Auteur : Leviathoune

Bêtalecteur : Ma Sinou d'amour que j'aimeuh d'un amour intensément foisonnant et inexploré ! Oh oh oh, trop lol, mdr...

NDA : Dans mon chapitre précédent, je disais que vous étiez de moins en moins à lire cette fic et certains ont réagi à cela, c'est pourquoi je voulais vous préciser que ce n'est pas au nombre de reviews que je disais tout ça mais au nombre de stats. Heureusement pour moi, vous me laissez encore des reviews, je ne me plaignais pas du tout de cela, bien au contraire ! Car justement, ceux qui restent sont vraiment intéressés par mon histoire et souvent, j'ai droit à de longues reviews. Cela me motive beaucoup, vous ne pouvez pas imaginer à quel point ! Parfois, certaines review me donnent des idées ou me montrent les points que je n'ai pas assez expliqués et je prends en compte tout cela dans les chapitres suivants. Ainsi, les Serpentards qui se la pétaient grave au début de cette fic se retrouvent bien misérables à présent, surtout Draco (mais c'est bien fait pour sa salle petite gueule de fouine, hohoho !) – ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres…

Je dois avouer honteusement que, même si j'aime mes histoires, je ne les écrirai pas si je n'avais plus de reviews… Donc j'en profite pour remercier les reviewers du monde entier, car vous ne pouvez imaginer comme vous faites plaisir aux petits auteurs dans mon genre, combien vous les poussez et c'est entièrement grâce à vous si je m'améliore ainsi en écriture !

Merci merci, merci à vous et continuez surtout, lol

Bonne lecture à vous !!!

Résumé Le bien et le mal se sont affrontés dans la plaine de Stonehenge. Voldemort, sous la forme d'un enfant, a réussi à échapper à Harry, sous la forme d'un démon. Avant cela, il a utilisé toutes ses forces, sa rage et le pouvoir de ses derniers Mangemorts pour le maudire. Les hommes déblayent les corps et tentent de sauver Harry, Draco doit combattre sa lâcheté et Théo, fou de rage, a transplané avec le cadavre de Blaise, on ne sait où. Mais quel suspense intense, je suis en nage !!!

RAPPELLE-TOI, Chapitre 30

L'avènement de la Prophétie

« L'un ne peut vivre tant que l'autre survit… »

Draco s'éveilla sur un lit de fortune. Il constata qu'il avait été sommairement nettoyé et qu'on l'avait laissé dormir à foison, sous d'épaisses couvertures râpeuses mais très chaudes. Il portait toujours sa tenue de combat mais la manche de son bras gauche, celui qui avait été blessé, manquait etson membre était, à présent, entouré de bandages sommaires. Madame Pomfresh aurait fait mieux, avec du temps, mais il ne pouvait en espérer plus, compte tenu de la situation.

Au-dessus de lui, la toile d'un camp s'étendait. Et tout autour de lui régnait une agitation létale. Des lits pareils au sien, absolument partout. Des gens reposaient dessus, des blessés, peut-être des morts aussi. D'autres gens s'occupaient d'eux.

Il rejeta les couvertures, chercha sa baguette et la trouva facilement.

Il se jeta un sort de réchauffement car l'air était glacial et puis il sortit hors de l'immense tente aménagée magiquement telle un hôpital.

Il chercha immédiatement Stonehenge du regard et se dirigea à grandes enjambées vers le cercle de pierre au centre duquel se dressait une autre tente, plus fantaisiste, plus ésotérique, bien plus petite.

Harry était toujours là.

Toujours grelottant de douleur, toujours couvé du regard par trois personnes – Dumbledore n'était plus là, lui aussi avait dû partir pour reprendre des forces. Mais celui près de la tête d'Harry semblait être un autre érudit du même genre, Draco avait confiance. De toute façon, il n'avait pas beaucoup d'autres choix.

Il avisa un jeune garçon épuisé, à la droite d'Harry, et lui fit signe d'aller se reposer, qu' il allait prendre le relais. Le jeune homme reconnut le Malfoy en lui, il comprit que la puissance que dégagerait Draco serait autrement plus puissante que la sienne, puisqu'il puiserait dans la terre elle-même pour sauver l'Elu, ainsi il lui céda la place et Draco attrapa la main d'Harry avec bonheur.

A présent, il était plus serein. Cela prendrait du temps, mais il était certain qu'ils réussiraient à le ramener. Déjà son visage était un peu plus apaisé, il avait presque l'air de dormir – même s'il donnait l'impression de délirer de fièvre dans son sommeil…

oOo

Loin, au cœur d'une forêt enneigé, Blaise Zabini se réveilla seul, transi de froid et extrêmement courbaturé. Il se demanda ce qu'il faisait là. Il chercha sa baguette, mais ne la trouva nulle part. Désarmé et misérable, il commença à marcher en s'orientant du mieux qu'il put par rapport au soleil qui se levait, mangeant de la neige quand il avait soif, remangeant de la neige quand il avait faim, ruminant sans cesse les derniers évènements dont il se souvenait : une bataille, un éclair vert…

Il avait cru mourir. Cette idée, cette prise de conscience qu'ilavait reçu un Avada Kedavra avait été très nette, tout comme l'horreur qu'il avait ressentie à cet instant. Mais finalement, il avait eu de la chance. Apparemment…

Pour l'heure, il espérait que la forêt n'était pas trop grande, sinon il allait mourir de froid, ou de faim…

Une autre question le taraudait, avaient-ils gagné ?

Il n'avait qu'une envie, retourner au Manoir Malfoy et, s'il se souvenait correctement de la topographie du lieu, il y avait bien une forêt au Nord des terres avoisinant Stonehenge. Peut-être qu'il était justement dans celle-ci et qu'en continuant à se diriger par rapport au soleil, il allait retrouver son chemin ?

Il l'espérait...

oOo

Les jours passèrent.

Les cadavres des Inferi et des squelettes étaient à présent tous consumés et en cendres, éparpillés sous la nouvelle neige. Ils feraient de l'engrais au printemps, tout comme les corps qui avait été mis en terre ; la demeure des Malfoy était devenue un véritable cimetière aux dimensions si gigantesques qu'aucune pierre tombale digne de ce nom n'avait été érigée dans la précipitation.

On s'occupait, à présent, des blessés sous un véritable camp hautement magique. Les Mangemorts survivants avaient été transférés dans leurs comas à Azkaban où ils seraient soignés.

Seul deux d'entres eux n'avaient pas subi ce traitement, Dumbledore avait veillé à cela bien avant la bataille. Néanmoins, Severus Rogue et Lucius Malfoy, comme tous les autres serviteurs du Seigneur des Ténèbres, n'étaient pas sortis d'affaire. Surtout le Maître des Potions qui avait été très proche de Voldemort. Autant dire les choses telles qu'elles l'étaient : il agonisait ! Lucius, quant à lui, avait été quelque peu protégé par le cercle de pierre qui avait amoindri les effetsde la malédiction. Narcissa les veillait tous les deux dans le Manoir où elle avait eu l'autorisation de les emmener, trois jours après la fuite du tyran.

Tous les Sangs purs qui avaient prié le jour de la bataille étaient restés au Manoir pour observer au plus près la guérison des très nombreux blessés. Ils se sentaient honteux d'avoir été en retrait de la bataille, d'avoir été protégés.

Draco lui, passait le plus clair de son temps sur le terrain. Il ne faisait que réciter des formules auprès d'Harry, jusqu'à l'épuisement.

Il était ensuite traîné par des hommes jusqu'au camp où parfois l'un de ses amis était là pour le ramener chez lui en transplanant. Dès qu'il se réveillait le lendemain, il recommençait.

Des hommes par centaines défilaient toujours dans le dos de la trinité, posant leurs mains sur leurs épaules. C'était sans fin, jour et nuit. Même des civils transplanaient quotidiennement à Stonehenge pour venir donner leur énergie au Survivant. Mais malgré ce déploiement d'énergie colossale, les choses avançaient très lentement et les journaux parlaient de leurs craintes de voir revenir le Lord Noir avant le rétablissement de leur Sauveur. Beaucoup spéculaient sur l'état du jeune homme, car tous, sur le champ de bataille, l'avaient vu devenir un démon à l'approche du Seigneur des ténèbres qui lui-même était devenu un ange nubile. Beaucoup échafaudaient des théories mais, quelles que soient les conclusions, tous éprouvaient le désir de voir Harry sur pied, et tous y mettaient du leur.

Draco, quant à lui, n'avait pas beaucoup de temps libre pour se poser des questions. Il ne faisait qu'aider Harry, de tout son cœur. Il ne pensait plus à son but d'être pardonnable. Il était bien au-delà, puisque lui-même s'était pardonné. Il n'y pensait plus... Seul Harry occupait ses pensées.

oOo

Blaise déboucha, extrêmement rassuré, dans la grande plaine de Stonehenge. Il venait de marcher pendant presque deux jours entiers et il savait que, s'il n'avait trouvé âme qui vive dans les heures suivantes, il serait probablement mort comme un chien, gelé dans la neige.

Il frissonna et commença lentement, extrêmement prudemment, à venir découvert. Il était si épuisé qu'il se serait très certainement rendu aux Mangemorts, s'il était tombé sur eux, mais il constata qu'il n'y avait que des alliés, partout.

Il attrapa le premier venu et lui demanda, faiblement :

« Je viens de me réveiller… J'étais dans le coma, personne ne m'a expliqué. On a gagné ? »

Même si c'était évident, il voulait savoir… L'autre lui expliqua rapidement, dans les grandes lignes.

« Vous n'avez pas l'air bien, vous feriez mieux de rentrer au camp vous faire examiner. »

Blaise acquiesça docilement mais, tout à coup, un bruit énorme le fit presque hurler de terreur.

Il leva la tête et vit passer un avion de chasse dans le ciel encore encombré de la magie déversée par Stonehenge.

« Mais que ! » s'exclama-t-il. « Qu'est-ce qu'ils foutent là ! »

« Haaa… Ils sont fatigants, ces moldus. » fit l'autre homme, blasé. « Depuis deux jours, ça n'arrête plus. Il parait que la magie est visible de l'espace alors ils ne cessent de faire fuser leurs avions dans le ciel pour la disperser. Ils ont tout essayé : de l'attraper, de la faire brûler, exploser… Apparemment, y'a que comme ça que ça fonctionne, et ça fait un de ses boucans ! »

« Mais ? » bredouilla le Serpentard qui ne saisissait rien. « Comment ça se fait que… Ils sont au courant pour la magie ? Ils nous voient là, non ? »

« Oh, ça… Y'a pas de problème. C'est une section très spéciale de l'armée de l'air, directement sous le commandement du Premier Ministre. Ils sont un peu… comme qui dirait, dans le secret ! »

L'homme sourit puis parti, laissant Blaise très chancelant.

Il avait si faim et il était tant fatigué qu'il tomba à terre sans plus réussir à se relever. Deux hommes l'empoignèrent et l'emmenèrent se faire soigner dans le vaste camp emménagé.

Après avoir subit les premiers soins, on le laissa enfin se repaître d'eau et de nourriture. Jamais il ne fut si content de manger. C'était peu de chose mais, pourtant, il avait l'impression de découvrir la nourriture pour la première fois de son existence.

Un homme avec un registre se présenta à lui.

« C'est quoi ton nom, bonhomme ? »

« Blaise Zabini… » postillonna-t-il, manquant de s'étouffer.

L'homme tourna les pages de son document plusieurs fois, perplexe.

« Je ne te trouve ni dans les personnes disparues ni dans le registre officiel. » expliqua-t-il en se saisissant d'un troisième feuillet d'aspect officiel. « Tiens, c'est bizarre… Quelqu'un t'a identifié comme mort. Il a dû y avoir une erreur… »

L'homme raya son nom du registre des morts et le nota dans le document principal.

« Qui donc m'aurait identifié comme mort ? » demanda Blaise, perplexe en arrachant voracement la chair d'une cuisse de poulet, engloutissant un gros morceau de pain dans la foulée puis faisant passer le tout en buvant du jus de citrouille à longs traits.

« Un certain Théodore Nott. D'ailleurs, il fait partie du registre des disparus… Tu ne l'aurais pas vu, par hasard ? »

Blaise haussa les épaules en se précipitant sur les pommes de terre frites.

« Ça m'étonnerait… Enfin, peut-être… Mais je ne le connais pas. »

« Tant pis… » fit l'homme en haussant les épaules. « L'important c'est que tu refasses partie des vivants, hein ? » plaisanta-t-il.

Il allait partir mais Blaise le retint pour lui demander des nouvelles à propos de tous ses amis. Ainsi, il apprit que tous étaient vivants et il en fut extrêmement rassuré.

Aussitôt son repas terminé, il courut presque jusqu'au Manoir Malfoy où on le laissa entrer sans peine. Dans la partie du château où Draco avait l'habitude de les inviter, il trouva dans un petit salon le trio inséparable : Greg, Vincent et Pansy.

Il se précipita vers eux, fou de joie, près à se rouler aussitôt en boule sur le tapis devant la cheminée pour enfin s'endormir comme un bienheureux tellement il était rassuré de les voir en forme.

Mais quelque chose dans leur attitude le crispa.

« Ben, qu'est ce qu'il y a ? On dirait que vous n'êtes pas content de me voir ! » les accusa-t-il vertement.

Pansy se racla la gorge, mal à l'aise.

« C'est qu'on te croyait mort… » expliqua-t-elle. « C'est Théo qui a signé sur le registre… »

Blaise soupira, très agacé. La fatigue commençait à le rendre de mauvaise humeur.

« Oui, ben j'ai vu ça ! Il y a eu une erreur. Je ne sais pas qui c'est ce type mais il s'est gouré ! Est-ce que j'ai l'air d'être un revenant ? »

Grégory fronça les sourcils et Vincent regarda Pansy, perplexe. Leur échange de regards ne dit rien qui vaille à Blaise.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il, le plus sérieusement du monde.

« Tu ne sais pas où est Théo ? » demanda Pansy.

« Mais combien de fois je devrai le dire, putain ? Je ne sais pas qui c'est, ce mec ! Et puis qu'est-ce qu'on en a à foutre ? On n'a pas d'autre chose à se dire, en de pareilles circonstances ?! Je me suis retrouvé tout seul à deux jours de marche dans une putain de forêt glacial, sans rien à bouffer, et dès que j'arrive en sécurité, on me dit que je suis mort à cause d'un mec qui m'aurait identifié. Et pour le tout encore plus bizarre, systématiquement, on me demande où il est, ce mec. Vous ne pensez pas que vous pourriez être un peu ravi de me retrouver entier, non ? Vous me faites chier, je me casse. Je vais trouver une chambre dans le coin, je vais dormir un peu... »

Il allait partir mais Pansy le retint et le força à s'asseoir dans le canapé. Ce ne fut pas très difficile pour elle, elle était en forme et Blaise n'avait même plus de baguette.

« Tu vas te calmer et tu vas m'écouter ! » pesta-t-elle. « On est très content de savoir que tu vas bien, finalement. Si ça peut te rassurer, on a pleuré en te croyant mort ! Là, t'es content ? Il faut aussi que tu saches que Milli a été amputée d'un bras et qu'elle a perdu un œil. Mais ce n'est pas le plus grave… » Blaise retint son souffle. « Maintenant, dis-moi une chose… » recommença Pansy, la voix grave. « Avec qui as-tu passé la plupart de ton temps ces deux derniers mois ? »

Grégory et Vincent dardèrent sur lui des regards si durs que Blaise sentit que quelque chose clochait. Il allait répondre : Ben je les ai passés avec vous, crétins ! Mais il sut, à leurs expressions, que ce n'était pas ça…

Il fouilla dans sa mémoire, tentant de se souvenir de ce qu'il avait fait ces derniers temps, à Poudlard. Il se voyait avec ses amis, aller en cours, manger, dormir… mais son sentiment de malaise se précisa lorsque, mis bout à bout, ses souvenirs lui apparurent comme disparates.

Des larmes de fatigue, ou d'autre chose, lui montèrent aux yeux, mais il n'arrivait pas à trouver ce qui le mettait réellement dans cet état.

« De quoi tu te souviens ? » demanda Pansy.

« Des trucs normaux… » expliqua-t-il, faiblement. « J'étais avec vous, mais… »

« Mais quoi ? »

« Il y a des vides. Pleins de vides. Il y a même un lit vide dans notre dortoir. » Il regarda Grégory et Vincent. « Nous étions… quatre ? »

Vincent secoua la tête.

« C'est Théodore Nott, le cinquième, c'est ça… » fit-il, las. « Je n'y comprends rien… Pourquoi je ne me souviens pas de lui ? Pourquoi je me suis retrouvé si loin dans cette forêt, complètement seul… Pourquoi il aurait monté cette mise en scène en me faisant passer pour mort ? Il m'aurait jeté un sort d'oubliette, et… »

« Tais-toi… » grogna Grégory, ulcéré. « Je n'arrive pas à croire que tu dises du mal de lui, alors que… »

Vincent soupira.

« Tu étais fou amoureux de Théo Tu étais tellement amoureux de lui que tu as même fini à l'infirmerie pendant une semaine pour être devenu accroc à l'Abraza la Luze. Après ça, tu as même voulu que Draco l'efface de ta mémoire. Et puis, Théo n'a pas voulu que tu l'oublies alors il a bien voulu se rapprocher de toi, et vous avez commencé à sortir, à peu près, ensemble… »

« Attends ! » s'exclama Pansy. « Continue de lui raconter, je vais chercher des photos dans la chambre de Dray ! »

Elle partit et Vincent poursuivit :

« Il était un tombeur de première, avec les filles. Même dans notre maison, elles s'y faisaient prendre. Mais il t'aimait aussi, alors vous avez commencé à devenir véritablement un couple, de plus en plus proche, sérieux. Enfin… On ne sait pas trop jusqu'où vous êtes allés. Parce que… Tu sais… enfin, non, tu ne sais plus… mais Théo a été… heu… » Vincent jeta un regard en coin à Grégory qui détourna le regard.

Blaise secoua la tête, sidéré.

« Vous êtes en train de dire que je serais sorti avec un mec ? »

Il était tellement perplexe qu'il ne comprenait pas du tout pourquoi Vincent et Grégory étaient si gênés. Finalement, ils ne lui dirent pas ce que le père de Théo avait fait…

Pansy revint avec les photos et elle lui montra, parmi leur petite bande qui prenait une pose serpentaresque dans la salle commune, un jeune garçon avec des cheveux argentés et des yeux rougeoyant dans un visage androgyne empreint d'un charme mystérieux.

Rien ne remua en lui, mais il dut bien admettre que son portrait photographique s'énamourait du fameux tombeur de ces dames – un véritable avorton, par ailleurs.

« Si vous voulez mon avis, il devait y avoir un quelconque maléfice derrière tout ça. Enfin, c'est un mec ! » s'exclama-t-il comme si c'était l'évidence même. « Il était fort, ce Théo ? »

« Il aurait, probablement, été… » fit Pansy tristement. « Du niveau du Seigneur des Ténèbres… »

« Qu'est-ce que tu racontes ! » s'exclama Blaise. « C'est impossible ! »

Elle soupira.

« Pas s'il a fait revenir un mort à la vie, tout en manipulant sa mémoire… » déclara-t-elle, faiblement.

« Tu n'en sais rien du tout ! » hurla Blaise en se levant précipitamment. « Tu n'étais pas là ! Moi-même je ne sais pas ce qu'il s'est passé ! Alors ferme là ! »

Il partit s'isoler, les photos toujours dans la main. Son dernier souvenir de la bataille pulsant en son esprit.

Il se souvint que lorsqu'il s'était réveillé, la première chose qu'il avait pensé était qu'il avait eu de la chance, qu'il avait cru se prendre un Avada Kedavra…

Qu'en était-il réellement ?

Et pourquoi s'il avait été…. ressuscité par ce type qui ressemblait à une fille plate, lui aurait-on enlevé une partie de sa mémoire ? Et ce Théo, où était-il ?

Pansy, Greg et Vincent avaient l'air triste avant qu'il ne parte… Ils devaient le penser probablement mort.

Mais même en donnant sa vie en échange, c'était totalement impossible de redonner vie à quelqu'un ! Il y avait forcément… une autre explication. Et puis… Il n'y comprenait plus rien. Ça n'avait pas de sens.

Blaise était maintenant seul dans l'une des vastes chambres du Manoir. Il s'empara d'une lame de rasoir dans la salle de bain et, avec infiniment de délicatesse, il se traça une fine estafilade sur la tranche du pouce. Du sang se mit à couler, douloureusement, parfaitement rouge… tout à fait normal.

Il soupira et se boucha les oreilles pour écouter les bruits à l'intérieur de son corps. Son cœur battait, son sang pulsait, même son ventre digérait…

Il était tout à fait normal !

S'il avait été ramené à la vie, il devrait rester des traces de cela, des traces que seul un sort de magie noire extrêmement puissant pourrait laisser. Et il n'y avait rien d'anormal, rien.

Pourtant, il se souvenait parfaitement de l'Avada Kedavra, il visualisait aussi parfaitement tous ces trous dans sa mémoire et les yeux alanguis que son double, sur la photo, posaient sur un garçon qu'il ne lui semblait pas connaître.

Il se déshabilla, précipitamment, cherchant un signe sur lui, un signe de plus qui confirmerait ses craintes…

Et il le trouva…

Dans son dos se déployaient quatre ailes d'un violet profond, deux très grandes qui partaient de ses omoplates jusqu'au haut de ses fesses etdeux autres plus petites se déployaient au dessus d'elles, finissant leur course effiléesur ses côtes. Sur les plus grandes se trouvaient, en vis-à-vis, un double motif symétrique qui représentait une tête de mort d'une couleur bleu électrique si vive que la marque ne pouvait être indéniablement que d'ordre magique.

Il aurait, probablement, été du niveau du Seigneur des Ténèbres… avait dit Pansy.

Blaise se rhabilla vivement, cachant cette marque immense sur son dos. Il se précipita dans le grand lit vide et froid, effrayé parce qu'il ne comprenait pas mais à qui il semblait, pourtant, appartenir.

Que devait-il faire ? Il était mort de peur…

oOo

L'aube perçait la brume épaisse sur la lande hivernale.

Deux semaines, presque jour pour jour, après la fin de la Bataille finale, Harry ouvrit enfin les yeux, sortant de sa transe infernale.

Il se redressa, courbaturé mais maître de lui-même. Il arracha ses mains à celles de ses sauveurs et les regarda, interloqué, les sourcils froncés, portant les mains à son crâne, victime des vestiges d'un tambour de douleur.

L'information mit quelques secondes pour gagner les esprits engourdis par une énième nuit de veille. Puis soudain, des cris de joie délirante retentirent si fort par delà la plaine que Draco se réveilla en sursaut dans la tente devenue hôpital. Il se précipita, comme tout le monde, vers Stonehenge et joua des coudes en hurlant dans la cacophonie pour qu'on le laisse passer et rejoindre le centre.

Il avait tellement, tellement envie de serrer Harry dans ses bras, de l'embrasser, de le voir et de le toucher enfin rétabli. Il le voulait tellement qu'il était certain qu'il allait le faire devant tous ces gens, ces inconnus… L'embrasser comme jamais !

Mais lorsqu'il croisa les yeux d'Harry, sa joie retomba aussitôt. La sienne, comme celle de tous les autres qui avaient contribué à le sauver.

Harry les regardait, furieux, visiblement envahi de plus en plus par une fureur aussi inextinguible que puissante avait été sa douleur.

« Où est-il ? » cracha-t-il dans le silence craintif. « OU EST-IL, BORDEL !!! » hurla-t-il, puisqu'il n'avait pas de réponse. Les échos de son cri résonnèrent longtemps dans toute la plaine.

Il bondit sur ses jambes, aussi leste qu'un félin.

Draco se rapprocha et l'agrippa par le bras pour le ramener vers le sol. Mais Harry arracha son bras à sa poigne et il rugit d'une telle rage que le toit de la tente occulte qui l'avait protégé des intempéries s'étiola et disparut.

« PERSONNE NE L'A CHERCHE !!! PERSONNE NE SAIT DONC OU IL EST !!! »

Une immense fureur déformait les traits de son visage, mais la rage n'était pas la seule responsable… La douleur des jours précédents était toujours présente en lui, aussi dévastatrice.

En comprenant cela, Draco craint qu'ils n'aient échoué à défaire la malédiction, mais ce n'était pas tout à fait exact...

« Calme-toi, Harry. » commença Ron – toujours aussi prompt à agir comme il le fallait. « Nous voulions d'abord te sauver. Bien sûr que nous allons le traquer jusque dans le moindre recoin de la terre et lui faire la peau. Ne t'énerve pas tant. »

Mais, incroyablement, des larmes montèrent aux yeux du Survivant et il secoua la tête comme un damné.

« Non, non, NON !!! » gémit-il en tentant de restreindre, malgré tout, sa colère. « Je ne peux pas, tu ne comprends pas ! La prophétie ! LA PROPHETIE !!! » Il regarda droit dans les yeux tous ceux qui étaient autour de lui. Il leur montrait sa douleur immense, la vérité intolérable dans son regard.

« La prophétie ? » demanda craintivement Draco.

Harry reporta ses yeux sur lui, ses yeux qui n'étaient même pas ceux de l'Elu, si brillants, même pas ceux de celui qu'il avait toujours connu – il n'y avait plus assez de place pour l'amour, ni même une quelconque reconnaissance, dans tout ce flot de détresse coléreuse.

« Je l'ai affronté, réellement. Mais ni lui, ni moi ne sommes sortis vainqueur de cette confrontation. » expliqua-t-il de cette voix cassée, aiguë et hystérique. « Et maintenant… Chaque bouffée d'air m'est intolérable, puisqu'il n'est pas mort. » Il posa sa main comme une griffe sur son cœur et ses ongles étaient de nouveaux droits, sa peau de nouveau blanche, sans entailles, ni boue, ni sang. Il récita, si douloureusement : « L'un ne peut vivre, tant que l'autre survit. C'est pour ça que je dois le tuer ! Maintenant ! Sinon, je deviendrai fou ! Et je me tuerai pour abréger cette… intolérable suffocation ! Et vous resterez seuls avec lui ! Et plus personne ne pourra l'arrêter, pas un seul d'entre vous ! » Il resserra sa main sur son vêtement, tirant dessus. Visiblement, il réfléchissait, fronçant les sourcils, les lèvres tremblantes, la respiration saccadée. « Où est la fille ? » reprit-il.

« La fille ? » demanda Ron.

« La fille qui peut se transformer en rapace, Parkinson ! C'est compréhensible ou merde ! TROUVEZ-MOI CETTE FILLE !!! »

Son ordre résonna dans toute la plaine et, quelques minutes plus tard, Draco vit son amie, éberluée, se faire presque traîner par une foule de fidèles.

« Mais qu'est-ce qu'il y a, vous avez tous perdu la raison ! » hurlait-elle en se débattant en vain. « Lâchez-moi, sales cons ! Je peux marcher toute seule !!! »

Elle vit Draco inquiet pour elle, puis Harry, éveillé, dressé tel une icône échevelée sur l'autel qui l'avait porté durant des jours. Instinctivement, elle se précipita vers le blond, comme pour se raccrocher à lui, comme si lui seul aurait pu la protéger du Survivant. Mais Harry fut plus rapide et la cueillit au vol, l'obligeant à grimper à ses côtés comme s'il s'agissait non pas d'une humaine mais d'une feuille morte qu'il faisait virevolter entre ses mains.

Il créa, pareillement, une lettre écrite avec du sang, son sang. MEURT était écrit dessus. Il la cacheta de cire de rouge et écrivit le nom complet de Voldemort sur le revers, un nom en lettres de feu qui fit frémir chacun d'eux.

« Transforme-toi ! » ordonna-t-il à Pansy qui le regardait faire, effrayée. Comme elle n'agissait pas assez vite, Harry lui tordit le poignet et un faucon se retrouva maintenu par une serre dans son poing. Il lui tendit l'enveloppe et le petit faucon glapit en la serrant dans son autre serre, battant furieusement des ailes pour se maintenir.

« ET MAINTENANT !!! » hurla Harry, tout à coup, sur un ton de dictateur ulcéré. « Allez me chercher cette monture de cauchemar qui dort dans la grange ! Scellez-là, vite ! Je la veux ici, DANS LA MINUTE !!! »

Draco frappa la jambe d'Harry de son poing, furieux.

« Mais qu'est-ce qui te prend ! Lâche-là tout de suite ! »

Le Survivant rejeta le petit rapace à ses pieds et Pansy reprit forme humaine, complètement terrorisée, la lettre dans sa main tremblante.

« Et bien ! Est-ce que tu sais où il se terre ? » glapit le brun.

Muette de stupeur, elle acquiesça en montrant une direction.

« Tu vas immédiatement m'y emmener ! » reprit-il, implacable.

Pansy regarda l'assemblée, effarée, mais personne ne semblait décidé à faire entendre raison à Harry et à lui venir en aide. Tous sauf Draco, et Ron.

« Tu ne peux pas faire ça ! Pas comme ça ! » cria Draco.

« Il a raison ! » ajouta le rouquin. « Nous devons nous préparer et ne surtout pas nous précipiter ! Tu ne dois pas y aller seul, ce serait du suicide ! Est-ce que tu sais l'état dans lequel on t'a trouvé ? »

Harry les fusilla d'un regard si froid que cela déstabilisa Ron et Draco au-delà du possible. C'était exactement comme s'ils étaient des insectes pour lui, qu'il se fichait totalement de ce qu'ils pouvaient lui dire et que, s'ils avaient insisté trop lourdement, il les aurait balayés d'un revers de la main.

Le Varax arriva enfin, parfaitement harnaché, beau, piaffant et terrifiant.

« Tu ne peux pas le monter ! » se reprit Draco, soudainement. « Il n'est pas à toi et je refuse que tu le montes ! Tu le tuerais dans l'état où tu es ! Et puis tu ne sais même pas monter à cheval ! »

Bien sûr, il s'inquiétait pour Ajrarn, mais il voulait surtout trouver un moyen de protéger Pansy de la fureur d'Harry – et il voulait aussi être avec lui et tenter de quelque peu le raisonner…

Le Survivant sembla réfléchir quelques instants, une main sur une tempe douloureuse. Il semblait visiblement souffrir le martyre. Il gémit et focalisa à nouveau ses yeux glacés sur Draco.

« Alors tu le dirigeras ! » ordonna-t-il froidement. « Tu suivras les directives de cette fille et tu me conduiras à lui. Moi, en attendant… Je me reposerai… » Il se tourna vers Ron, avec un vestige d'amitié si perverti par une douleur extrême qu'elle en était méconnaissable, dans le fond de ses yeux : « Cela te convient-il, mon ami ? Une équipée de trois, plus une monture fabuleuse ! Nous avons déjà fait cela par le passé, hein ! Là, ce n'est ni toi, ni Hermione, c'est sûr. Mais tu me pardonneras. Je n'ai pas vraiment le temps de rétablir la donne. »

Harry bondit sur le dos du fringuant Varax en tenant une Pansy folle de terreur sous son bras telle une poupée. Le cheval dantesque se cabra et rua tant et plus, sans pour autant désarçonner son cavalier. Pansy hurla et se transforma en faucon, battant des ailes, une serre prisonnière dans le poing d'Harry qu'elle labourait de ses serres, l'autre écrasant la lettre de sang et de feu destiné à Voldemort. Harry attrapa Draco tout aussi facilement que s'il avait été une brindille et le flanqua devant lui.

Le jeune Malfoy retrouva son équilibre et une bien meilleure posture équestre. Il se saisit des rennes et calma Ajran qui cessa de se débattre. Il s'empara de Pansy oiseau et la cala sur son ventre, tout en douceur. Elle redevint une jeune fille.

« Où est-il ? » demanda Draco tandis qu'Harry prenait ses aises, derrière lui.

Pansy lui montra une direction en tremblant.

« Je ne veux pas y aller… » gémit-t-elle en pleurant. « Je n'ai rien à voir avec ça. »

« On n'a pas le choix… » maugréa Draco en regardant ailleurs. « Mais ne t'inquiète pas, il ne t'arrivera rien. »

« Bougez-vous… » gronda le Survivant. « Avant que je ne m'énerve ! »

Il talonna l'étrange et magnifique étalon noir et la monture démarra, au quart de tour, dans un galop fulgurant. Quelques secondes plus tard, elle n'était déjà plus en vue.

Les centaines d'hommes croisaient leurs regards hébétés, ne sachant si l'évènement venant de se dérouler sous leurs yeux était héroïque ou bien particulièrement stupide.

Ils avaient fourni tant d'efforts. Harry les récompensait-il en courant si vite accomplir sa mission ?

Ron, accablé, pleurait, se sentant totalement impuissant. Dumbledore vint poser une main rassurante sur l'épaule. Il ne dit rien, pourtant le jeune homme fut quelque peu rassuré. Car si le vieil homme lui-même n'avait rien dit, c'est que ça devait être la meilleure solution envisageable et qu'il n'y avait plus d'autre choix que d'attendre…

A suivre…

NDA : Re-salut !Je suis désolée, je ne suis pas très satisfaite de cette fin de chapitre… J'avais essayé de poursuivre la scène jusqu'à trouver une fin plus sympathique pour vous (j'ai l'impression que vous n'allez rien comprendre et finir blasés, là) mais j'ai tant et tant écrit que ça aurait été stupide de poster deux chapitres en un… L'avantage, c'est que le suivant est quasiment fini et donc je posterai très rapidement la suite !

Pour le moment, j'espère que vous avez quand même aimé. Pour Blaise et Théo, pour le réveil d'Harry et la prophétie enclenchée, et Ajrarn et le duo Pansy Draco en pions sacrifiables ! (la suite sera vraiment sympa, je me languie que vous la lisiez !)

En tout cas, si vous avez des questions, ou des doutes, ou autre comme des réclamations, n'hésitez pas à m'en parler dans une petite review ! Je fais très souvent des petites modifications selon vos commentaires, héhé !

A plus !

Levia (qui a un peu peur de décevoir ses lecteurs, là…)

PS : Je me demande vraiment qui sera mon millième reviewer ! Qui sait, je pourrais faire un cadeau, pour une fois…