poignet.
Son tempérament de Serpentard lui faisait voir la vérité en face et il avait un poids énorme sur le cœur. C'était déjà comme s'il avait perdu Harry… A cause de ce sentiment, il ne voulait surtout pas rester inactif ; il devait faire quelque chose pour s'occuper l'esprit ; il devait jouer un rôle dans cette bataille – même s'il en avait déjà beaucoup fait et qu'il se sentait vidé.
Il regarda ses mains ensanglantées, mollement emmaillotées dans du tissus, puis se retourna pour contempler ses parents enlacés. S'il partait se jeter dans la bataille à la suite du Survivant, sa mère le suivrait pour en faire de même pour lui. Et ça, il ne le voulait pas… Il allait faire ce qu'il aurait du accomplir avec Harry.
Il se dirigea vers eux.
« Ça va ? » leur demanda-t-il gentiment en s'accroupissant.
Comme il n'avait pu le faire avant, il serra son père et sa mère dans ses bras. Il mit dans cette étreinte toute sa force et sa tendresse pour les rassurer.
« Vous devez être épuisé, non ? »
Sa voix tremblait et sa mère le serra encore plus fort tout contre elle.
« N'ai pas peur. » dit-elle en lui caressant les cheveux.
« Oh que si j'ai peur.. » soupira-t-il. Il mit sa baguette dans son dos et lui jeta un sort qui la fit s'évanouir dans ses bras. Presque en larmes, il la remit dans les bras de son père qui resserra ses bras autour d'elle.
« Toi, au moins, je ne vais pas craindre de te voir partir te battre. Tu n'as pas de baguette et tu n'as pas donné que ton sang, en tant que clé. Tu ne dois plus être bon à grand-chose… »
« Un peu de respect envers ton père, Draco. » gronda Lucius en prenant la baguette que lui tendait son fils, celle de Narcissa.
« S'il te plait. Promet-moi de rester là et de la protéger de ton mieux. » lui demanda-t-il avec ferveur.
« Je te le promet. » soupira Lucius en baissant les yeux.
Avant de repartir, Draco sentit que son père lui attrapait la main pour la serrer fort dans la sienne.
« Fais très attention ! Ta tenue est trop voyante. »
« Oui, père. » dit-il gentiment en faisant revenir son armure à un noir de nuit.
Il se dirigea à nouveau vers ses amis et s'exclama :
« Allons-y, on va leur montrer à ces Gryffondors merdiques qu'on peut être actif dans une guerre sans pour autant foncer dans le tas comme des abrutis. Pansy, transforme-toi en faucon et repère un endroit plutôt dégagé de la bataille ; un lieu où l'on serait relativement en retrait mais où l'on pourrait canarder à tout va. »
Pansy acquiesça et se transforma en rapace pour accomplir sa mission. Elle étendit ses ailes et prit son envol.
oOo
Harry observait le duel des deux titans. Ron et Hermione étaient aux aguets, surveillant une éventuelle attaque qui viendrait troubler leurs attentes.
Le Survivant sentait, en lui, l'Élu s'impatienter. Une vague immense d'envie le taraudait et l'incitait à se porter en avant, à s'interposer et à combattre pour faire prévaloir sa Destinée.
Une part en lui voyait Dumbledore faiblir, et le pire qui pouvait advenir à tout moment. Il ne voulait pas que le Directeur de Poudlard meure… Alors il fit taire les derniers vestiges d'une peur paralysante, suscitée par la vue d'un horrifiant Voldemort déchaîné, et il se laissa enfin totalement submerger par l'Élu. C'était une part de lui… Il lui faisait confiance, et resta là, tout de même, en retrait, dans son cœur.
Alors, il se vit avancer, tremblant d'impatience.
Il se vit attraper le bras de Dumbledore et le repousser en arrière pour faire face, enfin, à Voldemort.
Il aperçut, tout d'abord, les yeux rouges de son ennemi, fendus de pupilles verticales. Ils brillaient d'un éclat irréel et Harry savait que, en ce moment même, ses propres yeux luisaient tout aussi intensément, mais d'une couleur complémentaire au rouge.
Il comprenait tout, avec une nette acuité… Il était son parfait opposé, il avait été conçu, choisi, juste pour ce moment… Il jubilait. Il ne savait pas si c'était l'Élu où bien lui qui pensait cela, mais il exultait littéralement. Il avait vraiment hâte de le combattre, de lui faire mordre la poussière, de lui faire payer, tout. Et s'il voulait cette vengeance, alors ça signifiait que ce n'était pas uniquement l'Élu qui se dressait contre le mage Noir. Ça non…
Il se sentait poussé, au fond de lui, par une force qui aurait pu soulever la terre et fendre les montagnes. C'est cela d'être un annoncé des prophéties, un choisi. C'est cela…
Il savait que Voldemort sentait cette force également. Il se demandait si le tyran avait juste un peu peur de mourir… De disparaître, complètement… Par sa main, innocente mais surpuissante, la main du Destin.
Harry se demanda s'il avait tord d'avoir si confiance en lui, mais il ne pouvait pas faire autrement que s'approcher. Et il savait que le Lord Noir non plus ne pouvait pas résister à cet appel, cette force. C'est peut-être à cause de lui, finalement, qu'il était venu, et non à cause de Stonehenge, pâle excuse. C'est cette puissance qui les avait toujours lié, opposé, et qui les poussait maintenant à se jeter l'un contre l'autre.
Harry ne courait même plus vraiment, ses pieds semblaient glisser à quelques millimètres au dessus du sol. Il parcourait une distance énorme en une fraction de seconde, mais Voldemort bougeait bien plus vite que lui : A peine esquissait-il un mouvement qu'il se trouvait déjà ailleurs. Ses robes flottaient autour de lui et il glissait comme un fantôme monstrueux.
Harry sourit et prépara une boule d'énergie dans le creux de sa main. Il la projeta de toutes ses forces contre lui mais le Seigneur des Ténèbres l'évita. Harry en projeta des dizaines d'autres, et bientôt un nuage opaque l'empêcha de voir où se situait son ennemi.
Il s'arrêta un instant, essayant de le visualiser non pas par ses yeux mais par son esprit, captant son aura de puissance grâce à ses pouvoirs psychiques.
Ainsi, il évita une attaque in-extremis. Voldemort se trouvait à l'opposé du nuage, juste derrière lui. Il bougeait, décidément, bien trop vite.
Harry voulait prendre l'avantage à tout prix, alors il se souvint qu'il était taillé pour l'élément air, il se rappella d'un sort et, sans même le penser vraiment, le sortilège s'effectua et de très grandes ailes sortirent de son dos en déchirant son armure de cuir. Elles étaient couvertes de plumes d'un noir corbeau à la base et tout aussi noires mais membraneuses pour le reste.
Cette fois, quand il s'élança, poussé par sa magie et ses ailes, il alla bien plus vite que Voldemort et c'est lui qui se retrouva dans son dos, utilisant l'effet de surprise, n'attendant pas que le Lord Noir trouve un moyen de répliquer.
Il l'attrapa par le cou et créa une boule d'énergie mortelle dans sa main qu'il plaqua contre le torse de son ennemi, essayant de l'enfoncer en lui.
Voldemort voyant cela, se mit à hurler de rage et Harry se sentit repoussé par la puissance de son aura. Il fut projeté au sol et manqua de s'évanouir. Il dérapa longtemps sur la terre avant de se relever.
Énervé, il constata que ses ailes, sa tenue et sa peau mise à nue étaient couvertes de déchirures parfois sanguinolentes. Il toisa Voldemort, qui n'avait absolument rien, si ce n'est un peu de poussière sur sa robe.
Lui aussi, il pouvait faire ce genre de chose. Il tendit les mains devant lui et ordonna à l'air de se contracter.
Soudain, le Seigneur des Ténèbres se sentit oppressé de toute part, par des étaux invisibles.
Il hurla et se débattit mais Harry luttait pour que sa puissance l'écrase.
C'était un combat mental et magique, mais seulement pour les deux protagonistes. Les autres ne semblaient pas comprendre les tenants et les aboutissants d'un tel duel, sans baguette. De toute façon ils avaient mieux à faire... comme repousser l'armée adverse.
Les Mangemorts tinrent leurs positions mais, voyant leur maître en difficulté, certains se retournèrent en bloc contre Harry qui n'eut pas d'autre choix que de s'envoler pour se tenir à distance de ce flot d'Avada Kedavra déferlant vers lui.
Voldemort avait réussi à se libérer pendant la cohue et les Aurors de la coalition firent une nouvelle percée vers le centre.
L'homme au visage de serpent blafard, encore protégé par ses hommes, leva la tête vers le ciel noir d'où un démon le contemplait, battant lentement de ses ailes lacérées.
Derrières elles, un dôme luisait d'une magie iridescente et, encore plus haut, se trouvait également une mer de magma turquoise : le sang de la Terre, versé pour l'attirer.
Il comprit que s'il voulait gagner, il fallait qu'il se mette au même niveau que le Survivant et donc, il utilisa lui aussi le sort.
Harry, fronçant les sourcils, vit des ailes d'un blanc parfait sortir du dos de son ennemi. Des ailes pures, comme personne n'en avait jamais – c'était ce que les Serpentards lui avaient dit, à l'époque... Comme quoi la chose était impossible car seul un enfant pourrait avoir des ailes si blanche, mais aucun enfant ne pouvait effectuer un sort de magie noire si complexe et difficile.
De toute façon, il s'en fichait de ces salades sur l'innocence. Son seul but était de tuer cet homme.
Voldemort s'élança vers lui et Harry prépara une boule d'énergie, pour le cueillir au vol mais le tyran fit mieux que de l'éviter, cette fois ; il absorba son énergie, l'étoffa de la sienne et la lui renvoya.
Harry esquiva mais la sphère de lumière se mit à le suivre partout où il tentait de lui échapper.
Mais ce que Voldemort ne savait pas, ou du moins ce qu'il avait oublié de prendre en compte, c'est qu'il avait en face de lui un véritable expert dans le domaine des pirouettes aériennes. Là ce n'était plus l'Élu qui volait, c'était l'attrapeur doublé d'une force démoniaque.
Harry fendait l'air et virevoltait, et tous virent dans le ciel un ange blanc qui se retournait en tout sens, essayant de suivre les aléas d'un démon poursuivit par un globe d'énergie gigantesque.
Soudain, Harry fusa vers Voldemort. Il pila devant lui et lui fit un très large sourire en coin, comme s'il voulait lui montrer ses dents. Le Lord Noir resta estomaqué devant ce sourire mauvais d'où perçait une foultitude de dents pointues et inhumaines. Il retint une exclamation de surprise, et l'instant d'après le Survivant avait disparu derrière lui pour le maintenir immobile en enfonçant des griffes acérées dans ses épaules.
Le Seigneur des Ténèbres vit la sphère de lumière foncer droit sur lui. Il essaya de transplaner ou de se débattre mais le Survivant le tenait d'une poigne terrassante.
Tous virent l'ange blanc maintenu par le diable noir se prendre la sphère de lumière de plein fouet. Les combattants retinrent leurs souffles en le regardant tomber au sol, les ailes en flammes.
Beaucoup poussèrent un cri, de joie ou de détresse, croyant que c'était Harry qui venait de tomber. Bien peu savaient que c'était leur Sauveur qui arborait cette apparence infernale et que c'était le Seigneur des Ténèbres qui gisait à présent dans un profond cratère.
L'ennemi ouvrit les yeux, difficilement. Au dessus de lui se posa un jeune garçon à la tignasse pareille à un feu noir. Ses grandes ailes sombres et lacérées obscurcissaient la mer de magie, loin dans le ciel, et ses vêtements de cuir n'étaient plus que déchirures fumantes – lui aussi s'était pris une partie de la sphère, mais ne il semblait pas éprouver le moindre mal... contrairement à lui.
Harry se pencha vers Voldemort et constata, interloqué, que celui-ci était en train de se transformer. Sa peau, habituellement blanche et cadavérique - presque comme celle d'un un Inferus - était toujours aussi pâle mais arborait à présent le velouté d'une peau humaine bien vivante. Son nez inexistant semblait lentement pousser sous sa peau et des cheveux noir de jais jaillissaient mollement du haut de son crâne qu'il avait toujours connu chauve.
Mais le plus surprenant était ses yeux…
Ils étaient maintenant d'un bleu cobalt absolument incontournable, brillants toujours d'une façon surnaturelle mais avec des pupilles rondes tout ce qu'il y a de plus normal.
Harry s'agenouilla un peu plus et retourna l'homme en plaquant son visage dans la terre. Il se saisit de ses ailes trop blanches, trop parfaites, brisées, brûlées couvertes de sang et de terre. Et comme pour Rogue, il les arracha sans sourcilier pour les jeter au loin, dans une envolées de plumes ivoire, comme autant d'étoiles filantes ou une pluie de neige dans la nuit.
Harry approcha son visage de Voldemort et constata qu'il était devenu à présent totalement humain, et qu'il gémissait de douleur. En un mot : pitoyable.
Il sourit et commença à l'étrangler, remarquant à peine que ses doigts étaient étrangement longs, osseux et maigres à faire peur, griffus comme ceux d'un prédateur.
Le Lord Noir n'avait plus grand-chose de seigneurial. Il se tordit et suffoqua sous sa poigne, gémit et appela à l'aide. Ses yeux bleus perdirent de leur intensité irréelle, contrairement à ceux d'Harry... Son physique, autrefois inhumain, devint de plus en plus jeune et il ressemblait, à ce stade, à un homme d'une trentaine d'année. Il rajeunissait, cependant, encore et encore, pétrifié par la terreur que lui inspiraient les transformations s'effectuant à contrario sur l'Élu, devant lui.
Des Mangemorts commencèrent à faire cercles autour d'eux, au sommet du cratère.
« Aidez-moi ! » hurla Voldemort d'une voix qui n'avait plus rien de caverneuse. « Aidez-moi !!! »
Mais ses hommes ne bougeaient pas, bien trop effrayés par ce qui se passait. Ils restèrent tous pantois, gémissants et implorant leur Maître, sans, toutefois, rien faire. Voldemort reconnut l'un d'entre eux : c'était Rogue. Il l'implora de son regard voilé, sentant que lui au moins, allait l'aider.
Rogue le regarda, derrière son masque qu'il hôta lentement. Il contempla le Seigneur des Ténèbres, qui avait l'apparence à présent d'un adolescent de dix-sept ans, il le regarda dans ses yeux bleu larmoyants. Finalement, il se détourna de lui et tua plusieurs Mangemorts proches de lui.
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Draco, Vincent et Gregory étaient en retrait sur une colline, en marge de la bataille. Ils avaient eut quelques difficultés pour y parvenir mais, à présent, ils n'avaient aucune peine à défendre leurs positions et à suivre le combat dans la plaine.
Ils surveillaient les alentours à tour de rôle et, dès qu'un ennemi arrivait, le guet hurlait pour alarmer les deux autres qui arrivaient, baguette au poing, pour défendre leur frêle esquif.
Quand ils étaient relativement au calme, ils s'activaient à créer astucieusement des sortes de bombes artisanales.
Ils se servaient de petites pierres qu'ils transformaient en outre très fine, dans laquelle ils mettaient toute sorte de sorts plus dangereux les uns que les autres. Ils refermaient le « paquet », et, avec des bouts d'herbes, ils fabriquaient des cordelettes de chanvre en un clin d'œil pour emmailloter le tout dans un filet primaire.
Pansy, en rapace, se posait régulièrement près d'eux. Ils l'avaient bardé de sorts pour la rendre indétectable et transparente mais elle s'annonçait toujours à eux en roucoulant dans les aiguës, comme pouvaient le faire les animaux de son espèce. Elle attrapait alors les bombes prêtes entre ses serres ou dans son bec et s'élevait au dessus de la bataille afin de repérer les endroits stratégiques pour laisser choir son objet instable.
Ils ne commettaient pas énormément de dégâts à chaque coup ; ils ne devaient mettre hors-course que deux ou trois personnes à la fois mais, peu à peu, ils commençaient à sérieusement aider les troupes alliées.
En effet, Pansy était intelligente et elle agissait avec discernement. Elle avait compris le schéma qu'employait la coalition pour percer dans le tas vers le centre, elle avait aussi compris où se trouvaient les chefs des Mangemorts qu'elle visait tout particulièrement.
Elle n'était pas prise en chasse par les Sharmes volants, car le rebelle ayant été défait, les Mangemorts étaient revenu au sol, où ils étaient plus utiles, et personne n'avait vraiment remarqué que les attaques venaient du ciel – vu que les bombes étaient invisibles, également.
Les Serpentards avaient vu la chute de Theo. Ils ne pouvaient pas encore s'en inquiéter, ils verraient ça après. Mais Pansy était certaine que le jeune garçon était bien trop intelligent pour s'être fait tuer. Se sentant trop en danger, il avait du simplement simuler une chute, ou quelque chose comme ça… Elle lui faisait confiance.
Vincent, qui surveillait la bataille à ce moment là, appela Draco dès qu'il vit Harry et ses ailes si reconnaissables s'élever dans le ciel.
« Hey ! Y'a ton mec qui se bat contre Tu-Sais-Qui ! »
Draco délaissa alors sa bombe artisanale, manquant de la faire exploser dans les mains de Gregory, et se précipita à la lisière de la colline pour mieux observer la scène, retenant son souffle.
Il aperçut le moment où Harry avait été projeté au sol avec une puissance phénoménale, puis il vit Voldemort s'élever, lui aussi paré d'ailes d'ange incroyablement blanches.
« Il commet là une grosse erreur en le suivant dans le ciel… » fit-il, la voix peu sûre. « Harry est bien plus fort que n'importe qui, en l'air. »
Comme pour confirmer ses dires, la boule de feu se dirigea vers Voldemort, maintenu dans le dos, et les Serpentards le virent chuter, enflammé.
Ils poussèrent un cri étrange, tout en joie retenue, mais païenne et craintive.
« Tu crois qu'il l'a tué ? » demanda Gregory, perplexe. « Déjà ? »
« Cela m'étonnerait beaucoup… »
« Que fait Pansy ? J'espère qu'elle va bientôt revenir nous dire ce qui se passe. »
A présent, il ne voyait plus ni Harry ni Voldemort, mais comme rien n'évoluait dans la bataille ils en vinrent à penser que le duel n'était pas terminé.
« Et si on y allait ? » fit Draco, tremblant de peur.
« Regarde la percée qu'on a permis de tracer, elle va presque jusqu'au centre… Je crois plutôt qu'il faut continuer dans ce sens ; c'est comme ça qu'on est vraiment utile. »
Draco acquiesça, vraiment soulagé.
Il en retourna à ses travaux manuels jusqu'à ce que Pansy revienne.
Là, il lui sauta littéralement dessus, laissant Greg et Vince se débrouiller avec les dernières bombes.
« Redeviens humaine ! » hurla-t-il presque. La jeune fille s'exécuta, à moitié invisible. « Est-ce que tu as vu ce qui s'est passé ensuite ? Après la chute de Tu-Sais-Qui ? On ne voit rien de ce qu'ils font, d'ici ! »
« J'ai vu, calme-toi ! Ils sont dans une espèce de cratère. » dit-elle en mimant la scène de ses mains translucides. « Je crois que Potter est en train de tuer Tu-Sais-Qui. En tout cas, il a franchement le dessus. J'ai vu aussi qu'il avait drôlement une sale gueule et que… Tu-Sais-Qui avait une apparence humaine ! »
« Quoi ? » s'exclama Draco. « Tu veux dire que… »
« Ils ont échangé d'apparence ? » demanda Vincent en rebouchant les outres de pierre que tenait Gregory.
« Non, non. » fit Pansy. « Tu-Sais-Qui est redevenu Tom Jedusor, mais Potter est autre chose… Il est devenu véritablement monstrueux, mais pas comme Tu-Sais-Qui l'était. »
« Monstrueux comment ? » s'alarma Draco.
Pansy soupira, perplexe.
« Pff, je sais pas trop… Une sorte de… Loup Garou, sans poil. Un homme-bête. Il a les cheveux comme une crinière hirsute et… »
« Ça, ça change pas de d'habitude. » maugréa Vincent.
« Ses yeux sont rouge, ils brillent tellement que même de très loin, ça se voit. Il a des dents pointues, sa bouche et son nez sont retroussés comme s'il grognait et… » Voyant que Draco la regardait, complètement horrifié, la jeune fille tut ses descriptions avant de reprendre : « C'est vrai qu'il est très très moche, mais au moins il est en train de gagner. »
Cette fois-ci, le blond ne réfléchit plus. Il se leva et partit en courant dans la plaine pour s'engouffrer dans la bataille, exactement comme Harry l'avait fait presque une heure avant.
« Draco ! » hurla Pansy, folle d'inquiétude. « Ton armure ne marche plus, crétin ! Tu t'es vidé de ton sang, tu… »
Faux, pensa Draco qui n'entendait déjà plus son amie. Harry lui avait fait don d'un bouclier. Autant le mettre à l'épreuve ! Quant à son énergie perdue, là…
« Bon, allez ! » s'exclama Gregory. « On y va nous aussi ! »
Les deux amis rattrapèrent le blond tandis que Pansy ramassait les dernières bombes de pierre dans ses serres pour, peut-être, les aider du haut du ciel.
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Voldemort venait de voir son favori se retourner contre lui. Rogue n'avait jamais été vraiment fidèle, mais il avait été tellement plus que cela qu'il lui avait été facile d'oublier le reste. Et là, sous ses yeux, il avait enlevé son masque, comme s'il n'avait attendu qu'une unique démonstration de faiblesse de sa part pour enfin se libérer de lui.
Mais qu'est-ce qu'ils croyaient, tous ? Que parce qu'ils avaient peur de l'aider, parce qu'il était en train de perdre, ou parce qu'ils le trahissaient, ils n'étaient plus à lui ? N'avaient-ils rien compris du sortilège qui les avait liés à lui ?
Ils lui appartenaient tous, jusqu'à la moindre petite parcelle d'énergie, avec ou contre leur gré ! Ils étaient son acquis et il allait leur montrer à ces incapables !
Il allait lui montrer à ce traître qu'il avait quasiment traité comme un fils !
Il allait lui montrer à ce Survivant de malheur, qui jouait avec lui comme un chat avec une souris et qui se croyait déjà le gagnant de cette vaste farce !
Le Seigneur des Ténèbres avait beau ressembler à un adolescent apeuré, il puisa dans sa volonté immense et dans l'énergie de tous ses Mangemorts, reliés à lui par un tissu de sorts défiant tout entendement. Il fit plier les bras d'Harry Potter et vit de la surprise dans ses yeux, qui étaient devenus tout comme les siens étaient il n'y a même pas une minute.
Il ne suffoquait plus sous le coup de l'étranglement car son aura décuplée le protégeait comme une fine barrière à quelques millimètres de son corps.
Harry tenta de détacher ses mains du cou de son ennemi mais il n'y parvint pas ; même en tirant de toute ses forces, il n'ébranlait pas le moins du monde le jeune homme aux yeux bleus qu'il dominait de plusieurs têtes. Il était contraint de rester à genoux tandis que l'autre se redressait, se plaçant à son niveau de regard. Il commença à prendre peur, tant il était écrasé par cette nouvelle énergie.
De nouveaux cris commencèrent à résonner sur le champ de bataille. Les Mangemorts commençaient à tomber à terre en se griffant le visage. Ils hurlaient de douleur en plantant leurs ongles dans leur crâne comme si leur cerveau chauffait à blanc. Du sang commença à couler de leurs yeux, de leur nez, de leur bouche et de leurs oreilles.
Lucius Malfoy voyait la robe de sa femme se tacher de son sang, peu à peu. Severus Rogue comprenait…
Les Sharmes s'étiolaient dans la nuit. Leurs cavaliers avaient lâché les chaînes et rompu l'alimentation d'énergie. Les créatures partaient dès qu'elles n'avaient plus de maîtres, en gémissant de regret d'être arrachés à la terre et à cette enveloppe presque charnelle qu'elles avaient revêtu le temps d'une bataille.
L'armée de la coalition fit une avancée énorme et Voldemort sentit qu'il n'y en avait plus pour longtemps avant qu'elle n'arrive au bord du cratère pour le viser de centaines d'Avada Kedavra.
Il posa ses mains sur la poitrine du jeune monstre devant lui, qui battait vainement des ailes pour se libérer.
« Je te maudis, Potter ! » gronda Voldemort avec sa nouvelle voix étrange, si humaine et si jeune. « De toutes mes forces, je te maudis et tu en mourras. Mais avant ça, tu vas souffrir mille tortures et c'est moi de nous deux qui vivra ! »
Harry essaya de se libérer. Il y mit toute son énergie mais Voldemort lui opposait toute celle qui lui restait, avec, de plus, sa volonté et la puissance de centaines d'hommes.
Harry ne parvint pas à se défaire de lui et une décharge passa des mains du Seigneur des Ténèbres directement dans son corps. Il sentit ses organes et son cerveau se mettre à vrombir et une douleur immense le submergea.
Il tomba en arrière et hurla à s'en déchirer les cordes vocales.
Et pourtant, même souffrant comme jamais, il n'avait d'yeux que pour Voldemort qu'il sentait s'échapper. Mais par où ? Il était impossible de transplaner, de se servir d'un Portoloin… La barrière créée par les milliers d'elfes de maison était bien trop puissante, même pour eux.
Halluciné, il vit la terre engloutir voracement son adversaire. Il se redressa et tenta de le retenir. Il attrapa sa main, mais c'était comme s'il n'avait pas plus d'énergie qu'un Moldu fiévreux.
Il hurla encore une fois, encore plus fort, tant la douleur lui vrillait le corps et le cerveau, tant il était furieux, et surtout pour autre chose… Voldemort était parti loin de lui et l'un d'eux n'était pas mort ! Il y avait quelque chose d'horrible là-dedans, d'horrible, d'horrible, d'intrinsèquement invivable ! C'était insupportable… Il allait en crever !
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Draco tentait avec d'autres Aurors et alliés de défaire un Sharme gigantesque. Beaucoup d'hommes étaient mort sous ses crocs, ses griffes et ses flammes acides. L'air puait la chair carbonisée et les hommes tombaient par poignées. Ils étaient franchement mal barrés, il avait l'impression qu'il ne verrait jamais la fin de ce combat. En plus, il était épuisé et blessé au bras. Il avait bien trop perdu de sang pendant le rituel, et il avait jeté trop de sorts puissants en créant les bombes... Il n'était plus bon à rien. Il aurait mieux fait de rester là où il était, relativement à l'abri, au lieu d'agir stupidement. Mais il avait beau être conscient qu'il serait plus sage de fuir, Harry seul occupait ses pensées. Harry, en monstre…
Soudain, il y eut un gémissement collectif. Les Mangemorts avaient saisi leurs têtes et s'étaient écroulés au sol dans un ensemble presque parfait. Les Sharmes avaient disparu en mugissant mollement.
Draco s'était retourné, mort de fatigue, vers les premières lignes. Il voyait, à présent, que les Inferi et les squelettes en armure, même les moins abîmés, ne bougeaient plus du tout. Ils étaient tous redevenus de simples cadavres inanimés.
Un instant, il crut que Voldemort avait enfin été tué par Harry et la joie avait percé dans son cœur. Et puis… Par-dessus le flot indistinct des gémissements de douleur, il avait été frappé par un autre hurlement d'une souffrance bien plus cuisante, extrême et déchirante.
Il avait immédiatement reconnu la voix d'Harry, ou plutôt il avait senti en résonnance dans son corps que c'était lui.
Sans plus faire attention à leurs ennemis, il avait couru vers le centre des combats : la citadelle qui était à peine quelques secondes avant si férocement gardée.
Il était arrivé en un clin d'œil aux abords du cratère et là, il l'avait vu…
Il porta les mains à sa bouche pour se retenir de gémir.
C'est à ce moment là qu'Harry hurla pour la seconde fois, plus d'une rage incommensurable que de douleur, les doigts plantés dans la terre.
Voldemort venait de lui échapper, et il sentait son corps se fendre de toute part.
A suivre…
NDA : Je m'étais tellement imaginée ces scènes que je les trouvais grandioses, dans ma tête. Et là, à l'écrit, enfin achevées, je les trouve parfois ridicules… A cause des ailes, style bataille d'archanges, et les boules d'énergie, style Dragon Ball… Bref, je suis un peu fanée… En plus, je suis sûr que vous avez trop du mal à vous rappeler de certain passage de la fic, vu qu'elle a presque deux ans… Par exemple, est-ce que vous vous souvenez qu'Harry avait déjà sorti de pareilles ailes dans la salle sur demande et que, à ce moment là, tout le monde me demandait, dans les reviews, pourquoi il avait des ailes si moches ? Ben c'était pour vous préparer au reste; un avant goût, en quelque sorte… Est-ce que vous vous rappelez, aussi, qu'il avait arraché les ailes de Rogue dans la serre de combat ? Est-ce que vous vous rappelez, également, qu'Harry a emmené Draco dans un rêve extrêmement noir et glauque ? Il avait fait cela pour lui faire comprendre ce qu'il était vraiment… Pour l'effrayer et que rien ne commence entre eux. Une autre petit avant goût... Et oui, j'avais tout prévu depuis longtemps, lol. Je ne sais pas si ce que je vous dis vous avance beaucoup pour comprendre ce qu'il s'est passé entre Voldemort et Harry, mais vous saisirez peut-être mieux avec la suite. En attendant, faites des suppositions dans les reviews, cela m'amusera de voir si vous touchez juste ou pas, nihi !
Bisous à tous !
Levia
PS : 6666 mots, pile poil !
