Auteur : Leviathoune

Bêtalectrice de folie que je remercie : Majore qui n'arrive pas à croire qu'elle bêtalit ZE duel final...

Résumé Harry s'est réveillé métamorphosé par la malédiction de Voldemort… La prophétie est apparemment enclenchée et le Survivant n'a qu'une envie : le retrouver pour le tuer, et ce le plus rapidement possible. Il l'exige, sa vie est en jeu… Il oblige donc Pansy à se transformer en faucon et la menace si elle ne livre pas une lettre très spéciale. Sur Ajrarn, la monture des ténèbres que Draco dirige comme il le peut, elle doit mener Harry vers son pire ennemi.

RAPPELLE-TOI, Chapitre 32

Le mal, à sa racine…

« Harry Potter… » susurra une petite silhouette noire, installée sur un autel chrétien miteux.

Il y eut un silence, puis un léger mouvement, et l'ombre reprit :

« Enfin, te voilà… Tu as tant tardé, je commençais à espérer que ma malédiction parvienne à venir à bout de toi… Et puis, il y a eu… cette douleur. Tu dois certainement comprendre… Tu la ressens, n'est ce pas ? C'est elle qui t'a fait venir à moi, si vite… Dès ton réveil, une exigence… »

La frêle forme sauta à bas de l'autel, se détachant de l'ombre, s'approchant de lui, révélant un jeune homme d'une quinzaine d'années, les yeux bleus perçants.

« Pourquoi ne ressens-tu aucune sorte de peur alors que tu te transformes en monstre, Potter ? » demanda-t-il, inquisiteur. « Je peux comprendre que mon apparence n'a guère plus rien d'effrayant… » Il écarta ses bras, dévoilant sa piètre stature, et sa voix se fit de plus en plus fragile et enfantine. « Lorsque tu t'approches de moi, redevenir ainsi me plonge dans le plus profond désarroi… Alors toi ? Le fringuant Gryffondor si dévoué, le héros parfait… Pourquoi cette hideuse condition ne te pétrifie-t-elle pas d'horreur ? »

Voldemort semblait avoir, à présent, une douzaine d'années. Il s'arrêta à bonne distance d'Harry pour ne pas rajeunir plus. Il le détailla de son regard bleu perçant.

« Tu ne dois plus rien ressentir… C'est cela, n'est-ce pas ? En bon monstre que tu es, tu ne dois même plus réussir à penser correctement. Un peu comme un bœuf au cerveau mangé par la rage, tu ne dois songer qu'à me tuer de manière bestiale : me démembrer, me piétiner, m'éviscérer… et m'éparpiller sur tous les murs. »

L'enfant fit un geste anodin, désignant les murailles pourries de l'église, un sourire ourlant ses lèvres fines.

La colère dévasta Harry. Ce fut fulgurant.

« C'est exact ! » hurla-t-il en se précipitant sur son ennemi, tous crocs et griffes en avant.

Voldemort transplana et l'évita de justesse, se retrouvant dans le dos de la bête.

« Calme-toi, sombre crétin ! Tu crois que je ne peux pas fuir, comme la dernière fois ? Je suis beaucoup plus résistant que toi, psychologiquement ! Je pourrais me tenir au loin, crois-moi, et attendre ! C'est toi qui perdrais ! Tu ne supportes pas cette aussi bien cette prophétie que moi et tu te lacérerais de fureur ! »

Harry se retourna, les lèvres écumant de rage et de sang. L'enfant recula devant le monstre qu'il était devenu et reprit calmement, comme s'il voulait l'amadouer :

« Reste éloigné, stupide bête… Ton contact ne me laisse plus beaucoup de temps avant que je ne devienne un… un fœtus moribond. » Voldemort frissonna d'une manière étrangement enfantine, un peu comme un chiot qui s'ébroue, avant de reprendre : « Alors garde tes distances et laisse-moi te parler, car il y a des choses que tu dois comprendre. »

L'enfant se déplaça, s'approcha d'une tenture et tira sur elle pour révéler un immense miroir.

« Tu n'as pas l'air de réaliser, pauvre fou. Mais regarde-toi. Regarde-toi. Est-ce que tu te reconnais, dans ce reflet ? »

Harry s'approcha et il vit dans la glace piquetée de taches de rouille, une longue chose qui bougeait étrangement... un être bizarre qu'il n'avait jamais vu de sa vie.

Une sorte de titan élancé.

Et c'était lui…

Il se mira, se redressant, se trouvant démesurément grand. Il constata combien il était différent… Complètement dégingandé, échevelé par une sorte de crinière de fauve noir. Son visage était bestial, mais pas grossier. Il ouvrit la bouche et toucha le pointu de chacune de ses longues dents. Il s'approcha du miroir et observa ses yeux blancs à la pupille finement fendue comme celle d'un serpent et à l'iris oscillant du vert au rouge, selon les déplacements de Voldemort dans son dos, qui retournait s'asseoir sur l'autel.

« Tu sais, mignon…petit…bébé…Potter…Je n'aimerais pas être à ta place, vraiment. Car il faut que tu saches que ta vie n'a absolument… aucun sens. C'est la vérité… Ne t'es-tu jamais demandé : Suis-je le pion des sorciers, l'instrument de Dumbledore, hum ? » L'enfant avait une voix chantante. Il rit puis se reprit, en regardant Harry dans les yeux, à travers le miroir : « Tu te l'es déjà dit, n'est-ce pas ? »

Le bleu acide croisa le rouge sanguin et s'accrocha durement à lui.

« Tu te l'es dit, un bon millier de fois… Mais la vérité est encore bien pire que cela… Bien pire, car tu es le pion du destin ! Non pas des sorciers, de Dumbledore ou de qui sais-je encore… Tu es l'instrument de la providence, Potter ! Te rends-tu compte ? Ta venue au monde n'est qu'une grandiose mise en scène, une barre fatale placée dans mes roues. Tu existes seulement pour moi… à cause de moi… et pour me destituer. »

Voldemort avait murmuré tout cela, de façon langoureuse.

« Quelqu'un… » reprit-il en montrant Jésus taillé dans le bois avec un sourire chafouine. « Quelque chose t'a donné une puissance colossale. Et toi, comme un bon petit pantin, tu n'as même pas besoin d'apprendre à la maîtriser que tu sais déjà l'utiliser. La puissance issue du magma primordial... Tu ne comprends donc pas ? » Il pencha la tête sur le côté, le regard plein d'une fausse pitié. « Tu n'es qu'un vecteur, tu es l'enveloppe, l'arme. Tout ce que tu as en commun avec moi… » Il se montra du doigt avant de désigner Harry. « A fait de toi le héros adulé que tu es devenu sans même à avoir… » Il fit le geste, lentement. « … à lever le petit doigt. » Il considéra son doigt minuscule puis fusilla Harry du regard. Soudain, il s'énerva : « Réfléchis et dis-moi ce que tu as fait pour en arriver là, à tant de gloire et de prouesses magiques ! À un an à peine, pauvre petite chose innocente, une puissance incroyable est sortie de toi pour me tuer ! Mais je suis revenu, seule grâce au pouvoir que j'ai forgé en moi, année après année ! À onze ans, il t'a suffit de toucher ce benêt de Quirrell et ce simple geste dérisoire et minable… » Il fit une pose, lui-même impressionné. « Ce simple geste anodin a de nouveau détruit le peu de chair que j'étais parvenu à me reconstituer, à l'aide d'une force et d'une volonté que tu n'imagines même pas ! Je ne pouvais bêtement pas te toucher sans être détruit… Où est la gloire là-dedans, Potter ? »

Voldemort avait l'air de positivement halluciner. Harry se demanda sérieusement s'il devait répondre, mais…

« Laisse-moi poursuivre… » le coupa impérieusement l'enfant aux yeux bleus. « Tu avais quatorze ans lorsque j'ai utilisé ton sang pour devenir plus puissant et retrouver enfin mon propre corps sans risquer de me faire brûler par une pichenette malencontreuse ! Je voulais allier ton énergie à la mienne, certes, mais – met-toi ça dans le crâne, Potty ! – je suis bien plus fort que toi ! Je te voulais simplement parce que tu es ce fameux vecteur de puissance, cette enveloppe regorgeant de magie qu'envoie le destin à mon encontre ! Et qu'en toi réside une partie de mon énergie. Énergie que j'ai glanée seul, par mon travail, par mes capacités naturelles, par ma sorcellerie, par les tueries que j'ai perpétrées ! Non pas par gaieté de cœur, mais parce que j'avais un but ! Contrairement à toi, à qui tout est servi sur un plateau d'argent ! Je ne voulais pas te contrer toi, petite chose insignifiante, mais bien le destin, l'entité bien plus grande qui se manifestait à travers toi. Toi qui n'es rien… »

Il se tut, essoufflé, effrayé, et Harry renifla de dédain, bruyamment. L'enfant braqua ses yeux bleus sur lui, il était enragé mais le Survivant s'en moquait. Il voulait qu'il continue et le lui fit comprendre d'un regard appuyé.

« Sais-tu pourquoi tu es si monstrueux lorsque tu m'approches, Potter ? » reprit Voldemort. « Parce que pour vaincre une puissance telle que la mienne, il n'y a finalement que cette solution : Que tu deviennes aussi monstrueux que moi, aussi inhumain. Il faut vaincre le mal par le mal, ne dit-on pas ? Mais cela n'était pas suffisant pour le destin qui en avait assez que tu échoues et que je revienne toujours et malgré tout. Il a fallu qu'il me fasse également devenir ainsi ! » Voldemort hurla et cogna les pieds du Christ d'un petit coup de poing rageur. « Une petite chose fragile, innocente et ridicule ! Une petite chose qui prend enfin conscience de ses actes passés, une petite chose qui voudrait se sacrifier… parce qu'elle regrette. Une petite chose sans combativité… »

Sursautant, Harry se tourna vers lui, se détournant complètement de la fascination morbide que lui inspirait son reflet. Il regarda intensément Voldemort, pas dupe.

« Je suis d'apparence monstrueuse et je ne suis certes pas dans mon état normal tant je suis furieux, mais je ne suis pas aussi dément que ce que tu as pu être... Si tu penses que je vais te croire, quand tu dis que tu vas bien gentiment te laisser tuer, tu te trompes lourdement ! »

« Ho bien sûr… » piaula l'enfant, presque piteusement. « Il est vrai que je ne suis pas exactement ce que j'ai dit. Mais ce n'est pas non plus complètement faux, cette transformation m'accable de remords ! Oh, pas comme une personne innocente. Cela me dégoûte de ressentir ce mal-être qui ne m'appartient pas, je ne regrette aucun de mes crimes. Je referais tout, si c'était à refaire. Je le referais même autrement, pour mieux vaincre. Je ressens, simplement… ce sentiment… »

Il posa sa main sur son vêtement, crispant ses doigts sur le très large tissu, et qui le semblait de plus en plus au fur et à mesure qu'il rajeunissait. Harry ressentit sa frustration, son oppression comme s'il la vivait – parce qu'il la vivait aussi, d'une certaine façon.

L'enfant se leva tout à coup, fou furieux, et Harry eut un petit sursaut en arrière, tiré de ses pensées.

« C'est moi le héros de toute cette foutue histoire ! » explosa Voldemort avec une voix d'enfant capricieux. « C'est moi la puissance, moi contre qui le destin envoie son champion de pacotille ! Potter, tu vas peut-être me tuer aujourd'hui, mais cela ne signera pas ma fin ! Tu as été investi d'une mission que tu ne comprends même pas, que tu ne peux même pas maîtriser ! Tu me fais pitié ! Tu t'es cru chanceux, tu t'es cru puissant, mais tu es vide. Il te manque la créativité, la volonté. Ça non plus tu ne l'as pas. Je reviendrai, Potter. Crois-moi… Dans dix, vingt, cinquante ans, un siècle ! Je ne mourrai jamais totalement ! Ma volonté est inimaginable pour toi, car nous sommes foncièrement différents ! Et toi, pauvre minable, une fois ta mission accomplie, tu resteras une coquille de monstre vide ! Tu n'auras plus de sens, plus de but... Tu n'as jamais été vraiment intéressant par toi-même ! Répond-moi ! Qui se serait intéressé à toi sans cette cicatrice ? »

L'enfant pointa Harry du doigt, et le monstre porta tranquillement sa main griffue à son front, pas du tout impressionné.

« Quand tu m'auras tué ! » recommença le Lord Noir. « Tu perdras tout ce qui faisait de toi un héros, tu auras une putain de vie de merde et tu mourras dans la solitude la plus infecte ! Alors je pourrais revenir plus vivant et plus puissant que jamais ! »

Presque logiquement, le petit Voldemort se mit à rire mais cela sonnait si faux – son rire était plus cristallin que machiavélique – qu'il s'arrêta, bien piteux. Harry commençait à se demander si sa transformation ne le rendait pas réellement sans défense tant il avait l'air misérable et effrayé.

Peut-être allait-il vraiment ne rien faire et se laisser bouffer, comme un sacrifié ?

Les yeux d'Harry s'agrandirent de surprise et l'enfant dut percevoir son cheminement de pensée car il déclara, aussitôt :

« Alors non, je ne me sacrifierai pas… Car en me laissant tuer, c'est de toi dont je me débarrasserai enfin. ». Mais même lui ne paraissait plus très convaincu. « Alors vas-y, Survivant… Effectue ta mission, celle pour laquelle tu es venu au monde, celle pour laquelle tu es devenu ainsi. Vas-y. Je te laisserai faire… Bien sagement. Le destin croira triompher. Mais un instant, seulement. »

Harry s'approcha lentement, découvrant que Voldemort ne paraissait avoir guère plus de neuf ans. Il reniflait et cachait difficilement des larmes naissantes.

« C'est intéressant, ce que tu dis… » souffla Harry, très calme – quelque part, il ne voulait pas l'effrayer d'avantage. « Cela est parfaitement vrai, d'ailleurs. Qui peut dire ce qu'aurait été ma vie sans toi, Voldemort. J'aurais vécu avec mes parents, j'aurais été un piètre élève, doué seulement pour le Quidditch. J'aurais eu des amis et des ennemis, mais peut-être pas les même que ceux qui sont venus vers moi à cause de ma… célébrité. » Il montra son front, en faisant un signe d'éclair. « Je n'aurais pas parlé fourchelangue, je n'aurais pas été confronté à tous ces dangers. Ma vie aurait été inintéressante et banale. Et moi-même, je ne regrette finalement pas tout ce que j'ai subit à cause de toi… »

Il se tut longuement, encrant son regard dans celui de l'enfant fasciné de terreur.

Il reprit, d'abord lentement :

« Sauf une chose. Juste une chose… » Puis il perdit totalement son calme et se mit à hurler si fort que l'enfant se recroquevilla, les mains sur la tête, sous les pieds du Christ : « Tu m'as enlevé mes parents, enfoiré de merde ! Tu m'as privé de mon innocence, de ma jeunesse ! Durant des années, je n'ai cessé de souffrir de la perte d'êtres chers, comme mon parrain, comme mes camarades de classe ! Ne fais pas celui qui n'est responsable de rien ! Ce n'est pas le destin qui a déclenché tout ça ! C'est toi-même qui, en commettant le meurtre de ma famille, a créé notre tout premier point commun : le fait que Poudlard soit devenu mon havre de paix, ma maison, ma famille, tout comme ça l'a été pour toi ! Alors tu te trompes en imaginant que ma haine à ton encontre est fausse, provoqué par Dieu ou que sais-je encore ! Je vais te tuer et ce ne sera pas vide de sens ! Ce sera de la vengeance, pure et simple ! De la vengeance jouissive, et tu le mérite mille fois ! »

Harry s'était encore rapproché. A présent, Voldemort ne paraissait plus que cinq ans et lui avait tellement grandi qu'il avait l'impression de devoir se plier pour le regarder trembler comme une feuille. Il sentait que s'il n'avait pas été si monstrueux, il aurait eu pitié de lui. Mais s'il n'avait pas été cette bête cauchemardesque, le Seigneur des Ténèbres l'aurait été et lui n'aurait eu aucune pitié.

Il se plia un peu plus et souffla. De l'âcre fumée dansa devant ses yeux, sortant de lui comme de la gorge d'un dragon. Il se tourna un instant vers la glace, constatant que son apparence était…

Il secoua sa tête devenue lourde sous le poids des cornes et darda son regard sur celui très bleu de l'enfant qui avait osé lever les yeux sur lui.

« Tu vas me tuer et tu resteras comme ça, toute ta vie durant ! » menaça-t-il. « Ce sera ta punition pour ce crime ! Tout le monde te fuira, tu seras seul et tu en crèveras de désespoir ! Et moi, je reviendrai, je reviendrai ! Plus fort ! Mon âme ne mourra pas, jamais ! JAMAIS !!! »

« Ton âme… » gronda Harry et ce fut un véritable grognement, un râle de bête sachant parler. Il souffla, renâcla.

Il aurait pu lui arracher la tête d'un fulgurant coup de dents, l'empaler sur ses cornes toutes fraîches, le déchirer de ses griffes et le piétiner de ses… il ne préférait pas savoir…

Mais il y avait là un parfum de facilité qui le bloquait. Il se saisit brusquement de Voldemort et le souleva, le portant à bout de bras, bien au dessus de la tête du Christ, tellement il était grand.

L'enfant hurla... si fort. Une telle frayeur se dégageait de son cri... C'était si… innocent. Si sincère. Et il se débattait si faiblement que c'en était pitoyable.

Harry était vraiment perplexe… Il n'y avait pas le moindre mal qui se dégageait de lui. Il tentait tout de même de se défendre, mais les pauvres arcs électriques qu'il créait le chatouillaient à peine.

Se sentant idiot, il reposa sans douceur l'enfant qui courut se cacher le plus loin possible de lui. Alors il se mit à genoux et médita sur la situation. La solution lui sauta aux yeux et il sut enfin ce qu'il devait faire…

Détruire le mal.

Le détruire complètement, à sa racine.

oOo

Draco, dos à la porte de la petite église, avait le corps paralysé par un froid mordant en passe de le faire chavirer dans les limbes. Le Détraqueur était de nouveau dans le coin, il le voyait diffusément glisser entre les arbres et bientôt, il allait ramper vers lui comme un cauchemar, pour le happer. Mais le jeune homme n'arrivait toujours pas à se décider à entrer dans le sanctuaire. Il tenait fermement sa baguette dans son poing en tentant de réorganiser ses pensées pour y dénicher un souvenir heureux et en absorber le bonheur, mais tout ce à quoi il songeait sonnait si faux que ses Patronus sortaient plus minables qu'une fumée de cigarette, ne servant absolument à rien. Et le fait de penser que lui non plus ne servirait à rien, une fois entré, le faisait douter. Il se savait pleinement défaitiste mais il n'arrivait pas à retrouver courage. Il aurait aimé qu'Harry choisisse ses deux meilleurs amis pour l'accompagner, ou bien Dumbledore. N'importe qui, mais pas lui, si minable… De toute façon, il ne l'avait même pas choisi, il n'avait fait que l'autoriser à l'accompagner pour guider Ajrarn... Peut-être parce que, sans lui, le Varax serait tombé en pleine mer. Car c'est pour son maître qu'il avait tout donné, et tenu jusqu'au bout.

Toutes les ébauches de souvenirs un tant soit peu positifs refluèrent en lui, si loin, laissant place à une tristesse sans nom qui imbibait tout son être.

Ou alors c'était parce que le Détraqueur s'était rapproché qu'il pensait cela ?

Draco n'était plus sûr de rien. Mais en contemplant le gouffre qu'était le visage de la créature, il fut certain qu'avec ou sans elle, il serait aussi effondré et qu'avec ou sans elle, il allait être terrorisé, malheureux pour finalement mourir comme un moins que rien.

Ce fut cette idée qui lui donna la force d'ouvrir la porte de l'église. Car, quitte à mourir, autant le faire auprès d'Harry plutôt que d'une goule peu ragoûtante assoiffée d'âme.

Essoufflé par sa peur, il referma le battant de bois sans oser se retourner. La porte vibra et quelque chose y cogna, et le Serpentard la scella d'un sort afin que le Détraqueur ne le poursuive pas.

Lorsqu'il fit volte-face, il se retrouva devant l'enfilade d'un long couloir vide. Déglutissant, il s'enfonça dans la veine pierreuse qu'il savait illusion, sa baguette enluminée tremblant devant ses yeux. Il ne sentait rien, si ce n'était une odeur de poussière et un léger courant d'air sur sa nuque. Il n'entendait rien à part son souffle qu'il se força à calmer, tant il se faisait peur à lui-même. Il arriva à une bifurcation qu'il marqua d'un symbole à l'aide d'une craie invoquée par magie, puis prit à droite. Il arriva à d'autres embranchements et refit les mêmes gestes, mais c'était sans fin. Ceci était une illusion infinie et puissante, un néant de couloirs et Draco se força à ne pas gémir, car il comprit que s'il entendait ce son sortir de sa gorge, il fondrait aussitôt en larmes. Il était perdu. Harry n'était pas dans ce couloir, il en était certain. Le Survivant était quelque part ailleurs, hors de l'illusion, combattant, en cet instant, le Seigneur des Ténèbres.

Il se laissa glisser le long du mur afin de réfléchir à comment briser le sortilège qu'avait créé le plus puissant sorcier que la Terre ait jamais porté. Et puis soudain, il réalisa que c'était faux, complètement faux. Son petit ami était bien plus puissant que Voldemort. Son rationalisme voulut revenir à la charge et lui souffler qu'Harry n'était qu'un adolescent, comme lui. Mais son cœur battait plus fort et il fut certain d'une chose : il avait retrouvé un espoir insensé. Le Gryffondor allait gagner et bientôt, la barrière de ce labyrinthe s'étiolerait et il irait le prendre dans ses bras pour le féliciter et tout finirait bien, et ils seraient ensemble et amoureux, ils vivraient heureux parce qu'ils en auraient enfin le droit.

Draco ricana, comprenant que son cœur ne battait pas vraiment d'espoir. Il était simplement en train de devenir fou pour avoir pensé une seule seconde que les choses finiraient si bien. Parce que c'était impossible, ça allait forcément se terminer dans un bain de sang et de jets d'entrailles, et si les murs s'étiolaient, il allait retrouver son petit ami dans le même trou bourbeux que la dernière fois, à souffrir mille horribles trépas – dans le meilleur des cas. Et cette fois-ci, il n'y aurait que lui pour l'aider. Allait-t-il seulement y parvenir ?

Machinalement, il jeta des sorts pour essayer de faire craquer l'illusion, mais elle ne vacilla pas d'un pouce. Il se releva péniblement et continua à marcher le long des couloirs tous identiques. Pas une seule fois, il ne retomba sur l'un de ses symboles, pas même lorsqu'il revint en arrière.

Il marcha de plus en plus lentement, puis il s'arrêta. Cela ne servait à rien. Il se retint au mur pour ne pas tomber mais, incroyablement, celui-ci se déroba sous sa main et il chuta à terre, rudement.

Soudain, tout autour de lui, ce qui avait été un néant silencieux, sans odeur ni couleur, devint un ouragan hurlant de magie, dans une minuscule pièce où des objets de culte volaient en tous sens.

Effaré, Draco se redressa et chercha Harry des yeux. Ce qu'il vit en premier lieu fut un gigantesque monstre de lumière, alliant lion, taureau et loup. Ses pattes griffues et presque humaines plaquaient au sol un enfant minuscule et sa tête le mordait et fouillait en lui, traversant son petit corps pour en tirer des franges de lumière d'une texture proche de la sienne. Mais si le loup échevelé aux multiples cornes était composé d'une lumière pure et éclatante, ce qui sortait de l'enfant était opaque et grumeleux, comme de la vieille lumière qui aurait tourné comme du lait caillé. Une aura maléfique se dégageait d'elle.

Le Serpentard était fasciné devant l'âme à l'apparence monstrueuse d'Harry, car ce ne pouvait qu'être lui. En voyant son véritable corps étendu un peu plus loin, visiblement inconscient, il comprit qu'il avait accomplie une sortie astrale et qu'ainsi, son aura obligeait l'âme de Voldemort à sortir de son corps, à s'exposer. Il voulait le tuer mais pas physiquement, il voulait détruire son essence même. Mais Voldemort luttait pour rester à l'intérieur de son corps malingre comme s'il s'agissait du meilleur des remparts.

Le blond se ressaisit et tendit son arme vers l'enfant qu'il voyait grandir à vue d'œil. Il jeta un sort qui l'étourdit et le fit tomber à terre, inconscient. Le monstre enfonça profondément sa gueule dans la petite poitrine et retira son âme malsaine qu'il flanqua au sol, entière, grise et grumeleuse. L'âme pourrie se redressa, vaguement humaine, projetant des éclairs noirs et rouges par les yeux. La bête lui fit face, semblant cracher du feu.

Après ça, il y eut un tourbillon dantesque de lumière et Draco ne parvint plus à distinguer Harry de Voldemort tant la magie autour d'eux gonflait puis crevait pour se reformer en une masse indistincte et monstrueuse, pour aussitôt exploser à nouveau, devenant de plus en plus mince, de plus en plus étiolée.

Cela était fou mais ne dura pas très longtemps. Draco le comprit ensuite en regardant le corps de Voldemort : même endormi, il avait un peu continué de grandir mais il s'était stabilisé juste après la plus grande des explosions, celle qui fit vaciller l'église à tel point que la croix se fracassa au sol dans l'amas de chaises et de bancs déjà disloqués et qu'une partie du toit s'écroula.

Le Serpentard, qui avait lentement rampé vers le corps d'Harry pendant que bataillait la nuée lumineuse, érigea un bouclier pour les protéger de l'avalanche et quand enfin il s'extirpa des gravats, il constata que tout était redevenu calme, bien trop calme.

Des bribes de lumière flottaient comme de la poussière en suspension dans l'air.

Il n'y avait plus aucune trace de grisaille grumeleuse, seules restaient ces lucioles inertes qui chutaient mollement de toutes parts, pour disparaitre en touchant le sol. De petites étincelles de la même intensité que la chimère qu'avait été l'âme d'Harry, un peu plus tôt.

Profondément choqué, Draco tendit une main et récolta l'une d'entre elles dans sa paume, religieusement. Quelque chose sembla le heurter et, dans sa tête, il vit un souvenir qu'il n'avait pas vécu. Il se vit jouer aux échecs avec Ron dans la salle commune de Gryffondor, et ressentit de l'agacement mais aussi de la plénitude.

Un bruit le sortit de ses pensées, il contempla avec horreur un bras minuscule faire basculer une poutre et un tout jeune enfant se redresser en gémissant de douleur. Comme lui, un peu plus tôt, il leva une petite main égratignée et captura une luciole, puis deux, puis…

Le Serpentard réagit au quart de tour et jeta un sort impressionnant, comme un vent qui captura toutes les bulles de lumière, les faisant tournoyer dans la pièce, en cercles impétueux, jusqu'à en récolter la dernière. Il fit un ultime geste et le bandeau luisant fusa, comme un long serpent, dans le corps d'Harry qui avait gardé des yeux ouverts sur le vide.

Draco se pencha sur lui, pour constater la gravité de ses blessures, mais il n'avait rien, pas même une estafilade.

« Harry ! » hurla-t-il en le secouant rudement. Il n'obtint aucune réaction. Les yeux ne cillaient pas et restaient désespérément vitreux. Il plaqua son oreille contre son torse et sentit des pulsations cardiaques battant follement. Il le secoua un peu plus fort et son regard vert de son petit ami s'écarquilla soudain, regardant de droite à gauche, frénétiquement, comme si le reste de son corps était paralysé. Draco eut très peur en pensant à cette possibilité et, stupidement, il frappa Harry au visage. Celui-ci cligna des yeux et fixa son regard sur lui. Sa main avait tressailli et le blond s'en saisit.

« Tu as eu mal ? » demanda-t-il.

L'autre acquiesça avant de tourner la tête vers l'enfant qui palpait le mur défoncé de l'église à la recherche d'une sortie.

Lentement, il pointa un doigt vers lui et murmura :

« Coquille… Vide… »

Draco frémit en constatant que leur pire ennemi était encore bien vivant et nettement plus en forme qu'Harry. Il délaissa le brun et se dirigea vers Voldemort, ne se sentant pas du tout d'humeur héroïque. Mais avait-il le choix ?

Quand le petit garçon l'entendit approcher, il se retourna vers lui comme une bête sauvage, les yeux bleus démesurément agrandis. Il serra les dents d'une façon étrange, en les découvrant, et s'enfuit lestement se cacher derrière l'autel défoncé – il boitait et saignait en maints endroits et l'un de ses bras pendait mollement.

Le Serpentard, perplexe mais toujours effrayé, revint vers l'autel, sa baguette commençant à crépiter. Il n'avait jamais tué personne. Du moins, pas de cette façon, en le traquant directement, en le regardant dans les yeux et en connaissant son nom… Dans la bataille, il avait certainement enlevé la vie à des Mangemorts mais ils n'étaient pas minuscules et apparemment impuissant comme lui.

Quand il fut au pied de l'autel, l'enfant émit un feulement articulé mais absolument incompréhensible. Il leva son bras valide et projeta sur Draco un éclair de magie brute, quelque chose qui ne ressemblait à rien de connu, rien d'appris. C'était puissant mais trop primitif pour que le blond ne puisse s'en défendre. Et c'est quand il eu bloqué quelques sorts de ce genre et esquivé une attaque physique – l'enfant avait tenté de le mordre – qu'il comprit la vérité : Ce petit n'était plus Voldemort. Il n'était même plus humain. Il était sans âme, comme un animal ne sachant rien et n'agissant que par instinct. Comme l'avait dit Harry, il n'était plus qu'une coquille vivante, mais vide.

Harry avait… gagné.

Alors Draco renonça à le tuer mais il l'immobilisa tout de même d'un sort. L'enfant tenta de l'éviter mais le blond le cueillit d'une seconde salve et il s'écroula au sol, sa chute tordant plus encore son bras fracassé. Le Serpentard le ligota magiquement puis le retourna craintivement du bout du pied pour lui soigner rapidement son membre, ainsi que plusieurs autres blessures importantes.

Ensuite, il revint auprès d'Harry qui ne se relevait toujours pas. Il était étendu, les yeux dans le vague, sa main sur son torse, caressant machinalement un bouton de son vêtement. Quand il s'assit à côté de lui, bien au-delà de l'inquiétude, le brun le regarda et montra du doigt sa baguette.

« Donne. » murmura-t-il faiblement.

Draco, perplexe, lui passa son arme.

« Qu'est-ce que tu fais ? » lui demanda-t-il.

« Le geste. » répondit l'autre en commençant à l'agiter bêtement.

Un éclair fusa, manquant d'arracher la tête du Serpentard qui se pencha vite fait pour l'éviter. Soudain, d'innombrables plantes se mirent à pousser en tous sens, noires et foisonnantes. Elles grimpaient partout sur les murs, aussi vivaces que des serpents. Draco se souvint de la forme qu'avait revêtu la Salle sur Demande, la deuxième fois où ils avaient couché ensemble. C'était Harry qui avait créé cette salle et les même plantes avaient tant bloqué la porte qu'il lui avait fallut l'enfoncer pour la pénétrer – tout un symbole…

Mais pour l'heure, Harry ne semblait plus se souvenir de ce détail. Il était même horrifié.

« Non, non… étoiles… Rouge et or, où ? Étoiles devraient être là… Le geste ! » Il recommença à agiter sa baguette et les plantes grandirent plus haut, menaçant de faire craquer la toiture.

Harry lâcha sa baguette et prit sa tête entre ses mains, en proie à une vive migraine. Il se mit à maugréer quelque chose et Draco se pencha pour l'écouter.

« Pas à Serpentard, pas à Serpentard, pas à Serpentard… » ne cessait-il de répéter, comme une litanie.

Comprenant la situation, le blond le serra un peu plus fort dans ses bras, tentant de le réconforter.

« Calme-toi… » murmura-t-il. « Tu n'es pas allé à Serpentard… Rappelle-toi, Harry… Tu es un Gryffondor, un valeureux Gryffondor… Rappelle-toi… »

Harry ouvrit les yeux et fixa Draco, de la sueur perlant sur son front. Il faisait visiblement un intense effort de concentration pour réorganiser ses souvenirs.

Il pointa le jeune homme du doigt et dit, comme s'il tentait de répondre correctement à un professeur :

« Malfoy… Blond, blanc… pédant, méchant… »

Le Serpentard ne put s'empêcher d'esquisser un sourire narquois.

« … et ton amant. » expliqua-t-il.

Dans la tête d'Harry, les souvenirs, les sensations, les émotions se bousculèrent pour se remettre en place, prenant en compte ces quelques mots.

Amant… Rappelle-toi…

Rappelle-toi…

Il y avait tant de désordre et de chamboulements dans sa tête que s'en fut trop pour le brun. En lui, tout se heurtait si durement que son crâne devenait le berceau d'une douleur blanche et cuisante. Il se prit le visage et hurla en fermant les yeux très fort.

Draco le serra dans ses bras et le câlina en pleurant le plus silencieusement possible. Il ne lui demanda plus de se rappeler, car à chaque fois qu'Harry le faisait, il souffrait visiblement. Il se doutait que s'il avait porté les lunettes de Dumbledore, en cet instant, il aurait vu une chose terrible... Son âme déchirée, éparpillée en milliers de petites étoiles qui grouillaient en tentant de reprendre une forme compacte dans la prison de sa chair. Alors peu importe qu'il ne se souvienne plus de lui comme il le fallait. Peu importe, puisqu'il était vivant. Il voulait simplement profiter de cela, en le serrant contre lui, en lui embrassant le front et en le caressant. Le cajoler et savourer son existence étaient les seules choses qui l'importaient pour l'heure.

Il aurait voulu que cette étreinte dure des heures, mais peu de temps après, les murs de l'église se fracassèrent aux quatre coins, tombant comme des panneaux vers l'extérieur et le toit vola avec quelques pierres, visiblement maintenus par magie.

Des Aurors bondirent, baguette au poing, en hurlant dans une langue que Draco ne comprit pas. Ils reconnurent le Survivant et l'arrachèrent à ses bras, le laissant le cœur à l'abandon, pour aussitôt transplaner en lieu sûr. Et puis, ils pointèrent du doigt le jeune homme blond, plutôt choqué et amorphe, en le sommant de s'expliquer.

« Je suis Draco Malfoy, c'est moi qui ait écrit la lettre portée par la jeune fille animagus. » expliqua-t-il en mimant vaguement un oiseau qui vole. L'un d'eux traduisit ses paroles en acquiesçant et puis ils désignèrent le gamin qui s'était réveillé et qui se tortillait, emprisonné par ses liens, gémissant et grognant comme un animal.

« Voldemort… » déclara Draco devant leur interrogation. Il avait prononcé son nom et sa voix sonnait pourtant vide.

L'enfant reçut un nouveau sortilège qui l'assomma, puis un autre qui l'enchâssa dans une cage de verre. Enfin, après quelques ovations rageuses, ils transplanèrent avec le plus incongru et incapturable prisonnier que personne au monde n'ait jamais attrapé. Ils allaient pouvoir s'en rengorger devant le monde magique tout entier.

« Tu être blessé ? » demanda l'Auror, qui avait traduit dans un anglais à l'accent fort.

Draco fit signe que non.

« Tu vouloir aller chez toi, en Angleterre ? »

« Pas encore. J'ai quelque chose à faire là-bas. » Il désigna la forêt, las.

L'Auror ne lui posa plus de question, toutefois il lui fournit un Portoloin, protégé dans une enveloppe de papier. Draco le remercia et rejoignit le couvert des arbres sombres. Auprès du cadavre du demi-Varax, il s'alanguit, réalisant enfin pleinement que la guerre venait de se terminer. Vraiment.

La guerre était… finie.

Finie, finie, finie…

FINIE !

Cette seule pensée lui permit de créer l'habituelle louve blanche argenté qui gambada autour de lui, flairant le danger.

Et Harry, était-il… fini ?

En fait, Draco avait du mal à se rendre compte de tout… des conséquences, de tout ce que ça impliquait.

Il ne voulait surtout pas y penser. Il n'avait, de toute façon, pas toutes les données en main. Pas encore.

A l'aide de la magie, Draco creusa un trou dans la terre pour Ajrarn, lentement…

Et se faisant, il comprit avec une curieuse et vive acuité qu'il allait également enterrer son enfance.

Ce fut des adieux froids, simples et… faibles. Il se sentait bien terne, comme vidé d'une précieuse substance.

A suivre…

NDA : Rappelle-toi, Harry. Rappelle-toi… Enfin le titre s'explique, hormis le fait que Draco ne se souvenait pas de sa première nuit avec R'ry. Il allait y avoir une autre raison, plus importante, et la voilà ! J'espère que vous avez compris cette dernière partie de la bataille finale, si ce n'est pas le cas, posez-moi des questions dans les reviews, je tenterai d'y répondre dans l'histoire, plus tard. Voilà, j'espère que cela vous a plu, en tout cas, ce n'est pas parce qu'il y a eu une bataille finale que l'histoire est tout de suite terminée, il reste encore quelques chapitres. Trois, je pense, mais avec moi, rien n'est moins sûr. En tout cas, quoi qu'il arrive : Ne me spoilez pas, je ne lis pas HP7 en anglais, merci !

Bisous à tous !

Levia

PS pour LadyNush :J'ai paumé ton adresse e-mail, dommage, j'aurai bien aimé répondre à ta review et le faire ici serait trop long… En tout cas, merci beaucoup !