Reviews : Merci à toutes pour vos commentaires !

§§§

Chapitre XXIII

§§§

RM – Un labyrinthe.

JS – Un… labyrinthe…

John soupira et, sourcils levés, se retourna face à Rodney.

RM – Oui. Désolé.

JS – Hé merde.

Ils se fixèrent en silence quelques secondes.

JS – Bon, on fait quoi ?

RM – Ce labyrinthe est trop grand pour que l'on puisse le voir en entier sur le détecteur, et il n'y était fait mention nulle part dans les données des consoles de commande, donc on n'a pas de plan.

JS – Mais on a vraiment besoin de cette source d'énergie, hein ?

RM – Hé oui.

JS - Bon, très bien. Voilà ce que je propose : on pose une main sur un mur, et on le suit, quoi qu'il arrive.

RM – Ça me semble être une bonne idée.

John posa sa main gauche sur le mur froid et Rodney en fit de même. Ils avancèrent ainsi un long moment. Il faisait froid dans ce dédale et ils s'arrêtaient de temps en temps pour se réchauffer les mains. Au bout de plusieurs heures, ils étaient frigorifiés.

RM – Dites, John, est-ce qu'on peut faire une pause ?

Le militaire fut surpris par l'emploi de son prénom. Son scientifique devait être fatigué, pensa-t-il.

JS – D'accord, Rodney. On va s'asseoir et manger un peu, ça va nous faire du bien.

Rodney s'adossa à la paroi et se laissa glisser à terre. John s'assit juste à côté de lui. Ils n'avaient pas emmenés tout leur paquetage dans le temple, aussi n'avaient-ils que des barres énergétiques dans les poches de leurs gilets. Ils se limitèrent chacun à une, ne sachant combien de temps encore ils allaient rester dans le labyrinthe. Quand Rodney eut fini la sienne, il vint se blottir contre l'épaule de John qui, malgré sa surprise, l'entoura de ses bras. Ils se laissèrent ainsi réchauffer pas le corps de l'autre durant quelques minutes. John finit par rompre le silence qui s'était installé.

JS – Je suis désolé.

Rodney se redressa légèrement pour voir John dans les yeux, mais celui-ci évita son regard.

JS – J'aurais dû mettre les choses au point avant.

RM – John…

JS – Non, laissez-moi parler, s'il vous plait...

Rodney se remit contre l'épaule de John.

RM – D'accord.

JS – J'aurais dû vous dire clairement comment ça allait se passer, et vous laisser décider si vous vouliez de cette vie, avant que ça aille trop loin. Si vous décidez de continuer, on va devoir se cacher sans cesse, et je sais que certaines personnes ne voudraient jamais vivre de cette façon. Mais, pour être tout à fait franc, si j'ai accepté si vite qu'on passe à l'acte, c'est parce que ça fait un moment que je pense à vous autrement qu'en ami. J'avais envie de passer un tel moment avec depuis un certain temps. Alors j'espère sincèrement que vous allez me pardonner mon égarement, et me laisser une seconde chance. Et même si vous ne voulez plus que l'on soit amants, j'espère que vous accepterez que l'on reste des amis aussi proches que maintenant. Voilà.

Un ange passa.

RM – Vous dites que… vous me… désiriez ?

JS – Oui. Vous avez l'air de ne pas y croire…

RM – Peut-être parce qu'il n'y a absolument rien de désirable chez moi !

JS – Ne dites pas ça…

RM – Si, je le dis ! Je suis moche, j'ai un sale caractère, je suis un trouillard…

JS – Rodney…

RM – Qu'est-ce qu'un héros digne d'un grand film hollywoodien comme vous pourrait bien désirer chez un type comme moi ?

JS – Bon, tu vas me laisser te répondre, oui ?

RM - … Oui…

JS – Bon, alors… Déjà, tu n'es pas moche ! Tu as la peau pâle et douce, comme celle d'un bébé, qu'on a envie de caresser, tu as de beaux yeux, de la couleur d'un ciel d'orage, ce qui est rare, tu as des mains de pianiste, aux longs doigts fins, qui semblent toujours vivantes…

RM – Tout ça ?

JS – Oui, tout ça ! Quant à ton caractère, hé bien… Primo, tu n'es pas un trouillard. Tu as déjà risqué ta vie, ou vaincu une phobie, par le passé, pour sauver des vies, et notamment la mienne¹. Secundo, il est vrai que tu es colérique, râleur et condescendant, mais on a tous nos défauts. Tertio, tu es sincère, honnête, loyal et droit, et ça ce sont de grandes qualités.

RM – Je n'aurais jamais cru qu'on pouvait dire tant de bien de moi…

JS – Je parie que le gars avec qui tu as été ne t'a jamais dépeint un tel portrait !

RM – On pourrait éviter de parler de lui ?

JS – Pardon…

RM – Pas de mal…

L'ange repassa.

RM – On ferait bien d'y aller, sinon on va s'endormir et se transformer en statues de glace !

Ils se relevèrent et reposèrent leurs mains sur le mur de gauche.

JS – Je me demande pourquoi il fait de plus en plus froid.

RM – J'ai pensé à une sorte de système de refroidissement pour la génératrice, mais j'espère que ce n'est pas ça…

JS – Pourquoi ?

RM – Parce que, si ça l'est, il sera inutile de tenter de la ramener sur Atlantis, puisque nous n'aurons pas de quoi la refroidir une fois mise en marche.

JS – Et si c'est le cas, on se sera fait cet agréable dédale de couloirs et de virages dans une atmosphère glaciale pour rien…

RM – Mouais…

JS – Bon, on continue ?

RM – On continue !

Ils reprirent leur progression en marchant plus rapidement, autant pour sortir plus vite que pour lutter contre le froid.

§§§

À Suivre…

§§§

NdlA :

¹ Entre autres : « 1.12 Duel / The Defiant One », où Rodney affronte un Wraith avec un Beretta, et « 2.09 L'Aurore / Aurora », où Rodney fait abstraction de sa claustrophobie pour aller dans le caisson.