Chapitre 15 : Départ en vacances

Remus se présenta devant le cachot de Rogue pour avoir sa potion vers la fin de l'après midi. Les deux hommes ne d'adressèrent pas la parole et, dès sa potion prise, Remus remonta pour souhaiter une bonne nuit à Laurianne. Severus resta quelques instants debout derrière sa porte close, avec comme un air de regret peint sur le visage. Il finit par retourner à ses occupations habituelles, même si son expression restait pensive. Remus quant à lui avait vite chassé cette visite obligatoire de sa mémoire en retrouvant la jeune femme qui avait désormais tout pouvoir sur son cœur. Laurianne se trouvait dans ses appartements, plongée dans un énorme grimoire poussiéreux. Une mèche rebelle de ses cheveux roux s'obstinait à venir lui chatouiller le nez mais elle était tellement prise par sa lecture qu'elle se contentait de souffler dessus pour l'éloigner. Le loup-garou sourit et s'approcha pour replacer les cheveux derrière l'oreille de sa compagne.

« -Remus ! Je ne t'avais pas entendu entrer !

-C'est ce que j'ai vu. Ta lecture à l'air passionnante. »

Elle s'étira comme un chat et s'arrêta soudain en grimaçant. Elle était complètement ankylosée. Remus s'approcha en souriant et commença à masser ses épaules.

« -Tu devrais faire des pauses de temps en temps.

-Je n'ai pas abandonné les recherches pour ton ami Sirius et j'aurais peut-être une piste. Mais c'est un peu tiré par les cheveux, alors je vérifie tout avant d'en parler.

-C'est vrai ?! Je ne vais pas avoir le temps ce soir de voir ça avec toi ; je veux dire, tu sais que ce soir…

-Ne t'en fais pas, on verra ça demain. »

Laurianne ferma les yeux pour savourer son massage en soupirant. Elle se redressa d'un coup pour le regarder avec un air un peu étrange.

« -Remus ?

-Oui ?

-Tu as combien de temps avant de devoir partir ?

-Eh bien, environ une heure, pourquoi ?

-Rien, rien. C'est parfait. Oui, parfait…

-Laurianne… Qu'est ce que tu fais à ma chemise ? »

Quelques heures plus tard, Laurianne avait célébré les rites de la pleine lune avec ses sœurs du Temple. Maelys lui avait dit que la Dame avait contacté tous les Cercles de part le monde pour leur demander quelque chose qui concernerait les sorciers. Mais elle refusa d'en dire plus à la jeune Gardienne.

« -Je t'expliquerai en temps utile. Pour l'instant, tu dois juste savoir que tous les Cercles sont alertés et à disposition en cas de besoin.

-Maelys, pourquoi ne dis-tu pas à Laurianne que…

-La Dame a demandé qu'on ne lui en parle qu'au dernier moment, Kimberly. Et tu sais pourquoi.

-Est-ce qu'Elle ne me fait plus confiance ? »

Laurianne semblait presque effondrée à cette idée.

« -Non ! Non ! C'est juste qu'elle veut te réserver la surprise. J'ai l'impression que Dana est plus taquine qu'on ne pense. »

Myriam et Kimberly éclatèrent de rire. Elles regardaient leur jeune collègue de l'Est malicieusement. Maelys tentait quant à elle de rester calme et digne, comme sa place de doyenne des Gardiennes l'exigeait. Mais ses yeux rieurs la trahissaient. Laurianne leur lança un regard torve.

« -Je ne sais pas ce que vous me cachez, ni ce que la Dame me réserve, mais je ne suis pas sûre d'avoir confiance. »

De retour dans son corps, elle finit par réussir à chasser cette conversation intrigante de son esprit. Cela lui fut d'autant plus facile que les rayons de la pleine lune qui inondaient ses appartements lui rappelaient à chaque instant ce que son amour endurait. Elle s'endormit en pensant à lui, serrant son oreiller contre elle. Elle était totalement concentrée sur son envie d'être auprès de lui pour l'apaiser et le soulager.

Une ombre furtive poussa la porte de l'infirmerie. Les ténèbres de la pièce étaient à peine illuminées par quelques rayons de lune qui passaient par les fenêtres. Elle se dirigea silencieusement jusqu'au fond de la salle et se glissa derrière un rideau blanc.

« Lumos. »

L'ombre se figea à la vue de la personne qui occupait le lit. Le visage du blessé était presque entièrement bleu et noir, enflé et une coupure courait sur sa tempe. Ce qui était visible de ses bras nus était dans le même état. L'ombre ferma un instant les yeux avant de murmurer.

« -Ils ne t'ont vraiment pas raté, Malfoy. Tu as vraiment une sale tête. »

S'approchant du blessé endormi, elle effleura sa joue avec le dos de sa main. Elle le regardait avec un mélange de pitié et d'hésitation. Comme si elle ne savait pas trop pourquoi elle était là.

« -Tu es vraiment un sale type ; je déteste tout en toi. Tes attitudes, tes sarcasmes, ton sentiment de supériorité sur les autres, ta façon de me parler... Alors pourquoi est-ce que j'ai eu si peur quand j'ai su ce qui t'était arrivé ? Explique-moi pourquoi, alors que tu m'insupportes, je me sens si mal quand il t'arrive quelque chose ? Tu te rends compte, je n'ai jamais enfreint le règlement et je sors en pleine nuit pour venir vérifier moi-même que tu es vivant... »

Elle se pencha sur lui et l'embrassa, effleurant à peine ses lèvres.

« Je te hais Drago Malfoy, mais je t'ai dans la peau, et je crois que je te hais encore plus pour ça... »

Baissant sa baguette, elle annula le sort de lumière et commença à s'éloigner.

« Padma... »

L'ombre se retourna d'un seul coup.

« Finalement, il faut que tu dormes pour te souvenir de mon prénom. »

La préfète de Serdaigle quitta précipitamment l'infirmerie, se demandant encore pourquoi elle était venue.

Au matin, Drago se réveilla son corps entier douloureux et ne se souvenant pas pourquoi il était là. Il n'essaya même pas de se lever ; il souffrait de muscles dont il ne connaissait pas l'existence jusqu'ici. Un gémissement s'échappa malgré lui de ses lèvres tuméfiées. L'infirmière accourut aussitôt, comme si elle avait guetté son réveil.

« -Ne bougez pas, monsieur Malfoy ; je vais vous donner une potion contre la douleur. »

Comme s'il avait l'intention d'aller se lancer à la poursuite d'un vif d'or ! Cette infirmière était vraiment idiote par moment. Si seulement il était chez lui, sa mère aurait déjà fait venir le meilleur médicomage du pays et il serait déjà sur pied, quoi qui ait pu lui arriver. Mais sa mère n'était pas là, elle était… morte. Les souvenirs venaient de revenir en bloc ; la mort de sa mère, sa décision, les menaces et l'agression, par ses deux anciens amis. Quelque chose de chaud se mit à couler de ses yeux. La dernière fois que ça lui était arrivé, c'était dans le bureau du vieux fou, pour lui expliquer ce qu'il était advenu de sa mère. Il tenta de retenir ses larmes mais les tensions accumulées depuis quelques semaines finirent par s'exprimer. Drago Malfoy, héritier d'une des plus grandes familles sorcières du pays, qui se comportait toujours avec dignité, se mit à sangloter comme un nourrisson dans les bras de l'infirmière qu'il méprisait peu de temps avant.

« Chut, mon petit, chut... Ne vous inquiétez pas, vous êtes en sécurité ici. Vos agresseurs ont été définitivement exclus de Poudlard et les professeurs ont décidé de mesures de protection sûres pour vous. Tout va bien aller… »

Elle le laissa pleurer longtemps, le laissant se calmer tout doucement. Il avait besoin de laisser évacuer la pression. Il finit par se redresser, essuyant ses yeux, et faisant comme si de rien n'était.

« -Ne parlez de ça à personne, vous m'entendez ?!!

-Ne vous inquiétez pas, monsieur Malfoy, je n'en avais pas l'intention. »

Pomfresh était un peu vexée mais elle comprenait que le garçon ne pouvait pas changer en si peu de temps.

« -Si vous avez besoin de quoi que se soit, appelez moi. Je vais vous laisser dormir.

-Madame Pomfresh ?

-Oui ?

-Est-ce que les potions que vous me donnez peuvent provoquer des hallucinations ?

-Non, cela ne fait pas partie des effets secondaires. Si vous avez vu des choses étranges, vous avez sûrement fait un rêve. »

Alors que l'infirmière quittait la pièce, Drago murmura pour lui-même que s'il avait rêvé, il voulait bien embrasser Parkinson. Il eut quelques heures pour y penser à loisir avant de quitter l'infirmerie. Padma lui avait donc fait une petite visite.

Drago regardait son directeur de Maison avec un air consterné. Celui-ci venait de lui annoncer les dispositions qui avaient été prises pour lui. Il allait avoir un appartement personnel, ce qui était parfait pour lui. Petit problème, cet appartement serait dans la tour des Gryffondor. Il allait devoir côtoyer régulièrement ces 'choses'. Il avait beau avoir décidé de lutter officiellement contre Voldemort et s'être bien intégré dans l'AD, il méprisait toujours autant ces idiots qui portaient l'amitié, l'honneur et le courage comme un étendard. Il n'y avait rien de mieux que la ruse et la subtilité dans la vie ; ce n'était pas le professeur Rogue qui allait le détromper. Malgré ses arguments pourtant imparables, son professeur resta inébranlable.

« -Vous n'allez quand même pas me forcer, moi, un Malfoy, à vivre parmi des Gryffondor ? Je suis bien au-dessus de ça, tout comme vous. Je pourrais avoir un appartement dans la partie des professeurs à la place, ça serait plus digne de mon rang.

-Monsieur Malfoy, soyez un peu sérieux ! Le directeur ne vous propose pas cet appartement pour votre rang, mais pour votre protection. »

Drago marmonna qu'il se demandait bien où serait sa sécurité s'il devait sans arrêt croiser des Gryffondor tout seul. Et puis Rogue lui asséna la dernière nouvelle du jour. Il allait partir en vacances en compagnie des pires Gryffondor imaginables, pour être plus en sécurité. Il allait passer presque dix jours en compagnie de Potter, Granger et toute la famille Belette. Il était maudit, c'était la seule explication. Il regarda Severus Rogue quitter l'infirmerie pour aller réunir ses affaires et les déménager. Son directeur de Maison semblait un peu agacé, voir écoeuré. Peut-être à cause du fait qu'il s'était jeté à ses pieds en lui étreignant les jambes, implorant sa pitié ? Bon, d'accord, il s'était un peu ridiculisé ; mais comment Rogue aurait-il réagi si on lui avait dit qu'il devrait passer autant de temps avec Potter et sa bande ? Drago tenta de réunir se qui restait de sa dignité et reconstitua patiemment son masque de froideur et de mépris qu'il affichait pour le monde. Il passerait ses congés avec les Gryffondor mais il se jura de leur gâcher les vacances. Ca le tiendrait agréablement occupé pendant ses jours de calvaire. Et il aurait du temps pour penser à la petite Patil ; elle ne jouerait pas avec lui très longtemps.

Le loup courait dans la Forêt Interdite, pourchassant les papillons de nuit. Les centaures qui l'aperçurent se demandèrent ce qui arrivait au calme professeur Lupin pour qu'il se comporte comme un jeune chiot. Ou plutôt louveteau dans son cas. Ils eurent bien vite la réponse en interrogeant les astres et, si la plupart n'aimaient pas les humains, voir quelqu'un trouver sa compagne était toujours réjouissant. Les centaures quittèrent tout de même cette zone de la forêt pour la nuit, ne souhaitant pas plus que ça côtoyer un loup-garou. Même si c'était habituellement un professeur pacifique de Poudlard, un loup reste un loup, et tous les équidés avaient peur des loups. L'animal parcourut la forêt la nuit durant, retournant dans des clairières où il n'avait pas mis les pattes depuis près de dix-huit ans. Seulement la forêt avait un peu changé et, en croyant sauter par dessus un ruisseau, il ne prit pas assez d'élan et atterrit dans l'eau glaciale. La scène était plutôt cocasse. Le loup était assis dans l'eau jusqu'au milieu des pattes avant, complètement trempé, ses poils collés sur le corps, les oreilles couchées et l'air de se demander ce qui s'était passé. Il resta quelques secondes paralysé par la surprise et la température de l'eau avant de sortir précipitamment et de s'ébrouer sur la rive. Il regarda le cours d'eau comme si tout était entièrement sa faute. Il sursauta lorsqu'il crut entendre un rire léger mais il ne sentit personne aux alentours.

Il finit par repartir bien plus calmement qu'avant en direction du Saule Cogneur de l'école. Avant de rentrer dans la cavité de l'arbre, il lança un long regard en direction du château. Elle était à l'intérieur, même s'il avait l'impression stupide de sentir sa présence depuis quelques minutes. Arrivé à la Cabane Hurlante, toujours sous sa forme de loup-garou, il se roula dans une vieille couverture qui restait là et s'endormit profondément. Il ne remarqua pas la silhouette transparente qui dormait près de lui, ses mains immatérielles plongées dans sa fourrure. Il remarqua encore moins que sa transformation commença bien avant que la lune ne se couche, si bien qu'en ouvrant les yeux, il aurait pu apercevoir la pleine lune avec ses yeux humains. La seule chose qu'il remarqua, c'est qu'il n'avait pas senti sa métamorphose et il pensa en rentrant au château que Rogue avait du vouloir se faire pardonner en améliorant sa potion. Il devrait penser à le remercier et lui suggérer de déposer la nouvelle formule, particulièrement efficace. Remus réussit à convaincre Pomfresh de le laisser partir, comme il se sentait bien moins fatigué que d'habitude et il se faufila dans les appartements de Laurianne. Il se sentait un peu mal à l'aise à l'idée d'aller la rejoindre comme ça ; ils avaient partagé une nuit ensemble mais elle ne l'avait pas autorisé à venir la voir quand il le souhaitait. Pourtant, le tableau qui gardait l'entrée de Laurianne le laissa passer sans même qu'il ait besoin de demander, lui disant qu'elle l'avait prévenu de sa visite. Le personnage du tableau avait eu pour consigne de lui laisser un accès permanent à ses appartements. Quand il se glissa dans la chambre, Laurianne dormait, serrant son oreiller tout contre elle, comme un ours en peluche (NdA : Ou plutôt comme un loup en peluche, mais bon…). La jeune femme lui fit une place dans le lit sans vraiment se réveiller mais remarqua en murmurant.

« Remus ? Tu sens le chien mouillé… »

Les élèves qui rentraient dans leurs familles pour la fin des vacances attendaient dans le hall avec leurs sacs. Les calèches étaient prêtes pour les emmener jusqu'à la gare mais ils attendaient les aurors chargés de leur sécurité. Enfin ces derniers firent leur apparition et ils purent tous prendre le départ. Des élèves attentifs avaient remarqués que certains de leurs camarades n'étaient pas présents et devaient donc rester au château. Ils s'empresseraient de rapporter la nouvelle à leurs parents, pour que le Maître sache où étaient ses ennemis. Seulement, ils ne savaient pas que leurs camarades allaient partir par un autre moyen qu'eux pour rejoindre leur lieu de vacances. Dans leur salle commune, Hermione, Ginny, Ron et Harry attendaient patiemment qu'on vienne les chercher. Leurs affaires avaient déjà été emmenées par Dobby jusqu'à Square Grimaud et, du coup, ils n'avaient plus ni jeu de carte, ni livre pour passer le temps. Et ils commençaient à s'impatienter. Enfin, le professeur McGonagall passa le tableau de la Grosse Dame et leur fit signe de la suivre. Ils la suivirent jusqu'au bureau du directeur, où leur professeur s'arrêta devant la gargouille.

« Je dois vous prévenir de quelque chose… Je sais quels sont vos sentiments envers lui mais vous n'êtes pas sans savoir ce qui est arrivé à Drago Malfoy ? »

Les quatre Gryffondor se regardèrent et Hermione fut la première à répondre.

« -Oui, nous avons appris qu'il avait été attaqué, et que Crabbe et Goyle avaient été exclus pour ça. Mais pourquoi nous parlez-vous de lui, professeur ?

-Et bien, le directeur a estimé qu'il serait toujours en danger s'il restait seul à Poudlard, comme la plupart des professeurs pouvant le protéger seront absent.

-Il ne va quand même pas venir avec nous ?!! Il ne manquerait que ça, tiens !

-J'ai bien peur que si, monsieur Weasley. »

Les Gryffondor échangèrent des regards catastrophés. McGonagall prononça le mot de passe et s'apprêta à monter les marches quand une voix les fit sursauter.

« Si ça peut te faire plaisir, la belette, je n'aime pas plus que toi l'idée de passer mes vacances avec vous, mais on ne m'a pas laissé le choix. »

Drago lança un regard plein de reproches à son directeur de maison qui restait impassible. Les jeunes Gryffondor regardèrent Drago avec stupeur, ses contusions n'étant pas toutes résorbées, loin de là.

« -Heureuse de voir que vous allez mieux, monsieur Malfoy.

-Mieux ? Mais on dirait un zombie !!!

-Miss Granger, si vous étiez vraiment assidue à vos études, vous sauriez que les zombies ne sont que vaguement humanoïdes, alors votre comparaison est sans intérêt. »

Rogue passa devant eux dans un mouvement de cape hautain, passant devant une McGonagall réprobatrice, pour monter vers le bureau de Dumbledore. Le professeur de métamorphose leur fit signe de suivre. Drago passa devant eux avec la dignité d'un monarque mais il entendit tout de même la réflexion que Ginny glissa à Hermione.

« Je trouve que tu as tout à fait raison : les zombies sont à peine humanoïdes. Comme Malfoy, quoi. On n'est même pas sûres qu'il soit humain… »

Les Gryffondor éclatèrent de rire, sous le regard noir de Drago et le sourire difficilement contenu de McGonagall. Arrivés en haut, ils saluèrent Laurianne et Remus qui patientaient avec le directeur.

« -Bien, vous allez passer les dix prochains jours de vacances dans le quartier général de l'Ordre du Phénix qui est au 12 Square Grimaud. Le 12 Square Grimaud, vous avez bien entendu, monsieur Malfoy ?

-Oui, je ne suis pas sourd. Mais quelle intérêt d'insister autant sur l'adresse, je ne pourrai sûrement pas sortir de la… Oh. Un Fidelitas.

-Exactement, monsieur Malfoy. Je disais donc, comme vous êtes tous en danger plus ou moins permanent, vous aurez des séances d'entraînements pendant vos vacances. En métamorphose, DCFM et le professeur Rogue vous enseignera quelques techniques de défense moins… officielles. »

Il s'interrompit en voyant la consternation des ses élèves. Ils n'avaient pas envie de passer leurs vacances à étudier.

« -Ne vous inquiétez pas, vous n'aurez que quelques heures par jour, vous aurez quand même du temps libre. Bien, maintenant, allez y. J'ai fait relier ma cheminée au réseau. »

Malgré leur manque évident d'enthousiasme, les jeunes gens se dirigèrent vers la cheminée pour se rendre à Square Grimaud. Les adultes suivirent et ils furent accueillis par madame Weasley.

La mère de Ron et Ginny était tellement heureuse de revoir ses enfants et leurs amis qu'elle serra tout le monde dans ses bras, y compris Drago qui se demanda ce qu'il avait fait pour mériter ça. Mais elle n'alla tout de même pas jusqu'à étreindre le professeur Rogue. Elle n'était pas suicidaire. Laurianne fut présentée et elle salua chaleureusement les personnes présentes : une jeune auror qui insista pour se faire appeler Tonks, les jumeaux Weasley et un elfe de maison étrange qui manqua s'étouffer en la voyant moldue et qui rampait pratiquement aux pieds de Drago. Nymphadora Tonks lui plut tout de suite pour son style extravagant et sa maladresse touchante. Quand elle s'approcha d'elle pour la saluer, elle renversa sa tasse de thé brûlante sur le professeur Rogue. En se répandant en excuses, elle tamponna sa chemise avec un torchon qui traînait sur la table, faisant tomber le lourd grimoire posé dessus sur les pieds de sa victime. Le cri de rage de Severus Rogue fit accourir le reste des membres de l'Ordre présents dans la demeure, baguette levée, persuadés qu'une attaque avait lieu. Les jumeaux Weasley crurent bon de rajouter au désordre ambiant en soufflant de la Poudre de Rire dans la pièce. Rogue écumait de rage, mais ne pouvait s'empêcher de rire comme un fou. Minerva riait chaleureusement au bras du directeur de Poudlard et c'était la première fois que ses élèves entendaient une telle chose. Elle avait un beau rire qui avait du faire tourner bien des têtes du temps de sa jeunesse. Molly était autant morte de rire que les autres mais elle poursuivait ses jumeaux avec l'intention manifeste de leur tirer les oreilles. Laurianne se retenait à Remus avec le hoquet et la plupart des personnes riaient autant de la situation que de la poudre qu'ils avaient respiré. Drago se demandait dans quelle maison de fous il avait atterri en essayant de se débarrasser d'un elfe de maison qui s'était accroché à sa jambe comme une moule à son rocher avec des yeux énamourés.

Quelques heures plus tard, le calme régnait de nouveau dans la demeure. Severus était parti, prétextant une affaire urgente à régler. Mais tout le monde avait compris qu'il fuyait Tonks qui voulait absolument lui présenter des excuses. Quand la Poudre de Rire avait cessé de faire effet, elle avait tenté de se faire pardonner en lui apportant une tasse de son thé préféré mais s'était trompée dans les boîtes et lui avait offert une infusion d'écorce de noisetier (NdA: c'est un puissant laxatif ). Severus avait heureusement reconnu l'odeur et s'était mis à hurler sur la jeune femme.

« -Ne vous approchez plus jamais de moi, catastrophe ambulante !

-Mais Severus, je vous jure que c'était un accident! Je n'ai pas fait exprès !

-Avec vous c'est toujours des accidents ! Je ne suis en sécurité que si vous êtes dans une autre pièce que moi. Alors ne songez même plus à vous monter en ma présence. »

Le froid Maître des potions était reparti dans une envolée de cape tandis que Tonks montait en courant à l'étage. Seule Laurianne vit les larmes briller dans ses yeux ; les autres pensèrent juste qu'elle était vexée. De plus, elle sentit le cœur de Tonks se serrer, comme si on venait de repousser son amour. Elle se demanda si la jeune femme ne serait pas un tout petit peu attirée par le directeur de Serpentard. Laurianne aimait bien Severus ; il était devenu son ami au fil des mois, mais elle ne voyait pas se qu'il pouvait avoir de séduisant. Il fallait dire que depuis sa rencontre avec Remus, les autres hommes lui paraissaient bien fades. Elle se pencherait sur le problème entre ces deux là plus tard.

Laurianne visitait le manoir avec Remus et elle essayait de tout son cœur de le soutenir. Il observait les différentes pièces de la maison avec un étau autour du cœur qu'elle sentait comme si elle souffrait elle-même.

« -Ne t'inquiète pas, je suis certaine qu'on arrivera à le sortir de là.

-Par moment, j'ai l'impression qu'on n'y arrivera jamais et que je le perdrai une troisième fois.

-Non, je ne le permettrai pas, je refuse que tu souffres à cause de ça.

-Tu ne le permettras pas ? Dans un sens, ça me rassure. Tu es assez têtue pour réussir à le sortir de là, même si tu devais le traîner par la peau du dos.

-D'ailleurs, j'ai l'intention de regarder dans la bibliothèque du manoir. Tu m'as bien dit qu'elle était particulièrement fournie en livre de magie noire ? Je suis certaine de trouver des choses intéressantes. »

Remus redevint sérieux sur le champ.

« -Je sais que je ne pourrais pas t'en empêcher, mais jure-moi que tu ne le feras pas seule, que tu m'attendras pour le faire. Certains de ces livres corrompent l'esprit et peuvent te faire du mal. Je crois que je perdrais la raison s'il t'arrivait quelque chose.

-Tu ne vas pas me garder sous verre, Remus ?!! »

Le loup-garou sembla envisager sérieusement la question, haussant un sourcil méditatif.

« -Tu ne te laisserais pas faire, hein ?

-Aucune chance.

-Alors je dois trouver autre chose pour te tenir occupée loin des dangers… »

Laurianne éclata de rire et se blottit contre son amant, pensant reconnaître la lueur dans ses prunelles dorées. Et dire que Molly leur avait donné des chambres séparées…

Neville ne revenait pas de ce qu'il était en train de faire. Il osait quitter la sécurité de la Tour de Gryffondor bien après le couvre-feu. En fait, plus il s'éloignait de la salle commune, plus il trouvait excitante cette petite escapade. Il arriva enfin à destination, une petite salle inutilisée depuis très longtemps située non loin de la Tour de Serdaigle. Luna attendait déjà à l'intérieur. Elle avait fini par lancer un sort de nettoyage, la poussière recouvrant tout lui chatouillait le nez à chaque courant d'air. Neville se glissa dans la salle et referma soigneusement derrière lui. Hésitant un instant, il déposa un baiser sur les lèvres de la jeune rêveuse qui rougit imperceptiblement sous la lumière de la lune. Elle cligna plusieurs fois des paupières, troublée, avant de se reprendre un peu.

« -Regarde, j'ai enfin trouvé. J'avais bien entendu des voix dans l'Arche au Ministère…

-C'est vrai ?!! Tu avais raison alors et il y a bien un espoir pour le parrain de Harry.

-Ca je ne sais pas encore. J'ai trouvé ce livre dans la section divination de la bibliothèque. Au début, je ne cherchais que des informations pour mon devoir sur les runes divinatoires mais regarde… »

La jeune fille lui tendit un très vieil ouvrage enluminé dont la couverture de cuir bruni tombait en morceau, assez fin comparé aux autres grimoires de Poudlard. Il était ouvert au milieu, sur un chapitre concernant l'usage de la Porte du Destin comme lien entre le monde des morts et celui des vivants. Neville lut attentivement le chapitre. Ce qu'il y apprit lui glaça le sang et lui donna en même temps un espoir infini. Il devait aller parler au directeur immédiatement. Saisissant sa compagne par la main, il l'entraîna dans les couloirs glacés du château jusqu'à la gargouille gardant l'entrée du bureau. Malheureusement, le directeur était absent. La sous-directrice aussi. Et Merlin n'était vraiment pas avec eux car même sa terreur personnelle, le professeur Rogue et dernier membre de l'Ordre qu'il connaissait était absent.

« -J'y crois pas… Ils sont en vacances… »

Fin du quinzième chapitre