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Chapitre XLIII
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McKay vérifia que la génératrice était intacte puis rangea correctement leurs paquetages qui avaient été faits à la va-vite par leurs hôtes. Sheppard et lui allèrent ensuite les saluer avant de partir. Anahide leur donna ses dernières recommandations et Massine les accompagna jusqu'à la sortie du village. Les deux Atlantes prirent côte à côte la route vers le village des Markabs.
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Une fois que le village algenib ne fut plus du tout à portée de vue, Rodney lâcha la poignée du diable et s'arrêta. Il se laissa tomber plus qu'il ne s'assit, enleva d'un geste presque rageur son paquetage de son dos, et se prit la tête dans les mains. Tout cela sous le regard à la fois surpris et inquiet de John. Celui-ci s'agenouilla juste devant le scientifique et, après avoir enlevé son paquetage, s'assit sur ses pieds, les mains sur les genoux. Il se racla la gorge.
JS – Rodney ?
RM – Laissez-moi tranquille une minute…
Sa voix était lasse. John lui laissa cinq bonnes minutes de silence avant que son inquiétude ne lui fasse reprendre la parole.
JS – Rodney ?
Le Canadien laissa retomber ses mains et plongea son regard dans celui du militaire. Ce dernier fut déstabilisé par le désespoir qu'il put y lire.
RM – Mon cauchemar… C'est un souvenir, un très mauvais souvenir… C'est arrivé à quelqu'un d'autre, mais c'est vous que je vois dans mon rêve… Et ça me fait peur, vraiment très peur…
JS – Rodney, si vous gardez ça au fond de vous, cela risque de vous ronger.
RM – Oui, je sais bien, mais…
JS – Rodney, s'il vous plait. Je déteste vous voir comme ça !
Rodney soupira. Il resta silencieux un instant. Finalement, il se décida. Il commença son récit d'une voix sourde, le regard dans le vague.
RM – D'accord. Ça s'est passé il y a cinq ans. J'étais avec un garçon, Jim. Il était génial. Lui aussi avait eu des expériences désastreuses avec des salauds qui avaient profité de sa naïveté, donc on se comprenait. On s'entendait vraiment bien et on adorait être ensemble, ne serait-ce que pour une petite sortie au restau ou au ciné. Un soir, on…
Un nœud se forma dans sa gorge. Il se força à déglutir pour pouvoir continuer.
RM – Un soir, on était dans son appart, et on a voulu se commander à manger au petit traiteur du coin, mais le patron a dit que la mobylette de son livreur était en panne. Comme ce n'était pas loin et qu'il faisait bon, j'ai proposé d'y aller, puisque c'était à mon tour de payer. Je ne suis pas sorti longtemps, mais quand je suis revenu…
Sa voix se brisa. Il secoua la tête et respira un bon coup. Il reprit d'une voix emplie de chagrin.
RM – Je ne sais pas… Il a dû croire que c'était moi, et il leur a ouvert. Je les ai fait fuir en arrivant. J'ai tout de suite appelé les secours, mais…
Cette fois, les larmes coulèrent. John le prit dans ses bras et Rodney se laissa aller dans son étreinte. Il posa sa tête sur l'épaule du militaire et se mit à sangloter doucement.
RM – Jimmy était… étendu… sur le tapis… à côté du divan… face contre terre… Son dos… était plein… de traces de coups… de lacérations… et de brûlures… Quand je l'ai… retourné… il avait… les lettres PD… marquées… sur son front… L'ambulance… est arrivée… trop tard… Et ensuite… il y a eu… la police… Mais…
Rodney se redressa légèrement. Les sanglots se muèrent en larmes de rage et son ton se fit amer.
RM – Mais c'était des gamins de riches qui avaient fait ça… et nous, même si on avait été discrets, on était catalogués comme marginaux… Alors j'ai failli aller en taule, mais eux ils s'en sont bien sortis ! Alors que Jim, mon Jimmy… Alors que ce sont eux qui l'ont tué ! C'est pas juste ! C'est… pas… juste…
Ses larmes redoublèrent et John le serra à nouveau contre lui. Le militaire lui murmura à l'oreille.
JS – Et c'est moi que vous voyez dans cet état dans votre cauchemar.
C'était plus une affirmation qu'une question et Rodney n'eut pas besoin de répondre.
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À Suivre…
