Chapitre deux :
L'ombre de nos souvenirs
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Je suis celui que tu vois,
Je ne suis pas celui dont ils parlent,
Mais si je le devenais,
Pourrait-tu m'aimer quand même ?
Extrait de la chanson 'You'll ask for me' de Tyler Hilton.
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Le matin de la rentrée, Drago Malefoy se leva péniblement tout en le regrettant amèrement. Le premier jour était synonyme de se faire absoudre de toutes les distractions des vacances et il ne se sentait pas la force de distribuer des heures durant des emplois du temps aux élèves. En fait, la seule raison pour laquelle il avait souhaité être préfêt-en-chef était pour retirer des points et pour utiliser la salle de bains privée. Les préfêts disposaient de la leur, au cinquième étage, tout près de la statue de Boris le Hagard. Les préfêts-en-chefs en possédaient également une, au troisième étage, en face de la tapisserie représentant Aggripa en plein duel contre Morgane. Drago avait été y faire un tour la veille, après le discours d'une McGonagall beaucoup trop prolixe. La salle de bains était immense, recouverte de marbre brun. La robinetterie était dorée, et un immense bassin entouré d'une kyrielle de robinets occupait le centre de la pièce. Le seul désavantage de cette pièce était qu'il devait la partager avec Granger. Déjà, c'était une fille, elle allait passer des heures à s'épiler, et lui-même aimant se prélasser dans l'eau, il risquait d'être gêné. Quoi qu'il n'était pas sûr qu'elle s'épile les jambes.
Il se rappelait encore de leur première rencontre. C'était il y a si longtemps, et cela avait tellement été occulté par les années qu'il était surpris de s'en rappeler si clairement... Peut-être étais-ce parce que les choses avaient tant changé depuis ? Ou peut-être parce que cela avait été leur seule et unique conversation civilisée ? Oui, il en avaient eue une. Si banale...
( Flash Back )
Il sortait des toilettes en tête du train, et heurta violemment une fille, l'accrochant à l'épaule. Il marmonna vaguement quelque chose et continua son chemin sans lui accorder un regard.
- Pardon, dit celle-ci. Tu n'aurais pas vu un crapaud ? Lança-t-elle à Drago qui s'éloignait déjà.
Il se retourna, surpris de l'incongruité de la question. Il marcha vers elle tout doucement.
- Un... un crapaud... heu... couleur crapaud, précisa-t-elle maladroitement, et ses joues rosirent alors qu'elle le regardait avancer vers elle.
Il se rapprocha, et remarqua qu'elle portait déjà l'uniforme de Poudlard. Elle avait une tignasse pas possible, avec des boucles partout et une allure de balai mal brossé. Mais elle avait de jolies petites pommettes, et d'immenses yeux bruns. Des petits frisettes tombaient sur son front et contrastaient avec son air sérieux. Quand elle parla à nouveau, il remarqua deux dents de devant légèrement proéminentes.
- Un de mes amis l'a perdu et il faudrait vraiment le retrouver avant l'arrivée à l'école...
- Non, avait-il répondu. Je ne l'ai pas vu.
- Ah... D'accord, dit-elle en le regardant bizarrement. Il ne devait pas avoir l'air très amical.
- Heu... tu sais dans quelle maison tu voudrais être ? Lui demanda-t-il timidement, plus par politesse que par réelle envie de savoir.
- Gryffondor ! S'exclama la jeune fille, ragaillardie par sa question. Quoi que Serdaigle ne doit pas être mal non plus. Et toi ?
- Serpentard, dit-il, comme si c'était une évidence. Toute ma famille y a toujours été.
- Ah, dit Hermione, visiblement refroidie par ses paroles.
- Heu... tu t'appelles comment ?
- Hermione Granger, et toi ?
- Drago Malefoy. Je crois que mon père connaît le tien. Il me parle souvent d'un Alphonse Granger, qui travaille au Département des Mystères...
- Je ne crois pas, dit Hermione avec un petit sourire. Je suis d'origine Moldue.
Avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, un jeune garçon dodu au visage lunaire se précipita sur elle et Crabbe et Goyle apparurent au bout du couloir. Il s'excusa du regard, et alla les rejoindre. Sa tête bouillonnait. Hermione Granger le regarda s'éloigner, vaguement déçue.
A partir du moment où il avait su qu'elle était d'origine moldue, il avait su qu'elle ne pourrait jamais être une amie. Heureusement, il l'avait apprit assez vite, avant de s'attacher à cet espèce d'épouvantail aux dents de lapin. Comme elle se révéla amie d'Harry Potter et horrible miss-je-sais-tout, ce fut d'autant plus aisé d'éviter sa compagnie. Sa vision d'Hermione Granger était comme figée dans son esprit. C'était une petite fille mal coiffée, qui savait tout, et qui cultivait une ressemblance frappante avec quelque rongeur mal dégrossi. Il ne remarquait même pas qu'elle avait changé, qu'elle avait grandi. Elle avait tant de défauts à ses yeux que la dénigrer n'en était que plus facile. Il préférait même s'en prendre à elle plutôt qu'a Potter ou Weasley ; le répertoire de ses insultes n'en était que plus varié. Hermione, en plus de ça, ne se défendait jamais. Il pouvait cracher tout son venin en une seule phrase, elle ne disait mot. Du moins jusqu'à ce soir de juin, en troisième année...
( Flash back )
Il était juché avec Crabbe et Goyle sur les marches du château, après un cours de Soins au Créatures Magiques. Il s'était profondément ennuyé, pendant une heure, à fourrer de la laitue dans la bouche visqueuse d'un Veracrasse, horrible créature qui semblait être exclusivement constitué d'un tube digestif et d'un anus.
En se retournant, il apperçut Granger, Potter et Weasley, papotant et lui lançants des regards assassins. Puis il vit Hagrid s'essuyer les yeux avec un grand mouchoir. Il pleurait pour cet imbécile d'hippogriffe qui l'avait attaqué sans raison. Qu'es-ce qu'il en savait, lui, que ces sales bêtes n'aimaient pas qu'on se moque d'elles ? Il n'avait rien écouté.
- Regarde-le pleurnicher ! Lança-t-il, plein de rancœur.
Qu'on lui coupe la tête, à cette sale bête, pensa-t-il. Et lui, il passe son temps à nous faire attaquer ou à nous faire perdre notre temps !
- Jamais vu un type aussi lamentable, et il est censé être professeur dans cette école !
Potter et Weasley s'avancèrent vers lui d'un air menaçant, mais Granger fut la plus rapide.
CLAC !
Elle l'avait giflé ! Et si fort qu'il vacilla sous le choc. Crabbe, Goyle, Weasley et Potter étaient trop stupéfaits pour réagir. Granger leva à nouveau la main, une lueur furieuse dans les yeux.
- Ne t'avise plus jamais de traiter Hagrid de lamentable, espèce de sale petit bonhomme !
- Hermione !
Weasley essayait de lui attraper la main avant qu'elle ne le gifle une seconde fois. Drago était d'ailleurs stupéfait de sa colère, et pensait en son fort intérieur qu'elle ne le frappait pas seulement pour ce qu'il venait de dire : elle se vengeait.
- Laisse-moi, Ron ! Cria Hermione en sortant sa baguette magique.
Il recula d'un pas, Crabbe et Goyle l'imitant. Sa baguette le brûlait dans la poche de sa robe de sorcier, mais il ne serait à rien de s'attirer des ennuis.
- Venez, leur dit-il.
Depuis ce jour, Hermione ne s'était plus jamais laissée faire. Prononçait-il un seul mot contre elle, elle lui renvoyait la pareille avec les intérêts. Elle s'était découvert une brillante repartie et en usait contre lui. Ces joutes verbales constituèrent d'abord un véritable échappatoire. Il déversait toute sa haine sur elle, et s'en prenait plein la figure. Après ces affrontements, il se sentait mieux, calme et posé. Puis, Granger avait changé. Ses dents avaient dès lors une forme normale ( il soupçonnait que son sortilège d'agrandissement dentaire y était pour quelque chose ) et elle avait enfin découvert l'après-shampooing. Par contre, il n'avait rien à faire concernant son comportement en classe : elle ne pouvait s'empêcher d'étaler sa science partout et tout le temps. Cela l'agaçait, principalement parce qu'elle donnait des réponses que lui-même savait, et qu'il se faisait toujours devancer par cette tête à claques.
En cinquième année, ils furent tous deux nommés préfets, et durent effectuer des rondes deux fois par mois, par trois. Si d'aventure l'une d'entre elles tombait avec Granger, ou pire, avec Weasley, il s'esquivait, se faisait réprimander mollement par Rogue, et évitait des heures avec ces deux taches.
Et en sixième année... tout avait changé. Il avait reçu la mission de tuer Dumbledore. Il avait passé, il devait bien l'avouer, une horrible année. Ses souvenirs, si pénibles, étaient pour la plupart effacés, seul un restait bien ancré en lui, c'était après un match de Quidditch, il s'en rappelait, même si il n'y avait pas été ...
( Flash Back )
Il pleurait. Lui. Il pleurait. Des émotions se bousculaient dans sa tête. Il ne voyait plus clair. Il se laissa tomber sur la pierre froide. Pour une fois, Mimi Geignarde se baladait dans les conduits, et n'était pas là pour l'embêter. Il appuya sa tête contre le lavabo, soulagé de sentir la dure froideur sur son front, signifiant qu'il vivait toujours. Cette année avait tout changé en lui. Il se sentait comme hors de son corps, corps d'ailleurs qu'il ne reconnaissait plus. Encore plus pâle et plus maladif qu'a l'ordinaire, des cernes lui creusaient à présent le visage. Son corps déjà mince maigrit encore plus, ses cheveux d'ordinaire si bien coiffés lui retombaient mollement sur le front. En quelques mois ses yeux avaient changé de couleur, reflétant la tristesse et la torpeur de son esprit. Le bleu qui autrefois adoucissait son visage avait laissé place à un gris dur, foncé comme la pierre. La même couleur que ceux de son père.
Une porte qui grince le fit se retourner brutalement. Il entendit des bruits de pas. Qui que ce soit, la personne ne cherchait visiblement pas à cacher sa présence. Lui au contraire, s'enfonça dans l'étroit couloir menant aux cabines, quand il vit une silhouette s'accrocher aux lavabos, prostrée et le visage tourné vers le sol, comme lui quelques minutes auparavant. C'était une fille, avec de longs cheveux bruns bouclés. Elle arracha quelque chose de son cou. Une écharpe de laine rouge sang. L'éclairage agressif des toilettes renvoyait l'image de cette fille qui s'agenouilla, les coudes toujours sur le rebord de l'évier. Elle enfoui sa tête dans ses bras, et il l'entendit lâcher un sanglot. Il remarqua qu'elle avait soigné sa tenue : sa chemise était repassée avec le plus grand soin, sa jupe parfaitement plissée. Elle avait mis des bas en nylon et des ballerines avec de petits talons. Un pendentif pendait de son cou et il voyait briller des boucles d'oreilles dans ses épais cheveux. Enfin elle dégagea sa tête, et s'appuya au mur, face à lui. Il su qu'il allait être découvert, et préféra se dévoiler le premier. A peine avait-il fait quelques pas qu'il reconnu à son grand étonnement Hermione Granger. Visiblement elle s'était aussi maquillée, parce que ses joues étaient sillonnées de traînées noires.
- Qu'es-ce que tu fais ici ? Demanda-t-elle d'une voix faible qui ne lui ressemblait pas.
- Je fais ce que je veux ! Répliqua-t-il sur le ton le plus agressif possible.
- Ce sont les toilettes des filles, murmura-t-elle d'une voix presque douce, toujours assise dos au mur. Elle avait rejeté sa tête en arrière et avait fermé les yeux.
- Et... Et alors ? Demanda-t-il, désarçonné par son total manque d'animosité.
- Tu es un garçon, fis-elle remarquer. Allez, dis-moi ce que tu fais ici.
- Mais pourquoi es-ce que tu veux le savoir ? S'énerva Drago.
Qu'es-ce que ça pouvait lui faire, à cet épouvantail, ce qu'il était venu faire là ? Cela dit, elle ne ressemblait plus à un épouvantail. Avec des traces noires, elle était plus proche du raton laveur.
- Parce que je préfère me mêler de ta misérable vie plutôt que de penser à ce qui m'a amenée ici, chuchota-t-elle sans toutefois ouvrir les yeux.
Ce qu'elle lui faisait penser à lui ! C'était également le désir qui l'étreignait. Il s'assit à coté d'elle, et la vit hausser un sourcil en le sentant près d'elle.
- mon Dieu, dit-elle d'une voix faible. Tu approches une Sang-de-Bourbe à moins de deux mètres. Appelle le livre des records.
- Du moment que tu ne me touches pas... maugréa Drago.
- Aucun risque. Alors, tu vas te confier à moi maintenant ? Hermione Granger et Drago Malefoy, les légendaires ennemis se racontant leurs malheurs dans des toilettes désaffectées. On dirait le titre d'un roman glauque.
- Je n'ai pas de malheurs, protesta-t-il.
- Malefoy, je suis peut-être assez idiote pour te laisser m'approcher sans garde du corps, pas suffisamment pour croire que tu viens ici par plaisir ou pour soulager ta vessie.
- Et bien tu te trompe, c'est effectivement pour ça que...
- Et moi je suis Mangemort. Il y a des toilettes dans ta salle commune. Tu viens ici parce qu'il n'y a personne.
- En théorie, marmonna-t-il.
- Alors, tes malheurs, c'est quoi ?
- Je ne vais pas en parler avec toi. Et toi ?
- Je ne vais t'en parler non plus.
- Pourquoi ?
- Parce que tu t'en fiches. Et toi, pourquoi ?
- Parce que je ne peux pas.
- Alors, dit-elle en ouvrant pour la première fois les yeux, que va-t-on faire ?
- Je ne sais pas.
- Si tu le sais. On va retourner à nos vies de merde et faire comme si rien ne s'était passé. Parce que rien ne s'est passé. Tu es toi et je suis moi, et on se déteste. Et ça n'est pas près de changer. Pourquoi en serait-il autrement ? On a choisi notre camp. Et les gens du tien essayent de ruiner nos vies. Alors on va continuer à s'ignorer, et si un jour, nos chemins se croisent sur un champ de bataille, nous n'aurons aucune pitié l'un envers l'autre. L'un de nous tuera peut-être l'autre. Tu te rends compte ? On est là à bavarder de nos problèmes, alors que tu rêves de me tuer, et qu'une guerre se prépare !
- Je n'ai pas l'intention de te tuer, dit-il en murmurant presque.
- Non. Mais tu le feras si tu y es obligé. En tout cas, il vaudrait mieux, dit-elle en se relevant, parce moi, je le ferais.
Oui, ils avaient choisi leur camp dans la guerre du mal et du bien. La petite Granger dans le camp du Bien, et lui, le grand méchant Malefoy, dans le camp du Mal.
Quelques jours plus tard, il avait aperçu Weasley et Brown se bécoter dans un coin de la cour. Non seulement ce spectacle lingual l'avait dégoûté, mais en plus il fit le lien avec Granger, pleurant dans les toilettes des filles...
Et puis la fin de l'année était arrivée. Il en faisait encore des cauchemars... lui, sur la Tour, baissant sa baguette devant Dumbledore, et se retournant contre ses anciens amis. Rogue et tous les autres avaient pris la fuite après quelques heures de combat acharné, et il était resté à Poudlard. Il avait passé l'été caché au Square Grimmaurd, avec quelques membres de l'Ordre du Phénix. Il était majeur et assistait aux réunions. Potter et Weasley se montrèrent en juillet, mais il n'y avait aucune trace de Granger. Ce ne fut que mi-août qu'elle fit un crochet par Londres avant de repartir pour le Terrier. Seuls Drago, Tonks et Lupin était présents.
( Flash Back )
-Hermione ! Comment vas-tu ? Mon Dieu, ce que tu es bronzée ! S'exclama Tonks.
Il était assis dans la cuisine, avec un livre. La porte était ouverte et il sentit son sang se glacer au son de la voix de Granger, qu'il n'avait pas entendue depuis ce fameux soir, dans les toilettes.
-J'ai passé un mois en Grèce avec mes parents. C'était génial. Et toi, comment ça va ? Avec Remus ?
-Ca va, lança celui-ci depuis la cuisine ou il était assis en face de Drago. Il est formidable, ajouta-il.
Granger ri et se précipita dans la cuisine. Elle ne parut pas étonnée de l'y trouver et salua Lupin. Enfin, elle se tourna vers lui.
-Bonjour, Malefoy.
-Bonjour.
Durant deux jours, il se contentèrent de se dire bonjour, bonsoir, passe moi la marmite si il te plait, pardon, merci. Jusqu'au dernier soir de son séjour, ou elle vint toquer à sa porte. Il dormait dans la chambre de Regulus Black, décorée aux couleurs de Serpentard.
-Entrez, dit-il, légèrement surpris qu'on toque à sa porte si tard.
La silhouette fine d'Hermione se glissa dans l'embrasure de la porte. Elle referma doucement la porte, et s'appuya contre la panneau, comme si elle avait peur de s'approcher.
-Oui ? Dit Drago, respectant scrupuleusement les règles de politesse qu'ils s'étaient fixées tacitement.
-T'es pas obligé d'être gentil, nota-t-elle.
-Bon, dans ce cas... Qu'es-ce que tu fais ici, Granger ?
-Je voulais juste te dire... que tu as fait le bon choix.
-Evidemment. La politesse ne marche pas avec toi, ce ne te va pas aussi bien que la rage.
-Non, je veux dire... en te rangeant de notre coté.
-Il semble que nos choix aient changés. Dit-il doucement.
-Tu sais... à propos du fait de tuer l'un d'entre nous...
-Ne t'excuse pas. Tu avais raison. Je veux dire, tu aurais eu raison de me tuer si je te menaçais.
-Je suppose que tu aurais fait la même chose.
-Non, je ne crois pas, répondit-il en la regardant dans les yeux. Après avoir eu quelqu'un que j'était prêt à tuer juste devant ma baguette... Je ne veux plus jamais revivre ça. C'est en partie pour ça que j'ai changé de camp.
-Alors, que va-t-on faire ?
-Je me rappelle t'avoir entendu poser la même question, sourit-il. Tu le sais déjà.
-Je n'en sais rien, dit Hermione.
-Si, tu le sais. On va retourner à nos vies. Elles ne sont aussi misérables qu'avant et elles se croisent même, désormais, mais... Nous sommes toujours ceux que nous sommes. Je n'ai pas changé. J'ai toujours été comme ça et je ne veux pas qu'il en soit autrement. C'est moi, c'est ma façon d'être.
-Alors, on va juste...
-Continuer comme avant. Comme si rien ne s'était passé. Ca ne fait aucune différence.
- Pour moi si ! Tu ne t'interroge pas à propos ton changement, de ce soir dans les toilettes ? Je pensais que peut-être, on pourrait au moins... se saluer de temps en temps.
- Ca ne voulait rien dire...
- Ca ne signifiait rien pour toi ?
Il eut un triste sourire et encore une fois plongea ses yeux gris dans les siens.
- Bien sûr que si. Seulement... on n'est pas faits pour ça. On a jamais été amis et il est trop tard, maintenant. Alors, on va juste... abandonner. Et vivre le reste de nos vies.
Et ils avaient vécu, chacun prenant son chemin. Ils n'en on plus jamais parlé depuis ce jour, et il espère qu'il arrivera à l'oublier. Il ne voulait pas quitter sa vie d'avant. Il ne lui restait plus qu'un ami, Blaise, et il s'y accrochait. Il n'avait jamais été que Drago malefoy et ne se voyait pas jouer un autre rôle. Il était un sang pur, supérieur, suffisant et méprisant. Elle était une Sang-de-Bourbe, gentille, loyale et honnête. Rien ne les rapprochait. Il n'avait aucune envie de s'en faire une amie, après toutes ces années.
Il était trop tard à présent pour devenir quelqu'un de bien.
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Oui, alors, beaucoup de flash-back cette fois-ci . . .
Mais ne vous inquiétez pas, la suite sera plus active :)
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