Le soir du bal, Remus attendait devant la porte de Laurianne. Il avait renoncé à se coiffer différemment de d'habitude, gardant des mèches folles devant le visage. Il portait une robe de sorcier dans des tons de vieil or qui mettaient particulièrement ses cheveux et ses yeux en valeur. Il paraissait très calme et détendu, mais quand Laurianne sortit de sa chambre, il en resta sans voix, la bouche e
ntrouverte. Elle avait relevé ses cheveux en un souple chignon, seulement retenu avec deux barrettes délicates en forme de papillons. Elle portait une robe en velours vert amande, avec des broderies délicates sur les manches, le décolleté et l'ourlet. Elle n'avait aucun maquillage, juste un léger parfum floral. Laurianne sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine quand elle le vit. Mais pourquoi avait-il laissé ses cheveux comme ça ? Elle mourrait d'envie de les remettre en place… Il allait sûrement se poser des questions si elle lui sautait dessus maintenant … Elle se reprit un peu.
« -Cette tenue vous va très bien Remus. Vous devriez porter cette couleur plus souvent.
-…
-Vous vous sentez mal ?
-…
-Remus ? »
Il essaya de reprendre le fil de ses pensées pour répondre. Il ne pouvait pas lui dire que son parfum allait le rendre fou ! Et à la veille de la pleine lune, il allait faire des folies avant la fin de la soirée… Il reprit difficilement contenance.
« -Vous êtes… ravissante. Vraiment.
-Vous me gênez, Remus, je n'ai pas vraiment l'habitude des compliments.
-Vous les méritez largement. Venez, nous allons être en retard. »
Il lui présenta son bras et ils se dirigèrent vers la Grande Salle. Les tables des différentes maisons et des professeurs avaient été remplacées par de petites tables rondes d'une douzaine de places. Les bougies dessinaient des rubans de Möbius dans les airs et de minuscules fées voletaient dans toute la pièce. Le bruit des conversations était assourdissant, ponctué d'éclats de rire. Leur entrée fut assez remarquée et des mornilles changèrent de mains. Les paris étaient visiblement allés bon train. Remus la conduisit à une table où les professeurs McGonagall et Sinistra avaient l'air satisfaites et que Chourave faisait une mine dépitée. Remus espérait juste qu'elle n'avait pas misé trop d'argent… Rogue avait un air écœuré, mais sûrement plus à cause de la présence de Trelawnay à coté de lui que de leur arrivée. Elle avait prit sa main et murmurait des 'mon pauvre ami, je n'aimerais pas être à votre place. Quel avenir tragique que le vôtre… Mais on ne peut rien faire contre le destin'. Dumbledore et Rogue étaient les seuls qui ne paraissaient pas douter de voir Remus et Laurianne arriver ensemble. Le directeur sourit en les regardant par-dessus ses lunettes
« -Vous formez un très beau couple tous les deux, tout à fait assorti. »
Remus et Laurianne devinrent d'un coup d'un même rouge vif. Dumbledore leur sourit encore plus et se tourna vers le reste de la salle en réclamant le silence pour faire un petit discours. Il invita ensuite les professeurs à ouvrir le bal. Remus invita évidement Laurianne à danser. Il ne se sentait pas très à l'aise pour les valses, danser avec elle le rendait nerveux. Il regardait une mèche de cheveux effleurer le cou de sa partenaire. Par Merlin, qu'il aurait aimé être à la place de cette mèche de cheveux et pouvoir embrasser son cou, juste là, où la peau avait l'air si douce… Il prit une grande inspiration pour se calmer. Ce fut encore pire, il s'était enivré de l'odeur de sa peau, une odeur de miel. Il dut se contenir pour ne pas l'embrasser devant toute la salle. S'il l'embrassait, il n'arriverait pas à se retenir ; il avait beaucoup trop envie d'elle. Il continua la danse, essayant de vider son esprit.
Dans le reste de la salle, les autres couples rejoignirent progressivement la piste. Ron et Hermione dansaient ensemble au milieu des autres. Hermione avait réussi à convaincre Ron de l'inviter alors qu'il n'aimait pas cette activité. Mais bizarrement, depuis qu'il était sur la piste avec Hermione, il ne semblait pas mécontent. Hermione lui donnait de petits baisers pour l'encourager. Il avait un sourire un peu ahuri, alors qu'Hermione affichait un air totalement satisfait. Ils retournaient s'asseoir de temps en temps avec Harry et Ginny pour boire une bièraubeurre. Harry n'avait pas voulu danser mais était resté bavarder avec Ginny. Il l'avait invitée pour ne pas venir seul à cette soirée et il passait un bon moment avec elle. Ils discutaient de tout et rien, des cours, du Quidditch, chacun vantant les qualités de joueur de l'autre. Au cours de la soirée, la bièraubeurre aidant, sa façon de regarder Ginny changea. Il se rendait compte que la petite Ginny avait bien grandi, et sa robe mettait en valeur certains atouts qui lui sautèrent aux yeux pour la première fois. Quand elle lui dit avoir trop chaud, il lui proposa de sortir un moment dans le parc. Ils allèrent donc marcher un peu, pour admirer la lune presque pleine et la nuit. Ginny avait remarqué que le regard de Harry sur elle avait changé ce soir et elle espérait qu'il tente quelque chose. Elle était depuis des années amoureuse de lui, pas du Survivant, juste de Harry, avec son mauvais caractère, ses sautes d'humeur, ses cheveux éternellement décoiffés… Elle attendait cet instant depuis des années. Et lui, il lui parlait des cours de métamorphose… Ginny inspira pour se donner du courage et finit par prendre les choses en main. Elle se mit sur la pointe des pieds et le fit taire d'un baiser. Harry se recula, surpris, mais ne s'en plaignit pas. Et il réessaya, juste pour voir, et prolongea son baiser. Ginny se sentait sur un petit nuage ; elle attendait ce moment depuis presque cinq années.
Mais ça n'allait pas durer…
Ron et Hermione qui étaient aussi allé se promener les rejoignirent à se moment. Hermione leur fit un sourire complice en pensant qu'enfin ils se décidaient. Ron mit un moment à comprendre ce qu'il voyait et hurla à réveiller les morts.
« -Harry ! Qu'est ce que tu fais à ma petite sœur ! »
Hermione tentait de retenir son rire et un Ron furieux. Harry ne savait plus où se mettre et Ginny semblait vouloir mordre son frère.
« -Tiens, je suis ta sœur maintenant ?!! C'est bien le moment de t'en rappeler. Et pour ta culture personnelle, on appelle ça embrasser. Ca ne te dérangeait pourtant pas quand j'étais avec mon ancien petit copain.
-Mais il m'avait juré qu'il t'accompagnait seulement à Pré-au-Lard pour te tenir compagnie !!! Tu veux dire qu'il t'a… embrassée ?!! »
Il s'étouffa à demi, n'ayant jamais voulu imaginer ce que sa toute petite sœur pouvait bien faire avec ses petits copains. Il avait l'impression d'avoir fait une découverte révolutionnaire.
«-Non, Ron, il vérifiait si je n'avais pas mal à une dent !!! Il faut te réveiller un peu, j'ai grandi ! Je fais ce que je veux, et avec qui je veux.
-Mais tu es beaucoup trop jeune Ginny ! Tu es encore une petite fille… Enfin Harry, je croyais que je pouvais te faire confiance ! »
Ginny empêcha Harry de répondre et répliqua à son frère qu'elle était assez grande, merci, et que sa vie amoureuse ne regardait qu'elle. Elle embrassait et couchait avec qui elle voulait.
Elle lui conseilla 'poliment' de se mêler de ses affaires. Ron se détourna d'eux, vexé et choqué. Hermione éclata de rire, tandis que Ginny fulminait. Harry se sentait tout bête et un peu gêné par rapport à son meilleur ami. Il s'excusa auprès de Ginny en lui disant qu'il lui parlerait plus tard. Il partit rejoindre Ron pour une grande discussion.
Harry s'approcha de son meilleur ami et lui expliqua, entre autre, qu'il avait assisté à leur premier baiser, qu'il respectait beaucoup Ginny et ne savait pas encore ce qu'il ressentait pour elle. Ils ne sortaient pas encore ensemble. Voyant l'absence de réaction de son meilleur ami, il ajouta d'une voie sèche qu'il n'avait pas l'intention de lui sauter dessus pour lui faire un enfant et l'abandonner après. Ron releva la tête, surpris.
« -Je sais bien que tu ne la traiteras pas comme ça. C'est juste… je n'avais pas remarqué qu'elle avait grandi. J'avais déjà du mal avec l'idée que des garçons la regardent, mais qu'elle, elle s'intéresse aux garçons…
-Elle a juste un an de moins que toi. Elle a quinze ans Ron ! Elle est assez grande. Et je te jure de bien la traiter. Quoi qu'il se passe entre nous.
-Tu as intérêt, parce que, ami ou pas, si tu la fais souffrir, tu vas passer devant les Weasley au grand complet. »
Harry pâlit légèrement à cette idée et se jura de traiter Ginny comme un cristal fragile. Ils revinrent à leur table avec le sourire. Les filles étaient en train de rire comme des folles en les regardant.
« -Mais de quoi vous parlez toutes les deux ?
-Des petites comparaisons, rien d'important. Des choses de filles ! »
Elles reprirent immédiatement le fou rire et les garçons ne purent en savoir plus. Harry regarda Ginny, et lui murmura à l'oreille qu'il voulait lui parler en privé, dès que possible. Elle hocha la tête et lui répondit pendant que Ron et Hermione s'entraînaient à l'apnée.
« -Demain matin, à la salle sur demande. »
A une des tables, Laurianne conversait avec Remus. Severus Rogue avait disparu en début de soirée pour patrouiller les couloirs et surveiller les élèves ou pour fuir Trelawnay et ses prévisions catastrophes… Les autres étaient dans la grande salle, à discuter ou à danser. Remus était légèrement penché vers elle pour pouvoir parler malgré la musique et le bruit. Elle était tellement proche de lui qu'elle s'était noyée dans ses iris dorés. Elle ne savait même plus de quoi il parlait, se contentant de hocher la tête de temps en temps. Remus ne se rendait compte de rien, il ne savait plus vraiment ce qu'il lui disait non plus. Il était en train de lui expliquer que les Strangulots étaient des créatures du désert qui ne supportaient pas l'eau. Il pensait à tout autre chose. S'il lui détachait les cheveux pour les caresser, elle allait se poser des questions. Il se retenait difficilement grâce à une question : qu'est ce qu'une jeune femme comme elle pourrait lui trouver ? Mais il avait décidé, ce soir, de tenter sa chance. Il pourrait toujours prétendre avoir bu trop de bièraubeurre si elle le repoussait. Merlin, être aussi près d'elle lui donnait l'impression de perdre totalement le contrôle de lui-même et il avait hâte que la soirée se termine… Enfin, que le bal se termine et qu'il puisse la raccompagner à ses appartements. Après, soit il deviendrait fou et demanderait à Pomfresh une potion pour s'assommer, malgré la honte de devoir lui expliquer, soit il… Non ! Il ne devait pas penser à ça ou il allait lui sauter dessus devant tout le monde.
La soirée se termina vers minuit et les élèves rentrèrent à leur salle commune. Les professeurs, et donc Laurianne, restèrent jusqu'à ce que les derniers soient partis. Dumbledore remit la grande salle en ordre d'un coup de baguette et souhaita une bonne nuit à tout le monde. Laurianne semblait un peu fatiguée mais elle ne quittait pas Remus du regard. Elle se demandait comment elle faisait pour être aussi amoureuse de lui et avoir autant envie de lui. S'il ne se décidait pas à faire quelque chose ce soir, elle allait lui sauter dessus dans un couloir. Remus la raccompagna jusqu'à ses appartements. Arrivés à la porte, ils restèrent un moment sans rien dire. Remus finit par se décider.
« -J'ai passé la meilleure soirée de ma vie. J'ai adoré notre discussion. »
Elle resta un instant interdite, ne sachant même plus de quoi ils avaient parlé. Elle savait juste qu'elle ne s'était jamais sentie aussi bien que parlant près de lui ou quand ils avaient dansé ensemble.
« -Moi aussi, je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis longtemps. »
Laurianne semblait hésiter ; elle regardait leurs pieds, puis elle se lança, presque en chuchotant.
« -Je vous apprécie vraiment beaucoup Remus. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un que j'apprécie autant que vous. »
Remus se demandait si elle ne voulait pas juste être polie et n'osait pas se lancer. Elle leva la tête et plongea son regard dans le sien. Il sentit son cœur s'accélérer et il lui répondit d'une voix basse un peu voilée.
« -Vous pensez réellement ce que vous dites ?
-Oui, vous êtes une personne exceptionnelle. Je me sens heureuse avec vous. »
Remus sentit son cœur rater plusieurs battements. Il la regarda un long moment, ne sachant quoi répondre et vit une petite mèche échappée de sa coiffure. Il ne put s'en empêcher et la remit en place, derrière l'oreille. Il en profita pour effleurer sa joue, savourant la douceur de sa peau. Laurianne pencha la tête pour appuyer sa joue contre la main de Remus. Elle frémit en se disant qu'elle croyait que…
« -… je suis vraiment tombée amoureuse de vous. »
Il ouvrit de grands yeux. Avait-il bien compris ?... Laurianne rougit violemment. Elle n'avait quand même pas dit ça tout haut ?!! Elle allait mourir de honte… Remus eut un léger sourire en coin en voyant ses joues empourprées. Et lui qui pensait se faire repousser… En tant que maraudeur, il se devait de profiter de la situation et s'il ne tentait rien… Il se pencha doucement pour l'embrasser, près à cesser au moindre signe. Mais loin de protester, Laurianne gémit et lui rendit son baiser comme si sa vie en dépendait. Elle entrouvrit ses lèvres douces comme des pétales de fleurs et le laissa prendre les siennes. Remus commença à caresser ses lèvres et explorait sa bouche au goût de rose et de miel. Elle avait l'impression d'attendre ça depuis toujours… Ils finirent par reprendre leur souffle et restèrent plongés dans les yeux de l'un de l'autre. Laurianne sentait battre son cœur et celui de Remus à l'unisson. Personne ne l'avait jamais embrassée comme ça. Etait-ce par ce qu'elle l'aimait ou était-ce lui qui embrassait divinement bien ? Semblant lire dans ses pensées, il reprit ses lèvres à nouveau. Elle décida que c'était lui qui embrassait divinement bien… Il lui enleva ses barrettes papillons pour libérer sa chevelure soyeuse et enfin y plonger les mains, avouant dans un grognement étouffé.
« -J'en mourais d'envie depuis le début de la soirée. »
Laurianne sourit en penchant la tête vers lui, pour offrir de nouveau ses lèvres. Il ne demanda pas d'autre invitation pour continuer son exploration. Il finit par s'écarter d'elle pour la regarder dans les yeux, faisant passer tous ses sentiments dans ses yeux.
« -Vous savez, Laurianne, je crois que moi aussi je suis vraiment tombé amoureux de vous. »
Le cœur de Laurianne rata à son tour plusieurs battements. Elle cessa de penser à cet instant et répondit autrement que par des mots en l'attirant à sa suite. Sans le lâcher du regard, elle ouvrit à tâtons la porte de ses appartements. Ils se retrouvèrent dans le salon, sans cesser de s'embrasser.
« -Vous êtes sûre… ?
-Certaine... Je vous attends depuis trop longtemps… »
Remus eut un léger rire avant de la prendre dans ses bras et ils restèrent dans l'obscurité à continuer vers la chambre, semant leurs vêtements au passage, le feu de la cheminée les dessinant en ombre chinoise sur les murs.
Laurianne s'apercevait à peine de son environnement, attentive à des sensations beaucoup plus fortes : ses mains qui glissaient sensuellement sur son corps, légères comme des plumes, la douceur de sa voix qui chuchotait à son oreille… Il lui murmurait des mots qu'elle ne comprenait qu'à demi, frémissante comme il lui redessinait le lobe de l'oreille de sa langue. Il descendit le long de son cou, semant des baisers et de légères morsures sur sa peau sensible. Ses mains glissèrent dans son dos, longeant la colonne vertébrale en dessinant des courbes compliquées. Il laissa ses lèvres quitter son cou pour glisser vers sa poitrine qu'il explora méthodiquement. Laurianne tressaillit, et elle se cambra contre Remus, offerte. Toute pudeur envolée, elle plongea les mains dans ses cheveux qui prenaient des reflets vieil or à la lueur de feu en gémissant. Il plongea son regard brûlant dans le sien avant de reprendre ses lèvres pour un baiser qui les laissa le souffle coupé. Laurianne déposa une pluie de petits baisers sur son visage, embrassant ses paupières closes, son front, ses joues, pour finir par descendre explorer le corps de son amant avec un léger sourire malicieux. Elle traçait de lignes brûlantes sur son torse, ses bras et son dos, redessinant ses muscles fins et puissants. Il avait de nombreuses cicatrices plus ou moins anciennes, et elle entreprit d'effacer le souvenir de la douleur qu'elles portaient de ses lèvres amoureuses. Remus gémit, avant de l'arrêter d'une voix rendue rauque par le désir.
« -Si tu continues, je n'arriverai plus à me contrôler… Et je veux prendre mon temps… »
Remus la ramena à lui, pour prendre ses lèvres humides. Il la porta sur le lit, emprisonnant ses poignets d'une main au-dessus de sa tête pour caresser à son aise le corps offert de son amante. Sa bouche se referma sur un sein, le taquina d'une langue experte, le frôlant comme palpitent les ailes d'un papillon à une flamme. Il aspira doucement sa pointe avant de faire subir le même sort à son jumeau. Le visage enfoui dans son cou tendre, il s'enivrait de son parfum, de son goût.
« -Remus ! Par la Dame, tu vas me rendre folle, je t'en prie… »
Il se contenta de lui sourire, reprenant sa douce torture. Il explorait son corps, embrassant son cou, son ventre, ses cuisses, laissant les traces humides de ses baisers sur elle. Laurianne agrippait le drap avec force et le regardait, se mordant les lèvres pour ne pas crier. Mais elle ne pouvait s'empêcher de gémir à chacune de ses caresses.
« -Je t'aime, Laurianne, et je te veux toute à moi…
-Je suis à toi corps et âme, Remus. »
Un sourire possessif aux lèvres, il refit le même chemin en sens inverse, déposant des baisers brûlants sur tout son corps avant de plonger ses yeux d'or dans les siens. Sans jamais quitter son regard, il effleura de ses doigts la partie la plus secrète du corps de Laurianne, lui arrachant un cri. Elle se cambra à la rencontre de sa main, soufflant son nom. Il entreprit de la caresser lentement, explorant son intimité de ses doigts et observant le plaisir voiler le regard captif de la jeune femme. Il n'arrêta que lorsqu'elle se mit à crier son nom, le suppliant. Il glissa un genou entre ses jambes, et aussitôt, elle les referma autour de ses hanches, ne voulant pas le laisser s'éloigner. Il la prit lentement, s'arrêtant parfois pour prolonger leur plaisir. Mais elle ne voulait pas de tendresse. Laurianne griffait ses épaules en s'accrochant à lui, l'embrassant à perdre souffle. Il perdit tout contrôle en entendant ses gémissements de plaisir et accéléra ses mouvements, allant de plus en plus profondément. Laurianne planta profondément ses ongles dans l'épaule de son amant et se mordit la main pour ne pas hurler son nom en atteignant le septième ciel. Remus la rejoignit aussitôt, se libérant en elle. Ils restèrent accrochés l'un à l'autre, haletants. Ils attendirent que leurs cœurs reprennent un rythme normal en se murmurant des mots d'amour sans suite et finirent par s'endormir ensemble, dans les bras l'un de l'autre.
Bien plus tard dans la nuit, Remus caressait distraitement le dos de Laurianne d'un air pensif. Il se demandait s'il n'avait pas perdu la raison. Il était fou amoureux d'elle mais sa condition le perturbait. Elle finirait fatalement par avoir confirmation qu'il n'était pas vraiment humain et risquait de le rejeter, malgré l'amour qu'elle disait avoir pour lui. Sans compter les problèmes des préjugés que les sorciers avaient contre ceux de son espèce et envers leurs compagnons. Laurianne se tourna vers lui en souriant.
« -Tu m'as l'air bien pensif ?
-Depuis quand on se tutoie ?
-A ton avis ? Dis-moi ce qui te préoccupe. Tu ne regrettes pas… ? »
Remus pu lire une grande fragilité dans son regard lorsqu'elle demanda ça. Elle semblait tenir à lui autant qu'il l'aimait.
« -J'avais un peu peur de ta réaction. On n'a pas vraiment réfléchit aux conséquences tout à l'heure. Je pensais que tu m'en voudrais.
-J'étais consentante. »
Elle eut un sourire malicieux en déposant un baiser sur ses lèvres.
« -Je le suis toujours, d'ailleurs.
-Laurianne !
-Quoi ? »
Elle adorait le choquer. Il était adorable avec cette expression. Elle se serra un peu plus contre lui, comme si elle voulait qu'il ne reste plus le plus petit espace entre eux. Remus devrait être catalogué dans les drogues dures. Une fois qu'on a commencé, on ne peut plus s'arrêter… Elle soupira. Laurianne se doutait de ce qui le préoccupait. Elle savait ce qu'il était depuis le bal d'Halloween et sa rencontre avec le loup dans le parc mais elle ne lui en avait jamais parlé. D'abord parce qu'il l'avait évitée pendant de nombreuses semaines après ça, et ensuite de peur de l'éloigner d'elle à nouveau si elle abordait le sujet. Remus, je sais que tu es un loup-garou et je m'en fiche, je t'aime quand même. Pas très subtil. Il pourrait mal le prendre. Mais il fallait qu'ils en parlent, pour éviter les malentendus. Elle décida d'amener le sujet discrètement dans la conversation. Avant d'avoir réfléchi à la façon de le faire, elle improvisa.
« -Remus, je sais que tu es un loup-garou et je m'en fiche. Je t'aime quand même. »
Mais pourquoi avait-elle dit ça comme ça?! Pour la subtilité c'était raté ! Elle se cacha la tête dans l'oreiller en gémissant tandis que Remus paraissait foudroyé.
« -Tu as compris ?... Comment ? Le soir d'Halloween, c'est ça ? Tu n'en avais jamais parlé… J'avais espéré que tu aurais oublié notre 'rencontre'… »
Elle releva un peu la tête de l'oreiller pour répondre.
« -Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Si ça peut te rassurer, ça ne me dérange absolument pas. »
Il la tourna vers lui pour la regarder dans les yeux. A son expression, il était choqué. Il devait s'attendre à être repoussé d'une seconde à l'autre. Il pensait qu'elle allait se mettre à hurler 'au loup !!!'
« -Tu es sûre ? Je suis un loup-garou, Laurianne. Je peux être très dangereux. Je ne veux pas te faire de mal mais c'est un risque.
-Je te fais entièrement confiance. Je n'ai vu jusqu'à présent que ta gentillesse et ta douceur. Tu es peut-être dangereux quand tu es un loup-garou mais autrement, je ne crois pas que tu sois dangereux. Je te confierais ma vie et plus encore. »
Il ne croyait visiblement pas à ce qu'elle venait de lui dire. Elle se blottit tout contre lui, trouvant tout naturellement une place entre ses bras, sa place. Elle l'embrassa sur le nez et continua, mortellement sérieuse.
« -Et puis, maintenant, c'est trop tard. Si tu me rejettes maintenant pour ce prétexte stupide, je ne m'en remettrai pas. Je vais croire que tu t'es servi de moi…
-Non ! Je ne te ferais jamais ça ! Mais tu trouves que c'est un prétexte stupide ? Ca a gâché ma vie entière. Je suis un loup-garou, un monstre. Je ne peux pas avoir une vie normale… Tu mérites mieux que ça.
-Alors tu es mon loup à moi. J'ai toujours rêvé d'avoir un loup pour me tenir chaud pendant les longues soirées d'hiver. »
Elle ne le regardait pas, n'osant croiser son regard, jouant avec le drap avant de reprendre.
« -Tu n'as plus le choix, tu m'as volé mon cœur. Ne le piétine pas, je t'en prie ! Je t'aime, Remus. Ca fait bientôt deux mois que je souffre d'être ailleurs que près de toi. Et si tu insistes trop, je suis capable de me faire mordre à mon tour pour rester avec toi !
-Laurianne, ne dis pas de bêtise. Tu ne… »
Elle posa un doigt sur ses lèvres.
« -Je ne changerai pas d'avis. Si tu ne veux pas de moi, dis-le, même si ça me brise le cœur. Mais je ne cesserai pas de t'aimer pour autant.
-J'ai l'impression que je ne pourrai pas te faire changer d'avis… Et je crois bien que je suis amoureux depuis que je te connais. Quand j'ai croisé ton regard la première fois, chez les Dursley. Je ne te laisserai pas non plus, j'en serais incapable.
-Tant mieux, parce que cette nuit, on a mieux à faire que de discuter, tu ne crois pas ?
-Laurianne !
-Je n'y peux rien, j'ai encore envie de toi… Et je crois que ça ne changera pas de sitôt.
-On va être épuisé demain.
-On est déjà demain. Et ce n'est pas grave, je te ferais un mot d'excuse… »
Elle le fit taire d'un baiser et ce furent les derniers mots qu'ils échangèrent de la nuit. Elle s'assit sur son ventre et décida de se venger de la torture qu'il lui avait fait subir tout à l'heure.
Fin du treizième chapitre.
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