Voilà enfin la suite, et merci à ceux qui suivent. Bravo à PoseidonDemon pour sa clairvoyance ... Sâatha va encore briser des vies, mais Roy entrevoit enfin une solution.
Bonne lecture !!
Dante était furieuse. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas été autant en colère. Lust et Gluttony en avaient fait les frais, et tout deux avaient essuyé une punition exemplaire. L'alchimiste tournait en ronds dans un salon, sous le regard d'Envy et Pride. Dante s'était sentie humiliée par le discours de Sâatha, sans parler de son impuissance face au démon.
« Il doit bien exister un moyen de détruire ce démon ! » dit soudain Dante.
« Elle est Ishbale non ? On a qu'à en capturer un et l'interroger. » suggéra Envy.
Son maître s'arrêta, et considéra l'idée. Après tout l'homonculus de son fils n'avait pas tort. Si quelqu'un connaissait ce démon, c'était bien les Ishbals. L'alchimiste sourit, satisfaite de savoir comment anéantir son nouvel adversaire.
« Bien Envy, je te charge de me ramener un de ces pathétiques humain aux yeux rouges. »
Le concerné sourit : enfin quelque chose d'intéressant à faire. Il prit aussitôt l'apparence d'un habitant de cette contrée, et quitta la ville souterraine.
« Quant à toi Pride, tâche de savoir qui parmi tes militaires ce serpent était-il venu chercher. » reprit Dante.
Le généralissime s'inclina, et quitta lui aussi l'endroit. Son maître décida d'aller se calmer en relisant un traité d'alchimie.
Pendant ce temps-là, Roy effectuait toujours des recherches sur Sâatha. D'après Sciezka, il existait un ouvrage traitant de la mythologie Ishbale, dans une librairie spécialisé dans les livres anciens. Il lui fallait donc se rendre dans ce lieu. L'endroit en question respirait l'ancienneté, depuis le parquet foncé jusqu'aux cadres sombres. Il y régnait en plus un silence un peu oppressant, seulement rompu par le tintement de la clochette à l'entrée.
Derrière un comptoir de caisse, une dame à l'air acariâtre, et à côté portant une pile de livres, ce qui devait être sa fille. Mustang salua les deux avec le sourire. En le découvrant, la jeune fille en laissa tomber tous ses livres. Roy demanda où se trouvait le rayon traitant des mythologies.
« Eh bien, tu as perdu ta langue ? » fit la dame au comptoir, en se tournant vers sa fille, muette comme une carpe.
J'ajouterais qu'en plus d'être aussi silencieuse que ce poisson, elle en avait l'allure avec la bouche et les yeux grands ouverts. Comme ça : OoO.
« Au … fonds à droite Monsieur Mustang. » fit la concernée, le rouge aux joues.
« Merci bien. » reprit le brun, avec un sourire royesque.
Il s'y rendit donc, cherchant du regard l'ouvrage qui l'intéressait. Il tapota du doigt les tranches des livres.
« Mythologie Xinienne … Aruegolaise … Ah ! Contes et Légendes Ishbales. Qui aurait cru que je me plongerais un jour dan ce genre de lecture. » dit-il en retirant un livre la couverture en cuir rouge.
Il tourna les pages, lut quelques contes qui le firent sourire. De l'autre côté, à travers l'espace laissé par des livres sur une étagère, une paire d'yeux rouges l'observait.
« Nous y voilà : Le démon d'Ishbal, Sâatha la femme cobra. » dit-il à voix haute.
Les yeux derrière lui se plissèrent.
« Femme serpent connue pour passer des pactes avec les mortels et leur voler leur âme. Sâatha a été le premier habitant d'Ishbal à trahir la Voie de la Déesse en pratiquant l'alchimie à des fins destructrices. Cette ancienne prêtresse aurait ainsi asservi toute la contrée d'Ishbal, une partie du pays d'Amestris ainsi qu'une province du royaume de Xerxès. Avec son pouvoir elle prétendait égaler les dieux, et imposa le culte d'Ishbala comme étant la déesse de l'alchimie. » lut Roy.
L'histoire raconte ensuite que Sâatha transmutait des personnes vivantes en guise d'offrande. Lassée de ces pratiques insultantes, Ishbala décida de la punir en la privant de son âme, et l'expédia vivante aux enfers. Elle y devint le démon que l'on connaît, charmant les mortels en exauçant leur souhait le plus cher en échange de leur âme.
« Bon voilà pour la petite histoire. Moi ce que je veux savoir, c'est comment on annule un pacte. » reprit le colonel.
Les yeux rouges derrière s'écarquillèrent un bref instant, avant de disparaître. Roy crut sentir un regard, et se retourna vivement, une main aux doigts prêts à embraser les lieux. Personne. Il passa nerveusement sa main sur sa hanche, à l'endroit du Junitsu. Puis il referma le livre, et revint vers la caisse. Une fois le livre payé, le militaire rentra chez lui. Installé dans un fauteuil confortable, Roy reprit sa lecture.
« Sâatha et Ishbala s'affrontèrent dans le désert. Le démon usa de toute la puissance de son alchimie d'alors. Le désert connut une agitation comme il n'y en avait jamais eu. Après trois jours de lutte acharnée, Ishbala utilisa son bracelet sacré pour aspirer l'âme de Sâatha, et pour ouvrir les Portes de l'Enfer. »
Roy tourna deux pages, et arriva à un nouveau chapitre : Le clan Sauren, les Guerriers d'Ishbala. Mustang apprit qu'après être devenue un démon, Sâatha serait revenue sur terre. Elle se serait ainsi attaquée au peuple Ishbal de la manière que l'on sait. Ishbala aurait alors chargé un groupe de ses moines de la combattre, et de l'enfermer à nouveau. Pour ce faire, elle leur offrit le bracelet qui avait prit l'âme du démon.
Mustang trouvait que ça devenait intéressant. Le bracelet était peut-être la solution qu'il cherchait.
« Le clan Sauren fait partie de l'élite Ishbale de par leur fonction sacrée, conférée par la déesse en personne. A l'heure où nous imprimons, ce clan existerait toujours. Question : il était quelle heure au moment de l'impression ? »
Oh, ça a dû se faire avant l'apéro. Plus prosaïquement, Roy cherchait l'année où l'ouvrage avait été imprimé. Il la trouva tout à la fin, comme souvent.
« Ouais. C'était il y a un siècle. Bon, ce clan a très bien pu survivre longtemps après, mais avec la guerre j'ai peur qu'il ne reste plus grand monde. » dit-il.
Enfin, il avait un début de piste, ce qui n'était pas si mal. S'il trouvait ce clan, et qu'il leur expliquait que Sâatha l'avait marqué, peut-être accepteraient-ils de l'aider. Roy arrêta là ses investigations. En retournant au bureau le lendemain, il interrogerait Maes sur les coins où les Ishbals s'étaient établis. Le gouvernement les recensait de temps à autre. Un peu plus rassuré maintenant qu'il avait une solution, il entreprit de préparer son dîner.
Le jour suivant il se rendit au Q.G. Naturellement, Miss Gâchette d'Or 1914 était déjà là. Elle leva ses yeux chocolat vers son supérieur. Il était toujours en vie, elle en soupira intérieurement de soulagement. Riza remarqua également un léger changement dans son humeur.
« Vous avez l'air d'aller mieux. » dit-elle après un salut réglementaire.
« Oui. J'ai trouvé ce qui me permettrait d'échapper à Sâatha. »
Riza laissa paraître son espoir.
« Il faut que je trouve un clan d'Ishbal qui aurait déjà combattu ce démon et enfermé. S'ils apprennent qu'elle est de retour, ils pourront sûrement m'aider à rompre le pacte. » raconta-t-il.
Le lieutenant cligna des yeux. Des Ishbals … leurs grands amis les Ishbals.
« Mais … vous savez que vous n'êtes pas vraiment populaire auprès d'eux. A mon avis, ils préfèreront de loin vous livrer à Sâatha plutôt que vous en débarrasser. » souligna-t-elle.
« J'en suis conscient. Mais je dois essayer. »
« Au fait, quel est l'objet ce pacte ? Peut-être que nous pouvons le reprendre. »
Roy se crispa imperceptiblement.
« Non. Ce n'est pas le genre de chose qui se récupère. »
Riza chercha autre chose. Si les Ishbals refusaient d'aider son supérieur, tout serait fichu. Leur autre option résidait sûrement dans le contenu du pacte. Il fallait envisager une porte de sortie, aussi insista-t-elle pour connaître l'objet de l'entente passée avec le démon.
« Inutile de me harceler lieutenant. Sâatha n'a pas l'air du genre à accepter les compromis. Je vous laisse, je dois aller voir Hughes. »
Hawkeye ouvrit la bouche pour protester, mais son colonel était déjà parti. Elle échappa un soupir d'exaspération. Comment voulait-il s'en sortir s'il refusait de livrer des informations capitales ? La jeune femme n'eut plus qu'à attendre.
Roy arpentait les couloirs rapidement. Il arriva à au département où travaillait son meilleur ami. Maes se montra aussi soulagée que Riza en le voyant arriver.
« Je constate qu'elle n'a toujours pas réussi à t'avoir. » dit-il en le saluant.
« Non, mais moi j'ai de quoi m'en libérer. » annonça Roy avec un coin dans le sourire.
Maes était toute ouïe. Cependant, son visage s'assombrit quand il entendit l'idée. Ils n'avaient pas le choix, aussi le brun aux yeux verts accepta-t-il de faire les recherches. Roy le remercia. Hughes ne posa pas d'autres questions.
« Tout de même, qu'est-ce qui a bien pu le pousser à vendre son âme ? » s'interrogea le lieutenant colonel en regardant Mustang s'en aller.
Riza leva les yeux quand Roy entra. Le reste de l'équipe était arrivé entre-temps. Le brun ténébreux se dirigea vers son bureau.
« Ce n'est pas aujourd'hui que le FullMetal doit rentrer ? » questionna-t-il.
« Si. » fit Havoc.
Roy sourit. Voilà l'occasion de le détendre à coup sûr. Crois-tu ?
Allons justement voir où en sont les frères Elric. Ces derniers avaient hélas fait une bien mauvaise rencontre : Scar. Pour une fois qu'il ne se trouvait pas en compagnie de Sâatha, l'homme n'arrêtait pas pour autant sa traque. Les frères se retrouvaient donc une nouvelle fois à lutter contre lui. Edward prenait garde à ce que l'Ishbal ne touche pas son bras. Il savait ce qui arriverait autrement. Alors que le jeune adolescent se trouva soudain coincé contre un mur, Scar lança son bras droit. Par réflexe, Ed leva son bras métallique.
« Tant pis pour l'automail. Lui il est remplaçable. » se dit-il.
Bon d'accord, il se ferait fracasser la tête en plus mais enfin … il serait en vie. C'est alors qu'Alphonse, voyant que son aîné risquait le supplice la clé à molette si jamais il arrivait malheur à son bras métallique, vint en renfort. Il enroula ses bras autour de Scar, coinçant ceux de l'Ishbal. Celui-ci malgré l'étreinte de fer, parvint à placer sa main destructrice sur la cuisse de l'armure. Le pauvre Alphonse explosa.
Ed hurla. C'était pire que la dernière fois : plus de la moitié de son corps vola en éclats. Il ne resta que la tête et le plastron. Le FullMetal transmuta sa célèbre lame et se précipita sur Scar. Il esquiva, mais Ed faisant volte-face plus rapidement qu'il ne l'aurait cru, lui érafla le bras, endommageant le tatouage. Enragé, le jeune alchimiste atteignit son ennemi à divers endroits, créant plusieurs coupures profondes. Le FullMetal disait toujours qu'il ne tuait personne, pourtant là …
C'était bien une envie de meurtre qui coulait dans ses veines tel un torrent. Scar s'aperçut que les coupures occasionnées sur son bras tatoué l'empêchaient de se servir de son alchimie. Mieux valait battre en retraite, surtout que le petit pouvait le tuer à présent. Avisant une gouttière, l'Ishbal y grimpa agilement et se sauva par les toits. Ed poussa un hurlement de rage. Puis se rappelant que son petit frère avait besoin d'aide, il revint précipitamment vers lui.
« AL ! Comment tu te sens ? » demanda-t-il.
« Proche de la terre … mais … je ressens quelque chose de bizarre. Comme si j'allais m'évanouir.» répondit l'armure.
Pris de panique, le FullMetal retira le casque. Il sentit des sueurs froides. Le sceau … il avait une petite entaille. C'était ça la sensation d'évanouissement, Alphonse risquait de mourir !
« Ed … » geignit l'armure.
« Ca va aller Al, je vais arranger ça. »
« Vous avez besoin d'aide ? » fit une voix féminine.
Edward leva la tête, pour découvrir une femme brune avec une coiffe en forme de serpent. Elle avait les yeux rouges.
« Euh … oui, si vous pouviez ramasser tous les bouts de fer que vous trouvez. » répondit le blond.
« Hmmm ! » gémit Al.
Ed eut un sursaut de panique. Le sceau était endommagé. Il lui fallait réparer cette entaille au plus vite. Mais comment faire ? S'il touchait le sceau, Al risquait de ne pas supporter la transmutation. La femme Ishbale approcha et s'accroupit.
« Une âme scellée à une armure. Intéressant. Mais il n'en a plus pour longtemps. » déclara-t-elle.
« Si si, je vais le réparer. » fit Ed en approchant les mains.
« J'en doute, si tu touche à son sceau il mourra. Néanmoins, je peux arranger ça facilement. »
Edward fronça les sourcils, et tourna la tête.
« Comment ça ? »
« Pour que ton ami se retrouve dans cet état, c'est qu'il s'est passé quelque chose de grave. Qui lui a coûté son corps. Et là il va mourir. Je peux éviter ça, je peux lui rendre ce qu'il a perdu. » fit la femme en plantant ses yeux rouges dans ceux dorés d'Edward.
« Les Ishbals ont l'alchimie en horreur. Je ne vois pas comment vous pouvez lui rendre son corps. » répliqua le FullMetal.
Elle tendit alors une main, dans laquelle apparut une petite boule de feu.
« Tu ignore beaucoup de choses sur mon peuple. Nous vénérons une déesse qui a conféré à de rares élus certains pouvoirs. Je suis de ceux-là. Mais si tu préfères que ton ami meure, c'est toi qui vois. »
« Et … que voulez-vous en échange ? » questionna Ed.
Il était méfiant. Cependant il ne pouvait se défaire de ce regard à l'éclat hypnotique. Et cette voix … suave comme du miel …
« Ta propre âme. En échange du corps de ton frère et de tes membres. Je ne te la prendrais pas tout de suite rassure-toi. »
« Mon … mon âme ? »
« Oui. Pour le plus ardent désir, il y a un coût qu'il faudra bien payer un jour. Refuse et ton ami mourra, accepte et vous vivrez en ayant tout retrouvé. »
Edward vit alors plusieurs images défiler : il se voyait dans son village en compagnie de son frère et de Winry, mamie Pinako, il voyait son bras et sa jambe revenus. Il courait dans les étendues d'herbe verte, enfin débarrassé du poids de ses prothèses. Et Al qui riait … Un sentiment de grand bonheur l'envahit.
« Voilà ce qui se passera si tu accepte. Signe un pacte avec moi, et tu vivras heureux. » fit la voix de la femme, hypnotique au possible.
« Que dois-je faire ? » demanda Edward, qui paraissait revenir de sa rêverie.
« Signe là. » répondit Sâatha, en montrant un parchemin.
Elle lui tendit une plume.
« Nii-san … ne fais pas ça … ne … vends pas ... » articula Al.
« Si je ne le fais pas tu mourras. Et comme ça, on sera débarrassés des homonculus en prime. »
Edward apposa sa signature en bas du parchemin, stipulant qu'il acceptait le marché du démon et son prix. Le pacte fut enroulé et disparut avec la plume. Sâatha posa une main sur l'armure, et attrapa le bras mécanique d'Edward. Une intense lueur rouge illumina l'endroit.
Quelques instants plus tard, on toqua à la porte du bureau du colonel Mustang. Quand elle s'ouvrit, ce fut pour laisser passer Edward.
« Tiens ! Bonjour mon petit Full … » lança Roy.
Il s'interrompit en voyant un jeune garçon qui lui ressemblait beaucoup suivre Edward. Le blond posa une lettre sur le bureau du colonel.
« Ma démission. Comme vous voyez nous retrouvé nos corps. Aussi je quitte l'armée. » annonça Edward.
Il avait une expression de joie que Roy ne lui avait jamais vue.
« Vous avez trouvé la Pierre Philosophale alors ! » fit Breda.
« On peut dire ça ! » répondit le blondinet avec un grand sourire.
« Avant de partir, vous prendrez bien un dernier café avec nous ? » proposa Fuery.
Les frères acceptèrent. Chacun une tasse en main, les militaires posaient des questions à Alphonse. Ce dernier ne se rappelait pas très bien ce qui s'était passé au moment de la transmutation. En revanche il ne cachait pas son bonheur. Edward était sur une chaise à côté. Il posa sa tasse sur un bureau, tendit les jambes et croisa les mains derrière la tête.
Roy qui s'approchait pour le féliciter, laissa soudain tomber sa tasse. Le bruit fit sursauter tout le monde. Le colonel semblait bien pâle tout à coup. Ses orbes couleur nuit croisèrent celles de miel de son ex-subordonné, qui le regardait avec un air interrogateur.
« FullMetal … pourrais-tu … venir avec moi un instant ? » demanda Roy en essayant de reprendre contenance.
« ???? »
« Viens s'il te plaît, j'ai à te parler. » insista le brun.
Edward se leva et le suivit, curieux. Les autres se regardèrent, puis haussèrent les épaules. Roy fit entrer Edward dans une pièce déserte. Il ferma la porte, puis se dirigea vers le jeune. Là il releva un côté de son haut et baissa la ceinture.
« Mais qu'est-ce que vous faites enfin ?! » s'exclama Edward en se débattant.
« Tu l'as vue … tu as passé un pacte avec Sâatha … » répondit Mustang.
Le visage du blond se ferma.
« Comment vous le savez ? »demanda-t-il froidement.
« Parce que moi aussi j'ai un Junitsu. » répondit le colonel.
Il lui montra son propre tatouage.
« Tiens c'est bizarre le vôtre est rouge. » constata l'adolescent.
« Parce qu'il est l'heure pour moi de régler ma dette. » répondit sèchement le colonel.
Ed déglutit. Il savait ce que ça voulait dire. Sâatha avait été très claire sur le prix à payer.
