Merci à tous et toutes pour vos comentaires !!! Voici donc la suite, où notre démon va se trouver un allié de taille. Leur alliance va semer la terreur chez les militaires.

Bonne lecture.


Sâatha observait Central depuis un de ses plus hauts toits. Le démon savourait sa liberté enfin retrouvée. Elle n'avait pas chômé depuis sa sortie dans le monde : le serpent avait en effet récupéré près de huit âmes et autant d'esclaves. Pour l'instant, un seul lui avait échappé : Roy Mustang. Mais Sâatha ne s'en faisait pas. Elle l'aurait tôt ou tard. Et puis, elle avait encore pas mal de gens à aller voir. Nombreux étaient les soldats qui avaient pactisés avec elle. Surtout des Alchimistes d'Etat. Il semblait qu'ils avaient été ceux les plus traumatisés par la guerre.

Une légère brise souffla, faisant onduler ses cheveux noirs. Le coin était plus sympathique à ses yeux qu'Ishbal. Pensez-donc, des milliers d'âmes concentrées au même endroit, toutes avec des désirs inassouvis ... un vrai supermarché. Sâatha sourit avec délices : elle avait trouvé son petit coin de paradis, et peut-être son futur royaume. Le démon s'étira. Il était temps de s'y remettre, elle avait eu suffisamment de temps pour paresser avant d'être invoquée. Elle se leva, et prit le chemin de la sortie.

Pendant ce temps, Roy prenait lui le chemin du travail. Il avait passé la nuit dans la peur, comme ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Plusieurs fois il s'était réveillé en sursaut, tant à cause des cauchemars qu'il faisait toujours que de la peur que Sâatha débarque. En bref, il avait dormi par intermittence. Pas étonnant qu'il arbore une tête de décomposé en entrant dans son bureau. Riza le regarder entrer le visage neutre. Mais intérieurement, elle était plus que soulagée. Elle aussi avait passé une mauvaise nuit.

Il était vivant, c'était l'essentiel. Roy s'assit pour se mettre au travail. Il luttait contre ses paupière qui n'en faisaient qu'à leur tête. Autrement dit, qui se fermaient toutes seules.
« Je ne dois pas m'endormir ... je ne veux pas encore faire ces horribles cauchemars ... faut pas dormir ... pas ... dor... mir. » se dit-il.

Comme on s'en doute, sa tête se baissa doucement et ses yeux noirs comme la nuit se fermèrent. L'ami Mustang se retrouva bien vite aux pays des rêves.


Un paysage rouge, du genre de rouge que l'on aimait pas en général. Car il évoquait la mort et certainement la souffrance. Le brun entendait un chant venu de nulle part. Une musique douce, attirante, entêtante. Le morceau lui était inconnu, mais magnifique. Il fallait que Roy trouve la source de cette mélodie.

Le militaire avança donc, s'orientant à l'ouïe. Que c'était entêtant cette chanson ! Jamais il n'avait entendu quelque chose d'aussi merveilleux. Enfin, il trouva la source. Une femme était en train de danser, une femme qui lui était familière. Roy s'approcha. Elle avait de longs cheveux blonds flottant au rythme de sa danse. Elle se tourna. Mustang ne fut pas surpris de reconnaître Riza. Cette dernière portait une jupe en tissu fin, rouge et pailletée d'or. S'ensuivait un haut assorti, moulant, aux manches courtes et laissant tout le ventre livre. Riza dansait avec un voile, de manière orientale.

Des bracelets aux chevilles marquaient le ryhtme. Elle s'avança vers Roy en ondulant des hanches. Il sourit. La jeune femme était splendide.

« Ne me fuis pas Roy. Ton âme m'appartient, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, depuis toujours. »

Le colonel posa ses mains autour de la taille de sa subordonnée. Il la contempla pendant qu'elle ondulait entre ses mains.

« Toi et moi nous sommes liés. Pour l'éternité. » reprit Riza.

Roy acquiesça. Il ne rendait pas compte qu'elle l'entraînait. Bientôt ils se retrouvèrent au bord d'un gouffre, Complètement anesthésié, Mustang resta planté à la pointe. Hawkeye était passée derrière lui. Soudain, elle le poussa. Le colonel fit une chute vertigineuse, et atterrit dans de l'eau.

« Mais ... c'est du sang ! » s'exclama-t-il.

Tout à coup il poussa un hurlement. Devant lui flottaient des morceaux de cadavres. Et fraîchement dépecés encore. Vive le bio ... Roy devait de sortir de là. Il y avait des bouts d'humains partout maintenant. Refoulant une nausée, il se mit à nager. Puis une voix sussurra :

« Rrrrroy ... pourquoi me fuis-tu ? »

Riza émerga soudain de cette mer de sang. Il la regarda, stupéfait. Elle se tenait au-dessus de lui. Et puis ... la vérité apparut. L'image de Riza se déforma pour laisser place à un cobra.

« TU ES A MOI ! » rugit la bête.

Mustang sentit des bras le saisir, et tenter le noyer. Les morts. Il sentait leur puanteur, entendait leurs râles. Une fois encore ce fut son cri qui le réveilla. La vraie Riza se tenait à ses côtés. Elle s'étonna de le voir reculer précipitamment, et qu'il la regarde avec une terreur sans nom dans les yeux.

« Colonel tout va bien. Vous avez fait un cauchemar. » dit-elle d'une voix apaisante.

Tout en reprenant son souffle, Roy commença à réaliser. Un cauchemar, ce n'était qu'un de ces maudits cauchemars. Ouuuuuf ! Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Le reste de l'équipe pensait qu'il avait besoin de vacances. Toutefois ce serait signer son arrêt de mort. Ici au Q.G, il y avait du monde pour tenir tête à Sâatha. Seul il était fichu. Alors qu'un silence méditatif et plein de compassion s'était installé, la porte s'ouvrit brutalement sur Maes.

« On vient de repérer Scar dans la septième avenue. » lança-t-il.

Ses yeux verts émeraude s'attardèrent sur son meilleur ami. Il remarqua l'apparence fatiguée, tendue par la peur du colonel. Il leva les yeux vers Riza, qui de par son propre regard lui assura que ça ne s'arrangeait pas. Néanmoins, le soldat de feu se leva, et suivit de son équipe se rendit au-dehors. Les voitures noires filèrent vers l'endroit indiqué par Maes. Ce dernier, après avoir constaté une fois de plus l'état de Roy, en vint à penser qu'une sortie comme celle-là lui ferait du bien.


Parce que Scar à côté de Sâatha, c'était un caniche à côté d'un pitt-bull. Et encore. Tiens en parlant du front croisé, si on allait voir ce qu'il trafiquait ? Notre ami Ishbal était en effet sur le point d'offrir un voyage tout frais payés à Au-delà World à un Achimiste d'Etat. En pension complète s'il vous plaît. Monsieur ne fait pas les choses à moitié voyez-vous. Sauf que là, allait survenir un léger contre-temps. Comme quoi, même Scar-airlines connaît les retards ...

« Tu tiens une de mes proies. » entendit Scar.

Il tourna la tête. Ses yeux s'écarquillèrent en découvrant son interlocutrice.

« Que ... tu as été libérée ? » lança l'Ishbal.

« D'après toi ? Oui je suis libre, depuis la guerre. Je reviens aujourd'hui chercher les âmes que l'on me doit. Et là tu en as une entre les doigts. » répondit Sâatha en désignant l'alchimiste du regard.

« Hors de question que je te le laisse, démon. »

« Alors je vais devoir te le prendre par la force. Mais dis donc, ton bras est tatoué. Et avec des symboles alchimiques encore. Voilà qui est intéressant. » sourit Sâatha.

« Ca ne te regarde pas. Pars d'ici, cette âme reviendra à Dieu. » répliqua Scar.

Ce qui ne manqua pas de faire éclater de rire le démon.

« Tu y crois encore, alors qu'Ishbala n'a rien fait pour vous sauver ? Moi j'ai agis, j'ai sauvé des vies. »

« Au prix de leurs âmes et de la paix. » rappela le Croisé ( ça change du balafré )

« Tout se paie. Il n'empêche qu'ils ont survécu en plus d'obtenir ce qu'ils souhaitaient. Mais puisque tu semble haïr les Alchimistes d'Etat, j'ai une idée. Nous pourrions nous associer. » proposa Sâatha.

« Tu t'imagine que je vais passer un pacte avec toi ? Je ne suis pas stupide à ce point. » fit Scar avec dédain.

« Et moi je ne suis pas idiote pour demander cela à un moine combattant. Mais crois-moi, tu as tout à gagner et rien à perdre. Je ne veux pas de ton âme. Car vu que tu as trahi l'enseignement d'Ishbala, elle m'est déjà acquise. Je mets mes pouvoirs à ton service, je suis capable de localiser les Alchimistes d'Etat, beaucoup d'entre eux ont pactisés avec moi. » continua le serpent.

Scar parut réfléchir. Comme Sâatha l'avait mentionné, au point où il en était il n'avait plus rien à perdre. Il savait qu'en utilisant l'alchimie il n'avait plus sa place dans le royaume divin. Tout ce qu'il souhaitait à présent, c'était venger son peuple. Et Sâatha lui proposait de réaliser cela avec plus de rapidité que d'habitude, sans contrepartie.

« C'est d'accord, j'accepte l'alliance. » finit-il par dire.

Le démon sourit d'un air satisfait. L'association promettait d'être fructeuse. Elle exigea en revanche de mordre le militaire avant qu'il ne le tue. Pour récupérer son âme. Scar accepta, avant d'exploser la malheureuse victime.

« Une de mes proies approche. » annonça la femme-serpent en essuyant sa bouche.


Effectivement, les militaires déboulèrent dans les instants qui suivirent. Quand le démon aperçut qui venait, elle sourit d'une manière carnassière à effrayer une hyène.

« Oh non ! » souffla Roy.

Sans plus attendre, Riza fit feu sur Sâatha. Cette dernière siffla, mais ne répliqua pas. En revanche, elle s'attela à protéger son nouvel associé des balles. Elle tendit les mains, et projeta une vague de sable. Un vrai brouillard. Puis elle s'élança. Des cris retentirent. Hawkeye tenta de retrouver Roy.

« Colonel ! »

« Je suis là ! Riza ! »

Pas facile de se repérer dans cette tempête de sable. La respiration était difficile également. Tout à coup, la blonde se retrouva face à Sâatha. Evidemment, le lieutenant lui tira dessus. Le démon d'Ishbal ne bougea pas, laissant les balles la perforer. Elle lui fonça dessus au bout d'un instant, et serra son cou. Riza eut un hoquet de surprise. Le serpent la regarda suffoquer, puis soudain la projeta sur le côté. Roy continuait de chercher sa subordonnée. Il la trouva enfin, allongée par terre.

« Riza ! » s'exclama-t-il en la prenant dans ses bras.

« Je n'ai rien, elle ne m'a rien fait. »

Autour d'eux la bagarre continuait. Mustang eut soudain peur pour Maes. Il décida d'aller le chercher aussi, sans quitter sa subordonée.

« Il faut trouver les autres ! » fit Riza.

Au même instant, le sable disparut. Ce fut pour dévoiler le carnage de Sâatha, et de Scar également.

« Roy, Hawkeye ! »

« Maes, content de te voir intact. » fit Roy en voyant son ami arriver.

Leur équipe semblait plus ou moins intacte, mais les autres soldats en revanche ... Les soldats se rassemblèrent. Tous étaient atterrés par cet échec.

« Scar et Sâatha ont disparus. Quelque chose me dit qu'ils se sont alliés ces deux-là. Et si c'est le cas, nos problèmes ne sont pas près d'être résolus. » annonça Maes.

« Je le crois aussi. » ajouta Roy

« J'ai demandé à Sciezka si elle avait déjà vu un livre sur la mythologie Ishbale. » reprit le brun à lunettes.

« Et ? » interrogea Mustang avec espoir.

« Elle est en train de chercher. Ca va prendre du temps, sachant qu'elle doit restituer des dossiers juridiques en plus. »

« D'accord, ça fait au moins une bonne nouvelle. »

Mustang demanda à Havoc de téléphoner pour évacuer les corps, et lui indiqua une cabine non loin. Le blond se sauva. Riza était songeuse. Elle se remémorait son face-à-face avec Sâatha. Si elle n'avait pas hésité à tuer les autres, pourquoi l'avait-elle laissée en vie, sans une seule égratignure ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Riza ne l'apprendrait que bien plus tard.


De leur côté, Scar allait pouvoir apprécier l'alliance avec Sâatha. Le démon dénichait ses proies avec une facilité déconcertante. L'accord entre eux était le suivant : elle traquait et mordait les victimes, avant de lui permettre de les tuer. L'Ishbal accomplissait ainsi sa mission plus rapidement qu'il ne l'avait jamais espéré. Sâatha ne lui demandait rien, à vrai dire ils ne se parlaient presque pas. Seul leur objectif commun les intéressaient. Comme on s'en doute, cela ne manqua pas de jeter la panique chez les bleus.

Roy se sentait envahi par une culpabilité plus rongeant que de l'acide chlorhydrique. C'était de sa faute si Sâatha était là, si elle attaquait les soldats et s'était alliée à un grand tueur en série. Une fois de plus, le colonel avait des morts sur la conscience. Une part de lui avait pourtant ardemment espéré que ce ne serait plus le cas après Ishbal. Toute sa vie était axée sur cet objectif : plus de morts inutiles. Or voilà qu'il remettait ça. Il maudit pour la énième fois le jour où il avait conclu un pacte avec le démon d'Ishbal.

« Vite Sciezka ... trouve comment rompre un pacte ou il y aura toujours plus de morts. » se répéta-t-il.

Le colonel se retenait à grand peine d'aller voir toutes les cinq minutes où en était la jeune fille. Il savait qu'elle faisait tout son possible. Il fallait attendre, si dur que ce soit. Mustang se rongeait les sangs en silence, tentant de ne pas paraître trop affolé. Même s'il y avait de quoi. C'est pas tous les jours qu'on vends son âme.

Le généralissime pour sa part, sut qu'il était temps d'aller se promener dans les souterrains de Central. Auparavant, il pria Sloth d'avertir leur maître. Sachant que le chef du pays ne la dérangeait pas pour rien, Dante annonça qu'elle venait aussitôt. L'alchimiste quadri centenaire ( ça se dit ça ?) emprunta discrètement le chemin menant à une vieille église de l'ère crétine, pardon chrétienne. Malgré les vitraux cassés, l'intérieur était relativement intact. Dante ne perdit pas de temps à admirer de ce vestige d'une époque révolue.

Elle avança d'un pas sûr vers le fonds de l'église. Là, elle actionna un système d'ouverture par alchimie. Une porte dans l'autel coulissa, et l'alchimiste entra. Un long escalier s'enfonçait dans le sol. Attention aux marches grand-mère ... c'est qu'à cet âge-là ça n'a plus toute sa tête. Sans parler que ça se croit encore capable de circuler sans déambulateur. Enfin ... Dante arriva à la sortie, sur une espèce de falaise surplombant une cité engloutie.

Là encore Toûtank-roût ne s'attarda pas. Connaissant le chemin par coeur, elle s'orientait parfaitement dans ce fouillis de maisons et d'immeubles, tous de travers. Après près d'une demi-heure de marche, les kilomètres ça use ça use, Dante arriva à l'endroit où elle et Bradley avaient coutume de se rencontrer. Oeil-de-lynx était déjà sur place. Il adressa un signe de tête à son grand manitou. Le pow-wow pouvait à présent commencer. Non attendez. Où est passé le calumet encore ?

« Quelles nouvelles Pride ? » lança Dante.

« Mauvaises. Nos Alchimistes d'Etat se font décimer à une vitesse alarmante. Rien que ces deux semaines, quinze sont décédés. » annonça King.

Dante fronça les sourcils. Ce n'était guère réjouissant pour eux. L'alchimiste reprit bien vite un visage neutre.

« Raconte-moi tout. »