Neuvième pas : Regrets…
Du bout de la fourchette, Yukira titilla ses spaghettis. En face d'elle, Maïko Ogawa, jolie jeune fille au visage rond et amical, inspira un grand coup, tournant son regard sombre vers Rui. L'étudiante détourna la tête et plongea ses couverts dans son plat :
- Vu ton air macabre, je suppose que tu n'as pas faim Yuki… Commença-t-elle d'un ton doux
- Ce n'est pas ça. Je suis juste un peu pensive.
- Beaucoup tu veux dire ! Je ne t'ai jamais vu ainsi ! Intervint Maï en approchant son verre de ses lèvres
- Maïko a raison sur ce point-là Yukira. Nous sommes amies depuis le collège, tu dois nous dire ce qui se passe. Je ne crois pas que c'est comme ça depuis notre entrée à Tôô. Quatre mois déjà et on dirait que tu disparais…
- Ah, l'amour… Elle est sacrément atteinte. Si être avec Ryû-kun lui fait un tel effet, je n'ose pas imaginer comment elle serait si elle était avec une idole télé.
- Je n'ai pas d'idole Télé. Répondit simplement la demoiselle, avec un air absorbé
- En cours, tu n'écoutes plus rien. Tu es obsédée par lui ! Cela n'est plus possible Yuki !
- J'en suis consciente, mais je l'aime et c'est plus fort que moi. J'ai peur qu'il s'éloigne de moi à cause de… certaines obligations. Je ne sais même pas s'il m'aime réellement. Je ne sais rien de lui, juste qu'il est très intelligent.
Elle tapota du bout des doigts sur la table :
- J'attends je ne sais quoi…
- Tu attends tu ne sais quoi et nous deux on reste là pour te soutenir alors que tu ne nous racontes rien ! Tu es injuste Yukira ! S'emporta Rui
- Moi, injuste ?! Mais moi, j'attends ! J'attends !! Répliqua son amie en retour, haussant d'un ton
Des étudiants se retournèrent, étonné par tant de « violence ». Les deux jeunes filles bouillaient intérieurement à cause de l'autre, énervées et Maïko ne pu que dire pour calmer les esprits :
- Calmez-vous les filles… Yukira, si Ryûga t'énerves tant et qu'il ne te comble pas, tu n'as qu'à le quitter. Il faut que tu comprennes que nous nous faisons du souci pour toi. Tu n'es plus du tout celle que l'on connaissait. Rui a raison sur ce point-là, tu es têtue vraiment. Tu refuses de te cacher que…
- Que quoi ??! J'ai couché avec lui les filles mais je ne sais pas, je suis perdue !
Rui crispa les poings, se laissant aller contre la banquette :
- Alors tu es piégée, pieds et poignets liés ? A cause d'un géni ? Sérieusement, tu me déçois…
Elle soupira, repoussant son assiette :
- Pour l'amour de Dieu Yukira. Reprends-toi…
- Je ne peux pas… S'excusa l'étudiante
- Maïko, j'vais fumer. Vous avez combien d'heures de libre maintenant ?
- Deux heures normalement.
La jeune fille aux longs cheveux bruns se leva, repassant nerveusement les plies de sa jupe. Elle prit son sac avant de lancer un regard mesuré à Yukira. Elle sortit un paquet de cigarettes effilées, ainsi que son briquet, se préparant à aller dehors. La tension la faisait trembler et elle passa une main sur son visage :
- Penses-y Yukira. Rajouta-t-elle, sortant du périmètre de la banquette jusqu'à rejoindre l'allée centrale de la petite cafétéria
Elle s'éloigna lentement, tandis que Yukira baissa les yeux sur ses spaghettis refroidis. Elle n'avait plus faim ces derniers temps. Les examens pour passer en deuxième année approchaient dangereusement et elle ne se sentait pas prête.
Finalement, Rui n'avait pas tort : elle était obsédée par Ryûga, L, Ryuzaaki. Il avait peut-être confiance en elle, malgré le fait qu'il ne lui ai pas avoué son prénom. Quel patronyme pourrait convenir à un garçon comme lui ? Yukira, avec un doux sourire, se dit qu'Haku lui irait plutôt bien, ou alors Akira. Quelque chose aux consonances dures, comme Rei, Negi. Pour un garçon à l'aspect fragile, une appellation finalement douce. Mais elle ne connaissait pas sa nationalité. Il pouvait être anglais, ce qui faisait démentir ses traits asiatiques. Cette peau blanche, ces mèches fines, ces yeux effilés, il ne pouvait qu'être japonais mais suivant ses lieux de vies précédant, son teint pâle pouvait être aussi du à l'absence de soleil. Alors du Sud ou du Nord ?
Yukira n'en avait aucune idée…
Maïko finit de manger en silence, n'osant parler à son amie qui paraissait ailleurs, complètement dans ses rêves :
- Hum… Et c'était bien avec Ryû-kun ? Hasarda-t-elle
- Et bien… Je ne te dirai pas ! Déclara la jeune fille avec un charmant sourire
- Mais pourquoiiiiiiiiiiiiiiii ???!
- Parce que voyons. C'est privé enfin…
Elle se munit d'une brosse prise dans son sac, la passant longuement dans ses cheveux :
- J'espère que tu sauras te guérir de lui Yukira… Moi, je me sens triste à te voir ainsi dépendante…
- En quoi cela te regarde ?!
- Il pourrait t'arriver de mauvaises choses si tu continues ainsi.
- Par exemple ?
- Il n'a pas l'air très fiable, géni peut-être, mais pas fiable, un peu tordu. Je ne prétends pas connaître la raison de ton amour pour lui… Néanmoins, c'est mauvais… Mauvais…
- Ca y est ? T'as fini de croire que t'as raison ? Toi, Rui, vous faites tout pour casser mon bonheur !
Elle se redressa brusquement, les larmes aux yeux. Elle avait encore raison. Ryûga n'était pas comme les autres et ne le serait jamais. Sans écouter les explications empressées de l'étudiante, Yukira se rua hors de la cafétéria, cachant d'une main ses larmes.
Elle avait tout simplement honte de se comporter ainsi…
A suivre…
En réponse à :
Hakushaku Cain : Hum… J'ai trouvé un défaut à Yukira, elle n'est pas assez sûre d'elle. Merci pour le « tu as du talent », ça me fait plaisir. Euh… Pour moi, elle n'est pas tellement Mary-Sue mais c'est ma vision perso après…
Ayu : Ba, Yukira ne me ressemble pas du tout oO. J'pense que ça peut les intéresser sans en être tout à fait sûr donc sorry.
Love Chocolat : Si c'est aussi rapide, c'est déjà parce que ça sort d'un rêve et de deux parce que le dénouement sera plutôt rapide aussi… Histoire de ne pas avoir une fic qui tienne trop en haleine
