RAR : Léa : merci pour tes compliments, l'histoire avec Steven n'est pas sans conséquence, comme tu pourras le voir dans ce chapitre. Il est un peu plus noir que les précédents, mais je voulais éviter de tomber dans le gnan-gnan. J'espère que malgré ce petit changement, l'histoire te plaira toujours autant. Sache en tout cas que je fais de mon mieux pour que ce soit le cas. A bientôt pour un prochain chapitre.

Brooke : Oui, c'est vrai que je poste pas souvent. Je suis vraiment désolée, mais cela se fait en fonction de mon inspiration et aussi de mon emploi du temps, plus que chargé en ce moment. Quant à la happy end, elle n'est pas encore pour ce chapitre, mais on verra plus tard… Rdv au prochain chapitre…

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Le retour de Steven, il y a un mois, a mis Liz en dépression. Elle est devenue paranoïaque, croit que son ex l'attend toujours au coin de la rue pour lui prendre sa fille, refuse que celle-ci sorte. Moi, je la vois faire et ne peut rien pour elle. Elle refuse de se faire suivre par un médecin, et je la vois s'enfoncer chaque jour un peu plus dans son mal-être.

Aujourd'hui, comme tous les mardis, j'essaie de la convaincre de me laisser prendre Emma au parc avec moi. Comme à l'accoutumée, elle refuse. Voir cette petite, interdite de tout, me déprime, mais, je n'y peux malheureusement pas grand-chose.

Je joue au parce environ une heure avec mon fils. Il grandit bien. Je suis fière de lui, et un peu de moi aussi. J'ai fait un beau bébé, et je crois qu'il est heureux.

Je rentre tôt. Depuis l'anniversaire d'Emma, je ne les laisse jamais seules très longtemps. Lorsque j'arrive, Emma joue seule dans le salon, elle n'est pas dans le parc. Je l'y mets avec Keylan, et appelle Liz. Elle ne répond pas. Inquiète, je monte à l'étage pour voir ce qu'il en est. J'appelle de nouveau, elle ne répond pas…

J'entre dans sa chambre, elle dort sur le lit. Je m'affole. Une boîte de calmant, vide, gît sur le lit. Je prends le téléphone, appelle les urgences. Ils me disent qu'ils arrivent et me demande de vérifier certaines choses, par exemple si elle respire encore. Je dis que oui, mais le pouls est très faible. Je raccroche.

La panique m'envahit de plus en plus. Je cours dans la maison, m'affole, regarde les enfants, qui ne comprennent rien, jouer tous les deux.

L'ambulance arrive. Les médecins me demandent où elle est, je dis en haut. Ils me regardent bizarrement, je réponds que je ne pouvais pas laisser les enfants seuls. Leurs regards s'adoucissent un peu.

Ils montent. Je recommence à tourner en rond dans mon appartement. Puis, j'appelle Lucas pour qu'ils viennent garder les enfants pendant que j'irai à l'hôpital. Il dit qu'il quitte le travail sur le champ.

Les médecins emmènent Liz sur un brancard, sous les cris d'Emma qui semble comprendre que quelque chose de grave est entrain de se passer. Je la prends dans les bras pour essayer de la calmer, mais rien à faire. Lucas arrive quelques minutes plus tard, à peine le temps de lui expliquer en deux mots ce qui s'est passé, que je file à l'hôpital.

Arrivée là-bas, je parle aux médecins. Ils disent qu'elle va s'en remettre très vite, au niveau physique en tout cas. Ils lui ont fait un lavage d'estomac. Elle devrait se réveiller dans environ une heure. L'attente me paraît interminable, tellement je veux comprendre pourquoi elle a fait ça.

Une heure plus tard, je rejoins sa chambre. Elle est étendue et détendue. Elle dort encore. Je la regarde et ne peut m'empêcher de m'interroger.

Elle se réveille. Et là, de manière complètement incontrôlée et inattendue, je me mets à lui hurler dessus. Je lui demande comment elle a pu faire une chose pareille, comment elle a pu faire pour ne pas se rendre compte qu'on avait besoin d'elle, qu'on l'aimait, qu'on n'aurait pas supporté de la perdre. Elle me regarde, elle pleure, elle dit qu'elle se sentait trop malheureuse, qu'elle ne voyait pas d'autre issue que la mort. Je lui en veux. Je le sens, c'est en moi, et je n'arrive pas à me débarrasser de cette rage. Je sors pour me calmer.

Lentement, je commence à m'apaiser. Une infirmière se rend compte que je vais mal, et me propose de parler avec elle. Je la suis. Elle m'offre un café. Je lui explique ma situation, ma peur d'avoir mal réagi avec Liz… Elle me réconforte, en me disant que ce que je ressens est normal, ma colère est légitime. Elle dit aussi que cette réaction a probablement fait du bien à Liz parce que ça lui a permis de se rendre compte que je l'aimais vraiment beaucoup. Je ne sais pas trop. J'ai toujours peur qu'elle m'en veuille.

Je remercie cette infirmière. Je vais téléphoner à Lucas. Je lui donne des nouvelles de Liz. Il me conseille de parler avec les médecins d'un éventuel internement psychiatrique. Ce mot me fait peur, mais je sais que Lucas a raison. Je me rends donc à l'accueil, qui me dirige dans le bureau du médecin psychiatre de l'hôpital de Tree Hill.

Nous parlons longtemps tous les deux. Il finit par dire qu'un internement psychiatrique serait probablement nécessaire, mais qu'il ne peut se faire qu'avec l'accord de la patiente, puisque, n'étant pas de sa famille, je ne peux la faire interner de force.

Je retourne donc voir Liz, prends mon courage à deux mains, et lui expose ce dont nous avons parlé avec le médecin. Elle refus catégoriquement d'écouter ce que j'ai à dire, l'internement, c'est non. Elle se met même à me hurler que je veux lui prendre sa fille, que je ne peux pas comprendre sa situation… Elle m'ordonne de quitter sa chambre.

Sous le choc, je lui obéis et sors. Je m'effondre alors sur une chaise et me mets à pleurer. Le psychiatre avec qui j'ai discuté me propose de le retrouver dans son bureau dans une demi-heure pour discuter des options qui s'offrent à nous maintenant qu'elle avait refusé ma proposition.

Une demi-heure plus tard, le docteur Donovan et moi discutions très sérieusement dans son bureau. Au bout d'une heure de discussion, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il nous restait trois options : la première, réussir à contacter un des membres de la famille de Liz et le convaincre de la nécessité de la faire interner ; la seconde, que ce soit le docteur, et non moi, qui propose l'internement à Liz ; et enfin la troisième, si elle refusait l'internement, serait de la faire suivre par un psychiatre, et de la mettre sous médicament. Nous nous sommes mis d'accord pour explorer toutes les options.

Je décide alors de rentrer à la maison, pour retrouver Lucas et les enfants, mais aussi pour entamer des recherches afin de retrouver la famille de Liz, dont elle ne m'avait, pour ainsi dire, jamais parlé.

Dès que j'arrive à la maison, je commence ces recherches. Mais il s'avère que Liz a un nom de famille particulièrement courant, ce qui compliquera certainement ma tentative. Qu'importe, il faut essayer. Je m'atèle donc à appeler les 120 Combs de l'état. Lorsque les enfants sont à la sieste, Lucas me rejoint et nous avançons ainsi plus vite. Malheureusement, et après environ 115 téléphones, nous sommes toujours sans nouvelle de la famille de Liz.

Je fais le repas et décide d'appeler les derniers plus tard. Ce que je fais. Malheureusement pour moi, ces derniers Combs ne connaissent pas de Liz non plus. Mes recherches se sont donc révélées vaines, et je ne peux pas me permettre de lancer une recherche sur tout le pays, puisque le nombre d'appels se montrait alors à environ 3'000.

Désespérée, je monte me coucher avec Lucas, à une heure tardive, épuisée par la journée qui vient de se passer.

Le lendemain je me réveille de mauvaise humeur et très inquiète. Je passe ma matinée à crier sur les enfants qui ne font pourtant rien de particulier. Lucas qui a pris congé m'entoure du mieux qu'il peut, mais je refuse son affection.

Une fois le repas de midi avalé, je retourne à l'hôpital pour retrouver le docteur Donovan. Il m'explique qu'il a parlé à Liz et qu'elle s'est farouchement opposée à l'idée de l'internement, allant jusqu'à prétendre que c'était un complot pour lui prendre sa fille. Nous nous trouvions donc dans une impasse, puisque, selon le psychiatre, Liz était incapable de s'occuper correctement de sa fille.

Il devait aller voir d'autres patients, et me laissait à mes réflexions. Je ne savais vraiment plus quoi faire pour aider mon amie. Je tente de rentrer dans sa chambre pour lui parler. Elle refuse et se met à hurler.

Trois jours plus tard, elle rentre à l'appartement, prend sa fille et s'enferme dans sa chambre. Chaque jour qui passe l'enferme un peu plus dans son délire paranoïaque, au point qu'elle refuse de laisser qui que ce soit toucher sa fille. La petite fille est de plus en plus mal en point et refuse désormais de se nourrir. Haley me convainc alors d'appeler la DASS, pour le bien d'Emma.

A leur arrivée, ils constatent immédiatement les ravages de la folie de la mère sur la fille. Ils décident de la mettre en foyer, jusqu'à ce que Liz accepte un traitement. Cette dernière crie évidemment au complot et décide de quitter l'appartement sur le champ, en me traitant de tous les noms.

Une fois Liz partie, je me retrouve au calme pour la première fois depuis sa tentative de suicide. Je constate alors les ravages de la folie de mon amie, non seulement sur moi, mais aussi sur mon entourage : mon fils, mes amis, mon appartement…

Ma vie est devenue un véritable chantier, et tout reste à reconstruire.

Petit à petit, je revis. Je prends des nouvelles d'Emma tous les jours. Elle va plutôt bien, mais personne ne sait où est sa mère. J'ai décidé de tenter la vie commune avec Lucas, j'ai repris le travail, recommencé à sortir avec mon fils, ce que je ne faisais plus depuis plus d'une semaine. J'ai aussi décidé de me faire suivre par le docteur Donovan, parce que cette histoire m'a vraiment ébranlé. En plus, je me rends compte que j'avais beaucoup de choses sur le cœur, et ça fait du bien d'en parler à un œil extérieur.

Je doute beaucoup en ce moment, de ma réaction face à toute cette histoire, de moi-même aussi. Liz était une sorte d'exemple pour moi, et voir ce qu'elle est devenue me fait froid dans le dos.

Mes amis m'entourent beaucoup, même s'ils ne se rendent pas vraiment compte de ce que je vis au quotidien, de mes doutes, de mes envies, de mes peurs…

J'essaie de me faire plaisir, sur les conseils du docteur Donovan, qui dit que je ne dois pas sacrifier ma vie de mère à ma vie de femme et d'adolescente. Je me réserve donc un après-midi par semaine au shopping, coiffeur… Pour le moment, ces moments sont encore l'occasion d'un très fort sentiment de culpabilité vis-à-vis de Liz. Selon mon psy, cela devrait s'estomper avec le temps.

J'ai aussi entrepris des démarches pour avoir la tutelle d'Emma, et passe la voir au foyer au moins une fois par semaine. Elle s'en sort plutôt bien pour une petite fille qui a vécu tant de choses en si peu de temps. Elle est tout de même suivie par un psy là-bas. Il paraît qu'elle vit cet événement normalement. Elle n'a l'air de le prendre ni trop bien, ni trop mal.

Lucas et moi, on vit une période creuse en ce moment. J'ai du mal à lui montrer mon amour, j'ai trop de choses en tête. Il essaye de comprendre, mais moi-même je ne me comprends pas trop. Je refuse qu'il me touche. Je ne sais même pas pourquoi. On essaye d'avancer, lentement, tous les deux…

Un jour, où je vais voir Emma, je retrouve Liz à l'entrée du foyer. Elle a l'air d'une SDF et exige de voir sa fille. Je me cache un peu pour qu'elle ne voit pas que je suis là avec Keylan. Les gens de la DASS refuse qu'elle entre parce que ça risquerait de perturber Emma. Je suis d'accord avec eux. Elle n'a toujours pas l'air de vouloir se soigner. Non sans avoir crié au complot, elle prend son sac à dos et s'en va.

Je m'inquiète beaucoup pour elle, tout le temps que je passe avec Emma. Cette dernière sent que je ne lui prête pas assez d'attention et tente par tous les moyens de se faire remarquer. Je me rends alors compte de mon erreur et cesse de laisser mes pensées vagabonder, pour ne penser plus qu'à elle.

Lorsque je rentre à la maison avec Keylan, je parle de Liz avec Lucas. Il me dit que je n'ai pas à culpabiliser, que j'ai fait tout ce que je pouvais pour l'aider, et que j'ai bien fait. Je ne sais pas trop. Puis, il dit la seule chose qui me convainc, j'ai fait ce qu'il y a de mieux pour Emma.

Après environ un mois de procédure, j'obtiens la garde temporaire d'Emma. Elle est très contente de revenir à l'appartement, mais, et comme le médecin l'avait prévu, elle se met à chercher sa mère partout. Je m'applique à lui expliquer avec des mots simples que sa maman est malade et qu'elle ne reviendra la prendre que quand elle sera guérie. Elle a l'air de comprendre et se met à jouer avec Keylan pendant que Lucas et moi préparons le repas.

Comme prévu par le psychiatre de la DASS, la petite se réveille en pleine nuit, en appelant sa maman. Cette réaction ne nous étonne pas le moins du monde, ni Lucas, ni moi, et nous sortons tous les deux de la chambre pour aller la consoler et lui réexpliquer la situation. Elle se rendort.

Emma s'est réveillée trois fois pendant la nuit et nous nous réveillons, Lucas et moi, aussi exténués l'un que l'autre. La journée se passe dans une mauvaise humeur générale, les enfants n'ayant pas plus dormi que nous.

Le soir, nous discutons longtemps avec Lucas. Je l'avertis que cette situation risque de durer longtemps, que je comprendrai s'il ne voulait pas assumer cette situation avec moi, puisque, après tout, Liz était mon amie avant d'être la sienne. Il me dit qu'il ne me laissera pas assumer ça toute seule. Il a décidé de venir vivre avec moi, il assumera tout. Je le remercie d'un baiser. C'est le premier depuis que Liz est partie. Il a l'air touché.

Ce soir on a refait l'amour. Ce plaisir est dénué de toute culpabilité. C'est nouveau, je crois que je commence à évoluer. Emma se réveillera à nouveau cette nuit, mais cela me dérange moins. J'ai franchi un cap. Je sais maintenant que j'ai tout fait pour aider Liz.