NDA : Je ne suis pas là pendant deux semaines, alors j'essayerai de poster un chapitre aux alentours du 15 avril, mais je ne suis pas sûre d'y arriver.

RAR : Brooke, je ne m'étais pas rendue compte à quel point les chapitres étaient courts. J'ai essayé de le faire plus long, j'espère que ça t'ira. Quant à ton autre réclamation, j'ai décidé de ne pas la suivre, du moins pas pour le moment. Il n'y aura pas de discours direct, du moins pas tout de suite. Pour la suite, on verra. J'espère que ça va te plaire…

JennyTeen, merci pour tous ces compliments, ça me fait rougir. Comme pour Brooke, je te réponds que j'ai essayé d'allonger les chapitres, et j'espère que ca suffira. J'espère que la suite te plaira autant.

Chapitre 3 :

Trois mois… Je suis enceinte de trois mois, et je suis rayonnante. Je me sens bien dans mon corps et dans ma tête. Tout n'est pas réglé, bien sûr, mais je me sens prête à tout affronter. J'ai une nouvelle meilleure amie, Karen m'a engagé au café, elle est au courant pour ma grossesse et me donne plein de conseils que j'écoute avec attention.

J'ai fait mes calculs. Entre mon travail et l'argent que me donne mes parents et que j'arrive à économiser, j'ai les moyens financiers d'élever ce bébé. En plus, Haley, Nathan et moi partageons un appartement.

La seule zone d'ombre, c'est le père. Vis-à-vis de lui, je suis perdue… Ai-je le droit de l'empêcher de connaître son bébé sous prétexte qu'il m'a fait du mal ? Rien n'est moins sûr… D'un autre côté, s'il décevait mon bébé autant qu'il m'a déçue, ce serait terrible…

Je parle souvent de Lucas avec Haley. Elle me dit qu'il a fait une erreur en sortant avec Peyton, mais que cette erreur ne doit pas détruire sa vie. Je ne sais pas. Je crois qu'en quelque sorte, elle a détruit la mienne. Je ne pourrais plus jamais faire confiance à un garçon…

Aujourd'hui, je vais avec Karen et Haley acheter mes premiers vêtements de grossesse. Mes pantalons me serrent, et en plus j'adore faire du shopping. Mais, ce plaisir tourne court. Tous ces couples, amoureux, qui choisissent ensemble les vêtements de la future maman, ça me fiche un gros coup de cafard. Les filles le voient. On ressort. Sans avoir rien acheté. On va boire un verre, on parle de tout et rien. Je n'écoute pas. Je réfléchis. A Lucas. Je ne sais toujours pas.

De retour chez moi, je m'étale sur mon lit. C'est fou ce que je peux penser depuis qu'il est là. Avant, j'agissais et je réfléchissais après… Maintenant ce n'est plus possible, chaque décision que je prends engage deux personnes. Ca complique les choses.

Quelqu'un toque à ma porte. Je dis d'entrer. C'est sûrement Haley qui m'apporte un thé. Elle me materne beaucoup ces derniers temps. Je regarde qui est à la porte. Ce n'est pas Haley. C'est Peyton. Je ne veux pas la voir. Je me retourne et regarde le mur. Elle parle, dit qu'elle regrette, qu'elle veut reprendre sa place dans ma vie. Je ne réponds pas. Si elle n'avait pas été là, tout serait beaucoup plus simple.

Tout à coup, elle fait quelque chose qui me rappelle nos années d'amitié. Elle chantonne notre chanson. Celle que l'on écoutait tout le temps ensemble. Alors je me rends compte à quel point elle me manque. Et je pleure. Elle me prend dans ses bras, et on reste l'une accrochée à l'autre pendant des heures. Pour finir, on se couche les deux dans le même lit, comme si on ne s'était jamais disputée.

Lorsqu'on va prendre le petit-déjeuner, toutes les deux, Haley me regarde avec un grand sourire. Puis, Peyton s'en va. Elle a des choses à faire. Nathan et Haley me félicitent d'être passée au dessus de ma colère. Je suis fière de moi aussi. J'entends Haley dire que si j'ai réussi à pardonner à ma meilleure amie, je pardonnerai à Lucas aussi. J'espère. Je ne veux pas que mon bébé ait à payer le prix des erreurs de son père…

Nous continuons à discuter tous les trois. De tout. De Lucas, de l'appartement, du bébé. Nathan sort, il veut aller s'entraîner au terrain. Et voir Lucas sûrement aussi. Il ne le ramène jamais à l'appartement parce qu'il sait que ça me blesserait.

J'ai quelque chose à demander à Haley. Je n'ose pas. Si elle répondait non ? Puis je me lance, je lui demande si elle veut être la marraine de mon bébé. Elle rayonne, ça a l'air de lui faire plaisir. Au moment où je pensais qu'elle allait me répondre oui, je l'entends me dire qu'il faudrait que je réfléchisse. Je venais de me réconcilier avec Peyton et elle ne veut pas que je regrette ma question.

Je me vexe. Mais dans le fond je sais qu'elle a raison. Je suis presque sûre que je les veux, elle et Nathan, comme parrain et marraine. En plus, même si moi je ne veux plus voir Lucas, mon bébé pourra toujours voir son père chez sa marraine. J'en parle à Haley, elle me dit que si je suis sûre de moi, elle est d'accord. Et aussi que si je veux changer de marraine, il ne faut pas que j'hésite à lui dire. Je l'aime vraiment, cette fille. Elle est tellement compréhensive…

Le soir, Peyton me propose de sortir. Je dis oui. Mais pour la première fois depuis bien longtemps, je rentre sans avoir bu, ni embrassé de garçons. Ca ne m'intéresse plus tout ça. Maintenant que je suis épanouie, bien dans ma peau, je n'ai plus besoin de m'enivrer.

Je me couche, avec l'espoir d'un lendemain encore meilleur. Et la conviction qu'il faut que je m'achète de nouveaux habits…

Le lendemain, justement, je dois passer ma première échographie. C'est vraiment étrange de devoir y aller seule. Je crois même que ça me rend triste. Je demande à Haley si elle veut venir avec moi. Elle ne peut pas, elle a tutorat. Nathan va à l'entraînement de basket, Karen travaille au café. Alors je demande à Peyton. Elle est ravie.

Dans la salle d'attente, on doit être les deux seules filles. Tout le monde est là en couple évidemment. Ca m'attriste. Peyton me prend la main, sans rien dire. Je me sens mieux.

Une dame sort du cabinet. Elle tient un bébé dans ses bras. En sortant, j'entends le médecin qui lui dit que c'est un beau bébé, et qu'il a une maman géniale, qu'il sera heureux, même si il n'a pas de père. C'est vrai qu'il a l'air bien ce bébé.

Je dois attendre encore. La dame range ses affaires. Je lâche la main de Peyton, et je m'approche d'elle. Elle doit avoir à peu près mon âge. 18 ans, tout au plus. Je prends mon courage à deux mains, lui dis que dans six mois je serai dans la même situation qu'elle et que ça me ferait plaisir de partager ça avec elle. Elle répond qu'elle aussi. Elle me donne son numéro, son nom (Liz) et me présente sa fille, qui a deux mois (Emma).

Elle part. A mon tour, j'entre dans le cabinet. Le médecin pose sur moi cette sorte de gelée étrange et froide et « roule » sur mon ventre avec cet appareil bizarre. J'entends mon bébé. Je le vois aussi. Et je pleure. De joie. Moi qui avais peur de ne pas l'aimer, chaque jour me détrompe un peu plus.

Je me rhabille. Peyton me ramène au lycée. Les cours sont finis, mais c'est moi qui ai voulu venir ici. Je lui demande de m'attendre à la voiture. Je me dirige vers le gymnase. En fait ce n'est pas vraiment moi qui décide où je vais, plutôt quelque chose en moi. Lucas est à l'entraînement. Je me souviens naïvement que c'est en le voyant jouer que j'ai craqué pour lui. Il s'arrête. Je lui demande de venir. Je ne lui dis rien de plus que ce que m'a dit le médecin. Que le bébé va bien.

Je repars. Il me rattrape, me demande comment je vais et si je pense qu'un jour, je lui pardonnerai. Je ne réponds pas. Je le regarde droit dans les yeux. Il lit la réponse en moi. Mes yeux crient, hurlent que je n'en sais rien. Que j'espère qu'un jour je serai assez forte pour ça.

Je retourne à la voiture. Peyton m'amène au café. C'est l'heure de mon service. Lorsque j'arrive, Haley part. On fait des tournus toutes les deux.

Karen voit bien que ça ne va pas fort. Elle me demande si l'échographie c'est bien passé. Je lui réponds que oui. Je lui raconte ma discussion avec Lucas. Elle me comprend et ne me juge pas. Je prends mon service au café. Ca me fera penser à autre chose…

Le soir, je rentre à l'appartement. Fais ce que je dois faire pour les cours avec l'aide d'Haley. Je vais me coucher. Pour la première fois depuis que je suis enceinte, je m'endors comme une masse, sans penser à rien.