Chapitre 5 : Je te promet.

Désolée pour le retard, vraiment :S

Pour cette fois, la petite citation du début est en version originale, parce que je trouvais que ça rendait mieux le vrai caractère des paroles...

Bonne lecture : )

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We are made of blood and rust,

Looking for someone to trust,

Without a fight...

I think that you came too soon,

You're the honey and the moon,

Who lights up

My night...

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Joseph Arthur – Honey and the Moon.

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Il avait promis. Tout crétin qu'il était, il avait promis quelque chose qu'il n'était pas sûr de pouvoir donner. Et pourtant, le sourire qui illumina le petit visage d'ivoire à cet instant valait toutes les peines du monde. Elle referma les yeux, visiblement rassurée. Drago resserra son étreinte sur sa main minuscule.

Il ne pouvait plus reculer. Malgré lui il s'était créé un lien entre eux. Il savait aussi qu'il n'aurait pas la force de partir. Plus maintenant, maintenant qu'il avait été si proche. Il ne pourrait vivre avec ses souvenirs. Et elle avait besoin de lui. Il était sans doute ce qu'il y avait de plus mauvais pour elle, et c'était lui qu'elle voulait ! Ca l'aurait sûrement amusé en d'autres circonstances.

Combien de temps resta-t-il à son chevet ? Il était resté indifférent au temps qui passait. Il aurait pu rester là pendant des jours sans s'en apercevoir. Il n'avait pas faim, ni soif, ni sommeil. Son corps n'avait besoin que de peu de choses. Et son âme n'avait besoin que d'elle.

-Monsieur Malefoy.

Il resta indifférent à la voix qui l'appelait. Il tourna la tête et regarda encore une fois ses cheveux déferlants sur l'oreiller telle une cascade enragée.

-Monsieur Malefoy, il est tard, vous devez vous en aller.

Non, il ne la quitterait pas. Il avait promis.

-Ne pourriez-vous pas faire une exception, Pompom ? Intervint une autre voix, beaucoup plus douce.

-Monsieur le directeur, elle a besoin de repos ! S'indigna l'infirmière.

-Je suis sûr que monsieur Malefoy ne fera aucun bruit qui puisse l'empêcher de recouvrer une parfaite santé, assura Dumbledore.

Drago entendit Pomfresh quitter l'infirmerie et sentit plus qu'il ne vit Dumbledore s'asseoir sur une chaise proche.

-Comment vont ses parents ? Demanda Drago sans quitter des yeux le petit visage pâle d'Hermione.

-Ils sont stables. Cela prendra sans doute beaucoup de temps mais j'ai bon espoir qu'ils se rétabliront complètement.

Il y eut un silence pendant lequel Malefoy embrassa doucement les doigts de la Gryffondor sans pour autant la quitter des yeux.

-Je sais ce que tu ressens, Drago, dit doucement Dumbledore.

-Je ne crois pas, monsieur, répondit celui-ci d'une voix calme.

-Je pense que si. Plus que tout autre.

Drago leva les yeux vers lui. Le regard bleu de Dumbledore lui brûlait la rétine. La dernière fois qu'il l'avait regardé de cette façon, il était au bout de sa baguette. Il avait connu Drago sous son pire aspect et pourtant il était l'un des seuls à lui avoir dit qu'il avait le choix.

-Après ce qui s'est passé en juin dernier, je sais que tu ne te sens pas à ta place au sein de l'Ordre. Et je sais aussi que tu ne te crois pas digne de personnes telles que Miss Granger. Drago, rien de tout cela n'est vrai. Tu n'a jamais été mauvais et tu ne l'es toujours pas. Tu as autant ta place ici que moi, ou qu'Hermione Granger.

-J'ai failli vous tuer et vous dites que je ne suis pas mauvais ? Demanda le Serpentard en sentant une boule se former dans sa gorge.

-Allons, allons, Drago, dit Dumbledore d'un air amusé. Tu n'as jamais failli me tuer. Nous savons tous les deux que tu n'aurais pas pu. Ce n'est pas l'arrivée des Mangemorts qui t'a empêché de prononcer cette formule. Je te l'ai déjà dit, tu n'es pas un meurtrier.

-Alors je ne suis qu'une petite ordure, persista Malefoy tandis que des larmes rageuses perlaient aux coins de ses yeux métalliques.

-Pourquoi donc te bornes-tu à te croire mauvais ? Les gens changent, Drago.

Oui, les gens changent. C'est ce que Potter lui avait dit : il avaient tous changé.

-Monsieur... Pourquoi Potter et Weasley ne sont-ils pas venus ?

-Je le leur ai demandé. Je pensais que vous voudriez rester seul avec Miss Granger.

-Merci, mais... je pense qu'elle aimerait que ses amis soient là aussi, vous comprenez ?

Dumbledore sourit.

-Vous voyez, Drago, vous voyez... Auriez-vous prononcé cette phrase un an auparavant ? Vous avez appris ce qui vous prémunira contre Lord Voldemort, quelque chose qu'il n'a jamais daigné apprendre.

-Quoi donc, professeur ?

-L'amour, mon cher, rien que l'amour...

Le vieil homme se leva, adressa un clin d'œil à Drago et sorti. Celui-ci se tourna vers Hermione et sursauta quand il remarqua qu'elle avait ouvert les yeux.

-Comment te sens-tu ?

-Tu n'es pas parti, constata Hermione en guise de réponse.

-Je te l'ai promis, n'oublie pas...

-Hermione !

Harry et Ron se précipitèrent à son chevet. Drago lui lâcha machinalement la main. Ron le regarda avec un étonnement peu flatteur tandis qu'Harry lui serrait la main.

-Merci d'avoir pris soin d'elle.

Ron parut encore plus scandalisé par cette poignée de main que la fois où il avait surpris sa sœur et Dean en train de s'embrasser.

-Pourquoi... pourquoi il...

-Je t'expliquerais, Ron, intervint Harry avant que Malefoy ait pu ouvrir la bouche.

-Tu... tu savais ? Je suis le seul à qui on ne dit rien ! S'insurgea Ron dont le teint devenait de plus en plus rouge.

-Je ne lui ai rien dit, Ron, il... il a découvert tout seul, dit Hermione d'une toute petite voix aiguë qui ne lui ressemblait pas.

-Découvert quoi ? Hein, quoi, exactement...

-Ron, calme-toi, si il te plait...

-Je vais t'expliquer, Weasley, coupa Malefoy.

Ron croisa les bras dans une attitude de défi et toisa Drago d'un regard malveillant.

-Il n'y a pas grand-chose à dire, en fait. Je suis passé dans votre camp et... nous sommes devenus amis, voilà tout.

Ron eut l'air d'avoir avalé de travers une décoction Hoqueteuse et fut agité de soubresauts furieux et muets tandis qu'il essayait de reprendre ses esprits.

-Amis ? Amis ? Répéta Ron lorsqu'il eut retrouvé l'usage de la parole. Toi ? Et Hermione ?

-Oui, Ron, dit Hermione qui avait tout aussi surprise que lui mais dont le visage avait arboré un grand sourire.

-Mais, mais...

-Quoi, intervint Harry, l'air exaspéré, tu préférais quand ils s'envoyaient des yeux de poissons à la tête ?

-Peut-être bien, dit Ron, renfrogné.

-

L'état de Mrs et Mr Granger, bien que restant très préoccupant, devint moins précaire : aucun d'eux n'auraient de séquelles de l'attaque de Mangemorts à leur domicile, mais leur guérison serait probablement lente et laborieuse. Pour l'heure, les guérisseurs les avaient plongés dans un coma magique qui aurait pour effet de restaurer peu à peu leurs forces vitales. Dumbledore avait insisté pour s'occuper de leur protection : si les Mangemorts connaissaient le lieu de résidence des parents de la meilleure amie d'Harry Potter, ils risquaient de ne pas en rester là. Deux Aurors avaient été postés en faction devant leur chambre à Sainte-Mangouste, et les visites interdites hormis celles de leur fille, qui quittait Poudlard chaque week-end pour prendre de leurs nouvelles.

Harry avait réagit de la manière stupide à laquelle elle s'était attendue. Il resta maussade durant plusieurs jours, ne répondant que laconiquement aux questions qui lui étaient posées et auxquelles il ne pouvait pas répondre par un simple signe de tête. Et une nuit, Hermione sentit son matelas s'affaisser sur ses ressorts, tandis qu'une main invisible fermait les rideaux de son baldaquin et chuchotait un léger « Assurdiato ». Elle se redressa et retira elle-même l'étoffe aussi légère que de l'eau clair qui recouvrait son ami. Même dans la pénombre, elle sentit plus qu'elle ne vit un pli soucieux sur le front d'Harry.

-Hermione... Je suis désolé...

-Pourquoi donc ? Murmura-t-elle.

-Si... si je n'existais pas... tout ça... ne serait pas arrivé.

-Oui, sans doute. Si tu n'existais pas, Voldemort serait au pouvoir depuis plusieurs décennies et aurai sûrement tué mes parents beaucoup plus tôt et par simple amusement...

-Hermione... Tu peux toujours reculer...

-Harry, quand consentira-tu à comprendre que moi et Ron, on restera avec toi quoi que tu décides et quoi qu'il t'arrive ?

Elle passa affectueusement la main dans les cheveux du Survivant, qui eu un petit sourire crispé.

-Nous ne te quitterons jamais, chuchota Hermione d'une voix rassurante. Ce chemin, nous le parcourirons ensemble ou pas du tout.

Il eu un silence, qu'Hermione interpréta comme une approbation de son ami.

-Hermione... Tu es heureuse, pas vrai ? Demanda-t-il d'une voix hésitante. Enfin... Plus qu'avant, n'es-ce pas ?

-Oui, Harry, c'est vrai, admit-elle avec un sourire. Je suis encore plus heureuse qu'avant.

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2 Décembre 1997

Journal d'Hermione Granger.

Le bonheur... beaucoup vous diront qu'il n'existe pas, qu'il n'est qu'une image, qu'un sentiment éphémère et trompeur. D'autant vous diront que le bonheur existe bel et bien, mais qu'il n'est qu'un instrument cruel et hypocrite pour faire pleurer le cœur des hommes. Car c'est bel et bien le bonheur, la clé de voûte de notre existence, à nous, les humais, sorciers, elfes, centaures et Moldus, qu'importe ! On mène les hommes par le bout du cœur, et qui possède le pouvoir de rendre quelqu'un heureux a véritablement une emprise indélébile sur cette personne.

Et pourtant moi, je vous dirai que oui, oui, et oui, le bonheur existe. Il n'est ni éphémère ni compliqué, ni impossible ni inaccessible. Il est léger, il est beau et magnifiquement facile. Comme il est aisé d'être heureux quand seulement on s'en donne le temps !

Je ne croyais pas à mon propre bonheur. Ma propre joie m'étonnait. Et qu'es-ce, le bonheur, après tout ?

Le bonheur, l'euphorie, c'est se réveiller un matin, et ne plus rien attendre de la vie. N'avoir d'autre espoir que de continuer cette vie fabuleuse et d'en vivre chaque miette, chaque bribe, chaque minute. Ce sentiment enivrant de ne plus rien désirer, de tout avoir.

C'est ce que je ressens. Et quand même, je perdrais tout ce à quoi je tiens, tant que je l'ai, lui, rien d'autre n'a d'importance. Je réalisai qu'il était celui que je voulais à mes côtés lorsque mes rêves les plus fous deviendraient réalité, c'est lui que je voulais à mes côtés si ce n'était pas le cas. Je réalisai aussi qu'aucun des plus grands et des plus beaux jours de ma future vie ne comptaient sans lui. Avoir goûté à lui, à la vraie personne qu'il était, m'a rendu dépendante de lui. J'avoue sans gêne ne plus pouvoir vivre sans lui, sans sa présence à mes côtés.

-

Les jours s'écoulaient, magnifiquement, voluptueusement pour Drago et Hermione. Le premier ne se posait plus de questions, et la deuxième vivait au rythme de la course folle de son cœur. Drago avait tenu sa promesse, et ne quittait plus la jeune fille. Le fait qu'un Serpentard s'attarde à la table des Gryffondor pour partager un toast avec l'une d'entre eux fit sensation, d'autant plus que le Serpentard n'était pas n'importe lequel, et qu'il bavassait joyeusement avec Potter, Weasley et Granger, qu'il semblait par ailleurs détester depuis six ans. Et pourtant Drago ne remarquait pas les remarques acerbes de ses condisciples. Il passait son temps libre avec le trio, et bien souvent avec Ginny Weasley. Il trouva tout d'abord cette nouvelle existence étrange et embarrassante, puis fini par s'habituer aux Gryffondor : Harry était le plus silencieux, le plus sérieux aussi. Ron faisait sans cesse des blagues, était souvent d'humeur belliqueuse et avait un net faible pour la gastronomie, et Ginny était une petite tornade rousse, tantôt adorablement inoffensive, et tantôt horriblement corrosive. Et Hermione... Et Hermione...

Il ne bridait dès lors plus ses émotions envers elle et lui avait trouvé –tout d'abord un peu malgré lui, il fallait le reconnaître- des qualités qui lui avaient réellement plu. Sa loyauté, par exemple, qu'il ne comprenait pas et était incapable d'avoir, mais qui l'impressionnait. Ou encore sa détermination, qu'ils avaient en commun. Et cet air affolé qu'elle prenait dès qu'elle hésitait pour quelque chose l'attendrissait. Cette façon de passer ses mains dans son indomptable chevelure, de jurer à voix basse et inaudible, d'appuyer ses mains sur ses hanches quand elle s'esclaffait...

Et il n'était pas le seul à l'avoir remarqué. Avec l'approche du Bal de Noël, quelques garçons avaient proposé à Hermione de les y accompagner. Elle refusa toutes ces invitations, bien que certaines fussent de très bons partis. Anthony Goldstein et d'autres plumitifs dont les noms lui échappaient, des bellâtres qui en plus avaient l'indélicatesse de se prétendre intelligents, aucun n'avait convaincu Hermione. La raison de ces refus était bien trop évidente aux yeux de Drago qui s'évertua à la chasser de son esprit –tout cela allait trop vite- bien que Blaise Zabini ne cessait de lui mettre sous le nez des preuves accablantes.

Bientôt, le Bal ne fut plus qu'a deux jours de là, et il apparut que Drago était sans cavalière, et Hermione sans cavalier. Il contourna pourtant ce problème quelque peu gênant en invitant une certaine Luna Lovegood, une fille un peu bizarre certes, mais au demeurant loin d'être laide. Par une coïncidence tout à fait anodine, Hermione accepta le même soir la demande de Seamus Finnigan, un petit brun insignifiant jouant prétendument au poste de poursuiveur.

Drago eu un sourire satisfait en retrouvant sa cavalière dans le hall d'entrée : elle avait revêtu une jolie robe blanche et simple, avec un joli masque dentelé à la main. Lui-même était sobrement vêtu d'une robe noire et un 'volto' (1) couleur d'ébène également. Il tourna légèrement la tête et remarqua Hermione à quelques pas de lui, discutant avec animation en compagnie de Ron, sa cavalière qui, il le pensait, était une certaine Demelza Robins, Harry, Ginny et ce crétin patenté de Finnigan. Il entra Louise, Lara ou Lana –peut importe- à sa suite, et rejoint le petit groupe en prenant soin de s'intercaler entre Hermione et son partenaire.

La Gryffondor était restée fidèle à ses origines et portait une robe rouge sang qui s'élargissait gracieusement à partir des hanches. Elle aussi tenait son masque à la main, visiblement d'une couleur or pâle et en soie. Ses cheveux semblaient un peu plus dociles qu'a l'ordinaire, mais pas lisses, cependant.

-Je n'avais pas très envie de passer des heures à m'appliquer de la potion Lissenplis, dit Hermione en répondant à sa question muette. Alors je me suis contentée d'un charme d'Assouplissement.

Tandis que la dénommée Demelza complimentait Hermione sur sa coiffure, Drago remarqua le regard embué de Finnigan qui lui déplaisait fortement. Il ne pensait pas qu'un homme –quand bien même un jeune homme- puisse regarder une femme avec une telle mièvrerie proche de la soumission.

Enfin, les lourdes portes de chênes s'ouvrirent sur la Grande Salle que lui et Hermione avaient patiemment décorée. Dans la pièce on avait fait apparaître une brume dorée et légère qui flottait à mi-hauteur et dissimulait quelque peu les convives. Tout le monde plaça son masque, et lorsque tous entrèrent dans la Grande Salle, on entendit quelques exclamations de surprise : en effet, la Salle était ensorcelée de sorte que personne, même Hermione et Drago, ne pu savoir avec certitude absolue l'identité de la personne qu'ils avaient en face d'eux. Le professeur Dumbledore –semblait-il, tout du moins- écarta les bras avec un sourire et fit un geste vers l'orchestre pour qu'il se mette à jouer, et invita d'un regard les élèves à rejoindre la piste de danse.

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(1) : Le 'volto' est un masque du carnaval de Venise ne couvrant que la partie supérieure du visage.

Et voilà pour ce chapitre :)

J'espère qu'il vous a plu, même si il est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de grandes scènes Hermione/Drago. Mais ça, ça viendra dans le chapitre suivant dont le début racontera le Bal :)

Je peux déjà vous dire que cette fiction ne s'arrêtera pas à la fin de la septième année et donc deviendra par la suite une Post-Poudlard.

Bonne rentrée à ceux qui réintègrent les bancs de l'école, et bonnes vacances aux misérables énergumènes qui en bénéficient :D

Bisous (k)

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