Et voilà la suite ! Ca commence fort avec une Tsunade qui braille (comme elle sait si bien le faire) sur Naruto (comme elle aime tant)... J'espère que ce chapitre aussi vous plaira... Je n'ai pas eu trop de retour, mais bon, je continue de toute façon, j'y tiens :) ! Voilà, bonne lecture !!
Disclaimer : rien ne m'appartient, sauf l'histoire.
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- ENCORE UNE DE TES BRILLANTES IDEES NARUTO !
Setsuna rentra la tête dans ses épaules en entendant hurler de l'autre côté de la porte. Naruto, Sakura et Kakashi étaient dans le bureau de l'Hokage, et cette dernière n'avait pas l'air très ravie d'apprendre qu'ils avaient ramené avec eux une parfaite inconnue.
- FAITES-LA ENTRER !
Des bruits de pas retentirent dans le bureau, puis la porte s'ouvrit doucement. Une jeune femme brune laissa passer sa tête et fit signe à Setsuna d'entrer. Cette dernière avala sa salive, puis entra, s'attendant au pire... D'après ce qu'elle avait pu entendre depuis dix minutes, l'Hokage n'avait pas l'air très commode.
Lorsqu'elle entra dans le bureau, tout le monde était silencieux. L'Hokage, une femme plutôt jeune aux longs cheveux blonds, leur tournait le dos, et regardait par la fenêtre, les mains croisées dans son dos.
- Alors, comme ça on ne se souvient plus de rien ? tonna-t-elle.
- Euh... balbutia Setsuna.
- J'aime qu'on me réponde quand je pose une... ques... tion...
L'Hokage s'était retournée, et s'était arrêté net en voyant Setsuna. Elle resta un instant sans rien dire, immobile, une drôle d'expression sur le visage, puis se ressaisit.
- Bien... Sakura m'a dit que les médecins de Suna t'avaient déjà examinée, dit-elle d'une voix beaucoup plus calme. Néanmoins je procèderai à un examen moi-même, dans la soirée, afin d'être sûre. Sakura !
- Hai, Tsunade-sama !
- Emmène-là à l'hôpital. Elle restera là-bas jusqu'à ce qu'on décide ce qu'on va faire d'elle. Naruto ! Trouve Jiraya, je dois lui parler !
- Ouais...
Setsuna jeta un dernier regard à l'Hokage, puis suivit Sakura vers l'hôpital. En chemin, elle repensa à l'expression qu'elle avait eu en la voyant. Elle avait aussitôt arrêté de crier... Sakura était pensive également. Elle aussi n'avait pas manqué de remarquer la réaction du Godaime. Il était rare qu'elle se calme si rapidement quand elle était en colère, et encore plus rare qu'elle décide d'examiner elle-même un malade...
- Dis-moi Setsuna, lui demanda Sakura alors qu'elles marchaient dans les rues. Konoha ne te rappelle rien ?
- Pas vraiment... répondit-elle en secouant la tête. Mais je m'y sens bien. Bien mieux qu'à Suna.
Sakura se contenta de pousser un soupir de découragement, mais ne dit rien. Elles arrivèrent finalement à l'hôpital, et Setsuna fut installée dans une petite chambre individuelle. Sakura la laissa très rapidement seule, et elle s'approcha de la fenêtre. Au loin, sur une falaise, cinq visages étaient gravés dans la pierre. Et finalement, Konoha lui rappelait quelque chose... Elle plissa les yeux, et se pencha à la fenêtre pour mieux voir. Le troisième visage lui rappelait plus particulièrement quelqu'un. Quant à savoir qui...
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Setsuna finit par s'endormir, assise par terre, le dos contre son lit. Ce fut l'Hokage qui la réveilla plusieurs heures plus tard en la secouant doucement par l'épaule. Elle cligna des yeux, puis s'étira avant de se lever péniblement. La pièce était plongée dans l'obscurité, et au loin, les cinq visages de pierre se démarquaient dans la nuit. Avant même que l'Hokage n'ait pu prononcer un mot, Setsuna posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Qui sont les personnes représentées sur la falaise ?
- Les cinq Hokage depuis la fondation de Konoha. Ca te rappelle quelque chose ?
- En quelque sorte...
L'Hokage fronça les sourcils, puis haussa les épaules. Elle fit signe à quelqu'un d'entrer, et une grande silhouette s'approcha d'elles. Il s'agissait d'un homme âgé, avec de longs cheveux blancs et deux sortes de traits rouges qui barraient ses joues.
- Alors c'est elle... se contenta-t-il de dire.
- Oui. Elle ne se souvient vraiment de rien... Aucun doute là-dessus... soupira l'Hokage. Mais je voulais que tu la voies.
L'homme hocha lentement la tête en dévisageant Setsuna, qui se sentit mal à l'aise. Et d'un autre côté, la situation l'agaçait profondément. Elle avait la sale impression d'être une enfant qui avait fait la pire des bêtises. C'était comme si elle se trouvait devant son frère et sa soeur en train de décider s'ils allaient la couvrir ou pas.
- Alors ? demanda-t-elle d'un ton plus insolent qu'elle l'aurait voulu. Qu'est-ce que vous allez faire de moi ?
- Rien de particulier, répondit l'Hokage. Il est essentiel que tu retrouves la mémoire pour que nous sachions ce qu'il t'est arrivé. En attendant tu seras sous haute surveillance. Jiraya et moi passerons te voir de temps en temps pour nous tenir au courant.
- Elle devrait peut-être emménager... Quelque part, proposa Jiraya, d'un air sous-entendu.
- Oui... Bien-sûr. Tu passeras la nuit ici. J'enverrai quelqu'un te montrer où tu habiteras demain matin. Si dans quatre mois il n'y a aucun progrès, il nous faudra songer à une solution beaucoup plus radicale, ajouta-t-elle d'un air sévère.
Sur ces mots, ils sortirent tous les deux, non sans jeter un dernier regard à Setsuna. Cette dernière se laissa tomber sur son lit, et s'enfouit sous les couvertures. C'était l'enfer... Elle ne voyait pas d'autre mot... Seule, amnésique, avec tout le monde sur son dos... Pire que l'enfer même... Malgré tout, elle s'endormit rapidement, et plongea dans un sommeil sans rêve...
oOoOoOoOo
Le lendemain matin, ce fut un jeune homme brun qui vint la chercher. Et pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée amnésique, Setsuna trouva quelque chose totalement étrange. En effet, le jeune homme avait les yeux d'un violet très pâle, sans pupille.
- Je suis Hyuuga Neji. Hokage-sama m'envoie pour te conduire chez toi.
Puis sans un mot, il sortit de la chambre. Setsuna secoua la tête pour se remettre de sa surprise, puis trottina dans les couloirs de l'hôpital pour le rattraper. Une fois dans la rue, elle accélera le pas pour se retrouver à sa hauteur, et l'observa du coin de l'oeil. Ce dernier fit semblant de ne rien remarquer, et continua à avancer d'un pas régulier.
- Hokage-sama m'a laissé quelques consignes. Tu peux te promener où bon te semble tant que tu ne sors pas de l'enceinte du village. Trois membres de l'ANBU seront continuellement près de toi pour te surveiller, et...
- ANBU ?
- Nos forces secrètes. Tu ne les verras sans doute pas la plupart du temps. Mais sache qu'ils seront là. Et Jiraya-sama sera ton professeur.
- Mon... professeur ?
- L'équipe de Kakashi a signalé que tu n'avais absolument aucune notion de techniques ninjas, ni même de chakra. Jiraya-sama sera là pour tout t'apprendre.
- Même si je suis potentiellement dangereuse ?
- Jiraya-sama est l'un des trois Sannin légendaires. C'est simplement un moyen supplémentaire pour te surveiller de près.
- De toute façon... Je n'ai pas de chakra.
- Tout le monde en a... Tu n'as sans doute jamais appris à t'en servir, c'est tout.
Setsuna laissa échapper une exclamation qui signifiait clairement qu'elle n'était pas convaincue, mais n'ajouta rien.
- Je peux vérifier si vraiment tu y tiens, dit-il après un long moment, alors qu'ils approchaient du bâtiment où se trouvait le bureau de l'Hokage. Ca ne prendra que quelques secondes, ajouta-t-il en s'arrêtant.
- Comment ?
- Avec le Byakugan. C'est la technique héréditaire de mon clan.
Setsuna réfléchit un court instant, puis hocha silencieusement la tête. Elle était sûre de ce qu'elle avançait. Kakashi et Sakura lui avait expliqué ce qu'était le chakra. Elle était sûre de ne pas en avoir du tout.
Neji forma un sceau, se concentra, puis lança le Byagukan. Aussitôt, de minuscules vaisseaux apparurent près de ses yeux et son regard se fit plus pénétrant. Il observa lentement Setsuna de la tête aux pieds, puis fronça les sourcils. Finalement, il relâcha le Byakugan, et posa son regard sur quelque chose qui se trouvait dans le dos de Setsuna. Cette dernière se retourna, et reconnut le vieil homme de la veille, Jiraya.
- Elle n'a pas de chakra, annonça Neji. Je distingue à peine les vaisseaux où il devrait circuler. C'est comme si sa réserve était totalement épuisée... Et pourtant elle est en parfaite santé.
- Je vois... Va rapporter ça à l'Hokage, je vous rejoins dans un instant.
Neji hocha la tête sans dire un mot, et se dirigea vers le bureau de l'Hokage. Jiraya quant à lui s'approcha de Setsuna, qui s'appuya contre un mur.
- Je vais te donner un petit exercice de concentration à faire, en attendant qu'on se revoie. Assise en tailleur, les deux mains jointes, fais le vide dans ton esprit, et cherche une force intérieure.
- Une force intérieure ? répéta-t-elle, pas certaine de comprendre.
- C'est à toi de trouver de quoi je parle. Attend moi chez toi, je repasserai dès que je pourrai, ajouta-t-il en lui indiquant du doigt une petite porte en bois coincée entre deux boutiques. Voilà la clé.
Jiraya lui lança un petit objet brillant qu'elle récupéra au vol, puis disparut dans un nuage de fumée. Setsuna fit une moue boudeuse, puis se dirigea d'un pas traînant vers la porte de son nouveau "chez elle". Elle poussa la porte en bois pour découvrir un escalier en pierre qui menait à une autre porte. La clé que lui avait donnée Jiraya servait à ouvrir cette seconde porte.
La première chose que fit Setsuna fut d'ouvrir les fenêtres et les volets, pour dissiper l'odeur d'humidité et de léger moisi qui se dégageait. Elle fit ensuite rapidement le tour. Il y avait une petite salle de bain, une chambre et un salon avec un coin cuisine. Instinctivement, Setsunafut capable de trouver de quoi faire un brin de ménage, et se mit aussitôt à la tâche. S'il lui fallait vivre ici, autant que ce soit propre...
Tout en débarassant les meubles de la poussière accumulée, elle réfléchit à l'exercice de concentration que lui avait donné Jiraya. Nul doute que la force intérieure dont il parlait était le chakra. Sauf que Neji venait de lui dire qu'elle n'en avait pas... Alors pourquoi lui avoir donné cet exercice quand même? D'un autre côté, Neji avait aussi dit qu'elle avait quand même les vaisseaux où le chakra devait circuler. Comme si sa réserve était complètement épuisée... Mais Sakura lui avait expliqué que lorsqu'une personne n'avait plus de chakra, elle n'était plus en état de faire grand chose. Or Setsuna se portait parfaitement bien.
-Cherchez l'erreur, marmonna Setsuna en s'acharnant sur l'évier.
Epuisée, elle recula de quelques pas et se laissa tomber sur le canapé, soulevant tout un nuage de poussière. Setsuna se mit à tousser et à pleurer, et se précipita à se fenêtre pour respirer de l'air frais. Elle s'affala sur le bord de la fenêtre, essouflée.
- Je suis trop fatiguée... Pourtant j'ai dormi toute la journée hier... dit-elle pensivement. C'est pas normal...
Avec un nouveau soupir, elle se pencha un peu et se tordit le cou pour observer la toiture. Apparement, quelqu'un avait l'habitude de sortir par la fenêtre pour monter sur le toit. L'usure de la toiture révélait un passage très répété, si bien que Setsuna n'eut aucun mal à en faire de même. Elle découvrit avec surprise qu'une petite terrasse se trouvait au sommet du toit,enfoncée dedans, cachée à la vue de tous. Et contrairement au logement, la terrasse avait l'air d'être régulièrement entretenue. Peut-être juste pour éviter que cela finisse par pourrir la toiture...
Sur une soudaine impulsion, Setsuna se laissa tomber par terre, et s'assit en tailleur. Elle joingnit ses mains devant elle, bien à plat, et ferma les yeux. Puis elle essaya de ne penser à rien. Sauf qu'étrangement, elle n'y arrivait pas. Si bien qu'au lieu de faire le vide, elle décida au contraire d'emplir son esprit de ce qu'elle ressentait à ce moment précis, assise sur cette terrasse, à Konoha. Puis elle orienta toutes ses pensées sur le seul élément du village qui lui rappelait quelque chose : le visage du troisième Hokage. Rien ne lui venait, mais elle s'efforçait de courir après cette impression qu'elle avait de connaître cette personne.
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Non loin de là, dans le bureau de l'Hokage, deux personnes étaient profondément plongés dans leurs réflexions et dans leurs souvenirs. Il s'agissait de Tsunade et de Jiraya, à qui l'arrivée de Stesuna causait bien du tracas.
- Ca ne peut pas être elle, dit soudainement Jiraya. Elle est trop jeune d'abord, ajouta-t-il. La Setsuna que nous connaissions avait vingt-sept ans lors de sa disparition. Cette gamine en a à peine plus de vingt.
- Tu t'y serais trompé pourtant, fit remarquer Tsunade. Ca ne peut être qu'elle. Elle est exactement comme dans mes souvenirs...
- C'est vrai, répondit-il en hochant la tête. Peut-être... Une des expériences d'Orochimaru, suggéra-t-il.
Tsunade fronça les sourcils, et réfléchit un court instant. Puis elle secoua violemment la tête.
- Je refuse d'y penser. En plus, si ça avait le cas, il ne l'aurait pas laissé partir. Tu sais bien que...
- Je sais. Je dis juste que c'est une éventualité. J'espère vraiment qu'il ne s'est pas perverti à ce point.
- Si c'est le cas, je vais vraiment me déplacer pour l'exploser personnellement, répondit Tsunade en serrant les poings.
Jiraya baissa la tête en fronçant les sourcils. Ses sentiments étaient les mêmes que ceux de son acienne co-équipière. Si Orochimaru avait osé une telle horreur... Il n'aurait plus de repos avant de l'avoir tuer de ses propres mains.
- Si elle retrouve la mémoire, nous aurons la réponse à toutes nos questions... Et si c'est vraiment elle, nous saurons enfin ce qu'il s'est passé il y a trente ans, dit-il finalement. Nous devons nous montrer patient.
Tsunade hocha silencieusement la tête, mais ses poings tremblaient toujours de rage et d'émotion. Jiraya et elle se séparèrent finalement pour retourner chacun à leurs affaires.
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Sur sa terrasse, Setsuna n'avait toujours pas bougé d'un poil. Elle avait toujours les yeux fermés, et cherchait toujours désespérement à qui appartenait ce visage...Bon... Mis-à-part le fait qu'il s'agissait du troisième Hokage bien-sûr.
-Sarutobi-sensei ! s'exclama-t-elle soudainement en ouvrant grand les yeux.
- La mémoire te revient ?
Setsuna se retourna si vite qu'elle se fit mal au cou, et aperçut Jiraya, assit sur un bord de la terrasse. Elle se releva difficilement en s'étirant.
- Juste un nom, dit-elle en pointant du doigt le visage du troisième Hokage. Mais ça ne l'avance pas beaucoup.
- C'est déjà ça, remarqua Jiraya avec un sourire. De plus, tu l'as appelé sensei, souligna-t-il. C'est une information supplémentaire.
La jeune fille hocha lentement la tête et répéta silencieusement le nom de l'Hokage seul, puis en l'appelant sensei. Le second choix lui paraissait plus naturel...
- Si on lui demandait, il saurait peut-être dire qui je suis ? dit-elle soudainement.
- Je crains fort que ce ne soit pas possible...
- Pourquoi ?
- Il est mort.
En entendant la nouvelle, Setsuna se sentit submergée par une vague de tristesse si intense qu'elle tomba à genoux. Au même moment, le visage du troisième Hokage lui revint très clairement à l'esprit, et elle sentit des larmes rouler sur ses joues. Elle ne se souvenait d'aucun événement marquant, mais elle se souvenait maintenant de cette personne. Et elle se souvenait qu'elle avait énormément d'affection pour elle.
- Comment ? demanda-t-elle à travers ses larmes.
- Je ne pense pas que tu sois prête à l'entendre.
- Si, dit une troisième voix.
Ils se retournèrent tous les deux, et aperçurent Tsunade, qui se tenait dans l'un des coins de la terrasse. Elle avait une lueur déterminée dans le regard, mais Jiraya ne semblait pas d'accord.
- Tu as vu sa réaction quand elle a apprit la mort de Sarutobi-sensei !
- Justement. C'est une façon douloureuse mais efficace de retrouver la mémoire et...
- Je te l'interdis ! s'exclama soudainement Jiraya, une flamme ardente au fond des yeux.
Tsunade sursauta, visiblement très surprise que Jiraya ose lui donner un ordre quelconque, puis elle baissa les yeux. Finalement, elle haussa les épaules, et leur tourna le dos.
- C'est à Setsuna de décider. Si tu veux savoir, dit-elle en la regardant, reviens me voir sans ce crétin.
Setsuna se contenta de hocher la tête, et se tourna vers Jiraya, avec un regard interrogatif. Il lui fit signe de ne pas s'inquiéter, puis se dirigea vers le bord de la terrasse. Tsunade était déjà loin, et il poussa un énorme soupir.
- Bien... On va aller faire quelques courses, dit-il soudainement. Je te ferai visiter Konoha en même temps. Suis-moi.
Sur ces mots, il sauta directement du bord de la terrasse au rez-de-chaussée, et Setsuna se demanda un instant s'il ne plaisantait pas. Mais quand elle le vit attendre en bas qu'elle fasse comme lui, elle comprit que non, et évalua la distance. Elle jugea plus prudent de faire une étape supplémentaire sur le bord de la fenêtre, et se lança quelques secondes plus tard.
Une fois en bas, elle ouvrit les yeux, surprise de la facilité avec laquelle elle avait réalisé ce saut. Jiraya quant à lui avait l'air plus que satisfait.
- Bien. Comme je l'avais prévu, ton corps a gardé tous ses réflexes. Je connais quelqu'un qui devrait pouvoir évaluer tes capacités avec des tests de ce genre. Je te le présenterai demain. En attendant, allons-y.
Setsuna lui emboîta le pas sans rien dire. Son corps avait gardé ses réflexes. En fait, c'était totalement prévisible. La mémoire du corps lui-même est quasiment indestructible, contrairement à la mémoire mentale... Mais elle gardait confiance. Elle savait qu'elle finirait par se souvenir. Elle avait une bonne piste en la personne de Sarutobi-sensei.
Quelques heures plus tard, alors qu'ils étaient sur le chemin du retour, avec toutes sortes d'achat – cela allait de la nourriture aux vêtements en passant par les produits de toilettes – ils croisèrent Naruto qui était en compagnie d'un autre jeune homme. Ce dernier salua respectueusement Jiraya, puis regarda Setsuna avec un air interrogatif.
- Lee, voici Setsuna. Naruto a déjà du t'en parler j'imagine, dit-il d'un ton exaspéré.
- Oui. Enchanté, dit-il d'un ton enjoué en la saluant.
- Setsuna, voici Rock Lee. C'est l'un des élèves de la personne à qui je comptais m'adresser pour demain.
- Gai-sensei ? demanda Lee. Nous devons nous entraîner toute la journée demain au terrain d'entrainement n°4.
- Bien, vous accepterez bien une personne de plus pour votre entrainement, répondit Jiraya en posant une main sur l'épaule de Setsuna. J'en parlerai moi-même à Gai.
Lee porta la main à son front comme s'il venait d'accepter une importante mission, puis il s'en alla avec Naruto pour aller s'entraîner. Setsuna le regarda jusqu'à ce qu'ils disparaissent à l'angle d'une rue, puis se tourna vers Jiraya.
- Rassurez-moi, dit-elle sans remarquer qu'il grimaça en l'entendant le vous-voyer. Son professeur n'est pas comme ça ?
- Je ne vais pas pouvoir te rassurer sur ce point... Tu vas vraiment bien t'amuser, ajouta-t-il d'un ton moqueur.
- Mouais...
Setsuna n'ajouta rien, mais l'envie de lui envoyer un coup de coude dans les côtes la démangeait furieusement.
- A propos, dit-elle soudainement. Sakura m'a dit de noter dans un coin de mon esprit tout ce qui me rappelle quelque chose.
- Et ? Du nouveau ?
- J'avais l'impression d'avoir déjà été à Suna. C'est toute cette étendue de sable qui me rappelait quelque chose. Et puis Kakashi me rappelle très vaguement quelqu'un.
Jiraya ne répondit rien, mais il sembla soudainement pensif. Setsuna n'osa rien dire, et se plongea elle-même dans ses pensées. Peut-être que si elle se concentrait comme quelques heures auparavant, elle parviendrait à retrouver le nom de cette personne également.
- Il y a longtemps que Sarutobi-sensei est mort ? demanda-t-elle alors qu'ils arrivaient non loin de chez elle.
- Un peu plus de sept ans.
- Et vous ne voulez vraiment pas me dire comment ?
- Ce n'est pas par moi que tu le sauras. Et j'espère que Tsunade tiendra sa langue.
- Mais pourquoi ? C'est une bonne piste pour moi !
- Hors de question. Tu devrais aller te coucher maintenant, demain sera une rude journée, trancha-t-il.
Setsuna le fusilla du regard, puis monta directement dans sa chambre sans lui jeter un regard. Jiraya resta un instant au pied du bâtiment. Lorsqu'il vit les lumières s'allumer, il ressentit une étrange nostalgie l'envahir, et il sera les poings. Pourquoi refusait-il de lui dire comment était mort Sarutobi ? ... Pour la protéger d'émotions trop violentes autant qu'il le pourrait... Il avait toujours été un peu trop protecteur de toute façon...
