Chapitre 01 - Nouvelle Version

Date : 27 février 2007


Domaine de Lallybroch, Ecosse, quinze jour plus tard

Je me nomme Brianna Gayle Sorcha Graham MacKenzie, mais tout le monde m'appelle Bree.
Je suis fille des montagnes brumeuses et secrètes des Highlands d'Ecosse.
Je viens d'avoir 20 ans et depuis le décès de mon grand-père, je suis la dernière descendante d'une longue lignée de fiers et féroces Highlanders ; le clan des MacKensie.

Je reviens tout juste d'un voyage à Dùn Eideann , où j'ai du faire face à une montagne de tracasseries administratives ; héritière, ce n'est pas un job facile…

Bref, j'avais bien besoin de cette balade sur la lande !

Vêtue d'une tenue indigne de mon rang selon mon intendante (bottes crasseuses, vieux jeans et vieux pull noir), je pris le chemin de la colline aux fées, tandis que Fergus, mon chien, gambadait à mes côtés.

D'habitude, je n'amène pas Fergus avec moi, il se fait vieux et je ne veux pas le fatiguer. Mais Eilidh avait insisté : soit je prenais Fergus et une carabine avec moi, soit elle me cloîtrait de force dans sa cuisine. Autant vous dire que j'ai choisi la solution de facilité car affronter Eilidh quand elle est dans cet état, c'est de l'inconscience pure.

Il se trouve que les nouvelles en provenance du reste du monde faisait frissonner même nos plus valeureux Highlanders et que leurs enfants devaient subir une attention dont ils n'avaient pas l'habitude. En effet, un groupe non identifié s'en prenait aux jeunes, garçons et filles confondus, d'une vingtaine d'années et ce uniquement dans des coins paumés comme chez nous.

J'entamais enfin l'ascension de la colline aux fées, au somment de laquelle se trouve un très ancien cromlech, Fergus peinant derrière, ma fidèle carabine à la main et un sac de provisions sur le dos.

La journée s'annonçait magnifique…

Château de Poudlard, même époque


"Je crois que nous en avons trouvé une autre Albus !"

La voix joyeuse de Remus Lupin résonna dans le bureau du Directeur de Poudlard, qui se tourna alors vers la cheminée, où flambait un feu d'un magnifique vert émeraude.

"Formidable ! Où ça ?"
Ses yeux bleus pétillaient de bonne humeur quand le vénérable directeur s'agenouilla devant l'âtre pour faire face au jeune sorcier.

"En Ecosse, c'est une jeune femme." répondit-il en lui tendant un épais dossier à la couverture blanche et dorée.

"Hé bien, qu'attendez-vous pour nous la ramener !?" questionna le sorcier d'une voix enjouée.

Et, tandis que le jeune sorcier disparaissait, Albus Dumbledore s'assit à son bureau pour consulter le dossier concernant Brianna Gayle Sorcha Graham MacKenzie.

Landes brumeuses, Ecosse, une heure plus tard

Etendue sur une grosse pierre, je savoure la caresse légère d'un timide soleil. Fergus s'est endormi à mes pieds, après que nous ayons partagés mon casse-croûte.

Je me retourne sur un coude pour profiter de la vue sur mes chères montagnes quand un élément incongrue dans le paysage me fit froncer les sourcils.

Qu'est-ce que cette vieille botte puante fait ici ? grogna ma petite voix. Ha, je ne vous ait pas dit ; j'ai la chance d'être l'heureuse propriétaire d'une petite voix particulièrement agaçante et particulièrement douée pour mettre le doigt sur les choses que je n'oserais pas dire à voix haute.

Bref, j'adore la nature et je déteste qu'on la souille en y laissant traîner des cochonneries. D'un bond souple, je me remets debout, bien décidée à supprimer cette horreur du paysage.

Au moment où j'attrape la vieille botte, alors que je distingue, à l'orée de mon champ de vision, Fergus qui se propulse vers moi en aboyant comme un fou, une sensation insolite et désagréable m'envahit. J'ai l'impression que mon corps est aspiré par le nombril, comme un soda avec une paille. Ne manque que le bruit.

Mais qu'est ce qui se passe ?! beugle une voix hystérique dans ma tête.

Alors que je me dis que je vais mourir bêtement, victime d'une insolite tragédie, j'entends hurler. Un hurlement tellement plein d'angoisse, tellement sonore que les oiseaux s'envolent tous d'un même mouvement paniqué. Ma vision s'obscurcit, il fait de plus en plus sombre.

"Bree !!! Non !!!"

A peine ais-je le temps de réaliser qu'il s'agit de la voix de Calum, mon métayer et accessoirement époux d'Eilidh, de voir au loin son visage crispé par la peur, sa main tendue vers moi, que je me retrouve à plat ventre sur le sol, couvert d'un épais tapis, complètement sonnée.

Château de Poudlard, Bureau d'Albus Dumbledore

Péniblement, je m'appuie sur mes coudes, ouvre les yeux, relève la tête et, sans plus de cérémonie, m'évanouis.

Ce que mes yeux ont vu, ma raison refuse de le croire…

Car j'ai atterrit dans un bureau, un bureau à l'étrange décoration, et devant moi, un vieil homme, vêtu de bleu et d'argent, à la longue barbe blanche, me souriant, comme s'il m'attendait.

Alors qu'on me tapote doucement la main, j'ouvre les yeux, pour les refermer aussitôt.

Oh. Merde.

Confortablement installée dans un profond fauteuil, je me dis que je suis devenue folle.

Oui, ça ne peut être que ça. Trop de tension, trop de tristesse.

Prudemment, j'ouvre mon œil droit, pour plonger tout de suite dans le regard affectueux du vieil homme. Aurais-je perçu une lueur d'amusement ?

Alors que je m'apprête à ouvrir la bouche, pour demander, non, exiger une explication, la porte du bureau s'ouvre violemment et un homme tout vêtu de noir et à la chevelure crasseuse, pénètre dans la pièce, me foudroyant du regard. Je manque m'évanouir à nouveau -de trouille cette fois encore- mais sa phrase hargneuse m'atteint de plein fouet, me ramenant brusquement à la réalité.

"Quoi ! Encore une !"

Comment ça encore une ? Non, non, je vous assure, je ne suis pas là ! Ce n'est qu'un rêve, une hallucination, je vais me réveiller ! hurle une petite voix suraiguë dans ma tête.

Et pour me le prouver, je me pince violemment. Je bondis sur mon siège, alors que mon bras, à l'endroit où je l'ai torturé, prend une jolie teinte écarlate.

"Et en plus, elle est folle !" marmonne t-il, me jetant un autre de ses regard venimeux, en prenant place dans un fauteuil à côté du mien.

Pas tout à fait remise de mes émotions, normal me diriez-vous, je lui rends son regard et ait l'étrange plaisir de le voir tressaillir. C'est que j'ai de l'entraînement moi ; être élevé par le clan MacKensie, ça prédispose à une certaine résistance aux regards noirs, non mais !

Le plus âgé des deux hommes se relève difficilement de devant moi, ses pauvres vieux genoux craquants sous l'effort, et me sourit. Je tente de lui parler, mais tout ce qui sort de ma bouche n'est qu'un coassement indéfini.

"Soit la bienvenue à Poudlard !"

C'est une caméra cachée, c'est ça ? Allez, s'il vous plait ! Dites moi que c'est ça !

Le plus grand magicien de tout les temps retourne s'asseoir à son bureau et m'observe. Mal à l'aise, je gigote sur mon siège. Mais qu'est ce qu'il me veux ? Et surtout, qu'est ce qui se passe ?

"Avant toute chose, je pense que nous devrions nous présenter."

Là, c'est sur, je n'ai pas rêvé, il y a bien une lueur amusée au fond de ses yeux.

"Je suis Albus Dumbledore, Directeur de Poudlard. Et voici Severus Rogue, Maître des Potions et Responsable de Serpentard." Un silence. "Nous sommes des sorciers."

Des sorciers ?! Et puis quoi encore !

Et là, il me vient une soudaine envie de courir à travers la pièce circulaire, les bras en l'air et de hurler tout ce que je peux, bref, une danse de Saint-Guy modernisée. Mais je me retiens. C'est très pénible, mais je me retiens. En fait, c'est surtout pour éviter que la chauve-souris lâche encore un de ses croustillants commentaires sur ma santé mentale. On a son honneur tout de même !

Dumbledore me fixe dans les yeux, je lui rends son regard sans ciller. Je ne dirais pas un mot. Si je parle, ça me sembleras trop réel. J'ai vraiment l'impression qu'il attend que je parle, comme si ça allait créer une espèce de lien entre nous. Mais tout ce qu'il me reste c'est mon identité, c'est la seule chose à laquelle je peux me raccrocher.

Et puis, s'il est bien celui qu'il prétend être, il le sait probablement déjà, non ?

"Je suis navré pour ton grand-père, Brianna. Dùghall était un homme formidable…" finit-il par murmurer, au bout d'insoutenables minutes silencieuses à nous regarder dans le blanc des yeux.

Je cligne stupidement des yeux, comme un lapin pris dans les phares de la voiture qui va lui ôter la vie, n'en croyant pas mes oreilles. Ma bouche s'ouvre et se ferme, comme celle d'une truite hors de l'eau à la recherche d'oxygène et, à ma grande honte, j'éclate en sanglots hystériques.


Dùn Eideann / Edinburgh