Chapitre 16 : Voyage intérieur
L'Ordre du Phœnix s'était réuni le lendemain, réunissant tous les membres de l'organisation pour la première fois depuis bien longtemps. Les jumeaux rodaient autour de la salle de réunion dans l'espoir d'entendre quelques secrets grâce à une de leurs inventions et tous les adultes étaient là-bas. Drago se terrait dans sa chambre, autant pour ne pas les voir que pour échapper à la servilité embarrassante de Kreattur. L'elfe était pratiquement en transe dès que Drago se montrait. Le Serpentard avait été obligé de demander à Harry de l'aide. L'elfe de maison fou des Black le poursuivait de ses 'assiduités' en marmonnant jusque dans sa chambre. Harry avait fini par cesser de rire suffisamment longtemps pour ordonner à Kreattur de laisser Drago tranquille dans sa chambre. Drago foudroya Harry du regard, sachant que ce dernier avait fait exprès de limiter l'ordre à la seule demande de Drago, sans l'étendre à toute la maison. Il avait choisi de ne rien dire, pour ne pas être surpris à supplier le Survivant. Après Rogue, sa fierté ne le supporterait pas. Il ne sortait donc plus de sa chambre, de peur d'être assailli pas l'elfe. Les quatre jeunes Gryffondor se retrouvèrent donc livrés à eux-mêmes, sans surveillance. Après un regard de conspirateurs, ils avaient tous filés dans la maison pour réunir de quoi accomplir leur plan. Hermione se chargea de la réserve d'ingrédients de potions, Harry et Ron de réunir le matériel, chaudron, louches, filtres et autres, et Ginny prépara la chambre des filles. Ils allaient commencer leur apprentissage d'animagi. Une fois la potion préparée, ils devraient en boire une tasse avec quelques-uns de leurs cheveux et se relaxer dans un cercle de protection runique pour trouver leurs futures formes. Ils revinrent très vite et entamèrent la potion sous la direction autoritaire d'Hermione.
Drago s'ennuyait à mourir. Il avait passé toute la journée dans sa chambre, sautant même les repas. N'y tenant plus, il sortit dans le silence le plus total pour explorer un peu. Il n'entendait pas un bruit à son étage et pensait pouvoir être tranquille. Il se demanda un instant si on n'avait pas décidé de le laisser passer ses vacances seul ici en compagnie d'un elfe hystérique. Mais il savait que le professeur Rogue aurait refusé. En passant devant une chambre du premier étage, il entendit des voix bien connues. Il serait passé en les ignorant si Ron Weasley n'avait pas demandé quelque chose qui le pétrifia sur place.
« -Mione, tu es certaine que la potion animagus est sans danger ? Je n'ai pas envie de me retrouver avec des effets bizarres. »
Drago laissa un sourire profondément calculateur se dessiner très lentement sur ses lèvres avant de se fabriquer un masque sans expression et de rentrer dans la chambre en coup de vent.
« -Tiens, tiens… Je me demande ce que diraient les membres de l'Ordre en apprenant ce que vous tentez de faire… Et vous pensez sérieusement réussir à devenir des animagi ? Vous rêvez, vous ne… »
Drago n'eut pas le temps de terminer sa diatribe. Il se retrouva avec quatre baguettes pointées sur lui. Hermione lança un sort pour verrouiller la porte et l'empêcher de fuir.
« -Malfoy, tu vas jurer de ne parler de ça à personne ou je te lance un Oubliette. Et je n'hésiterai pas une seconde. »
Drago changea de couleur en entendant la réplique de Harry. Ce n'est pas tant de savoir qu'il était prêt à le faire qui l'effrayait mais surtout qu'un sort de ce genre était très dangereux s'il n'était lancé par un expert. Il décida de négocier.
Harry avait gardé sa baguette pointée sur lui pendant que Hermione et Ginny se concentraient de nouveau sur la potion. Ron regardait attentivement le Serpentard mais il attendait de voir ce qui allait se passer. Il ne le supportait toujours pas mais les séances de l'AD lui avaient appris à se contenir en sa présence. Drago réfléchit à toute vitesse.
« -Si tu me jettes un Oubliette, Potter, tu auras encore plus d'ennuis. Et je suis certain que tu préfères rester discret. Je te propose un marché.
-Et quel genre de marché, Malfoy ? »
Drago avait de nouveau l'attention exclusive de toute la petite bande. Ron fronçait les sourcils, Ginny se demandait ce qu'il préparait et Hermione se contenta de sortir un cinquième verre. Apparemment, la Sang-de-Bourbe avait vite compris ce qu'il voulait.
« -Je le fais avec vous. C'est soit vous me laisser commencer à devenir animagus avec vous, soit je vous dénonce à Dumbledore.
-Et tu crois qu'on va accepter ?
-Si tu voulais me lancer cet Oubliette, Potter, tu l'aurais fait depuis longtemps. Je ne demande pas quelque chose de difficile. Je pourrais demander bien plus.
-Tu es une ordure, Malfoy.
-Non, je suis un Serpentard. Si je laissais passer une occasion pareille, je ne serais pas digne de ma Maison. »
Drago avait un horripilant sourire en coin qui donnait envie aux quatre Gryffondor de le frapper. Mais ils n'avaient pas vraiment le choix et ce n'était effectivement pas trop cher payé pour ne pas être dénoncé aux adultes.
Harry jeta un regard interrogatif aux trois autres. Ginny haussa les épaules d'un air fataliste, Hermione semblait dire 'pourquoi pas ?' et Ron paraissait résigné. Harry se résolut donc à l'inévitable.
« -D'accord. Comme tu dis, on n'a pas vraiment le choix. Tu sais comment ça doit se passer ?
-Bien sûr. Et je vois que le cercle de runes est déjà prêt et sera bien assez grand pour cinq. La potion est prête ? »
Harry retint un sourire en coin. Il décida de donner quelques sueurs froides au Serpentard. C'était mesquin et bas, mais ça lui faisait du bien.
« -Oui, pratiquement. Je suis certain que tu seras heureux d'apprendre que Ron et moi avons activement pris part à sa fabrication… »
Drago tenta de rester impassible mais il se mit à regarder la potion bouillonnante comme si c'était du poison.
« -Granger ne l'a pas faite toute seule ?
-Fais-nous confiance, Malfoy, on a fait très attention. Par contre, comme tu es là, tu pourrais nous aider ? Tu ne te rappelles pas si c'est l'armoise cendrée ou l'alchémille officinale qui ne doit jamais être coupée en lanières dans une potion ? »
Hermione intervint avant que Drago ne change définitivement de couleur. Elle comprenait que c'était leur petite vengeance pour l'intervention imprévue de Malfoy mais elle préférait ne pas avoir un Drago inconscient sur les bras.
« -J'ai supervisé toute la fabrication, Malfoy, je t'assure que la potion est parfaite. Elle est d'ailleurs prête, alors prenez chacun une tasse, ajoutez un de vos cheveux et buvez. On ne peut plus reculer. »
Drago soupira imperceptiblement de soulagement et prit sa tasse comme les autres. Il ajouta un de ses cheveux et but la potion d'une traite. Après avoir posé le gobelet vide, il s'installa dans le cercle runique en silence, en tailleur, le plus loin possible des Gryffondor. Ce qui n'était pas franchement évident étant donné que le cercle avait été prévu pour seulement quatre personnes. Ginny lui avait lancé des regards malicieux pendant tout l'échange. C'était la Gryffondor qu'il appréciait le plus, même s'il se serait coupé une main plutôt que de l'avouer. Elle était maligne et rusée comme une Serpentard et, venant de Drago, c'était un grand compliment. Il avait pu le constater pendant les entraînements de l'AD. Elle s'installa en silence à côté de lui, fermant les yeux pour vider plus facilement son esprit. Ron et Hermione s'installèrent en face de lui, et il se retrouva juste à côté du Survivant. Ce qu'il ne fallait pas faire pour obtenir ce qu'on voulait, tout de même… Drago ferma à son tour les yeux après un dernier échange assassin avec Harry. Et il se retrouva dans une grande clairière ensoleillée, totalement vide et silencieuse. Plusieurs animaux s'approchèrent de lui. Un long lézard d'un blanc nacré avec une longue ligne gris acier sur le dos, un vautour albinos, un jeune loup polaire, aux yeux bleu glacier et aux poils blancs et… une fouine blanche ?!! Drago poussa une exclamation étouffée en ouvrant les yeux. Il n'était pas question qu'il devienne une fouine, même pour tout l'or du monde !!!
Les autres ouvrirent à leur tour les yeux en entendant le cri de Drago. Ils le foudroyèrent du regard mais devinrent bien vite curieux en voyant l'air choqué et outré du Serpentard.
« -Tu viens de te rendre compte que ton animagus est une fouine, Malfoy ? On te l'a toujours dit… »
Ron s'interrompit devant le regard meurtrier de Drago. Hermione ouvrit de grands yeux et demanda en se retenant de rire.
« -Ne nous dis pas que c'est vraiment une fouine ?
-Je ne sais pas. Il y en a plusieurs.
-C'est normal, tu dois essayer de les apprivoiser ; et tu ne pourras réussir qu'avec un seul, si tu y arrives. Parfois, on n'a aucun animagus. Bonne chance avec ta fouine ! »
Avec un petit rire, les quatre Gryffondor refermèrent les yeux à nouveau. Drago était furieux et il se jura de faire fuir le petit mammifère le plus vite possible. Au bout de longues minutes, il se retrouva seul avec un des animaux, le plus dangereux, et il tenta de l'apprivoiser. Ron arriva assez rapidement à approcher son totem, de même que Ginny. Hermione ouvrit peu de temps après eux des yeux satisfaits et Drago finit par revenir à lui également. A son air supérieur, il avait échappé à la fouine. Mais Harry n'ouvrait pas les yeux et il avait même l'air un peu angoissé. Voyant qu'aucun des lions ne bougeait, Drago se résolut à tendre la main vers le Survivant pour le secouer un peu. Mais il n'obtint aucune réaction...
Quand Harry referma les yeux après le petit incident avec Malfoy, il se retrouva dans un lieu étrange. Tout était noir, il n'y avait ni haut, ni bas et l'obscurité semblait s'étendre à l'infini. Il avait la sensation de se trouver hors du temps. Dans les profondeurs de cette nuit oppressante, une voix mélodieuse retentit, lui rappelant les paroles de la prophétie.
« -Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche. Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié. Il sera né lorsque mourra le septième mois. Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore. Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois…
-Qui êtes-vous ?!! Où suis-je
-Cette prophétie te ronge, Harry, n'est-ce pas ? As-tu accepté ton destin? Sache que si tu refuses ton rôle, le monde tel que tu le connais cessera d'exister pour toujours. Tes amis continueront à se battre mais ils mourront, plus nombreux et plus vite que si tu acceptais.
-Je n'ai pas le choix. C'est écrit. Mon destin est écrit !!! Que je l'accepte ou non, c'est pareil ! Je n'ai pas le choix…
-On a toujours le choix, Harry. Tu peux choisir de ne rien faire. Personne ne t'obligera à te battre si tu refuses. Tu pourras te cacher, peut-être même avec tes amis. Tu vivras heureux, mais tu sauras que dans le reste du monde un tyran dominera les sorciers. Ou tu peux accepter ton destin et te battre. Alors, Harry ? Accepteras-tu de te battre ? Accepteras-tu ton destin ? Prendras-tu la route la plus difficile ? »
Harry hurla vers cette présence invisible.
« -Je ne sais pas !!! Je ne veux pas choisir !!! Je veux être comme tous ceux de mon âge !!! » Le Survivant s'effondra en pleurs dans l'obscurité.
Seul le silence lui répondit. Il n'avait pas encore choisi. Sentant qu'on attendait de lui une réponse nette et sans équivoque, l'adolescent reprit.
« -Mais je ne peux pas laisser Voldemort dominer le monde sorcier… Je me battrai contre lui jusqu'au bout ! »
La présence invisible reprit d'une voix satisfaite et douce, comme un baume sur son esprit.
« -Cela est… bien. Tu ne seras pas seul dans ton combat, Harry. Toi seul peux porter le coup fatal au Seigneur des Ténèbres mais tu ne seras pas seul à combattre face à lui. Mes filles te soutiendront jusqu'au bout. Je t'en fais le serment, Harry... »
Harry se redressa et essaya d'assimiler tout ce qui venait de lui être dit. On l'avait obligé à faire son choix. Un choix qu'il reculait depuis qu'il avait entendu la prophétie. Etrangement, maintenant qu'il avait décidé, il se sentait allégé, comme s'il avait déposé son fardeau, alors qu'il venait d'en accepter un écrasant. Mais il était serein. Il ne reculerait plus et se préparerait activement à lutter contre Lord Voldemort.
« -Qui êtes-vous? Pourquoi m'avez-vous fait venir ici? Je...
-Tu sauras tout très bientôt. Encore une chose, Harry. Va voir Laurianne quand tu seras revenu à toi et rapporte-lui notre conversation. Dis-lui aussi pour les pensées qui envahissent ton esprit, même si elle le devine déjà. Elle pourra t'aider bien mieux que les sorciers. Dis-lui qu'elle doit chercher dans tes origines, que si ton père était sorcier, ta mère n'était pas seulement fille de moldus. Elle comprendra. Du moins, je l'espère.
-Pourquoi vous ne lui dites pas vous-même? Et surtout, si vous avez quelque chose à me dire sur mes origines, pourquoi ne le faites-vous pas?
-Je n'interviens jamais directement. Je vous oriente, je vous inspire, je vous aide, mais c'est à vous de chercher et de trouver vos réponses par vous-même. »
La voix sembla s'éloigner et l'obscurité disparut rapidement ; et il eut la vision d'un regard surnaturel, des yeux sans pupilles ni iris, noirs et constellés d'étoiles comme une nuit sans lune.
Il se retrouva à nouveau seul, dans une vaste plaine où la lumière venait de partout et nulle part à la fois. Un seul animal se tenait face à lui. Un jeune dragon splendide, vert émeraude aux reflets dorés, s'avança tout de suite vers lui. Il lui tourna autour en roucoulant, l'évaluant et l'observant attentivement. L'animal le séduisait étrangement et il eut une grande envie de pouvoir être cet animagus là. Mais un étrange malaise le prit. Il se rendit compte qu'il devrait y avoir d'autres créatures dans la clairière. Hermione leur avait bien dit qu'ils se retrouveraient face à divers animaux, reflétant les différentes parties de leur esprit. Regardant sans bouger autour de lui, il constata la présence de plusieurs cadavres méconnaissables, déchiquetés. Le dragon était séduisant, mais il représentait apparemment une part dangereuse de lui-même. Il ne pouvait se résoudre à le choisir alors qu'il avait les preuves que cet animagus réveillerait la partie la plus sombre de lui-même, celle contaminée par Voldemort. Harry allait donc se retrouver sans animagus. Regardant le dragon droit dans les yeux, il se décida à le repousser.
« -Je préfère encore ne jamais être animagus que de devenir toi. Va-t'en, ce n'est pas la peine de rester, je ne t'accepterai jamais. »
Le reptile hurla de rage, leva sa tête vers le ciel et se transforma. Ses couleurs pleines de vie devinrent d'un noir ensanglanté, et son corps élégant se tordit pour révéler toute sa monstruosité.
« -Avec moi, tu aurais eu la puissance, la gloire. Tu aurais été invincible une fois transformé ! Tu aurais eu le monde à tes pieds
-Mais je ne recherche pas le pouvoir. Juste la paix et la tranquillité. J'aimerais pouvoir me fondre dans les ombres, échapper aux regards des gens. Je ne veux pas de gloire. »
A peine eut-il finit sa phrase que le dragon disparut dans un dernier hurlement.
Harry regarda une dernière fois autour de lui, se résignant à revenir de son voyage intérieur sans forme animagus. Mais une ombre furtive attira son attention. Il entrevit une silhouette d'un noir profond qui se cachait parmi les ombres des hautes herbes. Contrairement au dragon qui avait tenté de le séduire, cette créature semblait inapprochable, sauvage et indomptable. Il tenta de s'approcher un peu plus pour se faire menacer par un feulement rauque. Les herbes s'écartèrent pour laisser apercevoir l'animal. Une superbe panthère noire, au pelage lisse et soyeux le regardait avec méfiance. Dès qu'il faisait un pas vers elle, la panthère reculait d'autant. Il finit par s'arrêter et s'asseoir en essayant de calmer les battements de son cœur. Le superbe fauve continua de lui tourner autour un long moment, s'approchant parfois, de plus en plus près, pour s'éloigner en quelques bonds, comme s'il hésitait à faire confiance. Harry se trouvait face avec la part la plus secrète, la plus imprévisible de lui-même. Et aussi la plus craintive… Il se força à rester parfaitement immobile, mais parla de tout et rien, de lui, de sa vie, de ses pensées. Il gardait un rythme régulier comme une berceuse. La panthère finit par venir lui sentir la main et ce qu'elle sentit dut lui plaire puisqu'elle entreprit de le décaper d'une langue humide et affreusement rappeuse.
« -Argh ! Je suis tout baveux, maintenant ! »
La panthère était aussi joueuse et, dans le regard vert jumeau du sien, il put lire beaucoup de malice. Tendant la main, il passa ses doigts dans le pelage de l'animal qui baissa la tête pour accepter la caresse et ils restèrent un moment à jouer ensemble, à s'apprivoiser mutuellement. Harry replongea ses yeux dans le regard émeraude de la panthère pour sentir une étrange sensation de fusion, comme s'ils devenaient une seule et même entité.
Et il revint brutalement à la réalité.
En ouvrant les yeux, il fit face aux regards inquiets de ses trois amis et même à celui de Drago Malfoy. Bon sang ! Qu'avait-il pu se passer pour que même Malfoy s'angoisse pour lui ? Il interrogea Mione du regard.
« -Tu es resté en transe pendant près de quatre heures, Harry. Cela fait trois heures qu'on essaie de te réveiller. »
Le Survivant décida de ne pas leur parler de tout, surtout devant le Serpentard, alors il opta pour une version édulcorée.
« -Mon animagus était très sauvage et j'ai eu beaucoup de mal à l'apprivoiser… Navré de vous avoir fait peur.
-Tu as eu quoi, Harry ? Moi, c'est un labrador… J'aime bien, j'adore les chiens.
-Je serai une panthère noire, Ron.
-Oh !!! Tu vas pouvoir te balader dans Poudlard comme tu veux, Miss Teigne n'osera jamais te courir après ! Moi, j'ai un renard. C'est bien, mais je ne m'y attendais pas. »
Ginny avait l'air un peu perplexe, mais satisfaite. Elle avait eu très peur de se retrouver avec quelque chose d'inutilisable, comme un papillon. Hermione leur annonça avec une certaine fierté qu'elle deviendrait une chouette au plumage mordoré. Tous se tournèrent vers le Serpentard pour savoir ce qu'il avait pu apprivoiser comme forme.
« -Je vais beaucoup vous décevoir, mais je ne suis pas une fouine. Je suis un loup polaire. »
Ginny regarda alternativement Harry et Drago.
« -Deux prédateurs, deux rois de la forêt… Cela ne m'étonne pas vraiment de vous. »
Drago et Harry se regardèrent un long moment dans les yeux, comme pour essayer de faire comprendre à l'autre qui était le vrai dominant. Mais ils ne tinrent que peu de temps et ils se replongèrent tous dans leurs pensées respectives.
Ce fut le bruit d'une course précipitée dans le couloir qui les fit sortir de leur torpeur. Les jumeaux Weasley retournaient dans leur chambre pour ne pas être accusés d'avoir espionné la réunion. Les cinq élèves de Poudlard finirent par se lever et, dans la fatigue, Drago ne s'étonna pas que Harry lui tende la main pour l'aider. Hermione comme Ginny le remarquèrent et échangèrent un regard. Elles en avaient déjà parlé et elles étaient persuadées que les deux garçons pourraient très bien s'entendre s'ils oubliaient un moment leurs fiertés. Drago les quitta ensuite rapidement pour retourner dans sa chambre, non sans leur avoir signalé qu'il reviendrait les voir pour les séances d'entraînements de métamorphose. Il aurait préféré continuer seul mais il était assez lucide pour se rendre compte qu'il aurait des difficultés. Il suffisait qu'il se retrouve métamorphosé partiellement pour avoir besoin des autres. Ca lui restait en travers de la gorge, mais il ferait avec. Et il pourrait toujours surveiller les progrès de la bande de Gryffondor. Il n'était pas question qu'un seul d'entre eux arrive à se transformer complètement avant lui, un Malfoy. Les filles mirent rapidement les deux autres garçons dehors afin de se raconter en détails leurs expériences respectives pour apprivoiser leur forme animagus. Ron et Harry se retrouvèrent dans le couloir comme des idiots, alors que Fol'Œil arrivait l'air menaçant en marmonnant contre les inconscients qui voulaient espionner les réunions de l'Ordre. Il leur lança un tel regard en passant devant eux que les deux garçons filèrent sans demander leur reste. Une fois dans leur chambre, Harry se souvint de la voix qui lui avait demandé d'aller parler à Laurianne. Il prit son courage à deux mains et donna une excuse quelconque à Ron. Et il descendit à la recherche de la jeune femme. En arrivant en bas, il se poussa de coté tandis que de nombreux sorciers qu'il ne connaissait pas se pressaient devant la cheminée pour partir. Tout à sa recherche, il ne remarqua pas le regard coupable et fiévreux de l'un d'eux. Harry trouva enfin Laurianne en compagnie de Dumbledore, Lupin et Rogue, parlant de lui, et il se résigna à leur expliquer sa vision, sans leur en donner la cause.
L'homme tremblait, une fine couche de sueur recouvrait son front. La pièce était froide, aucun feu ne brûlait dans l'immense cheminée. Un serpent rampait sur le sol, faisant crisser ses anneaux de façon très désagréable pour les oreilles. L'obscurité n'était brisée que par de rares chandeliers, ce qu'appréciait l'homme. Cela lui évitait de voir avec trop de précision celui qui lui faisait face. Il se tenait donc agenouillé sur le sol glacial, tête baissée devant l'être qui se tenait debout devant lui, attendant l'autorisation de parler.
« -Qu'as-tu à m'apprendre de si important que tu viennes ici alors que je te l'avais interdit?
-La fille... Celle qui vous a défié, Maître... La moldue... Elle était à Poudlard...
-Si c'est pour m'annoncer quelque chose que je savais déjà... Endoloris ! »
L'homme se tordit sur le sol, le souffle coupé, se mordant la main jusqu'au sang pour ne pas hurler. S'il hurlait et montrait sa faiblesse, il recevrait un autre sort comme punition. Il reprit, haletant, quand le sort cessa.
« -Maître... Cette fille, ce n'est pas une simple moldue !!! »
L'être se rapprocha de lui ; il voyait le bas de sa robe noire d'encre. Le mage noir reprit la parole, sa voix sifflante devenant encore plus impérieuse que d'habitude.
« -Explique-toi. »
L'homme expliqua ce qu'il avait entendu, et le Seigneur des ténèbres arbora bientôt un sourire horrible sur son visage blanc crayeux.
« -Je pense que tu as mérité ta récompense. Va voir Lucius, il te donnera la poudre.
-Merci, Maître, merci... »
Il rampa presque jusqu'à la porte et se redressa pour courir chercher sa récompense pour sa traîtrise, la poudre de Varianys. Une drogue plus exigeante que tout ce que les moldus connaissaient et particulièrement rare. La cause de sa chute dans l'obscurité… Alors que le traître disparaissait, Voldemort se laissa retomber sur son siège, satisfait. Cela était bon pour lui...
Fin du seizième chapitre
