Merci beacoup pour vos commentaires, ça fait toujours plaisir. Tant mieux si le premier chapitre vous a fait rire, parce que la suite est nettement moins drôle ... On découvre à quel point Roy est impliqué.
Bonne lecture !!!
Roy regarda fixement Maes. Non, il ne pouvait pas lui dire ... Seulement Hughes ne lâcherait pas prise, ça le colonel le savait parfaitement. Le brun baissa les yeux. Le reste de l'équipe était entré, et avait marqué un temps d'arrêt en entendant la question du lieutenant-colonel. Tout doucement, Falman ferma la porte. En silence, chacun des hommes retourna à son bureau. Le colonel, absorbé par sa réfléxion, ne fit attention à eux qu'à la dernière seconde.
« On attends, Roy. » reprit Maes.
Le brun se mordit la lèvre. A quoi bon leur mentir, lui pour qui la confiance était un credo ? Il soupira.
« Très bien, je vais vous dire ce que je sais. Mais à la condition que je ne sois interrompu à aucun moment, sinon je me tais pour de bon. » annonça Mustang.
Pfff, quel gamin tu fais se dit-il au même instant. Mais vu ce qu'il allait raconter,et surtout se souvenir, il avait préféré insister pour être sûr d'être écouté jusqu'au bout. C'était déjà bien assez pénible comme ça. Le brun se cala dans son fauteuil. Riza et Maes en profitèrent pour s'installer confortablement eux aussi. Puis Roy débuta son récit
« Je sais qui est le propriétaire de la pièce que l'on retrouve sur les lieux des disparitions. »
Oh bravo Roy ! Ca c'est de l'entrée en matière ! Dire qu'on connaît un coupable qu'on traque depuis près de quinze jours. Tous le regardaient avec stupeur. Mais comme convenu ne dirent rien, attendant d'avoir de plus explications.
« C'est ... une créature originaire d'Ishbal. Elle s'appelle Sâatha, et voici comment je l'ai recontrée.» reprit Mustang.
C'était durant la guerre. Les coups de canons déchiraient l'air, les fusils crachaient leur métal mortel. Les corps gisaient au sol, dans un état que l'on devine atroce. Les Alchimistes d'Etat se trouvaient déjà sur le champ de bataille. Cahcun réparti sur un secteur, chacun ayant de la chair à broyer. Mais un soir, deux Ishbals se faufilèrent vers une colline. Ils firent rouler une lourde pierre, révélant ainsi un passage creusé dans la pierre. Les deux hommes s'enfoncèrent dans le noir, après avoir allumés deux torches.
« Je te dis que c'est de la folie, Harun. » dit l'un.
« Quand bien même, nous n'avons plus rien à perdre. » répondit le nommé Harun.
Son compagnon dut admettre qu'il avait raison. Face au massacre que leur peuple connaissait, ils ne risquaient pas grand chose à La réveiller. Après bien des tours et détours, les deux Ishbals débouchèrent dans une grande salle. Là, plusieurs statues en forme de serpent, grandes et en or massif formaient une allée. Sur les murs étaient dessinées des peintures anciennes, mais aux couleurs éclatantes, comme si elles avaient été faites hier.
Cependant, aucun des deux visiteurs ne prêta attention au décor. Seul ce qu'il y avait au fonds les intéressait. Une petite armoire en bois sur un autel. Là se trouvait leur vengeance et celle de tout un peuple. Les hommes arrivèrent devant l'autel. Aucun n'était rassuré. Ce qu'ils allaient réaliser était une très grave infraction à leurs lois. Pire que de pratiquer l'alchimie. Mais comme ils l'avaient dit plus tôt, les Ishbals n'avaient plus rien à perdre.
C'est ainsi que les portes de la mini-armoire furent ouvertes. A l'intérieur, une statuette d'or, représentant un cobra. La représentation parut s'auréoler d'une lueur rouge. Les Ishbals déglutirent.
« Allez, on ne peut plus reculer. » fit Harun.
Son compagnon prit un bol, et un poignard rituel. Il s'entailla le bras, et laissa le sang couler dans le récipient. Harun fit de même, avant de prendre une petite gerbe d'herbes. Il en trempa les bouts dans le sang, avant d'en asperger la statue. Ils commencèrent à réciter une prière dans leur langue. Le bol fut posé dans devant la statue. Au bout de quelques instant, les yeux en rubis de la statuette luirent. Les Ishbals faillirent s'interrompre. Ensuite, le sol se mit à trembler, tandis que la statue luisait toute entière.
Après quoi, une lumière rouge sang aveuglante illumina l'endroit. Il y eut un grondement inquiétant. Et ensuite ... une gerbe de feu embrasa l'autel. Les Ishbals échappèrent uin cri et reculèrent vivement. Un sifflement se fit entendre.
« Vous m'avez appelée mortels ? » fit une voix venue du feu.
Le brasier prit la forme d'un cobra.
« O-ou-oui puissante Sâatha, grande parmi les grandes. Nous implorons ton aide. » fit Harun en se prosternant, front contre le sol.
« Un pacte ? » siffla Sâatha intéressée.
« Non ô reine des enfers. Notre peuple se fait en ce moment même exterminer. Nous vous avons invoquée afin que vous déchaîniez votre puissance sur nos ennemis, les soldats d'Amestris. » fit le compagnon d'Harun.
Sâatha parut considérer la demande.
« Les Amestriens sont plus nombreux que les Ishbals ... cela veut dire beaucoup plus d'âmes que d'ordinaire. Et eux ne risquent pas de m'enfermer. C'est d'accord, je pars sur-le-champ rencontrer ce peuple. » dit-elle après réflexion.
Les Ishbals dissimulèrent leur contentement. Sâatha glissa sur le sol, filant vers la sortie. Ces deux-là se relevèrent, à la fois satisfaits que le démon aie accepté, et soulagés qu'elle ne leur aie rien fait. Mais Sâatha s'arrêta juste devant la porte, se redressa et se retourna.
« A propos, merci de m'avoir invoquée. »
Avant qu'ils ne puissent réagir, les deux Ishbals se retrouvèrent soudain en train de brûler comme du carton. Sâatha se désintéressa du spectacle. Le serpent fila à travers un pays dévasté.
« Le cadre est enfin devenu agréable. » commenta-t-elle.Plus loin de l'endroit où se trouvait le démon, dans les lignes Amestriennes, un groupe de soldats entendait les grandes lignes de sa mission. Selon le haut-gradé qui la leur donnait, les militaires devaient envahir un secteur et y faire le ménage. Les Ishbals présent là-bas leur résistaient depuis trop longtemps. Des alchimistes étant présents dans le groupe, des snipers étaient de la partie. Une fois les ordres donnés, le groupe se mit en route. Parmi les soldats dans le camion, un jeune homme aux cheveux noirs comme le jais et à la mine fermée.
Encore des gens à massacrer, encore des cris, des cadavres, l'odeur de mort et de chair brûlée. Ca ne finirait donc jamais ? Le camion cahotait sur la route pierreuse. Roy Mustang leva les yeux, et observa ses compagnons d'infortune. Dire qu'une partie d'entre eux ne reviendraient pas vivants ... Le trajet se fit en silence. Tous étaient conscients d'aller vers la mort. Nombre savaient qu'ils ne verraient peut-être pas le jour se lever demain. Que leur vie allait brusquement s'arrêter, dans la violence et la souffrance. Que les projets qu'ils avaient pu faire auparavant ne verraient jamais le jour.
Sans parler de revoir sa famille. Finalement, le camion stoppa, faisant bondir les coeurs et monter l'adrénaline. Ca y est, ils y étaient, aux portes de la mort. Les soldats descendirent néanmoins dans l'ordre et la discipline. Ils furent partagés en escouade, et leurs chefs les passèrent en revue avant de leur donner l'ordre d'avancer. Puis tout le monde partit où il devait. Le secteur résonna très vite des bruits de la guerre, l'horreur dans toute sa splendeur. Les gens tombèrent, les uns après les autres sans distinction. Tout n'était que coups de feu, sifflements de poignards, cris de rage et de douleurs mêlés, éclairs d'alchimie, et de sang.
Ce liquide vital qui coulait, inondait le sol et semblait impossible à s'arrêter. Tant de vies achevées, brisées, fauchées de la manière la plus affreuse qui soit. La jeunesse qui s'éteignait sans en avoir profité, l'innocence qui volait en éclats, les rêves qui s'enterraient. Voilà le prix de la guerre, voilà le prix de la bêtise humaine.
Dans ce carnage, une escouade approchait d'un hangar. Certainement un entrepôt d'armes. Une bonne prise pour les Amestriens. Du moins ... le croyaient-ils.
Les soldats entrèrent en silence, sur leur gardes. Rien de suspect à première vue. Le chef d'escouade, un jeune homme brun au physique avantageux, ordonna une dispersion.
Ce fut lorsque tous se furent répartis dans l'entrepôt que le piège agit. Les Ishbals jaillirent de partout, et profitant de l'effet de surprise tuèrent un maximum de soldats.
« REPLI ! » hurla Roy.
L'alchimiste ne pouvait pas utiliser son art. Les hommes étaient tellement mélangés qu'il tuerait ceux de son camp à coup sûr. Tout ce que Mustang pouvait faire, c'était sonner la retraite pour en sauver le plus possible. Les militaires se frayèrent un chemin tant bien que mal vers la sortie. Roy les regardait sortir, voulant s'assurer que personne ne resterait en difficultés. Mais au lieu de les poursuivre, les Ishbals décampèrent. Roy fronça les sourcils. C'était étrange.
Soudain, une terrible explosion ébranla le bâtiment, soufflant tout le monde. Roy tomba sur le dos, et redressa la tête aussitôt. Il aperçut quelque chose qui lui causa plus de peur que tout ce qu'il avait pu voir jusqu'alors. Se relevant d'un bond, le jeune militaire se précipita. Ce n'était pas possible, ça ne se pouvait pas. C'était un cauchemar, l'horreur absolue. Roy ne savait plus quoi faire. Désemparé au possible, il ne pouvait que rester là, la bouche ouverte sur un hurlement muet, les yeux écarquillés.
Que devait-il faire, que pouvait-il faire ? Roy était pétrifié.
« Oh non non ... quelqu'un ... de l'aide ... s'il vous plaît ... » gémit-il.
Il ne vit pas s'approcher une ombre. Et quand il releva la tête, ce fut pour croiser deux orbes couleur de sang. Une femme se tenait là, et une femme Ishbale visiblement. Elle portait une dépouille de serpent sable sur la tête, et une tenue peu courante pour quelqu'un de ce peuple.
« Tu as demandé de l'aide Roy Mustang ? » demanda-t-elle.
Le concerné fronça les sourcils, mais ne dit rien. L'Ishbale s'accroupit.
« Je peux t'approter ce que tu souhaite. Mais il y a un prix à payer. » reprit-elle.
« Vous pouvez les sauver ? » questionna-t-il.
Car c'était tout ce qui l'importait. D'où sortait cette femme, et quel était ce prix à payer il s'en fichait complètement.
« Bien sûr que je le peux. Seulement il faut passer un pacte avec moi. »
« Et qu ... qui êtes-vous ? »
Enfin ! Quand on croisait un inconnu c'était quand même la première chose à demander.
« Je m'appelle Sâatha, et c'est tout ce que tu as besoin de savoir. Alors, es-tu prêt à sceller un pacte avec moi Roy ? »
« Quel pacte ? »
« En échange de ce que tu souhaite, je te prendrais ton âme, et tu me servira. » fit Sâatha en plantant son regard dans le sien.
Roy en resta coi. C'était très élevé comme prix.
« Je ... je ne peux ... accepter. »
« Alors regarde la mort prendre son dû, vois la vie s'envoler ! Tu ne tiens donc pas suffisamment à eux pour les soigner. Tu as une chance de les guérir, et tu refuse. » répondit Sâatha.
Roy déglutit. Il inspira et répondit de la voix la plus assurée qu'il put.
« Le prix que vous demandez est bien trop élevé. »
« Si tu le dis. Mais à leur place je serais très déçue. Eux n'ont pas hésité à risquer leur vie pour toi, et quand vient l'occasion de leur rendre la pareille tu refuse ? Quant à ton âme rassure-toi : ce ne sera pas pour tout de suite. Quoi que tu décide, fais vite : car leur vie touche à sa fin. » continua Sâatha.
Roy baissa la tête. C'était vrai. Plus il tergiversait, plus la mort approchait. Il n'avait pas le choix. Il fallait qu'il les soigne. Après tout il leur devait ça.
« Très bien, j'accepte le pacte. » déclara-t-il.
« Parfait ! Signons-le tout de suite. » sourit Sâatha.
Elle claqua des doigts, et un parchemin ainsi qu'une plume apparurent. Le démon lui indiqua l'endroit où signer. Roy inspira, prit la plume et apposa sa signature aved dégoût. Le parchemin disparut sôt qu'il eut terminé.
Retour au temps présent. Le colonel finissait son récit.
« Aujourd'hui, je me rends compte que je ne suis pas le seul à avoir passé ce contrat. Et Sâatha vient chercher ses paiements. »
Les soldats étaient stupéfaits. Cette histoire était incroyable, tout bonnement incroyable. Tous avaient l'air d'un tas de poissons échoués sur le sable : la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés.
« T'es en train de nous dire ... que ce qui enlève les gens est un démon d'Ishbal ? » fit Maes.
« C'est tout à fait ça, si étrange que ça paraisse. Tu te rappelle de ce groupe de soldats qui a disparu dans le secteur Nord Ouest ? C'était elle. » répondit Roy en levant les yeux vers son ami.
« Maintenant que vous le dites, je me rappelle de ces rumeurs bizarres. Elles parlaient toute d'une femme Ishbale qui aurait massacré toute une escouade à elle seule. » intervint Riza, songeuse.
Maes s'en souvint également, quoi qu'il ne le mentionna pas.
« Et pour la pièce ? » questionna Fuery.
« Je crois que ça veut dire que la dette est payée. » soupira Mustang.
Les subordonnés du brun échangèrent un regard. Ca paraissait invraisemblable cette histoire. Mais ils savaient que leur supérieur n'aurait jamais inventé ce conte. Maes mit fin au silence méditatif qui régnait, en déclarant qu'il devait retourner travailler. Ce qui amena une diversion bienvenue. Chacun revint à ses dossiers, comme s'il n'avait rien entendu.
« Ils ne me croient pas. Mais je sais qu'elle viendra. Je lui dois mon âme et la servitude éternelle.» se dit Roy.
