Disclamer : les personnages de NCIS ne m'appartiennent pas.

Merci pour les reviews. Désolée du retard (la grippe et des migraines ont eu raison de mon inspiration) retour au rythme habituel (4 chapitres au moins par semaine), et suite de l'enquête.

Bonne année 2008 : et j'espère que la grève des scénaristes aux US ne sonnera pas le glas de notre série.

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Chapitre 24 : un passé commun

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Lundi 21 août 2006

MTAC

« C'est quand même incroyable un homme dont les empreintes ne figurent nulle part, pas de permis de conduire, il n'apparaît même pas dans les bases de données de l'immigration, ni celle des terroristes internationaux. »

Cette phrase Abby l'avait cité plusieurs fois, ni le NCIS ou le FBI avaient réussi à franchir la toile d'araignée qui leur interdisait de découvrir le nouveau nom de leur ennemi, et accessoirement son véritable visage. Forrest ne mettait pas en doute les compétences des hommes travaillant avec et pour lui, mais…

Chaque fois qu'ils approchaient de leur but celui-ci s'éloignait encore plus. Chaque nouvelle découverte semblait avoir de multiples ramifications qui les égaraient, à croire que les indices avaient été laissés « en évidence » afin de les embrouiller et de leur faire perdre du temps.

Forrest avait trop souvent organisé ou participé à des opérations pour ignorer et anticiper les conséquences sur cette affaire, il se battait contre la montre, il s'était montré dur et exigeant envers son équipe et celle du FBI, lui-même présentant le pire, aussi il ne fut qu'à moitié étonné lorsqu'une visioconférence requit sa présence. Lorsqu'il pénétra dans la grande salle, tous les employés sans exception sortirent rapidement, l'image de l'écran changea pour faire place à une image de la Maison Blanche, puis à celle du président…, Forrest ne dépendait de personne d'autre, le président devait rendre des comptes, et selon l'adage bien connu ''l'intérêt du plus grand nombre l'emporte sur celui du plus petit''.

Les ordres officiels que Forrest venait de recevoir il devait les répercuter sur ses hommes et ceux de Fornell, la plupart obéirait, quelques-uns feraient la moue, plusieurs trouveraient cela injuste, les derniers piqueraient une crise, mais tous rentreraient dans le rang. Enfin il y avait lui, celui qui avait le plus à perdre dans cette affaire, lui qui savait qu'il n'aurait pas d'autre occasion, lui qui bien plus que Tony et le NCIS réunit ne souhaitait pas le procès mais la mort de ce monstre qui depuis prés de 40 ans semait mort et désolation en toute impunité sur son passage, monstre qui n'avait aucun scrupule et qui la tête coupée, retombait toujours et encore sur pattes faisant sortir de sa manche un joker.

Forrest n'arrivait pas le croire, il savait à présent l'endroit où se cachait Costa durant ces dernières années : il avait entraîné des hommes dans un camp terroriste en extrême-orient, capturé par des soldats américains il avait livré nombre de noms et réussit à neutraliser d'autres camps de la même nature, enfin il avait permit la capture d'un des plus proche lieutenant de Ben Laden connu sous le nom de Yassou, évitant ainsi d'autres tueries, et une attaque de grande envergure contre fort Knox… En échange Costa avait obtenu une autre identité, et l'immunité de tous ses crimes, lavé de toute accusation et soutenu il pouvait sans vergogne se livrer à ses activités sordides.

Costa leur était désormais interdit, dans 5 jours le procès de Yassou et de ses acolytes débuterait à Washington, ensuite il serait protégé étroitement par la CIA, puis bénéficierait du programme de protection des témoins, et disparaîtrait à nouveau jusqu'à leur nouvelle confrontation.

Ils avaient ordre de détruire toute preuve rattachant Costa à leur affaire présente, ce qui revenait à dire qu'il ne leur resterait quasiment rien. Forrest ne voyait même plus l'utilité de rester au NCIS, le FBI se chargerait de l'enquête, sans doute encore un « Jeudi 17 » non résolu, Tony serait lavé de tout soupçon, c'était cela le deal, la vie reprendrait son cours.

Il les convoqua dès 8 heures afin de leur rendre compte des derniers rebondissements.

« Abby détruisez tous les indices menant à Costa et confiez les autres à l'agent Fornell. L'affaire ne nous concerne plus. Ducky les autopsies seront terminées par le FBI. Ils finiront également le travail sur les vidéos. McGee continuez ce que vous faites mais vos rapports devront être remis en double au FBI. Quant à vous Fornell je veux être au courant de chaque avancée de l'enquête.»

« Ce sera fait. » Tobias était trop heureux de se débarrasser du NCIS sur cette affaire.

« Vous n'oubliez pas quelqu'un ? »

« Non agent Gibbs je ne crois pas. »

« Tony ! »

« Tony détient la clef, mais quand sortira t-il du coma ? Quelle séquelle conservera t-il ? Sera t-il en mesure de nous aider ? Il y a trop d'incertitude. Il sera lavé de tout soupçon et en cas de besoin ne sera cité qu'en cas de témoin. D'autres affaires requièrent notre attention. » Il tendit une feuille à Gibbs « Ceci vient d'arriver chargez-vous en. Si vous avez besoin d'aide demandez à Skeatch de venir avec vous.»

Gibbs regarda Ziva, celle-ci se levait déjà, il la suivit silencieusement. Ducky, Palmer, et Skeatch les joignirent sur le palier. Fornell s'arrêta à leur hauteur.

« Je suis désolé Gibbs, j'aurais voulu que cela se passe autrement. »

« Moi aussi.»

« Tenez moi au courant pour DiNozzo. »

« Je n'y manquerai pas. Bon retour.»

Chacun était redescendu à son bureau.

Abby silencieuse était restée à sa place observant Forrest.

« Autre chose Abby ? »

« Je me demandais juste pourquoi vous laissez tomber à nouveau Tony. »

« Je ne le laisse pas tomber. »

« Vous appelez ceci comment alors, confier l'affaire au FBI ?» La jeune femme tremblait d'une rage contenue, elle avait tout donné durant l'enquête, et apprendre maintenant que c'était pour rien, la mettait hors d'elle.

« J'obéis aux ordres, comme vous devriez le faire vous aussi. Lorsque j'ai pris la direction du NCIS je ne pensais pas me retrouver face à Costa.»

« Tout votre beau discours sur l'amitié, vos scrupules ce n'était que du vent.» Les paroles de Skeatch lui revenaient en mémoire Il a une confiance aveugle en ses collaborateurs, il les recrute avec soin, il les soutient, se sacrifierait pour eux.

« Non Abby j'était sincère. Costa a encore 5 jours avant le procès, il faut nous concentrer sur la protection de Tony, une fois les audiences terminées il peut sévir à nouveau, s'il fait un faux pas nous l'attendrons.»

« Tony va servir d'appât ? »

« Tony n'est pas son seul but, Costa en a après moi aussi. Et à travers Tony il espère m'atteindre. »

« Pourquoi ? »

« C'est une longue histoire. »

« Qu'elle était cette première mission pour laquelle vous aviez recruté Tony ? Quel est le lien entre vous trois ? »

« Etes-vous sure de vouloir connaître la vérité ? »

« Je suis prête. » Elle LUI devait bien cela.

« Comme vous vous en êtes rendu compte Costa ne laisse jamais de témoin derrière lui, il l'a fait une seule fois, c'était au Mali courrant 1968, un groupe de français tenaient une petite mission, s'occupaient des villageois leur apportait vivres, soins, croyance, un groupe de mercenaires attaqua et pilla la mission à la recherche de richesses qui ne n'existaient pas, en représailles les français furent torturés, les femmes violées, en tout 11 personnes massacrées, les villages proches subirent le même sort, pas de témoins : technique du sol brûlé. Des humanitaires se déplacèrent inquiets de l'absence de nouvelles, ils arrivèrent environ 15 jours après, ils découvrirent proche les ruines encore fumantes, un jeune garçon de deux ans environ, choqué, affamé, et malade, le petit s'était nourrit de quelques fruits, l'enfant fut rapatrié en France et ensuite adopté par des anciens colons, il ignorait tout de son « enfance » jusqu'au jour où partit au Mali pour une mission d'infiltration parmi des trafiquants d'armes, ses investigations le conduirent près des ruines de l'ancienne mission, sur une tombe : un petit médaillon miraculeusement épargné par les intempéries, se balançait le fermoir intact céda facilement, à l'intérieur deux photos un couple et un bébé, l'homme portait le même médaillon autour du cou… »

Le visage de Forrest s'adoucit un instant, comme si…

«L'enfant : c'était vous ? »

« Par la suite je n'eus de cesse de rechercher les responsables à travers le monde, les traquant, passant rarement de marché, les plus chanceux sont en prison, encore des enfants à l'époque enlevés à leur famille et militarisés. Pour sauver leur peau ils inventaient n'importe quoi, des complices imaginaires, pourtant beaucoup parlait du chef : un français, je soupçonnais un dénommé Costa de pouvoir me conduire à lui. C'est à ce moment que Tony est intervenu. »

Abby ne bougeait pas, elle attendait la suite. Comme il aurait voulu la prendre et la jeter au-dehors du bureau.

« Tony m'a tout de suite plu, jeune et impétueux, tournant tout en ridicule mais restant professionnel, aimant travailler en solo. Seul problème il était fiancé, les femmes ont souvent été sa faiblesse, pourtant Tony s'est tout de suite porté volontaire, il connaissait les risques et Costa de réputation : celui-ci était à la tête d'une organisation puissante, et trempait dans tout trafique qui rapportait de l'argent, des réseaux pédophiles à la prostitution, du trafic d'armes à celui de la drogue. Ses clients étaient riches et corruptibles, jet set, etc…, Tony a infiltré facilement le cercle très fermé de Costa, en se faisant passer pour un riche héritier adapte de nouvelles sensations, la confiance s'est installée Tony pensait avoir découvert quelque chose d'important, sa couverture a été partiellement découverte quand il a hésité à participer à des séances d'un goût un peut particulier, c'est alors que je l'ai rappelé, il était prêt du but il avait découvert que Costa avait un coffre-fort et tenait un livre de toutes ses transactions, il voulait terminer sa mission, je me souviens de notre dernière conversation, il avait confiance, il ne craignait rien.

Il a réussit à trouver le coffre-fort, à faire des photos de toutes les preuves, et réussit à démontrer que Costa était le dernier homme que je recherchais. Il eut juste le temps de poster le tout. Mais Costa a explosé sa couverture, des caméras vidéos avaient filmées Tony en train de prendre des photos. Costa l'a interrogé pendant 2 semaines, et finalement il s'est échappé, Tony a toujours refusé de parler de cette période mais lorsque l'on sait de quoi est capable ce monstre ont imagine le pire. Grâce aux preuves On a démantelé rapidement l'organisation du français, mais on a perdu sa trace. J'aurai du plus me méfier, Tony m'a appelé le 15.08.2000, il se sentait suivi il soupçonnait Costa d'être « revenu au pays », il m'avait donné rendez-vous le 16 soir au Cristal, j'ai eu un empêchement, le lendemain j'ai eu de ses nouvelles au journal télévisé. Costa avait intercepté notre conversation, on ne m'enlèvera pas de la tête qu'il est lié d'une manière ou d'une autre au tueur du Jeudi 17. C'était si facile ce soir-là de tuer Tony, mais non il a voulu le garder en vie pour le faire souffrir comme il le fait encore aujourd'hui. »

« Mais il n'y avait qu'un crime les Jeudi 17 ! »

« Un à la fois. »

« Tony ne s'est jamais confié, il a gardé tout cela pour lui. »

« Il se cachait derrière un sourire, et riait pour ne pas pleurer, et il chantait parfois, histoire d'oublier, que tout peut arriver. »

Abby le regarda intrigué.

« Ce sont des paroles de chansons, vous ne connaissez pas vous n'étiez pas née, je trouve qu'elles collent assez bien « au personnage ».

Forrest prit un dossier et l'ouvrit, mettant fin à un entretien qui n'avait que trop duré.

« Je vous quitte j'ai du travail. »

Elle avait découvert une partie de la vie secrète de Tony, elle réalisa que finalement elle le connaissait peu, juste ce qu'il voulait que l'on sache de lui, du vent, une image, un play-boy, rien qui le rendait vulnérable, elle avait l'impression qu'elle ne savait pas encore tout.

Forrest la suivit des yeux jusqu'à sa sortie.

Il lui fallait préparer l'avenir, l'après procès, il était très patient et à ce jeu Costa était battu.

Ordres ou pas s'il s'en prenait une nouvelle fois à Tony ce serait la dernière. Il avait lu tous les rapports sur le NCIS, il avait une équipe soudée à son service. Il pouvait compter sur eux ils venaient de le prouver.