Prompt : Des imbéciles
Personnage(s)/Pairing : Les cinq Blade Children principaux (mentions-indices de Ryouko/Kousuke, Kousuke/Rio, Rio/Eyes et Kanone/Eyes selon ce qu'on veut voir :3)
Rating/Warning : G
Notes : Pour me donner bonne conscience et ne pas complètement oublier les trois autres andouilles. Je les aime aussi, hein ! ... juste pas autant que Kanone et Eyes :D
I
— Kousuke-kun, idiot !
— Hééé !
— Sinistre crétin !
Kousuke se protège le visage de ses bras et recule pour éviter de coup de pied de Ryouko.
— Hélà, mais qu'est-ce que j'ai fait ce coup-ci ?!
— Idiot ! Idiot ! insiste Rio en s'agrippant à son dos pour tenter de lui tirer les cheveux.
Kousuke gesticule pour se débarrasser du petit singe accroché sur son dos, sans grand succès.
— Qu'est-ce que j'ai fait ? insiste-t-il, tout simplement outré.
Aucun des deux monstres femelles ne daigne lui répondre.
II
Idiote, mais quelle idiote, songe amèrement Ryouko. Pourquoi, pourquoi n'est-elle pas capable, à chaque fois qu'elle voit Kousuke, de faire autre chose que l'insulter et lui taper dessus ?
"Vraiment pas mignonne", lui a-t-il dit aujourd'hui encore. Il a raison. Une brute, ça oui, une furie violente — une des Blade Children, mais pas comme Rio, petite Rio tout simplement adorable les trois quarts du temps, ou Rutherford, distant et glacial mais beau à faire se pâmer la moitié de la planète. Elle, rien à voir ; Takamachi Ryouko, populaire auprès des filles uniquement et terreur des garçons, que Kousuke ne trouvera jamais, jamais mignonne.
Quelle idiote...
III
— Uwaaa, Eyes-kun est trop gentiiil... Regarde, Eyes-kun m'a offert un melooon !
Kousuke regarde avec consternation Rio couiner joyeusement en frottant sa joue au fruit.
— Wow, commente-t-il. Quelle générosité. Je t'envie. C'est sûrement le signe d'une grande affection.
Rio lui tire la langue.
— Tais-toi, méchant ! Tu ne peux pas comprendre l'importance d'un cadeau, toi qui n'en fais jamais !
Kousuke pense qu'il ne fait jamais de cadeaux parce qu'elle ne s'attend pas à ce qu'il en fasse, et que Rutherford ne lui offre que ce qu'elle lui demande. Elle est idiote de croire que cela signifie quoi que ce soit.
Elle est idiote si elle croit vraiment que Rutherford pourrait partager ses sentiments.
— C'est dégueulasse, le melon, lâche-t-il.
IV
Eyes se rappelle d'un temps où il n'avait qu'à lever la tête pour croiser le regard de Kanone, qu'à ouvrir la bouche pour voir le sourire de Kanone, qu'à tendre la main pour toucher le visage de Kanone.
A cette époque, leur malédiction semblait encore si loin, les impulsions violentes facilement retenues par des touches d'ivoire et des notes cristallines.
A cette époque, Kanone riait vraiment, souvent, et se serrait tout contre lui et lui disait que le destin ne pouvait rien contre eux ; et Eyes, Eyes était assez stupide pour le croire.
Il était stupide de croire que cela pourrait durer toujours.
V
Blade Children ou Hunters, la différence n'est au final pas bien grande ; les deux groupes tuent, poussés par un mélange de peur, de désespoir et d'envie futile de combattre le destin. C'est risible, remarque Kanone. Il est bien placé pour savoir comme il est facile de passer d'un bord à l'autre et changer de cible — mais changer d'identité, de fatalité, est impossible.
Ceux qui croient le contraire sont des imbéciles. Eyes est un imbécile.
Rio, Asazuki sont des imbéciles, Ryouko est une imbécile, à croire qu'ils peuvent vivre comme si de rien n'était, protéger ce qui leur est cher ou se retenir de tuer, retenir la maudite folie en eux. C'est dans leur sang.
Kanone leur montrera, à tous, à Eyes, à quel point ils ont tort d'avoir encore le moindre espoir.
